Coups de coeur·Lectures 2019

Après, Nikki Gemmel… Rentrée littéraire de janvier

Aucune description de photo disponible.

❤ J’aime Nikki Gemmel depuis ses premiers romans australiens… Avec La mariée mise à nu et Avec mon corps, son style a changé, ainsi que ses préoccupations, mais mon plaisir de lecture a toujours été le même. Il y a une vitalité et une sincérité chez Nikki Gemmel, une sensibilité active, qui me plaît. Elle est une de mes auteures fétiches, puis-je donc dire aussi d’elle. Quel plaisir d’apprendre alors qu’un nouveau titre sortait en cette rentrée de janvier (non pas le 10 comme indiqué sur la photo mais le 17) !! J’ai eu la chance de lire ce nouvel opus en avant première, mais sans sa couverture, donc sans vraiment deviner au premier abord ce qui m’attendait. Dans ce dernier livre, qui est un récit, Nikki Gemmel parle en effet de sa mère, et surtout de la manière dont elle a brutalement décidé de mourir, laissant l’auteure et son frère Paul, ainsi que ses petits enfants, complètement désemparés par son geste. Et je suis rentrée avec beaucoup d’émotion dans cette histoire, qui essaye de décortiquer le pourquoi et le comment, les raisons qui ont amenées cette femme encore pleine de vie à décider de finir ses jours dans la dignité, la colère ressentie par ses proches, l’incompréhension, la volonté de savoir et de comprendre, enfin. Même si il est extrêmement émouvant, ce texte n’est pour autant pas là pour nous tirer les larmes. Nikki Gemmel ausculte en effet plutôt ses émotions, refait le film de sa relation tumultueuse avec une mère à la fois belle, indépendante, volontaire, parfois toxique et profondément aimante. Elle passe par de nombreuses étapes, et petit à petit la colère laisse place à autre chose… une réflexion profonde et humaine sur l’euthanasie. Et j’ai été très touchée par la manière sans fards et toute simple qu’avait Nikki Gemmel d’appréhender ce sujet difficile. Un texte qui vous fera très certainement réfléchir et un magnifique hommage d’une fille à sa mère !

« Nous avons connu des périodes de grande camaraderie, mais nous étions deux femmes fortes qui luttaient pour avoir l’ascendant. Et même pendant nos moments de tension, je l’aimais trop pour faire une croix totale sur elle. Les mères problématiques enfantent-elles des écrivains ? Cette colère qui crée des étincelles et vous pousse à trouver votre voix. Mais je suis consciente que ce livre ne relate qu’une seule version de l’histoire. »

Editions au Diable Vauvert – 17 janvier 2019

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

    

Publicités
Lectures 2019

Des mirages plein les poches, Gilles Marchand

Aucune description de photo disponible.

De Gilles Marchand, j’ai lu déjà avec un grand bonheur Une Bouche sans personne (2016) et Un funambule sur le sable (2017), ses deux premiers romans publiés… Je vous parle aujourd’hui du recueil de nouvelles que l’auteur a sorti en fin d’année dernière. Et c’est souvent une tradition éditoriale qu’après le succès d’un ou deux premiers romans soit publié ainsi ensuite un tel recueil de nouvelles, effectué à partir de textes antérieurement édités, ou/et rédigés spécialement. Par expérience de lectrice, je dois dire que l’exercice est très souvent périlleux, visiblement trop souvent fait pour surfer sur le succès commercial de l’auteur et la plupart du temps extrêmement décevant. Je vous rassure, ce n’est pas le cas pour ce recueil là, qui conserve bien toute la force d’écriture des autres textes de Gilles Marchand.  Vous retrouverez ce qui vous a déjà plu chez l’auteur, dans ses autres romans, si vous l’avez déjà lu. Je dois dire que j’ai aimé que les textes soient d’une telle qualité, respectueux du lecteur, retrouver sa manière toute particulière de jouer avec l’absurde et de nous entraîner vers l’inconnu et un monde qui ressemble à celui que l’on connaît,  mais légèrement renversé (un homme retrouve sa vie au fond d’une brocante, un homme considère une lampe comme son enfant, un autre pense que les chaussures courent vite et que certains slips font bien l’amour). J’ai cependant été moins emballée que je ne l’aurais cru par l’aspect condensé que procure la nouvelle. Il m’a manqué je crois toute l’étendue de l’univers que Gilles Marchand déploie dans ses romans, et surtout sa tendresse. L’exercice du format court est toujours très particulier. Peut-être n’y suis-je pas sensible en ce moment ? En tous les cas, ce recueil rencontre un beau succès sur la blogosphère, il était dans le dernier bilan des coups de coeur de la blogo [ici], choisi par deux lectrices. N’hésitez donc pas à vous précipiter vers tout ouvrage de Gilles Marchand qui croiserait votre route, surtout que ses deux premiers romans sont sortis dorénavant en version poche, aux éditions Points !!

Editions Aux forges de Vulcain – octobre 2018

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une autre lecture chez… Nicole

Lectures 2018

Antigone, Jop

Aucun texte alternatif disponible.

Depuis quelques temps, j’essaye de participer le plus régulièrement possible aux opérations Masse critique de chez Babélio, car j’apprécie de pouvoir choisir le titre qui me fait envie et le fait de passer par une plateforme me donne un certain sentiment de liberté dans ma lecture… Lors de cette dernière session graphique, je n’étais cependant pas très emballée par les propositions jusqu’à ce que je tombe sur ce titre, qui était évidemment fait pour moi. A la réception, j’ai été très étonnée par la minceur de l’album, son petit format. Il faut dire que cet Antigone là est la première publication de Jop, et qu’il est très certainement destiné à un public plutôt adolescent, d’où sans doute la brièveté de l’ouvrage. L’auteur a choisi de faire de son héroïne un personnage moderne, recueillie par son Oncle Créon, préfet de son état. L’Antigone de Jop défend une ZAD (Zone à Défendre), est la meilleure amie d’Ismène, qu’elle considère comme sa soeur, et se fait bien entendu prendre sur le fait pas la police, qui en réfère immédiatement à son Oncle Créon. La qualité du dessin, la dominante bleue de l’ensemble, les extraits connus de la pièce d’Anouilh mélangés à un langage plus moderne, font de cet album un magnifique objet et une belle approche du mythe d’Antigone, très bien repris d’ailleurs dans un dossier en fin de récit. J’ai peut-être trouvé l’ensemble un peu court, j’aurais aimé que l’intrigue soit plus développée, mais pour un album à petit prix, ce livre est d’une qualité indéniable. J’ai hâte de suivre Jop dans une autre publication, son trait étant très prometteur ! De plus, l’envoi de ce titre m’a permis de découvrir une maison d’édition, Goater, qui semble contenir réellement de belles trouvailles.

Résultat de recherche d'images pour "antigone jop"

Editions Goater – 11 Janvier 2019

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…
1 2 3 4 5

Une autre lecture chez… Eimelle

tous les livres sur Babelio.com
Coups de coeur·Lectures 2019

Speak, Emily Carroll d’après le roman de Laurie Halse Anderson

Aucune description de photo disponible.

❤ De cette histoire, j’ai tout d’abord connu la version film avec Kristen Stewart dans le rôle principal, puis le texte, publié chez « La Belle colère » sous le titre Vous parler de ça… J’ai donc été très intéressée quand j’ai su qu’une version BD allait sortir. Et je dois dire que la force du texte de Laurie Halse Anderson ne perd rien de son attrait dans cette nouvelle version, bien au contraire, je l’ai trouvée absolument magnifique. Emily Carroll a si bien su illustrer l’état d’esprit de cette jeune fille en proie au mutisme depuis une certaine soirée d’Août, son entrée difficile au Lycée, sa solitude, et ces cours d’art plastique qui sont à la fois une bouffée d’air frais pour elle et le moyen de peut-être enfin réussir à exprimer ce qui la ronge. En préface, Laurie Halse Anderson précise qu’elle a vu le roman graphique prendre de l’essor avec enthousiasme, et qu’elle a longtemps réfléchi à la façon de faire de Speak une bande dessinée, car l’expression et l’art prennent beaucoup d’importance dans l’évolution du personnage de Mélinda Sordino. Emily Caroll s’est imposée. Et c’est vrai que la forme du roman graphique est un excellent support pour cette histoire, certaines planches sont d’une grande force visuelle, accentuée par l’utilisation du noir et blanc. Il exprime le désarroi de la parole emmurée, des batailles intérieures pour la libérer et des éclaircies qui apparaissent quand elle se libère enfin. Laurie Halse Anderson a écrit Speak pour tenter d’endiguer la dépression qui la guettait suite à un viol dont elle a été victime à 13 ans. Je vous recommande chaudement cette très belle version qui peut sans problème être déposée dans des mains adolescentes.

   

Editions Rue de Sèvres – 9 janvier 2019
J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…12345

Une autre lecture chez… Madame

Lu dans le cadre de la BD de la semaine chez Noukette aujourd’hui ! [clic]

Coups de coeur·Lectures 2019

Nous aurons été vivants, Laurence Tardieu… Rentrée littéraire de janvier

L’image contient peut-être : 1 personne

❤ Ce n’est pas un secret, Laurence Tardieu est une de mes auteures fétiches… Quel cadeau de Noël alors d’avoir reçu ce livre en avant première pour pouvoir vous en parler dès aujourd’hui, jour de sa sortie en librairie ! Il faut dire qu’après avoir été très émue, notamment par son A la fin le silence publié en 2016, il me tardait de savoir comment elle allait rebondir en écriture, et trouver peut-être une autre voie. Il me tardait de pouvoir la lire de nouveau. Il y a de ces écritures dans lesquelles on se sent tellement chez soi. Et je n’ai pas été déçue, en ouvrant ce livre, de retrouver son style, intact, peut-être même plus sûr de lui, et de découvrir d’autres personnages, dans les vêtements desquels se glisse avec finesse la sensibilité si grande de Laurence Tardieu. Ce matin d’Avril 2017, Hannah est sidérée. Est-ce Lorette qu’elle aperçoit, là, de l’autre côté de la rue ? Sa fille disparue depuis au moins 7 ans. Une seconde, le passage de deux bus, et l’apparition n’existe plus. Mais comment alors trouver le courage de se rendre à ce dîner entre amis ce soir ? Même si il s’agit de Lydie, sa meilleur amie, et de Paul. Hannah passe la journée à revivre les moments forts de son passé, des fantômes viennent lui rendre visite… Il est beaucoup question du temps qui passe, de la femme qu’elle est aujourd’hui, de la mère qu’elle a été, de la douleur qui creuse des failles en soi, de celle que l’on transmet de génération en génération, malgré soi, et de la possibilité de la renaissance. Hannah est peintre, et son art dévore tout en elle, son temps, son énergie, mais lui donne aussi lumière et force. Comment vous dire combien j’ai tout aimé dans ce roman délicat, dont je retardais le plus possible la lecture pour en savourer chaque page. Un très beau roman de cette rentrée de janvier, et un coup de coeur pour moi.

« Elle se penche pour refermer la fenêtre, ressent à nouveau, sur sa peau, l’air du dehors. Quelque chose en elle tressaille. Parfois, on ne sait plus ce qui est de la joie ou de la douleur, songe-t-elle en respirant une dernière fois l’odeur de la nuit. »

Editions Stock – 2 janvier 2019

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5