Lectures 2017

Blog en pause

J’ai eu la chance d’être sélectionnée pour être jurée du Prix du roman Fnac 2018. Et il est grand temps pour moi de lire les 5 romans reçus, dont je ne vous parlerai qu’à la prochaine rentrée littéraire. Tout cela doit rester très confidentiel et mystérieux. Je rentre donc dans ma grotte pour quelques jours. Je serai de retour sans faute pour vous présenter ma lecture de PAL de juin avant la fin du mois, et faire le bilan le dernier jour du mois. En attendant, je vous laisse avec les derniers coups de coeur du web ci-dessous (et avec une image de plage, on peut toujours rêver). N’hésitez pas à aller commenter les billets des blogueurs participants, cela leur fera très plaisir. A très bientôt !

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Lectures 2017

La Ballade de l’enfant gris, Baptiste Beaulieu

Tu as croisé deux fois Baptiste Beaulieu en chair et en os cette année [clic] … il était donc grand temps pour toi de découvrir son dernier roman. Et c’est assez spécial de faire ce chemin inhabituel, rencontrer l’auteur après avoir rencontré l’homme. De plus, tu savais que Baptiste Beaulieu était aussi (et surtout) médecin, et qu’il était question d’enfant malade dans ce titre. Est-ce pour cela que tu as tant tardé à l’ouvrir ? Sans aucun doute. Et tu as eu tort. Car loin de l’hôpital où Noah souffre effectivement, et meurt peu à peu de cette maladie qui rend les enfants gris, Baptiste Beaulieu nous emmène en balade à Rome, puis à Jérusalem, et ce livre se révèle être également … un tourbillonnant voyage. Mais reprenons… Jo’ est interne en pédiatrie, et No’ est cet enfant de sept ans dont il s’occupe et que sa maman délaisse atrocement. A-t-elle ses raisons ? Peut-être. Mais le personnel la juge sévèrement car son attitude est très dérangeante, et le petit Noah est en grand danger, ses jours sont comptés. Puis, ce qui devait advenir arrive, et Jo’ se retrouve avec le petit fantôme de Noah collé à ses basques. De quoi devenir fou. Alors, Jo’ décide de partir sur les traces de cette mystérieuse mère, Maria, afin de rendre l’enfant (et son âme errante) à sa mère et de reprendre une vie normale. Le voici donc à Rome où il découvre la présence récente d’une Maria jeune femme et amoureuse, puis à Jérusalem où tous les bonheurs et tous les drames semblent pouvoir advenir. Comment donner de l’amour ? Comment empêcher les enfants de souffrir ? Comment accepter tous les destins et toutes les manières de vivre ? Comment aider ? Jo’ rencontre et se regarde dans le miroir, apprend à se voir tel qu’il est aussi, un jeune homme qui ment, et devrait apprendre à mieux aimer. Baptiste Beaulieu livre ici un très beau récit en forme de conte, émouvant et sensible, foisonnant, qui n’a pas laissé indifférent ton petit coeur tout mou de lectrice. Tu as aimé les beaux portraits dessinés, les instants forts en émotion, te perdre aussi parfois dans la chronologie et le réel/fantastique de ce livre. Une très belle lecture, qui a eu le goût toujours merveilleux de l’inattendu.

« Peut-être les fantômes d’enfants n’attrapent-ils jamais rien. Pas plus les pigeons morts que vivants, ou l’amour, ou le temps qui passe ou autre chose. C’est comme ça. »

Editions Mazarine – septembre 2016

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une autre lecture… chez Virginie

Lectures 2017

Les syllabés ~ La poule qui pond

        

Tu avais déjà parlé sur ton blog du très chouette journal Albert [clic] de chez La Poule qui pond. Il s’avère que tu as été la destinataire, dans le même paquet, de très jolis albums que tu souhaites présenter brièvement ici aujourd’hui. Car en effet, les albums d’apprentissage à la lecture de chez La poule qui pond sont assez spécifiques, et ont la particularité d’être syllabés.  La mise en page particulière (ainsi que vous pouvez le voir ci-dessus), en marquant chaque syllabe par un changement de couleur, en soulignant par exemple aussi les lettres muettes, en marquant visuellement les liaisons, en utilisant une police spéciale, a pour but de faciliter l’apprentissage de la lecture, et notamment celle des enfants dyslexiques.
Ces albums sont magnifiques. Personnellement, tu as adoré l’esthétique de ceux reçus. De catastrophe en catastrophe est passé dans les mains d’un enfant de ton entourage et a reçu un bon accueil. En partageant tes photos sur les réseaux sociaux, tu as cru comprendre que de tels albums étaient assez rares, de même que le matériel, en général, destiné aux enfants dyslexiques.

Tu es donc heureuse de présenter aujourd’hui ce catalogue spécifique de cette maison d’édition pour la jeunesse de Clermont-Ferrand, que l’on peut consulter dans son intégralité [ici]. N’hésitez pas à aller faire un tour sur le site de cet éditeur qui explore aussi plus largement les peurs et l’imaginaire des enfants.

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Coups de coeur·Lectures 2017

Songe à la douceur, Clémentine Beauvais

❤ 

Ah, Pouchkine ! Ah, Eugène Onéguine !… Depuis le temps que tu croisais cette jolie couverture sur les blogs, tu ne te doutais pas que ce roman, en vers, destiné à un public adolescent, était l’adaptation moderne de cette fameuse oeuvre de Pouchkine. Tu l’aurais sans doute ouvert plus tôt. Il faut dire que tu as voué, étudiante, une véritable fascination pour la vie et l’oeuvre d’Alexandre Pouchkine, à la fois passionnée, passionnante et romantique. Mais l’histoire d’Eugène Onéguine, adaptée par Clémentine Beauvais, est ici quand même un peu différente… Nous sommes en 2006, et Tatiana a quatorze ans lorsqu’elle rencontre pour la première fois Eugène, qui en a dix-sept. C’est l’été. Eugène accompagne son ami Lensky tous les après-midi chez Olga, la sœur aîné de Tatiana. Les amoureux se retrouvent et les deux autres jeunes gens, désœuvrés, sympathisent. Jusqu’à ce que, Tatiana, persuadée d’être amoureuse, écrive un long mail à Eugène qui l’éconduit brutalement. Lorsqu’ils se retrouvent une dizaine d’années plus tard, par hasard dans un TER, se rejoue alors une autre partition. Tatiana n’est plus la jeune fille naïve qu’elle était, elle a des projets d’avenir. Eugène a également changé et n’est plus le jeune frondeur, sûr de lui, qu’il était. Et toi lectrice, tu as trouvé ce petit livre particulier extraordinaire, non pas par l’intrigue assez banale qu’il raconte (universelle ?), mais par sa forme, absolument inventive, particulière et attachante, et finalement moderne. Car en effet, l’écriture de Clémentine Beauvais virevolte, et zappe, comme il est d’usage de le faire actuellement… Elle dépose des fragments de mails, des textos, puis entrecroise dialogues intérieurs et paroles balbutiantes. Et il faut le dire, que c’est un réel régal, et que l’on tourne les pages, avide de lire les lignes suivantes. Bref, tu n’avais pas envie de terminer ce roman.

« Il est quatre heures cinquante-quatre du matin,
un tesson de soleil est déjà fiché dans le ciel prune.
C’était exactement la lettre qu’il y avait dans son ventre.
Tendre, exacte, franche.
Discrète, douce. »

Editions Sarbacane – août 2016

Moka l’a lu aussi avec émerveillement

Valérie parle de la version Audiolib aujourd’hui (quelle coïncidence !! )

Coups de coeur·Lectures 2017

Frida, petit journal intime illustré ~ Vanna Vinci

❤ 

Frida Kahlo est réellement rentrée dans ta vie quand tu as visionné ce fameux film où Salma Hayek l’incarne si justement. Depuis, quand tu croises l’image un peu trop pop culture/commerciale qu’elle est devenue, tu penses à certaines scènes de ce film, au corps fracturé que Frida Kahlo avait réellement, au personnage extravagant et déterminé qu’elle était, à ce que voulait dire pour elle être une femme. Tu as reçu ce titre, dont tu parles aujourd’hui, grâce à une opération Masse critique de chez Babélio, et il s’avère que ton choix a été encore une fois heureux. Cet album, qui se présente comme un journal intime illustré, est en effet un très doux coup de coeur de lecture !! Cela ne veut pas dire que la vie de Frida Kahlo était douce, loin de là. Rien ne nous est d’ailleurs épargné de ses souffrances physiques, de ses exaltations intimes, de ses amours déçues. Non, ce qui s’est avéré doux dans cette histoire, c’est ce parti pris d’un dialogue posthume entre la mort et Frida, un dialogue qui parcourt tout le livre et permet à Vanna Vinci de raconter l’histoire de cette femme unique. Tu as retrouvé beaucoup de scènes qui t’avaient marquée dans le film, sa vie d’étudiante, sa rencontre avec Diego Rivera, l’accident qui a failli lui coûter la vie, son mariage, ses amours tumultueuses, Trotsky. En ouvrant ce livre, il faut s’attendre à ouvrir un album BD très bavard, où les bulles prennent en général les 3/4 de la page. Il faut dire qu’il y a aussi beaucoup à raconter… rien d’étonnant. Les dessins sont cependant très présents aussi, et très beaux, très fidèles à l’esprit des tableaux de Frida Kahlo. Tu as d’ailleurs beaucoup apprécié que Vanna Vinci y fasse référence sans chercher à les copier, un travail subtil extrêmement bien réussi. N’hésitez pas à rencontrer Frida Kahlo à votre tour, via cet album, vous ne serez pas déçus. Les adeptes de l’artiste n’y apprendront sans doute rien de plus sur sa vie, mais apprécieront je pense ce bel ouvrage/hommage. Et toi lectrice, tu restes toujours impressionnée par le courage de Frida Kahlo face à la douleur physique, par cette position allongée qui lui permettait quand même de peindre, et toute cette épopée du corps devenue une merveilleuse et unique oeuvre artistique.

Editions Chêne éditeur – octobre 2017

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Ceci est ta BD de la semaine, tous les autres liens sont chez Stéphanie aujourd’hui [clic]

                   

Lectures 2017

Pondichéry, à l’aurore ~ Aliette Armel – Objectif pal de décembre

Pour toi, Aliette Armel est avant tout l’auteure d’un très intéressant essai sur le mythe d’Antigone et de ses nombreuses figures et représentations [clic ici] (Un ouvrage, lu et emprunté à plusieurs reprises et malheureusement épuisé). Mais tu as également lu de cette auteure, que tu as eu le plaisir de rencontrer à Montaigu en 2009, Le Voyage de Bilqis et Le Pianiste de Trieste. Dans ses romans, Aliette Armel mêle élégamment récits de femmes, voyages et érudition. Et c’est encore le cas avec celui-ci, que tu as sorti de ta PAL pour décembre. Le récit démarre brutalement par la fin d’un enterrement en grande pompe d’un tout récent Prix Nobel de littérature, Gérald Manding, décédé sur une plage de Pondichéry. Sa notoriété dépassait la sphère littéraire, puisque Gérald avait écrit de nombreuses pièces de théâtre mais aussi quelques scénarios de films à succès. Claire a été chargée tout de suite, par sa veuve et amie, Louise, d’entreprendre un livre qui raconterai les derniers jours de cet homme, nouvellement nobellisé. Dans un flash-back, le lecteur comprend que Claire a fait la connaissance de Louise à Stockholm, au moment de la cérémonie des Nobels. Elle était là en tant que journaliste, mais elle a accepté alors sur un coup de tête de suivre sa nouvelle amie à Pondichéry. Louise est fragile, Gérald arrogant, et autour d’eux gravite un cercle aux ramifications assez mystérieuses pour la jeune femme, notamment cette Léonore Carrois du Réau, figure visiblement tutélaire du clan familial. En Inde, Claire est logée dans un ashram, et se découvre à la fois libre, libérée, et liée à cette famille dont elle tente de percer les secrets… Et toi lectrice, tu as beaucoup aimé plonger dans ce roman, qui a su te faire entrer comme si tu y étais dans l’univers d’une remise de Prix aux retombées mondiales, dans l’intimité d’une famille franco-anglaise aux secrets de famille lourds, et dans un Pondichéry à la spiritualité très forte, colorée et codifiée. Aliette Armel a un réel talent de conteuse et de romancière. Entrer et rester dans les pages de ce roman a donc été un réel plaisir. On se laisse porter par le côté ample de l’écriture, et on referme ce livre avec le sentiment d’avoir beaucoup appris sur le contexte dans lequel évoluait les personnages d’Aliette Armel et l’Inde. Te voici donc toute prête à retenter une nouvelle lecture avec cette auteure.

Editions Le passage – janvier 2011

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5