Lectures 2021

Son fils, Justine Levy

sonfils

J’ai pratiquement tout lu de Justine Levy [clic ici] et j’ai appris à la fois à l’aimer en tant qu’autrice, adepte de l’auto-fiction, mais aussi en tant que personne. Depuis le début, ce qu’elle écrit me parle fortement, comme en écho. J’aime sa fragilité et sa force, ce qu’elle est. Il était donc pour moi évident de la lire de nouveau en cette rentrée littéraire, dans un registre différent, puisqu’elle se met à la place cette fois-ci de quelqu’un d’autre. Mais parler de quelqu’un d’autre n’est-ce pas toujours un peu parler de soi ? Selon un procédé vieux comme le monde littéraire, Justine Lévy nous laisse croire en effet ici que nous lisons des extraits du journal d’Euphrasie Artaud, la mère d’Antonin Artaud. Antonin Artaud est un écrivain du début du XXème siècle, essayiste et poète. Il a lutté toute sa vie contre des douleurs physiques. Il subira dès très jeune des séries d’électrochocs et passera les dernières années de sa vie dans des hôpitaux psychiatriques. Antonin Artaud est né dans une famille aisée. Son père, Antoine-Roi Artaud, capitaine au long cours, et sa mère donc, Euphrasie Nalpas, sont cousins germains. Dès 1924, Antonin Artaud adhère au surréalisme. Lui qui n’a vécu ni l’expérience Dada, ni les premiers temps du surréalisme, est tout d’abord circonspect sur la théorie de l’automatisme psychique chère à André Breton. Son passage par le surréalisme va d’ailleurs moins influer sur son évolution littéraire, que ce qui reste, dans le groupe, de l’anarchisme de Dada. De 1924 à 1926, Artaud participe activement au mouvement avant d’en être exclu*. Le journal d’Euphrasie démarre en 1920 alors qu’Antonin part de Marseille pour Paris. C’est à une mère morte d’inquiétude que nous avons à faire, qui tente de croire que tout va bien se passer mais qui constate que son fils a oublié une partie de ses médicaments contre la douleur et la mélancolie dans les tiroirs de sa chambre. En 1924, elle s’installe à Paris afin de veiller sur lui. S’ensuivent de multiples allers et retours vers les hôpitaux où il est interné, l’impuissance, la force de l’amour d’une mère et parfois la résignation… Et j’ai beaucoup aimé ce portrait en creux d’un Antonin Artaud que je connaissais peu, et d’une période qui m’intéresse beaucoup. Je suis fascinée par le mouvement surréaliste. Justine Levy a saisi parfaitement dans son récit la toute puissance de l’amour maternel, mêlé de culpabilité et de doutes. Euphrasie est excessive, mais son fils l’est également. A quelle distance aurait-elle du rester de lui ? Est-il un génie ou un corps perclus de souffrances ? Et qu’elle est donc la place d’une mère dans tout ça ? Le lecteur restera principalement près d’Euphrasie, prête à tous les sacrifices pour le bien d’un fils, préoccupé ailleurs, peu reconnaissant, et dont l’oeuvre gardera dans ce livre une aura de mystère.

Editions Stock – 8 septembre 2021

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une autre lecture chez… Les lectures de Bill et Marie

*source page wikipedia

Lectures 2021·Objectif PAL

Le chat qui tombe et autres histoires noires, René Fregni… mon objectif pal du mois !

Lechat-qui-tombe-et-autres-histoires-noires

J’ai trouvé ce petit livre il y a plusieurs mois dans la boîte à livres de ma ville, que j’alimente régulièrement mais dans laquelle je trouve aussi quelques trésors… Le nom de René Fregni m’était familier mais je n’avais rien lu encore de lui jusque là. Ce recueil contient six nouvelles, d’une écriture tout de suite agréable, intelligente et précise. La première, celle qui donne le titre au recueil nous emmène aux Baumettes, un endroit dans lequel le narrateur encadre des séances d’écriture et de lecture, un endroit aussi où de nombreux chats ont envahi l’espace dédié autrefois aux condamnés à mort. Un chaton est tombé du toit, ses miaulements tordent le ventre des détenus. Qui ira donc le récupérer ? Dans les nouvelles suivantes, il est question d’un bébé que l’on enlève, d’évasion, de secrets bien gardés et de folies. Dans ce livre, on cherche beaucoup à fuir, à s’évader, on monte sur les toits, on s’envole. J’ai beaucoup aimé lire ce recueil et ces nouvelles de grande qualité. Certaines scènes sont vraiment remarquables et j’ai préféré sans aucun doute tout ce qui se déroulait dans le cadre de la prison. Je pressens néanmoins qu’il ne m’en restera pas grand chose, c’est souvent un peu le problème des nouvelles, avec lesquelles un univers semble parfois seulement esquissé. Je relirai cependant René Fregni avec plaisir.  

« Dans le moindre recoin des Baumettes, on voit des chats de toutes les couleurs, de tous les croisements de races. Ils franchissent les murs qui séparent les cours, se glissent sous les barbelés, bondissent sur les toitures, s’évaporent dans l’ombre d’un mirador. Ils sont, le soir, comme les âmes blanches, rousses, noires ou grises de ces hommes qui ont attendu la fin dans ce quartier maudit de la prison. »

 Editions de l’aube – août 2019

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

D’autres lectures sur… Babelio

Lectures 2021

Malou dit vrai, Gwen Guilyn

malouditvrai

En cette période de début de mois d’octobre, rencontrer une sorcière comme Malou dit vrai donne l’impression d’être rentrée de plein pied dans l’automne. Et c’est ce que j’ai aimé dans ce roman, l’atmosphère et cette création originale d’un personnage qui marque, d’une légende, voire de plusieurs, imbriquées… Dès les premières pages, en suivant les pas d’Ivraie, sa servante, le lecteur passe Place du marché, là où la jeune fille peut récupérer des histoires, qu’elle met dans ses poches, tels des trésors. Ivraie aurait été retrouvée tout bébé sur un tas d’ordures, puis prise en charge par Malou, qui en a fait une servante dévouée. Autrefois, Malou la sorcière a peut-être été reine, aujourd’hui elle n’est que l’ombre d’elle-même, mais on vient la consulter, la supplier de jeter des sorts, en échange de gemmes. Le résultat est toujours juste, mais pas forcément celui escompté. Mais on dit aussi qu’un jour un nouveau prétendant viendra de la mer, et que ce jour là signera sa fin… Ce roman est rempli de jeux de mots, de fausses pistes et de mystères. Au milieu de tout cela, la jeune Ivraie tient à distance une rage qui ne demande qu’à s’exprimer. Mais Malou est effrayante et la jeune fille craintive. Qui gagnera donc, de tous les esprits qui rodent autour des deux femmes, dans cette ville de bord de mer ? … J’ai encore une fois succombé aux charmes de ce texte des Editions du Panseur. Mais j’ai sans doute eu une lecture plus laborieuse de ce titre, car ce roman demande de l’attention aux détails et ma lecture, étalée sur plusieurs jours, n’était pas l’idéal. J’ai cependant terminé ce livre il y a plusieurs jours déjà, et ses personnages continuent de vivre dans ma mémoire, ce qui est plutôt bon signe, il me semble.

Editions du Panseur – 7 mai 2021

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une autre lecture chez… Geneviève

Instagram

C’était septembre

Il est temps que je vous raconte mon mois de septembre, via d’abord vos deux photos préférées sur mon compte Instagram @antigoneheron. Vous avez aimé ma lecture sur la plage et mon retour en bibliothèque. 

12/09 – Sans aucun doute le lieu idéal pour poursuivre ma lecture en cours, être comme Anna sur la plage ce matin.
@monsieurtoussaintlouverture #stgillescroixdevie #dimancheenseptembre #lessouvenirsdemarnie @monsieurtoussaintlaventure – 64 ❤ | 30/09 – Rentrer tard ce soir, beaucoup plus tard que d’habitude car c’était la reprise du comité BD de ma bibliothèque. Dans laquelle je n’avais pas mis les pieds depuis un bail. J’ai découvert notamment cette nouvelle fresque de @m.chat_official. Bonne humeur garantie. Voilà qui fait du bien. Le comité ne s’était pas réuni depuis la visite de Benjamin Bachelier en février 2020. Et retour chez soi chargée d’albums, que demander de plus ? Clin d’œil à @vir.198 🥂. #clubbd#BD#bddelasemaine – 66 ❤

En septembre, il y a eu aussi…
* la découverte des rencontres virtuelles de Vleel [en replay ici] ;
* quelques sorties amicales ;
* la remise des prix du concours d’écriture de Thorigny et l’annonce du nouveau thème ;
* du tricot et des citrouilles supplémentaires.
(Pour plus de détails, cliquer sur les photos)

img_20210909_214107_004 img_20210914_221118_375

img_20210927_165713_427 img_20210928_165154_361

Récapitulatif des lectures chroniquées en septembre (un clic sur les couvertures pour retrouver mes billets) :

lavillehumide Partis-sans-laisser-dadresse_6587cequilnousfaut

untessondeternite souvenirsdemarnie uneautrehistoiredelaviolence

idaho leclubdesinadaptes Leternel-fiance_750