Lectures 2018·Objectif PAL

Liberté, égalité… Mathilde, Sophie Chérer ~ Objectif pal de septembre

Comme tous les ans à la même période, je suis un peu enlisée dans la rentrée littéraire… alors je n’avais pas forcément envie de perdre du temps avec ma lecture de PAL du mois. J’ai donc pris la semaine dernière le plus petit livre que j’y ai trouvé, et comme le week-end dernier se tenaient les journées du patrimoine, je trouvais ce livre jeunesse finalement très adapté. Il y est question de cette journée spéciale où se rassemble sur Paris, tous les ans, le Parlement des enfants créé en 1994 par Philippe Séguin. Il s’agit, l’année du récit, du samedi 5 juin. La classe de CM2 de Mathilde a été retenue pour y participer. Mathilde est très enthousiaste, mais elle doit avant tout être élue par sa classe pour les représenter… La maîtresse a eu une bonne idée de mettre cet événement en route, une bonne occasion pour Mathilde et sa classe de mieux connaître les institutions de la démocratie et le respect des règles. Les enfants sont amenés à faire des propositions qui seront étudiées sérieusement et éventuellement mises en place. Une seule proposition sera retenue. Mathilde voudrait que la culture soit accessible à tous, mais elle se rend vite compte que les autres enfants ont des propositions tout aussi importantes… Et si le Parlement donnait la parole à tous au lieu de désigner bêtement un seul vainqueur ? Mathilde fait souffler un vent de révolte sur l’assemblée réunit là pour les écouter. Ce petit livre est un livre jeunesse intelligent, au propos éducatif évident, mais qui n’oublie cependant pas d’être drôle. J’en ai aimé d’ailleurs beaucoup les illustrations croustillantes. Mais sa couverture m’a également remis en mémoire l’été que l’on vient de passer. Je crois que j’avais rarement vu autant de drapeaux tricolores flotter fièrement en France. C’est un peu cette énergie qui anime Mathilde dans ce texte, une énergie positive qui rassemble, loin du formatage que cette journée est devenue. Partie d’une bonne intention, en effet, le Parlement des enfants a dévié de sa mission initiale qui était que les propositions des enfants soient sérieusement étudiées afin de devenir force de loi.

Editions L’école des loisirs – 2011

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une autre lecture chez… Cathulu

Publicités
Coups de coeur·Lectures 2018

Papa est en bas, Sophie Adriansen

❤ Je n’attendais pas que la sortie de romans adultes en cette rentrée littéraire. Le rayon jeunesse regorge aussi de jolies nouveautés… et j’attendais cette nouveauté du jour avec impatience. Avec Sophie Adriansen, j’ai toujours la certitude que je vais aimer lire ce que je vais lire, même si il s’agit comme ici d’un petit roman recommandé à partir de 10 ans. En effet, on retrouve dans ses mots l’humour, la distance respectueuse, l’intelligence qui la caractérisent. Et puis le thème m’intéressait. Dans Papa est en bas, nous rentrons dans l’intimité d’une petite famille, sous le regard de la petite fille de la maison. Quelque chose ne va pas. Papa doit renoncer petit à petit à bien trop d’activités, les efforts sont de plus en plus difficiles. Que se passe-t-il ? Papa finira par avouer qu’il est atteint d’une maladie qu’il appelle pudiquement du joyeux terme de Tartiflette, mais dégénérative, et sans espoir. Jusqu’à ce que Papa ne puisse même plus monter les escaliers et s’installe définitivement en bas. Le trio rivalise d’idées pour rendre le quotidien le plus léger possible et surtout ne pas se laisser entraîner par la morosité. Maman ne perdra presque jamais son sourire. Et l’amour inonde cette maison, ainsi qu’un grand appétit de vivre, alors pourquoi s’attrister. Crêpe partie sur le lit médicalisé. Participation au jeu des 10 000 que Papa gagne haut la main. Il s’agit d’essayer tous les nouveaux gadgets qui rentrent dans la maison, comme le monte escalier installé au début de la maladie, ou ce fauteuil qui permet à Papa de gagner des courses. Mais c’est l’occasion d’observer également combien rien n’est adapté aux personnes en condition de handicap, combien les gens sont parfois désagréables, et combien la vie peut s’avérer parfois aussi bien injuste. J’appose sur ce petit roman jeunesse un joli coup de coeur car il m’a beaucoup touché. Bien entendu, on y retrouve le ton caractéristique des romans de cet âge, un ton drôle et léger, qui permet d’ailleurs d’éviter le pathos et donne la pêche malgré le thème. Sophie Adriansen explique en fin d’ouvrage d’où provient l’idée de cette histoire, que l’expérience vécue auprès de son oncle lui a donné cette leçon : tant qu’on n’est pas mort, on est en vie. Un doux roman jeunesse qui questionne sur notre manière d’enchanter notre quotidien et montre la vie telle qu’elle est parfois, avec ses écueils, ses drames, ses espoirs et ses joies.

Editions Nahtan – 13 septembre 2018

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Lectures 2018

Helena, Jeremy Fel… Rentrée littéraire 2018

  

Voici le roman outch de ma rentrée. L’année dernière, j’avais lu, dans un genre un peu similaire Nitro Moutain, de Lee Clay Johnson, et en avait fait un de mes choix pour les matchs de la rentrée littéraire. Je ne peux pas dire cependant que je sois très adepte de ce genre de lectures où la violence est ainsi tellement extrêmement présente. L’histoire ? Nous sommes au Kansas, il fait chaud. Une jeune fille, Hayley, s’apprête à partir une semaine chez sa tante, afin de se préparer sérieusement à son prochain tournoi de golf. Elle s’est remise à ce sport en hommage à sa mère, décédée alors qu’elle n’était encore qu’une enfant. Hayley est préoccupée par la trahison récente de son petit ami, et prend la route dans la voiture que son père lui a offerte, un peu fébrile et décidée à réussir son challenge. Un peu plus loin, Norma vit dans une grande maison, seule avec ses trois enfants, au milieu des champs et de nulle part. L’aîné, Graham, voudrait partir à New York avec sa petite amie, poursuivre des études de photographie. Tommy, le deuxième, a quitté les études, travaille dans une épicerie, et s’adonne à des actes violents dans le secret d’un abattoir désaffecté. Tous les espoirs de Norma pour une vie meilleure convergent vers Cindy, la plus jeune, qu’elle présentera bientôt à un concours de mini Miss. Quand Hayley tombe en panne sur la route, et que Norma lui vient en aide, aucune des deux n’a conscience de mettre les pieds dans un terrible engrenage que bientôt personne ne pourra arrêter. Il suffira d’une nuit de trop dans une maison familiale pour que l’équilibre bascule. Helena est véritablement un roman addictif, mais avant tout un thriller psychologique qui ne laisse pas son lecteur en paix. Certaines scènes resteront gravées très longtemps dans ma mémoire, comme ce visage enfantin éclaté par un club de golf par exemple, qui signe un point de non retour dans l’histoire. Le sang gicle souvent, beaucoup de personnes meurent, et pourtant de nombreux passages sont d’une douceur et d’un espoir incroyables. Et c’est assez fascinant comme l’on ressort de cette lecture des questions encore plein la tête. Quel est l’impact de cette fameuse Helena sur toute cette histoire ? Qui sont les véritables coupables dans ce roman ? Peut-on croire à la malédiction de certains lieux ? Et jusqu’où peut-on aller pour protéger l’avenir de ses enfants ? J’ai beaucoup aimé ce roman de Jérémy Fel, d’une grande qualité narrative, mais il me faudra je crois quelques temps pour me remettre de sa lecture.

D’autres lectures chez… Leiloona et Mumu

Editions Rivages – 22 août 2018

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Un roman lu dans le cadre d’une collaboration Rentrée littéraire avec la chaîne de librairies Decitre et Decitre.fr

Lectures 2018

La neuvième heure, Alice Mc Dermott… Rentrée littéraire 2018 et retour sur l’expérience prix Fnac

Le 17ème prix du roman FNAC a été attribué il y a deux jours au roman La Vrai vie de Adeline Dieudonné. J’ai eu la chance cette année de participer au jury des lecteurs adhérents qui déterminaient fin juin début juillet la première sélection. J’ai reçu notamment le titre dont je vais vous parler aujourd’hui, et dont j’ai eu une lecture un peu mitigée, ainsi que quatre autres titres : Sujet inconnu de Loulou Robert (coup de coeur), Que va-t-on faire de Knut Hansum ? de Christine Barthe, L’enfant d’Ingolstadt de Pascal Quignard (abandonné) et Camarade Papa de Gauz (abandonné lui aussi). Une expérience contrastée donc, mais que j’espère pour autant renouveler ! La remise du Prix a lieu ce week-end. 

Mais qu’en est-il du roman présenté ce jour ? Souvent, j’aime beaucoup ce qu’éditent les Editions du Quai Voltaire, le côté toujours un peu suranné de leurs romans. Et je n’ai pas été déçue par les premières pages de celui-ci qui plongent le lecteur dans le quartier irlandais d’un Brooklyn du début du XXème siècle. Nous assistons très rapidement au suicide de Jim, le mari d’Annie, qui ouvre le gaz . Enceinte et soudain seule, avec une dépouille que le cimetière catholique ne peut accepter, Annie est soutenue par les soeurs de la communauté toute proche. Elle sera employée à la laverie du couvent, surveillant tout en travaillant le bébé Sally, qui grandira donc dans une atmosphère à la fois bienveillante et réglée. Cette atmosphère finira par faire naître en la jeune fille une vocation, et l’envie de faire son noviciat. Pourtant, le lecteur comprend très vite, à l’aide de flash backs et sauts dans le temps, que Sally va suivre un autre chemin, et que les liens tissés par les soeurs dès le drame ont eu d’autres effets, plus sensuels. Le regard lucide que nous offre dans ce roman Alice McDermott, sur la foi, la misère et les relations conjugales, est assez pénétrant. Il m’a à la fois séduite et tenue à l’écart. En fait, j’ai trouvé que la douceur tardait à venir dans ce roman, même si elle m’a cueillie en toute fin de livre… J’en garde un souvenir général de rudesse, de tissus reprisés mille fois, de propreté usée, de sacrifices répétés, et surtout l’impression d’avoir lu un roman écrit il y a plus d’un siècle, sans le plaisir qui va avec d’ordinaire. La neuvième heure est pourtant sorti en 2017. Bref, nous sommes loin du coup de coeur avec ce livre en cette rentrée littéraire, mais ce n’est que partie remise avec cet éditeur dont j’apprécie habituellement les publications.

Editions du Quai Voltaire – 23 août 2017

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une autre lecture chez… Lady Double H

Coups de coeur·Lectures 2018

Dancers, Jean-Philippe Blondel… Rentrée littéraire 2018

 

❤ Je crois bien que je viens de lire mon premier Jean-Philippe Blondel, aussi étonnant que cela puisse paraître. Et pourtant, ce n’est pas faute d’avoir depuis longtemps vu son nom partout sur des couvertures. Ici, il s’agit d’un roman pour adolescents (il écrit aussi pour les adultes) et d’un coup de coeur pour moi ! J’ai une sensibilité particulière envers les récits qui parlent de la danse, surtout quand elle n’est pas classique et est vécue comme une urgence ou une nécessité. C’est sans doute parce que mon corps ne répond pas comme cela, avec autant de force, de souplesse et d’aisance. J’aurais aimé je pense. Nous rencontrons dans ce roman trois personnages, Anaïs, Adrien et Sanjeewa. Ils sont très différents mais vont être amenés à partager le même cours de danse dans un lycée, cette même option dont ils ont tous les trois un besoin essentiel. Adrien a la danse dans la peau, ses parents lui ont d’ailleurs permis d’aménager complètement le sous-sol de leur maison pour qu’il s’entraîne. Anaïs est une ancienne gymnaste que l’on a découragé abruptement de continuer sur cette voie et qui trouve dans la danse la précision et la rigueur qui lui conviennent.  Sanjeewa est lui originaire du Sri Lanka et on dit de lui qu’il parle comme dans les vieux livres dans lequel il a appris à lire le français avec son père. Il est très doué en Hip Hop, car il retrouve dans les mouvements de cette danse les mouvements des danseurs masculins de son pays d’origine. Mais ces trois là vont surtout nous rejouer l’histoire du triangle amoureux. Et si justement quelque chose de beau pouvait éclore de cette situation, pour une fois ? Si la danse et l’amitié pouvaient aplanir toutes les difficultés et toutes les frontières ? Mais ce n’est pas gagné. Avant de parvenir à cet état de grâce, il faudra peut-être en passer avant par la colère. N’hésitez pas à ouvrir ce roman dont l’écriture m’a séduite d’emblée. Jean-Philippe Blondel a su dans le choix de ses mots exprimer à la fois les mouvements du corps, mais aussi les mouvements de l’âme de ces adolescents en recherche de sécurité et de partage, et qui se cachent derrière une volonté affichée d’autonome et de fierté. Dancers exprime tout ce que le porté en danse signifie de lâcher prise et de confiance en son partenaire, et combien il est précieux de grandir dans un monde où chaque porté est réussi. Un très beau roman donc, et mon cinquième coup de coeur de rentrée littéraire !!

Editions Actes Sud junior – 22 août 2018

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Un roman lu dans le cadre d’une collaboration Rentrée littéraire avec la chaîne de librairies Decitre et Decitre.fr

Lectures 2018

Ueno Park, Antoine Dole… Rentrée littéraire 2018

  

Ma rencontre avec l’auteur Antoine Dole date. Elle s’est faite en réalité via son pseudo Mr Tan, et la collection des Mortelle Adèle que ma grande fille dévorait autrefois. Ma fille a 17 ans à présent, mais elle les lit toujours avec avidité quand l’occasion se présente. Puis, j’ai découvert ses romans, et notamment dernièrement Tout foutre en l’air, publié également dans une petite collection de chez Actes Sud. J’aime cet auteur qui allie à la fois le talent et une très belle personnalité, ravie d’avoir pu échanger rapidement avec lui l’année dernière à Angoulème. Antoine Dole aime le Japon et la culture japonaise. On peut le constater facilement d’ailleurs via ces petites photos magnifiques qu’il prend sous le pseudo de Mr Tan et dont notre petite famille adore l’univers (voir Nendo Stories sur facebook). Je n’ai donc pas été surprise de découvrir son titre de rentrée littéraire, destiné aux adolescents, qui dresse le portrait de huit jeunes gens en route pour assister à l’éclosion des cerisiers en fleurs à l’intérieur du parc Ueno de Tokyo. Ils ont tous en commun le fait d’être considérés comme des êtres sortis de la norme dans cette culture japonaise où la pression sociale est très forte. Ils sont devenus pour la plupart soit des anti-conformistes au look parfois extravagant, soit des fantômes, des exclus. Le premier personnage, Ayumi, est emblématique de ce terme Hikikomori, qui désigne ces adolescents coupés du monde qui n’arrivent plus à sortir de leur chambre. Mais il y a aussi Haruto, dont la vie a été chamboulée par le tsunami de 2011. Fuko, atteinte de leucémie, qui est condamnée et arrive au parc pourtant toute joyeuse dans un fauteuil roulant poussé par sa grande sœur. Noriyuki, qui est devenu sans domicile fixe, après avoir abandonné le domicile familial. Sora, qui affiche un look de genderless kei. Aïri, une fan qui se perd dans son amour obsessionnel pour son idole. Ils ne se connaissent pas mais vont se trouver réunis pour Hanami, le spectacle de l’éclosion des fleurs de cerisiers, pour un moment traditionnel important de grâce, de pause et de réflexion, de renouveau, qui réussira peut-être à changer leur vie. Personnellement, j’ai beaucoup aimé l’ambiance de ce roman choral dans un Tokyo foisonnant. J’ai pensé par certains aspects au film visionné il y a peu, Les délices de Tokyo, adaptation d’un roman de Durian Sukegawa, surtout avec ce chapitre sur le personnage de Daïsuké, qui travaille dans une échoppe à pancakes et vit encore chez ses parents. Le fait de n’avoir pas fait d’études, de travailler dans un endroit minuscule et peu valorisant pour un salaire de misère, le rend lui aussi de plus en plus transparent. On se demande, en tant que lecteur, quel avenir vont avoir tous ces êtres fragiles dans une société qui ne les attend pas pour avancer. On n’oublie pas aussi de faire le parallèle avec un système scolaire français qui ne laisse plus aux jeunes gens le temps de trouver leur voie, de se tromper ou de grandir. Antoine Dole distille pour autant dans son texte plusieurs éléments positifs, faits de rencontres possibles, de courage et d’espoir, qui font de ce roman un levier  pour oser marquer sa différence et affirmer sa liberté.

Editions Actes Sud junior – 22 août 2018

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

D’autres lectures chez… Noukette et Jérôme

Un roman lu dans le cadre d’une collaboration Rentrée littéraire avec la chaîne de librairies Decitre et Decitre.fr