Coups de coeur·Lectures 2019

Nora, de Léa Mazé… la BD de la semaine !

❤ J’ai fait plusieurs jolies rencontres à Angoulême, lors du festival de la BD cette année, rencontres dont je n’ai pas terminé de vous parler… Un de mes agréables souvenirs sera notamment ce passage, pourtant trop rapide, sur le stand des Editions de la Gouttière. J’étais déjà passée les voir, il y a deux ans, en compagnie de Sabine du petit carré jaune et de Mo’ du Bar à BD, et j’avais craqué pour petit dernier pour l’album Qu’ils y restent, qu’il avait adoré. Cette fois-ci, après maintes hésitations devant un panel gargantuesque, j’ai choisi d’emporter avec moi ce délicieux petit album que je vous présente aujourd’hui, Nora. Je tenais à dire combien les personnes qui sont là sont toujours adorables, me proposant de prendre aussi gratuitement un magnifique marque-page et une affiche. Merci ! Mais revenons-en à Nora… Alors que ses parents sont en plein déménagement, Nora est confiée pour quelques jours à son oncle, agriculteur. Nous sommes en plein été 75 et Nora n’est pas contente du tout de cet arrangement, choisissant au départ la bouderie. Mais l’appel de l’extérieur est trop fort et Nora découvre à la fois un arbre creux, qui fera une formidable cachette, et la présence d’une vieille femme, dans le voisinage. Nora est intriguée par la solitude de Madame Jeanne, et questionnant son oncle, se rend compte qu’elle n’a sans doute pas eu la chance de rencontrer l’être aimé. Partant du principe que chacun à sa chacune, et vice-versa, la petite fille mène l’enquête et échafaude la théorie selon laquelle celui qui était destiné à la vieille femme a sans doute oublié de naître… Et nous voici donc embarqués avec elle dans une dimension étonnante où les âmes parlent aux petites filles et essayent avec elle de résoudre les ratés de la vie. Que dire sinon que cet album est un petit bijou délicat, un coup de coeur de lecture évident, que je suis ravie de posséder dorénavant dans ma bibliothèque. Il est à découvrir l’esprit ouvert et le coeur tendre. Le graphisme est très beau, simple, dégradé dans des tons marrons, sauf pour les âmes qui sont bleues. Le tout forme un très bel objet livre qui, il me semble, peut autant être offert et confié à des mains d’enfants qu’à des mains d’adultes. En effet, loin d’être simple, je trouve que son récit a une force que je n’imaginais par au départ, donnant envie en fin de lecture de revenir sur certaines cases, pleines d’informations et d’émotion.

Editions de la Gouttière – avril 2015

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Aucune description de photo disponible.

Lu dans le cadre de la BD de la semaine

Toutes les autres participations sont chez Noukette aujourd’hui !

Une autre lecture chez… Mo’

Publicités
Lectures 2019

Paris 2119, Zep & Bertail

L’image contient peut-être : 1 personne

Zep, l’auteur de Titeuf, a depuis quelques temps changé drastiquement de registre, et ce pour notre plus grand plaisir… J’avais adoré découvrir son nouveau trait dans The End [clic ici]. Il revient en 2019 avec ce nouvel album, encore un fois d’anticipation, mais les dessins sont ici de Dominique Bertail. Pourquoi Paris, en 2119 ? Dans un entretien, joint à mon exemplaire, Zep déclare qu’il s’est demandé, un jour de pluie dans Paris, à quoi ressemblerait la ville dans cent ans, et il s’est dit qu’elle conserverait sans doute son aspect médiéval intemporel, mêlé à des éléments de modernité. Et effectivement, dans cette BD, Zep et Bertail imaginent un Paris de 2119 dans lequel seuls les marginaux prennent encore le métro ou se déplacent à pieds, et où la plupart des habitants préfèrent utiliser le Transcore pour voyager. Et je dois dire qu’autant j’avais aimé la densité de The End que ce nouvel opus m’a laissé un peu sur ma faim, malgré la beauté et la qualité indéniable des dessins. En effet, je me suis demandée en fin de lecture si il s’agissait d’un premier tome d’une histoire à suivre et la mention « Histoire complète » en quatrième de couverture m’a un peu étonnée. Tout ici ne m’a semblé en effet seulement qu’esquissé, les personnages, l’intrigue, la découverte que les cabines du Transcore sont défectueuses. Et ensuite ? On a envie de savoir comment les événements vont évoluer, si Tristan, notre héros, nostalgique du XXème siècle, va réussir à enrayer le phénomène, et surtout à sauver Kloé, sa compagne, belle et grande adepte des voyages en Transcore, mais déjà un peu atteinte par les effets secondaires du processus. J’en aurais donc aimé un peu plus long et un peu plus dense, mais j’ai hâte de continuer à lire Zep, qui a le mérite de mettre le doigt sur ce qui ne va pas dans le bon sens dans notre humanité d’après l’an 2000. Dans son album, la reconnaissance faciale est en marche, et permet d’accéder à tout (métro, bâtiments publics, téléphone…) et le cerveau est un nouveau terrain de jeu, facile à manipuler. Une BD à découvrir donc, mais une histoire qui aurait mérité, de mon point de vue, un plus grand approfondissement.

Résultat de recherche d'images pour "paris 2119"

Editions Rue de Sèvres – 23 janvier 2019

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une autre lecture chez… Mylène

Lu dans le cadre de la BD de la semaine chez Moka aujourd’hui ! [clic]

Lectures 2018

Antigone, Jop

Aucun texte alternatif disponible.

Depuis quelques temps, j’essaye de participer le plus régulièrement possible aux opérations Masse critique de chez Babélio, car j’apprécie de pouvoir choisir le titre qui me fait envie et le fait de passer par une plateforme me donne un certain sentiment de liberté dans ma lecture… Lors de cette dernière session graphique, je n’étais cependant pas très emballée par les propositions jusqu’à ce que je tombe sur ce titre, qui était évidemment fait pour moi. A la réception, j’ai été très étonnée par la minceur de l’album, son petit format. Il faut dire que cet Antigone là est la première publication de Jop, et qu’il est très certainement destiné à un public plutôt adolescent, d’où sans doute la brièveté de l’ouvrage. L’auteur a choisi de faire de son héroïne un personnage moderne, recueillie par son Oncle Créon, préfet de son état. L’Antigone de Jop défend une ZAD (Zone à Défendre), est la meilleure amie d’Ismène, qu’elle considère comme sa soeur, et se fait bien entendu prendre sur le fait pas la police, qui en réfère immédiatement à son Oncle Créon. La qualité du dessin, la dominante bleue de l’ensemble, les extraits connus de la pièce d’Anouilh mélangés à un langage plus moderne, font de cet album un magnifique objet et une belle approche du mythe d’Antigone, très bien repris d’ailleurs dans un dossier en fin de récit. J’ai peut-être trouvé l’ensemble un peu court, j’aurais aimé que l’intrigue soit plus développée, mais pour un album à petit prix, ce livre est d’une qualité indéniable. J’ai hâte de suivre Jop dans une autre publication, son trait étant très prometteur ! De plus, l’envoi de ce titre m’a permis de découvrir une maison d’édition, Goater, qui semble contenir réellement de belles trouvailles.

Résultat de recherche d'images pour "antigone jop"

Editions Goater – 11 Janvier 2019

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…
1 2 3 4 5

Une autre lecture chez… Eimelle

tous les livres sur Babelio.com
Coups de coeur·Lectures 2019

Speak, Emily Carroll d’après le roman de Laurie Halse Anderson

Aucune description de photo disponible.

❤ De cette histoire, j’ai tout d’abord connu la version film avec Kristen Stewart dans le rôle principal, puis le texte, publié chez « La Belle colère » sous le titre Vous parler de ça… J’ai donc été très intéressée quand j’ai su qu’une version BD allait sortir. Et je dois dire que la force du texte de Laurie Halse Anderson ne perd rien de son attrait dans cette nouvelle version, bien au contraire, je l’ai trouvée absolument magnifique. Emily Carroll a si bien su illustrer l’état d’esprit de cette jeune fille en proie au mutisme depuis une certaine soirée d’Août, son entrée difficile au Lycée, sa solitude, et ces cours d’art plastique qui sont à la fois une bouffée d’air frais pour elle et le moyen de peut-être enfin réussir à exprimer ce qui la ronge. En préface, Laurie Halse Anderson précise qu’elle a vu le roman graphique prendre de l’essor avec enthousiasme, et qu’elle a longtemps réfléchi à la façon de faire de Speak une bande dessinée, car l’expression et l’art prennent beaucoup d’importance dans l’évolution du personnage de Mélinda Sordino. Emily Caroll s’est imposée. Et c’est vrai que la forme du roman graphique est un excellent support pour cette histoire, certaines planches sont d’une grande force visuelle, accentuée par l’utilisation du noir et blanc. Il exprime le désarroi de la parole emmurée, des batailles intérieures pour la libérer et des éclaircies qui apparaissent quand elle se libère enfin. Laurie Halse Anderson a écrit Speak pour tenter d’endiguer la dépression qui la guettait suite à un viol dont elle a été victime à 13 ans. Je vous recommande chaudement cette très belle version qui peut sans problème être déposée dans des mains adolescentes.

   

Editions Rue de Sèvres – 9 janvier 2019
J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…12345

Une autre lecture chez… Madame

Lu dans le cadre de la BD de la semaine chez Noukette aujourd’hui ! [clic]

Coups de coeur·Lectures 2018

Urgence niveau 3, Joshua Dysart, Jonathan Dumont, Alberto Ponticelli, Pat Masioni

❤J’ai une méfiance particulière envers les ouvrages qui cherchent à nous apitoyer, qui cherchent à tout prix le pathos, parfois pourtant pour une noble cause, mais qui ratent ainsi bien souvent leur objectif… Cet album ne tombe pas dans ce défaut là, et pourtant c’est un album engagé et fort. De quoi s’agit-il ? Il est important tout d’abord d’éclairer ce titre. En effet, une intervention d’urgence humanitaire niveau 3 constate une crise humanitaire de la plus grande urgence et ampleur. Le Programme Alimentaire Mondial (WPF) est alors l’agence alimentaire de l’ONU qui peut intervenir sur place. Dans ce récit, nous sommes plongés dans trois situations humanitaires de niveau 3, et suivons ainsi des personnages, des aides humanitaires dépêchés sur place, en Irak, au Soudan et au Tchad. Confrontés à des situations indescriptibles, humainement incroyables, et parfois dangereuses, ces aides tentent tant bien que mal d’apporter réconfort, nourriture et écoute à des êtres humains qui ne pensent qu’à survivre et à sauver leur famille. La rencontre peut-elle alors avoir lieu ? Quelles sont les motivations de ces aides humanitaires venus chercher parfois seulement un sens à leur vie ? Cet album a le grand talent de nous plonger dans la réalité crue du monde tel qu’il est à certains endroits de la terre, en nous laissant accompagner, pour chaque situation, une famille particulière, ce qui permet l’attachement et l’empathie. Certaines situations sont fortes et atroces, et le vivre ainsi au plus près des personnages les rend terriblement réelles. J’ai aimé aussi les dessins, la mise en place des cases, et j’ai eu au final un coup de coeur pour cet album qui remue intelligemment et permet la prise de conscience. Je vous le conseille vivement.

Bliss Comics Editions – octobre 2018

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Aucun texte alternatif disponible.      

Un album lu dans le cadre de la BD de la semaine, tous les autres liens sont chez… Noukette 

Lectures 2017

Pome, Marie Desplechin & Magali Le huche

      

J’avais adoré re-découvrir Verte via la nouvelle version de Magali Le Huche, et j’ai été encore plus ravie de lire cette suite que je connaissais moins… Voici donc la seconde adaptation de la série des petits romans de Marie Desplechin toujours publiée par ailleurs à L’école des loisirs. Pome est la nouvelle petite voisine. Elle vient d’emménager avec sa mère, peu aimable. Verte et Pome ont donc tout pour s’entendre. En effet, elles partagent toutes deux la vie de mères acariâtres et se retrouvent à fréquenter la même école. Mais il s’avère qu’elles ont encore plus de points communs qu’elles ne le pensent, car Verte découvre un beau jour que Pome est également une petite sorcière. Les mercredis avec Anastabotte, la grand-mère de Verte, vont donc prendre une autre dimension. Verte est pleine d’enthousiasme de partager avec une amie ses connaissances, jusqu’à prendre parfois quelques risques et faire des erreurs… Il n’était pas prévu que son père, un homme, assiste à la manifestation de leurs dons. Anastabotte n’est pas très contente, surtout que Soufi est déjà au courant lui aussi, et que le cercle de ceux qui savent s’élargit ainsi un peu trop à son goût… Mais rien ne peut entamer la bonne humeur de Verte et de sa grand-mère et la joie revient très vite dans la petite bande, plus préoccupée au final par l’idylle naissante entre Papy Ray et la vieille dame. Que vous dire, mis à part que j’adore ce que fait Magali Le Huche, et que se perdre dans les détails des quelques grandes planches qui parsèment l’album est un plaisir toujours renouvelé ! De plus, quel bonheur de retrouver les délicieux personnages de Marie Desplechin. Une série qui ne peut que plaire aux jeunes lecteurs, il me semble, car exempte de mièvrerie, et suffisamment espiègle pour séduire. Vivement la suite !

Aucun texte alternatif disponible.

Editions Rue de Sèvres – octobre 2018

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Tous les autres liens de la BD de la semaine sont chez Noukette aujourd’hui…