Lectures 2020

Miss Charity t1, Loïc Clément & Anne Montel… la BD de la semaine !

D’après le roman de Marie-Aude Murail

Je continue mes lectures BD d’adaptations de romans avec cet album, le premier tome d’une série, et encore une fois tiré d’un livre, cette fois-ci un de ceux de Marie-Aude Murail que je voulais lire depuis longtemps… Nous découvrons dans ces pages une petite fille, Charity, née dans la bonne société anglaise des années 1880. Elle devrait normalement être sage, invisible, rester tranquille. Mais Charity se révèle très vite vivement intéressée par l’extérieur, les animaux, la science et enfin le dessin. Sa bonne, Tabitha, est une étrange créature qui ouvre l’esprit de la petite fille aux contes, à la superstition et à l’imaginaire. Sa préceptrice, Blanche, sera celle qui lui fera découvrir l’aquarelle. Le moment où Charity reçoit de son père une palette à Noël est d’ailleurs un des plus beaux moments de cet album. Charity a également des cousins, élevés différemment de la petite fille. Dans cet opus, nous avons un peu le sentiment d’aller à la rencontrer de Sophie (des Malheurs de Sophie), car Charity va faire de nombreuses bêtises, tuer beaucoup d’animaux, avant de trouver un équilibre et créer une petite ménagerie heureuse dans sa chambre. Nous sommes loin de l’ambiance du film Miss Potter par exemple (vu il y a quelques années, avec Renée Zellweger, plus idyllique) et j’ai aimé ce réalisme, parfois un poil dégoûtant, en même temps que la beauté des planches proposées, très colorées et enfantines. De plus, rien ne sera épargné à la petite fille, de la tristesse du monde des adultes, et de la difficulté de se faire une place dans leur vie. Un bien prometteur premier tome !

Une autre lecture chez… Mes pages versicolores !

Lu dans le cadre de la BD de la semaine. Tous les autres liens sont chez Moka aujourd’hui !

Editions Rue de Sèvres – février 2020

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Lectures 2020

Gatsby le magnifique, Melchior & Bachelier… la BD de la semaine !

D’après l’oeuvre de F. Scott Fitzgerald

Début mars, j’ai eu la chance d’assister à une soirée en compagnie de Benjamin Bachelier qui nous a tout d’abord offert un concert-dessiné sur le mythe d’Orphée et d’Eurydice (Frédéric Deville au violoncelle) puis un échange avec Stéphane Melchior (son scénariste pour Gatsby). J’ai aimé voir le dessin en train de se faire. Le lendemain, il y a eu encore une rencontre, avec cette fois-ci la découverte d’une exposition autour de ses planches originales. A cette occasion, j’ai acheté l’album que je vous présente aujourd’hui… Il faut savoir que c’est Stéphane Melchior qui a eu l’idée de cette adaptation, et de situer l’action dans un Shanghai actuel, pour lui absolument le reflet du New York des années 20, époque où un vieux monde disparaissait au profit d’une certaine modernité et déchéance de classe. Et effectivement, ce contexte différent ne choque pas du tout. J’ai retrouvé avec plaisir la trame que je connaissais du roman, très bien retranscrite par le scénariste. J’ai toujours le même frisson lorsque le secret de Gatsby est dévoilé. Je ne peux pas dire que j’ai été complètement abasourdie par le dessin, le flou des traits des personnages par exemple. Mais certaines planches sont vraiment superbes, à l’instar de cette case, reproduite en couverture, dans laquelle des poissons volent. C’est le genre d’album que l’on peut relire à plusieurs reprises et aimer de plus en plus à chaque lecture, redécouvrant alors des détails et des trouvailles visuelles. J’ai beaucoup aimé ce que j’ai vu des productions de Benjamin bachelier, que je vais continuer à suivre. Son dessin évolue en fonction des albums. Il travaille actuellement sur un projet se situant dans le japon ancien, et son dessin en est effectivement complètement modifié. De plus, j’ai aimé qu’il évoque son travail. Dessiner dans de petites cases est semble-t-il assez épuisant et peut devenir déprimant, alors le dessinateur se transforme parfois aussi en peintre et brode ses chemises pour agrandir son espace de création. Il a également évoqué son travail sur ordinateur, dont il ne reste aucune trace aujourd’hui, les fichiers étant rapidement corrompus. Il souhaite revenir le plus possible au travail sur papier, qui permet de garder des traces. Gatsby a été réalisé par ordinateur.

Une autre lecture chez… Noukette!

Lu dans le cadre de la BD de la semaine. Tous les autres liens sont chez Noukette  aujourd’hui !

Editions Gallimard – janvier 2013

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Lectures 2020

Les deux vies de Pénélope, Judith Vanistendael… la BD de la semaine !

Je lis en ce moment de très belles BD sur la relation parent/adolescent, comme le Quelques heures de Joel Orff dernièrement. Pénélope est chirurgienne pour une organisation humanitaire. Elle est régulièrement absente pour de longues périodes. A la maison, ce n’est pas elle qui attend patiemment, comme dans le récit mythologique, mais plutôt son mari, poète de profession, Otto, et sa fille adolescente. Les deux sont aimants et ne reprochent pas à Pénélope ses absences, même si ils sont heureux de la retrouver. Il est difficile cependant pour la jeune femme de profiter au mieux de ces retrouvailles, quand on a côtoyé l’horreur, et ramené cette fois-ci dans ses bagages le fantôme d’une petite fille décédée. Et pourtant, sa fille Hélène vient d’avoir ses règles, a besoin de sa mère, et déclare sans ambages combien elle aime passer du temps avec elle. J’ai beaucoup aimé dans cet album, les dessins à l’aquarelle, les couleurs, le réalisme des sentiments des personnages. J’ai retrouvé la douceur des moments que je partage parfois avec ma fille, et ressenti la douleur de Pénélope de manquer souvent les étapes cruciales que sa fille vit et qu’elle partage par ailleurs avec son père ou sa grand-mère. Pénélope est jugée égoïste par son entourage et se questionne sur ce qui l’anime et la force à partir sans cesse… l’envie de sauver le monde ? Et comment faire un choix entre ses deux vies ? Un joli album, très doux malgré son sujet, à aborder avec la même douceur.

Lu dans le cadre de la BD de la semaine. Tous les autres liens sont chez Stéphie aujourd’hui !

Une autre lecture chez… Mes pages versicolores

Editions Le lombard – septembre 2019

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Coups de coeur·Lectures 2020

Quelques heures, Joel Orff… la BD de la semaine !

❤ J’ai eu un joli coup de coeur pour cet album de chez çà et là assez discret. Petit en taille, sobre de couverture, il contient à l’intérieur des dessins en noir et blanc qui peuvent surprendre un peu par leur graphisme, peu soigné en apparence. En réalité, tout cela fonctionne très bien et on fait très vite fi de cette première impression négative, tant l’histoire est par ailleurs touchante. Bob est chauffeur de taxi. Il reçoit une carte postale de son ex, Wanda, lui annonçant à la fois sa paternité et l’arrivée de sa fille, déjà adolescente. Casey apparaît effectivement un beau jour sur son perron. Bob la reçoit le mieux possible et gère cette jeune fille visiblement un peu perdue et en recherche de repères qui n’avait pas demandé à être là. Ces deux êtres apprennent à s’apprivoiser et tissent peu à peu des liens… Et c’est ce que rendent très bien les dessins et la mise en page de Joel Orff, toute la patience déployée par Bob pour amadouer cette jeune fille tombée du ciel, et tous ces moments paisibles où la connivence s’installe. Quelques heures est un joli album qui met en lumière tout ce que l’écoute, la patience, le don de soi, peuvent apporter dans une relation parent/adolescent, mais aussi la cruauté de certains adultes. L’action se déroule à Minneapolis, et on peut se rendre compte également de la précarité dans laquelle les individus peuvent se retrouver là-bas du jour au lendemain, dès qu’un grain de sable vient gripper la machine. La résignation des personnages face à cet état de fait est pour le moins sidérante et donne à réfléchir.

Lu dans le cadre de la BD de la semaine. Tous les autres liens sont chez Noukette aujourd’hui !

Editions çà et là – 17 janvier 2020

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Lectures 2020

L’amant, Tan Takahama… la BD de la semaine !

D’après le roman éponyme de Marguerite Duras

De Marguerite Duras, j’ai lu plusieurs romans, mais pas l’Amant. J’ai plutôt lu l’Amant de la chine du Nord, écrit plusieurs années après, alors qu’elle avait appris la mort du Chinois, et pouvait enfin décrire plus librement leurs sentiments, et puis j’ai vu le film de Jean-Jacques Annaud. Et c’est ce qui m’a frappé en premier lieu, et malgré tout ce qui est dit en préface, de la volonté de Kan Takahama de justement s’éloigner de la perfection esthétique de ce film, cette similitude visuelle entre l’album et le film. Mais loin d’être un défaut, j’ai trouvé justement que cela permettait de plonger ainsi tout de suite en terrain connu, dans l’ambiance de cette histoire d’amour forte et particulière. De plus, les dessins de cette très belle adaptation sont véritablement réussis. Marguerite Duras est la jeune fille représentée sur la couverture. Lorsque le récit commence, elle a quinze ans et demi. La jeune fille est dans une pension d’Etat à Saigon. Elle vit en Indochine avec sa mère, veuve, et ses deux frères. Le frère aîné dépense tout l’argent de la famille et sa mère a fait une mauvaise affaire en arrivant dans ce pays, elle paye très cher des terres inondées une bonne partie de l’année. La rencontre entre les deux futurs amants a lieu sur le bac qui traverse le fleuve. Pensionnaire, Marguerite Duras rêve déjà de devenir écrivain. Elle fait la connaissance de ce riche chinois et y voit surtout une façon pour sa famille de s’en sortir, et de peut-être retourner en France. Mais cette relation faite d’argent devient une véritable histoire d’amour, à la fois honteuse et brûlante, impossible. Le riche Chinois doit épouser quelqu’un de son rang, la jeune fille salit sa réputation dans le quartier blanc. Et ce sont tous ces ingrédients réunis, les forces en présence, l’interdit, la jeunesse de Marguerite Duras, la sensualité, qui encore une fois, via cette version BD, ont provoqué chez la lectrice que je suis un grand intérêt. Les souvenirs de la lecture du roman sont remontées à la surface. Comme le dit si bien en préface Kan Takahama, toutes les adolescentes, friandes de littérature, ont grandi avec en mémoire l’image de cette jeune fille amoureuse dans une colonie française d’Indochine.

Un titre qui entre tout à fait dans le prochain thème de mon club de lecture puisqu’il sera question d’amour.

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Editions rue de Sèvres – 22 janvier 2020

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Lectures 2020

Tropique de la violence, Gaël Henry… la BD de la semaine !

D’après le roman éponyme de Natacha Appanah

Malgré mes 118 livres lus en 2019, je n’arrive pas à lire tous les romans qui me tentent. Voilà pourquoi il m’arrive de me contenter des adaptations BD… qui sont bien souvent excellentes.  Encore une fois, je n’ai pas lu le roman de Natacha Appanah et suis donc allée vers cette adaptation sans a-priori. J’ai aimé tout de suite l’objet livre, sa lourdeur, son odeur de publication neuve mais les dessins de Gaël Henry ont un peu refroidis mon enthousiasme de départ. Il croque effectivement les personnages avec un trait un peu flou qui n’est pas ce que je préfère en matière de dessin. Cependant, prise par l’histoire, l’ambiance, je l’ai assez vite oublié et je dois même dire qu’en refermant les pages de cet album j’ai pensé qu’il collait finalement extrêmement bien au texte et au sujet. Nous sommes à Mayotte. Une nuit d’orage, Marie, infirmière de 33 ans en mal d’enfant, travaille. Une embarcation pleine de comoriens en attente de soins vient de débarquer sur la plage de Bandrakoun et est rapatriée au CHR de Grande Terre. Parmi eux, une jeune fille avec son bébé. Il est atteint d’hétérochronie, c’est à dire que ses deux yeux ne sont pas de la même couleur. Cette étrangeté est considérée comme la marque du Djinn dans la région. La jeune fille s’enfuit donc, laissant le bébé aux bons soins de Marie qui adopte l’enfant et le prénomme Moïse. Tout se passe bien jusqu’à ce que Marie meurt accidentellement et que la violence de Mayotte rattrape cet enfant étrange, élevé comme un blanc, naïf et passionné. Comme je le dis plus haut, je n’ai pas été emballée par le dessin dans les premières pages, mais le charme du récit a très vite fait le reste. Gaël Henry donne simultanément la parole à chaque protagoniste de l’histoire, même le chien, et c’est ce rythme donné, sa manière de faire intervenir les fantômes des êtres récemment décédés, qui m’a séduite. Cet album est une manière intéressante de plonger dans l’histoire et l’univers de ce 101ème département français, rongé par la violence et le chômage, mais au décor de carte postale.

Lu dans le cadre du dernier Masse critique de chez Babélio et de la BD de la semaine. Tous les autres liens sont chez Stephie aujourd’hui !

Une autre lecture chez… Mes échappées livresques

Sarbacane – mars 2019

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