Lectures 2019

Les femmes sont occupées, Samira El Ayachi

En ce moment, je dévore les livres qui me tombent sous la main… et celui-ci n’a pas fait exception. De plus, il aborde un thème qui m’est cher, même si il n’est pas toujours si bien traité, la solitude et la fatigue chez les jeunes mères. Et je dois dire que, personnellement, je ne remercierai jamais assez les systèmes de garderie qui prennent les enfants à la demi journée et aussi cette femme d’un centre de loisirs qui un jour a écouté ma fatigue et mon désarroi et m’a permis de déposer mon aînée quand je le voulais, même sans inscription préalable, pour m’occuper de mon deuxième qui venait de naître prématuré. Parfois, le mari travaille beaucoup et loin (ce qui était mon cas), ou n’est tout simplement pas là. Parfois, la famille, les grands parents, ne veulent pas, ou ne peuvent pas, aider. Et l’épuisement est tel, la solitude et la fatigue aussi, que le moindre geste d’entraide, est une bénédiction. J’ai déjà eu les larmes aux yeux quand on m’a aidé à descendre une envolée de marches avec ma poussette, par exemple. Je suis souvent revenue rouge, échevelée, encombrée, d’une sortie avec mes enfants avec l’impression de ne pas être à la hauteur, à la hauteur de rien. Et je me rends compte aujourd’hui combien c’était faux, et combien en réalité j’ai tenu le coup, et combien je mérite d’en être fière, comme cette mère, dans l’histoire de Samira El Ayachi. La narratrice se retrouve en effet du jour au lendemain maman solo, après une dispute avec le père de son bébé. La voici en tête à tête avec Petit Chose, et tout son quotidien en est immédiatement bouleversé. Elle qui doit finir de monter sa pièce de théâtre, écrire sa thèse, travailler… Elle n’a plus le temps de rien, et surtout pas de s’occuper d’elle. Elle aime son petit mais elle voudrait bien que son père le prenne en charge quelques week-ends. La société est ainsi faite qu’on ne punit pas un père qui ne prend pas sa part dans la garde de son enfant, mais une mère qui ne permettrait pas à son père de le prendre de temps en temps, tel que le prévoit la garde dite classique. La maman de Petit Chose est donc confrontée à une solitude sociale et existentielle forte et constate autour d’elle combien les femmes sont débordées, qu’elles soient en couple ou non. J’ai aimé le ton de Samira El Ayachi dans ce roman, résolument féministe, et qui pointe du doigt cette réalité : comment les femmes peuvent-elles se réaliser, faire avancer le monde, rêver et créer dans de telles conditions ? La narratrice répond avec humour qu’elle « déploie [ses] impossibles », mais ne veut surtout pas « courber l’échine », renoncer. Un texte résolument féminin, donc, et à partager.

« Même pas boire un thé, même pas manger, même pas finir tes phrases. A qui déposer ton enfant ? Dans quels bras disponibles, dans quel square de quelle banlieue, pour aller se reposer un peu. Qui est solidaire d’avec les mères dépassées ?« 

Editions de l’Aube – 5 septembre 2019

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Une autre lecture chez… Jostein

Lectures 2019

Ne change jamais, Marie Desplechin & Aude Picault (illustrations)

Quand Marie Desplechin et Aude Picault croient toutes les deux que les adolescents ont déjà tout en eux pour sauver la planète, cela donne un manifeste à l’usage des citoyens en herbe à déguster sans modération chez L’Ecole des loisirsCe livre se présente sous une forme originale et est divisé en plusieurs chapitres. Il s’agit de reprendre ce que font naturellement les jeunes adolescents, s’habiller, partager, s’hydrater, découvrir, voyager… et de leur dire combien ils connaissent déjà les bons comportements pour faire attention à la planète. Une occasion de faire le plein d’astuces aussi. Marie Desplechin fait en préambule à ce livre une déclaration de confiance à cette nouvelle génération, représentée par la figure devenue emblématique de Greta Thunberg. Elle croit dans le « plus d’intelligence, de compassion et de créativité » qu’ils détiennent. Chaque chapitre commence par une petite histoire, ou plutôt une petite tranche de vie adolescente. On y retrouve l’écriture savoureuse de l’auteure et son regard tendre. Ce qui apparaît souvent comme une bêtise devient parfois du bon sens, dévoyé par l’éducation et la norme qu’imposent les adultes. Alors, Marie Desplechin assène à chaque fin de chapitre cet ordre doux… s’il-te-plaît, Ne change jamais !.

J’ai beaucoup aimé parcourir ce livre et y puiser des astuces et des confirmations de comportements. J’apporte un petit bémol sur les dessins de Aude Picault (que j’adore habituellement) mais qui donnent je trouve un côté un peu désuet à cet ouvrage (très années 80). Mais peut-être était-ce voulu ? Cet ouvrage est plein de bonnes intentions et vraiment important, comme toutes les pierres que nous mettons sur ce chemin là, d’un meilleur respect de la planète. Cependant, à côtoyer mes propres adolescents, je vois bien que la difficulté est ailleurs. Ces enfants qui ont grandi et désiré très fort des jouets en plastique (enrobés souvent de plusieurs couches de plastique), alors qu’on leur proposait de bien jolis jouets en bois ou en tissu. Ces enfants à qui on proposait des gâteaux au yaourt, cakes et autres madeleines et qui bavaient devant les distributeurs de sucreries emballées (qui se sont mis aussi plus tard à commander sur amazon), ne sont pas franchement emballés par l’idée du renoncement. Les maris non plus, même si ils sont plus faciles à convaincre. Il est évident que le zéro déchets est plus souvent porté par la volonté des mères, sans doute parce qu’elles se souviennent de leur enfance, de quand elles réussissaient à vivre sans... et parce qu’elles pensent à l’avenir de ceux qu’elles ont mis au monde. Bref, le chemin est long et plein d’obstacles. J’essaye moi-même à la maison d’imposer peu à peu de nouvelles façons de faire, avec plus ou moins de succès. Merci à Marie Desplechin et à Aude Picault de nous aider à y croire !

L’Ecole des loisirs – 2 octobre 2019

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Lectures 2019

Le grand livre Pop-Up de Poudlard et Les mystères de Poudlard… passion Harry Potter !

   

❤ Je ne sais pas vous mais chez les Antigone on commence tout doucement à faire nos listes de Noël… Cela dit il semblerait que le monsieur à la barbe blanche soit déjà passé à la maison. Je remercie en effet grandement Gallimard jeunesse pour sa générosité et de me permettre de vous présenter ces deux ouvrages qui ont fait la grande joie de ma fille, grande fan de Harry Potter. Le grand livre Pop-up de Poudlard, sorti en fin d’année dernière, revient en librairie pour les fêtes, et il est absolument fantastique ! A réception, Grande fille ne cessait de pousser de petits cris à chaque découverte, à chaque page épaisse tournée ou petit volet soulevé. Il faut dire que les pop-up ont toujours très bien fonctionné à la maison, depuis la plus tendre enfance de mes enfants. Et c’est sans conteste un indispensable pour les fans.  La célèbre école des sorciers se déploie devant nos yeux ébahis avec plein de petits détails à révéler et de précieuses informations. Cet objet collector a trouvé sa place dans la chambre de Grande fille. Lorsqu’il est déplié, le Grand livre devient une véritable carte de Poudlard et de ses environs. Ce doit être également une chouette idée de relire les tomes tout en se projetant dans ce décor en 3D. Retrouvez en fin de billet une vidéo du concepteur de ce bel objet livre.

Le livre Les mystères de Poudlard est de facture un peu plus classique. Il explore cette fois-ci plutôt de l’intérieur la célèbre école des sorciers. Il dévoile en effet les secrets de chaque pièce, en décortique les détails et explique les conditions de tournage, etc… Grande fille a été très séduite aussi par ce livre qui est pour elle d’une esthétique peut être plus enfantine, mais permet une bonne approche de l’univers Harry Potter… Ci-dessous, vous pouvez voir la double-page consacrée à la Grande salle.

Gallimard – Novembre 2018 (Pop-up) et octobre 2019 (livre)

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Lectures 2019

Honoré et moi, Titiou Lecoq

J’aurais pu intituler ce billet Titiou Lecoq et moi… oui, parce que je dois dire que depuis le temps que je la suis sur son blog Girls and Geeks et plus récemment dans Slate, depuis le temps que je lis ses livres (Le combat féministe se gagne devant le panier de linge sale ou Chroniques de la débrouille, par exemple), je peux me permettre de dire que j’adore cette filleEt je crois qu’elle ne m’en voudrait même pas d’être aussi familière. Titiou Lecoq est celle avec laquelle je me suis sentie tout de suite soeur de maternité. Lire son blog à l’époque de ses grossesses a été une libération. Je me rappelle que j’avais envie de filer le lien de son site à tout le monde (je l’ai peut-être d’ailleurs fait). Elle a cette manière abrupte, sincère, et tellement intelligente, d’être et de s’exprimer. Bref, je l’adore. Je m’excuse donc d’avance pour ce billet qui sera d’une grande subjectivité, surtout que j’adore aussi son prétendu frère dans ce livre… Honoré de Balzac. Voici un titre qui était donc fait pour moi. Mais je ne m’attendais pas à une autre coïncidence… Dans les premières pages, Titiou Lecoq raconte comment l’idée d’écrire sur Balzac lui est venue. Visitant une des maisons de l’auteur, dans le 16ème arrondissement de Paris, elle tombe en arrêt dans le bureau de l’écrivain, avec cette sensation étrange de sentir sa présence. Ensuite, l’obsession est totale. Il lui faut lire toute sa correspondance, tout ce qu’elle trouve sur lui. Lorsque j’étais étudiante, j’ai visité de mon côté, l’autre maison de Balzac, celle située au cœur de la Touraine, dans le château de Saché. Balzac aurait rendu régulièrement visite au propriétaire des lieux, de 1825 à 1848, trouvant dans la petite chambre qui lui est réservée un lieu propice à l’écriture, loin des créanciers parisiens. Saché aurait servi de cadre au Lys dans la vallée. Je venais de lire le roman, juste avant cette visite. Je me souviens de la présence de quelques lettres de l’auteur dans des présentoirs sous verre et de cette fameuse chambre, avec sa vue… et de la présence impressionnante soudain de Balzac dans cette pièce. J’ai enchaîné moi aussi avec quelques biographies de l’auteur, puis je me suis plongée avec délices dans sa correspondance avec Madame Hanska. Le travail de Titiou Lecoq a été dans son livre de dénicher l’homme derrière le personnage, derrière le héros littéraire. Balzac était en effet aussi un homme criblé de dettes, obsédé par l’idée de gagner de l’argent, incapable de le faire fructifier quand il en avait, l’auteur d’idées malencontreuses en affaires. Il était également l’ami des femmes, de temps en temps l’amant de certaines, un fils pas vraiment reconnaissant. Affublé d’un physique d’épicier, il peinait à se faire reconnaître comme artiste dans le monde parisien. Ses romans étaient modernes (trop ?) et pas réellement du goût de l’époque. Et quand le succès a été au rendez-vous, Balzac ne cessait de dépenser, de décorer son intérieur, de s’offrir des vêtements luxueux. Grâce à la verve de Titiou Lecoq, cette biographie originale de Balzac est un véritable régal. Elle désacralise l’auteur devenu classique et le rend tout bêtement humain. Et j’ai adoré la lire de nouveau.

« L’un de nos plus grands écrivains a eu une vie d’emmerdements assez classiques, la vie d’un homme avec ses soucis d’argent, ses rêves de devenir propriétaire, ses problèmes de travaux, son goût des fringues, ses pulsions d’achat, ses humiliations, ses espoirs que l’avenir serait meilleur, ses insomnies, ses migraines, ses brûlures d’estomac, sa mort.
Pourtant, il était bien un peu génial, Honoré ? Evidemment. Mais son génie ne reposait pas sur un pouvoir magique ou une essence supérieure. Il y a des êtres qui ont plus manifestement la capacité à penser, librement, et c’est cette liberté, hors des cadres préconçus qui laisse leur chance aux possibilités, en ouvre les champs. C’est cela, ajouté à la certitude de son propre talent, à la capacité à s’autolégitimer, et l’aide de certaines circonstances, qui amène Honoré Balssa, petit-fils de paysans du Tarn, à concevoir La comédie humaine.« 

L’iconoclaste – 2 octobre 2019

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Instagram

C’était octobre

Je vous raconte donc octobre, via d’abord vos deux photos préférées sur mon compte Instagram @antigoneheron. Vous avez aimé ma sélection pour le café des blogueurs qui a eu lieu le 5 octobre à la librairie Les fringales littéraires aux Herbiers et notre sortie à la mer à St Gilles Croix de Vie, un jour de mauvais temps.

     

4/10 – Voici les livres de la rentrée littéraire dont je vous parlerai demain aux @lesfringaleslitteraires aux Herbiers (85). Je serai en compagnie de @mumu_bocage @severine_billaud et @violaine124 qui vous dévoileront elles aussi leurs propres sélections ! Le rendez-vous est à 15h. Merci par avance à celles et ceux qui ont déjà prévu de venir. Je suis heureuse d’avoir encore une fois l’occasion de parler de ces romans beaucoup aimés ! 💙💙
@alexandrakoszelyk @auxforgesdevulcain @au_diable_vauvert_editions @thomasgunzig
@valerietongcuong @editionsjclatteslemasque @editions_globe #dianaevans
#rentreeliteraire2019 #booklover #bookstagram – 68 ❤ | 27/10 – Aujourd’hui à St Gilles la mer était haute et les vagues belles. Il y avait des surfeurs qui marchaient pieds nus sur le remblais. Il ne faisait pas beau mais c’était chouette ! #dimanche – 49 ❤

En octobre, il y a eu aussi…
* le rendez-vous du café des blogueurs le 5 octobre donc (photo ci-dessous) ;
* la reprise des réunions du comité BD dans la bibliothèque de ma ville, avec des projets pour Angoulême en 2020
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* une plongée dans l’univers de Sauveur & fils avec la lecture des tomes 3, 4 et 5 ;

* le 9 octobre, une rencontre avec Sylvain Prudhomme pour son roman Par les routes, auteur associé du Grand R cette année, rencontre où nous étions plus de 100 personnes (une folie) ;
* j’ai répondu au tag d’Enna sur mes débuts de blogueuse [clic ici] ;
* un bilan des derniers coups de coeur du web le 15 octobre [clic ici]. Je vous dévoilerai bientôt les titres les plus souvent plébiscités cette année ;

* le 26 octobre, le deuxième rendez-vous du Club des lecteurs yonnais que j’anime, chez Chacun sa part à La Roche sur Yon (85), rendez-vous sur le thème du voyage cette fois-ci. Un autre rendez-vous est prévu pour fin décembre, sur le thème de Noël, de l’hiver, etc. Si vous êtes dans la région, n’hésitez pas à nous rejoindre pour quelques samedis dans l’année via le groupe facebook dédié [clic ici] ou par un message privé (voir colonne à droite). La plupart des participants et moi-même sommes débutants dans l’exercice, il y a du thé et d’excellentes pâtisseries, on parle livres et auteurs, c’est sans chichi, venez !

Récapitulatif des lectures chroniquées en octobre :