Lectures 2019

La cerise sur le gâteau, Aurélie Valognes

Je ne suis pas la cible des livres d’Aurélie Valognes, enfin j’avais fini par le penser avant de terminer celui-ci (je vais vous expliquer)… Il faut dire que le concept des expressions, reprises sur toutes les couvertures, et dans le texte, est assez présent et devient à la longue un peu trop systématique. Et que dire de cette étiquette Feel good, à la fois attractive pour certains, et repoussoir pour d’autres ? Repoussoir pour moi, en général. De cette auteure, j’ai pourtant lu il y a quelques années En voiture, Simone !, qui m’avait fait sourire, et que j’avais dévoré comme un roman d’été. Puis, j’ai lu Au petit bonheur la chance !, et là j’ai vraiment eu l’impression, à l’époque, de me faire avoir par une couverture fleurie, derrière laquelle se déroulait en réalité une histoire bien plombante. J’étais donc assez peu enjouée à l’idée de lire La cerise sur le gâteau qui avait débarqué sans prévenir chez moi un beau matin. Cependant, j’ai pour projet de distribuer des livres lors d’un rendez-vous de lecteurs qui se déroulera fin août dans ma commune, et Aurélie Valognes ayant beaucoup de succès, je me suis dit que proposer ce titre serait une bonne idée ! De plus, j’essaye de ne proposer que des titres lus et j’essaye surtout de lire tous les services de presse que je reçois. J’ai donc ouvert cette couverture rouge agrémentée de fleurs de cerisiers. Déjà, je dois dire d’emblée que j’ai eu l’impression d’être loin du Feel good lorsque j’ai compris qu’entre Bernard et Brigitte, jeunes retraités, les choses étaient en train de se gâter. Mariés depuis 37 ans, ils se trouvaient en effet soudain face à face, avec beaucoup de temps devant eux, et des centres d’intérêts différents. De plus, Bernard avait passé sa vie à se consacrer à son travail et manquait d’enthousiasme pour cette retraite arrivée précipitamment, au départ non désirée et absolument pas préparée. La description de cet état de fait est pour tout dire un peu ennuyeuse, ainsi que les problèmes du couple avec leurs voisins les plus proches. Heureusement, leur fils et ses enfants agrémentent un peu ce temps qui passe lentement. Bref, je me suis demandée si quelque chose de plus croustillant allait arriver. Et je ne m’attendais pas au virage que prend soudain le récit, et qui m’a soudain totalement conquise. Bernard, mis au défi par son petit fils Paul, s’attaque soudain au plastique et devient un héros du zéro déchets. Quelle idée réjouissante !!! Bien entendu, je me suis tout à coup entièrement retrouvée dans sa démarche, dans les obstacles qu’il rencontre, dans la désapprobation de sa famille, leur réticence à lui emboîter le pas. Qui aurait cru que ce roman à la couverture rouge fleurie était en fait un hymne à la nature, au retour à l’essentiel et à la protection de l’environnement ? J’ai donc refermé ce livre assez surprise d’avoir pris au final plaisir à sa lecture et un peu étonnée de devoir remettre en cause mes a-priori. Le recours aux expressions est pour autant toujours assez excessif dans ce roman alors que l’écriture d’Aurélie Valognes pourrait, à mon avis, se passer de cet artifice.

Editions Mazarine – mars 2019

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une autre lecture chez… My Pretty Books

Lectures 2018

Au petit bonheur la chance !, Aurélie Valognes

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Me voici encore victime de ma propension à ne pas lire les quatrièmes de couverture… Je partais en effet, avec ce titre à la couverture fleurie, pour un moment de lecture plein de légèreté et d’humour. Mais, Au petit bonheur la chance, est tout autre chose. Comme l’auteure le raconte en épilogue, il s’agissait plutôt pour elle d’écrire un récit qui serait un hommage à son père, élevé par sa grand-mère. Quand le roman commence, nous sommes en 1968, Jean a six ans et est déposé chez sa grand-mère un beau soir par sa mère sans trop d’explications, mis à part qu’elle reviendra le chercher une fois qu’elle aura trouvé un appartement pour l’accueillir sur Paris. En dehors d’une carte postale laconique, Jean n’aura plus de nouvelles de sa mère pendant des années, oubliant peu à peu sa présence et ses promesses, et se forgeant une vie plutôt heureuse aux côtés de Mémé Lucette, à Granville en Normandie. Le quotidien est austère auprès de la vieille dame qui vit encore comme autrefois, sans réfrigérateur, sans toilettes et a de maigres ressources. Heureusement, chez Tante Françoise, les week-ends, Jean découvre une famille, modernité et affection. Quand Marie décide enfin de venir chercher Jean, il est déjà un peu trop tard pour réparer ce qui a déjà été cassé… Le moins que l’on puisse dire de ce roman est qu’il n’est pas très gai. J’ai trouvé cependant son sujet original, et ses personnages attachants, et me suis laissée entraîner régulièrement par la nostalgie des ambiances et objets retrouvés de mon enfance. Ce retour en arrière est d’ailleurs extrêmement réussi. J’ai retrouvé également avec plaisir, ça et là, les petites citations qu’Aurélie Valognes aime égrener dans ses écrits. J’ai moins aimé l’atmosphère un peu plombante du récit, à peine relevée par les moments heureux, atmosphère à laquelle je ne m’attendais pas du tout, même si la fin du livre donne un sens profond à toute cette gravité. Je crois que j’ai eu du mal à me détacher du chagrin de cet enfant qui ne mérite pas ce qui lui arrive, et il faut croire que la séparation des familles, et des fratries, est un sujet qui me touche trop pour que je prenne en tant que lectrice une distance romanesque avec ce thème. Au final, une lecture qui ne m’a pas laissée indifférente, mais dont je garderai un souvenir mêlé de tristesse.

J’ai gardé à contrario un souvenir beaucoup plus joyeux de En voiture, Simone !

Editions Mazarine – mars 2018 – 

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5