Lectures 2019

Feuilles d’automne, Adeline Yen-Mah

Je continue un peu à lire les livres que l’on me prête… Et voici une belle surprise de lecture que cette autobiographie de Adeline Yen-Mah ! Elle permet une plongée dans la chine des années 30 à nos jours. En 1937, lorsque l’épouse de Mr Yen, homme d’affaires, meurt après avoir donné naissance à son cinquième enfant, ce dernier s’empresse d’épouser une autre femme, une Franco-chinoise, Niang. Considérée comme celle qui a provoqué le décès de sa mère, méprisée en tant que « petite cinquième », Adeline subit, ainsi que ses aînés, l’autorité malveillante de la deuxième épouse de son père. Ils sont obligés de faire des kilomètres à pied pour se rendre à l’école, ont régulièrement faim et manquent cruellement d’affection. Heureusement, tante Baba est là pour prendre soin d’Adeline, l’encourager dans ses études, lui apporter de temps en temps quelques friandises et lui permettre de croire en l’amour. Car l’autorité de Niang divise la fratrie plus qu’elle ne la rapproche. La petite fille vivra d’ailleurs quelques temps en pensionnat, loin des siens, abandonnée par eux, privée de visites et de courrier, ayant l’impression d’être devenue une orpheline. Lorsque la famille quitte Shangaï pour Hong-Kong, afin d’échapper aux exactions communistes, ils oublient même de l’emmener avec eux. Heureusement, la jeune fille est intelligente, aime lire, sait se battre pour son avenir. Plus tard, elle pourra étonnamment suivre un de ses frères en Angleterre et commencer des études de médecine. Dans ce récit, on touche du doigt la cruauté à chaque page, une cruauté qui se niche au creux d’une famille qui avait tout pour vivre heureuse, malgré l’histoire et le communisme. L’argent est là pourtant, ainsi que la possibilité de bouger, déménager, se rendre à l’étranger. Adeline a beaucoup de volonté mais se laisse aussi facilement duper car son manque d’affection est grand. Son combat pour le bonheur est touchant. J’ai aimé également vivre l’histoire de la chine de l’intérieur, et regarder les personnages passer d’une ère à une autre.

Editions Archipoche – mars 2017

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une autre lecture chez… Gwen

Instagram

C’était novembre

Je vous raconte donc novembre, via d’abord vos deux photos préférées sur mon compte Instagram @antigoneheron. Vous avez aimé le doudou fabriqué par mes soins et une sortie à la mer à St Gilles Croix de Vie.

 

17/11 – Tout à l’heure. Thé avec vue. #teatime #stgillescroixdevie #dimanche – 46 ❤ | 21/11 – Doudou terminé. Selon le modèle de @petitebiche_rose (Merci !) et largement inspiré aussi par les doudous de @mainsauvage… que j’adore ! Fait avec des restes de laine #cotonpima de chez @weareknitters Je me suis bien amusée. – 49 ❤

En novembre, il y a eu aussi…
* le bilan de vos coups de coeur de l’année [clic ici] ;
* le cadeau poétique de Sabine (Le petit carré jaune)… encore merci ❤ ;
* le projet d’aller à Rue des livres (Rennes) en 2020 ;
* la superbe BD autobiographique de mon fils pour un devoir de français (proud) ;
* mon anniversaire :
* une rencontre poétique au Grand R (La roche sur yon) avec Jean-Michel Espitallier ;
* du tricot à Chacun sa part (restaurant sur La roche sur Yon).

Récapitulatif des lectures chroniquées en novembre :

Lectures 2019

Le Parfum de l’invisible, Manara… pour public averti !

Lorsque j’étais étudiante, je lisais beaucoup de BD. J’ai découvert alors Hugo Pratt, et tout naturellement ses albums en collaboration avec Milo Manara. Je me souviens combien ses dessins me fascinaient à l’époque et surtout sa manière de croquer les corps. En janvier 2019, lors du Festival d’Angoulême, j’ai eu la chance de pouvoir visiter l’exposition Manara. Elle contenait de nombreuses planches originales. Moi qui voulait devenir dessinatrice BD quand j’étais collégienne, et qui vit dans une famille qui dessine, c’était une occasion fabuleuse de voir comment le travail a été fait, les corrections surtout, et le trait. J’ai adoré cette exposition. La plupart des planches étaient soft, un coin sous rideau était réservé à celles plus sulfureuses. J’aurais aimé acheter lors de cette visite un album de la collaboration Pratt/Manara. Je suis repartie avec le catalogue de l’exposition (pas encore lu) et cet album non équivoque. Heureusement, Stephie et son Mardi c’est permis me permet d’en parler enfin aujourd’hui. En avant-propos, Milo Manara explique son point de départ et le thème de l’invisibilité utilisé. Intrigué adolescent par sa lecture de L’homme invisible de HG Wells, il a voulu montrer combien ce pouvoir était une chance plutôt qu’une malédiction. Il cite aussi le film Parfum de femme de Dina Risi et le roman Les ténèbres et le miel de Giovani Arpina. Et puis il se moque un peu de nous et de lui même, en concluant…

« Je ne sais pas si ces savantes citations ont réussi à élever le ton de mon histoire mais je dois confesser que, malgré les nombreuses années écoulées, dans un petit coin de ma tête si peu adulte, je continue à percevoir l’invisibilité comme une chance extraordinaire qui rend la vie beaucoup, beaucoup plus drôle. » 

Et voilà qui donne vraiment le ton de cet album qui contient deux histoires (sur le thème de l’invisibilité donc), à la fois loufoques et érotiques. Je dois dire que j’ai été un peu déçue du manque de subtilité dont je gardais un souvenir (erroné ?) de mes lectures des albums en collaboration avec Hugo Pratt. Mais l’humour est bien au rendez-vous, ainsi que le merveilleux talent de dessinateur de Manara. Dommage donc que le scénario des deux histoires soit un peu trop léger, l’occasion surtout de scènes érotiques, qui (à mon avis) sont elles par contre plutôt réussies.
Dans la première partie, nous rencontrons un docteur en physique, ayant découvert une pommade (parfum caramel) capable de le rendre invisible. Amoureux d’une danseuse, Béatrice, il se sert de ce subterfuge pour l’approcher. Mais c’est en fait une autre jeune femme qui découvre son existence. Après de nombreux rebondissements invraisemblables, les voici devenus très proches.
Dans la deuxième partie, c’est une autre jeune femme qui va cette fois-ci à la rencontre du professeur ayant découvert le processus d’invisibilité. Elle le menace afin de découvrir son secret, déterminée à utiliser ce procédé pour braquer une banque. Rien ne va se passer comme prévu, et de situations loufoques en scènes burlesques, les deux personnages vont également finir par se retrouver très proches.

La planche photographiée ci-dessous est une des rares publiables sur mon blog. Les corps sont en général nus et dans des positions plus érotiques que vraiment sensuelles. Manara exploite le fantasme de l’invisibilité sous de nombreuses facettes. Il donne aussi le pouvoir aux femmes, qui même si elles sont conscientes du désir masculin n’oublient pas de garder le contrôle. Malgré mes gros bémols, je ne regrette pas cette lecture qui m’a donné pour le coup envie de me plonger enfin dans le catalogue de l’exposition, délaissé sur ma PAL depuis janvier.

Editions Glénat – septembre 2010

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Lu dans le cadre du Premier mardi c’est permis chez Stephie

Lectures 2019

Dans la barbe du Père Noël, Ghislaine & David Trouilloud

J’ouvre mon petit calendrier de l’avent personnel avec ce titre. J’ai en effet décidé cette année de présenter quelques livres sur le thème de Noël sur ce blog (mais pas tous les jours, rassurez-vous)… Il faut dire que Noël est un des thèmes du prochain rendez-vous du club de lecture que j’anime et que c’est aussi une manière de m’y préparer. J’ai demandé cet album dans le cadre du dernier Masse critique jeunesse de chez Babélio. J’ai craqué sur cette magnifique couverture, qui donne envie (n’est-ce pas ?) de faire un gros câlin au père noël. A réception, j’ai laissé grande fille le regarder, car ses réactions (même à son âge, 18 ans) sont toujours intéressantes. Sur le sujet, elle a conservé son âme d’enfant. Bien que moins séduite par les dessins des pages intérieures, elle s’est exclamée à plusieurs reprises sur l’histoire et a conclu en me disant… c’est trop mignon. En effet, les dessins des pages intérieures peuvent rebuter notre esthétique d’adultes mais ont tout pour plaire aux plus petits, faces rondes, grands yeux et personnages colorés. De plus, la narration suit un fil qui fonctionne à chaque fois, élément perturbateur de départ, interrogation, quête et résolution progressive de l’interrogation du départ, puis happy end. Mais que se passe-t-il donc au pays du père noël ? A quelques jours de la livraison des cadeaux, une grande partie d’entre eux ont disparu. Un lutin plus malin que les autres a deviné. La barbe du père noël a tellement poussé depuis plusieurs saisons que beaucoup de choses s’y sont perdues. Et pas que des cadeaux ! On y retrouve ainsi notamment un hérisson de l’automne précédent, le château de sable de l’été dernier et quelques fleurs des prés du printemps. Tout le monde est rassuré. Les cadeaux vont pouvoir être distribués. Mais ne serait-ce pas une bonne idée que de couper un peu cette fameuse barbe ? Au final, voici un album qui plaira certainement aux plus petits et les fera rêver en cette période de l’avent, même si personnellement j’ai été un peu déçue par son esthétique.

Editions Thot –  13 Septembre 2019

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Lu dans le cadre d’une opération Masse critique de chez Babelio

Objectif PAL

Objectif pal de novembre ~ le bilan

L’objectif pal arrive, en ce dernier jour du mois de novembre, pour vous offrir les lectures des blogueuses participantes du challenge !!
Petit rappel du principe de l’Objectif Pal (à ne pas confondre avec Les coups de coeur du web qui reviennent le 15 du mois de décembre) : lire enfin tous ces livres entrés depuis plus de 6 mois dans notre Pile A Lire (PAL). Un moyen de mettre en commun notre objectif, de ne pas privilégier seulement que les derniers rentrants sur nos blogs, d’offrir un peu de diversité, et de surtout surtout… faire du tri et de la place. Et ça fonctionne.
Vous trouverez donc ci-dessous des livres dont la sortie ne date pas d’hier mais qui vous attendent peut-être aussi sur vos étagères.  Et vous, vous en êtes où avec votre PAL ? N’hésitez pas à nous rejoindre et/ou à cliquer sur les couvertures pour retrouver les billets des lectrices !! [Pour nous rejoindre sur le groupe facebook !! ]

Pralineries                                                        Pralineries                                     Gambadou

Vivre livre                                                                 Enna lit                                   Lecture enfant parent

Lecture enfant parent                                                  Vivre livre                                     Vivre livre

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Sylire                                                                        Enna lit                                           Enna lit

Des livres et Sharon                                        Des livres et Sharon                        Des livres et Sharon

Aifelle                                                                 Antigone                            Mumu dans le bocage

Des livres et Sharon                                            Jostein                                           Géraldine

   

Le Livroblog                                                   Le livre d’après                            Délivrer des livres

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Des livres et Sharon                                                       Délivrer des livres

#objectifpal

Lectures 2019

La succession, Jean-Paul Dubois

J’ai une PAL énorme mais je ne résiste pas pour autant aux propositions de prêts de livres de mes collègues ou amis… A défaut de ne pas lire tout de suite le titre de l’auteur ayant été primé au Goncourt, on m’a donc prêté celui-ci. Je l’ai lu en gardant à l’esprit ce que disait l’écrivain lors d’une interview, qu’il n’écrivait que sur le mois de mars, à raison de huit pages par jour. A le lire, parions qu’il effectue tout de même un énorme travail de préparation en amont ! Ceci-dit, j’ai retrouvé avec grand plaisir dès les premières pages ce qui m’avait plu par exemple dans Kennedy et moi. Cette façon à la fois masculine, et désabusée, de voir la vie. Il faut dire que le personnage du roman de Jean-Paul Dubois a des raisons d’être porté à la mélancolie. Toute sa famille, sauf son père, se sont suicidés. Installé à Miami, joueur de Cesta Punta, il a trouvé loin de Toulouse une forme de bonheur, entre son bateau, son travail, ses amis. Un beau jour, il sauve même un petit chien de la noyade, qui devient aussitôt son compagnon fidèle. Mais la macabre tradition familiale finit par rattraper son père. Après une dernière consultation, ce médecin discret, a en effet sauté du toit de l’immeuble de son patient, sans explications. Il a pris soin d’entourer son visage de scotch, pour éviter peut-être de crier. Paul retourne en France, abandonnant son poste, devant faire face à son héritage et aux souvenirs familiaux. Il a fait lui aussi des études de médecine, et on le presse de prendre la suite de son père. Mais Paul a réussi à trouver quelque chose qui ressemble au bonheur à Miami… et il lui tarde de reprendre le cours de sa vie là-bas. Cependant, le sort en décidera autrement. Son absence lui a fait perdre momentanément son poste et son sport connaît une vague de mouvement syndical sans précédent. Reprendre le cours de sa vie va demander à Paul des ajustements, comme trouver un autre travail. Il va servir quelques temps dans un restaurant… J’ai pris énormément de plaisir à lire ce roman dont l’écriture est savoureuse. Malgré mon peu d’affection pour le sport et l’ambiance macabre du roman, j’ai eu de l’empathie pour Paul et ses tentatives pour esquiver un destin tenace. L’héritage familial est lourd. Il y a pour autant beaucoup d’humour et d’allégresse dans les pages de ce livre. Un très bon roman sur le pouvoir des schémas familiaux.

« Je ne dirai jamais assez combien la compagnie et la présence de ce chien me furent précieuses durant cette période où la mémoire des morts allait et venait au gré des flux et des marées de la mémoire. Parfois je lui parlais et il me donnait le sentiment de tout comprendre, de la plus insignifiante de mes remarques à mes questionnements d’humain et le bien-fondé de mes doutes sur la solidité de mon patrimoine génétique. »

Editions Points – octobre 2017

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une autre lecture chez… Cathulu