Lectures 2018

Troisième personne, Valérie Mrejen

Ce n’est pas comme si je manquais de lectures… mais voilà, depuis quelques temps, j’essaye d’élargir mes horizons en participant régulièrement à l’opération Masse critique de chez Babélio. J’avais coché cette fois-ci plusieurs titres et j’ai reçu cette Troisième personne de Valérie Mréjen, un petit poche dont la couverture et le résumé m’attiraient. Je suis souvent adepte des récits de naissance et très sensible à la manière dont ils sont amenés. Peut-être ai-je alors trop lu sur le sujet, et meilleur ? J’ai trouvé ce récit, bien qu’intéressant, trop froid, cliniquement débité, sans le contre-point parfois émotionnel qu’a si bien su rendre Sophie Adriansen dans son Linea nigra magistral. Valérie Mréjen évoque pourtant avec finesse au départ ce bouleversement total dans la vie qu’est l’arrivée de l’enfant, cette fameuse troisième personne. Et je suis souvent adepte du style d’écriture qu’elle emploie. Elle prend en effet un ton impersonnel et distant qui rend bien compte de l’étonnement qu’est la naissance, de la responsabilité nouvelle d’un être supplémentaire, du sentiment à la fois de toute puissance et d’incompétence que tout parent ressent. Nous suivons le point de vue de la mère, qui regarde vivre et grandir, bien trop vite, ce petit être, qu’elle a mis au monde et lancé dans la vie. Le comportement de sa petite fille ne cesse de l’étonner, ainsi que sa faculté à ressentir et exister. Il s’agit aussi de s’approprier cette étrange et nouvelle fonction maternelle. Une lecture en demi-teinte donc, qui avait pourtant tout pour m’atteindre et me toucher.

« Elle s’habitue peu à peu à son nouveau titre à force de le dire ou de l’entendre dire. Un jour, l’enfant lui-même commence à l’appeler maman. C’est une fête que d’entendre cette petite voix, surtout quand elle insiste en réclamant la même chose plusieurs fois depuis un bout de l’appartement. »

Editions Folio – 20 septembre 2018

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une autre lecture chez… Cathulu

tous les livres sur Babelio.com

 

Publicités
Lectures 2018

Le vieux monde est derrière toi, Sylvie Baussier & Pascale Perrier

levieuxmondecouv

J’ai reçu ce titre dans le cadre d’une des dernières opérations Masse critique de chez Babélio… Ce roman est destiné aux adolescents et mélange deux thèmes que je ne pensais pas retrouver dans un tel livre, les manifestations de mai 1968 et la cécité chez les adolescents. Et il s’avère que ce mélange fonctionne, et que l’histoire imaginée par les deux auteures se révèle plutôt prenante. Nous commençons par faire connaissance avec l’INJA (Institut National des Jeunes Aveugles) de 1968, alors que le jeune Bruno fait sa rentrée. Jusque là, sa mère lui donnait des cours à la maison, faute de mieux. Madeleine, sa soeur, plus âgée, et voyante, l’accompagne. A cette occasion, elle va faire la rencontre de Joël, un jeune homme de son âge, élève de l’école depuis quelques années. Entre eux, le courant passe tout de suite, mais le handicap de Joël freine les premiers élans. Heureusement, leurs parents respectifs se lancent dans la création d’une association regroupant les parents d’élèves de l’école, une occasion supplémentaire de se croiser plus souvent. Les événements de 1968, qui prennent de plus en plus d’importance dans les rues de Paris et les informations, qui passionnent Madeleine, vont jouer aussi un rôle important dans leur idylle. Enfin, tout semble possible, les tags sur les murs le clament… Tout serait parfait, si il n’y avait cette inquiétude au sujet d’Annie, la petite soeur de Joël, cette crainte qu’elle soit atteinte du même mal que son frère. Tout serait parfait si le frère de Joël, voyant et sportif, n’avait pas lui aussi des vues sur Madeleine, et si son père n’avait pas ce caractère ombrageux qui décourage toute la famille… J’ai beaucoup aimé ce roman qui permet de poser une attention particulière sur les difficultés pratiques et scolaires du handicap visuel. Nous sommes à une époque où l’avenir pour les personnes atteintes de cécité était bien étroit. L’INJA préparait alors essentiellement au métier d’accordeur de piano. C’est un roman intéressant en ce sens car il témoigne du chemin parcouru pour insérer les handicapés dans la société, et de tout ce qu’il reste encore à faire. Une lecture enrichissante.

Editions Fleurus – avril 2018 – 

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

« Le vieux monde est derrière eux. C’est exactement ce qu’ils ressentent tous deux. Le vieux monde de l’enfance, le vieux monde fané qu’ils ont subi pendant des années. Désormais, la jeunesse est capable de se diriger vers le meilleur, d’enlever la poussière accumulée pendant des siècles, et de VIVRE enfin. »

Un titre lu dans le cadre d’une opération Masse critique de chez  Mon profil sur Babelio.com

 

Lectures 2018

Je vais rester, Trondheim & Chevillard

20180428_201818

Un couple arrive en vacances à Palavas… Les bagages sont encore dans la voiture, la location n’est pas prête. Alors, pourquoi ne pas aller prendre quelques instants l’air du large ? Fabienne et Roland ont à peine le temps de profiter de l’atmosphère, qu’un grand coup de vent se lève et qu’un auvent vient heurter la tête de Roland, qui décède sur le coup. Sur le choc, Fabienne décide de rester, et assiste consciencieusement à toutes les sorties prévues par Roland et qu’il avait méticuleusement notées dans son agenda. Que dire de cette histoire très touchante ? De la réaction inexplicable et en même temps extraordinaire de Fabienne ? De sa manière de rester dans son état de sidération et de reprendre ainsi sa vie en main ? Une façon, sans doute, d’intégrer le choc d’un décès si brutal et traumatisant. Une « mort à la con » comme le dit Paco, cet homme un peu fantasque qu’elle rencontre et qui se prend d’amitié pour elle. Mais j’ai surtout grandement apprécié le dessin de Hubert Chevillard, sa manière de croquer en vol diverses scènes de vacances. C’est un dessin très vivant qui permet de se tenir tout près de Fabienne, et de vivre ce quelle vit. On entend les sons, on ressent le vent, le soleil… Bref, un très bel album, aux très belles couleurs d’été, plein de vie, malgré le drame qui est survenu, présent en arrière plan, et qu’il ne faut pas hésiter à ouvrir !

Editions Rue de Sèvres – 2 mai 2018 – Je vais rester par Trondheim

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Lu dans le cadre d’une opération Masse critique de chez  Babelio

 Résultat de recherche d'images pour "je vais rester rue de sevres"

Lectures 2018

Les infidèles, Dominique Sylvain

Tu avais été séduite par l’intervention de Dominique Sylvain lors de son passage à La Grande Librairie il y a peu… tu as donc sauté sur l’occasion de demander son livre lors du dernier Masse critique de chez Babelio. Dans les premières pages, nous rencontrons tout d’abord la mystérieuse et un peu hautaine Alice, qui est à la tête du site lovalibi.com, un site qui fournit à ses clients, ayant des relations extra-conjugales, des alibis clés en main. Alice vit dans la peur de la mort, et de voir son anévrisme se réveiller. Installée à la campagne, elle mène une vie calme, aisée, et semble-t-il, préservée. Mais sa nièce adorée, Salomé, très jeune journaliste pleine d’avenir à TV24 est brutalement assassinée, alors qu’elle avait commencé un reportage de fond sur l’adultère et avait réservé, pour cette raison, une chambre à l’hôtel de La Licorne. Alice est effondrée, elle quitte sa demeure tranquille pour Paris, soutenir sa soeur et comprendre ce qui a pu se passer. Le commandant Barnier est chargé de l’enquête, accompagné par le lieutenant Maze, nouvellement arrivé dans son service et d’une beauté à couper le souffle. Et toi lectrice, qui ne lit pas souvent de polars (ce n’est pas ton genre de prédilection), tu as plutôt goûté celui-ci qui t’a semblé moderne et efficace. Dominique Sylvain donne la parole alternativement à plusieurs personnages de l’enquête, et même à un personnage énigmatique, qui s’avère très vite dangereux. Nous rôdons dans le milieu du journalisme, mais aussi de l’hôtellerie, dans ces heures où les couples adultérins se retrouvent, dans cette marge étroite où baigne le mensonge, la vengeance et parfois la colère. Et tu as aimé qu’au milieu de tout ça, le commandant Barnier se pose des questions sur ce qu’il éprouve réellement pour son jeune lieutenant, la pureté et la sincérité étonnante de ses atermoiements. Tout le roman est imbibé par son trouble. Il faut bien, sans doute, que l’enquête piétine un peu… et pour une fois le trouble est original. Au final, tu es heureuse d’avoir lu ce titre, dont tu ne garderas sans doute pas un très grand souvenir, mais qui a eu le mérite de te redonner le goût de lire des polars (surtout ceux qui traînent dans ta PAL).

Editions Viviane Hamy – février 2018 –  

Tu as aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

tous les livres sur Babelio.com
Instagram

C’était en mars sur @Instagram

Vos deux photos préférées de mars… sur @antigoneheron

L’image contient peut-être : 2 personnes, personnes souriantes, gros plan et intérieur    Aucun texte alternatif disponible.

17 mars – Photo avec @laurerollier. Merci à elle ! Et plein de belles rencontres aujourd’hui… surtout des libraires rencontrés au déjeuner. Ravie @anaishhh 😊d’avoir fait ta connaissance ! Rhaaa ma tête en photo.😣 – 49 ❤ | 23 mars – Instant Thé BD. Avoir ramené hier soir des nouveautés BD de mon comité de Bibliothèque. #glénat #palaisdesthes –  41 ❤

Un mois de mars bien rempli avec :

* le Mazarine Book Day 3 sur Paris (le 17 mars) où tu as pu (donc) te prendre en selfie avec Laure Rollier, la gagnante de l’an passé, auditionner de jeunes talents sous la forme d’un speed dating pour une éventuelle édition de leur manuscrit, revoir des blogueuses parisiennes, le staff Fayard/Mazarine si sympathique, et rencontrer des libraires. C’était encore une chouette journée !! (pour plus d’infos n’hésitez pas à ouvrir le Grazia du jour dans lequel s’est glissé un reportage très complet).
* un passage sur Nantes le 19 mars où tu as pu faire (entre autres) le plein de thé au Palais des Thés.
* une soirée avec ton comité BD de bibliothèque le 22 mars où tu as fait cette fois-ci le plein de nouveautés BD, pour des chroniques à venir, ou non. Tu essayes au moins de mettre un avis bref sur ton compte Babelio. Tu n’as pas été séduite par l’album en photo, dommage.
* le festival Rue des livres à Rennes, le 24 mars, lors la traditionnelle rencontre des blogueuses de l’Ouest. Ravie de vous avoir toutes vues !! Encore une belle journée, organisée par Gambadou qui en raconte bien plus !

Encore plus de photos et de détails (surtout pour la journée sur Rennes), car tout n’est pas sur le blog, loin s’en faut, sur ton compte Instagram [clic ici]

 

Lectures 2018

La friction du temps, Martin Amis

De Martin Amis tu avais lu roman D’autre gens, qui trône dans ta bibliothèque, et dont tu gardes un très bon souvenir de lecture… mais tu n’avais aucune idée de sa verve d’éditorialiste. La Friction du temps reprend des billets publiés par l’auteur entre 1994 et 2017, dans diverses revues et sur divers sujets. Et le moins que l’on puisse dire est que Martin Amis ne mâche ni ses mots, ni ses engouements, ni ses opinions. Martin Amis est auteur de nouvelles, romans et thrillers, et donc aussi de nombreuses chroniques publiées en revues (le New Statesman, l’Observer, Vogue, Esquire). Tu as personnellement été très intéressée par ses articles littéraires, notamment ceux évoquant Nabokov dont il est un spécialiste. En maîtrise, il y a très très longtemps, ton maître de mémoire t’avait porté vers cet auteur, et notamment vers le roman Ada (que tu avais détesté). Il va sans dire que ce mémoire n’a jamais vu le jour… Et quel bonheur de lire que Martin Amis considère l’Ada de Nabokov comme son roman raté. Tu t’es retrouvée d’accord avec lui sur beaucoup d’autres sujets, et étonnée aussi de la diversité de ses centres d’intérêts. Martin Amis évoque aussi bien effectivement l’ascension de Donald Trump, que le poker, la pornographie, l’hérédité, John Travolta, Orange mécanique, Las Vegas, Philip Roth ou Saul Bellow… Et toi lectrice, tu as parcouru ce portrait en creux d’une Amérique à la fois riche et obtuse faite par un anglais élevé sous l’influence des lectures de Jane Austen et  James Joyce avec régal. C’est une lecture qui ne demande pas de connaître tant que cela les auteurs abordés, ni les thèmes, car on y apprend beaucoup. Tu as personnellement sauté les chapitres sportifs qui t’intéressaient moins. Martin Amis pose un regard intelligent sur notre temps, avec un ton à la fois satirique et sans concessions, qui fait du bien !

Editions Calman Levy – novembre 2017

Tu as aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Lu dans le cadre d’une opération Masse critique de chez Babelio [clic]

tous les livres sur Babelio.com