Lectures 2018

Une vie sans fin, Frédéric Beigbeder ~ rentrée littéraire hiver 2018

De Frédéric Beigbeder, tu ne connaissais que cette image de dandy lettré et un peu fantasque qui circule dans les médias… Se fier à l’image que les gens projettent d’eux n’est sans doute pas la meilleure manière de les aborder. Tu ne connaissais donc pas l’auteur, puisque tu ne l’avais jamais lu. Et tu dois dire que tu ne sais trop maintenant comment organiser ta pensée et tes réactions face à cette première rencontre, via ce livre, écrit sous la forme d’une pseudo auto-fiction. Dans ses premières pages, ce roman a été un véritable régal de lecture, puis s’est avéré un tant soit peu ennuyeux, puis complètement loufoque et extravagant, pour enfin t’arracher deux larmes à la toute dernière page… Le pitch ? Tout commence alors que le narrateur promet à sa fille qu‘à partir de maintenant plus personne ne meurt, et surtout pas lui, son père. La cinquantaine, les ennuis de santé de ses parents, tout lui donne en effet des raisons de s’inquiéter. Se sentir vieillir est un drôle d’événement à intégrer. Sa notoriété permettant les rencontres, il entreprend donc un périple médical et scientifique, le menant de Genève à Jérusalem puis aux Etats-unis, afin de devenir immortel, ou du moins réussir à prolonger au maximum sa vie. Un périple dans lequel il va entraîner sa fille de dix ans, Romy. Et c’est là que Frédéric Beigbeder est le plus fort, lorsqu’il parle du lien qui unit son narrateur à cet enfant, leur complicité manifeste, puis à Léonore, cette femme qu’il croise en Suisse, veut très vite épouser, et avec laquelle il désire avant tout faire un autre enfant. Le narrateur/Frédéric Beigbeder se pose plein de questions, nous livre tout un tas de données scientifiques (véridiques) mais dévoile aussi tout un tas de fantasmes (vrais ou faux) sur l’immortalité. L’accumulation de données scientifiques a par moments eu raison de ta concentration et de ton enthousiasme pour ce livre, ainsi que le délire dans lequel l’auteur nous emmène peu à peu. En effet, au moment où Pepper (le robot ultra perfectionné venu du Japon) devient le compagnon de jeu de Romy, tout part un peu en cacahuète dans cette histoire, même si tu as bien ri des situations cocasses et des réparties dudit robot. Le roman se targue aussi de quelques visites éclairs dans le futur et la science-fiction… D’autres lecteurs seront peut-être agacés de la présence récurrente de noms célèbres, notoriété de l’écrivain oblige. Tu es passée très vite dessus, n’étant pas très friande, toi, de révélations croustillantes sur les célébrités. Au final, Frédéric Beigbeder se révèle terriblement attachant et sincère dans les pages de ce livre, se mettant en scène avec humour et dérision, n’ayant aucunement peur du ridicule et pratiquant constamment l’auto-critique. Et de tout le fatras versé dans cette histoire, de toute cette bataille contre l’idée de trépasser bêtement comme tout le monde, de cette lutte (et même de l’ennui généré par cette lutte), émerge l’image d’un homme que l’on a soudain envie de mieux connaître et de mieux aimer. Certains en parlent déjà comme DU livre de la maturité de Frédéric Beigbeder.

Editions Grasset – 3 janvier 2018

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

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44 commentaires sur “Une vie sans fin, Frédéric Beigbeder ~ rentrée littéraire hiver 2018

  1. J’aime beaucoup Beigbeder. Ces livres me paraissent toujours un peu inégaux, comme tu le dis, mais c’est souvent très drôle, décalé, on s’y amuse beaucoup 🙂

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  2. Pourtant le début sur Lire Magazine était prometteur, on sent qu’il y a un lien fort avec sa fille mais cela me confirme que ce n’est pas le genre de lecture que j’aime….. J’avais abandonné 99 Frs….. je n’arrive pas à accrocher avec cette littérature bobo….. parisienne

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  3. De lui je n’ai lu que Windows of the world, mais quelle claque ! Une lecture bouleversante que j’avais beaucoup aimé. Il y a de lui aussi dedans mais seulement le côté « attachant » sans doute. Je te le conseille, si tu veux te laisser une deuxième chance avec cet auteur 😉

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  4. Je te conseille moi aussi « Windows on the world », qui parle également des liens filiaux et qui fait l’impasse sur le name dropping, bref, du Beigbeder avec ce que tu sembles avoir apprécié dans ce roman-ci mais sans ce que tu n’y as pas apprécié 🙂

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  5. Je crains que ce ne soit pas pour moi… et puis on va en entendre trop parler dans les médias, c’est quasiment sûr, et il n’y a rien de tel pour m’en détourner !

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  6. J’ai bien prévu de le lire, celui-là. J’ai découvert Beigbeder avec Une vie française, que j’ai littéralement et contre toute attente adoré, puis avec Windows on the world. Beaucoup de sincérité et d’élégance derrière le personnage médiatique qui avait jusqu’alors tendance à me hérisser le poil…

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