Lectures 2019

Valentine ou la belle saison, Anne-Laure Bondoux

J’ai rencontré une première fois Anne-Laure Bondoux au Festival Rue des livres à Rennes en 2017… J’avais alors craqué pour la version poche de Et je danse aussi et l’auteure m’avait dit avec bonne humeur que j’allais enfin rentrer dans la bande… Et elle ne pensait pas si bien dire tellement j’avais apprécié ma lecture ! Je l’ai rencontrée une deuxième fois, cette année au Printemps du livre de Montaigu, une deuxième rencontre très sympathique car nous avions déjà un peu échangé avant via les réseaux. J’avais été en effet ravie d’apprendre qu’une suite de Et je danse aussi était en route. Je suis repartie avec ce roman et le sourire d’Anne-Laure Bondoux. Valentine ou la belle saison aurait pu être un titre de ce printemps, je l’ai d’ailleurs cru avant de vérifier sa date de sortie (en octobre 2018). C’est un livre qu’il est bon en effet d’acheter maintenant et de glisser dans sa valise pour les vacances. J’avais personnellement besoin de sa légèreté et de sa bonne humeur, il est arrivé au bon moment. Faire la rencontre de Valentine est une vivifiante aventure. Cette femme de 48 ans a de l’énergie, des convictions et des idées. Pourtant, rien n’est simple dans sa vie depuis quelques jours. Elle vient d’apprendre qu’elle doit quitter l’appartement HLM qu’elle occupe à Paris depuis son divorce. Son ex-mari est en pleine campagne. Nous sommes avant les élections présidentielles de 2017. Elle décide donc de rejoindre sa mère à Lestrade et d’y trouver des solutions. La demeure familiale l’accueille chaleureusement. Monette et le chat Léon sont là. Valentine a accepté un contrat d’édition qui l’enthousiasme guère, et la morosité pourrait gagner la partie. Heureusement, son frère débarque à l’improviste, puant de sueur, juché sur son vélo dernier cri, afin de l’aider à passer le cap. Ils ne se doutent pas tous les deux de ce qu’ils vont découvrir sur leur famille, sur le village, sur le passé. Valentine a déniché des photos de classe dans un vieux carton, une silhouette a été minutieusement gribouillée sur chacune. Et moi lectrice, fatiguée par ce mois de juin assez bizarre, j’ai lu ce roman avec délice, goûtant pour une fois la simplicité. Car Anne-Laure Bondoux la manie avec brio, nous embarquant dans de multiples rebondissements, et maintenant son lecteur en haleine avec talent. Je parie que vous aimerez aussi vous laisser happer par ce doux récit aux allures assumées de feel-good mais au propos original et aux personnages attachants.

Editions Fleuve – octobre 2018

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Lectures 2019

La maison de la plage, Sévérine Vidal & Victor L. Pinel… la BD de la semaine !

Voici une BD qui arrive à point nommé pour vous donner envie d’été… On rentre en effet très vite dans le cœur de cette famille venue une dernière fois profiter de leur maison de la plage. Oncle Albert veut sa part de la maison, ce qui signifie vendre. Mais son envie ne tombe pas très bien après le décès de Thomas dont Julie attend un enfant. Julie et sa cousine Coline ouvrent la maison et attendent la famille. Les souvenirs refluent. Il y a par exemple cette tapisserie à l’étage qu’il ne fallait pas toucher, selon le voeu de grand-mère Lucette. Il y a aussi cette femme qui passe devant la grille tous les jours à 11h55, donnant le signal du repas à faire. La famille comprend bien que l’Oncle Albert veuille rejoindre son fils parti aux Etats-unis mais personne ne souhaite réellement laisser cette maison pleine de jolis souvenirs à quelqu’un d’autre. Le dessin de l’album est tout en rondeur, les visages doux, comme l’ambiance qui règne autour de Julie, en deuil de son compagnon et enceinte de sept mois et demi, que l’on cherche à protéger de ces désagréments matériels. La lecture de cet album est un réel plaisir et lorsque la narration bascule en 1968 puis en 1959 le lecteur sait qu’il va enfin tout connaître des histoires qui unissent les êtres liés à cette maison, et dont les traces sont encore vivantes en 2018. Cet album est un joli voyage au pays des vacances en famille, mais aussi un hymne à l’amour, qui rime parfois avec toujours…

Un album reçu dans le cadre d’une opération masse critique de chez Babélio.

tous les livres sur Babelio.com

Lu aussi dans le cadre de la BD de la semaine. Tous les liens sont chez Moka aujourd’hui !
Une autre lecture chez… Jérôme et Mumu

 Editions Marabulles – avril 2019

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Lu aussi dernièrement (avis bref)…

J’ai emprunté cet album en bibliothèque, attirée par le dessin de la couverture et par le nom de Timothée de Fombelle dont j’avais déjà lu des nouvelles. Et cette BD s’est avérée être une jolie surprise. le lecteur suit une jeune veuve qui élève des abeilles sur le toit d’un immeuble. Nous sommes à New York en 1954. De là haut, elle peut apercevoir l’immeuble d’en face et ses bien étranges occupants. Qui sont donc ces gens aux occupations douteuses ? On revient aussi sur le passé de la jeune femme, sa carrière écourtée de danseuse, sa vie de couple malheureuse… J’ai aimé me plonger dans cette histoire aux rebondissements surprenants et à l’atmosphère doucement rêveuse. Je recommande.

Gallimard jeunesse – avril 2018

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Lectures 2019

Je ne suis pas un héros, Sophie Adriansen

Je lis toujours avec grand plaisir Sophie Adriansen, j’ai donc sauté sur l’occasion de recevoir son dernier livre jeunesse avec la dernière opération Masse critique de chez Babélio… Et encore une fois, Sophie Adriansen a le talent de s’attaquer à un sujet difficile avec sa délicatesse de ton et sa dextérité habituelle. Bastien n’est pas un héros. Il ne souhaite pas recueillir chez lui la famille de réfugiés installée près de la boulangerie. On ne peut pas accueillir chez soi toute la misère du monde, se plaît-il à penser. Mais un jour que la pluie tombe avec force, sa mère entraîne la mère et ses deux filles pour les installer dans leur appartement. La chambre d’amis ne sert pas en ce moment. Bastien est furieux et ne fait rien pour être agréable, alors que sa petite soeur (qui en avait eu l’idée dès le départ) est folle de joie. Le petit garçon ne veut rien changer à ses habitudes, ni partager ses parents, ni sa grand-mère, rien. Ils étaient si bien tous les quatre, avant l’arrivée des olives, comme il les appelle. Pourtant, il est assez subjugué par leur capacité d’émerveillement devant les nouveautés. On présente aux deux petites filles ce qui fait le quotidien de Bastien et de sa famille, le parc par exemple, et plus tard la mer, le restaurant. Pendant ce temps, sa mère se démène pour que la petite famille accueillie puisse bénéficier d’une meilleure situation. On court les associations, on recherche un interprète. Et les actions commencent à porter leurs fruits. La mère des fillettes trouve un travail. Les petites filles vont à l’école de Bastien et Capucine. Elles ont des nouvelles du pays. Sophie Adriansen ne tombe pas dans la facilité avec ce sujet et évite avec brio les poncifs. Elle prend le point de vue de Bastien avec beaucoup de finesse et de respect pour ses peurs, qui sont des peurs d’enfant, mais témoignent aussi de nos propres craintes d’adultes devant l’inconnu. Il n’est peut-être pas facile au jeune lecteur d’éprouver de l’empathie pour ce jeune garçon qui résiste au sentimentalisme et à l’attachement et qui pourrait paraître dur aux coeurs tendres, mais c’est un discours sans filtre qui nous est donné, preuve que la tolérance s’apprend. J’ai encore une fois beaucoup aimé !

Editions Fleurus – avril 2019

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Une pépite du mardi pour Noukette et Jérôme

Lectures 2019

C’est toi, maman, sur la photo ?, Julie Bonnie

Juin est une période difficile pour se concentrer sur une lecture, surtout quand de multiples événements familiaux (et autres) viennent la perturber… J’ai donc commencé ce titre sous des auspices un peu étranges, en étant peu attentive, le nez à moitié sur ma messagerie à moitié sur les pages du livre. Et puis finalement, je me suis laissée emporter par la musique que me jouait Julie Bonnie dans son récit, toute autre que celle que je pensais trouver. En effet, loin d’être seulement le récit d’une femme de 46 ans (tiens comme moi) qui regarde son passé et réalise combien elle a changé, ce livre est le portrait d’une époque révolue, qui venait de voir le mur de Berlin s’écrouler, et qui ne connaissait pas encore les smartphones pour communiquer. Julie Bonnie a rendez-vous avec Julie, treize ans, puis avec une Julie au crâne rasé le violon en main. Comment ses enfants peuvent-ils s’imaginer leur mère ainsi ? Comment peut-elle à 46 ans s’imaginer avoir été ainsi ? Les souvenirs remontent à la surface, photos à l’appui bien sûr, mais également grâce aux archives d’un des membres du groupe, qui a pratiquement tout conservé, preuve que tout cela a réellement existé. Plongé dans le passé, le lecteur suit donc avec bonheur les péripéties de ce petit groupe toulousain dans lequel Julie jouait du violon, un petit groupe plein d’ambition et de fougue, et qui a traversé l’Europe, jouant sur les scènes les plus improbables, peu regardant sur le confort et la fatigue. Et c’est ce que j’ai aimé dans ce récit, c’est parcourir les routes, m’installer avec le groupe dans leur camionnette, chercher un endroit où dormir, m’inquiéter un peu pour eux en les regardant mélanger l’alcool, la fatigue, la musique et les clopes (herbeuses). La fin du siècle dernier était une époque désenchantée et grise, mais également pleine de promesses. J’ai aimé être jeune à cette époque là, étudiante. Il me semble que l’avenir était alors moins tracé qu’aujourd’hui. Et lorsque l’on rentrait à 4h du matin, après une soirée bien occupée, le blouson puant l’alcool et la cigarette, le rimmel un peu coulé au bord des yeux, la mine défaite et l’enthousiasme gonflé à bloc, le monde nous appartenait un peu. Loin d’être le coup de coeur attendu, ce texte de Julie Bonnie a tout de même su, comme vous pouvez le constater, irrésistiblement m’emporter vers un passé pas si lointain et m’a permis de me poser la question de ce que j’avais fait des ambitions de mon adolescence !

Editions Globe – mai 2019

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Une autre lecture chez… Sylire

Lectures 2019

Marée haute, Quentin Desauw

J’attaque ma PAL urgente, délaissée ces derniers temps, et pleine des acquisitions de ce début d’année… Il était donc temps de sortir ce premier roman de Quentin Desauw, choisi essentiellement pour son thème maritime. Nous faisons connaissance avec Manu, jeune marin du Nord de la France (Dunkerque), qui a eu une enfance difficile, a connu une famille d’accueil et se retrouve aujourd’hui embarqué dans un trafic de réfugiés qu’il aide à faire passer en Angleterre. Pourtant, Manu a la vie de tous les jeunes de son âge, et même si il travaille dur sur le chalutier qui l’emploie, il trouve l’énergie de jouer au foot et de rêver encore à une sélection. Alors, comment expliquer cette propension qui semble lui coller aux semelles de faire les mauvais choix ? Sans doute son enfance, qui revient le hanter tous les jours, l’absence inexplicable de son frère Julien, l’attitude de sa mère biologique, le souvenir de sa maman de cœur trop tôt disparue. Manu pourra compter sur la bienveillance de son chef quand les événements vont commencer à mal tourner, une manière de comprendre que les relations familiales peuvent être différentes, et que surtout le bonheur est parfois dans la fuite et le renouveau… J’ai beaucoup pensé à ma lecture récente de Rade amère en lisant ce roman. On y retrouve la même ambiance à la fois maritime, dure et désenchantée. Et les mêmes mauvais choix. J’ai apprécié ma lecture mais j’ai regretté que la narration soit parfois un peu nébuleuse. Nous vivons en effet l’histoire du point de vue de Manu, via son regard, souvent extérieur et quelque peu hébété (fumette oblige). Toutes les explications ne sont donc pas données. J’aurais aimé comprendre pourquoi par exemple Manu suit aveuglément les ordres des « cousins » qui organisent les trafics, et qui ils sont réellement pour lui. J’aurais aimé en savoir plus aussi sur la disparition de son frère Julien, disparition qui le hante constamment, sur sa mère de coeur dont il a été très proche dans les derniers jours. Les personnages secondaires m’ont semblé parfois trop esquissés, à l’instar de Caroline, amante conciliante qui finit par regarder notre anti-héros avec un regard désabusé, et par le quitter. Un roman qui n’a donc pas totalement rempli son objectif avec moi mais qui a un charme certain et promet beaucoup sur l’avenir de cet écrivain. On ne peut en effet dénier un beau talent d’écriture à Quentin Desauw et surtout un regard plein de promesses.

Editions Anne Carrière – mars 2019

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Une autre lecture chez… L’ivresse littéraire