Coups de coeur·Lectures 2018

Les guerres de mon père, Colombe Schneck ~ Rentrée littéraire hiver 2018

❤ Tu as eu un gros coup de coeur pour ce titre de Colombe Schneck !! Et quel plaisir de voir ainsi évoluer une telle plume, après ce troisième livre lu (après La réparation, et Une femme célèbre). En effet, tu as trouvé que l’écriture de l’auteure était ici d’une précision et d’une justesse plus forte que dans ses précédents écrits, plus affirmée, qu’elle était avec évidence à la hauteur de ce que tu avais beaucoup aimé chez Brigitte Giraud, Justine Levy ou Laurence Tardieu par exemple, dans le même style. Et que le plaisir de lecture était là, entier. Colombe Schneck enquête ici sur son père, Gilbert, et tente d’en dresser un portrait fidèle. Décédé il y a plus de vingt ans, il était tout pour elle, toujours souriant, optimiste, excellent père, mais également un mari infidèle, et ne voulant pas parler du passé, de ce qui fâche. Il incitait ses deux filles et son fils à se fabriquer de bons souvenirs. Enfant pendant la seconde guerre mondiale, et juif, il a réussi à éviter les camps en étant caché par tout un réseau, et donc sauvé. Sa fille essaye de retrouver un à un les acteurs de ce sauvetage, et remercie. Jeune homme pendant la guerre d’Algérie, résolument pour l’indépendance, et également jeune médecin, il soigne, mais se taira sur ce qu’il voit, sur ce à quoi il participe.  Colombe Schneck s’interroge sur ses sentiments face à des scènes déjà vues et répétées. Comment a-t-il pu supporter d’avoir été un enfant traqué puis là, à ce moment-là, un soldat ? Mais les guerres de Gilbert n’ont pas été que de cet ordre, il a fallu composer avec son propre père, souvent absent et un peu fantasque, à son décès curieux et médiatisé, à ce qu’il lui a transmis… Colombe Schneck mène une enquête scrupuleuse, fouille avec détermination toutes les zones d’ombre. Les acteurs de cette histoire ont pour la plupart disparu, il était temps de poser à ceux qui restent les questions qui libèrent, de fouiller les archives. Et toi lectrice, tu as été touchée par cette démarche, par ce puzzle familial que Colombe Schneck tente de construire depuis plusieurs livres, et par la forme de ce texte, très bien construit et très réussi.

Editions Stock – 3 janvier 2018

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une autre lecture chez… Tlivres

Lu sur ma liseuse grâce à NetGalley

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Lectures 2018

Il était une lettre, Kathryn Hughes

Tu as commencé ce livre un brin dubitative… surtout lorsque dès les premières pages l’auteure a semblé mettre en place quelques grosses ficelles. Il faut dire que tu as gagné ce titre inclus dans la sélection d’été du livre de poche lors de ton voyage en Bretagne [tous les détails ici]. Il s’agissait donc d’un choix fait un peu à la hâte, un titre, une couverture, un résumé un peu alléchant… Bref, tu étais dubitative. Mais c’était sans compter avec ce plaisir que tu as toujours eu que l’on te raconte des histoires. Car en effet, loin des premières pages, ce roman s’est avéré un véritable page turner, tant tu as voulu très vite savoir de quoi il retournait derrière cette fameuse lettre… Nous sommes à Manchester, en 1973, et Tina travaille tous les samedis dans une boutique caritative. Elle est la semaine une secrétaire compétente d’une compagnie d’assurance, mais également chez elle l’épouse malheureuse d’un mari violent et alcoolique. Un jour, elle découvre un paquet de vêtements sur le seuil de sa boutique. Le sac contient un vieux costume, et en plongeant sa main dans la poche de la veste Tina découvre une lettre. Cette lettre n’a jamais été ouverte, ni postée, elle contient une demande en mariage d’un certain Billy, pour une jeune femme Chrissie, visiblement déjà enceinte. La lettre a été écrite en 1939. Tina, malgré de gros problèmes personnels (son mari est également un joueur invétéré et la voici elle aussi enceinte), décide de retrouver cette Chrissie pour lui remettre enfin la lettre et ainsi tenter de réparer quelque chose. Mais la quête n’est pas aisée, car les faits sont anciens et Tina se heurte soit à des portes closes soit à des personnes qui ne savent pas ce qu’il est advenu de Chrissie, partie en Irlande justement le jour de l’écriture de la lettre. Tina ne baisse pas les bras, surtout que cette recherche lui permet d’oublier combien elle a tort de continuer à faire confiance à son époux. Elle découvre petit à petit qu’il ne faisait pas bon être non mariée et enceinte en 1939, et le destin de Chrissie et de son enfant en Irlande… Et toi lectrice, tu as aimé finalement te laisser embarquer dans ce roman léger qui sait conserver jusqu’à la fin une tension égale. Tu as pensé à ce film Philoména, de Stephen Frears, qui raconte une histoire presque semblable, d’une adolescente enceinte, en Irlande, en 1952, et qui t’avait beaucoup marqué. Une lecture distrayante, mais aussi émouvante et habilement construite.

Editions du livre de poche – juillet 2017

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une autre lecture chez… Joëlle

Lectures 2018

Une vie sans fin, Frédéric Beigbeder ~ rentrée littéraire hiver 2018

De Frédéric Beigbeder, tu ne connaissais que cette image de dandy lettré et un peu fantasque qui circule dans les médias… Se fier à l’image que les gens projettent d’eux n’est sans doute pas la meilleure manière de les aborder. Tu ne connaissais donc pas l’auteur, puisque tu ne l’avais jamais lu. Et tu dois dire que tu ne sais trop maintenant comment organiser ta pensée et tes réactions face à cette première rencontre, via ce livre, écrit sous la forme d’une pseudo auto-fiction. Dans ses premières pages, ce roman a été un véritable régal de lecture, puis s’est avéré un tant soit peu ennuyeux, puis complètement loufoque et extravagant, pour enfin t’arracher deux larmes à la toute dernière page… Le pitch ? Tout commence alors que le narrateur promet à sa fille qu‘à partir de maintenant plus personne ne meurt, et surtout pas lui, son père. La cinquantaine, les ennuis de santé de ses parents, tout lui donne en effet des raisons de s’inquiéter. Se sentir vieillir est un drôle d’événement à intégrer. Sa notoriété permettant les rencontres, il entreprend donc un périple médical et scientifique, le menant de Genève à Jérusalem puis aux Etats-unis, afin de devenir immortel, ou du moins réussir à prolonger au maximum sa vie. Un périple dans lequel il va entraîner sa fille de dix ans, Romy. Et c’est là que Frédéric Beigbeder est le plus fort, lorsqu’il parle du lien qui unit son narrateur à cet enfant, leur complicité manifeste, puis à Léonore, cette femme qu’il croise en Suisse, veut très vite épouser, et avec laquelle il désire avant tout faire un autre enfant. Le narrateur/Frédéric Beigbeder se pose plein de questions, nous livre tout un tas de données scientifiques (véridiques) mais dévoile aussi tout un tas de fantasmes (vrais ou faux) sur l’immortalité. L’accumulation de données scientifiques a par moments eu raison de ta concentration et de ton enthousiasme pour ce livre, ainsi que le délire dans lequel l’auteur nous emmène peu à peu. En effet, au moment où Pepper (le robot ultra perfectionné venu du Japon) devient le compagnon de jeu de Romy, tout part un peu en cacahuète dans cette histoire, même si tu as bien ri des situations cocasses et des réparties dudit robot. Le roman se targue aussi de quelques visites éclairs dans le futur et la science-fiction… D’autres lecteurs seront peut-être agacés de la présence récurrente de noms célèbres, notoriété de l’écrivain oblige. Tu es passée très vite dessus, n’étant pas très friande, toi, de révélations croustillantes sur les célébrités. Au final, Frédéric Beigbeder se révèle terriblement attachant et sincère dans les pages de ce livre, se mettant en scène avec humour et dérision, n’ayant aucunement peur du ridicule et pratiquant constamment l’auto-critique. Et de tout le fatras versé dans cette histoire, de toute cette bataille contre l’idée de trépasser bêtement comme tout le monde, de cette lutte (et même de l’ennui généré par cette lutte), émerge l’image d’un homme que l’on a soudain envie de mieux connaître et de mieux aimer. Certains en parlent déjà comme DU livre de la maturité de Frédéric Beigbeder.

Editions Grasset – 3 janvier 2018

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Divers et blabla

Joyeuse année 2018 !

Il est temps de présenter à tes lecteurs du blog tous tes meilleurs vœux pour cette nouvelle année !! 

Ici, dans les semaines qui viennent, vous trouverez quelques lectures de la rentrée littéraire d’hiver, moins médiatisée que celle de septembre, mais souvent pleine de belles œuvres. Dès demain, il sera question du dernier roman étonnant (et détonant) de Frédéric Beigbeder. Tu gardes la surprise sur les autres titres que tu as déjà lu, et sur ceux que tu vas choisir bientôt en librairie.

Que 2018 vous soit douce… et littéraire !!