Coups de coeur·Lectures 2017

Songe à la douceur, Clémentine Beauvais

❤ 

Ah, Pouchkine ! Ah, Eugène Onéguine !… Depuis le temps que tu croisais cette jolie couverture sur les blogs, tu ne te doutais pas que ce roman, en vers, destiné à un public adolescent, était l’adaptation moderne de cette fameuse oeuvre de Pouchkine. Tu l’aurais sans doute ouvert plus tôt. Il faut dire que tu as voué, étudiante, une véritable fascination pour la vie et l’oeuvre d’Alexandre Pouchkine, à la fois passionnée, passionnante et romantique. Mais l’histoire d’Eugène Onéguine, adaptée par Clémentine Beauvais, est ici quand même un peu différente… Nous sommes en 2006, et Tatiana a quatorze ans lorsqu’elle rencontre pour la première fois Eugène, qui en a dix-sept. C’est l’été. Eugène accompagne son ami Lensky tous les après-midi chez Olga, la sœur aîné de Tatiana. Les amoureux se retrouvent et les deux autres jeunes gens, désœuvrés, sympathisent. Jusqu’à ce que, Tatiana, persuadée d’être amoureuse, écrive un long mail à Eugène qui l’éconduit brutalement. Lorsqu’ils se retrouvent une dizaine d’années plus tard, par hasard dans un TER, se rejoue alors une autre partition. Tatiana n’est plus la jeune fille naïve qu’elle était, elle a des projets d’avenir. Eugène a également changé et n’est plus le jeune frondeur, sûr de lui, qu’il était. Et toi lectrice, tu as trouvé ce petit livre particulier extraordinaire, non pas par l’intrigue assez banale qu’il raconte (universelle ?), mais par sa forme, absolument inventive, particulière et attachante, et finalement moderne. Car en effet, l’écriture de Clémentine Beauvais virevolte, et zappe, comme il est d’usage de le faire actuellement… Elle dépose des fragments de mails, des textos, puis entrecroise dialogues intérieurs et paroles balbutiantes. Et il faut le dire, que c’est un réel régal, et que l’on tourne les pages, avide de lire les lignes suivantes. Bref, tu n’avais pas envie de terminer ce roman.

« Il est quatre heures cinquante-quatre du matin,
un tesson de soleil est déjà fiché dans le ciel prune.
C’était exactement la lettre qu’il y avait dans son ventre.
Tendre, exacte, franche.
Discrète, douce. »

Editions Sarbacane – août 2016

Moka l’a lu aussi avec émerveillement

Valérie parle de la version Audiolib aujourd’hui (quelle coïncidence !! )

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Divers et blabla

Albert ~ Petit journal illustré

Aucun texte alternatif disponible.

Tu as enfin découvert un petit journal jeunesse qui décortique efficacement l’actualité… et tente de mettre des mots clairs sur toutes ces informations que nos enfants attrapent au vol et comprennent bien souvent de travers, ou en surface. Et tu voulais partager cette chouette trouvaille avec vous. Aujourd’hui, même les plus jeunes n’échappent pas au sensationnalisme, aux contre-vérités, aux amalgames et fakes-news. Les tiens ne dérogent pas à la règle, et à la maison il est souvent important de rétablir quelques vérités. Le petit plus de ce journal (et ce qui t’a d’ailleurs attiré vers lui) est cette Une superbe, remplie à chaque numéro par un illustrateur différent (Olivier Chéné pour la photo ci-dessus – numéro 26 du 17 novembre 2017) et qui donne (en image) un résumé de ce que l’enfant peut trouver dans les pages suivantes. Elle attire certainement également les parents. Tu as déjà eu très envie, toi, d’accrocher sur tes murs les deux exemplaires reçus pour l’instant (la Une du numéro 27, illustrée par Fabienne Cinquin est très belle). Mais il est aussi intéressant que ce journal soit seulement sur 4 pages, un choix idéal pour le public concerné, qui se découragerait trop vite devant trop de lecture… Le plan du journal est le suivant (et ne bouge pas à chaque numéro) :  un gros sujet traité en 5 questions/réponses (ici Les migrants), un gros dossier sur un sujet du moment (Les paradise papers), un sujet scientifique, retour sur un personnage historique, élargissement sur ce qui se passe dans le monde et un focus sur trois ou quatre nouvelles insolites. Sincèrement, tu es persuadée que les adultes dévorent ce journal, bien avant les enfants, et que cela leur permet de répondre aux questions de ces derniers. Nous ne sommes pas tous des spécialistes sur tous les sujets. Tu trouves également qu’il est intéressant qu’un tel journal prenne le parti du sérieux (pas de jeux, pas de bande-dessinée) et fasse appel à l’intelligence des plus jeunes… Après, tu dois avouer que ton ado de 13 ans a aimé les illustrations mais a seulement regardé les gros titres. A l’ère du numérique, il est parfois compliqué de les intéresser au format papier, même si ils regardent par ailleurs le journal télévisé ou les informations rapides relayées par les réseaux sociaux. Par contre, ta grande fille (16 ans) a trouvé elle ce journal très beau et vraiment très intéressant (dessins et sujets, et surtout le dossier questions/réponses sur lequel elle s’est longuement arrêtée).

Bref, ce journal a tout à fait sa place chez soi ou dans un CDI de collège, et tu as tout de suite pensé à tes collègues documentalistes !

Une application gratuite Journal Albert, disponible via Apple store par exemple, permet de se faire une idée plus précise des numéros déjà parus. Vous y trouverez une explication sonore de la Une, des vidéos pour aller plus loin sur le sujet, etc… C’est vraiment très bien fait, et sans doute plus agréable sur tablette que sur ton petit téléphone. Albert souhaite s’adresser aux 8/13 ans. Chaque numéro est à 3€. Plus d’infos : clic ici.

Grand merci aux éditions de La poule qui pond, qui sont venus vers toi pour leurs albums destinés aux petits lecteurs dyslexiques (tu en parleras dans un autre article)… et qui ont répondu favorablement à ton envie pleine d’enthousiasme et de curiosité de découvrir aussi ce journal aux Unes si attrayantes !!

Lectures 2017

Newland, Stephanie Janicot

Tu lis parfois aussi pour ton club de lecture de bibliothèque… et là quelle surprise que de tomber pour une fois sur une dystopie, écrite par Stéphanie Janicot, accessoirement par ailleurs rédactrice en chef de l’excellentissime revue Muze. Tu ne savais trop à quoi t’attendre, et les premiers pas de l’intrigue de ce roman ressemblent à s’y méprendre aux premiers pas de Divergente… alors tu restes sur tes gardes, même si tu te doutes bien des contraintes et codes du genre. Nous sommes à Newland, unité de Brittonie, an 2262 de l’ère ancienne, an 104 de l’ère nouvelle. L’Europe a pris des mesures drastiques pour vivre enfin en paix et en harmonie. Les naissances sont contrôlées et gérées par des matrices. Un système de castes a été instauré. Les Blancs, la caste la mieux considérée, transmettent leurs gênes. Les Bleus éduquent leurs enfants. Les Noirs, quant à eux, entreprenants, doivent se débrouiller pour réussir et sont la caste des travailleurs. A quatorze ans, chaque enfant se voit dirigé vers la catégorie qui lui convient. Marian est persuadée d’être une Blanche, et se projette depuis toujours dans cet avenir, à l’instar de sa soeur Myrtille. Mais au moment de la Sélection, son bracelet lui désigne le camp des Noirs. Le choc est immense pour Marian, qui se prépare douloureusement à un destin qu’elle n’envisageait pas. Elle décide de se venger, ce sera son moteur, de gravir les échelons, pour aller défier SOL, le gouverneur qui se cache derrière les décisions de l’ordinateur central. Pour cela, il faudra être têtue, forte et risquer sa vie… Et toi lectrice, tu t’es laissée embarquer dans cette histoire, véritable Page Turner, consciente de l’originalité relative du scénario, mais emportée par la qualité du texte de Stéphanie Janicot et de l’univers créé par elle. Ses réflexions sur le passé, l’évolution de notre monde t’ont semblées pertinentes et documentées. De plus, les différents personnages qui gravitent autour de Marian, jeune fille en colère, sont fouillés.  A noter, un très intéressant voyage dans le passé, bourré de contrastes. Bref, voici une lecture divertissante, que tu as lue avec beaucoup de plaisir. A conseiller aux adeptes du genre, mais pas seulement !

Editions Albin Michel – mars 2016

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Lectures 2017

Ma vie mouvementée, par Plume ~ Mathilde Paris

Même si tu as craqué sur cette couverture en choisissant ton ouvrage pour l’opération Masse critique jeunesse de chez Babélio… tu ne peux pas dire que son titre et son sous-titre rendent vraiment justice au roman qui est à l’intérieur. Car, en effet, il s’avère que le petit récit conté par Plume, 13 ans, est bien plus fin que ne le laisse imaginer ce comment j’ai survécu à des vacances vraiment pourries, un brin caricatural… Plume vient de fêter ses 13 ans, l’anniversaire le plus raté de sa vie, selon elle. En effet, elle a du apprendre à ses amies qu’elle ne pourrait pas partir avec elles cette année en vacances d’été, comme à leur habitude, sa meilleur amie Justine semble aller très mal, et ses parents l’obligent à partir seule pour San-Francisco rejoindre une tante qu’elle s’imagine dépressive (son restaurant ne marche pas bien). De plus, Plume n’a rien trouvé de mieux que de s’étaler de tout son long (le jour de son anniversaire) devant Jules (le frère de Justine dont elle est secrètement amoureuse). Pour couronner le tout, un énorme bouton vient d’éclore au beau milieu de son front alors qu’elle se prépare à partir pour l’Amérique, chouette ! Mais Plume a un talent pour la cuisine, et plus particulièrement pour les desserts (et quelle belle idée que de parsemer ce livre de recettes), un Papé qu’elle adore, et des conversations internes avec son cerveau, ce qui va lui être très utile à San Francisco. Et peut-être même que Jules lui écrira… Et peut-être qu’elle embrassera un autre garçon… Et peut-être que son séjour outre Atlantique s’avérera une expérience fantastique ? On ne sait jamais. Et toi, lectrice, adulte, tu t’es laissée embarquer par les aventures de Plume, même si tu l’as trouvé très mûre pour son jeune âge (de trop ?). Tu as aimé cette mise en page dynamique qui mêle dessins, textes en gras et recettes. Et tu trouves que ce beau petit roman est un bien délicieux cadeau à offrir à une jeune fille de 13 ans, pour savoir décrypter ses émotions amoureuses toutes neuves, savoir qu’elle peut déjà réussir ce qu’elle entreprend comme une grande et que parfois ce que l’on redoute peut s’avérer une bien belle surprise !! Une lecture vive et optimiste.

Editions Auzou – Mai 2017 – à partir de 11 ans

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Un titre lu dans le cadre de l’opération Masse critique jeunesse de chez Babélio [clic]