Lectures 2020

Ossip Ossipovitch, Marie Baudry… rentrée littéraire 2020 !

J’aime beaucoup, en général, les publications de Alma éditeur, l’éditeur qui publie également les écrits de Thomas Vinau. J’étais donc assez confiante en commençant ce texte. Nous sommes dans une Odessa imaginaire, dont on ne peut situer ni l’époque ni vraiment les lieux. Un auteur, dont les publications sont moins importantes que l’existence propre, Ossip Ossipovitch, fascine la population. Le personnage règne sur le monde intellectuel comme une sorte de gourou mais va assister, impuissant, à la transformation politique d’Odessa. Ce roman nous est présenté comme une fable burlesque, une fantaisie où la poésie se joue de la fin du monde. Je dois avouer que je suis restée complètement hermétique à cet univers odessien imaginaire. Je n’ai pas compris l’engouement bizarre des habitants pour Ossip Ossipovitch. Malgré la beauté de certains passages, la poésie de l’écriture de Marie Baudry n’a pas suffit à me transporter dans une histoire à laquelle je n’ai pas compris grand chose, où l’absurde n’est finalement pas assez absurde, la symbolique parfois vague. Je me suis demandée tout du long où l’auteure voulait nous emmener, quel était le but de tout ça. Une lecture que j’ai tout de même menée jusqu’au bout, trouvant dommage que quelques superbes scènes rencontrées soient ainsi dénuées de sens. Un exercice de style trop poussé ? Une déception pour moi, en tous les cas.

Editions Alma – 3 septembre 2020

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une autre lecture chez… L’irrégulière

(clic sur le logo pour retrouver des lectures communes autour de la rentrée littéraire et nous rejoindre)

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Coups de coeur·Lectures 2018

Une verrière sous le ciel, Lenka Hornakova-Civade ~ rentrée littéraire hiver 2018

❤ Dès les premières pages de ce livre, tu as eu un véritable coup de foudre pour l’écriture à la fois poétique et romantique de l’auteure… Mais parfois les coups de foudre littéraires s’épuisent au fil de la lecture, ce qui n’a pas été le cas pour cette Verrière sous le ciel qui ne déçoit décidément pas. Dans ce récit, nous rencontrons très vite Ana, debout sur son quai de gare parisien. Ana vient de Tchékoslovaquie, et a tout juste 18 ans le jour même où elle doit rentrer chez elle. Elle était en France pour une colonie de vacances, mais n’a pas tellement profité de son séjour, toute tendue qu’elle était de pouvoir répondre à l’injonction parentale avant son départ… Ne reviens pas. Ana refuse donc de monter dans le train avec les autres. La délégation n’insiste pas, puisqu’elle est dorénavant majeure. Mais Ana est soudain saoule et perdue devant cette liberté toute neuve, et bien seule à Paris. Elle navigue au gré du hasard dans la capitale, puis se réfugie sur la tombe de Modigliani. Heureusement, elle est prise en charge par une mystérieuse femme, Grofka, qui va la cacher dans l’arrière salle d’un café. Petit à petit, Ana devenue mutique, va s’intéresser au monde qui l’entoure, s’ouvrir aux autres, tomber amoureuse… mais s’interroger aussi beaucoup sur ceux qu’étaient réellement ses parents et sur ce qu’ils lui ont transmis. Peut-on être libre quand on se cache, qu’on a le mal du Pays, qu’on aime et qu’on apprivoise à la fois son corps et une langue étrangère ? Ana découvre toutes ces questions dans l’arrière salle du café de Bernard et sous la lumière majestueuse de la verrière d’Albert, le peintre. Et toi lectrice, tu as aimé ce roman lumineux, à la prose nostalgique et belle. Lenka Hornakova-Civade signe ici un second roman très réussi, gros coup de coeur de lecture pour toi. Tu as hâte à présent de lire son premier roman, Giboulées de soleil, qui a reçu le Prix Renaudot des lycéens en 2016.

Alma éditeur – 1er février 2018

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une autre lecture chez… Leiloona

Un livre lu grâce à l’opération Masse critique de Babélio [clic]

Lectures 2017

Le camp des autres, Thomas Vinau

Ce livre était un des titres incontournables de cette rentrée littéraire 2017… Tu as donc attendu le bon moment pour t’y plonger, histoire de ne pas en gâcher la lecture. Thomas Vinau était très présent sur ton ancien blog [clic ici], et tu aimes à te rappeler que vous vous êtes côtoyés (il y a dix ans) sur un même site d’écriture, qui s’appelait alors Fulgures et donnait la part belle aux formats courts. Dans ce nouveau roman, tu retrouves d’ailleurs un peu plus l’auteur de ses premiers écrits, celui du blog Etc-iste. Thomas Vinau retourne à ses sources, a été inspiré par une nouvelle de Charles Bukowski, et s’est intéressé à l’existence de cette Caravane à Pépère qui prend très vite possession du roman (bande organisée constituée de nomades qui parcouraient la France entre 1906 et 1907). Voilà qui correspond bien à l’univers de l’auteur, surtout quand dès les premières lignes nous nous retrouvons tout au fond d’un trou, au creux d’un buisson, aux côtés d’un enfant, et de son chien [Tu as pensé immédiatement à son titre Le trou ici]. Cet enfant a froid, a faim, a peur et il se cache, pour fuir (on le comprendra peu à peu) un père tyrannique et violent. Il est blessé et est recueilli, lui et son fidèle chien, par un homme mystérieux, entouré de fioles et de vieux livres, Jean-le-blanc, qui dit travailler le serpent. Mais Gaspard, dès qu’il est guéri, ne peut s’empêcher de répondre à sa soif d’aventures et va suivre la bande d’énergumènes révoltés, qui passe un jour par là, dans leur périple… et plus spécialement la silhouette souple et sauvage de Sarah. Cette fameuse Caravane à Pépère est fascinante pour un jeune garçon curieux, mais quid du danger qu’elle traîne aussi dans son sillage. Et comme tu as aimé, toi lectrice, te plonger ainsi dans une ambiance qui t’a tout de suite ramenée à tes lectures d’enfance, de Louis Stevenson par exemple, ou de Jack London. Thomas Vinau garde dans ce roman cette langue poétique, personnelle, qui sied si bien à son écriture, mais elle est ici plus rude, plus gouailleuse, et suit un chemin qui promet beaucoup pour l’avenir. Une lecture dont tu garderas des souvenirs colorés, faits de feuilles et de terre, de soirées au coin du feu, de rires gras, de boissons joyeuses, de solidarité et de violence.

« Rien n’est à nous à part le vent dans les ventres et le noir dans les dents. Nos enfants viendront au monde avec des canines plein la gueule. Nous avons faim et c’est vous que nous mangerons. »

Alma éditeur – Août 2017

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Ce titre était dans la sélection 2017 des Matchs de la rentrée littéraire – la lecture de Leiloona