Lectures 2022

Incroyable, Zabus & Hippolyte… coup de coeur et ma BD de la semaine !!

incroyable

❤ Il était impossible que je ne vous parle pas de cet album pioché en bibliothèque. C’est en effet un petit bijou de tendresse. Nous sommes en Belgique, dans les années 1980. Jean-Loup est un jeune garçon, un peu différent, qui souffre de tocs, liés sans doute à sa solitude et à l’absence de sa mère. Lorsqu’il rentre de l’école, il se lance des défis d’enfant, compte et se donne des points, pour se motiver. Sa chambre est remplie de fiches sur différents sujets qui démontrent sa grande curiosité. Pour autant, il a aussi une incroyable imagination. Lorsque le jour des exposés arrive à l’école, il fascine ainsi son auditoire en improvisant sur la manière dont sont enterrés les morts de par le monde alors qu’il a oublié son premier et véritable sujet à la maison. Devant son succès retentissant, sa maitresse lui propose de participer au concours régional des exposés. C’est un défi pour Jean-Loup qui doit surmonter ses angoisses et ne peut pas compter sur son père, un véritable courant d’air. Heureusement, son parrain est là, qui prend le relais, à sa manière, touchante et désordonnée… Je suis rentrée à petits pas dans cette histoire. D’ailleurs, dans les premières pages, Jean-Loup est dessiné tout petit, comme une miniature. Mais peu à peu, tout ce que ce petit garçon particulier a à offrir prend de l’ampleur et voilà qui est très touchant. J’ai refermé cet album le coeur battant, séduite tout autant par ses dessins que par son histoire, admirative de l’intelligence de l’ensemble.

 

Editions Dargaud – avril 2020

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une autre lecture chez… Mo

Tous les autres liens sont chez Noukette aujourd’hui 

 

Lectures 2021

L’émouvantail t4, Renaud Dillies

Comme vous le savez, j’adore l’univers de Renaud Dillies, je n’ai donc pas pu résister quand cet album est apparu dans la dernière opération Masse critique de chez Babélio. Peu importe si je n’ai pas lu les trois premiers tomes de l’Emouvantail… Peu importe, car Renaud Dillies nous raconte toujours un peu la même merveilleuse histoire. Je n’ai donc pas été perdue. J’ai en effet retrouvé les thèmes qui lui sont chers, la roulotte vers laquelle par exemple l’Emouvantail se dirige au départ, cet instrument de musique qui fait des sons merveilleux, le soleil orange, un oiseau qui chante et la liberté. Lire un album de Renaud Dillies demande un certain lâcher prise, de retrouver son âme d’enfant et de laisser émerger l’univers lié. J’aime particulièrement le côté désuet des dessins, et même la répétition des thèmes, qui font partie du charme de cet Emouvantail. Et de cette poésie là, j’en redemande.

J’aurais aimé rencontrer les éditions de la Gouttière, qui ont été très généreux dans leur envoi, et dont je garde un excellent souvenir, au prochain FIBD d’angoulème, qui est malheureusement reporté. Je voulais aussi y aller avec mon fils. Une prochaine fois, espérons.

Editions de la gouttière – février 2021

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une autre lecture chez… Noukette

La page du livre sur Babélio

 

Lectures 2021

Je lis pour ma médiathèque #1

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J’inaugure une nouvelle rubrique sur ce blog avec ces albums que je lis pour le comité BD de ma médiathèque et que je ne commentais auparavant pas vraiment ici. Ce sont des albums qui sortent en général de ma zone de confort, et dont je n’ai pas forcément envie de parler longuement… Un petit topo donc !

Copra – volume 1 – Michel Fiffe – Delirium – septembre 2021
Attention ça déménage ! Michel Fiffe dans cet album réinvente le comics. Et c’est délirant, crade et très très drôle. Les dessins ne sont pas lisses, ce que j’ai apprécié. J’ai également, et bizarrement, adoré l’absurdité des dialogues. Copra, c’est une bande d’individus dangereux et hostiles, réunis pour aider le gouvernement. Ils s’auto-décrivent comme « le courroux divin perpétré par des assassins minables ». A la fin de cet album, l’auteur explique avoir écrit le tome 2, et sans doute aussi le tome 1, selon une méthode qui consiste à « ne pas se laisser paralyser par ses exigences, ni parfaire ses dessins au point de les rendre exsangues. Il s’agit de comprendre le principe d’une date de rendu et de travailler dans cette limitation en avançant vite mais avec régularité et sans jamais rien bâcler ». A la lecture, on ressent vraiment cette méthode qu’il appelle « Franchir le mur de Kirby » car l’histoire avance tambour battant, et semble s’inspirer seulement de l’intention du moment, tandis que le groupe est pris dans l’engrenage d’une trahison au cours d’une opération clandestine. 

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Go west – collectif – novembre 2021
Je n’aime pas spécialement le western. Je ne suis donc pas vraiment la cible de ce Go West. Mais j’ai été attirée par le côté collectif de cet album qui réunit quelques grands noms de la BD, comme Boucq par exemple… En quatorze histoires, cette intégrale retrace la conquête de l’Ouest américain, de 1763 à 1938 via le parcours d’une montre en or qui va passer de main en main, la plupart du temps suite à un meurtre violent. A chaque transmission commence une nouvelle histoire et s’invite alors un nouveau dessinateur. Le narrateur reste le même tout du long, il s’agit de Tiburce Oger, ce qui permet une grande cohérence de l’ensemble. Je dois avouer que j’ai quand même succombé au charme des dessins qui sont très beaux, quoique de facture très classique. Un album qui va plaire aux adeptes du genre.

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Lectures 2021

Sous les galets la plage, Pascal Rabaté… ma BD de la semaine !!

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J’ai craqué sur ce magnifique album de Pascal Rabaté, curieuse de voir ce qu’il avait imaginé cette fois-ci, et puis l’évocation aussi des galets, de la plage, de Loctudy… Nous sommes à la fin de l’été, au début des années 60, à Loctudy (donc). Alors que les estivants sont sur le départ, restent Albert, Francis et Edouard, de futurs étudiants, bien décidés à prolonger leurs vacances et à profiter de leur liberté. Ce sont des « fils de bonnes familles », installés dans des maisons secondaires de la côte. Sur la plage, une nuit, ils font la rencontre d’Odette. Elle leur propose un bain de minuit qui émoustille les trois garçons. Ils ne se doutent pas qu’ils vont ainsi se faire piéger.  En effet, la jeune fille est liée à un groupe de cambrioleurs qui sévissent dans la région… Le choix des couleurs de la couverture vous donne une idée de l’intérieur, tout en nuances de gris. J’ai été assez bluffée par certains contre jours qui laissaient deviner les traits du visage des protagonistes. Le jeu des motifs sur les vêtements est également remarquable. Il donne l’impression que Pascal Rabaté joue avec nous et notre capacité à supporter des ronds, des carrés, des rayures, très noires. J’ai même cherché (un peu) le jeu, l’illusion d’optique recherchée. L’histoire ? Elle est prenante, mais manque peut-être d’originalité, et je dois avouer qu’on se lasse de tout ce gris. J’aurais aimé une trouée de luminosité et de couleurs je crois. Mais pour autant, Pascal Rabaté a très bien su rendre l’ambiance d’une « certaine époque » d’avant mai 68, où défier ses parents, choisir sa voie, son « chemin de traverse » était encore très rare, surtout dans ces familles aisées où l’avenir brillant était tout tracé et un carcan difficile à briser. Je me suis demandée pour autant en refermant cet album si la liberté d’aujourd’hui n’avait pas terriblement changé et ne pouvait pas regarder d’un oeil un brin indulgent mais condescendant la recherche de liberté d’hier. Un album dont je ressors peut-être un peu mitigée mais qui brille d’intelligence, qui brigue l’anarchie, qui annonce une révolution à venir où on cherchera cette fois-ci la plage sous des pavés. Une curiosité à découvrir pour les adeptes de Rabaté.

Editions Rue de Sèvres – 17 novembre 2021

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Lectures 2021

Les longues traversées, Bernard Giraudeau & Christian Cailleaux… ma BD de la semaine !!

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Je vous présente encore aujourd’hui un album déniché lors du désherbage de ma bibliothèque. Et je suis très heureuse de mon acquisition, car j’ai passé un joli moment de lecture en sa compagnie. Le récit est de Bernard Giraudeau, et correspond à son univers littéraire, essentiellement fait de voyages et de dépaysement. L’écrivain est décédé en 2010, cet album est donc posthume. J’ai tout de suite trouvé les dessins de Christian Cailleaux, son complice depuis la sortie de leur précédent opus R97 les hommes à terre, vraiment très beaux. Nous faisons tout d’abord la connaissance de Théo, marin, puis écrivain, qui prit un jour à La Rochelle un cargo pour Lisbonne. Là-bas, il fait la connaissance de Diego, mécano angolais, promu capitaine d’un navire condamné à rester à quai. C’est donc une histoire d’amitié qui commence, troublée par des rêves de départ, des fantômes, et le roman de Théo en train de s’écrire, qui se confond avec la vie et le présent. Comme je le disais en début de billet, j’ai beaucoup apprécié les dessins de Christian Cailleaux dans cet album. Les planches nous plongent dans un univers maritime envoutant et mystérieux, mais pas que. Quelques femmes, très élégantes, traversent aussi les cases, des femmes de tempérament qui inspirent Théo l’écrivain. Il a commencé, dans cet hôtel de Lisbonne où il séjourne, à écrire le destin flamboyant d’Ines de Flores, qu’un veuvage brutal et le désir de vengeance ont envoyé autrefois sur les mers. Cet album plaira à ceux qui aiment à la fois les récits d’aventure, et passer du temps sur des quais, près des cargos. Une bien agréable découverte.

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Editions Aire libre – mai 2011

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L’interview ici du dessinateur

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Lectures 2021

Mélodie au crépuscule, Renaud Dillies… ma BD de la semaine !!

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J’adore l’univers de Renaud Dillies [clic ici], et je suis loin d’être la seule. Alors, quand j’ai trouvé quelques albums à vendre, lors du désherbage de ma bibliothèque, je n’ai pas hésité une seconde. Le lecteur rencontre dès les premières pages Scipion Nisimov, un échassier, qui a la particularité, outre de porter un noeud papillon et un costume, de se promener régulièrement dans la nature. Ce jour-là, il fait la rencontre de Tchavolo Naguine, qui cherche la rivière à bord de sa roulotte. Une petite partie de pêche plus tard, Scipion est ravi de rentrer chez lui, un énorme poisson à la main. Mais il découvre son amoureuse en plein ébat amoureux avec un autre. La surprise est de taille. Afin de lui changer les idées, Tchavolo lui promet alors de lui apprendre la musique. Il trouve un violon dans son fourbi et lui offre… On rentre dans l’univers de Renaud Dillies comme en poésie. Nul besoin de s’accrocher au réel, c’est un voyage qui demande du détachement. Je suis personnellement très sensible à son esthétique, un peu surannée, chaque case est une petite merveille que l’on a envie d’encadrer et d’accrocher à ses murs. Cet album est encore un joli voyage onirique à faire au pays de de la musique et des rencontres amicales. Et il pourrait être un album sans paroles, tellement les dessins se suffisent à eux-mêmes.

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Editions Paquet – octobre 2006

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Une autre lecture chez… Noukette

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