Lectures 2019

Le quartier, Joakim Zander

Grâce au dernier Masse Critique Mauvais genre de chez Babélio, j’ai eu la chance de recevoir ce titre qui vient tout juste de sortir chez Actes Sud collection Actes noirs… Comme je lis très peu de polars, j’ai été plutôt contente de cette opportunité de sortir ainsi de ma zone de confort. Et c’est effectivement un voyage autant décoiffant que dépaysant que j’ai pu faire dans Stockholm et ses différents quartiers, via ce roman très bien écrit, moderne et prenant. Nous suivons principalement trois personnages dans cette histoire, trois jeunes gens très différents, bien que liés par les événements qui se déroulent à présent à Bergort, un des quartiers défavorisés de la banlieue de Stockholm. Il y a tout d’abord Fadi, un jeune garçon rebelle qui cherche surtout sa voie après le départ de sa soeur. Il est attiré par le beau discours qu’on lui sert, l’intérêt qu’on lui porte et rêve peu à peu de partir en Syrie. Yasmine, sa soeur, a quitté Bergort précipitamment quelques années plus tôt. Elle vit à New-York et exerce la profession de « chercheuse de tendances » mais sa vie n’est pas rose auprès d’un petit ami toxico et violent. Lorsque sa mère lui envoie des photos où Fadi, prétendu mort en Syrie, apparaît, elle fait tout pour retourner à Stockholm à la recherche de son petit frère. En parallèle, nous suivons Klara, qui prépare un rapport destiné aux gouvernements de l’Union Européenne et dont l’ordinateur est volé un soir dans un café alors qu’elle avait sans doute trop bu. Le décès violent d’un de ses collègues et l’attitude étrange de sa chef l’incite à en savoir plus. Les enquêtes des deux jeunes filles vont les amener à se mettre en danger, tandis que Fadi se cache et prépare sa revanche… Après avoir eu quelques difficultés en début de roman à situer les époques et situations, j’ai beaucoup aimé ensuite suivre les péripéties des protagonistes de ce roman qui a le mérite de s’intéresser à tous les milieux d’un Stockholm loin de l’image lisse que l’on nous présente habituellement. Il est question dans ce livre de radicalisation, de pauvreté, de machinations entreprises par de grands groupes, d’intérêts gouvernementaux, mais aussi d’amour, de fidélité et d’amitié. Et ne vous y trompez pas, une fois que l’intrigue est lancée, le lecteur est happé par un enchaînement de rencontres et de situations dignes des plus grandes séries du genre ! J’ai beaucoup aimé.

Editions Actes Sud – 10 avril 2019

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Lectures 2019

Un matin, j’étais féministe ~ Sophie Bramly

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Hier, nous étions le 8 mars, la journée où l’on fête les droits des femmes et où on souhaite aussi qu’ils évoluent dans le bon sens, vers le meilleur, et surtout perdurent… Avant d’être mariée, et maman, je n’avais pas tellement conscience d’être un genre discriminé. Et pourtant, si je suis honnête, des héros de mon enfance, je voulais bien plus être plus tard le jeune garçon de l’Ile au trésor que les jeunes filles bien rangées des Petites filles modèles. Dans tous les récits lus à l’époque, l’avenir semblait bien plus vaste et offert aux jeunes garçons, quand les jeunes filles n’avaient qu’un bon mariage en perspective. Heureusement, la littérature jeunesse a bien changé et les héroïnes féminines d’aujourd’hui n’ont rien à envier aux héros masculins, quel progrès ! Comme Sophie Bramly, je crois que je suis devenue féministe au fil du temps et des expériences, et en souvenir de mes lectures qui me donnaient un grand sentiment d’enfermement au féminin. Mais la littérature et l’histoire manquaient alors drôlement de figures auxquelles se raccrocher, alors qu’elles existaient, dans les faits. C’est sa propre expérience que Sophie Bramly raconte dans ce livre, entremêlant son histoire personnelle et le portrait de grandes figures féminines (ou féministes, car il y a de beaux portraits d’hommes aussi) inspirantes. Sophie Bramly est née en 1959 en Tunisie. Elle a été photographe, directrice artistique, puis productrice d’émissions sur MTV Europe. Elle est connue pour avoir diffusé la culture hip-hop en France au début des années 1980. Elle a travaillé pour une major de disque avant de de fonder deux sociétés de production dédiées à la sexualité et à l’émancipation féminine. Elle dirige un Think thank qui mesure l’impact du féminisme sur la société et a fondé le collectif 52. C’est un sacré personnage, et une femme elle-même inspirante que je suis heureuse d’avoir rencontrée à travers ce livre. Même si j’ai déploré au fil de ma lecture le côté un peu confus du fil narratif, il me reste à la fin de ce voyage au pays du féminin un sentiment très fort d’appartenance et de sororité. J’ai aimé qu’il soit à la fois question de Madonna, Prince, Christine and the queens, de Wonder woman et de ces femmes de l’ombre qui ont voulu par exemple, entrer un temps dans la NASA avant de se faire renvoyer brutalement. Je rapprocherais cette lecture du très intéressant livre de Titiou Lecoq, Libérées, que je vous conseille également vivement. Toutes ces lectures sont bien utiles pour se rendre compte de tout ce qui est fait dans notre société pour renvoyer continuellement les femmes dans leurs foyers, et les réduire à ce qu’elles ont de fragile, minoritaire, inférieur… délicat.

« Je reste stupéfaite de la division des genres, parce qu’elle est partie d’une idée folle et reste pourtant tenace aujourd’hui. Je ne comprends pas plus que les femmes qui se sentent libres et/ou qui ont du pouvoir soient perçues comme masculines, insinuant au passage l’idée que le libidinal serait de l’ordre du masculin. Et pourtant, je suis aussi victime de préjugés : si je refuse obstinément tout ce qui ressemble de près ou de loin au shopping, si j’exècre le rose, ce n’est pas seulement parce que je m’insurge contre ces assignations de genre, c’est aussi parce que je finis par associer « féminin » avec « moins bien », même si au fond de moi reste la conviction que c’est notre force – faite de notre capacité à engendrer conjuguée à celle de ruser, de contourner, de résister et de faire mille choses à la fois – qui nous vaut d’être acculées à s’afficher comme vulnérables. »

Editions Kero – mars 2019

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Lu dans le cadre de la dernière opération Masse critique de chez Babélio

Lectures 2019

Chambre 128, Cathy Bonidan… Rentrée littéraire de janvier

Comment résister à un tel roman ? Déjà, sa couverture attire l’œil de toute lectrice qui se respecte, et puis on retourne le livre, et on lit ceci… Quand Anne-Lise réserve la chambre 128 de l’hôtel Beau Rivage pour de courtes vacances en Bretagne, elle ne sait pas encore que ce séjour va transformer son existence. Dans la table de chevet, elle découvre un manuscrit sur lequel figure juste une adresse où elle décide de le réexpédier… Quand il s’avère que Chambre 128 est, de plus, un roman épistolaire, il n’est plus question de résister du tout. J’ai donc été ravie de remporter ce titre lors du dernier rendez-vous Masse critique de chez Babélio. Si vous avez aimé Et je danse aussi de Anne-Laure Bondoux et Jean-Claude Mourlevat, vous aimerez sans doute également ce roman. En effet, lorsque Anne-Lise envoie le manuscrit à son auteur, elle ne se doute pas qu’il ne l’est que de la moitié seulement du texte, du chemin que ce manuscrit a déjà parcouru, de toutes les mains dans lesquelles il est passé, ni du pouvoir qu’il a eu sur toutes les vies rencontrées. Commence alors entre Anne-Lise et Sylvestre, l’auteur de la première moitié du manuscrit, donc, une belle correspondance, rythmée par les découvertes de chaque protagoniste et le récit de leurs vies respectives. Il s’agit en effet pour ces deux nouveaux amis de savoir qui est l’auteur de la deuxième partie du manuscrit en remontant le temps vers son premier lecteur… Voici un beau roman sur le pouvoir de l’écriture, la magie des rencontres, et qui a ce charme désuet des correspondances écrites. Il donne envie de recommencer à envoyer des lettres, de risquer de nouveau le temps d’attente du transport d’un courrier, que des missives se croisent et manquent leur but, qu’un coup de fil passé dans le café voisin sauve. J’ai cru déceler ici et là un clin d’œil à un autre roman épistolaire, plus moderne celui-ci, mais marquant, Quand souffle le vent du nord de Daniel Glattauer… mais je ne suis sûre de rien. En tous les cas, Chambre 128 est un roman des plus agréables, rafraîchissant et joyeux, qui permet de passer un bon moment de lecture, en compagnie de personnages attachants. Il est à classer dans la catégorie des romans qui font du bien. Il a peut-être manqué seulement d’un peu de souffle littéraire, pour la lectrice que je suis, pour être totalement conquise, mais je sais déjà qu’il va rendre heureux de nombreux autres lecteurs !

Editions de la Martinière – 17 janvier 2019

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C’était en janvier

Et j’en profite pour vous raconter mon mois de janvier, via d’abord vos deux photos préférées sur mon compte Instagram @antigoneheron. Vous avez aimé ma première lecture de l’année (coup de ❤ d’ailleurs) et quel bonheur effectivement de retrouver l’écriture si délicate de Laurence Tardieu, et les dessins de ma fille qui fait des merveilles à main levée (elle passe l’option Arts plastiques au bac cette année), merci pour elle !

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01/01 – En cours de lecture @editionsstock #laurencetardieu Sortie le 2 janvier en librairie. Un régal de douceur et de réflexions sur le temps qui passe. ❤ – 61 ❤ | 13/01 – Dessin fait à main levée. Ma fille cette artiste ! 👍😍🐋 – 71 ❤

En janvier, il y a eu aussi…
* des séries, pour les adeptes de Netflix qui cherchent des idées j’ai aimé The paradise et Poldark ;
* l’ambition de recouvrir au tricot tous les coussins de ma maison (ou presque) ;
* l’ambition de lire au moins 10 livres par mois, je vais les référencer à l’aide du nouveau compteur Babélio ;
* un nouveau rendez-vous mensuel, Fil book, au sein de ma bibliothèque (tricot et lectures) ;
* une journée à Angoulême… avec quelques achats et la joie de parcourir surtout l’exposition Manara.

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Récapitulatif des lectures chroniquées en janvier :

Lectures 2018

Antigone, Jop

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Depuis quelques temps, j’essaye de participer le plus régulièrement possible aux opérations Masse critique de chez Babélio, car j’apprécie de pouvoir choisir le titre qui me fait envie et le fait de passer par une plateforme me donne un certain sentiment de liberté dans ma lecture… Lors de cette dernière session graphique, je n’étais cependant pas très emballée par les propositions jusqu’à ce que je tombe sur ce titre, qui était évidemment fait pour moi. A la réception, j’ai été très étonnée par la minceur de l’album, son petit format. Il faut dire que cet Antigone là est la première publication de Jop, et qu’il est très certainement destiné à un public plutôt adolescent, d’où sans doute la brièveté de l’ouvrage. L’auteur a choisi de faire de son héroïne un personnage moderne, recueillie par son Oncle Créon, préfet de son état. L’Antigone de Jop défend une ZAD (Zone à Défendre), est la meilleure amie d’Ismène, qu’elle considère comme sa soeur, et se fait bien entendu prendre sur le fait pas la police, qui en réfère immédiatement à son Oncle Créon. La qualité du dessin, la dominante bleue de l’ensemble, les extraits connus de la pièce d’Anouilh mélangés à un langage plus moderne, font de cet album un magnifique objet et une belle approche du mythe d’Antigone, très bien repris d’ailleurs dans un dossier en fin de récit. J’ai peut-être trouvé l’ensemble un peu court, j’aurais aimé que l’intrigue soit plus développée, mais pour un album à petit prix, ce livre est d’une qualité indéniable. J’ai hâte de suivre Jop dans une autre publication, son trait étant très prometteur ! De plus, l’envoi de ce titre m’a permis de découvrir une maison d’édition, Goater, qui semble contenir réellement de belles trouvailles.

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Editions Goater – 11 Janvier 2019

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Une autre lecture chez… Eimelle

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Lectures 2018

Troisième personne, Valérie Mrejen

Ce n’est pas comme si je manquais de lectures… mais voilà, depuis quelques temps, j’essaye d’élargir mes horizons en participant régulièrement à l’opération Masse critique de chez Babélio. J’avais coché cette fois-ci plusieurs titres et j’ai reçu cette Troisième personne de Valérie Mréjen, un petit poche dont la couverture et le résumé m’attiraient. Je suis souvent adepte des récits de naissance et très sensible à la manière dont ils sont amenés. Peut-être ai-je alors trop lu sur le sujet, et meilleur ? J’ai trouvé ce récit, bien qu’intéressant, trop froid, cliniquement débité, sans le contre-point parfois émotionnel qu’a si bien su rendre Sophie Adriansen dans son Linea nigra magistral. Valérie Mréjen évoque pourtant avec finesse au départ ce bouleversement total dans la vie qu’est l’arrivée de l’enfant, cette fameuse troisième personne. Et je suis souvent adepte du style d’écriture qu’elle emploie. Elle prend en effet un ton impersonnel et distant qui rend bien compte de l’étonnement qu’est la naissance, de la responsabilité nouvelle d’un être supplémentaire, du sentiment à la fois de toute puissance et d’incompétence que tout parent ressent. Nous suivons le point de vue de la mère, qui regarde vivre et grandir, bien trop vite, ce petit être, qu’elle a mis au monde et lancé dans la vie. Le comportement de sa petite fille ne cesse de l’étonner, ainsi que sa faculté à ressentir et exister. Il s’agit aussi de s’approprier cette étrange et nouvelle fonction maternelle. Une lecture en demi-teinte donc, qui avait pourtant tout pour m’atteindre et me toucher.

« Elle s’habitue peu à peu à son nouveau titre à force de le dire ou de l’entendre dire. Un jour, l’enfant lui-même commence à l’appeler maman. C’est une fête que d’entendre cette petite voix, surtout quand elle insiste en réclamant la même chose plusieurs fois depuis un bout de l’appartement. »

Editions Folio – 20 septembre 2018

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Une autre lecture chez… Cathulu

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