Coups de coeur·Lectures 2017

D’après une histoire vraie, Delphine de Vigan

❤Comment écrire encore lorsque que l’on a tant donné de soi dans son livre précédent (Rien ne s’oppose à la nuit) ? Delphine de Vigan est confrontée malgré elle à cette plume sèche qui suit souvent la publication d’un ouvrage important pour son être intime, surtout lorsqu’il rencontre un tel succès auprès du public, qu’il est autant lu, et que l’attente est d’autant plus forte sur ce que sera la suite… Elle a écrit sur sa mère, sur sa famille, c’était douloureux, très personnel. Maintenant, il serait bon de s’y remettre, d’avoir un nouveau projet, la vie doit continuer. Mais l’auteure reste de marbre devant sa page blanche. Rien ne vient, mis à part le dégoût. Alors, quand elle rencontre L. lors d’une soirée, cette femme si sûre d’elle, avide d’entrer avec elle en amitié, l’auteure est séduite. Doucement, elle se laisse enrober par cette nouvelle amitié qui prend peu à peu énormément de place dans sa vie… De trop ? Peut-être. Et tandis que L. semble s’épanouir, Delphine elle sombre peu à peu dans de nombreux empêchements que sa nouvelle amie l’aide patiemment à camoufler au quotidien. Comment, et à qui, avouer que l’on ne peut plus rien écrire du tout ? A ses vieux amis ? A son amoureux attentif mais absent ? A ses enfants ? Seule L. peut comprendre, trouve les mots, la bouscule, questionne, sait. Et toi lectrice, tu es restée fascinée par ce récit étonnant, par le mécanisme de cette lente emprise que Delphine de Vigan subit peu à peu, par l’évocation de tout ce qui a savamment trait à l’écriture, par cette obstination du réel en littérature qui est souvent évoquée dans ce texte foisonnant. Tu n’en diras pas plus, pour laisser la surprise aux lecteurs qui n’ont pas encore découvert ce roman, mais il faut savoir que ce que l’on peut prendre au premier abord pour une suite de Rien ne s’oppose à la nuit est bien loin de n’être que cela…. D’après une histoire vraie est en réalité à la fois une réflexion sur la littérature, et un thriller palpitant, qu’on se le dise… Il a été pour toi un coup de coeur fort, et perturbant, où Delphine de Vigan démontre réellement à quel point elle possède une plume magistrale.

Editions du livre de poche – janvier 2017

Parmi tous les billets enthousiastes… celui de Leiloona

Une adaptation de ce roman est en ce moment sur les écrans…

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Coups de coeur·Lectures 2017

Betty Boob, Rocheleau et Cazot

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Quel plaisir que de présenter un si bel album… ! Coup de coeur évident de ce mois d’octobre. Tu avais déjà remarqué cette magnifique couverture, mais tu n’as pas été déçue par le contenu non plus. Pourtant, Betty Boob nous raconte une histoire sombre, celle d’une jeune femme atteinte d’un cancer, et qui perd simultanément un sein, son petit ami et son job. Le hasard (ou plutôt les fantaisies de sa perruque) vont lui permettre heureusement de faire une rencontre qui va bouleverser sa vie. La voici intégrée bien malgré elle dans une troupe de strip-teaseuses burlesques et enjouées. Quelle ironie, alors que justement Elisabeth ne sait plus où elle en est, de sa féminité, de sa vie, et de sa capacité à séduire encore… Et toi tu as été bluffée par la beauté de ces pages, qui savent à la fois montrer le désespoir et la joie de vivre retrouvée. Il y a des planches superbes de vie.  Bien entendu, le clin d’oeil est évident au mythique personnage de dessins animés, Betty Boop, une certaine ressemblance affichée, mais l’histoire contée ici est surtout le récit d’une éclatante reconstruction. Elisabeth assume ainsi, poussée par l’affection de ses nouveaux amis, celle qu’elle est devenue, enterrant peu à peu celle qu’elle ne peut plus être… Tu as été étonnée par le parti pris des auteurs de faire un album presque muet (seules des cartons en début de chapitre annonce en effet la couleur, comme dans les anciens films muets), mais le principe fonctionne et le silence va bien à cet album, tonitruant d’images et d’humour. Tu as été chamboulée, séduite et émue. Tu conseilles vivement !!

Casterman – septembre 2017

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Un titre lu dans le cadre de la BD de la semaine, tous les autres albums sont chez Noukette aujourd’hui [clic]

Coups de coeur·Lectures 2017

Linea Nigra, Sophie Adriansen ~ Rentrée littéraire 2017

  lineanigra  

Depuis ta lecture du Syndrome de la vitre étoilée et ta rencontre avec Sophie Adriansen à Montaigu… tu avais hâte de lire ce roman dont elle t’avait montré avec joie la couverture sur son téléphone… Et c’est un coup de coeur !! Sans doute parce que le thème ici t’a beaucoup parlé, peut-être même plus que dans le premier volet !! Ce titre est la suite de son premier opus, donc, et nous retrouvons effectivement avec bonheur les mêmes personnages… Seulement, Stéphanie n’est plus avec Guillaume, avec lequel elle avait essayé en vain d’avoir un enfant dans le roman précédent. Elle a rencontré Luc, qui l’aime comme une évidence, et même si elle est pleine de réticences, au début, si elle n’est pas certaine de croire vraiment en cette nouvelle histoire, la voici assez rapidement amoureuse elle aussi, entièrement et complètement… et enceinte. Tu as aimé, encore une fois, la manière dont Sophie Adriansen élabore son récit (tu es même très admirative de ce procédé), entrecoupant l’histoire de la grossesse de Stéphanie de digressions sur le même sujet, coupures de presse, extraits de livres, de conversations saisies au vol, textes administratifs, règlements, convictions, etc… Plus largement, il s’agit dans ce livre de parler de la façon dont notre société moderne traite la maternité, et plus spécialement ce moment si particulier de l’accouchement. La France est l’un des pays développés où les médecins pratiquent le plus d’accouchements déclenchés, de césariennes et d’épisiotomies. Tu as bizarrement senti ton ventre se serrer, comme à nouveau secoué par des contractions, pendant toute ta lecture… C’était assez éprouvant, et en même temps très fort. Et pourtant ta dernière grossesse date un peu… 12 ans. Mais le corps semble conserver pour toujours cette trace là, cette mémoire du passage… La Linea Nigra est cette ligne noire verticale apparue en début de grossesse sur le ventre de Stéphanie, et disparue aussi subitement qu’elle était apparue, après l’accouchement. Rien ne se passe réellement comme la jeune femme l’aurait voulu, puisqu’il lui semble que la césarienne subie lui a en quelque sorte, volé son accouchement… Pourtant Ulysse, son fils, est là, il va bien, et n’est-ce pas souvent un peu le cas (cette impression que rien ne s’est réellement passé comme prévu) ? Tu garderas pour toujours le souvenir de tes deux accouchements, si différents, et de cette deuxième grossesse, écourtée de ce mois et demi dont tu te demanderas sans doute encore longtemps où il a disparu, qui te l’a à toi aussi… volé ? Chaque histoire est différente, et chaque femme, devenue mère, pourra se reconnaître dans ce récit qui n’oublie pas de les embrasser toutes… Merci Sophie Adriansen de parler si vrai !! Tu attends à présent avec impatience la suite, puisque donner naissance n’est que le début de l’aventure de la maternité, n’est-ce pas ? Une lecture, loin d’être anecdotique, importante, que tu recommandes chaudement en cette rentrée !

Fleuve éditions – 14 septembre 2017

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Coups de coeur·Lectures 2017

Un funambule sur le sable, Gilles Marchand ~ Rentrée littéraire 2017

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Gilles Marchand est bien le seul capable de nous laisser croire à la possibilité de naître… avec un violon dans la tête. Ce parti pris acquis, plus rien de la poésie douce absurde de l’auteur ne nous surprendra plus dans son roman. Un funambule sur le sable nous raconte donc cette histoire étonnante d’un petit garçon né avec cette infirmité, et de ses difficultés à s’insérer dans une société bien frileuse avec toutes les différences. Heureusement, Stradi rencontre très vite son ami Max, également handicapé, et passionné de musique. Et puis il y a Lélie, avec laquelle il passe de douces heures de complicité amoureuse, et qui ne s’effraie pas de sa particularité. Mais rien n’est prévu dans notre monde pour un jeune garçon qui a ainsi un violon dans la tête, et dont l’instrument se réveille à la moindre occasion, qui parle aux oiseaux… Les moyens pour gérer les difficultés, et notamment la croissance de l’objet, sont douloureuses et Stradi, bien qu’entouré par une famille aimante, doit faire face tous les mois à des soins qui lui rappellent encore plus sa pathologie. Et toi lectrice, tu as plongé dans cette fable avec douceur et précaution. Tu avais déjà aimé Une bouche sans personne, le premier roman de Gilles Marchand, qui possédait déjà cette poésie de l’absurde, et tu as été heureuse de constater que l’auteur n’a rien perdu de sa force d’écriture dans ce second opus, bien au contraire. Et tu as été touchée, à la fois par son talent d’écrivain, qui suit sans failles son fil narratif jusqu’à la fin, et par sa manière d’aborder avec délicatesse le thème des maladies invisibles, de l’handicap, et de l’insertion compliquée. Tu as vu ici et là que l’on comparait cette forme d’écriture à celle de Boris Vian, et tu te dis oui, bien sûr, qu’il y a de l’Ecume des jours dans ce livre là, mais qu’il y a aussi autre chose, un optimisme réel dans les capacités humaines à s’aimer et à se rencontrer. Un très beau livre, à offrir et à s’offrir. Un coup de coeur émerveillé.

Editions Aux Forges de Vulcain – 24 août 2017

Ce titre est un des choix de Moka pour les #MRL17 

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5