Lectures 2020

Harry Potter et la coupe de feu, JK Rowling

Traduit de l’anglais par Jean-François Ménard

J’ai commencé à lire la série Harry Potter, pour répondre à un défi de mon club de lecteurs et je continue à lire les tomes de manière plus ou moins régulière. De plus, il me paraissait intéressant de terminer mon cycle jeunesse de novembre ainsi… Le moins que l’on puisse dire est que ce quatrième tome est différent, plus gros, plus exigeant, plus violent. Je me suis un peu ennuyée lors de la première partie qui raconte avec force détails la mise en place d’un tournoi de Quidditch. Pourtant, toute l’intrigue suivante prend racine dans les événements racontés là. L’apparition de la marque dans le ciel, la douleur ressentie à sa cicatrice par Harry Potter, le comportement étrange de quelques personnages hauts placés, donnent à cette nouvelle rentrée à Poudlard des allures bien inquiétantes. Enfin, la candidature étonnante de Harry Potter au tournoi de magie regroupant différentes écoles de sorcellerie attise curiosités et interprétations diverses. La vigilance constante est de rigueur. Mais suffira-t-elle ? Les conclusions de l’intrigue nous amènent à penser le contraire. J’ai été effrayée par cette fin et un peu émue par le sort de Cédric. En bref, la magie Harry Potter a encore une fois fonctionné sur moi, pour mon plus grand plaisir ! Je reste bluffée par l’écriture et j’ai été cette fois-ci impressionnée par l’imagination terrifiante de JK Rowling. N’ayant pas vu les films, j’ai pu laisser libre cours à mon imagination. Il me reste à la confronter aux images à présent. Avec ma grande fille, qui me prête ses livres, nous avons convenu qu’avec ce tome l’univers enfantin et gentillet d’Harry Potter disparaissait au profit de quelque chose de plus noir, de plus profond et de plus intéressant aussi. Je suis contente de m’être laissée entraîner dans ce récit. A suivre…

Editions Folio Junior – 2000

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Lectures 2020

La capucine, Marie Desplechin

Le Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil qui se tient virtuellement ce week-end sur leur site https://slpjplus.fr/ et à la télé, a décerné le prix de La grande ourse 2020 à Marie Desplechin. Cette distinction existe depuis l’an dernier et permet de mettre en avant l’œuvre d’un créateur ou d’une créatrice francophone dont l’écriture ou la créativité « marque durablement la littérature jeunesse ». Hasard et coïncidence, me voici de mon côté à la fin de ma lecture de sa trilogie autour des filles du siècle avec ce dernier volet, paru cette année… Le contexte de ce roman est toujours le Paris de la fin du XIXème siècle, mais nous découvrons surtout ici Bobigny et son potentiel maraîcher où Louise, à treize ans, travaille la terre. Louise est fière de ce sol riche et prospère, elle aime faire pousser des légumes, mais son maître la bat régulièrement et elle ne tire aucun salaire de son labeur. Alors, lorsqu’elle le suit sur Paris pour vendre au marché, qu’elle rencontre sa mère, domestique dans la capitale, et qu’elle se rend compte qu’une autre vie est possible, Louise se rebelle… Il faut dire que Bernadette, l’amie et le refuge de Bobigny, est aussi attirée par les possibilités du monde parisien, lui même fasciné par ses dispositions de médium. On découvre alors un Paris attiré par la spiritisme, la présence d’Alexandre Dumas, l’existence d’Allan Kardec et de ses disciples. Il est encore une fois très plaisant de plonger aux côtés des adolescentes de Marie Desplechin dans cette période ancienne où le Paris actuel était seulement en devenir et esquissé. On retrouve, dans cet épisode, de nouveau des personnages des anciens volets, ce qui permet de les voir sous un autre angle, ce qui est plutôt amusant. Je termine ce cycle de lectures avec l’envie de suivre plus attentivement encore les productions de Marie Desplechin à l’avenir. J’ai été ravie hier soir d’assister, lors du salon virtuel du slpj, à la table ronde autour de son oeuvre et de voir Agnès Maupré (que j’adore aussi) qui a réalisé l’adaptation du journal d’Aurore.

Editions Ecole des loisirs – 28 octobre 2020

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Mes lectures de… Satin grenadine et Séraphine

Lectures 2020

Séraphine, Marie Desplechin

Je continue ma découverte de la trilogie de Marie Desplechin Les filles du siècle avec ce deuxième volet, intitulé Séraphine. J’ai craqué en effet il y a peu pour cette petite collection de chez Medium Poche dont les couvertures semblent brodées à la main. Vous verrez, avec le troisième volet dont je vous parlerai plus tard, que les couvertures des grands formats sont tout à fait différentes. Je lis les romans dans l’ordre et c’est avec un sourire que j’ai vu apparaître dans ce tome quelques personnages du volet précédent Satin Grenadine. Nous sommes effectivement toujours dans le Paris de la fin du XIXème siècle, mais ici à Montmartre. Séraphine a treize ans, est orpheline et a été recueillie par Jeanne. Le quotidien est rude et sans surprises. Les deux femmes sont penchées toute la journée sur leurs travaux de couture. Heureusement, Séraphine reçoit de temps en temps la visite du père Sarrault, qui a assisté à sa naissance, et de Charlotte, sa tante, qui envahit à chaque visite la modeste maison de son parfum, de ses robes froufroutantes et de sa bonne humeur. C’est elle qui va lui parler de Sainte Rita et de l’arbre magique où sont accrochés à l’aide de bouts de tissu les voeux des habitants de la butte. Car Séraphine veut élargir son horizon, arrêter de coudre, changer de métier. Elle va donc confier son destin à la sainte patronne des cas désespérés et voir avec surprise ses voeux peu à peu se réaliser… Il est encore question de liberté dans ce deuxième tome, où pourtant la misère est très présente. Dans ce Montmartre de 1885, le fameux Sacré coeur est en train de se construire et la population garde un souvenir très fort des massacres de la Commune. J’ai encore une fois aimé me plonger dans ce Paris du XIXème siècle. Séraphine est un personnage très attachant et courageux. Et Marie Desplechin sait manier ici de nouveau le grave et le joyeux, avec tendresse.

Editions Ecole des loisirs – mars 2018

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Lectures 2020

Satin Grenadine, Marie Desplechin

J’ai craqué il y a peu pour cette petite collection de chez Medium Poche, destinée aux collégiens, dont les couvertures semblent brodées à la main. Satin grenadine n’est pas un titre récent, il est paru pour la première fois en 2004. De nouvelles couvertures en Médium, puis ici en Médium poche, ont remis ces récits sur le devant de la scène. J’adore l’écriture de Marie Desplechin, qui a aussi publié Verte et Le journal d’Aurore, son ton, son regard sur les gens et leurs douces bizarreries. Nous sommes en 1885, Lucie a 13 ans. Issue d’une famille bourgeoise aisée, elle n’a pas beaucoup connu l’affection parentale. Elle a été placée à la campagne, chez une nourrice, toute sa prime jeunesse. Actuellement, elle a seulement le droit de se tenir tranquille, de s’habiller correctement, et d’apprendre éventuellement comment tenir une maison. Mais Lucie rêve d’aventures. Elle aime écouter Fanny qui travaille en cuisine lui raconter le monde extérieur, aime jouer avec Jacques au parc et peut compter sur l’amitié de Marceline, sa gouvernante, pour lui procurer des livres. Une expédition aux Halles de Paris va chambouler tout ce petit monde. Lucie va découvrir des secrets bien gardés, et l’existence du socialisme et du féminisme qui émergeaient dans cette fin de XIXème siècle. Je me suis régalée à lire ce petit récit qui a le charme des textes classiques, un petit côté désuet. On devine, comme chez certains auteurs de l’époque, que les personnages, d’apparence conformistes, respectant les codes de la société, cachent en réalité autre chose, un feu intérieur. Et voir émerger partiellement ce feu, voir tous les efforts des protagonistes pour rester dans la ligne tout en aspirant à l’ailleurs et la liberté, est très plaisant.

Editions Ecole des loisirs – mars 2018

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Lectures 2020·Objectif PAL

Inséparables, Elie Darco… mon objectif pal du mois !

J’ai déjà lu plusieurs titres de cette collection jeunesse de chez Magnard, la plupart des premiers titres sortis en réalité, et ce avec beaucoup d’intérêt. Ce titre-ci me tentait moins, il est donc resté plusieurs années sur mes étagères… Ce mois de novembre consacré aux livres jeunesse était le bon moment pour le sortir. Nous retrouvons Alec et Beryl, frère et soeur, inséparables, livrés à eux même par des parents très préoccupés par leur travail dans l’armée, et complices pour le meilleur et pour le pire. La famille déménage dans la petite ville de Morran. Alec et Beryl sont dans la même classe, essayant de s’intégrer dans ce lieu qui transpire l’ennui. Un soir, alors qu’ils retrouvent un groupe de jeunes gens dans la forêt, un phénomène étrange se produit fait de lumière et de bruit. La troupe, inquiète, détale. Le lendemain, ils apprendront le décès de Jessica, qu’ils n’ont pourtant pas croisé ce soir-là, sur la route 22. Les ennuis commencent pour Alec et Beryl, punis. Mais, alors que les deux adolescents s’interrogent sur la réaction excessive de leur parents, ils ont un accident de moto. Le cauchemar va alors commencer pour Alec, lorsqu’à son réveil on lui affirme qu’il n’a jamais eu de soeur… J’ai peut-être eu un peu de mal à entrer dans ce roman, avant que l’histoire décolle, engluée moi aussi dans l’atmosphère ennuyeuse de Morran. Pourtant, dès qu’Alec bascule dans l’incompréhension et doit se rattacher à ses souvenirs pour croire en l’existence de Beryl, l’intrigue prend enfin un vif intérêt et ne nous lâche plus jusqu’à la fin. Elie Darco a su utiliser alors les codes de l’anticipation et du thriller sans s’y enfermer, ce que j’ai beaucoup apprécié. Ce roman tient en effet toute sa force de l’attachement très fort qui unit Alec et Beryl, et cet attachement est très beau.

Editions Magnard – avril 2017

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Un roman lu dans le cadre de…

Coups de coeur·Lectures 2020

Revue Dada n°248 Méliès… coup de coeur !

❤ Dans la continuité de ce mois de novembre consacré aux lectures jeunesse, je voulais vous parler aujourd’hui de ce numéro de la revue Dada, reçu dans le cadre du dernier Masse critique de Babelio. Pour la petite histoire, mon fils, actuellement en seconde, a pris (comme sa soeur auparavant) l’option Arts plastiques, mais il hésitait aussi beaucoup avec un autre cursus, tourné vers le cinéma, dans un autre lycée, qui l’intéressait également. Ayant suivi moi même quelques cours de cinéma dans mon cursus universitaire, nous avons régulièrement des conversations sur ce sujet. Lorsqu’il a fallu faire des choix lors du dernier Masse critique de chez Babelio, quelques exemplaires de la revue Dada étaient proposés. Je me souviens très bien des premiers pas de cette revue, qui a vu le jour en 1991, et qui est distribuée en librairie. Je suis heureuse de constater qu’elle existe toujours et qu’elle a maintenu une certaine exigence de qualité. Il me semblait intéressant de demander notamment ce numéro sur Méliès, qui découvre en 1895, ébahi, les premières images animées de Auguste et Louis Lumière, et qui va ensuite consacrer son temps et son énergie au spectacle cinématographique. Entre 1896 et 1913, il réalise plus de 500 films, dont le Voyage dans la lune, qui fera sa renommée. Dans le studio de Montreuil, il crée des effets spéciaux et invente des fééries qui vont se retrouver dépassées en 1913 lorsqu’il arrête son activité. Plus tard, Méliès sera vendeur de jouets et confiseries à Montparnasse, avant d’être reconnu comme précurseur et réhabilité. J’ai personnellement dévoré cette revue très instructive, au papier glacé de qualité, élégamment illustrée. L’univers de Méliès correspond bien à ce qui fascine mon fils, et ses dessins aux techniques qu’il essaye de parfaire de son côté. De plus, nous avons vu ensemble que les numéros de cette revue pouvaient aussi s’acheter seuls. Quelques titres intéressants ont d’ores et déjà été repérés. Dada peut sembler être destinée aux collégiens, en regard de son format et de sa typographie intérieure, mais comme il est dit sur leur site, Dada est sans conteste en réalité une revue pour toute la famille, tant les thèmes abordés sont larges et variés.

Arola – septembre 2020

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https://revuedada.fr/