Lectures 2022

Au poil, Sophie Adriansen

aupoil

J’ai lu un des quatre premiers titres de cette toute nouvelle collection chez Magnard, La brève, destinée aux collégiens et qui aborde avec des textes courts des thèmes forts. J’adore les illustrations de couverture de Manon Bucciarelli… Dans celui-ci, nous découvrons Salomé, collégienne. Sa mère lui fait remarquer un beau jour que ses « poils aux pattes » commencent à « bien se voir ». Ni une ni deux, elle lui prend un rendez-vous chez l’esthéticienne. Ce moment sera vécu comme un enfer par la jeune fille, révoltée par ce diktat absurde et bien décidée à ne plus jamais retenter l’expérience. Mais, assumer ses poils, en France, qui plus est au collège, n’est pas une mince affaire. Elle se rendra compte, lors d’un voyage scolaire, qu’il en est tout autrement en Allemagne, par exemple. Quelle injustice ! Salomé se fait chahuter par ses camarades mais décide tout de même de camper sur ses positions… Sophie Adriansen profite de ce récit pour revenir sur l’histoire de l’épilation, qui existerait en réalité depuis – 3000 ans avant notre ère et aurait vécu des soubresauts, au rythme des modes. Il faut dire qu’aujourd’hui, il existe également un énorme marché commercial autour de cette pratique. Mais les tabous commencent à se lever, tout doucement. J’ai aimé dans le roman de Sophie Adriansen, la fraîcheur de Salomé, sa colère et sa détermination. Ce livre est un bon moyen d’aborder le sujet avec les adolescentes de son entourage. En scannant le QR code en quatrième de couverture, on peut, de plus, entendre le récit en version audio, et donc ici la voix de l’autrice. Il ne faut pas s’en priver. 

 Editions Magnard jeunesse – 9 mars 2022

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Lectures 2022

Amour chrome, Sylvain Pattieu

J’ai testé pour vous le Prix vendredi 2021. La littérature pour adolescents recèle décidément de chouettes opus… Il est possible que je me sois aussi intéressée à l’univers des graffeurs depuis quelques temps, du street art, et qu’en rencontrer au cours d’un récit m’enchante. Nous suivons en effet dans ce qui est, apparemment le premier volume d’une série intitulée Hypallage, Mohammed-Ali, un collégien studieux et assez discret qui, le soir venu, sort taguer. Mais le jeune garçon est également amoureux d’Aimée, une jeune fille très belle qui a une passion pour le foot. Suite à un prêt de chaussettes, tous les espoirs semblent permis. Pourtant, Aimée reste inaccessible. Il va alors obtenir le soutien assez inattendu de ses acolytes d’exposé, Lina et Margaux, qui prennent leur camarade en affection. Il est beaucoup question d’amitié dans ce roman, et aussi de cette période compliquée de fin de collège où les intérêts changent. C’est le moment où l’on peut décrocher, se révéler, quitter les vieux amis pour le sourire d’une fille, faire de mauvais choix pour devenir « populaire ». Sylvain Pattieu a su, avec une grande finesse, et beaucoup de réalisme, se glisser dans la peau d’un collégien qui peut à la fois sortir en douce le soir, et avoir peur de demander à ses parents des sous pour prendre le RER. Et j’ai beaucoup aimé ça, rencontrer cette fragilité alliée aux débuts d’une quête de soi. Je ne m’attendais pas pour autant aux événements qui surviennent dans les dernières pages. Ce choc brutal avec une certaine réalité donne une belle dimension à ce roman.

 Editions L’Ecole des loisirs M+ – 6 janvier 2021

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Lectures 2022

Vivre ailleurs, Florentine Hennon

vivreailleurs

De Florentine Hennon, j’ai lu son roman Coup-pure l’an dernier, avec grand plaisir. Alors, quand j’ai vu qu’elle traitait cette fois-ci du sujet de la relation mère-fille et de comment vivre le désir d’ailleurs de ses enfants, j’ai été, vous vous en doutez, intéressée… Nous sommes en 1988 et Anne tombe sur le journal de sa fille, 13 ans. Elle se rend compte alors que Marie déteste ses parents, doute même d’être leur fille biologique, s’ennuie, et ne rêve que de départ. Mortifiée, Anne accepte donc que Marie rejoigne ses amis en Italie pour les vacances d’été, contre l’avis de son mari. Elle ne dira rien à son adolescente de cette lecture qui va pour autant bouleverser sa propre vie à elle aussi. Sa fille lui manque terriblement, cet évènement a mis un projecteur douloureux sur la vie ennuyeuse que le couple mène dans leur boulangerie. Des élans vont donc advenir, des  rencontres, et des secrets de famille être dévoilés… J’ai beaucoup aimé de nouveau lire Florentine Hennon à travers ce roman qui a des allures de roman pour adolescents mais qui aborde encore une fois des sujets importants sous couvert de lecture facile, ou feel good. C’est un roman plus profond qu’il n’y paraît, à tiroirs, et qui traite de plusieurs sujets. J’ai aimé que les personnages doutent et fassent parfois les mauvais choix, qu’ils soient si réalistes et vrais, qu’ils nous ressemblent. Comment vivre les changements chez ses enfants, leurs envies d’ailleurs légitimes ? A 40 ans, comment décider que l’on peut encore réinventer sa vie, se laisser cette chance ? Et comment était-on déjà à 13 ans ? Nous suivons les errements de Marie et de sa mère via les journaux intimes qu’elles rédigent fébrilement, chacune à leur tour, l’une sous le soleil éblouissant de Toscane, et l’autre dans un petit village de France, certaines qu’elles sont de trouver des réponses, et tiraillées entre ce qu’elles devraient faire et ce qu’elles souhaitent au plus profond d’elle-même. Un roman sur la vie qui parfois va comme elle vient, et c’est bien.

 Editions Kiwi – 9 février 2022

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Lectures 2022

Portrait au couteau, Malika Ferdjoukh

J’ai beaucoup aimé mes dernières lectures des romans jeunesse de Malika Ferdjoukh, c’est donc avec enthousiasme que j’ai répondu favorablement à une proposition d’un masse critique spécial de chez Babélio sur ce titre… J’ai un peu hésité au départ, je dois l’avouer, sur le graphisme de la couverture, que je trouvais peu attirant. Nous plongeons dans les premières pages dans le Paris de 1910. Marie Legay, jeune danseuse à l’Opéra, pose aussi de temps en temps pour le peintre Odilon Voret. Un homme sombre, qu’elle surnomme l’ogre. Ce soir là, c’est également la mort qui l’attend, sous la forme de plusieurs coups de couteau. De nombreuses années plus tard, de nos jours, alors qu’Elisabeth et Antonin, jeunes étudiants en art, tentent de faire le portrait du modèle qui pose pour eux, ce moment du passé ressurgit. En effet, la jeune modèle, Flavie, a étrangement les mêmes traces que la fille d’un tableau célèbre de Odilon Voret, Le coeur déchiré, exposé au musée d’Orsay. Va s’en suivre une enquête où se mêlent le fantastique, l’histoire de l’art et les sentiments amoureux. Elisabeth et Antonin ne sont pas au bout de leurs surprises… Je suis toujours attirée par les enquêtes qui tournent autour du monde de l’art. Et ici, je dois dire que j’ai été agréablement servie. De plus, les personnages créés par Malika Ferdjoukh sont toujours attachants. Elle a ce don de dresser le portrait de personnes que l’on aurait envie de connaître. J’ai ressenti d’ailleurs la même frustration que dans mes dernières lectures de l’autrice de ne pas voir leur représentation dessinée en parallèle. Le drame d’avoir fait sa connaissance via l’oeil artisitique de Cati Baur. Après, je dois dire que j’ai été gênée cette fois-ci par l’écriture bien spécifique de Malika Ferdjoukh, souvent espiègle et parfois brouillonne, réclamant une attention que je n’avais sans doute pas assez cette semaine. Je me suis surprise à revenir en arrière, à relire des pages entières, pas certaine d’avoir compris où j’étais et avec qui. Ceci dit, j’aime vraiment beaucoup les univers qu’elle crée, et qui donnent, même en relatant un meurtre, foi en l’humanité.

Editions Bayard – 12 janvier 2022

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 5 5

La fiche du livre sur Babélio

Lectures 2022

Broadway Limited tome 1, Malika Ferdjoukh

BROADWAY1

J’ai terminé mon année 2021 avec la lecture de ce délicieux pavé. En le commençant, j’ai tout de suite pensé aux Chroniques de San Francisco de Amistead Maupin, mais aussi aux Quatre soeurs de la même autrice. Je dois dire cependant que les fabuleux dessins de Cati Baur (voir la version BD des Quatre soeurs) m’auraient aidé à repérer les personnages… En effet, à la suite de Jocelyn, 17 ans, tout juste débarqué de France, nous entrons dès les premières pages du livre dans une pension aux personnages foisonnants. Nous sommes en 1948. En réalité, Jocelyn n’aurait jamais du entrer à la pension Giboulée, mais il y a eu confusion sur son prénom, à consonance féminine. Jocelyn est passionné de musique. Futur étudiant, il joue du piano suffisamment bien pour que sa présence soit finalement acceptée dans cette maison, normalement exclusivement réservée aux jeunes filles. Le lecteur fait la rencontre de chaque personnage, appréhende son histoire particulière, sur fond d’ambiance New Yorkaise. Les stars confirmées ou en devenir semblent sortir de chaque coin de rue. Et comme tout cela est désuet, romanesque,  intéressant et follement nostalgique. J’ai vraiment beaucoup aimé le patchwork que met en place dans ce premier volet Malika Ferdjoukh. J’espère ne pas oublier les personnages entre cette lecture et ma lecture prochaine du tome 2. Je croise les doigts.

Editions l’Ecole des loisirs – février 2021

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une autre lecture chez… Ma petite médiathèque

Coups de coeur·Lectures 2021

Harry Potter et l’Ordre du Phénix… novembre jeunesse (tardif) et coup de coeur !

harrypotter5

Traduit de l’anglais par François Ménard

❤ Mon mois #novembrejeunesse a légèrement débordé sur décembre avec la lecture de cet énorme pavé qu’est le tome 5 de la saga Harry Potter. Ce sont des livres que ma fille me prête et je dois dire que j’aime de plus en plus suivre les aventures du jeune sorcier et de ses acolytes… L’intrigue commence toujours un peu de la même manière, chez les Dudley, où Harry est obligé de passer l’été. Cependant, cette fois-ci, il se déroule quelque chose d’inhabituel, des détraqueurs apparaissent dans la rue, alors qu’Harry est avec son cousin. Le jeune sorcier utilise la magie, ce qui est interdit au pays des moldus. Les ennuis commencent. Harry sera convoqué mi-août pour décider ou non de son entrée à Poudlard à la prochaine rentrée. Heureusement, les Weasley sont là. La famille de Ron est un soutien sans bornes pour le jeune orphelin, ainsi que son parrain Sirius Black, obligé de se terrer dans sa maison familiale, un lieu qu’il déteste. Mais c’est ici que se réunit dans le plus grand secret l’Ordre du Phénix, et c’est aussi là que pourra se réfugier Harry avant qu’on lui accorde finalement de retourner à Poudlard. Personne ne croit au retour de Voldemord, ce qui va causer beaucoup d’ennuis à Harry mais également à Dumbledore, obligé de compter avec la présence du professeur Ombrage, une femme désagréable et dangereuse, bien décidée à appliquer les directives du ministère de la Magie et notamment de Fudge. Heureusement, Harry peut compter sur ses amis, et sur leur enthousiasme… J’ai adoré ce tome, dense et long, qui prend son temps, mais est encore une fois très bien fait. L’univers créé ici par JK Rowling est impressionnant, il fourmille de détails. Je pense par exemple aux géants et aux centaures, mais aussi à cette scène finale au ministère de la Magie. Un excellent moment de lecture, et il me reste encore deux tomes à découvrir !

 Editions Folio Junior – octobre 2016

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5