Lectures 2021

Anne d’Avonlea, Lucy Maud Montgomery

Je poursuis mon mois jeunesse et je suis ravie d’être entrée de nouveau dans l’univers de Anne de Green Gables avec ce deuxième volet de son histoire. J’ai eu un peu plus de mal, peut-être, à retrouver mes marques en début de livre. Ma lecture du premier tome date en effet de novembre. De plus, même si les images de la série de Netflix (Anne with an E) influent toujours sur mon imagination, les détails commencent à s’en éloigner… Rien de grave cependant, car il faut bien dire que cette lecture est un vrai régal, dès que le lecteur est bien installé sur l’île du prince Edouard avec Anne et ses amis. Anne a bien grandit, et s’apprête à prendre ses fonctions d’institutrice. Elle est pleine d’idéaux, qui seront mis à rudes épreuves. De nouveaux habitants sont arrivés à Avoléon, comme Monsieur Harrison par exemple, affublé d’un drôle de perroquet malpoli. Des jumeaux, récemment orphelins, de la famille éloignée de Marilla, débarquent aussi à Green Gables, troublant la tranquillité des lieux. Anne a de l’influence sur sa communauté, via l’association des embellisseurs, mais aussi grâce à ses chroniques parues dans le journal, ou les rencontres fortuites qu’elle fait. Son esprit romantique, et imaginatif, est toujours prêt à remarquer les instants magiques et les lieux féériques. Et rien ne la satisfait mieux que la rencontre de deux âmes soeurs ou d’avoir eu son rôle à jouer dans une aventure. Fidèle à sa réputation, elle fait quelques belles gaffes et à l’approche de son entrée à l’université se pose la question de sa capacité à voir aussi la beauté cachée dans la réalité. La vie continue, et ses amis Diana et Gilbert grandissent eux aussi. Comment Anne fera-t-elle avec tous ces changements ? Je ferme ce livre, toute émerveillée encore par la plume enchanteresse de Lucy Maud Montgomery, l’autrice canadienne la plus lue dans le monde, et dont le premier roman, en l’occurrence Anne de Green Gables, sorti en 1908, a été un grand succès immédiat. J’aurais aimé rencontrer Anne au cours de mon adolescence. Une série à déposer dans les mains de jeunes filles rêveuses, certes, mais pas que.

Editions Monsieur Toussaint Louverture – février 2021

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Lectures 2021

D’or et d’oreillers, Flore Vesco

Je venais tout juste de refermer L’estrange Malaventure de Mirella quand j’ai ouvert ce dernier roman de Flore Vesco. Elle se sert encore une fois dans cet opus des ébauches d’un conte connu, ici La princesse au petit pois, pour broder pour nous une autre histoire, bien plus intéressante et complexe… Nous retrouvons la famille Watkins, leurs trois filles, blondes et gracieuses, fragiles, et leur femme de chambre, Sadima. Une rumeur enfle que, non loin de là, un lord richissime chercherait à se marier. Le seul hic, il ferait passer un test aux jeunes filles intéressées, un test qui pourrait mettre leur honneur en jeu. Il leur demande de passer une nuit chez lui. Mrs Watkins, qui n’a pas oublié d’être bête, invente un stratagème de calèche embourbée afin de se faire inviter au domaine de Lord Handerson. Les jeunes filles passent le test, mais à leur grande surprise, on invite également Sadima, la femme de chambre, à le tenter… La jeune-fille, d’habitude discrète, se révèle intrépide et courageuse, et Adrian, le prétendant tant convoité, avoue avoir bien plus qu’un mariage en vue. De plus gros soucis aussi. Je ne vous en dis pas plus. Flore Vesco a ce don de tordre les contes de fées tout en en conservant quelques codes, comme ici cette maison qui emprisonne ses occupants avec la magie, cette manière d’aller chercher la jeune-fille la plus discrète, la plus humble, et aussi la plus audacieuse. On pense à Cendrillon, à La belle au bois dormant, un clin d’oeil est même fait à Barbe bleue. J’aime beaucoup ce que j’ai vu du talent de Flore Vesco dans ces deux livres lus. D’or et d’Oreillers est très sensuel, et peut-être encore plus surprenant, fantastique, déroutant, que le précédent. Le personnage de Mirella m’a beaucoup marqué et restera très difficile à oublier. Merci à Flore Vesco pour ce voyage sans pareil que je viens de faire avec elle dans l’univers des non-contes de fées.

Editions Ecole des loisirs – mars 2021

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une autre lecture chez… Moka

Lectures 2021

L’Estrange Malaventure de Mirella, Flore Vesco

Je pensais découvrir Flore Vesco avec ce livre, mais il s’avère que je l’ai déjà lue, dans le recueil de nouvelles Elle est le vent furieux de chez Flammarion auquel elle a participé. Cela dit, nous sommes ici dans tout autre chose… En effet, vous pensiez tout savoir sur le conte du joueur de flûte, celui qui fait fuir les rats et enlève les enfants d’Hamelin ? Flore Vesco nous prouve ici que non et qu’une autre version est possible. La version de Flore Vesco met en scène une jeune fille, Mirella, orpheline et porteuse d’eau. Mirella sait depuis toujours se faire discrète dans cette bourgade du Moyen-âge qui aurait tôt fait de la brûler vive, comme une sorcière, tant ses cheveux sont d’un rouge flamboyant et ses dons de chanteuse remarquables. Si en plus, ils savaient, alors que la peste ravage la population, qu’elle a l’attention de cet homme noir qui arpente la ville et murmure un souffle mortel à l’oreille des habitants… Cette collection poche de l’école des loisirs reprend des titres de la collection Médium, destinés aux plus de douze ans. En général, ces titres d’une grande qualité (et maturité) me correspondent plus. J’ai particulièrement aimé plonger dans ce moyen-âge là, violent et lointain, la façon très intelligente de Flore Vesco de remanier ce conte, dont la fin m’a toujours laissée jusque là sur ma faim. Son style mélange savamment quelques termes anciens et des chansons, sans perdre pour autant le lecteur, qui s’émerveille au contraire de cette plongée dans un temps ancien qui semble tout à coup accessible. Je ne suis pas très étonnée de tous les prix que ce récit a reçu lors de sa sortie en grand format, notamment le Prix vendredi en 2019 et le Prix Sorcières en 2020. J’aurais véritablement adoré lire ce type de romans lorsque j’étais adolescente. Mirella est une héroïne courageuse, lucide et déterminée à laquelle on ne peut qu’avoir envie de ressembler. Je ressors de cette lecture, très enthousiaste, et je vais m’empresser d’ouvrir son nouveau roman, D’or et d’oreillers qui vient de sortir en grand format.

Editions Ecole des loisirs – mars 2021

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Ma lecture de… Elle est le vent furieux

Lectures 2020

Harry Potter et la coupe de feu, JK Rowling

Traduit de l’anglais par Jean-François Ménard

J’ai commencé à lire la série Harry Potter, pour répondre à un défi de mon club de lecteurs et je continue à lire les tomes de manière plus ou moins régulière. De plus, il me paraissait intéressant de terminer mon cycle jeunesse de novembre ainsi… Le moins que l’on puisse dire est que ce quatrième tome est différent, plus gros, plus exigeant, plus violent. Je me suis un peu ennuyée lors de la première partie qui raconte avec force détails la mise en place d’un tournoi de Quidditch. Pourtant, toute l’intrigue suivante prend racine dans les événements racontés là. L’apparition de la marque dans le ciel, la douleur ressentie à sa cicatrice par Harry Potter, le comportement étrange de quelques personnages hauts placés, donnent à cette nouvelle rentrée à Poudlard des allures bien inquiétantes. Enfin, la candidature étonnante de Harry Potter au tournoi de magie regroupant différentes écoles de sorcellerie attise curiosités et interprétations diverses. La vigilance constante est de rigueur. Mais suffira-t-elle ? Les conclusions de l’intrigue nous amènent à penser le contraire. J’ai été effrayée par cette fin et un peu émue par le sort de Cédric. En bref, la magie Harry Potter a encore une fois fonctionné sur moi, pour mon plus grand plaisir ! Je reste bluffée par l’écriture et j’ai été cette fois-ci impressionnée par l’imagination terrifiante de JK Rowling. N’ayant pas vu les films, j’ai pu laisser libre cours à mon imagination. Il me reste à la confronter aux images à présent. Avec ma grande fille, qui me prête ses livres, nous avons convenu qu’avec ce tome l’univers enfantin et gentillet d’Harry Potter disparaissait au profit de quelque chose de plus noir, de plus profond et de plus intéressant aussi. Je suis contente de m’être laissée entraîner dans ce récit. A suivre…

Editions Folio Junior – 2000

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Lectures 2020

La capucine, Marie Desplechin

Le Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil qui se tient virtuellement ce week-end sur leur site https://slpjplus.fr/ et à la télé, a décerné le prix de La grande ourse 2020 à Marie Desplechin. Cette distinction existe depuis l’an dernier et permet de mettre en avant l’œuvre d’un créateur ou d’une créatrice francophone dont l’écriture ou la créativité « marque durablement la littérature jeunesse ». Hasard et coïncidence, me voici de mon côté à la fin de ma lecture de sa trilogie autour des filles du siècle avec ce dernier volet, paru cette année… Le contexte de ce roman est toujours le Paris de la fin du XIXème siècle, mais nous découvrons surtout ici Bobigny et son potentiel maraîcher où Louise, à treize ans, travaille la terre. Louise est fière de ce sol riche et prospère, elle aime faire pousser des légumes, mais son maître la bat régulièrement et elle ne tire aucun salaire de son labeur. Alors, lorsqu’elle le suit sur Paris pour vendre au marché, qu’elle rencontre sa mère, domestique dans la capitale, et qu’elle se rend compte qu’une autre vie est possible, Louise se rebelle… Il faut dire que Bernadette, l’amie et le refuge de Bobigny, est aussi attirée par les possibilités du monde parisien, lui même fasciné par ses dispositions de médium. On découvre alors un Paris attiré par la spiritisme, la présence d’Alexandre Dumas, l’existence d’Allan Kardec et de ses disciples. Il est encore une fois très plaisant de plonger aux côtés des adolescentes de Marie Desplechin dans cette période ancienne où le Paris actuel était seulement en devenir et esquissé. On retrouve, dans cet épisode, de nouveau des personnages des anciens volets, ce qui permet de les voir sous un autre angle, ce qui est plutôt amusant. Je termine ce cycle de lectures avec l’envie de suivre plus attentivement encore les productions de Marie Desplechin à l’avenir. J’ai été ravie hier soir d’assister, lors du salon virtuel du slpj, à la table ronde autour de son oeuvre et de voir Agnès Maupré (que j’adore aussi) qui a réalisé l’adaptation du journal d’Aurore.

Editions Ecole des loisirs – 28 octobre 2020

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Mes lectures de… Satin grenadine et Séraphine

Lectures 2020

Séraphine, Marie Desplechin

Je continue ma découverte de la trilogie de Marie Desplechin Les filles du siècle avec ce deuxième volet, intitulé Séraphine. J’ai craqué en effet il y a peu pour cette petite collection de chez Medium Poche dont les couvertures semblent brodées à la main. Vous verrez, avec le troisième volet dont je vous parlerai plus tard, que les couvertures des grands formats sont tout à fait différentes. Je lis les romans dans l’ordre et c’est avec un sourire que j’ai vu apparaître dans ce tome quelques personnages du volet précédent Satin Grenadine. Nous sommes effectivement toujours dans le Paris de la fin du XIXème siècle, mais ici à Montmartre. Séraphine a treize ans, est orpheline et a été recueillie par Jeanne. Le quotidien est rude et sans surprises. Les deux femmes sont penchées toute la journée sur leurs travaux de couture. Heureusement, Séraphine reçoit de temps en temps la visite du père Sarrault, qui a assisté à sa naissance, et de Charlotte, sa tante, qui envahit à chaque visite la modeste maison de son parfum, de ses robes froufroutantes et de sa bonne humeur. C’est elle qui va lui parler de Sainte Rita et de l’arbre magique où sont accrochés à l’aide de bouts de tissu les voeux des habitants de la butte. Car Séraphine veut élargir son horizon, arrêter de coudre, changer de métier. Elle va donc confier son destin à la sainte patronne des cas désespérés et voir avec surprise ses voeux peu à peu se réaliser… Il est encore question de liberté dans ce deuxième tome, où pourtant la misère est très présente. Dans ce Montmartre de 1885, le fameux Sacré coeur est en train de se construire et la population garde un souvenir très fort des massacres de la Commune. J’ai encore une fois aimé me plonger dans ce Paris du XIXème siècle. Séraphine est un personnage très attachant et courageux. Et Marie Desplechin sait manier ici de nouveau le grave et le joyeux, avec tendresse.

Editions Ecole des loisirs – mars 2018

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