Coups de coeur·Lectures 2020

Un long voyage, Claire Duvivier… coup de coeur !

❤ J’ai craqué sur cette superbe jaquette, et comme d’habitude, je n’ai pas lu la quatrième de couverture. Mais je ne suis pas certaine qu’elle m’aurait préparée au contenu, un contenu que j’ai d’abord absolument voulu ancrer dans le réel alors qu’Un long voyage est surtout une fable… Dans ce roman, on suit le personnage de Liesse, d’abord enfant, abandonné par sa mère, et son village, à la mort de son père, et confié à la concession impériale en tant qu’esclave. Cette pratique n’a pourtant plus cours, mais ceux qui l’accueillent ont pitié de lui et s’inquiètent de son sort. Il fera, malgré ce statut ambivalent, son chemin dans l’institution, jusqu’à devenir le secrétaire particulier de Malvine Zélina de Télarasie et d’entreprendre avec elle un grand voyage. Claire Duvivier nous donne là un récit flamboyant, traversé parfois par l’ennui du quotidien, puis par des scènes très fortes (presque cinématographiques). J’ai mis un peu de temps à comprendre que le lecteur est plongé dans des temps et des lieux symboliques. J’ai mis du temps à être prise par l’histoire mais quand son charme puissant a opéré, je n’ai pas pu faire autrement que de me dire que j’étais en face d’un bien curieux récit, mais aussi d’un bien curieux coup de coeur, que j’avais envie de partager autour de moi. Ceux qui aiment les univers vaguement fantaisistes, les légendes, jouer avec l’espace et le temps, les voyages, seront très certainement conquis. Ce livre est un très beau cadeau à se faire.

Editions Aux forges de Vulcain – mai 2020

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Coups de coeur·Lectures 2019

A crier dans les ruines de Alexandra Koszelyk… dans « ma rentrée littéraire » !

   Ma rentrée littéraire

Voici mon deuxième coup de coeur de cette rentrée littéraire. Un coup de coeur pas aussi évident qu’il peut le paraître. Car oui, effectivement, je connais Alexandra depuis une éternité, en tant que copine blogueuse, mais aussi organisatrice de l’atelier d’écriture auquel je participe régulièrement… J’étais donc très enthousiaste à l’idée de découvrir son premier roman. Et justement, ce n’est pas si facile de se laisser entraîner par une écriture quand on connaît si bien l’auteure… et je dois dire que recevoir ce titre, ce premier roman tellement attendu, a été l’objet d’une grande émotion. Dans cet état, je n’ai pas apprécié tout de suite ma lecture. J’ai dû en réalité m’arrêter à plusieurs reprises (je vous dis tout), car je faisais bien trop attention à la tournure des phrases, à ce que je reconnaissais des thèmes fétiches d’Alexandra (à ses tics de langage ?) pour me laisser prendre par l’histoire. Il y avait des oh et des ah, et des comment a-t-elle fait pour imaginer et décrire tout ça ? Il a donc fallu faire une pause, et j’en ai été bien mortifiée. J’ai repris son livre, une quinzaine de jours plus tard, et cette deuxième tentative a été la bonne… ouf ! J’ai oublié Alexandra pour m’intéresser enfin à Léna, son héroïne. Nous sommes en 1986, Léna vit avec ses parents à deux pas de la centrale, dans la ville de Pripiat. Lorsque la catastrophe survient à Tchernobyl, ses parents quittent la ville, la séparant d’Ivan, le jeune garçon dont elle est proche depuis toujours et dont elle a frôlé les lèvres pour la première fois il y a peu encore. Convaincue qu’il est mort, elle tente de refaire sa vie en France, en Normandie, comme ses parents le souhaitent. Mais un vide persiste en elle, qui va la poursuivre jusqu’à l’âge adulte, moment où elle décide de retourner sur les lieux de son enfance. La zone est depuis devenue un lieu touristique, malgré le danger des radiations. La nature a repris ses droits, et les ruines de Pripiat fascinent. Mais, plus que d’être un roman sur Tchernobyl, A crier dans les ruines nous parle du déracinement, de l’appel des origines, et du pouvoir des schémas familiaux. Ce qui va sauver Léna de la vie terne à laquelle elle se destine avec résignation, c’est sans conteste la littérature et la mythologie, les contes, la force des mots. La présence du personnage d’Antigone (Sophocle,) page 116, en est un exemple frappant, exemple qui ne pouvait m’échapper. Comme beaucoup de jeunes filles discrètes, aux parents taiseux, ou stricts, Léna se construit à travers ces figures de papier, fortes et émouvantes. Elle mettra pour autant du temps à se rendre compte qu’elle peut aussi agir et essayer de retrouver cette part amputée d’elle même qui lui manque depuis trop longtemps. Et c’est ce que j’ai aimé dans le roman d’Alexandra, toute la part onirique qui parcourt son texte, la présence de cette amie, Armelle, qui croit à la magie celte… la poésie qui regorge à chaque page. J’ai eu beaucoup d’admiration, tout au long de ma lecture, pour la qualité de son récit, sa force, les portraits complexes des personnages qu’elle nous permet de rencontrer, et la beauté des images qu’elle nous transmet. Si vous avez aimé lire Thomas Vinau par exemple, dans ce qu’il évoque poétiquement de la nature, ou imaginer la fin du monde dans le Trois fois la fin du monde de Sophie Divry (gros coup de coeur de l’an dernier), ce livre est fait pour vous, foncez !

Aux Forges de Vulcain – 23 août 2019

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une autre lecture chez… Nicole

Lectures 2019

Des mirages plein les poches, Gilles Marchand

desmirages

De Gilles Marchand, j’ai lu déjà avec un grand bonheur Une Bouche sans personne (2016) et Un funambule sur le sable (2017), ses deux premiers romans publiés… Je vous parle aujourd’hui du recueil de nouvelles que l’auteur a sorti en fin d’année dernière. Et c’est souvent une tradition éditoriale qu’après le succès d’un ou deux premiers romans soit publié ainsi ensuite un tel recueil de nouvelles, effectué à partir de textes antérieurement édités, ou/et rédigés spécialement. Par expérience de lectrice, je dois dire que l’exercice est très souvent périlleux, visiblement trop souvent fait pour surfer sur le succès commercial de l’auteur et la plupart du temps extrêmement décevant. Je vous rassure, ce n’est pas le cas pour ce recueil là, qui conserve bien toute la force d’écriture des autres textes de Gilles Marchand.  Vous retrouverez ce qui vous a déjà plu chez l’auteur, dans ses autres romans, si vous l’avez déjà lu. Je dois dire que j’ai aimé que les textes soient d’une telle qualité, respectueux du lecteur, retrouver sa manière toute particulière de jouer avec l’absurde et de nous entraîner vers l’inconnu et un monde qui ressemble à celui que l’on connaît,  mais légèrement renversé (un homme retrouve sa vie au fond d’une brocante, un homme considère une lampe comme son enfant, un autre pense que les chaussures courent vite et que certains slips font bien l’amour). J’ai cependant été moins emballée que je ne l’aurais cru par l’aspect condensé que procure la nouvelle. Il m’a manqué je crois toute l’étendue de l’univers que Gilles Marchand déploie dans ses romans, et surtout sa tendresse. L’exercice du format court est toujours très particulier. Peut-être n’y suis-je pas sensible en ce moment ? En tous les cas, ce recueil rencontre un beau succès sur la blogosphère, il était dans le dernier bilan des coups de coeur de la blogo [ici], choisi par deux lectrices. N’hésitez donc pas à vous précipiter vers tout ouvrage de Gilles Marchand qui croiserait votre route, surtout que ses deux premiers romans sont sortis dorénavant en version poche, aux éditions Points !!

Editions Aux forges de Vulcain – octobre 2018

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Une autre lecture chez… Nicole

Lectures 2018

La nuit je vole, Michèle Astrud

Tu as été attirée par ce livre car tu as aimé follement Un funambule sur le sable de Gilles Marchand chez le même éditeur, et que tu suis l’éditeur, justement, (plein d’humour et de dérision) sur les réseaux sociaux… A quoi tiennent parfois le choix des romans que l’on ouvre ? Et il est vrai que tu as retrouvé dans le récit de Michèle Astrud ce même esprit décalé et fantastique qui t’avait déjà plus dans les romans de Gilles Marchand. Michèle, la narratrice (on imagine la trentaine), est une femme très active. Avec son mari, Guillaume, ils sont dans l’immobilier, et travaillent d’arrache-pied pour leur avenir et s’assurer une vie confortable. Pour l’instant, ils n’ont pas d’enfant, et pas de place ni de temps non plus pour s’en occuper. Il n’y a d’ailleurs guère de place non plus dans leur vie pour la fantaisie. Alors, quand Michèle s’avère souffrir d’une forme rare de somnambulisme qui l’amène à s’envoler en plein sommeil dans les airs, tout est extrêmement chamboulé. Les médias et les autorités s’en mêlent. Il faut dire qu’elle a le don pour atterrir au final dans des endroits très dangereux ou spectaculaires. Les débuts sont laborieux, la faculté nouvelle guère maîtrisée. Michèle devrait-elle devenir un phénomène, assurer des spectacles ? Et tandis que tout s’agite autour d’elle, qu’elle doit se recentrer continuellement pour prendre les bonnes décisions, la voici prête à changer de vie et pleine des souvenirs de son enfance… Voler, de plus en plus régulièrement, devient à la fois pour elle une addiction, quelque chose d’impérieux, et une force. Et si tout avait commencé auprès des montagnes de sa jeunesse, auprès de son grand-père mutique et mystérieux ? Et toi lectrice, tu as aimé retrouver dans ce roman fantaisiste les doux rêves de ton enfance, lorsque toi aussi en songe tu étais capable de voler. C’était, tu t’en souviens, à la fois doux, facile et extrêmement agréable. Voilà donc comment tu es tombée en empathie avec Michèle, l’ascensionniste. Puis, tu as beaucoup pensé à l’excellent Monsieur Vertigo de Paul Auster, et ce souvenir de lecture récent a un peu parasité ta présente lecture, comme si ce roman était un écho contemporain à cet autre récit. Pour autant, ces deux histoires n’ont rien à voir, mise à part la volonté du porteur du don de lévitation d’en tirer profit sous la forme de spectacles. Un roman qui s’avère au final un bien joli conte, dont tu as goûté personnellement plusieurs scènes, qui désarçonne aussi un peu, qui critique à sa façon notre monde moderne, et dont tu as gardé longuement après la dernière page dans l’esprit des images (de montagnes principalement, mais aussi d’envols ouatés).

Editions Aux forges de Vulcain – janvier 2018

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Une autre lecture chez… Virginie

Coups de coeur·Lectures 2017

Tes étoiles de 2017 ~ ce qui t’a fait vibrer cette année

Même si 2017 n’est pas encore terminée (ouf et heureusement loin de là, rien n’est prêt), tu as eu envie hier de fouiller dans tes archives pour dénicher ce que tu as le plus aimé lire en romans, albums BD et jeunesse cette année !! (Tu préviens, il est possible que dans d’autres billets à venir tu regardes encore dans le rétroviseur). Pour corser le tout, tu as décidé de sélectionner seulement trois livres, dans chaque catégorie. C’est donc un peu ton petit prix lectures à toi toute seule que tu décernes à quelques titres aujourd’hui… Vous trouverez donc ci-dessous ce qui t’a particulièrement fait vibrer et battre ton coeur en 2017. De quoi trouver quelques idées supplémentaires à déposer sous le sapin pour Noël.

Pour accéder aux billets, il suffit de cliquer sur les couvertures !! ❤

Catégorie Romans

                      

Catégorie Albums BD

               

Catégorie Romans Jeunesse

                             

Tes autres coups de coeur sont là [clic] et là [clic]

N’hésitez pas non plus à aller lire les meilleurs billets sur notre sélection #MRL17 par ici [clic]

Et bientôt les résultats du vrai Grand Prix des Blogueurs Littéraires !!!

Et vous, vous retiendrez quoi de 2017 ?

Coups de coeur·Lectures 2017

Un funambule sur le sable, Gilles Marchand ~ Rentrée littéraire 2017

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Gilles Marchand est bien le seul capable de nous laisser croire à la possibilité de naître… avec un violon dans la tête. Ce parti pris acquis, plus rien de la poésie douce absurde de l’auteur ne nous surprendra plus dans son roman. Un funambule sur le sable nous raconte donc cette histoire étonnante d’un petit garçon né avec cette infirmité, et de ses difficultés à s’insérer dans une société bien frileuse avec toutes les différences. Heureusement, Stradi rencontre très vite son ami Max, également handicapé, et passionné de musique. Et puis il y a Lélie, avec laquelle il passe de douces heures de complicité amoureuse, et qui ne s’effraie pas de sa particularité. Mais rien n’est prévu dans notre monde pour un jeune garçon qui a ainsi un violon dans la tête, et dont l’instrument se réveille à la moindre occasion, qui parle aux oiseaux… Les moyens pour gérer les difficultés, et notamment la croissance de l’objet, sont douloureuses et Stradi, bien qu’entouré par une famille aimante, doit faire face tous les mois à des soins qui lui rappellent encore plus sa pathologie. Et toi lectrice, tu as plongé dans cette fable avec douceur et précaution. Tu avais déjà aimé Une bouche sans personne, le premier roman de Gilles Marchand, qui possédait déjà cette poésie de l’absurde, et tu as été heureuse de constater que l’auteur n’a rien perdu de sa force d’écriture dans ce second opus, bien au contraire. Et tu as été touchée, à la fois par son talent d’écrivain, qui suit sans failles son fil narratif jusqu’à la fin, et par sa manière d’aborder avec délicatesse le thème des maladies invisibles, de l’handicap, et de l’insertion compliquée. Tu as vu ici et là que l’on comparait cette forme d’écriture à celle de Boris Vian, et tu te dis oui, bien sûr, qu’il y a de l’Ecume des jours dans ce livre là, mais qu’il y a aussi autre chose, un optimisme réel dans les capacités humaines à s’aimer et à se rencontrer. Un très beau livre, à offrir et à s’offrir. Un coup de coeur émerveillé.

Editions Aux Forges de Vulcain – 24 août 2017

Ce titre est un des choix de Moka pour les #MRL17 

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