Lectures 2022

Le labyrinthe inachevé, Jeff Lemire… ma BD de la semaine !!

Grâce à la reprise des rendez-vous BD de ma bibliothèque, j’ai ramené chez moi quelques nouveautés. Cet album a attiré mon attention car un pull se détricote en couverture, comme un fil d’Ariane. Je ne pouvais pas passer à côté ! Jeff Lemire est l’auteur de Sweet Tooth, dont j’ai vu passer la couverture à plusieurs reprises. Je peux dire d’emblée que les dessins de cet album sont hypnotisants et servent une narration qui l’est également… Will, chef de chantier, est toujours très marqué par la mort de sa fille, survenue dix ans auparavant. Il vit lui même, tel un fantôme. Un appel téléphonique va bouleverser sa vie morne, lui donnant l’espoir insensé que sa fille est toujours vivante, et qu’elle est coincée dans un de ces labyrinthes de papier qu’elle aimait résoudre. A-t-il entendu effectivement la voix de son enfant ? Est-ce une hallucination ? Will, résolu à ne pas laisser passer cette chance et remarquant que le plan de sa ville forme une sorte de labyrinthe, part dans une quête à la fois surnaturelle et salvatrice… Le pull rouge de la fille de Will, évoqué dans les premières pages et sur la couverture est le fil conducteur de cet album où les couleurs se font rares mais sont toujours marquantes. J’ai beaucoup aimé dans ce livre l’utilisation des symboles, les références à la mythologie, mais aussi tout ce qui a trait à la ville, dont Will maitrise parfaitement la structure. Jeff Lemire nous livre ici une image crasse du désespoir et de la souffrance, dont il a fait une oeuvre surnaturelle et libre assez bluffante.

Editions Futuropolis – 24 août 2022

 J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Tous les autres liens sont chez Fanny aujourd’hui 

 

Publicité
Lectures 2022

Le meilleur des mondes, Fred Fordham… d’après Aldous Huxley

lemeilleurdesmondes

N’ayant pas lu le roman, j’ai choisi cette adaptation BD lors de la dernière opération Masse critique de Babélio pour combler partiellement cette lacune. Malheureusement, je ne peux donc pas vous dire si la version de Fred Fordham est fidèle ou non à l’original. Le dessin des planches de cet album n’est pas désagréable, très coloré, parfois psychédélique, mais peut-être un peu froid… Le lecteur est plongé rapidement dans un univers particulier, futuriste, dystopique. Le Centre d’Incubation et de Conditionnement de Londres-Central contient en effet des couveuses où chaque bébé qui y dort paisiblement est né artificiellement. Quand il grandira, il sera progressivement intégré à un système éducatif, sensé le stimuler et le conditionner. Un bonheur superficiel est au programme. Dans la rue, des hauts parleurs déclament qu’il vaut mieux jeter et acheter du neuf que réparer. Pour vivre plus intensément, et ne jamais s’ennuyer, les adultes avalent régulièrement un cocktail chimique qui décuple leurs sens. La liberté sexuelle est de mise dans un monde où personne ne s’appartient mais appartient à tous. Lorsqu’une visite est organisée dans une réserve du nouveau Mexique, les voyageurs en provenance de Londres découvrent l’existence d’êtres nés d’un père et d’une mère, et monogames. Une mère et son fils, désireux de connaître le monde dit « civilisé » sont extraits de ce monde « sauvage »… mais est-ce une bonne idée ? … J’ai été moyennement séduite par ma lecture de cet album. En serait-il de même du roman ? Je me pose la question. Bien entendu, comme toute dystopie qui se respecte, cette histoire interpelle et fait froid dans le dos. Et, en ce sens, le pari est là réussi. Je suis ressortie de cette lecture avec un sentiment désagréable, très certainement voulu par les auteurs. 

Editions Phileas – 13 octobre 2022

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 4 

Lu dans le cadre d’une opération Masse critique de Babélio

mauvaisgenrea

 

 

Lectures 2022

Le muret, Fraipont & Bailly… ma BD de la semaine !!

LEMURET

J’ai trouvé cet album lors d’un passage en bouquinerie solidaire (« Aux bouquins frappés » à La Roche sur Yon). Je n’avais pas lu depuis longtemps ce qu’on appelle un « roman graphique », comme cet album est désigné par l’éditeur. J’ai l’impression que cette dénomination est souvent utilisée simplement en raison du choix du noir et blanc… Nous sommes en 1988, en Belgique. Rosie subit une situation peu habituelle à son âge. A treize ans, elle doit se débrouiller seule à la maison, sa mère étant partie et son père étant très occupé par son travail. Heureusement, son amie d’enfance Nath est là. Mais bientôt, l’absentéisme et l’alcoolisme naissant de Rosie creusent un fossé entre les deux jeunes filles. Rosie fait la connaissance d’un garçon, un jour où elle broie du noir, seule sur ce muret où elle partageait avant ses secrets avec Nath. Comme elle, Jo est seul, se débrouille. Avec lui, elle connaît l’attention, mais aussi une certaine vie en marge, attirante et dangereuse à la fois. Le jeune homme de seize ans l’initie à la musique, aux petits trafics et à l’amour… J’ai beaucoup apprécié dans cet album retrouver les grands aplats de noir que j’aime en matière de BD. Le dessin est fin, mobile, expressif. Les auteurs excellent dans la retranscription de la solitude et d’une adolescence à la dérive. Le tout est vraiment très réussi, s’ancre dans les années 80, tout en touchant à l’universel par sa mélancolie. Le lecteur assiste avec inquiétude au quotidien de Rosie, abandonnée bien trop tôt et en quête d’affection. Quand elle porte une première fois une bouteille d’alcool à sa bouche, on voudrait en éloigner le goulot et la prendre dans ses bras. Une très belle trouvaille de bouquinerie !

muretplanche

Editions Autrement – janvier 2014

 J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Tous les autres liens sont chez Noukette aujourd’hui 

 

Lectures 2022

La vie d’adulte, Sophie Adriansen & Eloisa Scichilone & Mauro Gandini… ma BD de la semaine !!

laviedadulte

Je suis une fidèle des publications de Sophie Adriansen. J’ai beaucoup aimé tout ce qu’elle a écrit par exemple sur la grossesse, le désir d’enfant et le post partum. Elle aborde dans cet album un sujet bien différent, un sujet qui me parle particulièrement en ce moment, alors que mes enfants grandissent et se cherchent… Au delà de ce thème, annoncé en titre, je crois que ce sont les dessins du couple d’illustrateurs avec lesquels elle a travaillé qui ont attiré aussi mon attention, car ils sont magnifiques !  L’histoire ? A l’occasion d’un petit accident de la route, Marina apprend qu’elle doit se faire opérer du cerveau. A presque trente ans, depuis peu au chômage et en plein questionnement au sujet de son couple, la voici brutalement contrainte de réfléchir au sens de sa vie. Elle cache même à sa mère son opération, décide de partir en Italie, et de ne plus donner signe de vie pendant quelques jours. Cette distance, les rencontres qu’elle fait, lui permettent de se connecter à l’enfant qu’elle était, à ses désirs profonds. Mange, prie, aime étant mon film doudou, j’ai aimé que Sophie Adriansen y fasse référence, puis s’en éloigne, restant proche ainsi de la vie réelle, qui a parfois bien plus d’imagination que l’on croit. C’est un album qui fait du bien, insuffle de l’espoir et un grand souffle de vie, malgré les obstacles et les découragements. Le passage en Italie est très dépaysant. A cet âge charnière qu’est la vingtaine, comment faire le tri entre les injonctions, les désirs profonds et la réalité ? Comment devenir adulte et ne plus en avoir peur ? Monsieur, qui ne lit pas de BD d’habitude, a été attiré par cet album, qu’il a lu avec plaisir, a adoré et a trouvé très poétique. L’originalité des dessins, leur côté flou, l’a d’abord désarçonné, avant de le séduire complètement. C’est un album qui peut plaire à tous donc, et qui emporte dans un voyage très attirant, au pays de soi-même.

laviedadulteplanche

Editions First – 20 octobre 2022

 J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une autre lecture chez… Stephie

Tous les autres liens sont chez Moka aujourd’hui 

 

Lectures 2022

La longue marche des dindes, Léonie Bischoff & Kathleen Karr… ma BD de la semaine !!

lalonguemarchedesdindes

J’avais besoin d’apaisement, et cet album adorable était dans ma PAL. Nous avons donc passé ensemble un agréable moment… Cette BD est l’adaptation du roman éponyme de Kathleen Karr, déjà publié chez l’Ecole des loisirs (que je ne connaissais pas). Son illustratrice, Léonie Bischoff, a été récompensée en 2021 pour son Anaïs Nin au FIBD d’Angoulême… Alors que Simon est gentiment poussé hors de son école par son institutrice, et encouragé à « déployer ses ailes », lui vient l’idée bien ambitieuse d’acheter les mille dindes de Mr Buffey pour les vendre à Denver, où apparemment elles vaudraient vingt fois plus cher. Le problème est que cette ville est à plus de mille kilomètres de là. Cela n’arrête pas Simon, déterminé. Il recrute un muletier et, de rencontres en péripéties, va vivre le voyage le plus extraordinaire et dangereux de sa vie… J‘ai beaucoup aimé suivre Simon dans ses aventures, pendant cet été 1860, aux Etats-Unis, accompagner ses espoirs, ses engouements, ses déceptions, et ses joies. Le récit déboulonne avec espièglerie quelques clichés. Aucun des personnages ne s’avère en effet avoir les réactions attendues, du muletier ivrogne, compagnon fidèle, aux indiens rencontrés, pacifiques et intéressés par l’élevage des dindes. Ce livre est un bel album jeunesse, plein d’humour et de tendresse, qui croit à la détermination et à la poursuite de ses rêves, à offrir largement autour de soi.

planche

Editions Rue de Sèvres – 7 septembre 2022

 J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une autre lecture chez… Blandine

Tous les autres liens sont chez Fanny aujourd’hui 

 

Lectures 2022

Ils étaient dix de Pascal Davoz & Callixte… ma BD de la semaine !!

album-cover-large-42240

Comme vous le savez, je me suis prise d’affection pour cette collection aux Editions Paquet qui adapte un à un les romans d’Agatha Christie, et que j’avais découverte avec Drame en trois actes. J’ai poursuivi dernièrement avec Poirot joue le jeu. J’ai trouvé par hasard celui-ci samedi dernier en bibliothèque. Il faut savoir que, même si l’ensemble est assez cohérent, les dessinateurs et scénaristes changent d’un album à l’autre… « Ils étaient dix » est sans aucun doute le roman le plus connu d’Agatha Christie. Il a été publié à l’origine en français sous le titre « Dix petits nègres ». C’est sous ce titre que je l’ai lu quand j’étais enfant. Ici, les dix petits nègres ont été remplacés par dix soldats de plomb qui trônent, disposés en rond dans la salle à manger. Huit personnes apparemment sans lien entre elles sont invitées à se rendre sur une île. Un couple de domestiques les reçoivent. Au cours de la première soirée, chaque convive est accusé de meurtre par un gramophone. Leurs hôtes, les mystérieux monsieur et madame O’Nyme, sont absents. Les dix personnes présentes sur l’île sont assassinées les unes après les autres, à chaque fois d’une façon qui rappelle les couplets d’une comptine. Et à chaque fois, un soldat de plomb disparaît… J’ai aimé, encore une fois, cette adaptation, malgré son côté classique. Les dessins sont, dans cet opus, assez réussis, notamment les décors. Je ne me souvenais plus vraiment de l’identité du coupable, ce qui m’a permis d’apprécier la surprise du dénouement à sa juste valeur.

bd

Editions Paquet – 16 septembre 2020

 J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

La collection chez les éditions Paquet

Tous les autres liens sont chez Moka aujourd’hui