Lectures 2019

Les listes d’Elisabeth, Lulah Ellender… coup de coeur !

❤ Je dois avouer que je suis rentrée à tâtons dans ce récit… dans lequel j’ai craint au départ de m’ennuyer. Et voilà qu’il s’est avéré être hautement addictif et en réalité passionnant. Je vous raconte… Alors que sa grand-mère est morte depuis de très nombreuses années, Lulah hérite d’un carnet, un carnet rempli de listes, écrites d’une petite écriture serrée et sage. Ces listes donnent à Lulah envie de partir à la recherche de sa grand-mère et de sa vie peu commune. Enfant de diplomate, Elisabeth était déjà habituée aux déplacements et aux voyages dans les années 30, puis elle se marie avec un employé d’ambassade et parcourt ainsi le monde pendant le seconde guerre mondiale, en compagnie de ses propres enfants… Le texte est agrémenté de photographies qui plantent les différents décors dans lesquels a évolué Elisabeth. Voilà qui est d’autant plus touchant que Lulah nous révèle assez vite que sa propre mère sera très tôt orpheline, et aussi que celle-ci vient de contracter un cancer. Tandis que la maladie atteint ainsi sa mère, Lulah lutte contre cette perte prochaine et oublie son chagrin en fouillant le passé et en remettant à la lumière un âge d’or exotique et fascinant. Mis à part le fait que ma propre grand-mère s’appelait aussi Elisabeth et que, dans ma famille, on a également cette manie des listes, j’ai aimé ce récit pour de multiples raisons. Tout d’abord, nous naviguons dans une période pendant laquelle mes parents sont nés, et Lulah réussit très bien à décrire cette époque. Elle la rend extrêmement vivante et palpable, passionnante. De plus, j’ai aimé rencontrer cette femme, qui a réellement existé, et comprendre qu’elle avait inventé à sa manière le principe du Bullet journal, consignant des choses, mais pas seulement, se servant de son journal de bord comme un moyen de tenir à distance cette dépression qui l’a tiraillée de temps en temps, et surtout après la naissance de ses garçons. L’écriture de Lulah est de plus intelligente, précise, documentée, sensible. Ce livre est un voyage émouvant au pays des femmes et également un témoignage sur ce qui peut lier des générations entre elles.

« Je pense que pour Elisabeth, ces listes de voyage lui rappellent la possibilité de s’échapper. Les listes sont vitales pour ses préparatifs, et elle est fière de sa capacité à organiser sa vie compliquée et celle de Gerry, mais il y a également une forme de liberté à réduire l’acte de voyager à ses bases. Les listes sont alors des tremplins pour l’aventure, brandissent la promesse qu’à un moment dans l’avenir, elle sera sur la route et plongée une fois de plus dans un environnement inconnu. »

Les Escales – 24 octobre 2019

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En lecture commune avec… Sylire

Lectures 2019·Objectif PAL

La lettre qui allait changer le destin d’Harold Fry arriva le mardi, Rachel Joyce… mon objectif pal de novembre !

Ce livre a été choisi par une des participantes de mon club de lecture lors du dernier rendez-vous sur le thème du voyage… Comme il était sur ma PAL depuis un siècle (ou presque), j’en ai profité pour le sortir en ce mois de novembre. Et quelle bonne idée ! Car ce livre n’est pas aussi léger que je le pensais (au vu de sa couverture), et je me suis régalée. Harold Fry est à la retraite depuis peu. Un beau matin, il reçoit la lettre de son ancienne collègue et amie, Queenie Hennessy, une lettre qui lui révèle qu’elle est très malade, atteinte d’un cancer, et qu’elle n’a probablement plus longtemps à vivre. Harold est profondément ému. Il sort et s’apprête à poster sa réponse à la prochaine boîte aux lettres, mais ses pas le conduisent un peu plus loin et il n’arrive pas non plus à se résoudre à faire demi-tour… Une jeune fille, serveuse dans un garage, lui prépare un burger et lui explique qu’il faut croire que Queenie peut guérir. Cet échange incite Harold à faire quelque chose d’extraordinaire, il va marcher, aller trouver Queenie à pied. Pendant ce temps, son épouse Maureen est à la maison. Harold va parcourir ainsi plus de mille kilomètres, du sud de l’Angleterre à la frontière écossaise, chaussé de simples chaussures bateau et du costume qu’il a vêtu le matin même de son départ. Il va bien entendu faire des rencontres, mais aussi revivre son passé, ses souvenirs avec leur fils David. Harold Fry marche pour Queenie, mais aussi au final pour son épouse Maureen, pour son fils David, et un peu pour tout le monde… Il est peu de dire que ce récit est passionnant. Mais le lecteur souffre un peu, physiquement, pour Harold dont le corps n’était pas préparé à un tel périple. Une carte, en début de livre, permet de suivre son parcours. J’ai aimé aussi le cheminement de Maureen, restée à la maison, et obligée de se confronter à sa solitude soudaine, à ses propres souvenirs et aussi à ses contradictions. Une bien chouette sortie de PAL donc, et un titre que je vais m’empresser de faire tourner dans mon groupe !!

« Il comprenait que dans sa marche pour racheter les fautes qu’il avait commises, il y avait un autre voyage pour accepter les bizarreries d’autrui. Les gens se sentiraient libres de parler et il était libre de les écouter. D’emporter un peu d’eux-mêmes en les quittant. Il avait négligé tant de choses qu’il devait ce petit geste de générosité à Queenie et au passé. »

XO éditions – septembre 2012

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Lectures 2019

Par les routes, Sylvain Prudhomme

Je ne serai pas aussi enthousiaste que les nombreux billets élogieux lus sur ce titre… Mais il est possible que je sois une des victimes du syndrome de la deuxième phase, cette fameuse deuxième phase qui fait que l’on va vers un livre après avoir lu de nombreux avis dithyrambiques à son sujet, et que loin de trouver le chef d’oeuvre attendu on se retrouve seulement face à un très bon livre… et que la déception est alors fatalement un peu au rendez-vous. Rien de grave cependant. Car en effet l’écriture de Sylvain Prudhomme est effectivement pleine de charme. Sa présence aussi, ayant eu la chance d’assister dernièrement à une rencontre avec l’auteur. C’est à cette occasion que j’ai d’ailleurs acheté son roman. Lors de la rencontre, la médiatrice et l’auteur étaient restés assez flous sur l’histoire racontée, préférant s’intéresser aux personnages et piochant sans faire attention à la chronologie des extraits au fil du roman. C’était une bonne idée de ne rien dévoiler. Car Par les routes nous raconte en réalité une histoire assez étonnante. Sacha, écrivain, décide en effet un beau jour de s’installer dans un village, appelé V., village dans lequel vit un de ses cousins, mais surtout où le célibataire espère trouver un endroit pour écrire sereinement, et pourquoi pas se réinventer. Invité par son cousin à une fête, il rencontre Jeanne, mais apprend en même temps qu’une ancienne connaissance habite également dans le coin, celui qu’il appelait autrefois l’auto-stoppeur. Sacha est étonné d’apprendre que son ami s’est posé, qu’il vit avec une femme, Marie, et qu’il a eu un petit garçon avec elle. Il reprend contact avec lui, fait la connaissance de Marie et d’Agustin, sans se douter que sa vie va en être bouleversée, ni que l’auto-stoppeur est resté plus fidèle à lui-même que prévu… J’ai aimé, il faut bien le dire, toute l’ambiance assez douce et posée, attentive, du roman. J’ai aimé le personnage de Marie, tourmenté. J’ai été cependant agacée par l’auto-stoppeur, sa façon assez systématique de procéder, son absence égoïste, sa philosophie de vie. Bien qu’installé avec Marie et son enfant, il ne peut en effet s’empêcher de partir sur les routes, de faire de l’auto-stop (pour qui ? pour quoi ?). Fuite ou désir de rencontres ? Il est difficile de le dire, même si les rencontres ont effectivement lieu, photographies à l’appui. Marie les range silencieusement dans un tiroir de la maison. Fatalement, l’absence creuse des sillons dans le couple… et la présence de Sacha est à contrario un réconfort. Je m’attendais sans doute à découvrir de beaux paysages, ou bien à rêver de voyages auprès de l’auto-stoppeur. J’ai été un peu déçue de constater que les aires d’autoroutes le faisaient rêver (bof). Pour autant, il a cette manie charmante de décider de son parcours en fonction de ce que lui évoque les noms des communes, et je me souviendrai longtemps je crois du passage à Orion des personnages. Je ne sais pas comment vous expliquer mieux mon sentiment de lecture. J’ai beaucoup aimé ce livre, mais je suis partagée, partagée entre mon agacement pour l’auto-stoppeur et mon admiration pour Marie, entre mon plaisir de lecture et cette impression que certains passages ont été travaillés, ciselés, plus que d’autres, rendant l’ensemble parfois inégal. Ce livre a été écrit en grande partie dans ma ville, La Roche sur Yon, pendant les deux ans où l’auteur était en résidence. De plus, il est auteur associé du lieu littéraire de ma ville cette année [clic ici]. Parions donc que je n’en resterai pas là.

« Elle était triste. Elle me disait tout cela sur un ton triste. Elle me disait : Je ne suis pas malheureuse quand tu t’en vas. Et elle était malheureuse de me le dire.  « 

Gallimard – 22 août 2019

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Une autre lecture chez… Nicole

Ce titre a reçu le Prix Landerneau et le Prix Femina 2019

Lectures 2019

Les femmes sont occupées, Samira El Ayachi

En ce moment, je dévore les livres qui me tombent sous la main… et celui-ci n’a pas fait exception. De plus, il aborde un thème qui m’est cher, même si il n’est pas toujours si bien traité, la solitude et la fatigue chez les jeunes mères. Et je dois dire que, personnellement, je ne remercierai jamais assez les systèmes de garderie qui prennent les enfants à la demi journée et aussi cette femme d’un centre de loisirs qui un jour a écouté ma fatigue et mon désarroi et m’a permis de déposer mon aînée quand je le voulais, même sans inscription préalable, pour m’occuper de mon deuxième qui venait de naître prématuré. Parfois, le mari travaille beaucoup et loin (ce qui était mon cas), ou n’est tout simplement pas là. Parfois, la famille, les grands parents, ne veulent pas, ou ne peuvent pas, aider. Et l’épuisement est tel, la solitude et la fatigue aussi, que le moindre geste d’entraide est une bénédiction. J’ai déjà eu les larmes aux yeux quand on m’a aidé à descendre une envolée de marches avec ma poussette, par exemple. Je suis souvent revenue rouge, échevelée, encombrée, d’une sortie avec mes enfants avec l’impression de ne pas être à la hauteur, à la hauteur de rien. Et je me rends compte aujourd’hui combien c’était faux, et combien en réalité j’ai tenu le coup, et combien je mérite d’en être fière, comme cette mère, dans l’histoire de Samira El Ayachi. La narratrice se retrouve en effet du jour au lendemain maman solo, après une dispute avec le père de son bébé. La voici en tête à tête avec Petit Chose, et tout son quotidien en est immédiatement bouleversé. Elle qui doit finir de monter sa pièce de théâtre, écrire sa thèse, travailler… Elle n’a plus le temps de rien, et surtout pas de s’occuper d’elle. Elle aime son petit mais elle voudrait bien que son père le prenne en charge quelques week-ends. La société est ainsi faite qu’on ne punit pas un père qui ne prend pas sa part dans la garde de son enfant, mais une mère qui ne permettrait pas à son père de le prendre de temps en temps, tel que le prévoit la garde dite classique. La maman de Petit Chose est donc confrontée à une solitude sociale et existentielle forte et constate autour d’elle combien les femmes sont débordées, qu’elles soient en couple ou non. J’ai aimé le ton de Samira El Ayachi dans ce roman, résolument féministe, et qui pointe du doigt cette réalité : comment les femmes peuvent-elles se réaliser, faire avancer le monde, rêver et créer dans de telles conditions ? La narratrice répond avec humour qu’elle « déploie [ses] impossibles », mais ne veut surtout pas « courber l’échine », renoncer. Un texte résolument féminin, donc, et à partager.

« Même pas boire un thé, même pas manger, même pas finir tes phrases. A qui déposer ton enfant ? Dans quels bras disponibles, dans quel square de quelle banlieue, pour aller se reposer un peu. Qui est solidaire d’avec les mères dépassées ?« 

Editions de l’Aube – 5 septembre 2019

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Une autre lecture chez… Jostein

Lectures 2019

Ne change jamais, Marie Desplechin & Aude Picault (illustrations)

Quand Marie Desplechin et Aude Picault croient toutes les deux que les adolescents ont déjà tout en eux pour sauver la planète, cela donne un manifeste à l’usage des citoyens en herbe à déguster sans modération chez L’Ecole des loisirsCe livre se présente sous une forme originale et est divisé en plusieurs chapitres. Il s’agit de reprendre ce que font naturellement les jeunes adolescents, s’habiller, partager, s’hydrater, découvrir, voyager… et de leur dire combien ils connaissent déjà les bons comportements pour faire attention à la planète. Une occasion de faire le plein d’astuces aussi. Marie Desplechin fait en préambule à ce livre une déclaration de confiance à cette nouvelle génération, représentée par la figure devenue emblématique de Greta Thunberg. Elle croit dans le « plus d’intelligence, de compassion et de créativité » qu’ils détiennent. Chaque chapitre commence par une petite histoire, ou plutôt une petite tranche de vie adolescente. On y retrouve l’écriture savoureuse de l’auteure et son regard tendre. Ce qui apparaît souvent comme une bêtise devient parfois du bon sens, dévoyé par l’éducation et la norme qu’imposent les adultes. Alors, Marie Desplechin assène à chaque fin de chapitre cet ordre doux… s’il-te-plaît, Ne change jamais !.

J’ai beaucoup aimé parcourir ce livre et y puiser des astuces et des confirmations de comportements. J’apporte un petit bémol sur les dessins de Aude Picault (que j’adore habituellement) mais qui donnent je trouve un côté un peu désuet à cet ouvrage (très années 80). Mais peut-être était-ce voulu ? Cet ouvrage est plein de bonnes intentions et vraiment important, comme toutes les pierres que nous mettons sur ce chemin là, d’un meilleur respect de la planète. Cependant, à côtoyer mes propres adolescents, je vois bien que la difficulté est ailleurs. Ces enfants qui ont grandi et désiré très fort des jouets en plastique (enrobés souvent de plusieurs couches de plastique), alors qu’on leur proposait de bien jolis jouets en bois ou en tissu. Ces enfants à qui on proposait des gâteaux au yaourt, cakes et autres madeleines et qui bavaient devant les distributeurs de sucreries emballées (qui se sont mis aussi plus tard à commander sur amazon), ne sont pas franchement emballés par l’idée du renoncement. Les maris non plus, même si ils sont plus faciles à convaincre. Il est évident que le zéro déchets est plus souvent porté par la volonté des mères, sans doute parce qu’elles se souviennent de leur enfance, de quand elles réussissaient à vivre sans... et parce qu’elles pensent à l’avenir de ceux qu’elles ont mis au monde. Bref, le chemin est long et plein d’obstacles. J’essaye moi-même à la maison d’imposer peu à peu de nouvelles façons de faire, avec plus ou moins de succès. Merci à Marie Desplechin et à Aude Picault de nous aider à y croire !

L’Ecole des loisirs – 2 octobre 2019

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Lectures 2019

Le grand livre Pop-Up de Poudlard et Les mystères de Poudlard… passion Harry Potter !

   

❤ Je ne sais pas vous mais chez les Antigone on commence tout doucement à faire nos listes de Noël… Cela dit il semblerait que le monsieur à la barbe blanche soit déjà passé à la maison. Je remercie en effet grandement Gallimard jeunesse pour sa générosité et de me permettre de vous présenter ces deux ouvrages qui ont fait la grande joie de ma fille, grande fan de Harry Potter. Le grand livre Pop-up de Poudlard, sorti en fin d’année dernière, revient en librairie pour les fêtes, et il est absolument fantastique ! A réception, Grande fille ne cessait de pousser de petits cris à chaque découverte, à chaque page épaisse tournée ou petit volet soulevé. Il faut dire que les pop-up ont toujours très bien fonctionné à la maison, depuis la plus tendre enfance de mes enfants. Et c’est sans conteste un indispensable pour les fans.  La célèbre école des sorciers se déploie devant nos yeux ébahis avec plein de petits détails à révéler et de précieuses informations. Cet objet collector a trouvé sa place dans la chambre de Grande fille. Lorsqu’il est déplié, le Grand livre devient une véritable carte de Poudlard et de ses environs. Ce doit être également une chouette idée de relire les tomes tout en se projetant dans ce décor en 3D. Retrouvez en fin de billet une vidéo du concepteur de ce bel objet livre.

Le livre Les mystères de Poudlard est de facture un peu plus classique. Il explore cette fois-ci plutôt de l’intérieur la célèbre école des sorciers. Il dévoile en effet les secrets de chaque pièce, en décortique les détails et explique les conditions de tournage, etc… Grande fille a été très séduite aussi par ce livre qui est pour elle d’une esthétique peut être plus enfantine, mais permet une bonne approche de l’univers Harry Potter… Ci-dessous, vous pouvez voir la double-page consacrée à la Grande salle.

Gallimard – Novembre 2018 (Pop-up) et octobre 2019 (livre)

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