Coups de coeur·Lectures 2017

L’aimant, Lucas Harari

❤ 

Tu découvres en ce moment de superbes BD, à l’atmosphère assez surnaturelle (un thème en vogue en 2017 ?)… Et c’est encore le cas pour celle-ci qui s’avère un bien beau coup de cœur, tant tout t’a semblé parfait dans cet album, la taille de l’objet livre (XXL), son poids, sa texture, la qualité de ses couleurs (à prédominance rouge et bleu), l’histoire, la beauté des planches. Nous rencontrons tout de suite Pierre, jeune étudiant parisien en architecture, ayant abandonné sa thèse, suite à des problèmes de santé, et surtout à la perte de ses notes. Il entreprend un dernier voyage en Suisse, afin de visiter les thermes de Vals, objet de son étude. Ce magnifique bâtiment, devenu un hôtel, conçu par le célèbre architecte suisse Peter Zumthor, au cœur de la montagne, est fascinant. Pierre ressent particulièrement pour la piscine une mystérieuse et inexplicable attraction. Il n’a de cesse de la dessiner pour en sonder les secrets. Mais Pierre n’est pas le seul à s’intéresser à l’architecture étrange du bâtiment. Il doit affronter plusieurs fois la curiosité malsaine que provoquent ses recherches sur la personnalité déroutante d’un professeur en séjour dans le même hôtel. Heureusement, sur la route, Pierre a rencontré un fermier, sympathique, qui l’initie aux mystères et légendes de Vals, et lui apporte son aide bienveillante. Il rencontre également la belle Ondine…. Et toi lectrice, tu ne sais pas si cet album rencontrera chez tous les lecteurs le même engouement. En effet, on peut ne pas accrocher aux dessins, aux couleurs, à la typographie des bulles, aux côtés un peu vintage de l’ensemble (voir les scènes de bagarre façon Black et Mortimer). Mais toi tu as adoré t’y plonger. Pourtant, tu n’aimes pas toujours le surnaturel ou le fantastique en BD, mais ici l’atmosphère inquiétante et étrange fonctionne bien. Pour certaines vignettes, tu as pensé aussi à La vierge froide et autres racontars, adapté de Jorn Riel par Tanquerelle et De Bonneval, et cela t’a fait sourire. Bref, une très belle et étonnante découverte !

Editions Sarbacane – août 2017

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Ceci est ta BD de la semaine, tous les autres liens sont chez Noukette aujourd’hui [clic]

               

Coups de coeur·Lectures 2017

Femme à la mobylette, Jean-Luc Seigle

❤ 

Tu vas dorénavant vers les romans de Jean-Luc Seigle presque les yeux fermés… Il faut dire que tu avais déjà eu un premier coup de coeur en 2013 pour son En vieillissant les hommes pleurent, que tu avais adoré [clic], puis tu avais rencontré l’auteur [clic] et lu son Je vous écris dans le noir [clic], avec le même émerveillement. Il y a des connexions avec certains auteurs qui ne s’expliquent pas. Une sensation de familiarité dans l’écriture dès le début de la lecture qui donne immédiatement le sentiment confortable de savoir que l’on va aimer ce que l’on va lire. C’est encore le cas cette fois-ci avec cette Femme à la mobylette, qui commence pourtant dans une atmosphère de drame, presque insupportable pour le lecteur. Reine a-t-elle tué ses trois enfants ? On va très vite savoir que non, mais qu’elle a eu l’intention de le faire, et combien sa vie a basculé depuis le départ de son mari Olivier. Reine doit trouver un travail, pour subvenir à leurs besoins à tous. Elle qui n’a jamais prié, invoque le tout puissant. Et le miracle a lieu. Dans son jardin, elle découvre sous un tas de fatras amoncelés par son mari une mobylette, encore en état de marche. Reine va donc pouvoir accepter ce poste aux Pompes Funèbres auquel l’éloignement l’avait obligé à renoncer. La voici donc sur les routes matin et soir… et tout semble enfin devenir possible, même l’amour, sous les traits de Jorgen, routier Néerlandais, peintre et poète. Et toi lectrice, tu n’en diras pas plus, pour laisser aux futurs lecteurs le plaisir de la découverte de ce roman à la fois poétique et réaliste. Jean-Luc Seigle sait à merveille se mettre dans la peau et les pensées d’une femme, et tu en es encore une fois complètement admirative et étonnée, de tant de douceur et de méticulosité dans les détails. Il sait aussi évoquer les gens de peu, ceux pour qui vivre le quotidien est un défi en soi, une gageure. Alors, le bonheur peut ressembler à une chanson partagée, le vrombissement d’une machine à coudre en soirée, ou le son d’une télévision allumée sur son programme préféré. Tu as été touchée, et émue, par ce portrait de femme, persuadée de bien faire pour ses enfants, à l’écoute de la voix de ses ancêtres, connectée à l’envie de mettre à tout instant de la lumière dans sa vie.  Tu as aimé aussi qu’en fin d’ouvrage Jean-Luc Seigle se livre un peu, et s’engage… Un tendre coup de coeur, en ce mois de décembre frileux.

Editions Flammarion – août 2017

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

La lecture de Joelle enthousiaste 

Béa a beaucoup moins aimé

Lectures 2017

Manhattan murmures, Giacomo Bevilacqua

Tu n’avais pas présenté de BD ici depuis un moment… et tu as été plutôt contente de reprendre ce chemin de lecture-là ces derniers jours. Dans cet album, nous sommes plongés immédiatement au coeur de la ville de New-York, dans laquelle Sam déambule un casque sur les oreilles, un appareil photo en bandoulière. Il a été commandité par la revue pour laquelle il travaille pour relever un défi, ne plus parler pendant plusieurs semaines, à personne, en profiter pour prendre des photos, et nourrir un papier qui sera publié en France à son retour. Jorge, son meilleur ami et son correspondant, est le seul être humain auquel Sam s’adresse donc dorénavant. Mais la ville a décidé de lui réserver une surprise, malgré la volonté forte du jeune-homme d’oublier Sophie (la raison de son départ) et sa peine. En effet, une femme rousse, dont il ne garde aucun souvenir, apparaît sur plusieurs exemplaires du premier paquet de photographies qu’il fait développer… Sam ne veut pas laisser les émotions s’emparer de lui, car ce serait s’ouvrir à toutes les douleurs. Il fuit donc le signe évident du destin qui frappe à sa porte. La jeune-femme se présente à lui à plusieurs reprises, bien décidée elle à rentrer en contact avec celui dont elle s’est rendue compte avec surprise entendre les pensées, distinctement, dès le premier contact. Et toi lectrice, malgré une intrigue un peu irréaliste (tirée par les cheveux), tu as succombé au charme particulier de cet album très poétique, qui a su t’embarquer dans son atmosphère douce et pleine d’émotions. Car ce voyage dans New-York est plutôt réussi, même si il est fait sous le signe de l’étrangeté. Et tu as aimé l’originalité de certaines cases, ainsi que ce lent voyage inéluctable vers une certaine résurrection… et vers l’amouuuurrrr !

« -Tu es de quel signe, déjà ?
– Du crépuscule.
– Génial, moi aussi ! »

Editions Vents d’ouest – septembre 2017

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Toutes les autres lectures chez Moka              

Lectures 2017

Le camp des autres, Thomas Vinau

Ce livre était un des titres incontournables de cette rentrée littéraire 2017… Tu as donc attendu le bon moment pour t’y plonger, histoire de ne pas en gâcher la lecture. Thomas Vinau était très présent sur ton ancien blog [clic ici], et tu aimes à te rappeler que vous vous êtes côtoyés (il y a dix ans) sur un même site d’écriture, qui s’appelait alors Fulgures et donnait la part belle aux formats courts. Dans ce nouveau roman, tu retrouves d’ailleurs un peu plus l’auteur de ses premiers écrits, celui du blog Etc-iste. Thomas Vinau retourne à ses sources, a été inspiré par une nouvelle de Charles Bukowski, et s’est intéressé à l’existence de cette Caravane à Pépère qui prend très vite possession du roman (bande organisée constituée de nomades qui parcouraient la France entre 1906 et 1907). Voilà qui correspond bien à l’univers de l’auteur, surtout quand dès les premières lignes nous nous retrouvons tout au fond d’un trou, au creux d’un buisson, aux côtés d’un enfant, et de son chien [Tu as pensé immédiatement à son titre Le trou ici]. Cet enfant a froid, a faim, a peur et il se cache, pour fuir (on le comprendra peu à peu) un père tyrannique et violent. Il est blessé et est recueilli, lui et son fidèle chien, par un homme mystérieux, entouré de fioles et de vieux livres, Jean-le-blanc, qui dit travailler le serpent. Mais Gaspard, dès qu’il est guéri, ne peut s’empêcher de répondre à sa soif d’aventures et va suivre la bande d’énergumènes révoltés, qui passe un jour par là, dans leur périple… et plus spécialement la silhouette souple et sauvage de Sarah. Cette fameuse Caravane à Pépère est fascinante pour un jeune garçon curieux, mais quid du danger qu’elle traîne aussi dans son sillage. Et comme tu as aimé, toi lectrice, te plonger ainsi dans une ambiance qui t’a tout de suite ramenée à tes lectures d’enfance, de Louis Stevenson par exemple, ou de Jack London. Thomas Vinau garde dans ce roman cette langue poétique, personnelle, qui sied si bien à son écriture, mais elle est ici plus rude, plus gouailleuse, et suit un chemin qui promet beaucoup pour l’avenir. Une lecture dont tu garderas des souvenirs colorés, faits de feuilles et de terre, de soirées au coin du feu, de rires gras, de boissons joyeuses, de solidarité et de violence.

« Rien n’est à nous à part le vent dans les ventres et le noir dans les dents. Nos enfants viendront au monde avec des canines plein la gueule. Nous avons faim et c’est vous que nous mangerons. »

Alma éditeur – Août 2017

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Ce titre était dans la sélection 2017 des Matchs de la rentrée littéraire – la lecture de Leiloona 

Lectures 2017

Newland, Stephanie Janicot

Tu lis parfois aussi pour ton club de lecture de bibliothèque… et là quelle surprise que de tomber pour une fois sur une dystopie, écrite par Stéphanie Janicot, accessoirement par ailleurs rédactrice en chef de l’excellentissime revue Muze. Tu ne savais trop à quoi t’attendre, et les premiers pas de l’intrigue de ce roman ressemblent à s’y méprendre aux premiers pas de Divergente… alors tu restes sur tes gardes, même si tu te doutes bien des contraintes et codes du genre. Nous sommes à Newland, unité de Brittonie, an 2262 de l’ère ancienne, an 104 de l’ère nouvelle. L’Europe a pris des mesures drastiques pour vivre enfin en paix et en harmonie. Les naissances sont contrôlées et gérées par des matrices. Un système de castes a été instauré. Les Blancs, la caste la mieux considérée, transmettent leurs gênes. Les Bleus éduquent leurs enfants. Les Noirs, quant à eux, entreprenants, doivent se débrouiller pour réussir et sont la caste des travailleurs. A quatorze ans, chaque enfant se voit dirigé vers la catégorie qui lui convient. Marian est persuadée d’être une Blanche, et se projette depuis toujours dans cet avenir, à l’instar de sa soeur Myrtille. Mais au moment de la Sélection, son bracelet lui désigne le camp des Noirs. Le choc est immense pour Marian, qui se prépare douloureusement à un destin qu’elle n’envisageait pas. Elle décide de se venger, ce sera son moteur, de gravir les échelons, pour aller défier SOL, le gouverneur qui se cache derrière les décisions de l’ordinateur central. Pour cela, il faudra être têtue, forte et risquer sa vie… Et toi lectrice, tu t’es laissée embarquer dans cette histoire, véritable Page Turner, consciente de l’originalité relative du scénario, mais emportée par la qualité du texte de Stéphanie Janicot et de l’univers créé par elle. Ses réflexions sur le passé, l’évolution de notre monde t’ont semblées pertinentes et documentées. De plus, les différents personnages qui gravitent autour de Marian, jeune fille en colère, sont fouillés.  A noter, un très intéressant voyage dans le passé, bourré de contrastes. Bref, voici une lecture divertissante, que tu as lue avec beaucoup de plaisir. A conseiller aux adeptes du genre, mais pas seulement !

Editions Albin Michel – mars 2016

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Lectures 2017

Ma vie mouvementée, par Plume ~ Mathilde Paris

Même si tu as craqué sur cette couverture en choisissant ton ouvrage pour l’opération Masse critique jeunesse de chez Babélio… tu ne peux pas dire que son titre et son sous-titre rendent vraiment justice au roman qui est à l’intérieur. Car, en effet, il s’avère que le petit récit conté par Plume, 13 ans, est bien plus fin que ne le laisse imaginer ce comment j’ai survécu à des vacances vraiment pourries, un brin caricatural… Plume vient de fêter ses 13 ans, l’anniversaire le plus raté de sa vie, selon elle. En effet, elle a du apprendre à ses amies qu’elle ne pourrait pas partir avec elles cette année en vacances d’été, comme à leur habitude, sa meilleur amie Justine semble aller très mal, et ses parents l’obligent à partir seule pour San-Francisco rejoindre une tante qu’elle s’imagine dépressive (son restaurant ne marche pas bien). De plus, Plume n’a rien trouvé de mieux que de s’étaler de tout son long (le jour de son anniversaire) devant Jules (le frère de Justine dont elle est secrètement amoureuse). Pour couronner le tout, un énorme bouton vient d’éclore au beau milieu de son front alors qu’elle se prépare à partir pour l’Amérique, chouette ! Mais Plume a un talent pour la cuisine, et plus particulièrement pour les desserts (et quelle belle idée que de parsemer ce livre de recettes), un Papé qu’elle adore, et des conversations internes avec son cerveau, ce qui va lui être très utile à San Francisco. Et peut-être même que Jules lui écrira… Et peut-être qu’elle embrassera un autre garçon… Et peut-être que son séjour outre Atlantique s’avérera une expérience fantastique ? On ne sait jamais. Et toi, lectrice, adulte, tu t’es laissée embarquer par les aventures de Plume, même si tu l’as trouvé très mûre pour son jeune âge (de trop ?). Tu as aimé cette mise en page dynamique qui mêle dessins, textes en gras et recettes. Et tu trouves que ce beau petit roman est un bien délicieux cadeau à offrir à une jeune fille de 13 ans, pour savoir décrypter ses émotions amoureuses toutes neuves, savoir qu’elle peut déjà réussir ce qu’elle entreprend comme une grande et que parfois ce que l’on redoute peut s’avérer une bien belle surprise !! Une lecture vive et optimiste.

Editions Auzou – Mai 2017 – à partir de 11 ans

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Un titre lu dans le cadre de l’opération Masse critique jeunesse de chez Babélio [clic]