Lectures 2021

L’émouvantail t4, Renaud Dillies

Comme vous le savez, j’adore l’univers de Renaud Dillies, je n’ai donc pas pu résister quand cet album est apparu dans la dernière opération Masse critique de chez Babélio. Peu importe si je n’ai pas lu les trois premiers tomes de l’Emouvantail… Peu importe, car Renaud Dillies nous raconte toujours un peu la même merveilleuse histoire. Je n’ai donc pas été perdue. J’ai en effet retrouvé les thèmes qui lui sont chers, la roulotte vers laquelle par exemple l’Emouvantail se dirige au départ, cet instrument de musique qui fait des sons merveilleux, le soleil orange, un oiseau qui chante et la liberté. Lire un album de Renaud Dillies demande un certain lâcher prise, de retrouver son âme d’enfant et de laisser émerger l’univers lié. J’aime particulièrement le côté désuet des dessins, et même la répétition des thèmes, qui font partie du charme de cet Emouvantail. Et de cette poésie là, j’en redemande.

J’aurais aimé rencontrer les éditions de la Gouttière, qui ont été très généreux dans leur envoi, et dont je garde un excellent souvenir, au prochain FIBD d’angoulème, qui est malheureusement reporté. Je voulais aussi y aller avec mon fils. Une prochaine fois, espérons.

Editions de la gouttière – février 2021

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Une autre lecture chez… Noukette

La page du livre sur Babélio

 

Lectures 2021

Sherlock Holmes – Son dernier coup d’archet, Arthur Conan Doyle

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Je ne suis pas certaine d’avoir lu auparavant d’autres récits d’Arthur Conan Doyle mettant en scène Sherlock Holmes, mis à part Le Chien des Baskerville… Mais, comme beaucoup d’entre vous, je me suis abreuvée de l’excellente série Sherlock. J’avais donc envie de retrouver cette atmosphère en cochant ce titre lors de la dernière opération Masse critique « mauvais genre » de chez Babélio… Ce recueil regroupe les nouvelles suivantes :
• L’aventure de Wisteria Lodge.
• La boîte en carton
• L’aventure du cercle rouge
• Les plans du Bruce Partington
• L’aventure du détective agonisant
• La disparition de Lady Frances Carfax
• L’aventure du pied du diable
• Son dernier coup d’archet.
Lorsqu’en 1908, après plus de trois ans sans avoir repris son personnage, Conan Doyle rédige une nouvelle remettant de nouveau en scène le célèbre détective, sous la pression des éditeurs et des lecteurs, il écrit L’aventure de Wisteria Lodge. Puis, les années suivantes, sortent les autres nouvelles, présentes dans ce recueil, toutes ayant pour narrateur le docteur Watson, sauf la dernière, de mon point de vue également la moins intéressante, dans laquelle Conan Doyle cherche à mettre à la retraite Sherlock et l’imagine en apiculteur chevronné, sortant de sa réserve pour effectuer une mission d’espionnage. J’ai retrouvé dans ce recueil, et avec un grand plaisir, l’ambiance à laquelle je m’attendais, la finesse de déduction de Sherlock, la complicité loyale de Watson, le désir constant du détective de sortir de l’ennui, sa logeuse, Scotland Yard, Baker Street, Londres, etc… Un véritable régal. Je ne me souvenais pas à quel point cette littérature était à la fois classique mais simple à lire, passionnante. Les rebondissements des affaires sont à chaque fois assez inattendus. J’ai été marquée par exemple par la scène d’un Sherlock Holmes agonisant et par cette famille prise d’une folie mortelle et terriblement mystérieuse. Bref, j’ai à présent bien envie de m’offrir toute cette belle collection chez Archipoche.

Editions Archipoche – 7 octobre 2021

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Une lecture effectuée dans le cadre d’une opération Masse critique de chez Babelio – La fiche du livre sur le site

Lectures 2021

Marie Blanche, Jim Fergus

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Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Jean-Luc Piningre

La première version de Marie Blanche est sortie en 2011. Jim Fergus a voulu en sortir une nouvelle version, agrémentée de photographies. C’est donc cette nouvelle version, sortie cette année en France, que j’ai lue, suite à une opération Masse critique de chez Babélio. Je ne connaissais pas Jim Fergus, j’avais entendu parler de son Mille femmes blanches… et j’ai été assez surprise du contenu de ce livre. Le récit commence en 1995, alors que Jim Fergus rend visite à sa grand-mère, Renée, quatre-vingt seize ans. Elle nous est présentée comme une femme froide, tyrannique, ayant brisé sa famille, et notamment sa fille, Marie-Blanche, la mère de Jim Fergus. Il retrace donc son parcours, pour expliquer son destin étonnant. Toute la première partie de ce pavé est donc consacrée à Renée, son histoire, quand la deuxième partie donne la parole à Marie-Blanche. Tout cela est entrecoupé de photographies, et parfois de coupures de journaux, de lettres. Renée voit le jour dans des circonstances mystérieuses. La rumeur doute qu’elle soit véritablement la fille naturelle de celle qui se présentera comme sa mère, sans l’entourer pour autant d’affection. Elle grandit dans une grosse propriété, à la campagne, à La Borne-Blanche, sans savoir que son père, le Comte de Fontarce, est ruiné. Son oncle, homme d’affaire et gros propriétaire de terres en Egypte, accessoirement l’amant de la mère de Renée, va alors faire une proposition saugrenue à la famille. Il va les accueillir en Egypte, payer leurs dettes, en échange de leur fille, qu’il souhaite adopter. Le lecteur se rendra vite compte qu’il souhaite bien plus encore, entourant la jeune fille d’un climat incestueux pesant. Et c’est ce qui m’a beaucoup intrigué dans ce récit, choqué, la manière dont on laisse croire au lecteur que cette jeune fille de quatorze ans, Renée, a tout orchestré pour arriver à ses fins, comme si c’était elle la manipulatrice dans cette histoire, la séductrice de son oncle. J’ai fatalement pensé à la Lolita de Nabokov. Quelle choix avait donc cette Renée de quatorze ans ? Mis à part celle de croire qu’elle était en effet l’instigatrice de son destin, et non pas la victime, pour s’en sortir psychologiquement. Et comment pouvait-elle faire autrement ensuite que faire les mauvais choix avec ses enfants, en terme d’éducation, surtout avec sa fille ? Elle tente ensuite de la protéger maladroitement de ce même oncle, tandis qu’il essaiera d’embrasser Marie-Blanche, des années plus tard. Mais, par ailleurs, j’ai quand même aimé ce récit, particulier, qui dresse le portrait intime, et peu flatteur en général, de deux femmes, issues d’une certaine classe sociale. Elles traversent toutes les deux le siècle, enfermées par les codes du milieu, cherchant leur liberté, dévastées par des drames, et se démenant pour survivre. A la fin du livre, Jim Fergus explique sa démarche et l’évolution de ses réflexions, et j’ai été assez émue par sa sincérité et sa modestie. Un ouvrage étonnant.

« Avec une grande pudeur, Jim Fergus retrace le destin de ces deux femmes et signe un livre à la fois personnel et universel, bouleversant et sensible. Une fois encore, Jim Fergus frappe très fort. »
François Busnel

Editions du Cherche midi – 26 août 2021

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Une lecture effectuée dans le cadre d’un Masse critique de chez Babelio – La fiche du livre sur le site

 

Lectures 2021

Lettre à toi qui m’aimes, Julia Thévenot

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Voir des avis enthousiastes un peu partout sur ce livre, m’avait donné envie d’aller à sa rencontre. Une opération Masse critique de Babélio est passée par là, et je l’ai reçu… Nous sommes ici dans un livre jeunesse, et le ton est tout de suite donné avec la rencontre de Pénélope, lycéenne. Yliès vient se présenter auprès de son groupe pour être guitariste. Il a répondu à une annonce. Avant, il jouait du métal, mais il s’habituera. Il n’a tout de suite d’yeux que pour la jeune fille, qui chante et compose. Et elle ne peut faire autrement que de le constater, avec gêne. Que faire de cet amour trop lourd, non réciproque, qui n’empêche pourtant pas le sentiment d’amitié ? Pénélope décortique ses émotions, les reproches qu’on lui fait. Car, Yliès et Pénélope ont tout du couple fait pour s’aimer. Joue-t-elle avec lui ? Même pas. Pénélope comprend que Yliès soit déçu, moins que ses amis lui en veuillent d’avoir laissé ce Roméo aux jolies boucles s’approcher trop près d’elle. Tout ça à cause de ces films romantiques à la noix, ces chansons sirupeuses, qui laissent croire que lorsque l’on coche toutes les cases, que l’on fait tout ce qu’il faut, l’amour survient obligatoirement. Et bien, non, ce n’est pas si simple. L’amour ne se commande pas. J’ai beaucoup aimé la musique de ce livre, ce texte en forme de lettre, en forme de poème, ce rapport amoureux inversé peu exploité dans les romans, et qui montre toute la douleur de celui qui n’aime pas, qui doit repousser gentiment et lutter. Un joli petit livre, de plus, que l’on a envie de relire une seconde fois, juste la dernière page tournée.

Regarde-moi clairement un instant :
                                            entre nous,
il y a un paquet de trucs qui n’arriveront jamais.

 Editions Sarbacane – avril 2021

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Une autre lecture chez… Moka

La fiche du livre sur Babélio

Lectures 2021

Montagnes Russes, Gwénola Morizur & Camille Benyamina … ma BD de la semaine !!

Cet album sort aujourd’hui en librairie, et le hasard du calendrier fait que j’enchaîne deux lectures BD sur le thème de la maternité. Vous allez voir qu’ici il ne s’agit pour autant pas que de cela, mais également d’amitié… et que nous ne sommes pas loin également du thème du Train des enfants. Aimée et Jean font tout pour avoir un enfant mais toutes les tentatives se soldent par un échec. Aimée travaille dans une crèche et voit passer beaucoup de familles. Un jour, c’est Charlie qui passe la porte de l’établissement. Elle souhaite inscrire le dernier de ses trois enfants, Julio. Aimée est estomaquée par la décontraction de cette jeune et jolie mère célibataire qui semble de prime abord négligente, surtout préoccupée par la formation de maquilleuse qu’elle doit entreprendre prochainement. Les chaussures du petit garçon sont trop petites, et Charlie a oublié d’apporter des chaussons le premier jour. Aimée a le coeur qui se serre et pour éviter que Julio reste seul à la maison, elle prend en charge le petit garçon au cours d’un week-end, puis de temps en temps, régulièrement. Sous couvert d’aider Charlie, tout cela commence un peu à ressembler à voler l’enfant d’un autre, se créer l’illusion d’une famille, faire la charité. Alors que du côté de Charlie, tout est clair. Cette dernière a seulement le sentiment d’avoir trouvé une amie… J’ai beaucoup aimé dans cet album les dessins de Camille Benyamina qui savent accompagner les gestes et expressions des personnages, et surtout la douleur que ressent Aimée à chaque fois que l’espoir d’une grossesse disparaît. Et j’ai beaucoup aimé aussi cette histoire qui confronte deux vies de femmes qui sont rarement amenées à se rencontrer. Entre la mère dépassée et la mère nullipare, il y a bien sûr un enfant mais surtout de l’amour à recevoir. Et il est émouvant de constater que, même débordée, Charlie a encore beaucoup à donner à Aimée qui pensait être la seule à pouvoir le faire. J’ai dévoré cet album qui est véritablement une très belle histoire.

 

Editions Bamboo/GrandAngle – 2 juin 2021

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Tous les autres liens sont chez Moka aujourd’hui 

Lu aussi dans le cadre d’une opération masse critique spéciale de Babelio [la page du livre ici]

Lectures 2021

Petite histoire des Artistes femmes, Susie Hodge

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Encore un titre reçu grâce à une opération Masse critique de chez Babélio. Je dois avouer que j’ai été attirée par cette couverture assez réussie, et par le thème. Comment résister à un ouvrage qui met en avant les artistes femmes, quand elles ne sont souvent que mises en marge ? Bon, soyons honnête, à réception j’ai été un peu déçue par le côté classique des pages intérieures, qui contrastent énormément avec la couverture, et c’est mon principal bémol sur ce livre, qui a par ailleurs beaucoup d’intérêt et a énormément intrigué mon fils, qui s’oriente vers une spécialité Art Plastiques en première et qui s’est dernièrement intéressé au surréalisme pour un devoir. L’ouvrage revient notamment sur les principaux mouvements artistiques, de la Renaissance à l’Art conceptuel, sous forme de fiches, mettant donc en avant les femmes phares de ces mouvements. Nous trouvons donc par exemple Berthe Morisot et Mary Cassat pour l’impressionisme, Marie Laurencin pour le cubisme, Tamara de Lempicka pour l’Art déco. Ces fiches sont très bien faites. Ensuite, le focus est mis sur certaines oeuvres. Je me suis arrêtée sur Autoportrait avec deux élèves de Adélaïde Labille-Guiard car j’avais vu un reportage sur Arte sur ces femmes peintres (dont elle fait partie) qui ont eu le courage de braver le machisme au XVIIIème en montant notamment des écoles de peinture pour femmes. Le recueil s’intéresse ensuite aux grands tournants, puis aux différents thèmes abordés, le tout permettant de brosser largement et d’une manière différente les oeuvres féminines. Ce livre est un catalogue, un dictionnaire, qui se picore bien plus qu’il ne se lit, vers lequel on revient, sur lequel on peut s’interroger. J’y ai retrouvé pour l’instant des artistes et mouvements connus mais aussi pas mal d’oeuvres dont j’ignorais l’existence. Mon fils m’a fait comprendre que cet ouvrage pouvait être pour lui à la fois source d’informations mais également source d’inspiration, et j’ai aimé que le biais exclusivement féministe ne l’interroge pas le moins du monde. Il ne faut donc pas s’arrêter sur l’esthétisme des pages intérieures de ce livre, qui pourrait freiner un lecteur qui se contenterait de le feuilleter, car ses fiches synthétiques sont très réussies et documentées, d’un grand intérêt. Pour peu qu’on s’intéresse un peu à l’art au féminin, on peut se rendre compte rapidement combien les femmes ont plus compté dans l’histoire de l’art qu’elle ne veut bien le laisser penser en général.

Editions Flammarion – avril 2021

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Lu dans le cadre d’une opération Masse critique de chez Babélio
La page du livre sur le site