Lectures 2018

La vie secrète d’Elena Faber, Jilian Cantor… 41ème Prix Relay des Voyageurs lecteurs

IMG_20180530_075100_527

Voici le troisième titre que je lis de la sélection 2018 du Prix Relay des voyageurs lecteurs…. et cette fois-ci nous sommes transportés à la fois dans l’Autriche de 1938, à l’aube de la seconde guerre mondiale, et en parallèle dans le Los Angeles de la fin des années 80. Dans cette dernière époque, Katie Nielson, journaliste en plein divorce, est interpellée par Benjamin, marchand de timbres. Elle lui a confié la collection de son père pour évaluation, et un timbre particulier a attiré son attention. Collé sur une enveloppe adressée à Fraulein Faber, non affranchi, il contient le dessin d’un Edelweiss, subtilement inséré dans la représentation plus large d’un monument autrichien. Tout cela est inhabituel, mystérieux, et intrigue Katie qui décide de mener l’enquête, aidée par le marchand de timbres, qui se révèle de très bonne compagnie. En 1938, nous suivons Kristoff, jeune orphelin, devenu l’apprenti de Frédérick Faber, graveur et créateur de timbres, alors que les troupes d’Hitler sont sur le point d’envahir l’Autriche. Kristoff est amoureux d’Elena, la fille de son maître, et fera tout pour protéger cette famille juive. Si vous avez aimé le roman Il était une lettre de Kathryn Hughes, vous allez soit apprécier ce roman-ci de la même façon soit, comme moi, être un peu désappointé d’y retrouver le même procédé narratif, avec une psychologie des personnages beaucoup moins poussée que dans le roman de Kathryn Hughes, que j’ai personnellement préféré. Et pourtant, je dois avouer que malgré cela La Vie secrète d’Elena Faber est d’une lecture extrêmement agréable, fluide et prenante. Même si on se doute assez vite des ressorts de l’histoire et des liens qui existent entre les protagonistes, il est plutôt agréable de suivre la romance discrète qui se noue peu à peu entre Katie et Benjamin, et de côtoyer l’Histoire avec un grand H.

Editions Préludes – avril 2018 – 

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une autre lecture chez… George

Résultat de recherche d'images pour "logo prix relay des voyageurs"

Publicités
Objectif PAL

Objectif pal de mai ~ le bilan

Voici, comme d’habitude, et en ce dernier jour du mois de mai, les lectures des blogueuses participantes du challenge !! Petit rappel du principe de l’Objectif Pal (à ne pas confondre avec Les coups de coeur du web qui reviennent le 15 juin) : lire enfin tous ces livres entrés depuis plus de 6 mois dans notre Pile A Lire (PAL). Un moyen de mettre en commun notre objectif, de ne pas privilégier seulement que les derniers rentrants sur nos blogs, d’offrir un peu de diversité, et de surtout surtout… faire du tri et de la place. Et ça fonctionne. N’hésitez pas à nous rejoindre et/ou à cliquer sur les couvertures ci-dessous !! Il y a une très belle lecture commune ce mois-ci, et encore beaucoup de diversité Les blogueuses ont fait de chouettes trouvailles. Et vous, vous en êtes où avec votre PAL ? [Pour nous rejoindre sur le groupe facebook]

        

Jostein                                                                       Edyta                                                Aleslire

         Les Heures par Cunningham

Véro                                                                           Aifelle                                           Antigone

                  

Enna                                                                           Alexielle                                      Eimelle

              

Praline                                                                        Praline                                          Praline

                

Praline                                                                        Eimelle                                       Aleslire

              

Géraldine                                                                 Gambadou                                  Alexielle

              

Mumu                                                                     Edyta                                              Aleslire

Soffia Bjarnadottir - J'ai toujours ton coeur avec moi.          

L’or rouge                                                                     Eve                                               Eve

     Le banquier anarchiste de Fernando Pessoa           

Eve                                                                         Eve

Lectures 2018

L’Archipel du chien, Philippe Claudel… 41ème Prix Relay des Voyageurs lecteurs

Autant vous l’avouer d’emblée, je ne compte pas parmi les fans de l’écriture de Philippe Claudel... Il y a toujours chez lui, dans son style, quelque chose qui me gêne, qui oscille pour moi entre naïveté et simplicité, même quand les thèmes sont forts, comme ceux traités par l’Archipel du chien. Pour autant, j’ai apprécié que Philippe Claudel se penche ici sur le sort des réfugiés, que l’action se passe sur une île, et retrouver (avec étonnement) dans les pages de ce livre de nombreux relents de la tragédie d’Antigone (que je commence à bien connaître), et oui. Mais je vais vous expliquer… Sur la plage de l’île, un lundi matin de septembre, trois corps noirs sont découverts. C’est une vieille femme, ancienne institutrice, qui fait la macabre découverte. Deux autres hommes aperçoivent aux même moment les corps, Amérique et Spadon. Puis, on part chercher le Maire, qui revient accompagné du Docteur. L’instituteur, qui passait par là, rejoint le groupe, qui se questionne sur ce qu’il convient de faire. Tout le monde est très vite d’accord pour ne pas ébruiter l’existence de ces décès accidentels (ce ne sont visiblement que de pauvres réfugiés noyés), tout le monde sauf l’instituteur. Ce dernier participe quand même à l’enfouissement des cadavres, tout en se laissant très vite gagner par le doute, la révolte et l’envie de connaître la vérité. Et voilà que les figures de la pièce d’Antigone me sont soudain apparues, dans les phrases de Philippe Claudel déjà, qui prennent un ton d’emphase, et aussi dans ces personnages qu’il dresse les uns contre les autres, dans la tragédie qui s’annonce. L’instituteur devient alors une Antigone évidente, n’hésitant pas à se mettre en danger pour la vérité et la justice et aussi par son obstination pleine d’idéalisme, et le Maire un Créon remarquable, décidé qu’il est à accepter toutes les actions (même les moins recommandables) afin de préserver son île, et le projet des Thermes auquel il tient. J’ai conservé cette impression de familiarité avec le mythe d’Antigone jusqu’à la fin de ma lecture, appréciant à la fois la portée symbolique des portraits stéréotypés des personnages de Philippe Claudel, et restant (comme à chaque fois avec lui) un peu sur le côté, peu touchée et peu séduite. Il y a pourtant, je dois l’avouer aussi, de bien belles scènes dans ce livre, qui me resteront certainement en mémoire : les abeilles autour des épaules du curé, le Commissaire qui prend la place du choeur et est porteur de mauvaises nouvelles, la fine silhouette blanche et gracile de Mila fendant la foule… Bref, voici un roman qui ferait une bien belle pièce de théâtre, mais sans doute l’est-il déjà.

Editions Stock – mars 2018 – 

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une autre lecture chez… Sylire

Résultat de recherche d'images pour "logo prix relay des voyageurs"

Musique

Dirty Dirty

Son album en cadeau de fête des mères, je suis joie. Elle passe sur La Roche sur Yon (85) cet été, et je vais la rater. Mais n’hésitez pas à regarder si elle joue dans un festival près de chez vous. Talent.

Lectures 2018

Magda, Mazarine Pingeot… 41ème Prix Relay des Voyageurs lecteurs

IMG_20180522_183432_658

Voici le premier titre que je lis dans le cadre du Prix Relay des Voyageurs Lecteurs… et j’ai été à deux doigts d’y apposer un coup de coeur de lecture, tant il m’a plu. Pour être honnête, il était celui qui me tentait le plus dans la sélection de cette année, et j’étais depuis un moment intriguée par l’écriture de Mazarine Pingeot. Il s’agit donc ici d’une rencontre très réussie. Ce sont surtout les personnages inventés par l’auteure qui m’ont beaucoup plu, et la manière dont elle a brossé leur portrait, leur environnement. J’ai sans doute été moins attachée à l’intrigue. Nous rencontrons tout d’abord Magda et Guillaume, âgés d’une soixantaine d’années, et qui vivent depuis leur rencontre dans ce village perdu des Pyrénées. Ils vivent selon leurs convictions, au plus proche de la nature et de ce qu’elle peut leur apporter, et surtout loin de l’agitation du monde. Magda a quitté l’Allemage lorsqu’elle n’était qu’une jeune femme, suite au décès accidentel de ses parents, et est heureuse d’avoir fondé là une nouvelle famille, ayant donné naissance à Alice et Ezéchiel, aujourd’hui adultes. Mais tout bascule lorsque sa fille Alice est arrêtée, avec son compagnon et quelques membres de la communauté anarchiste dans laquelle ils vivent depuis longtemps, appelée La ferme. Alice est accusée de terrorisme, suite au sabotage d’une voie de chemin de fer. Magda et Guillaume s’empressent alors de récupérer leur petite fille Rosa, âgée d’une huitaine d’année. Il en est cependant ainsi terminé de leur tranquillité dans leur paradis, car ils sont très vite harcelés par la presse et interrogés. Et se pose aussi très vite pour Magda la question de la responsabilité, de ce qu’elle a pu transmettre à sa fille malgré elle, via ses lectures et ses idées, mais aussi avec son caractère dur et parfois fermé, mystérieux. Je n’en dirai pas plus, mais n’hésitez pas à ouvrir ce livre qui interroge sur le pouvoir de la politique et des idées, mais surtout sur tout ce qu’entraîne de dérive et de transmission à son insu les secrets de famille. Le personnage de Magda est un personnage féminin fort, avec ses zones d’ombre et ses convictions, qui ne laisse pas indifférent et va me hanter je pense longtemps.

Editions Julliard – janvier 2018 – 

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Résultat de recherche d'images pour "logo prix relay des voyageurs"

Lectures 2018

Emily Brontë – une vie, Denise Le Dantec

IMG_20180513_123655_468

En matière de lecture, on passe souvent d’un registre à l’autre… Alors, il m’a fallu quelques pages, pour adhérer au parti pris d’écriture de ce livre. Denise Le Dantec y raconte la vie d’Emily Brontë oui, mais pas de manière romancée, plutôt à la manière d’une universitaire ayant décidé de décortiquer les textes de l’auteure pour y trouver la substance de la personne qu’elle était, oserais-je dire pour comprendre l’âme de celle qui a écrit Les Hauts de Hurlevent. Ce texte est une réédition, il a déjà été édité en 1995, et ressort cette année avec une magnifique couverture. Et ce texte est absolument passionnant. Je me suis personnellement complètement immergée dedans, à la manière des biographies et recueils de lettres que j’adorais lire à l’université. Ce qui est intéressant ici, c’est la connaissance biographique justement que le lecteur acquiert très vite de cette merveilleuse famille, qui comprend pour le moins au moins deux soeurs célèbres : Charlotte Brontë (Jane Eyre) et Emily Brontë (Les Hauts de Hurlevent). Emily Brontë est la cinquième d’une fratrie de six enfants, cinq filles et un seul garçon. Elle passa presque toute sa vie dans un presbytère à Haworth, dans le Yorkshire, où son père, Patrick Brontë, était pasteur. Très marqués par de nombreux décès, dont la mère des enfants, et leurs deux soeurs aînées, très jeunes les enfants Brontë s’initient à des jeux d’écriture qui ouvrent leur imagination et leur permettent sans doute de guérir de leur peine. Emily partage donc sa vie entre des balades dans les landes qui entourent le presbytère, la rédaction de sagas avec ses soeurs Charlotte et Anne et son frère Branwell, et des tâches domestiques auxquelles elle se soumet sans se plaindre. Le lecteur comprend très vite aussi quelle personnalité singulière possède Emily, moins sociable que Charlotte, et pleine d’interrogations, de doutes, de révolte et de culpabilité, peu intéressée par le succès. Au cours de ma lecture, j’ai peut-être eu quelques bémols sur la forme du texte, parfois un peu éthérée, et sur la manière de Denise Le Dantec d’entrecouper son récit de dialogues imaginés, qui m’ont quelquefois laissée perplexe. Mais voici sans conteste une très belle manière de faire connaissance avec les soeurs Brontë et leur famille. Je ressors personnellement de cette lecture enchantée d’avoir passé mon week-end en si belle compagnie, d’être un peu retombée avec elle en adolescence et d’avoir assisté grâce à Denise Le Dantec à des scènes familiales d’un autre temps où le désir d’écrire prend tant de place.

Editions de l’Archipel – avril 2018 – 

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5