Lectures 2020

La couleur de l’espoir, Susan Madison

Traduit de l’anglais par Régina Langer

J’aime beaucoup (j’adore) constater combien les livres ont la capacité de voyager. Ce titre m’a été prêté par une collègue alors qu’elle l’avait elle-même récupéré dans la boîte à livres d’une salle d’attente… Elle me l’a prêté car il est question d’adolescents dans ce roman, et que c’est un sujet de conversation récurrent entre nous. Je ne m’attendais cependant pas à pleurer avec cette lecture comme une madeleine… Les Connelly passent comme à leur habitude les vacances d’été dans leur maison de Nouvelle-Angleterre. Ruth, la mère, est avocate d’affaires à Boston, et elle profite de cette période pour continuer à entretenir des relations fructueuses avec ses riches voisins, dans un cadre pour autant plus détendu. Mais Josie, la fille de Ruth et Paul, qui a tout juste 16 ans, ne veut pas participer à ce qu’elle réprouve de plus en plus. Exaltée, ayant la volonté de continuer dans la peinture, où elle excelle, la jeune fille n’a de cesse de se disputer violemment avec sa mère et de remettre en question leur mode de vie. William, son jeune frère, fête son anniversaire. Toute la famille fait l’effort de se réunir ce jour-là pour un pique-nique et prend la mer. Une violente tempête va alors faire basculer le destin des Connelly dans le drame. Josie disparaît en pleine mer et reste introuvable. Chacun va ensuite devoir survivre chaotiquement avec son chagrin et sa culpabilité en bandoulière. Le couple ne tiendra pas, mais Ruth et Paul devront faire face à encore bien d’autres épreuves et se soutenir malgré tout… Je m’attendais avec ce titre à partir dans une lecture légère, et même facile, mais même si certaines émotions semblent un peu surfaites, même si Ruth est souvent profondément agaçante, et même si le roman souffre de quelques longueurs, j’ai beaucoup aimé ce portrait de femme qui lâche prise avec difficulté. Ruth se bat en effet tout au long du roman contre l’émotion, refusant de réouvrir la maison familiale, continuant à travailler avec acharnement, jusqu’à ce que les digues craquent de toutes parts et que l’évidence d’un changement de vie s’impose. De plus, il faut être honnête, elle vit en une vie tout ce que les parents redoutent au plus haut point, qu’il arrive quelque chose de grave à leurs enfants, et mon petit coeur de maman en a été sans surprise chamboulé.

Ce roman est sorti en format poche chez Pocket.

Editions France Loisirs – mai 2000

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Lectures 2020

A la place du coeur, Arnaud Cathrine

J’avais cette couverture magnifiquement brodée depuis longtemps dans mon collimateur. J’ai donc profité à la fois des fêtes de Noël pour me faire offrir ce livre, et du prochain thème de mon club de lecture pour le lire… J’avais déjà eu l’occasion de lire Arnaud Cathrine [voir ici] et j’avais aimé dans ce que j’avais lu son écriture mais également l’univers littéraire dans lequel il baignait. Ce titre est un roman jeunesse, le premier tome d’une série qui en compte trois pour l’instant. Il se déroule dans un lycée, juste au moment des événements de Charlie Hebdo, en janvier 2015 donc. Nous rencontrons principalement Caumes, qui vient de tomber amoureux. La veille des attentats, Esther lui a donné un baiser plein de promesses. Mais la tuerie de Charlie chamboule tout. Les adolescents sont rivés sur leur portable, et tentent de comprendre les informations qui défilent en continu, entre sidération et exaltation. Caumes est sans doute en train de vivre la semaine la plus forte en émotions de sa vie, amoureux et désespéré de voir le monde qu’il connaissait s’écrouler, un monde où il est possible de rentrer dans une rédaction et de tuer à bout portant des journalistes et dessinateurs sans défense. Il s’inquiète pour son frère, rédacteur dans un journal. Esther s’inquiète ensuite pour le sien lorsque l’épicerie casher est prise en otage. On s’inquiète ensuite pour Hakim, la cible d’harceleurs au lycée… J’ai trouvé qu’Arnaud Cathrine avait très bien su saisir le cocktail de sentiments que cette semaine de janvier avait suscité chez les adolescents, et les adultes. Je dirais même que, sur ce thème, ce livre est un témoignage essentiel de ce mois de janvier très particulier, puisqu’il retrace les événements point par point. J’ai été cependant un peu déçue de ne pas retrouver la qualité d’écriture d’Arnaud Cathrine dans cet opus, qui a le ton de certains autres romans pour adolescents lus, extrêmement reconnaissable et lisse, un ton qu’il m’arrive de trouver un peu gnangnan par moments. Un récit qui, de mon point de vue, n’aurait pas pâti d’une écriture plus forte et surtout plus littéraire.

Robert Laffont – septembre 2016

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Lectures 2019

Ne change jamais, Marie Desplechin & Aude Picault (illustrations)

Quand Marie Desplechin et Aude Picault croient toutes les deux que les adolescents ont déjà tout en eux pour sauver la planète, cela donne un manifeste à l’usage des citoyens en herbe à déguster sans modération chez L’Ecole des loisirsCe livre se présente sous une forme originale et est divisé en plusieurs chapitres. Il s’agit de reprendre ce que font naturellement les jeunes adolescents, s’habiller, partager, s’hydrater, découvrir, voyager… et de leur dire combien ils connaissent déjà les bons comportements pour faire attention à la planète. Une occasion de faire le plein d’astuces aussi. Marie Desplechin fait en préambule à ce livre une déclaration de confiance à cette nouvelle génération, représentée par la figure devenue emblématique de Greta Thunberg. Elle croit dans le « plus d’intelligence, de compassion et de créativité » qu’ils détiennent. Chaque chapitre commence par une petite histoire, ou plutôt une petite tranche de vie adolescente. On y retrouve l’écriture savoureuse de l’auteure et son regard tendre. Ce qui apparaît souvent comme une bêtise devient parfois du bon sens, dévoyé par l’éducation et la norme qu’imposent les adultes. Alors, Marie Desplechin assène à chaque fin de chapitre cet ordre doux… s’il-te-plaît, Ne change jamais !.

J’ai beaucoup aimé parcourir ce livre et y puiser des astuces et des confirmations de comportements. J’apporte un petit bémol sur les dessins de Aude Picault (que j’adore habituellement) mais qui donnent je trouve un côté un peu désuet à cet ouvrage (très années 80). Mais peut-être était-ce voulu ? Cet ouvrage est plein de bonnes intentions et vraiment important, comme toutes les pierres que nous mettons sur ce chemin là, d’un meilleur respect de la planète. Cependant, à côtoyer mes propres adolescents, je vois bien que la difficulté est ailleurs. Ces enfants qui ont grandi et désiré très fort des jouets en plastique (enrobés souvent de plusieurs couches de plastique), alors qu’on leur proposait de bien jolis jouets en bois ou en tissu. Ces enfants à qui on proposait des gâteaux au yaourt, cakes et autres madeleines et qui bavaient devant les distributeurs de sucreries emballées (qui se sont mis aussi plus tard à commander sur amazon), ne sont pas franchement emballés par l’idée du renoncement. Les maris non plus, même si ils sont plus faciles à convaincre. Il est évident que le zéro déchets est plus souvent porté par la volonté des mères, sans doute parce qu’elles se souviennent de leur enfance, de quand elles réussissaient à vivre sans... et parce qu’elles pensent à l’avenir de ceux qu’elles ont mis au monde. Bref, le chemin est long et plein d’obstacles. J’essaye moi-même à la maison d’imposer peu à peu de nouvelles façons de faire, avec plus ou moins de succès. Merci à Marie Desplechin et à Aude Picault de nous aider à y croire !

L’Ecole des loisirs – 2 octobre 2019

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Lectures 2019

Le grand livre Pop-Up de Poudlard et Les mystères de Poudlard… passion Harry Potter !

   

❤ Je ne sais pas vous mais chez les Antigone on commence tout doucement à faire nos listes de Noël… Cela dit il semblerait que le monsieur à la barbe blanche soit déjà passé à la maison. Je remercie en effet grandement Gallimard jeunesse pour sa générosité et de me permettre de vous présenter ces deux ouvrages qui ont fait la grande joie de ma fille, grande fan de Harry Potter. Le grand livre Pop-up de Poudlard, sorti en fin d’année dernière, revient en librairie pour les fêtes, et il est absolument fantastique ! A réception, Grande fille ne cessait de pousser de petits cris à chaque découverte, à chaque page épaisse tournée ou petit volet soulevé. Il faut dire que les pop-up ont toujours très bien fonctionné à la maison, depuis la plus tendre enfance de mes enfants. Et c’est sans conteste un indispensable pour les fans.  La célèbre école des sorciers se déploie devant nos yeux ébahis avec plein de petits détails à révéler et de précieuses informations. Cet objet collector a trouvé sa place dans la chambre de Grande fille. Lorsqu’il est déplié, le Grand livre devient une véritable carte de Poudlard et de ses environs. Ce doit être également une chouette idée de relire les tomes tout en se projetant dans ce décor en 3D. Retrouvez en fin de billet une vidéo du concepteur de ce bel objet livre.

Le livre Les mystères de Poudlard est de facture un peu plus classique. Il explore cette fois-ci plutôt de l’intérieur la célèbre école des sorciers. Il dévoile en effet les secrets de chaque pièce, en décortique les détails et explique les conditions de tournage, etc… Grande fille a été très séduite aussi par ce livre qui est pour elle d’une esthétique peut être plus enfantine, mais permet une bonne approche de l’univers Harry Potter… Ci-dessous, vous pouvez voir la double-page consacrée à la Grande salle.

Gallimard – Novembre 2018 (Pop-up) et octobre 2019 (livre)

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Lectures 2019

Jour de courage, Brigitte Giraud… coup de coeur !

❤ Je suis une adepte de l’écriture de Brigitte Giraud. Il était donc évident que j’allais lire son roman de rentrée littéraire… Avec cette auteure, j’ai pourtant toujours la crainte d’être déçue, comme avec les choses que l’on aime… Allais-je retrouver ce plaisir de lecture déjà rencontré dans Avoir un corps ou Pas d’inquiétude  ? Allais-je retrouver ce style qui me laisse à penser que je suis à la maison, confortablement installée dans une écriture qui me plaît et me convient ? La réponse est oui. Mais ceux qui ont déjà lu ce titre peuvent le dire, combien la forme de ce nouveau roman de Brigitte Giraud est surprenante ! Nous sommes dans un lycée, en cours d’histoire, et Livio, 17 ans, s’apprête à faire un exposé. Il a choisi de parler de Magnus Hirschfeld, un médecin juif-allemand qui s’intéressait particulièrement aux droits des homosexuels dès le début du XXème siècle, de l’institut de sexologie qu’il a créé, et de l’autodafé nazi qui a détruit son oeuvre et ses travaux. Il fut le premier à étudier la sexualité humaine sur des bases scientifiques et dans sa globalité, et est connu pour être un des pères fondateurs des mouvements de libération homosexuelle, en luttant par exemple contre la persécution des homosexuels allemands soumis au paragraphe 175, paragraphe au nom duquel de nombreux homosexuels ont par exemple été envoyés en camp de concentration pendant la seconde guerre mondiale. Le lecteur est suspendu aux lèvres du jeune homme et à l’exposé brillant qu’il délivre sous nos yeux. Mais, le regard s’attarde aussi sur Camille, sur Madame Martel, la professeur d’histoire, sur les camarades du jeune homme, qui semblent à la fois s’ennuyer et s’intéresser au vrai message que tente d’exprimer Livio. Car Livio est en même temps en train de faire son coming out, devant celle qui pensait être encore sa petite amie il y a quelques minutes, devant sa classe et tout le lycée par extension. Quelles seront les conséquences de cet aveu ? Brigitte Giraud se contente d’énoncer les faits, n’apporte aucun jugement de valeurs, ni ne cherche à convaincre. Seul Livio émet une opinion sur ce qu’aurait pu être le monde si Magnus Hirschfeld avait pu continuer librement ses travaux, sur le temps que l’on aurait gagné (peut-être) en acceptation et en changement des mentalités sur le sujet… Livio se heurte aussi à l’indifférence polie de son éditoire et c’est une souffrance pour le lecteur de constater cet état de fait, comme si tant de connaissance et d’intelligence étaient bêtement gâchées. Merci alors à Brigitte Giraud pour son livre, d’avoir mis ce Magnus Hirschfeld en lumière et de porter par son écriture le courage de tous les Livio de la terre ! Un livre fort, émouvant, que l’on referme en frissonnant.

Flammarion – 21 août 2019

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Une autre lecture chez… Joëlle

Coups de coeur·Lectures 2019

Sauveur & fils – saison 5, Marie-Aude Murail… coup de coeur !

Voici plusieurs jours que je vis au rythme de la famille Sauveur & co… En effet, ayant reçu le tome 5 de cette série pour adolescents que j’adore, il m’a fallu rattraper mon retard et lire en urgence les saisons 3 et 4, empruntées à la bibliothèque. Enchaîner ainsi les tomes est une drôle d’expérience, un peu comme de regarder une série avec addiction. Dans le tome 3, notre super psy antillais de 40 ans, montre combien il est humain et faillible. Au 12 de la rue des murlins à Orléans, vivent toujours son fils Lazare, Gabin et Jojo. C’est la maison des boys, dans laquelle Louise a parfois du mal à trouver sa place, quand elle débarque les week-end avec sa fille Alice, Paul et les hamsters de Paul sous le bras. Pourtant, tout le monde se serre un peu et fait un effort… Il est tellement sympathique de se retrouver ensemble le dimanche matin autour de la table du petit déjeuner. Dans chaque saison, il y a des personnages récurrents mais aussi de nouveaux. Il était émouvant dans le tome 3, le combat contre lui-même du père musicien de Samuel et il est intéressant de suivre encore une fois Ella, Blandine, Margaux… J’aime cette galaxie de patients et voir le travail du psychologue en train de se faire. Dans le tome 4, Marie-Aude Murail aborde plus particulièrement le thème des jeux vidéos et des séries. Mais en toile de fond, résonne surtout la question pour tous de savoir véritablement qui ils sont, et qui ils ont envie d’être… Deux ans sont passés entre la saison 4 et la saison 5, mais cela ne gêne en rien la compréhension et le plaisir de retrouver nos personnages. Louise attend un bébé, Gabin végète un peu à la maison depuis qu’il a eu son bac, Alice est tombée amoureuse de son professeur de français, Paul s’est éloigné de Lazare et Jojo est presque redevenu lui-même après son AVC. Les patients ont évolué et ils songent parfois à arrêter leur thérapie. Hors de question pour Louane qui cherche obstinément son animal de soutien émotionnel. Sauveur St Yves avec sa voix suave, sa haute présence rassurante, est là pour guider tout le monde mais est parfois aussi dépassé… Si vous ne connaissez pas encore Sauveur & fils, je vous conseille vivement cette série qui aborde plein de points intéressants, surtout en ce qui concerne l’adolescence et ses divers questionnements. Elle n’est pas destinée seulement aux enfants. En effet, la relation de couple entre Louise et Sauveur, les problèmes des parents des patients, certaines pathologies très fortes, permettent une lecture plus adulte. Pour ma part, j’ai adoré me plonger de nouveau dans cet univers à la fois intéressant, émouvant et plein d’humour !

 Ecole des loisirs – 18 septembre 2019

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