Lectures 2020

Séraphine, Marie Desplechin

Je continue ma découverte de la trilogie de Marie Desplechin Les filles du siècle avec ce deuxième volet, intitulé Séraphine. J’ai craqué en effet il y a peu pour cette petite collection de chez Medium Poche dont les couvertures semblent brodées à la main. Vous verrez, avec le troisième volet dont je vous parlerai plus tard, que les couvertures des grands formats sont tout à fait différentes. Je lis les romans dans l’ordre et c’est avec un sourire que j’ai vu apparaître dans ce tome quelques personnages du volet précédent Satin Grenadine. Nous sommes effectivement toujours dans le Paris de la fin du XIXème siècle, mais ici à Montmartre. Séraphine a treize ans, est orpheline et a été recueillie par Jeanne. Le quotidien est rude et sans surprises. Les deux femmes sont penchées toute la journée sur leurs travaux de couture. Heureusement, Séraphine reçoit de temps en temps la visite du père Sarrault, qui a assisté à sa naissance, et de Charlotte, sa tante, qui envahit à chaque visite la modeste maison de son parfum, de ses robes froufroutantes et de sa bonne humeur. C’est elle qui va lui parler de Sainte Rita et de l’arbre magique où sont accrochés à l’aide de bouts de tissu les voeux des habitants de la butte. Car Séraphine veut élargir son horizon, arrêter de coudre, changer de métier. Elle va donc confier son destin à la sainte patronne des cas désespérés et voir avec surprise ses voeux peu à peu se réaliser… Il est encore question de liberté dans ce deuxième tome, où pourtant la misère est très présente. Dans ce Montmartre de 1885, le fameux Sacré coeur est en train de se construire et la population garde un souvenir très fort des massacres de la Commune. J’ai encore une fois aimé me plonger dans ce Paris du XIXème siècle. Séraphine est un personnage très attachant et courageux. Et Marie Desplechin sait manier ici de nouveau le grave et le joyeux, avec tendresse.

Editions Ecole des loisirs – mars 2018

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Lectures 2020

Satin Grenadine, Marie Desplechin

J’ai craqué il y a peu pour cette petite collection de chez Medium Poche, destinée aux collégiens, dont les couvertures semblent brodées à la main. Satin grenadine n’est pas un titre récent, il est paru pour la première fois en 2004. De nouvelles couvertures en Médium, puis ici en Médium poche, ont remis ces récits sur le devant de la scène. J’adore l’écriture de Marie Desplechin, qui a aussi publié Verte et Le journal d’Aurore, son ton, son regard sur les gens et leurs douces bizarreries. Nous sommes en 1885, Lucie a 13 ans. Issue d’une famille bourgeoise aisée, elle n’a pas beaucoup connu l’affection parentale. Elle a été placée à la campagne, chez une nourrice, toute sa prime jeunesse. Actuellement, elle a seulement le droit de se tenir tranquille, de s’habiller correctement, et d’apprendre éventuellement comment tenir une maison. Mais Lucie rêve d’aventures. Elle aime écouter Fanny qui travaille en cuisine lui raconter le monde extérieur, aime jouer avec Jacques au parc et peut compter sur l’amitié de Marceline, sa gouvernante, pour lui procurer des livres. Une expédition aux Halles de Paris va chambouler tout ce petit monde. Lucie va découvrir des secrets bien gardés, et l’existence du socialisme et du féminisme qui émergeaient dans cette fin de XIXème siècle. Je me suis régalée à lire ce petit récit qui a le charme des textes classiques, un petit côté désuet. On devine, comme chez certains auteurs de l’époque, que les personnages, d’apparence conformistes, respectant les codes de la société, cachent en réalité autre chose, un feu intérieur. Et voir émerger partiellement ce feu, voir tous les efforts des protagonistes pour rester dans la ligne tout en aspirant à l’ailleurs et la liberté, est très plaisant.

Editions Ecole des loisirs – mars 2018

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Lectures 2020·Objectif PAL

Inséparables, Elie Darco… mon objectif pal du mois !

J’ai déjà lu plusieurs titres de cette collection jeunesse de chez Magnard, la plupart des premiers titres sortis en réalité, et ce avec beaucoup d’intérêt. Ce titre-ci me tentait moins, il est donc resté plusieurs années sur mes étagères… Ce mois de novembre consacré aux livres jeunesse était le bon moment pour le sortir. Nous retrouvons Alec et Beryl, frère et soeur, inséparables, livrés à eux même par des parents très préoccupés par leur travail dans l’armée, et complices pour le meilleur et pour le pire. La famille déménage dans la petite ville de Morran. Alec et Beryl sont dans la même classe, essayant de s’intégrer dans ce lieu qui transpire l’ennui. Un soir, alors qu’ils retrouvent un groupe de jeunes gens dans la forêt, un phénomène étrange se produit fait de lumière et de bruit. La troupe, inquiète, détale. Le lendemain, ils apprendront le décès de Jessica, qu’ils n’ont pourtant pas croisé ce soir-là, sur la route 22. Les ennuis commencent pour Alec et Beryl, punis. Mais, alors que les deux adolescents s’interrogent sur la réaction excessive de leur parents, ils ont un accident de moto. Le cauchemar va alors commencer pour Alec, lorsqu’à son réveil on lui affirme qu’il n’a jamais eu de soeur… J’ai peut-être eu un peu de mal à entrer dans ce roman, avant que l’histoire décolle, engluée moi aussi dans l’atmosphère ennuyeuse de Morran. Pourtant, dès qu’Alec bascule dans l’incompréhension et doit se rattacher à ses souvenirs pour croire en l’existence de Beryl, l’intrigue prend enfin un vif intérêt et ne nous lâche plus jusqu’à la fin. Elie Darco a su utiliser alors les codes de l’anticipation et du thriller sans s’y enfermer, ce que j’ai beaucoup apprécié. Ce roman tient en effet toute sa force de l’attachement très fort qui unit Alec et Beryl, et cet attachement est très beau.

Editions Magnard – avril 2017

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Un roman lu dans le cadre de…

Coups de coeur·Lectures 2020

Revue Dada n°248 Méliès… coup de coeur !

❤ Dans la continuité de ce mois de novembre consacré aux lectures jeunesse, je voulais vous parler aujourd’hui de ce numéro de la revue Dada, reçu dans le cadre du dernier Masse critique de Babelio. Pour la petite histoire, mon fils, actuellement en seconde, a pris (comme sa soeur auparavant) l’option Arts plastiques, mais il hésitait aussi beaucoup avec un autre cursus, tourné vers le cinéma, dans un autre lycée, qui l’intéressait également. Ayant suivi moi même quelques cours de cinéma dans mon cursus universitaire, nous avons régulièrement des conversations sur ce sujet. Lorsqu’il a fallu faire des choix lors du dernier Masse critique de chez Babelio, quelques exemplaires de la revue Dada étaient proposés. Je me souviens très bien des premiers pas de cette revue, qui a vu le jour en 1991, et qui est distribuée en librairie. Je suis heureuse de constater qu’elle existe toujours et qu’elle a maintenu une certaine exigence de qualité. Il me semblait intéressant de demander notamment ce numéro sur Méliès, qui découvre en 1895, ébahi, les premières images animées de Auguste et Louis Lumière, et qui va ensuite consacrer son temps et son énergie au spectacle cinématographique. Entre 1896 et 1913, il réalise plus de 500 films, dont le Voyage dans la lune, qui fera sa renommée. Dans le studio de Montreuil, il crée des effets spéciaux et invente des fééries qui vont se retrouver dépassées en 1913 lorsqu’il arrête son activité. Plus tard, Méliès sera vendeur de jouets et confiseries à Montparnasse, avant d’être reconnu comme précurseur et réhabilité. J’ai personnellement dévoré cette revue très instructive, au papier glacé de qualité, élégamment illustrée. L’univers de Méliès correspond bien à ce qui fascine mon fils, et ses dessins aux techniques qu’il essaye de parfaire de son côté. De plus, nous avons vu ensemble que les numéros de cette revue pouvaient aussi s’acheter seuls. Quelques titres intéressants ont d’ores et déjà été repérés. Dada peut sembler être destinée aux collégiens, en regard de son format et de sa typographie intérieure, mais comme il est dit sur leur site, Dada est sans conteste en réalité une revue pour toute la famille, tant les thèmes abordés sont larges et variés.

Arola – septembre 2020

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https://revuedada.fr/

Lectures 2020

L’âge des possibles, Marie Chartres

Voici un titre jeunesse qui me tentait énormément au cours de la dernière rentrée littéraire, la beauté de sa couverture et les éloges lues ont fait beaucoup. Et je ne suis pas déçue… Nous suivons au départ, trois adolescents, comme représentés sur la partie supérieure de la couverture, Saul, Rachel et Temple. Saul et Rachel sont amish et décident sur un coup de tête de faire leur rumspringa, cette parenthèse dans le monde extérieur, censée leur permettre de découvrir la modernité, afin de mieux apprécier ensuite leur vie en communauté, loin du bruit du monde. Ils prennent donc le bus pour Chicago. Temple, fille de commerçants, assez casanière, prend aussi de son côté le bus pour Chicago, afin de rejoindre sa soeur aînée et assister à un spectacle de danse. Après quelques péripéties, les voici tous les trois parvenus à leur but. Cependant, les premiers pas des adolescents dans la ville est laborieux. Ce sera donc une chance de se rencontrer. La soeur de Temple lui ayant fait par ailleurs faux bon. La ville, comme un immense labyrinthe va bousculer chacun et les révéler. Au coeur de la ville, heureusement, il y a aussi le Grant Park, un havre de paix, propice à d’autres rencontres, et l’appartement d’Ida, la soeur de Temple, étonnamment luxueux. Ce que j’ai aimé dans ce roman jeunesse, outre les questionnements de chacun, la promenade dans Chicago, et le beau portrait de ces adolescents en quête de sens, est la langue très poétique et belle de Marie Chartres. Il m’est arrivé, au cours de ma lecture, de m’isoler un peu pour en goûter chaque mot une peu plus confortablement. Le scénario de ce roman est plutôt limpide, il transporte surtout par sa musique et par cette lumière qui bouge tout du long dans les yeux d’une Rachel tiraillée par son expérience.

Editions Ecole des loisirs – août 2020

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Une autre lecture chez… Céline

Coups de coeur·Lectures 2020

Anne de Green Gables, Lucy Maud Montgomery… coup de coeur !

Traduit de l’anglais (canada) par Hélène Charrier

❤ Je poursuis mon mois de novembre, tourné vers les lectures jeunesse, avec ce titre qui n’est pas du tout récent (connu traditionnellement sous le nom de Anne et la maison aux pignons verts) mais doté d’une toute nouvelle traduction. Ceux qui ont vu comme moi la série Netflix Anne with an E pourront se rendre compte dès les premières pages combien l’adaptation est fidèle au roman. Malgré ma connaissance de l’histoire, malgré les images de la série venant télescoper tout imagination, je me suis pourtant régalée à lire ce livre qui en plus de contenir une belle histoire, est un sublime objet qui nous plonge en enfance. Nous sommes à la fin du XIXème siècle, sur l’île du Prince Edward, au Canada. Anne arrive à Green Gables sur un malentendu. En effet, Marilla et Matthew Cuthbert, qui sont frère et soeur, voulaient plutôt adopter un garçon pour les aider à la ferme. La verve et l’imagination de la fillette aux cheveux roux, et sa langue bien pendue, ont tout de suite charmé Matthew, mais Marilla est plus réticente et froide. Ils décident tout de même de garder l’enfant. Une série d’aventures vont ponctuer les premières années d’Anne à Green Gables, des bêtises entraînées par une imagination débordante et fantasque. Ses rêveries ont permis à la petite fille qu’elle était de survivre aux épreuves de sa prime jeunesse, la perte de ses parents, son placement chez des maîtres indélicats. Anne a heureusement cette propension à se faire aimer qui la sauve de tout, par sa naïveté, son intelligence et son honnêteté désarmante. Le regard d’Anne sur le monde qui l’entoure est féérique et enchanteur, et il entraîne le lecteur à sa suite. Et si ce regard était le seul qui vaille ? J’ai aimé de mon côté me laisser envelopper par son langage fleuri. Une véritable cure de jouvence.

Monsieur Toussaint Louverture – octobre 2020

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Une autre lecture chez… Brize