Lectures 2021·Objectif PAL

La grand-mère de Jade, Frédérique Deghelt… mon objectif pal du mois !

J’ai acheté ce livre en février 2013, lors d’une séance de dédicace de Frédérique Deghelt dans ma librairie habituelle. Ce roman avait à l’époque un grand succès sur la blogosphère littéraire, et je crois que j’ai pris mon après-midi pour ne pas manquer cette opportunité de rencontrer l’auteure. Quand je suis arrivée, il n’y avait personne. Nous avons beaucoup discuté. J’étais morte de timidité. Je ne sais même plus si je me suis présentée en tant que blogueuse… Puis, j’ai mis du temps, un très long temps, à ouvrir ce livre. Les romans feel-good ne sont pas toujours ma tasse de thé et je redoute parfois des histoires familiales trop mièvres. De plus, la couverture ne m’inspirait guère. Et j’avais tort ! La couverture n’est en effet pas représentative du tout du contenu de ce roman qui met en valeur le lien familial, mais surtout la lecture, l’écriture et la littérature… L’histoire ? Lorsque sa grand-mère est à deux doigts d’intégrer une maison de repos, Jade décide d’enlever sa Mamoune et de l’inviter à vivre chez elle dans son appartement parisien. C’est une véritable révolution pour les deux femmes, mais aussi un moyen de mieux se connaître. Mamoune se révèle une lectrice cachée et une femme bien plus complexe que ce que Jade imaginait. Jade se révèle douce et prévenante et apprécie la compagnie de cette grand-mère qui chamboule sa vie et lui propose même son aide pour la rédaction de son roman. Jade est par ailleurs journaliste de métier. Impossible pour les deux femmes d’imaginer une autre issue que celle qu’elles ont choisi de concert, cette cohabitation merveilleuse qui ne va générer pour toutes les deux que du bienfait… J’ai pris un grand plaisir à la lecture de ce roman, qui bien sûr tire sur des ficelles positives, mais sait aussi parler du manque d’écoute, des secrets, des choix de vie. Et j’ai aimé je crois que la situation de Jade et sa grand-mère soit aussi décalée de ce qui se fait d’ordinaire, elle montre combien la force et l’audace de réinventer sa vie ouvre parfois le champ des possibles et propose de nouvelles rencontres.

Editions Babel – août 2012

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Un roman lu dans le cadre de…

Lectures 2019

La logeuse, Fédor Dostoïevski… objectif pal d’avril

J’ai découvert Dostoïevski en fin de collège avec Les frères Karamazov et Crimes et châtiments. C’était le temps où je trouvais des trésors dans la bibliothèque familiale. A cette époque, j’ai également lu Le bruit et la fureur de Faulkner par exemple… Ce sont des lectures très marquantes pour un jeune esprit. Et avec Dostoïevski j’ai découvert justement combien les chemins tumultueux de l’esprit pouvaient constituer un sujet passionnant mais également un poil oppressant en littérature. J’ai acheté ce récit, La logeuse, lors d’une rencontre avec le traducteur André Markowicz, à laquelle j’ai assisté en 2007 (au tout début de mon blog, qui existait alors sur la plateforme blog4ever). La rencontre avait été très intéressante mais j’avais été toute intimidée alors de faire dédicacer ce titre, très impressionnée par l’intelligence et la culture de l’intervenant. Cette grosse nouvelle, que j’ai enfin ouverte ce mois-ci (12 ans plus tard), est présentée en quatrième de couverture comme une oeuvre de jeunesse. On y retrouve les thèmes favoris de l’auteur : la jeunesse, la pauvreté, l’isolement, une sensibilité exacerbée, les tourments d’une âme torturée par une obsession qui finit par devenir maladive. Le héros de cette histoire, un jeune étudiant en sciences, tombe en effet follement amoureux d’une jeune femme rencontrée à l’église. Elle est d’une beauté renversante mais semble tourmentée par un chagrin immense et est constamment accompagnée par un vieillard au regard suspicieux, qui s’avère être son mari. Le jeune homme, à la recherche d’un logement, et plein d’audace, leur suggère de le prendre comme locataire, ce qu’ils acceptent, la jeune femme avec engouement, et le vieillard avec réticence. Mais la maladie s’invite, semblant exacerber les esprits de chacun. La logeuse s’occupe des deux hommes avec effervescence et raconte son histoire, ses remords, révèle son attrait pour son locataire, mais aussi combien elle est liée au vieil homme. Et il ne serait pas faux de dire que les émotions sont fortement exagérées dans ce court récit où dominent la fièvre et une certaine atmosphère mystique des plus sombres. Je ne suis pas certaine d’avoir particulièrement aimé cela, ni le flou qui reste autour du lien inexplicable qui unit la jeune femme à un vieillard qui semble avoir par ailleurs détruit sa famille. Mais cette lecture, dont je ressors dubitative, ne m’empêchera pas de continuer à lire ces romans russes, parfois surprenants, dont je suis en général très friande.

Editions Babel – août 2000

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Coups de coeur·Lectures 2019

Le chef-d’oeuvre, Anna Enquist… objectif pal de mars !

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❤ Il fut un temps, pas si lointain, où une certaine blogueuse avait entrepris de lire tout Anna Enquist [clic ici]… ce qu’elle a réussi à faire, mais personne n’en doutait. Comme je suis assez influençable, Le chef-d’oeuvre a rejoint à ce moment là ma PAL et y a végété jusqu’à aujourd’hui. Quelle erreur ! Car, mazette, que cette auteure a du talent ! Et dire qu’il s’agit ici de son premier roman. Dans cet opus, Johan Steenkamer s’apprête à présenter ses oeuvres lors d’une exposition de grande envergure. Sa mère, Alma, très fière de sa réussite, lui propose de poursuivre le vernissage par un dîner en petit comité, amical et familial, qui sera le point d’orgue de cette journée de consécration. Cependant, Oscar, le frère de Johan, gâche un peu la fête en amont en publiant quelques jours auparavant un article qui critique le tournant figuratif qu’a pris dernièrement son frère. Cet écrit tend la situation et augure mal de la soirée. Mais Johan, persuadé de son talent, fier, orgueilleux, décide de ne pas s’en préoccuper. Avec désinvolture, il annonce même à sa mère qu’il a invité son père, parti aux Etats-unis et remarié depuis longtemps, à son vernissage, sans se douter du tsunami qu’il vient de déclencher chez elle. Et c’est là que réside tout le talent d’Anna Enquist qui décortique petit à petit l’entourage du flamboyant et inconséquent Johan, et laisse à penser qu’effectivement la fameuse exposition ne peut être qu’un désastre. Lisa, l’amie d’Ellen, la mère des enfants de Johan, observe tout cela de son oeil exercé de psychanalyste, à la fois désabusé et fébrile. Son mari a emmené ses propres enfants en vacances, elle est seule, se laisse aller à l’indolence… Ellen, elle, tente de survivre à la perte de sa petite fille Saar, qu’un  problème au coeur a emporté en quelques jours. Les protagonistes de cette histoire se tiennent les uns aux autres comme dans un château de cartes, avec leurs névroses, leur indifférence ou leur jalousie. A quel moment le fragile édifice va-t-il s’écrouler ? Vous comprendrez que j’ai beaucoup aimé ce roman, d’une grande finesse psychologique, écrit également avec beaucoup de talent et l’amour des petits détails qui comptent. Je vous recommande chaudement d’aller voir à votre tour du côté de ce Chef-d’oeuvre fabuleux, ou même d’Anna Enquist, si un autre titre d’elle traîne dans votre PAL, vous ne le regretterez pas !

Editions de poche Babel – 2001

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Lectures 2018·Objectif PAL

Les grandes marées, Jacques Poulin ~ objectif pal d’avril

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Tu avais envie de dépaysement… alors ce titre de Jacques Poulin, à l’allure maritime, t’a tendu les bras pour ton choix de lecture de PAL d’avril. Tu avais lu Tournée d’automne pour le Blogoclub en septembre 2009 (outch ça date) et en gardait un excellent souvenir, de douceur, de livres partagés, de solitude, de mélancolie et d’espoir. Ici, le propos est un peu différent, il faut savoir que l’on s’engage dans un roman qui ne manie rien moins que l’absurde. Cela t’a d’ailleurs rappelé quelques autres lectures, notamment de Martin Page ou Boris Vian. Lire ce titre de Jacques Poulin sous un biais réaliste peut s’avérer extrêmement déstabilisant, et presque désagréable. Mais toi lectrice, tu as aimé le lire comme une fable. Sur une île, au milieu du Saint Laurent, un traducteur de bande-dessinée goûte sa solitude et passe ses journées à travailler, à se promener, à s’occuper de son chat, à jouer au tennis. Une fois par semaine, son patron vient lui rendre visite, lui apportant de nouvelles traductions, des victuailles, et semble-t-il seulement préoccupé par le bien-être de son employé. Pour Teddy, c’est le paradis sur terre. Mais, sa tranquillité va être mise rapidement en danger. Marie, une jeune femme sportive et aimant la nature, débarque sur l’île. Et peu à peu, d’autres invités font leur apparition, réduisant à chaque arrivée l’espace vital de chacun. Et le lecteur sent lui aussi peu à peu l’oppression de cette espace vital réduit, tandis que Marie et Teddy, les premiers résidents, se serrent l’un contre l’autre et se soutiennent… Les Adam et Eve de l’ïle Madame vont-ils finir par être chassés de leur paradis ? Une sortie de PAL qui s’avère donc intéressante, non pas tant pour l’histoire qu’elle raconte, et les personnages caricaturaux qu’elle met en scène, mais surtout pour l’amour du sens des mots, de la lecture, de la solitude, du travail qu’elle met en avant. Tu as beaucoup aimé aussi toutes les références à ces bandes dessinées lues autrefois et que l’on trouvait dans des magazines ou journaux (comme Peanuts par exemple) qui émaillent ce texte original.

Editions Babel – janvier 1996 – 

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