Lectures 2019

Je suis ton soleil, Marie Pavlenko

Grande fille a choisi ce livre avant de partir en vacances, et un post de la librairie Mollat de Bordeaux (section ados) m’avait donné envie de le lire à mon tour… Il est peu de dire qu’il a été dévoré en moins de deux par mon adolescente pendant nos vacances. Elle avait été au départ attirée je crois par les coquillettes sur la couverture. Je lui ai emprunté immédiatement… histoire de me sortir des lectures un peu sombres que je fais en ce moment, en vue de la rentrée littéraire (début des hostilités le 22 août par ici) ! Je pense que ma fille s’est retrouvée complètement dans ce récit, elle qui vient de décrocher son bac. En effet, nous faisons connaissance immédiatement avec Deborah, qui vient de rentrer en terminale. Elle n’a plus qu’une paire de bottes aux pieds, son chien Isidore ayant grignoté ses autres chaussures. Mais c’est le moindre de ses soucis. Son père a une maîtresse, et sa mère découpe des magazines de manière frénétique, quand elle ne colle pas sur le miroir de l’entrée des post-it avec le même numéro de téléphone inscrit dessus. Heureusement, il y a Eloïse, sa meilleure amie. Mais elle aussi devient un problème, lorsqu’elle s’éloigne suite à son engouement exclusif pour un certain Erwann. Deborah ne se dépare pour autant jamais ni de son humour ni de sa bonne humeur mais la vie devient alors un peu lourde à porter, et la solitude pointe son nez. C’est alors que la vie, qui a horreur du vide, réserve à la jeune fille une jolie surprise. La surprise vient en effet de Jamal, un camarade de classe, qui prend Deborah un peu sous son aile. Avec son ami Victor, ils vont tous les deux entourer Deborah d’affection et de camaraderie, ce qui va lui permettre de s’améliorer scolairement parlant, mais aussi de surmonter les épisodes douloureux qui s’annoncent… J’ai beaucoup aimé dans ce roman jeunesse, les doses d’humour et de vitalité bien présentes. Deborah est une jeune fille normale, forte et fragile à la fois, et un personnage avec lequel il est facile de s’identifier. Tout ce qui se passe de positif dans ce roman fait chaud au coeur et donne à croire à l’amitié, aux différences, à la chance de chacun de trouver sa voie et de s’en sortir. Je pense que cette lecture tombait particulièrement bien pour ma fille, alors qu’elle s’apprête à franchir le cap de l’âge adulte. Il est est bon de savoir que rien n’est linéaire dans la vie, et que les rencontres, les opportunités, le travail, peuvent changer parfois la donne. Un roman, tendre et positif, à conseiller sans problème aux lycéens ! J’ai moi aussi beaucoup aimé.

Editions Flammarion – mars 2017

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Coups de coeur·Lectures 2019

Sauveur & fils saison 2, Marie-Aude Murail

Je n’ai pas pu résister à cette deuxième saison de Sauveur & fils, tant j’avais aimé me plonger dans la première [ici].... Et quoi de mieux que la sortie toute récente en format poche de ce tome 2 pour craquer ?!! Pour autant, je ne savais pas si l’alchimie allait de nouveau prendre. Mais c’était méconnaître le pouvoir de séduction de Sauveur Saint Yves, psychologue clinicien à Orléans, heureux père de Lazare, amoureux de Louise, et propriétaire d’un hamster femelle sur le point de mettre au monde pas moins de sept bébés hamsters. Dans ce nouvel opus, nous retrouvons avec plaisir des patients déjà connus dans le tome précédent, mais également quelques nouveaux, dont Samuel, cet adolescent obnubilé par les filles et qui a visiblement un gros problème d’hygiène, ou Raja, jeune réfugiée traumatisée. Louise est également bien empêtrée dans ses difficultés avec le père de ses enfants, et ses complexes. Elle se demande comment réussir à convaincre Alice d’accepter sa nouvelle vie avec Sauveur, quand celle-ci ne jure que par son père, sa toute jeune belle-mère et les vidéos des youtubeuses beauté. Gabin squatte lui toujours à l’occasion chez son ancien psy, devenu peu ou prou un second père. Et c’est avec décontraction qu’un vieil homme, SDF et recueilli également par Sauveur, s’incruste dans cette tribu recomposée. Avec son air de ne pas y toucher, et ses failles apparentes, Sauveur Saint Yves a un sacré talent, celui qui permet à chacun de se révéler à lui-même. Mais peut-être ne fait-il qu’entrouvrir des portes qui ne demandaient qu’à être poussées ? C’est le mystère du travail psychologique. Quant à moi, j’ai aimé me plonger dans cette saison 2, délaissant pour quelques heures tout le reste, dévorant mon exemplaire, encore touchée !! Ce roman est classé en jeunesse et il peut en effet très bien être lu par des adolescents qui reconnaîtront via de nombreux personnages plusieurs de leurs préoccupations. Mais c’est un roman qui plaît également beaucoup aux adultes. Alors pourquoi ne pas partager cette série en famille ?

Editions Médium Poche – mai 2019

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Une autre lecture chez… Saxaoul

Lectures 2019·Objectif PAL

La Cicatrice, Bruce Lowery… Objectif pal de mai

Le bilan de l’Objectif pal de mai sort demain sur le blog… et je dois dire que je suis très fière de l’importance que ce challenge prend. Les blogueuses prennent manifestement beaucoup de plaisir à sortir des livres de leurs PALs. Merci à vous toutes ❤ ! Et j’aime aussi ainsi voir passer les challenges en cours dont, ce mois-ci, le mois italien et sans doute, le mois prochain, le mois anglais. C’est la blogosphère que j’aime, celle qui lit tout ce qui lui passe sous la main et a le regard large.

Sinon, j’ai ouvert pour ma part ce mois-ci, et vraiment à la dernière minute, cette Cicatrice de Bruce Lowery. Ma fille l’a lu au collège et l’a déposé sur ma PAL à l’époque, curieuse de savoir ce que je pouvais bien en penser. Mon fils l’avait au programme cette année en quatrième, et a eu comme travail scolaire la réalisation d’une boîte de lecture. Ils en ont eu tous les deux une lecture très différente, mais marquante. Ma fille se souvient très bien des détails de l’histoire, plusieurs années après. Elle est restée à la fois gênée et fascinée par ce récit. Mon fils est ressorti de cette lecture complètement outré. Il était donc temps que je lise à mon tour encore une fois ce très court roman. Nous sommes dans une petite ville des Etats-Unis, en pleine seconde guerre mondiale. Jeff a 13 ans, et est affublé d’une cicatrice à la lèvre, suite vraisemblablement à une opération sur un bec-de-lièvre. Ses parents lui mentent sur cette cicatrice, pour eux intervenue suite à un accident. La famille vient d’arriver dans cette ville. Jeff ne fait pas une rentrée facile dans son école, sa cicatrice entraînant moquerie et mise à l’écart. Heureusement, un de ses camarades, Willy, lui fait peu à peu une place dans sa vie, ce qui améliore considérablement ses journées. Ils sont tous les deux fascinés par les timbres et en font collection. Un jour, alors que Jeff est invité chez Willy, le jeune garçon est pris d’une impulsion irrésistible. Il vole de nombreux timbres dans la collection de son ami, dont les plus beaux et les plus précieux. Willy accuse évidemment Jeff qui se défend et récuse les accusations. S’ensuivent alors des jours de culpabilité et le retour des moqueries de ses camarades mis au parfum par un autre enfant, présent au moment des faits. Jeff s’enfonce dans les méandres de la culpabilité, incapable d’avouer son vol, devenant odieux avec ceux qu’il aime et surtout avec son petit frère… Je ne m’attendais pas à trouver dans ce roman une telle qualité narrative mais aussi à plonger aussi profondément dans les méandres psychologiques d’un enfant pris dans ses contradictions. J’ai bizarrement pensé à ma lecture adolescente du Crime et châtiment de Dostoïevski où Raskolnikov est au prise avec sa conscience et ses idéaux tout le long d’un récit à la fois fascinant et désagréable. Ici aussi, on ne comprend pas pourquoi Jeff, enfin rentré dans les grâces de ses camarades fait ce geste insensé, pourquoi il entretient en son fort intérieur sa culpabilité au lieu de rendre les timbres à son ami et d’avouer, comme si il prenait un plaisir inavouable à gratter cette deuxième cicatrice-là. Mais cette lecture est intéressante justement en entretenant ce ressort-là, car elle ne fait pas preuve d’angélisme et montre bien que nous sommes tous traversés par des pulsions parfois négatives et inexplicables. La plupart du temps nous n’y cédons pas. Ma fille avait compris et intégré ces contradictions, tout en n’approuvant pas le comportement de Jeff. Mon fils a complètement rejeté le comportement du jeune garçon. J’ai refermé ce roman, assez étonnée. En effet, en début de lecture, je pensais lire un récit sur la différence, mais Bruce Lowery va bien au-delà de ce fait de départ. Il nous livre en effet un kaléidoscope très riche de l’âme humaine et en explore toutes les faces, même les plus noires. Une lecture de PAL déconcertante et marquante.

Editions J’ai lu – 1999

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Coups de coeur·Lectures 2019

Raisons obscures, Amélie Antoine

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Voici le troisième titre que je lis d’Amélie Antoine. Après les très réussis Les secrets et Avec elle & Sans elle, elle m’étonne encore une fois par sa dextérité à manier la narration et les points de vue… Et il ne va pas être facile de parler de ce roman sans trop en dire, de peur de vous gâcher la surprise. Nous partons en début de récit à la rencontre de deux familles qui s’apprêtent à effectuer leur rentrée scolaire. L’une d’entre elles vient de débarquer dans la région. Laeticia ne supportait plus son travail d’infirmière et Yanis a eu l’idée de déménager pour que toute la famille prenne un nouveau départ et puisse mieux respirer. Mais ils n’avaient pas prévu que Laeticia tombe par hasard sur son amour de jeunesse, et que les plans de renouveau tombent lourdement à l’eau. Les trois enfants du couple ne semblent pas très affectés par les problèmes des adultes. Des trois, Marjorie est d’ailleurs la plus calme et la plus sérieuse. Dans l’autre famille, qui vit elle dans la région depuis longtemps, les inquiétudes sont différentes. On essaye de gérer au mieux la découverte du diabète de Sarah, sa pompe à insuline, et sa volonté que sa maladie reste un secret. Frédéric cache de son côté à sa femme que l’administration pour laquelle il travaille vient de le mettre au placard, et celle-ci que, depuis qu’elle travaille à la maison, elle vit un enfer avec les aboiements du chien du voisin. Mais la vie, malgré tout, suit son cours un peu chaotique… et le lecteur, en milieu de lecture, se surprend même à souffler de soulagement. Pourtant, le premier chapitre nous avait alerté sur un événement tragique à venir… Et à la moitié du livre, en effet, tout bascule soudain vers le point de vue des enfants. Je ne vous en dirai pas plus mais il est à ce moment là question de peur, de destruction progressive, et c’est à la fois bien fait, bien décrit, et parfaitement insoutenable. Je suis ressortie de ce roman un peu tremblante, persuadée que la lecture de ce livre est nécessaire, pour se rendre compte à quel point on peut passer à côté des drames intimes de nos proches, malgré notre vigilance. Je vous recommande chaudement ce livre d’une grande prouesse littéraire. Je pense qu’Amélie Antoine mérite d’être lue plus largement, et qu’elle n’a pas fini de nous surprendre… Bravo à elle pour ce roman magistral, qui n’a pas dû être toujours évident à écrire !

Editions XO – 7 mars 2019

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D’autres lectures enthousiastes chez… Sandrine et Mes échappées livresques

Lectures 2019

Zombillénium T4, Arthur de Pins… La BD de la semaine !

J’ai de nouveau participé cette année, avec Rakuten France, à l’opération La BD fait son festival, dans la foulée du festival de la BD d’Angoulême… La réception de l’album gagné a eu lieu dans la bonne humeur à la maison. Mes enfants adorent la série Zombillénium d’Arthur de Pins, dont La fille de l’air est déjà le quatrième tome. Nous avions d’ailleurs vu, avec ma grande fille, l’adaptation de la BD au cinéma. Je vous conseille aussi la Bande originale composée par Marc Bastard. Mais je dois dire que je ne me souvenais pourtant que vaguement de l’épisode précédent, le tome 3, emprunté en bibliothèque. Cela ne m’a au final pas gêné du tout dans ma lecture. Dans ce tome 4, le parc Zombillénium va bien, le taux de fréquentation est au beau fixe, mais il est actuellement toujours aux mains de Behemoth, qui continue ses pratiques démoniaques. Gretchen et Von Bloodt (l’ancien directeur), aidés par Aurélien (qui travaille toujours au Parc), tentent donc d’aider les employés qui le désirent à s’évader, afin de leur offrir une reconversion possible. Mais c’est compter sans la présence d’une toute nouvelle et redoutable sorcière, Charlotte Hawkins, plus puissante que Gretchen, qui intervient avec fracas et vole à cette dernière son fiancé. Aurélien, envoûté par l’enchanteresse, et transformé en monstre, offre un bien beau spectacle aux visiteurs du Parc… Mon fils (13 ans) a été le premier à lire cet opus, qu’il a trouvé moins bon que les précédents… parce qu’il met en place la suite, m’a-t-il dit d’un ton docte. C’est un album de transition. Grande fille (17 ans) l’a feuilleté rapidement. Elle le lira plus tard. Elle a trouvé les dessins toujours aussi magnifiques. Ils sont faits par ordinateur ça se voit, m’a dit celle qui dessine exclusivement avec des crayons. Et je dois dire que je suis d’accord avec eux. En effet, et même si les dessins sont vraiment superbes, j’ai moins aimé ce tome 4, qui amène de nouveaux personnages, sans vraiment expliquer d’où ils viennent, et laisse peu la parole aux anciens, que l’on aimait bien. Heureusement, la policière que Gretchen a partiellement transformée en lapin apporte une note d’humour et de fraîcheur bienvenue dans cet album qui annonce très certainement (donc) une nouvelle ère dans l’histoire de Zombillénium. Et il est peu de dire que Gretchen a vraiment du soucis à se faire. A suivre…

Editions Dupuis – 23 novembre 2018

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Un album lu dans le cadre de la BD de la semaine ! Les autres liens sont chez Stephie aujourd’hui [clic]

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Lectures 2019

How to stop time, Matt Haig

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De Matt Haig, je connaissais surtout ses écrits sur la dépression, maladie dont il est victime depuis sa jeunesse… J’avais été très marqué notamment par Rester en vie, son opus sur le sujet. Ici, je rencontre l’écrivain dans ce roman pour jeunes adultes, roman avec lequel j’ai passé un agréable moment de lecture, dépaysant et distrayant. Tom Hazard vient de rentrer dans un collège londonien pour enseigner l’histoire. Mais il n’est pas un professeur comme les autres. En effet, et même si Tom a l’air d’avoir la quarantaine, il a en réalité derrière lui déjà plus de 400 d’existence. Il souffre d’anagérie, une affection qui intervient à la puberté et ralenti le vieillissement. Ce mal dont il est atteint a déjà fait souffrir bon nombre de personnes autour de lui, et notamment sa mère, considérée à cause de lui à l’époque comme une sorcière, et condamnée à être noyée sous le regard de son fils. Tom a eu une femme et une fille, dont il a dû se séparer autrefois pour préserver la survie. Mais il s’avère que Marion, sa fille, est atteinte du même handicap. C’est donc pour la retrouver qu’il a finalement accepté de faire partie d’un réseau qui aide les gens comme lui à changer de vie tous les huit ans, afin de ne pas éveiller les soupçons. A travers ses souvenirs, on découvre l’histoire de Tom, les rencontres fabuleuses qu’il a pu faire, William Shakespeare, Scott F Fitzgerald, etc… et on revit l’Histoire avec un grand H comme si on y était. L’affection de Tom est très crédible et habilement utilisée par l’auteur. Elle entraîne le lecteur dans un récit addictif digne des grandes fresques et des grands romans d’aventures. J’ai aimé pour ma part ce voyage là, et que l’histoire soit conjuguée pour une fois au présent. De plus, le fait que le fragile équilibre de Tom puisse être mis en péril par une nouvelle rencontre amoureuse donne du piment à un texte dans l’ensemble bien intéressant. Les droits cinématographiques de ce roman ont apparemment été achetés par l’acteur Benedict Cumberbacht, voilà qui promet également…

Editions Helium – 13 mars 2019

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Une autre lecture chez… Cunéipage