Coups de coeur·Lectures 2018

Urgence niveau 3, Joshua Dysart, Jonathan Dumont, Alberto Ponticelli, Pat Masioni

❤J’ai une méfiance particulière envers les ouvrages qui cherchent à nous apitoyer, qui cherchent à tout prix le pathos, parfois pourtant pour une noble cause, mais qui ratent ainsi bien souvent leur objectif… Cet album ne tombe pas dans ce défaut là, et pourtant c’est un album engagé et fort. De quoi s’agit-il ? Il est important tout d’abord d’éclairer ce titre. En effet, une intervention d’urgence humanitaire niveau 3 constate une crise humanitaire de la plus grande urgence et ampleur. Le Programme Alimentaire Mondial (WPF) est alors l’agence alimentaire de l’ONU qui peut intervenir sur place. Dans ce récit, nous sommes plongés dans trois situations humanitaires de niveau 3, et suivons ainsi des personnages, des aides humanitaires dépêchés sur place, en Irak, au Soudan et au Tchad. Confrontés à des situations indescriptibles, humainement incroyables, et parfois dangereuses, ces aides tentent tant bien que mal d’apporter réconfort, nourriture et écoute à des êtres humains qui ne pensent qu’à survivre et à sauver leur famille. La rencontre peut-elle alors avoir lieu ? Quelles sont les motivations de ces aides humanitaires venus chercher parfois seulement un sens à leur vie ? Cet album a le grand talent de nous plonger dans la réalité crue du monde tel qu’il est à certains endroits de la terre, en nous laissant accompagner, pour chaque situation, une famille particulière, ce qui permet l’attachement et l’empathie. Certaines situations sont fortes et atroces, et le vivre ainsi au plus près des personnages les rend terriblement réelles. J’ai aimé aussi les dessins, la mise en place des cases, et j’ai eu au final un coup de coeur pour cet album qui remue intelligemment et permet la prise de conscience. Je vous le conseille vivement.

Bliss Comics Editions – octobre 2018

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Lectures 2017

Pome, Marie Desplechin & Magali Le huche

      

J’avais adoré re-découvrir Verte via la nouvelle version de Magali Le Huche, et j’ai été encore plus ravie de lire cette suite que je connaissais moins… Voici donc la seconde adaptation de la série des petits romans de Marie Desplechin toujours publiée par ailleurs à L’école des loisirs. Pome est la nouvelle petite voisine. Elle vient d’emménager avec sa mère, peu aimable. Verte et Pome ont donc tout pour s’entendre. En effet, elles partagent toutes deux la vie de mères acariâtres et se retrouvent à fréquenter la même école. Mais il s’avère qu’elles ont encore plus de points communs qu’elles ne le pensent, car Verte découvre un beau jour que Pome est également une petite sorcière. Les mercredis avec Anastabotte, la grand-mère de Verte, vont donc prendre une autre dimension. Verte est pleine d’enthousiasme de partager avec une amie ses connaissances, jusqu’à prendre parfois quelques risques et faire des erreurs… Il n’était pas prévu que son père, un homme, assiste à la manifestation de leurs dons. Anastabotte n’est pas très contente, surtout que Soufi est déjà au courant lui aussi, et que le cercle de ceux qui savent s’élargit ainsi un peu trop à son goût… Mais rien ne peut entamer la bonne humeur de Verte et de sa grand-mère et la joie revient très vite dans la petite bande, plus préoccupée au final par l’idylle naissante entre Papy Ray et la vieille dame. Que vous dire, mis à part que j’adore ce que fait Magali Le Huche, et que se perdre dans les détails des quelques grandes planches qui parsèment l’album est un plaisir toujours renouvelé ! De plus, quel bonheur de retrouver les délicieux personnages de Marie Desplechin. Une série qui ne peut que plaire aux jeunes lecteurs, il me semble, car exempte de mièvrerie, et suffisamment espiègle pour séduire. Vivement la suite !

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Editions Rue de Sèvres – octobre 2018

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Lectures 2018

Chroniques du léopard, Appollo & Tehem

       

Cela fait bien longtemps que je n’avais pas présenté d’album BD ici… mais comme je refais des passages en médiathèque en ce moment, les occasions sont revenues. L’album que je vous présente aujourd’hui est le fait de deux auteurs qui connaissent bien l’île de La Réunion pour y avoir tous les deux vécu. Et cela se sent dans ces chroniques du léopard, qui relatent l’histoire de deux jeunes gens, internes dans le lycée huppé de Lecomte-de-Lisle pendant la seconde guerre mondiale. Dans ce lycée aux méthodes très strictes, Lucien et Charles côtoient le sérieux et brillant jeune Raymond Barre, ainsi que les prometteurs frères Vergès. Mais ce qui intéresse surtout Lucien est de former un groupe de rébellion, tandis que le régime de Vichy règne en maître sur l’île. Le lecteur apprend beaucoup sur l’histoire de la Réunion durant cette période, mais surtout sur l’organisation de cette société de forme coloniale où il vaut mieux être riche et blanc que noir. Avec un Lucien exalté, qui traîne à sa suite son ami Charles, plus pondéré, on visite également les différentes parties de l’île, où le climat est parfois très différent et les dialectes et les habitudes aussi. Même si le propos est souvent espiègle, les planches de cet album traitent avec sérieux d’une période intéressante de l’histoire de La Réunion et de son rôle dans la seconde guerre mondiale, dont j’ignorais tout. J’ai beaucoup aimé lire cet album de grande qualité, que je vous recommande. Il y règne aussi une ambiance à la Cercle des poètes disparus extrêmement séduisante. En résumé, une belle découverte, et une chouette BD avec laquelle j’ai passé un agréable moment de lecture.

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Dargaud – 31 août 2018

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Coups de coeur·Lectures 2018

América (épisode 1), Jason Pearson & Alé Garza & Jon Hughes

Il se peut que je vous étonne un peu avec mon coup de coeur du jour !  Mais je dois dire que grâce à mon garçon (13 ans,) je baigne dans l’univers des super héros depuis longtemps. La semaine dernière, nous étions d’ailleurs au rendez-vous pour la sortie au cinéma du deuxième épisode des Indestructibles. Ce qui arrive à America, dans le tout premier épisode de cette série que je vous présente aujourd’hui, a quelques liens avec le thème de ce deuxième opus, car elle met sans conteste le féminin à l’honneur. Mais loin d’être devenue la meilleure super héroine du moment, America a perdu elle, de manière complètement étonnante, et depuis peu, tout pouvoir d’indestructibilité. America travaille pour HeroCorp, une entreprise de super héros, et ce depuis dix ans, elle n’a donc pas l’intention d’arrêter ses activités. D’ailleurs, la voici toujours sur la brèche, et devenue accroc à cette nouvelle sensation jusque alors inconnue d’elle : la douleur. Ses employeurs ne sont pas chauds de la laisser travailler ainsi, et son contrat d’assurance est ainsi rompu quand elle refuse de porter la nouvelle combinaison qu’on lui a fabriquée. Mais America ne s’en laisse pas compter et démontre qu’elle reste malgré ses nouvelles failles une super héroïne. Personnellement, j’ai beaucoup aimé dans ce premier épisode, les dialogues savoureux et percutants écrits par Jon Hughes, le créateur d’Overground Comics. Les dessins de Jason Pearson et Alé Garza sont également très beaux, et d’une violence esthétique plutôt sobre. Ils ont su donner au corps de la jeune Bernadette Callaway, force et fragilité. Ce sont d’ailleurs les plus belles planches de l’album, celles où l’on découvre le corps de le jeune femme, belle, rebelle, mais blessée. J’ai hâte de suivre la suite des aventures de cette héroïne attachante qui découvre soudain ce qu’être devenue mortelle signifie. Et j’aime sortir aussi qualitativement de ma zone de confort.

Editions Graph Zeppelin – 10 juillet 2018

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Lectures 2018

Je vais rester, Trondheim & Chevillard

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Un couple arrive en vacances à Palavas… Les bagages sont encore dans la voiture, la location n’est pas prête. Alors, pourquoi ne pas aller prendre quelques instants l’air du large ? Fabienne et Roland ont à peine le temps de profiter de l’atmosphère, qu’un grand coup de vent se lève et qu’un auvent vient heurter la tête de Roland, qui décède sur le coup. Sur le choc, Fabienne décide de rester, et assiste consciencieusement à toutes les sorties prévues par Roland et qu’il avait méticuleusement notées dans son agenda. Que dire de cette histoire très touchante ? De la réaction inexplicable et en même temps extraordinaire de Fabienne ? De sa manière de rester dans son état de sidération et de reprendre ainsi sa vie en main ? Une façon, sans doute, d’intégrer le choc d’un décès si brutal et traumatisant. Une « mort à la con » comme le dit Paco, cet homme un peu fantasque qu’elle rencontre et qui se prend d’amitié pour elle. Mais j’ai surtout grandement apprécié le dessin de Hubert Chevillard, sa manière de croquer en vol diverses scènes de vacances. C’est un dessin très vivant qui permet de se tenir tout près de Fabienne, et de vivre ce quelle vit. On entend les sons, on ressent le vent, le soleil… Bref, un très bel album, aux très belles couleurs d’été, plein de vie, malgré le drame qui est survenu, présent en arrière plan, et qu’il ne faut pas hésiter à ouvrir !

Editions Rue de Sèvres – 2 mai 2018 – Je vais rester par Trondheim

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Lu dans le cadre d’une opération Masse critique de chez  Babelio

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Lectures 2018

The End, Zep

La couverture de cet album est je trouve extrêmement réussie… voilà pourquoi j’ai eu envie de découvrir cette BD de Zep au titre intrigant. Nous sommes en Suède, dans un futur très proche. Dans le cadre d’un stage, Théodore intègre une équipe de chercheurs qui travaille sur la communication des arbres, entre eux et avec nous. Le professeur Frawley, à la tête de cette équipe (et fan envahissant de la musique des Doors), tente de démontrer que les arbres contiennent toute l’histoire de la terre, via leur ADN, et notamment via un Codex mystérieux, difficile à appréhender pour les scientifiques. Comme si les arbres protégeaient leurs secrets. Mais les incidents s’enchaînent, et Théodore commence à s’inquiéter sérieusement… et plus précisément de l’apparition de champignons toxiques dans les forêts alentours. Il part tout d’abord sur la piste d’un laboratoire implanté dans la région, qui déverserait ses déchets dans la nature. Mais cela s’avère une fausse piste quand il constate le changement d’attitude des animaux sauvages, et qu’il se souvient de ce groupe de promeneurs décédés subitement en forêt espagnole il y a peu. Serait-on à l’aube d’un drame planétaire duquel les arbres seraient les instigateurs ? Quand Théodore parvient à cette conclusion, il est déjà trop tard et il se retrouve un des seuls survivants de la planète… Racontée comme cela, cette histoire manque de charme, et pourtant cet album là en est plein. Déjà, le dessin est formidable de qualité et m’a beaucoup plu, surtout les expressions des visages. Nous sommes dans un style de dessin assez proche du roman graphique. D’ailleurs, le choix a été fait d’une coloration des cases unicolore qui passe du beige, au vert, au bleu ou au rouge au fil de la narration… Et puis, j’ai beaucoup aimé la thématique de cette BD qui tourne autour de l’intelligence des arbres, de leur faculté à modifier leur environnement pour assurer leur survie. Une petite romance gentillette suit son fil au cours des pages qui entraîne le lecteur, et le fait sourire, jusqu’au drame final, et à l’espoir d’une résurrection. Nous sommes bien loin de Titeuf, et j’ai vraiment envie de continuer à lire Zep dans cette veine là. Bravo.

Editions Rue de Sèvres – 25 avril 2018

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En lecture commune avec Mo’ et Noukette !

Une autre lecture chez… Un amour de BD

Cet album a été lu dans le cadre de la BD de la semaine, tous les autres liens sont chez Moka aujourd’hui