Lectures 2020

La naissance d’un père, Alexandre Lacroix… rentrée littéraire 2020 !

Lire un récit qui met en avant la paternité me tentait beaucoup. Et c’est ce qui m’avait attiré vers ce livre… Alexandre Lacroix est à la fois romancier et philosophe. Il est d’ailleurs directeur de la rédaction de Philosophie Magazine, et cofondateur de l’école d’écriture Les mots. Avec ce livre, et alors qu’il devient père de son cinquième et dernier enfant à quarante deux ans, il décide de raconter ce qui a peu été raconté jusque-là, l’histoire de sa paternité. Lorsqu’il devient père de son aîné, Bastien, il vit alors dans une grande précarité avec sa première compagne à Avignon. Déjà écrivain, travaillant à domicile, lui revient la charge de s’occuper de leur enfant, d’abord nourrisson. J’ai beaucoup aimé cette partie, la désinvolture de ce père qui apprend sur le tas, parcourt la ville avec son fils, d’abord bébé puis enfant en bas âge. Ensuite, vient la séparation, la rencontre d’une nouvelle compagne et deux naissances rapprochées. Alexandre Lacroix nous raconte avec beaucoup d’émotion ces naissances, la toute petite enfance, les péripéties qui vont avec, leurs ennuis avec le voisinage, leurs vacances en famille. Autant j’avais aimé l’épopée avignonaise, autant j’ai peu à peu été moins séduite par la suite du récit de ce père qui prend avec le temps de l’assurance à mesure que la famille s’agrandit. J’ai tiqué sur quelques scènes, notamment sur celles qui le confronte avec le voisinage. Et à la toute fin, il m’a semblé que le témoignage de ce père se teintait d’un peu de prétention, ce que j’ai trouvé dommage. Cependant, ce récit a le mérite de la sincérité et du partage. Et il n’est sans doute pas forcément besoin de tout partager avec un auteur pour trouver à un récit de l’intérêt. De plus, il montre bien combien la parentalité est sans doute une des plus incroyables aventures humaines, où le chamboulement est constamment au rendez-vous, ainsi que le manque de sommeil, et où notre cœur est mis à rude épreuve (quand il ne menace pas de simplement s’arrêter face à un trop plein de bouleversements), ce qui est toujours une bonne chose à rappeler.

Editions Allary – 27 août 2020

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5


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Lectures 2019

Mangoustan de Rocco Giudice… dans « ma rentrée littéraire » !

   Ma rentrée littéraire

Allez, je continue à privilégier pour l’instant les sorties plus discrètes dans la file de mes billets déjà rédigés, comme ce premier roman de Rocco Giudice, un ovni littéraire que j’ai beaucoup aimé… Il nous raconte le destin de trois femmes qui n’ont absolument rien en commun, ne serait-ce que le désir de s’en sortir et la solitude. Nous suivons d’abord Laure, qui après trente ans de vie commune, vient de se faire larguer par son mari pour l’employée de maison. Irina, originaire d’Ukraine, a à coeur de s’élever de sa condition, quitte à coucher et aimer utile. Mélania, ex-mannequin, a épousé un homme exubérant et fou qui va, contre toute attente, réussir à accéder à la présidence de la plus grande puissance mondiale. Pour la jeune femme, il est hors de question que ce mandat  absurde soit renouvelé et s’éternise. Elles vont toutes les trois être à Hong-Kong lorsque le typhon Mangoustan balayera une partie de la ville. Mais ce n’est pas ce qui m’a le plus intéressée dans cet opus d’une grande dextérité. Ce qui m’a surtout plu est toute l’analyse que fait l’auteur du comportement, il est vrai parfois étrange, de la première dame américaine, et qui m’a proprement enchantée. Il est difficile de savoir si la traduction des choix vestimentaires et silences de Mélania Trump est réelle, bien-sûr, mais le portrait qu’en fait Rocco Giudice est plus que jouissif et très prometteur.  Mangoustan est au final un premier roman très féminin, qui donne la pêche, inspirant sans être véritablement un feel good et qui croît au dépassement de soi, ainsi qu’au libre arbitre. Un très bon premier roman, qui a l’originalité de s’intéresser à la politique et de se questionner sur la marche du monde, et qui surfe sur cette idée que l’avenir sera féminin, ou ne sera pas.

« En 2013, le typhon Hayan avait dévasté l’archipel philippin, faisant plus de sept mille morts et privant de logement près de quatre millions d’habitants.
Le dimanche 16 septembre 2018, Mangoustan, que les médias surnommeront bientôt « la Reine des tempêtes » frappera Hong Kong.
« 

Editions Allary – 22 août 2019

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une autre lecture chez… Folavril