Lectures 2020

Danger girl, Hartnell & Molnar

J’aime beaucoup découvrir la face cachée des super héros, et surtout des super héroïnes (que l’on connaît beaucoup moins). Et Graph Zepellin est un des rares éditeur à avoir la merveilleuse idée de les mettre en valeur… Je profite d’ailleurs de ce billet pour les remercier de leurs envois. Je ne suis pas toujours pareillement séduite par le résultat mais j’avais adoré par exemple América. Cet opus est bien fait aussi, les dessins sont beaux et le récit est fluide. Abbey Chase est le personnage central de la série Danger Girl. A l’heure où s’ouvrent les pages de cet album, la jeune fille n’est encore qu’une enfant, qui ne peut plus voir son père pour des raisons mystérieuses, sait déjà bien se défendre physiquement, et perd brutalement le soutien de l’ami qui avait pris le relais pour prendre soin d’elle. Le récit nous propulse quelques années plus tard, alors que le trio des Danger Girl n’existe plus. Un des membres a disparu et l’équipe s’est dispersée… Abbey s’est engagée dans une quête plus personnelle : retrouver son père et comprendre le mystère qui a accompagné sa jeunesse… Sa quête entraîne le lecteur autour du monde, un voyage assorti de nombreuses péripéties et bagarres. Je trouve l’idée intéressante de proposer aux jeunes filles des super héroïnes vers lesquelles se tourner, mais pas que. Un personnage telle que Superwoman peut par exemple plaire à tous, garçons et filles. Mon fils a par exemple beaucoup aimé la version film, qui a eu beaucoup de succès, et les prouesses de la super héroïne n’étaient absolument pas efféminées, contrairement peut-être à la série. Ici, ce qui est toujours intéressant est donc le rôle central de l’héroïne, ses difficultés de jeunesse qui expliquent sa détermination et souvent sa force, et comment elle réussit à s’en sortir dans un monde d’hommes. A la fin, comme dans chaque album, et ce qui est habituel dans l’univers des comics (la couverture n’est pas forcément du même dessinateur), le lecteur peut admirer les différentes versions proposées (dont celle qui a été choisie pour la couverture) dans un chapitre intitulé « galerie ». Vous êtes sans doute étonnés de mon attrait pour ce genre. Je pense qu’il provient de l’engouement de mon fils dans l’enfance pour les super héros, de ses essais de dessins quotidiens et de la super exposition sur ce thème vue en 2017 à Angoulême (La Marvel French Touch) qui était très chouette et marquante.

Editions Graph Zeppelin – juin 2020

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Lectures 2020

L’ossuaire, Fiona Cummins

Traduit de l’anglais par Jean Esch – Titre original The collector

Vous cherchez un roman noir pour vos vacances ? Vous aimez avoir peur, mais pas de trop ? Ce roman est fait pour vous. Clara Foyle, cinq ans, a disparu depuis de nombreuses semaines. Elle a été enlevée sur le chemin de l’école. Elle est atteinte du syndrome des mains « en pince de crabe ». Le suspect est Brian Howley, connu pour son intérêt pour les corps déformés. Jakey Frith, six ans, a lui aussi été enlevé par Howley. Il souffre d’une maladie génétique rare, responsable du dédoublement des cartilages. Mais lui a pu être secouru par son père. Depuis, la famille a déménagé pour se mettre à l’abri et tente plus ou moins de se reconstruire. L’inspectrice Etta Fitzroy mène l’enquête et se désole de ne trouver aucune trace de Clara Foyle, qu’elle imagine à présent morte, tandis que Brian Howley continue à la tourmenter et à se jouer d’elle en disséminant ici et là des indices ou en rentrant par effraction dans son appartement. Non loin de là habite Saul, un adolescent un peu perdu, qui vit avec une mère alcoolique, et dont la vie va prendre encore une drôle de tournure quand elle va croiser la route d’un certain Monsieur Silver, qui souhaite faire de lui son fils spirituel… Le collectionneur (édité également chez Slatkine & Cie) était apparemment déjà un personnage du premier roman de Fiona Cummins, mais cet opus là peut-être lu individuellement. Je viens de le faire. Lorsque démarre l’intrigue, Brian Howley est sur le point de recommencer sa collection, et de faire une autre victime… J’ai beaucoup aimé ce roman, malgré son ambiance glauque. On s’attache, en tant que lecteur, plus particulièrement au personnage de Saul, livré à lui-même et déjà témoin à son âge de beaucoup de scènes traumatisantes. Mais tous les personnages sont bien campés, avec beaucoup de délicatesse. Et puis il y a la mer, en spectatrice muette, qui regarde tout ce monde s’agiter. La côte n’évoque pas ici le charme des vacances mais la pauvreté et le lieu de rendez-vous des laissés pour compte. Ce roman sera sans doute le seul roman noir de mon été (ce n’est pas mon genre préféré), mais il est véritablement de bonne facture, je vous le conseille.

Editions Slatkine & Cie – mai 2020

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Une autre lecture chez… En lisant en écrivant

Lectures 2020

A la recherche de Karl Kleber, Daniel Sangsue

J’aime assez varier les éditions sur mon blog (comme le challenge du même nom à découvrir [ici])… et tenter des auteurs inconnus. Me voici donc aujourd’hui avec un exemplaire d’un roman, dont la maison d’édition est située à Lausanne, et d’un auteur, professeur d’université, ayant enseigné tant en France qu’en Suisse. L’intrigue, inspirée d’un fait réel, se situe d’ailleurs dans ce milieu. A l’occasion d’un passage en bouquinerie, un professeur d’université tombe en effet sur le reliquat d’une bibliothèque privée, celle d’un professeur de littérature ayant disparu quinze ans plus tôt. Intrigué, l’apprenti enquêteur part à la recherche de Karl Kleber, persuadé de trouver dans les livres, dans ce milieu qu’il connaît très bien, et dans le passé du professeur, les clés de sa disparition. Et les indices apparaissent effectivement peu à peu, dressant le portrait d’un homme, fortement agacé par le tournant que prend alors le système universitaire, coureur de jupons, et ayant à coeur de réinventer sa vie. Les lecteurs qui côtoient l’université d’aujourd’hui s’y sentiront sans doute comme un poisson dans l’eau. J’ai un peu frémi de me rendre compte qu’en 1997 j’avais déjà quitté pour ma part les bancs des amphithéâtres. Daniel Sangsue nous livre un roman érudit et de genre, un roman universitaire à la David Lodge. Plus on avance, plus la disparition de Karl Kleber semble étrange et inexplicable. Pour autant, après tout ce temps, elle ne concerne que peu de personnes. Notre enquêteur ne baisse pourtant pas les bras, au nom de cet amour de la littérature qu’ils avaient en commun. Il considère, de plus, que les livres du disparu lui ont fait signe. J’ai apprécié dans ce roman tout ce qui concernait l’enquête, mais sans doute un peu moins les digressions et les références littéraires, souvent inconnues pour moi. Pour autant, je serais ravie de lire de nouveau l’auteur dans un titre du même genre. L’énigme autour de Karl Kleber est en effet ici très bien ficelée et la conversation que le narrateur entretient avec sa bibliothèque a, malgré tout, beaucoup de charme.

« Si la bibliothèque de Karl Kleber avait été entièrement détruite, que serait devenue sa mémoire ? […] Car tout ce qui restait de lui tenait finalement dans ces livres qu’il avait aimés et qu’il continuait à hanter par son nom, une date, une annotation, un soulignement, une marque dans la marge. »

Editions Favre – mai 2020

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Lectures 2020

Victor Kessler n’a pas tout dit, Cathy Bonidan

J’avais aimé découvrir Cathy Bonidan l’année dernière via Chambre 128, un roman épistolaire agréable que je m’étais empressée de partager autour de moi. Ce roman-ci est plus sombre, comme le suggère d’ailleurs assez bien cette intrigante couverture. Et je dois vous avouer tout de suite que, pressée de connaître le fin mot de son histoire, je l’ai dévoré en deux jours. Bertille, jeune femme au passé lourd, qui s’est enfuie quelques années plus tôt de son village des Vosges, tombe sur Victor André lors d’un travail qu’elle effectue pour un institut de sondage en sortie de supermarché. Le vieux monsieur fait un malaise devant elle. Bertille culpabilise beaucoup. Ayant récupéré les affaires du vieil homme, elle retrouve des pages en forme de confession dans son cabas, laissé à ses soins. Quarante cinq ans plus tôt, en 1973, un certain Victor Kessler, alors instituteur, avait été accusé du meurtre d’un jeune garçon de dix ans, retrouvé dans le lac. Bertille prend le vieil homme en affection. Intriguée par cette affaire qui s’est déroulée non loin des lieux de son enfance, troublée par ses souvenirs, encouragée par Victor, la jeune femme part sur les traces du drame. Elle se fera passer pour une journaliste de télévision. L’auteure intercale la suite des confessions de Victor avec celui de l’enquête que mène Bertille. La vérité s’avère compliquée à mettre en lumière, pleine de chausses trappes, et puis les faits sont anciens. Mais Bertille n’écoute que son courage, mue par quelque chose de plus fort encore qui vient de son propre passé, de son enfance et de ses drames conjugaux. Et si découvrir ce qu’il s’était réellement passé en 1973 lui permettait de s’épanouir enfin ? Si vous aimez les enquêtes, les personnages troubles, les villages d’enfance, démêler le vrai du faux, les écritures simples mais efficaces, ce roman est fait pour vous. J’ai même, personnellement, délaissé quelques temps mon tricot en cours pour pouvoir le terminer, c’est dire…

Editions La martinière – juin 2020

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Une autre lecture chez… Nath

Lectures 2020

Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban, JK Rowling

Traduit de l’anglais par Jean-François Ménard

J’ai commencé à lire la série Harry Potter pour répondre à un défi de mon club de lecteurs et je continue au rythme d’un tome par mois. Je suis toujours bluffée par la qualité d’écriture et l’inventivité de JK Rowling. De plus, je n’ai pas vu le film correspondant à ce volume, je suis donc rentrée dans cette nouvelle histoire sans être polluée par des souvenirs d’images vues. Par contre, j’ai beaucoup aimé comprendre enfin tout un tas de références dont ma fille, très fan d’Harry Potter, me parle depuis longtemps, la carte des maraudeurs par exemple et cette expression… Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises. Dans ce troisième tome, Harry Potter, qui a passé encore une fois l’été chez son oncle, se trouve en très mauvaise position. Il a utilisé la magie dans le monde des moldus, craint de se faire renvoyer de Poudlard mais apprend qu’en réalité sa vie est en danger. Sirius Black s’est enfui de la prison d’Azkaban et cherche à le tuer. C’est donc une année sous haute protection qui commence pour Harry, qui n’aura de cesse pour autant de braver le danger, muni d’une carte des maraudeurs lui permettant d’emprunter des passages secrets et bien souvent de sa cape d’invisibilité. Les détraqueurs, censés protéger Poudlard, ont un effet terrible sur lui, inexplicable. Le professeur Lupin, nouvel arrivant à Poudlard, va l’aider à le contrer. J’ai encore une fois beaucoup aimé ce tome, rempli de péripéties. On en apprend plus sur le passé des parents de Harry Potter, leurs amis d’alors et les trahisons qui ont eu lieu. Certaines scènes sont assez impressionnantes, et presque poétiques. Ron et Hermione, malgré leurs différents, restent des amis fidèles pour un Harry Potter qui grandit et prend confiance en lui. A suivre…

Editions Folio Junior – 1999

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Lectures 2020·Objectif PAL

Petite, Sarah Gysler… mon objectif pal de juin !

J’ai trouvé encore une fois ce livre dans la boîte à livres de ma ville l’an dernier ! C’est un roman qui a des allures de romans pour adolescents, sans en être véritablement un. Dans son récit, Sarah Gysler, suisse d’origine, raconte sa vie, et comment elle a grandit chaotiquement au sein d’une famille décomposée et métissée. La petite fille a vécu le divorce de ses parents comme un cataclysme. Il faut dire que sa mère, chez qui elle vit avec son frère, est dure et renfermée.  Les enfants doivent souvent se débrouiller seuls quand elle est au travail. Son père, qu’elle voit en garde alternée, aura lui très vite de graves soucis de santé. Très jeune, à peine ses études terminées, on incite Sarah à travailler dans un bureau. Lorsqu’elle a quinze ans, un conseiller d’orientation, en qui elle avait fondé beaucoup d’espoirs, ri de ses aspirations à devenir écrivain, photographe ou comédienne de théâtre. Sarah étouffe dans cette vie étriquée qu’on lui impose. Dès la majorité atteinte, elle décide de partir sur les routes, un sac à dos sur les épaules, de parcourir l’Europe, à la recherche d’elle même, mais aussi d’un sentiment nécessaire de liberté. J’ai trouvé quelques longueurs à la première partie de ce livre. Et pourtant, le récit de sa jeunesse assez pauvre et laborieuse est intéressant, il explique pourquoi elle a eu soudain envie de prendre son sac à dos. J’ai donc préféré la seconde partie, assez amusante à lire après ma lecture de Wild, celle de l’errance, car on y retrouve la même obligation d’alléger son paquetage, le même cheminement psychologique (celui que procurent la marche et la solitude) et cette même méfiance/confiance envers les autres qui permet les rencontres. Pour Sarah, prendre la route est devenu, après son premier voyage, un mode de vie. Elle considère qu’à vingt ans, la route l’a sauvée. C’est un livre que je vais déposer sur l’étagère des livres à proposer à ma fille en lecture pour cet été.

« Comment prépare-t-on un sac à dos pour partir quand rien n’est planifié ? De quoi a-t-on besoin pour passer des mois sur la route ? J’espère vraiment que vous vous en sortirez mieux que moi… Mon sac pesait seize kilos en 2015. Seize kilos d’indispensables : un fer à lisser, un Aspivenin, un étui à banane, un « pisse debout », un appareil qui envoie des décharges sur les piqûres de moustique pour stopper les démangeaisons… J’étais suréquipée ! Il ne me manquait qu’une chose : mon bon sens. »

Editions Equateurs – juin 2018

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Une autre lecture chez… Nath