Coups de coeur·Lectures 2019

Le chef-d’oeuvre, Anna Enquist… objectif pal de mars !

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❤ Il fut un temps, pas si lointain, où une certaine blogueuse avait entrepris de lire tout Anna Enquist [clic ici]… ce qu’elle a réussi à faire, mais personne n’en doutait. Comme je suis assez influençable, Le chef-d’oeuvre a rejoint à ce moment là ma PAL et y a végété jusqu’à aujourd’hui. Quelle erreur ! Car, mazette, que cette auteure a du talent ! Et dire qu’il s’agit ici de son premier roman. Dans cet opus, Johan Steenkamer s’apprête à présenter ses oeuvres lors d’une exposition de grande envergure. Sa mère, Alma, très fière de sa réussite, lui propose de poursuivre le vernissage par un dîner en petit comité, amical et familial, qui sera le point d’orgue de cette journée de consécration. Cependant, Oscar, le frère de Johan, gâche un peu la fête en amont en publiant quelques jours auparavant un article qui critique le tournant figuratif qu’a pris dernièrement son frère. Cet écrit tend la situation et augure mal de la soirée. Mais Johan, persuadé de son talent, fier, orgueilleux, décide de ne pas s’en préoccuper. Avec désinvolture, il annonce même à sa mère qu’il a invité son père, parti aux Etats-unis et remarié depuis longtemps, à son vernissage, sans se douter du tsunami qu’il vient de déclencher chez elle. Et c’est là que réside tout le talent d’Anna Enquist qui décortique petit à petit l’entourage du flamboyant et inconséquent Johan, et laisse à penser qu’effectivement la fameuse exposition ne peut être qu’un désastre. Lisa, l’amie d’Ellen, la mère des enfants de Johan, observe tout cela de son oeil exercé de psychanalyste, à la fois désabusé et fébrile. Son mari a emmené ses propres enfants en vacances, elle est seule, se laisse aller à l’indolence… Ellen, elle, tente de survivre à la perte de sa petite fille Saar, qu’un  problème au coeur a emporté en quelques jours. Les protagonistes de cette histoire se tiennent les uns aux autres comme dans un château de cartes, avec leurs névroses, leur indifférence ou leur jalousie. A quel moment le fragile édifice va-t-il s’écrouler ? Vous comprendrez que j’ai beaucoup aimé ce roman, d’une grande finesse psychologique, écrit également avec beaucoup de talent et l’amour des petits détails qui comptent. Je vous recommande chaudement d’aller voir à votre tour du côté de ce Chef-d’oeuvre fabuleux, ou même d’Anna Enquist, si un autre titre d’elle traîne dans votre PAL, vous ne le regretterez pas !

Editions de poche Babel – 2001

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Lectures 2019

Zombillénium T4, Arthur de Pins… La BD de la semaine !

J’ai de nouveau participé cette année, avec Rakuten France, à l’opération La BD fait son festival, dans la foulée du festival de la BD d’Angoulême… La réception de l’album gagné a eu lieu dans la bonne humeur à la maison. Mes enfants adorent la série Zombillénium d’Arthur de Pins, dont La fille de l’air est déjà le quatrième tome. Nous avions d’ailleurs vu, avec ma grande fille, l’adaptation de la BD au cinéma. Je vous conseille aussi la Bande originale composée par Marc Bastard. Mais je dois dire que je ne me souvenais pourtant que vaguement de l’épisode précédent, le tome 3, emprunté en bibliothèque. Cela ne m’a au final pas gêné du tout dans ma lecture. Dans ce tome 4, le parc Zombillénium va bien, le taux de fréquentation est au beau fixe, mais il est actuellement toujours aux mains de Behemoth, qui continue ses pratiques démoniaques. Gretchen et Von Bloodt (l’ancien directeur), aidés par Aurélien (qui travaille toujours au Parc), tentent donc d’aider les employés qui le désirent à s’évader, afin de leur offrir une reconversion possible. Mais c’est compter sans la présence d’une toute nouvelle et redoutable sorcière, Charlotte Hawkins, plus puissante que Gretchen, qui intervient avec fracas et vole à cette dernière son fiancé. Aurélien, envoûté par l’enchanteresse, et transformé en monstre, offre un bien beau spectacle aux visiteurs du Parc… Mon fils (13 ans) a été le premier à lire cet opus, qu’il a trouvé moins bon que les précédents… parce qu’il met en place la suite, m’a-t-il dit d’un ton docte. C’est un album de transition. Grande fille (17 ans) l’a feuilleté rapidement. Elle le lira plus tard. Elle a trouvé les dessins toujours aussi magnifiques. Ils sont faits par ordinateur ça se voit, m’a dit celle qui dessine exclusivement avec des crayons. Et je dois dire que je suis d’accord avec eux. En effet, et même si les dessins sont vraiment superbes, j’ai moins aimé ce tome 4, qui amène de nouveaux personnages, sans vraiment expliquer d’où ils viennent, et laisse peu la parole aux anciens, que l’on aimait bien. Heureusement, la policière que Gretchen a partiellement transformée en lapin apporte une note d’humour et de fraîcheur bienvenue dans cet album qui annonce très certainement (donc) une nouvelle ère dans l’histoire de Zombillénium. Et il est peu de dire que Gretchen a vraiment du soucis à se faire. A suivre…

Editions Dupuis – 23 novembre 2018

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Un album lu dans le cadre de la BD de la semaine ! Les autres liens sont chez Stephie aujourd’hui [clic]

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Un amour de psy, Anne Duvivier

Quand les éditions M.E.O., maison d’édition belge, m’ont proposé un titre de leur catalogue, j’ai choisi celui-ci, pour la fraîcheur de sa couverture et mon intérêt personnel pour la psychanalyse… Cependant, il a été rapidement évident que, dans ce roman, le personnage d’Angélo n’est pas le genre d’homme que l’on souhaiterait avoir pour psy. Et il n’est pas tellement question de psychanalyse dans ce livre. Il faut dire qu’à bientôt soixante ans, la vie joue à Angélo un drôle de tour. Il vient d’apprendre que sa femme Hannah est tombée amoureuse d’une autre femme, Géraldine. Par ailleurs, sa mère lui téléphone sans arrêts pour des petits soucis à régler, et sa fille lui confie régulièrement ses jumeaux. Tout psychologue qu’il est, Angélo est en train de perdre littéralement la tête. Le voilà qui couche avec une de ses patientes pour se venger de sa femme, et qu’il se mêle d’un peu trop près des histoires de ses clients. Où tout cela va-t-il mener ? Est-ce le début d’une nouvelle vie, ou les prémices du chaos ? Ce roman est définitivement à ne pas prendre au sérieux, au risque sinon d’être un poil choqué par les agissements de ce psy qui a remisé au placard toute déontologie. Le ton est humoristique, la verve de l’auteure surprenante, et également rafraîchissante. Le propos est parfois cru, sans ambiguïté, surtout quand il est question des relations sensuelles d’Angélo avec Béa, ancienne patiente et nouvelle amie, mais l’écriture d’Anne Duvivier cache en réalité une grande sensibilité et une grande affection pour ses personnages. En effet, au fil des pages de ce roman, le lecteur apprend à voir combien Angélo accorde de l’importance aux liens qu’il tisse avec les autres, surtout quand il se démène maladroitement pour le bien être de ses patients, et quand il s’inquiète pour sa mère vieillissante. Et on ressort finalement de cette histoire de famille, aux multiples embranchements et rebondissements, et de manière complètement inattendue, la larme à l’oeil.

Editions M.E.O. – février 2019

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Scott est mort, Anne Von Canal

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J’avais fêté mes dix ans de blog en offrant le très beau Ni terre ni mer d’Anne von Canal (gros coup de coeur de 2016) à mes lecteurs. Slatkine & Compagnie était alors une toute jeune maison d’édition, elle fête cette année ses trois ans… J’ai été ravie de lire de nouveau cette auteure avec son dernier titre. Dans ce roman, nous rencontrons Hannah, glaciologue en mission en Antarctique. Alors que la tension est à son comble parmi leur petite équipe, et que chacun doit rester concentré, Hannah reçoit un message de son frère. En objet, est noté ceci : Scott est mort. D’abord agacée, Hannah est finalement d’heure en heure poursuivie par cette phrase qui fait remonter en elle bien des souvenirs. Enfant, elle vouait un culte à l’explorateur Roald Amundsen qui fut le premier, en 1905, à franchir le passage du Nord-Ouest qui relie l’océan Atlantique au Pacifique dans le Grand Nord canadien. Il commandera plus tard l’expédition qui, la première, atteindra le pôle Sud. Avec son frère Jan et sa meilleure amie Fred, ils jouaient à endosser le rôle de ces explorateurs du froid. Hannah était Amundsen, tandis que Jan était Wilson et Fred le capitaine Scott, rival malheureux de Amundsen, mort d’épuisement, de faim et de froid, lors de sa deuxième expédition en Antarctique. Hannah se souvient de la longue amitié entretenue avec Fred, puis à l’approche de leurs études supérieures, qu’ils rêvaient de faire ensemble, de sa fuite et de son abandon. Mais Hannah a de lourdes responsabilités dans la mission qu’elle dirige dans le présent, et ses accès de rêverie soudaines peuvent mettre en péril le projet et son équipe… Si vous aimez comme moi les récits du froid, l’Antarctique, vous serez séduits par ce récit où couve la tempête, et où les conditions de vie spartiates soudent ou divisent. Vous aimerez aussi rencontrer l’insolente et mystérieuse Fred, et l’enfance dans ce qu’elle a de plus flamboyant et imaginatif. Une lecture dépaysante, qui se pose aussi la question de ce que nous avons bien pu faire de nos dix ans !

Editions Slaktine & Cie – février 2019

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How to stop time, Matt Haig

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De Matt Haig, je connaissais surtout ses écrits sur la dépression, maladie dont il est victime depuis sa jeunesse… J’avais été très marqué notamment par Rester en vie, son opus sur le sujet. Ici, je rencontre l’écrivain dans ce roman pour jeunes adultes, roman avec lequel j’ai passé un agréable moment de lecture, dépaysant et distrayant. Tom Hazard vient de rentrer dans un collège londonien pour enseigner l’histoire. Mais il n’est pas un professeur comme les autres. En effet, et même si Tom a l’air d’avoir la quarantaine, il a en réalité derrière lui déjà plus de 400 d’existence. Il souffre d’anagérie, une affection qui intervient à la puberté et ralenti le vieillissement. Ce mal dont il est atteint a déjà fait souffrir bon nombre de personnes autour de lui, et notamment sa mère, considérée à cause de lui à l’époque comme une sorcière, et condamnée à être noyée sous le regard de son fils. Tom a eu une femme et une fille, dont il a dû se séparer autrefois pour préserver la survie. Mais il s’avère que Marion, sa fille, est atteinte du même handicap. C’est donc pour la retrouver qu’il a finalement accepté de faire partie d’un réseau qui aide les gens comme lui à changer de vie tous les huit ans, afin de ne pas éveiller les soupçons. A travers ses souvenirs, on découvre l’histoire de Tom, les rencontres fabuleuses qu’il a pu faire, William Shakespeare, Scott F Fitzgerald, etc… et on revit l’Histoire avec un grand H comme si on y était. L’affection de Tom est très crédible et habilement utilisée par l’auteur. Elle entraîne le lecteur dans un récit addictif digne des grandes fresques et des grands romans d’aventures. J’ai aimé pour ma part ce voyage là, et que l’histoire soit conjuguée pour une fois au présent. De plus, le fait que le fragile équilibre de Tom puisse être mis en péril par une nouvelle rencontre amoureuse donne du piment à un texte dans l’ensemble bien intéressant. Les droits cinématographiques de ce roman ont apparemment été achetés par l’acteur Benedict Cumberbacht, voilà qui promet également…

Editions Helium – 13 mars 2019

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Une autre lecture chez… Cunéipage

Lectures 2019

Un matin, j’étais féministe ~ Sophie Bramly

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Hier, nous étions le 8 mars, la journée où l’on fête les droits des femmes et où on souhaite aussi qu’ils évoluent dans le bon sens, vers le meilleur, et surtout perdurent… Avant d’être mariée, et maman, je n’avais pas tellement conscience d’être un genre discriminé. Et pourtant, si je suis honnête, des héros de mon enfance, je voulais bien plus être plus tard le jeune garçon de l’Ile au trésor que les jeunes filles bien rangées des Petites filles modèles. Dans tous les récits lus à l’époque, l’avenir semblait bien plus vaste et offert aux jeunes garçons, quand les jeunes filles n’avaient qu’un bon mariage en perspective. Heureusement, la littérature jeunesse a bien changé et les héroïnes féminines d’aujourd’hui n’ont rien à envier aux héros masculins, quel progrès ! Comme Sophie Bramly, je crois que je suis devenue féministe au fil du temps et des expériences, et en souvenir de mes lectures qui me donnaient un grand sentiment d’enfermement au féminin. Mais la littérature et l’histoire manquaient alors drôlement de figures auxquelles se raccrocher, alors qu’elles existaient, dans les faits. C’est sa propre expérience que Sophie Bramly raconte dans ce livre, entremêlant son histoire personnelle et le portrait de grandes figures féminines (ou féministes, car il y a de beaux portraits d’hommes aussi) inspirantes. Sophie Bramly est née en 1959 en Tunisie. Elle a été photographe, directrice artistique, puis productrice d’émissions sur MTV Europe. Elle est connue pour avoir diffusé la culture hip-hop en France au début des années 1980. Elle a travaillé pour une major de disque avant de de fonder deux sociétés de production dédiées à la sexualité et à l’émancipation féminine. Elle dirige un Think thank qui mesure l’impact du féminisme sur la société et a fondé le collectif 52. C’est un sacré personnage, et une femme elle-même inspirante que je suis heureuse d’avoir rencontrée à travers ce livre. Même si j’ai déploré au fil de ma lecture le côté un peu confus du fil narratif, il me reste à la fin de ce voyage au pays du féminin un sentiment très fort d’appartenance et de sororité. J’ai aimé qu’il soit à la fois question de Madonna, Prince, Christine and the queens, de Wonder woman et de ces femmes de l’ombre qui ont voulu par exemple, entrer un temps dans la NASA avant de se faire renvoyer brutalement. Je rapprocherais cette lecture du très intéressant livre de Titiou Lecoq, Libérées, que je vous conseille également vivement. Toutes ces lectures sont bien utiles pour se rendre compte de tout ce qui est fait dans notre société pour renvoyer continuellement les femmes dans leurs foyers, et les réduire à ce qu’elles ont de fragile, minoritaire, inférieur… délicat.

« Je reste stupéfaite de la division des genres, parce qu’elle est partie d’une idée folle et reste pourtant tenace aujourd’hui. Je ne comprends pas plus que les femmes qui se sentent libres et/ou qui ont du pouvoir soient perçues comme masculines, insinuant au passage l’idée que le libidinal serait de l’ordre du masculin. Et pourtant, je suis aussi victime de préjugés : si je refuse obstinément tout ce qui ressemble de près ou de loin au shopping, si j’exècre le rose, ce n’est pas seulement parce que je m’insurge contre ces assignations de genre, c’est aussi parce que je finis par associer « féminin » avec « moins bien », même si au fond de moi reste la conviction que c’est notre force – faite de notre capacité à engendrer conjuguée à celle de ruser, de contourner, de résister et de faire mille choses à la fois – qui nous vaut d’être acculées à s’afficher comme vulnérables. »

Editions Kero – mars 2019

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Lu dans le cadre de la dernière opération Masse critique de chez Babélio