Coups de coeur·Lectures 2018

América (épisode 1), Jason Pearson & Alé Garza & Jon Hughes

Il se peut que je vous étonne un peu avec mon coup de coeur du jour !  Mais je dois dire que grâce à mon garçon (13 ans,) je baigne dans l’univers des super héros depuis longtemps. La semaine dernière, nous étions d’ailleurs au rendez-vous pour la sortie au cinéma du deuxième épisode des Indestructibles. Ce qui arrive à America, dans le tout premier épisode de cette série que je vous présente aujourd’hui, a quelques liens avec le thème de ce deuxième opus, car elle met sans conteste le féminin à l’honneur. Mais loin d’être devenue la meilleure super héroine du moment, America a perdu elle, de manière complètement étonnante, et depuis peu, tout pouvoir d’indestructibilité. America travaille pour HeroCorp, une entreprise de super héros, et ce depuis dix ans, elle n’a donc pas l’intention d’arrêter ses activités. D’ailleurs, la voici toujours sur la brèche, et devenue accroc à cette nouvelle sensation jusque alors inconnue d’elle : la douleur. Ses employeurs ne sont pas chauds de la laisser travailler ainsi, et son contrat d’assurance est ainsi rompu quand elle refuse de porter la nouvelle combinaison qu’on lui a fabriquée. Mais America ne s’en laisse pas compter et démontre qu’elle reste malgré ses nouvelles failles une super héroïne. Personnellement, j’ai beaucoup aimé dans ce premier épisode, les dialogues savoureux et percutants écrits par Jon Hughes, le créateur d’Overground Comics. Les dessins de Jason Pearson et Alé Garza sont également très beaux, et d’une violence esthétique plutôt sobre. Ils ont su donner au corps de la jeune Bernadette Callaway, force et fragilité. Ce sont d’ailleurs les plus belles planches de l’album, celles où l’on découvre le corps de le jeune femme, belle, rebelle, mais blessée. J’ai hâte de suivre la suite des aventures de cette héroïne attachante qui découvre soudain ce qu’être devenue mortelle signifie. Et j’aime sortir aussi qualitativement de ma zone de confort.

Editions Graph Zeppelin – 10 juillet 2018

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Divers et blabla

Tully

Le thème de l’épuisement maternel m’intéresse depuis longtemps… On en parlait peu quand mes enfants étaient petits. A l’aube de l’an 2000, être mère était devenu presque une fin en soi pour les femmes, qui se devaient d’en être obligatoirement épanouies, au risque sinon d’être regardées de travers et taxées de mauvaises mères. Hors du baby blues qui pouvait être éventuellement diagnostiqué, il n’y avait pas de place pour le doute, les angoisses et la fatigue. Je suis contente de voir que les mentalités évoluent un peu, et qu’aujourd’hui la maternité est prise dans toute sa complexité… Le film ci-dessous peut sembler un peu excessif, voire négatif, mais en fait il ne l’est pas du tout. Je l’ai trouvé plein d’espoir. Il donne envie d’aimer ses enfants, tout en continuant à ne pas s’oublier… Charlize Théron y est remarquable. A voir !

Lectures 2018

3 bis rue Riquet, Frédérique Le Romancer

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Parfois, je me trompe lourdement sur l’attente que je peux avoir d’un livre. Il faut dire aussi que je ne lis jamais les quatrièmes de couvertures… J’aime effectivement que le texte se laisse découvrir par lui-même, tout seul comme un grand, sans explications, dès les premières phrases. Bref, je pensais avec celui-ci entrer dans l’intimité d’un immeuble, passer un moment agréable avec ses habitants, assister éventuellement à leurs rencontres et désaccords, et point. Je ne pensais pas, en réalité, être aussi surprise par la personnalité de chaque personnage, ni être aussi émue. Voici donc un roman, à découvrir absolument si vous aimez les personnages hauts en couleurs, que les événements de la vie permettent à des étrangers de faire connaissance, la gouaille, la fantaisie et les différences. Il y a sans conteste du Tous ensemble de Gavalda, dans ce roman-là. Nous faisons tout d’abord la connaissance de Madeleine, qui habite au premier étage, houspillée par Marc, qui a acheté et rénové tout le dernier étage. Il faudrait refaire l’escalier et Madeleine n’a toujours pas versé sa contribution. Or, il s’avère que Madeleine, malgré son âge avancé, exerce toujours le plus vieux métier du monde, mais que les clients se font de plus en plus rares. Cécile, au rez-de-chaussée, observe les allées et venues de tout le monde. Agoraphobe, traductrice à domicile, adepte de conversations virtuelles via de faux profils, elle s’invente plusieurs vies et a l’idée saugrenue d’alpaguer sur des sites de rencontres ses deux voisins, Marc et également Lucie, la célibataire de l’appartement du premier. Mais c’est surtout la fragilité de plus en plus grande de Madeleine qui va bousculer les habitudes de tout le monde au 3 bis, rue Riquet, et surtout l’apparition des copines de l’intéressée, qui forment autour d’elle un cercle bruissant, étonnant et bienveillant. Et moi, j’ai aimé que Frédérique Le Romancer sache ainsi traiter à la fois du thème de la prostitution, sans lourdeur et fausse pudeur non plus, et de la solitude dans notre monde moderne. Les rencontres prennent parfois des chemins bien biscornus. Encore une bonne idée de lecture d’été !!

Editions Denoël – avril 2018 – 

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Lectures 2018

La Surnommeuse, Pascal Houmard

Ma PAL urgente contient décidément de drôles d’ovnis, si bien que je ne regrette pas du tout de fouiller en ce moment dedans… J’y découvre des livres qui m’entraînent loin de mes habitudes de lecture, ce qui est très dépaysant. Mais pourquoi Pascal Houmard a-t-il donc eu l’idée de m’envoyer son roman, premier opus des Enquêtes de la commissaire Crystal ? La réponse est dans ses pages, quand je découvre que le personnage que l’on va suivre se prénomme Antigona Krestaj. Tiraillée entre sa raison (son Créon) et le feu qui l’habite (son Antigone), Antigona est une enquêtrice au flair reconnu. Elle a déjà résolu il y a peu une affaire dont tout le monde parle encore, l' »Affaire Saint-Roch ». Ainsi, lorsqu’elle débarque au domicile de Vincent Alignac, 64 ans, officiellement sans profession, et proprement suicidé à l’aide d’un katana japonais, la voici pleine de convictions et d’un professionnalisme à toute épreuve. Oui mais, il s’avère qu’elle connaissait déjà Vincent Alignac, l’ancien chauffeur du bibliobus de son enfance, qu’il était alors déjà nègre littéraire, et que sur les étagères de l’écrivain fantôme trône aujourd’hui les ouvrages lacérés d’un autre écrivain, lui fortement médiatisé, David Morlans. Quel lien unit donc les deux hommes ? Et Antigona va-t-elle résister à ses sentiments naissants pour l’écrivain impostueur, ce David Morlans aux secrets mystérieux, au risque de perdre toute intégrité ? Pascal Houmard laisse filer ces questionnements tout au long d’une enquête pleine de rebondissements et de créations littéraires. Car son personnage, Antigona, est une surnommeuse, habituée à l’inventivité en matière de mots, et à donner donc un surnom à tous ceux qu’elle côtoie. Le roman est écrit dans un style où se lisent les connaissances mythologiques de l’auteur, qui enseigne le français, l’histoire et les langues anciennes dans un collège de Suisse romande. Quelques étrangetés m’ont parfois désarçonnées, dans la construction (des chapitres chronologiquement désaxés) ou dans le choix des mots (que j’ai mis sur le compte d’un vocabulaire suisse spécifique), mais l’ensemble est d’une envergure intéressante et bien addictive. On s’attache énormément aux personnages, et on visite avec eux tout à coup la maison bunker de Simenon à Lausanne, on réfléchit avec eux à ce que cela signifie être auteur, ou suivre son coeur. On ne soupçonnait pas du tout tout ce que l’on est capable d’endurer par amour, ou pour épargner ses proches, ce qui est très souvent une bien mauvaise idée. Bref, encore un roman dévoré…

Editions Mon Village – octobre 2017 – 

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Lectures 2018

Ambitions assassines, Claire Bauchart

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J’ai fait un break dans mes lectures de rentrée et vous propose aujourd’hui ce petit livre qui se lit en une bouchée, idéal pour passer un bon moment sur une chaise longue… (Juillet sera ici consacré aux injustement oubliés de ma PAL urgente) Apparemment, rien de très nouveau sous le soleil pourtant, avec ce court roman, où il est question du décès brutal d’une jeune actrice prometteuse sur un tournage, et de la façon dont les médias et la politique vont s’en mêler. Non, ce qui est intéressant est le personnage qui émerge de cette histoire, la personnalité de Pascaline Elbert, à qui l’on va confier la rédaction d’un article sur la jeune actrice décédée. Journaliste et jeune mère de famille, reléguée depuis sa maternité à un poste subalterne alors qu’elle briguait plus haut, Pascaline jongle difficilement entre les appels de la crèche et un métier où il faut sans cesse être sur la brèche pour briller. Mais le cas Mélanie Aubant va s’avérer bien plus passionnant que prévu. En effet, la jeune comédienne entretenait une relation secrète avec Ghislain Dupuis, actuellement à deux doigts de remporter la mairie de Paris, et la mère de l’actrice met à jour des documents confidentiels qui mettent la journaliste en émoi. Pascaline oublie alors les promesses faites à son mari de lever le pied et décide de se donner tous les moyens pour réaliser ses ambitions. Et c’est ce que j’ai aimé je crois dans ce roman, la manière dont la jeune femme, tout en aimant beaucoup sa fille et son mari, ne s’en laisse pas compter, persévère à force de volonté et de travail, et prend le parti de l’empathie contre les manigances. Un petit roman donc, plutôt léger, dont l’écriture peut paraître un peu lourde, mais bien plus addictif qu’il n’y paraît, et qui m’a tenu alors que je n’en attendais pas grand chose. Lu en une journée. On peut même dire… dévoré, à ce stade. 😉

Editions du Rocher – avril 2018 – 

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Instagram

C’était en juin sur @Instagram

Vos deux photos préférées de juin sur @antigoneheron

8/06 – Ce midi place Napoléon #larochesuryon @otlarochesuryon – 39 ❤ | 18/06 – Je lis déjà pour la rentrée littéraire de septembre. Le blog est en pause. Chut je lis ! À très vite. – 37 ❤

En juin, il y a eu aussi :

  • le 1er juin, une séance de lecture-tricot chez Hollywool, en duo avec mon amie Nathalie. Une chouette expérience, très agréable, même si nous avons appris quelques jours plus tard, avec tristesse, que la boutique fermait ses portes. En espérant se retrouver ailleurs, autrement. En tous les cas, cela m’a donné envie de retenter la lecture à voix haute pour une autre occasion.
  • j’ai continué mes lectures pour le 41ème Prix Relay des voyageurs lecteurs, dont le lauréat a été désigné le 19 juin : Michel Moutot pour Sequoias [ma lecture ici]. Ravie d’avoir été embarquée dans cette aventure en compagnie de Sylire, George et Leiloona et un grand merci aux organisateurs !
  • le 15 juin, encore un beau succès pour le second rendez-vous intitulé La blogo littéraire vous conseille… ou les derniers coups de coeur du web ! [la sélection de juin ici] – Rendez-vous le 15 août pour une prochaine sélection. 
  • la dernière quinzaine de juin, j’ai mis le blog en pause afin de me consacrer aux lectures pour le Prix roman des adhérents Fnac 2018. Je vous parlerai de tout ça lors de la rentrée littéraire mais je peux déjà vous dire que j’ai eu au moins un coup de coeur ! 
  • des anniversaires, des promenades, du tricot, des projets, etc…

Récapitulatif des lectures chroniquées en juin :