Coups de coeur·Lectures 2023

Flagrant déni, Hélène Machelon… coup de coeur et rentrée littéraire de l’hiver !

flagrant-deni-

❤ Un grand merci à Aurélie Barlet, fantastique libraire à « La Pléiade » de Cagnes-sur-mer, d’avoir parlé de ce livre, et de lui avoir permis un débarquement rapide dans ma boîte aux lettres. Déjà son billet était bouleversant et intrigant. J’ai ensuite adoré me faire bousculer par ce roman… Juliette, élève en terminale, dans la banlieue de Nice, est prise un soir d’été d’un terrible mal de ventre, alors qu’elle lisait tranquillement sur son lit. Elle tente de reprendre sa lecture, mais la douleur la terrasse de plus belle. Accompagnée de sa mère, elle se rend aux urgences. En réalité, Juliette accouche, d’un enfant qu’elle n’attendait pas, un être qui n’existait pas encore il y a quelques heures, caché contre sa colonne vertébrale. Choquée, sidérée, la jeune fille refuse cet enfant, cet « Autre » qui vient bouleverser sa vie d’adolescente et de bonne élève. Dans la famille, c’est également le cataclysme.  Rafael, le père, Agnès, la mère, et Chloé, la jeune soeur, font face, ensemble, prêts déjà en silence à accueillir cet enfant, si jamais… Mais la lycéenne, elle, jongle avec des sentiments variés : le rejet, la colère, l’incompréhension. Elle doit intégrer bientôt une prépa renommée. L’adoption semble la voie la plus évidente. Depuis des années, Juliette est dans l’agressivité, surtout avec sa mère. Comment accueillir l’amour ? Agnès attend, choisit l’espoir, et accompagne sa fille, qui sombre petit à petit… Le sujet du déni de grossesse est traité dans ce roman avec une grande justesse. Le lecteur ne peut que s’approprier cette histoire qui semble pouvoir arriver à tout le monde, et débarque là dans une famille ordinaire. J’ai beaucoup aimé qu’aucun des personnages ne soit traité de manière manichéenne. Les relations interfamiliales sont posées là dans toutes leurs complexités habituelles. Et il paraît naturel d’être déstabilisé par cette situation extraordinaire. J’ai eu beaucoup d’empathie pour le personnage de la mère, fragile, et pourtant solide dans la tempête. Un livre dévoré.

Editions La Dilettante –  4 janvier 2023

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 4 2 3 4 

 

Publicité
Lectures 2023

La théière anglaise, Nelly Buisson

la-theiere-anglaise

J’ai trouvé ce petit livre en bouquinerie. J’ai été attirée par cette jolie couverture de la version poche du roman de chez France Loisirs, dont la photographie représente une théière vintage, et qui n’est plus disponible. Mais il existe aussi une version grand format chez Lucien Souny, dont la couverture représente elle la photographie d’un blockhaus. Et c’est ce contraste qui rend cette histoire intéressante, voire captivante… Marion, à vingt-cinq ans, vient enfin de décrocher un emploi. Elle doit quitter le domicile de ses parents et trouver un appartement à Bordeaux. Son nouveau poste ? Vendeuse en librairie. De quoi faire rêver n’importe qui. Mais ce n’est pas cette perspective de changement à la prochaine rentrée de septembre qui va occuper principalement l’esprit de la jeune femme pendant l’été. En effet, en explorant le grenier de ses parents, à la recherche de meubles à chiner, Marion découvre une théière anglaise, et, dans cette théière, un bijou ancien et l’adresse d’une femme, en Alsace. Aidée par son amie Caroline, enthousiaste à l’idée de vivre une telle aventure, elle décide de retrouver la famille de cette femme, bien décidée à rendre la broche à ses propriétaires. De fil en aiguille, les deux amies vont mettre à jour l’histoire de ces alsaciens, venus se réfugier en Dordogne, pendant la seconde guerre mondiale et faire de bien étonnantes rencontres… Bien que je n’ai pas été séduite par l’écriture de ce livre, d’un style un peu trop feel good pour mon goût, je dois avouer que j’ai par contre été très séduite par son intrigue, et ce que j’ai appris du pan d’histoire méconnu qu’il met en lumière. Des alsaciens ont en effet été obligés de quitter leur village au début de la seconde guerre mondiale, car étant trop proches de la frontière et de la zone de conflit. Au retour, ils ont retrouvé leurs habitations saccagées et pillées. Nelly Buisson rend hommage à ces gens et à la beauté inestimable de certains souvenirs.

Editions France Loisirs –  janvier 2021

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 5 5

 

Atelier d'écriture·Ecrire

L’atelier d’écriture n°422 de Bricabook

grand-central-7614680__340

Je voudrais que tu m’attendes, là. Et ce serait comme se revoir après un cataclysme, mais ce serait évident. Je te prendrais dans mes bras, doucement. Pour une fois, tu te laisserais porter. Il y aurait des étoiles autour de nous. Le jeu des lumières dans les baies vitrées. Cela nous ferait sourire alors, d’avoir cru aux étoiles, l’espace d’un instant.
Puis, il y aurait du bruit, le mouvement de la gare qui parviendrait soudain à nos oreilles. Le rapide encombrement des bagages, ton nez bizarrement rouge, l’envie d’ailleurs. Et notre sortie, en plein jour, avec la lumière blanche de l’océan tout près qui ferait cligner nos yeux.
Tu partirais d’un pas un peu rapide. Le mien serait plus lent. La vitesse de notre démarche, jamais vraiment ajustée. Tu te laisserais peut-être, par habitude, aller à l’agacement.
Notre décalage. Comme cette série que j’ai regardée, en même temps que toi, sans rien dire, avec un épisode de retard.
Ou comme ces comptes que je suis sur Instagram, pour voir le temps que tu as, ce qu’il se passe, et tenter de t’apercevoir, au détour d’un trottoir mouillé. Le partage de ta vie, grâce à la technologie, et aux traces que tu laisses. 
Depuis, que tu es partie, je ne fais plus que ça, rêver de toi, t’imaginer, et te garder quelque part dans un creux de mon ventre. 
Je voudrais rentrer avec toi dans ton appartement, sentir le parquet craquer sous mes pieds, rire de nos chaussettes, et de ce soleil qui perce les nuages et m’accueille. Et tu ferais cette petite danse, légère que tu fais parfois, quand tu es heureuse. Ou que tu fais semblant.

Un texte rédigé dans le cadre de l’atelier d’écriture d’Alexandra K – Une photo, quelques mots
Les textes du jour sont à retrouver ici [clic]

Lectures 2023

On ne se baigne pas dans la Loire, Guillaume Nail… rentrée littéraire de l’hiver !

onnesebaigne

Guillaume Nail est l’auteur de plusieurs livres jeunesse et young adult, mais c’est avec ce premier roman « pour adultes » qu’il arrive en cette rentrée de janvier, toujours très littéraire et intéressante. J’ai aimé le titre de ce livre, comme une évidence (oui il est dangereux de se baigner dans la Loire), et la promesse de l’évocation de cette dernière journée de vacances, inscrite en quatrième de couverture… Nous sommes le 31 août, le dernier jour de cette colonie dans laquelle Benoît et Pauline travaillent. Ils ont en charge un groupe fougueux. Le car s’est arrêté près du fleuve, pour pique-niquer, une trêve avant la séparation, le grand départ. On va se baigner ? Quelqu’un dit ça. La baignade, oui bien sûr. On ne se baigne pas dans la Loire, pourtant, tout le monde le sait. Et tandis que Totof va récupérer un ballon perdu dans le parc du château voisin, Pierre, Gus, Farid et les autres plongent et s’amusent, sous le regard (pas suffisamment inquiet sans doute) de Pauline et Benoît… Après avoir lu ce roman, vous ne laisserez sans doute pas partir vos enfants avec autant de confiance en colonie. On le sait bien, pourtant, que les moniteurs sont à peine plus vieux que les adolescents dont ils ont la charge. Mais ceux de Guillaume Nail ont quelque chose en plus, qui génère un certain malaise chez le lecteur. Benoît avoue en effet un fétichisme dérangeant et secret, tandis que Pauline cache son véritable lieu d’habitation et son attirance pour le fantasque Gus, à qui on ne refuse rien, et surtout pas une baignade, donc. On ne se baigne pas dans la loire est un livre à la fois fiévreux et insolent, qui rappellera à certains des souvenirs de colonie et à d’autres l’insouciance parfois dangereuse de l’enfance.

Editions Denoël –  4 janvier 2023

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 5 5

 

Coups de coeur·Lectures 2023

Anne et sa maison de rêve (Anne de Green Gables t5), Lucy Maud Montgomery… coup de coeur !

Traduit de l’anglais (Canada) par Laure-Lyn Boisseau-Axmann

❤ Avec ce tome 5 des aventures d’Anne de Green Gables, Lucy Maud Montgomery effectue un véritable virage narratif… et j’ai eu un beau coup de coeur pour cette nouvelle histoire, très dépaysante. C’est effectivement en tant qu’adulte, plus que jamais responsable, que nous accompagnons Anne dans son installation, avec Gilbert, à Glen St. Mary, dans un village de pêcheurs où le jeune homme va pouvoir exercer la médecine. Ils ont trouvé là un havre de paix, une petite maison entourée d’arbres et située près d’un ruisseau. De nouveaux personnages apparaissent, le Capitaine Jim, qui connaît plein d’histoires, Leslie, leur magnifique voisine à la vie si triste, et aussi Mademoiselle Cornelia qui a des opinions bien tranchées sur les hommes. Anne n’exerce plus le métier de professeure, elle est avant tout l’épouse de Gilbert, une voisine que tout le monde apprécie, et une future mère. Bien que cherchant à être respectée, elle peut, dans cette contrée sauvage que le jeune couple a choisie pour installer leur foyer, être elle-même, et danser sur les falaises, sans se soucier d’être prise pour une folle… J’ai beaucoup apprécié, dans ce nouvel opus, qui peut au final se lire individuellement, rencontrer de nouveaux personnages, aux histoires complexes et aux personnalités attachantes. Anne a bien grandi et s’attache désormais à son entourage, bien plus qu’à ses propres émotions. J’ai beaucoup apprécié également l’univers maritime de ce tome, et que l’écriture d’un livre soit au centre de son récit. C’est un livre très romanesque, et qui est, avec le premier volet, pour l’instant mon préféré de la saga.

Editions Monsieur Toussaint Laventure – juin 2022

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 4 2 3 4 

 

Instagram

C’était décembre

Il est temps que je vous raconte mon mois de décembre, via d’abord vos deux photos préférées sur mon compte Instagram @antigoneheron. Vous avez particulièrement aimé ce mois-ci mes cadeaux sous le sapin et mon bonnet terminé.

23/12 – Clin d’œil à @bouquinbourg. Ça y est, les cadeaux sont emballés, dans du tissu réutilisable. Notamment des bandanas achetés il y a un bail maintenant chez @bellelurettevintageshop qui font toujours un bel effet. Et sinon au programme : tricot + The Holiday cet après-midi.  52 ❤ | 30/12 – Je termine ce matin un bonnet pour monsieur. Modèle #moorlandhat de chez @dropsdesign et laine de chez @terroirlaine. J’avais demandé l’année dernière à mon père de me faire des petites étiquettes en cuir, qui terminent bien le projet je trouve… J’avais peur de manquer de laine mais en fait il m’en reste un peu. J’espère faire d’autres projets avec cette laine vraiment authentique. – 55 ❤

En décembre, il y a eu aussi…
* des mitaines confectionnées selon le modèle Oyat de Emma Ducher @encre_violette avec cette laine Wilky de chez @phildar_officiel trouvée chez Emmaus dont le rendu est vraiment étonnant. Le modèle est extrait de Wool stories de Bernie Torres de @inthewoolforlove; 
* un marché de Noël  ;
* un bol à laine. Parfois, je lance des défis à mon père, qui sait travailler le bois (le cuir également) et cherche de temps en temps de nouvelles idées. Et me voilà donc avec un bol à laine bien pratique et bien joli. Et plus de risque de se retrouver à quatre pattes sous le canapé à rattraper une pelote baladeuse ;
* une promenade à Saint Gilles Croix de Vie. Était ce la meilleure journée pour cette sortie ? Probablement pas. Mais c’était bien agréable quand même, quoiqu’il en paraisse sur ces photos. Les couleurs étaient superbes.   

Pour terminer, voici mon  #topnine2022 de mon compte Instagram, assez représentatif je trouve. Des livres, des tricots et la mer. Au centre, le titre choisi pour le jour 18 de #monaventlitteraire2022, le livre qui me marquera longtemps, par son atmosphère essentiellement.

img_20221218_095826_347

Diaporama des lectures chroniquées en décembre (un clic ici pour les retrouver) :