Lectures 2019

La logeuse, Fédor Dostoïevski… objectif pal d’avril

J’ai découvert Dostoïevski en fin de collège avec Les frères Karamazov et Crimes et châtiments. C’était le temps où je trouvais des trésors dans la bibliothèque familiale. A cette époque, j’ai également lu Le bruit et la fureur de Faulkner par exemple… Ce sont des lectures très marquantes pour un jeune esprit. Et avec Dostoïevski j’ai découvert justement combien les chemins tumultueux de l’esprit pouvaient constituer un sujet passionnant mais également un poil oppressant en littérature. J’ai acheté ce récit, La logeuse, lors d’une rencontre avec le traducteur André Markowicz, à laquelle j’ai assisté en 2007 (au tout début de mon blog, qui existait alors sur la plateforme blog4ever). La rencontre avait été très intéressante mais j’avais été toute intimidée alors de faire dédicacer ce titre, très impressionnée par l’intelligence et la culture de l’intervenant. Cette grosse nouvelle, que j’ai enfin ouverte ce mois-ci (12 ans plus tard), est présentée en quatrième de couverture comme une oeuvre de jeunesse. On y retrouve les thèmes favoris de l’auteur : la jeunesse, la pauvreté, l’isolement, une sensibilité exacerbée, les tourments d’une âme torturée par une obsession qui finit par devenir maladive. Le héros de cette histoire, un jeune étudiant en sciences, tombe en effet follement amoureux d’une jeune femme rencontrée à l’église. Elle est d’une beauté renversante mais semble tourmentée par un chagrin immense et est constamment accompagnée par un vieillard au regard suspicieux, qui s’avère être son mari. Le jeune homme, à la recherche d’un logement, et plein d’audace, leur suggère de le prendre comme locataire, ce qu’ils acceptent, la jeune femme avec engouement, et le vieillard avec réticence. Mais la maladie s’invite, semblant exacerber les esprits de chacun. La logeuse s’occupe des deux hommes avec effervescence et raconte son histoire, ses remords, révèle son attrait pour son locataire, mais aussi combien elle est liée au vieil homme. Et il ne serait pas faux de dire que les émotions sont fortement exagérées dans ce court récit où dominent la fièvre et une certaine atmosphère mystique des plus sombres. Je ne suis pas certaine d’avoir particulièrement aimé cela, ni le flou qui reste autour du lien inexplicable qui unit la jeune femme à un vieillard qui semble avoir par ailleurs détruit sa famille. Mais cette lecture, dont je ressors dubitative, ne m’empêchera pas de continuer à lire ces romans russes, parfois surprenants, dont je suis en général très friande.

Editions Babel – août 2000

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Lectures 2019

Le quartier, Joakim Zander

Grâce au dernier Masse Critique Mauvais genre de chez Babélio, j’ai eu la chance de recevoir ce titre qui vient tout juste de sortir chez Actes Sud collection Actes noirs… Comme je lis très peu de polars, j’ai été plutôt contente de cette opportunité de sortir ainsi de ma zone de confort. Et c’est effectivement un voyage autant décoiffant que dépaysant que j’ai pu faire dans Stockholm et ses différents quartiers, via ce roman très bien écrit, moderne et prenant. Nous suivons principalement trois personnages dans cette histoire, trois jeunes gens très différents, bien que liés par les événements qui se déroulent à présent à Bergort, un des quartiers défavorisés de la banlieue de Stockholm. Il y a tout d’abord Fadi, un jeune garçon rebelle qui cherche surtout sa voie après le départ de sa soeur. Il est attiré par le beau discours qu’on lui sert, l’intérêt qu’on lui porte et rêve peu à peu de partir en Syrie. Yasmine, sa soeur, a quitté Bergort précipitamment quelques années plus tôt. Elle vit à New-York et exerce la profession de « chercheuse de tendances » mais sa vie n’est pas rose auprès d’un petit ami toxico et violent. Lorsque sa mère lui envoie des photos où Fadi, prétendu mort en Syrie, apparaît, elle fait tout pour retourner à Stockholm à la recherche de son petit frère. En parallèle, nous suivons Klara, qui prépare un rapport destiné aux gouvernements de l’Union Européenne et dont l’ordinateur est volé un soir dans un café alors qu’elle avait sans doute trop bu. Le décès violent d’un de ses collègues et l’attitude étrange de sa chef l’incite à en savoir plus. Les enquêtes des deux jeunes filles vont les amener à se mettre en danger, tandis que Fadi se cache et prépare sa revanche… Après avoir eu quelques difficultés en début de roman à situer les époques et situations, j’ai beaucoup aimé ensuite suivre les péripéties des protagonistes de ce roman qui a le mérite de s’intéresser à tous les milieux d’un Stockholm loin de l’image lisse que l’on nous présente habituellement. Il est question dans ce livre de radicalisation, de pauvreté, de machinations entreprises par de grands groupes, d’intérêts gouvernementaux, mais aussi d’amour, de fidélité et d’amitié. Et ne vous y trompez pas, une fois que l’intrigue est lancée, le lecteur est happé par un enchaînement de rencontres et de situations dignes des plus grandes séries du genre ! J’ai beaucoup aimé.

Editions Actes Sud – 10 avril 2019

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Coups de coeur·Lectures 2019

Saccage, Frederik Peeters… la BD de la semaine !

❤ Cet album est absolument magnifique ! Le lecteur peut se demander au départ à quel objet livre il a à faire, si il se retrouve devant une sorte de sketchbook, ou si véritablement cette BD sans paroles va lui raconter une histoire. La préface explique tout. La frustration de Peeters depuis la fin de sa série Aâma de dessiner un cinquième tome totalement muet, son désir d’un album psychédélique et abstrait. Le voici sans aucun doute. Il n’y a pas de scénario dans cet opus où l’on suit quand même le même personnage jaune, habillé de bandelettes et un enfant fantomatique. L’ouvrage est fait de superbes planches colorées mises bout à bout, des visions post apocalyptiques où se superposent parfois le présent et le passé. Une histoire se dessine malgré l’incohérence apparente, une histoire qui raconte, désabusée, comment l’homme a détruit son monde. J’ai personnellement adoré !

Lu dans le cadre de la BD de la semaine. Tous les liens sont chez Stephie aujourd’hui !

 

Editions Atrabile – mars 2019

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Lu aussi cette semaine (avis brefs)…

Je ne suis pas très fan du dessin de cet album, façon manga, lu pour ma bibliothèque, mais je dois dire que la lecture de cette BD a été au final une bonne surprise. En effet, le personnage féminin de vétéran en état de choc post traumatique s’avère complexe et attachant, et j’ai été séduite par le contexte d’un Tokyo foisonnant où règne aussi une extrême violence. le petit restaurant de la jeune femme qui s’intéresse à Jun nous permet de prendre pied dans un Japon plus connu culturellement. Un album qui met en avant l’entraide et qui possède finalement une belle qualité graphique (J’ai du laisser au placard mes à priori).

Ankama éditions – mars 2019

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Lu dans le cadre du Prix Cezam BD 2019. Je ne suis pas la cible de ce genre de BD mais j’ai pour autant beaucoup aimé cet album au format à l’italienne qui nous plonge dans un univers post explosion du cloud internet. Les adultes se retrouvent dans l’obligation de porter des masques dès qu’ils sortent et la méfiance est de mise partout. Impossible de révéler avec insouciance sa véritable identité. J’ai aimé l’esthétique des cases, celle des différents costumes. le scénario est enlevé et intéressant. On suit principalement un détective privé chargé par sa soeur de retrouver l’assassin d’une jeune femme. Les coups de feu et de poings s’échangent. Les méchants sont vraiment méchants. Un album qui restera un bon souvenir de lecture !

Urban Comics éditions – mars 2017

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Lectures 2019

Le Prix, Cyril Gely… sélection du Prix Relay des Voyageurs lecteurs 2019

Je continue mes lectures pour le Prix Relay des voyageurs lecteurs… et j’en profite d’ailleurs pour vous signaler que les votes sont ouverts. Vous êtes déjà nombreux à avoir lu une grande partie de la sélection, je vous invite donc à élire votre livre préféré en cliquant ci-dessous, à la clé de nombreux cadeaux à gagner, dont un voyage à Séville !

[Lien pour voter – jeu concours]

Dans le roman que je présente aujourd’hui, nous sommes à Stockholm en 1946. Otto Hahn s’apprête à recevoir le prix Nobel de chimie. Il patiente dans sa chambre d’Hôtel en compagnie d’Edith, sa femme. Depuis plusieurs années, ils dorment dans des chambres séparées, depuis cette fameuse nuit de 1938 où Lise, la collaboratrice d’Otto, juive, a été obligée de fuir l’Allemagne pour se réfugier en Suède. Cet événement a en effet traumatisé tout le monde, mais Edith suggère que ce serait une bonne idée de profiter de ce voyage pour reprendre contact avec elle… La cérémonie débute dans la soirée, le discours est prêt, les tenues seront enfilées un peu plus tard, le jour s’est levé depuis peu, et soudain Lise apparaît devant Otto, dans sa chambre d’Hôtel. Vient-elle pour le féliciter ? Non, elle vient pour en découdre, pour régler ses comptes. S’ensuit alors un échange où sera disséqué les responsabilités et droits de chacun. Pourquoi Otto n’a-t-il pas signé avec elle sa découverte de la fission nucléaire et porte-t-il aujourd’hui seul la gloire liée à cette découverte ? Lise a-t-elle le droit de se plaindre, alors qu’Otto lui a donné sa chance en tant que femme scientifique, et lui a très certainement sauvé la vie ? Le Prix est un huis clos qui se déroule sur le temps d’une journée. C’est un roman facile à lire, et la tension qui y règne donne envie de tourner les pages rapidement. Il est tiré d’une histoire vraie. Otto Hahn a réellement existé et a reçu en 1944 un Prix Nobel de chimie qu’il n’a pu venir chercher en Suède qu’en 1946. Cependant, j’ai fini par m’ennuyer de ce face à face qui tourne un peu en rond. Dans un genre similaire, L’idée ridicule de ne jamais te revoir, de Rosa Montero, qui raconte la relation de Marie Curie avec son mari était autrement beaucoup plus passionnante à lire. Pour autant, je suis heureuse d’avoir pu découvrir, grâce à ce livre, un pan de l’histoire dont j’ignorais tout, et l’auteur a tout de même le talent de nous laisser voir deux personnalités complexes, douées d’une intelligence remarquable, vouées à la science, et à l’origine d’une découverte qui a changé nos vies.

Editions Albin Michel – janvier 2019

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Une autre lecture chez… Joëlle

La sélection complète

Lectures 2019

Roissy, Tiffany Tavernier… sélection du Prix du roman Cezam Inter-CE 2019

Je continue à lire les romans en lice pour le Prix Cezam de cette année, dont vous retrouverez la liste en fin de billet ici [clic]. Dans celui-ci, nous sommes à Roissy, auprès d’une femme amnésique, ayant décidé de rester dans ce lieu, où les gens ne font en général que passer, partent ou arrivent, en transit, et de s’y faire oublier. J’ai eu du mal, dans les premières pages, à me défaire de mes souvenirs du film Le terminal avec Tom Hanks. Heureusement, j’ai réussi peu à peu à m’en détacher… Cette femme traîne en effet sa valise toute la journée, cherchant à ressembler le plus possible à une voyageuse, même si elle dort dans les sous-sols la nuit en compagnie de Vlad. Elle n’a rien de commun à première vue avec une SDF ou une sans papiers. Rien ne l’empêche de partir. Seulement, elle se sent à sa place, invente des histoires, vole pour survivre, prend plaisir à la compagnie des avions, attend quelque chose, ou quelqu’un ? Des souvenirs la taraudent par vagues, un mari, un frigo rempli de victuailles, une grande maison, des petites filles, un puits, un accident. Un jour, Luc, lui adresse la parole. Cet homme vient tous les jours attendre le vol Rio-Paris, espérant retrouver sa femme, pourtant morte dans un accident d’avion des années auparavant. La douceur de ce veuf fera tout voler en éclats, la bulle protectrice, les habitudes et peut-être même l’amnésie… Que dire de cette lecture ? J’en ai aimé beaucoup de moments, notamment ceux que l’héroïne de ce roman partage avec des inconnus, ses stratégies pour survivre et même sa relation avec les SDF de l’aéroport. J’ai moins aimé la répétition de ses errances, et les explications un peu floues de son séjour à Roissy. Au final, je me suis un peu ennuyée avec ce titre qui avait pourtant beaucoup d’atouts pour me plaire, et dont j’ai apprécié l’écriture. Une lecture en demi-teinte, donc.

Sabine Wespieser Editeur – août 2018

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Une autre lecture chez… Joëlle