Lectures 2021

Le club des inadapté-e-s, Cati Baur & Martin Page… ma BD de la semaine !!

leclubdesinadaptes

Demain, je reprends normalement le chemin de mon club de lecture BD, organisé par ma médiathèque. Ce rendez-vous m’a beaucoup manqué, depuis le début de la crise sanitaire. Il était temps, en cette rentrée, que je reprenne aussi le chemin de la BD de la semaine, un rendez-vous auquel je tiens également. Et je viens justement de recevoir cet album, qui me faisait très envie.  Je crois que l’on peut dire que je suis devenue fan des dessins de Cati Baur, depuis ses versions des Quatre soeurs, et que je connais assez bien Martin Page, que je suis depuis longtemps sur les réseaux. Je n’ai par contre pas lu la version roman de ce titre, publié dans la collection Medium de l’Ecole des loisirs… Martin, Edwige, Erwan et Fred sont amis. Ils se retrouvent régulièrement dans leur cabane pour passer des moments ensemble. Ils s’appellent eux-mêmes avec ironie et tendresse le Club des inadaptés. Ils savent qu’ils sont tous les quatre un peu différents, et que les années collèges ne sont pas tendres avec la différence. Ainsi, lorsque Erwan se fait tabasser, ils ne sont pas si surpris. Tout cela est pourtant d’une violence extrême. Le groupe se rend compte que les ennuis ne font que continuer, comme si ils étaient maudits. Le père de Martin, médecin et récemment veuf, passe ses journées en pyjama, et reçoit ses clients ainsi. Le père d’Edwige vient d’être licencié. Erwan a alors l’idée d’inventer une machine qui rééquilibrerait les malheurs… Mais est-ce réellement une bonne idée ? Et si jamais sa machine fonctionnait ?… Le lecteur ressent immédiatement une grosse tendresse pour cette bande d’enfants attachants. Qui ne s’est jamais senti différent au collège se sentira en empathie avec eux. J’ai encore une fois adoré les dessins de Cati Baur, sa manière toujours tendre de croquer les corps de ses personnages. Les cases sont soignées et belles. On aimerait s’installer avec le club dans la forêt et profiter de cette étrange cabane qui ressemble à un rêve. Un très chouette moment de lecture qui a été comme une respiration dans un quotidien qui tend régulièrement à se normer, vous ne trouvez pas ? Un hymne à l’étrange, bienvenu.

leclubdesinadaptes

Editions Rue de Sèvres – 15 septembre 2021

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

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Lectures 2021

Arsène Lupin, Les origines ~ Gaultier & Deschodt & Abtey & Galopin

arsenelupin

J’ai longuement hésité devant cette évocation des origines d’Arsène Lupin, sortie tout d’abord en épisodes chez Rue de Sèvres BD, car les dessins, sombres, ne me tentaient guère. Puis, ayant vu en famille la seconde saison de Lupin (version Omar Sy) sur Netflix dernièrement, j’ai craqué sur la proposition de l’éditeur devant une version intégrale, regroupant les trois premiers albums édités… Il est bien entendu très intéressant de se demander comment on devient Arsène Lupin, ce personnage inventé par Maurice Leblanc et que l’on connaît mieux sous les traits du célèbre gentleman cambrioleur au chapeau haut de forme et à l’allure distinguée. Le jeune garçon, que l’on découvre affublé de yeux vairons, n’est pas encore devenu ainsi, et n’a pas eu un destin facile, d’abord le bagne de Haute-Boulogne, puis le pensionnat suisse. Son enfance dans la rue avait déjà avant ça forgé son caractère. Le jeune homme est, suite à ses premiers déboires, pris en charge par des mentors, aimé. Mais abandonné par le sort, et par la violence d’affaires qui ne le concernent pas, il doit se résoudre à se lier avec l’ombre. Courageux, Arsène apprend vite, comprend vite et a l’intelligence des survivants que le désir de vengeance finit par tarauder. A réception de l’album, volumineux et très beau, je me suis très vite rendue compte qu’en réalité les dessins de Christophe Gaultier ne me dérangeaient pas. Leurs traits sombres conviennent très bien en effet à l’histoire racontée, notamment cette période terrible du bagne que traverse le jeune Arsène, mais qui lui permettra de faire la connaissance de son ami Jacob. J’ai été plus gênée en réalité par la vitesse du scénario, qui m’a paru pour le coup confus et agité. Il m’a fallu parfois revenir en arrière et relire certains passages pour comprendre ce qu’il se passait et où nous emmenait le turbulent Arsène. Pour autant, arrivée à la fin de l’album, j’ai aimé saisir toute la complexité du personnage d’Arsène Lupin, expliquée ainsi par les évènements relatés dans cet album intégral qui est sans conteste par ailleurs un très bel objet mais que j’aurais voulu aimer davantage.

arseneplanche

Editions Rue de Sèvres – juin 2021

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une autre lecture sur… Babelio

 

Lectures 2021

Montagnes Russes, Gwénola Morizur & Camille Benyamina … ma BD de la semaine !!

Cet album sort aujourd’hui en librairie, et le hasard du calendrier fait que j’enchaîne deux lectures BD sur le thème de la maternité. Vous allez voir qu’ici il ne s’agit pour autant pas que de cela, mais également d’amitié… et que nous ne sommes pas loin également du thème du Train des enfants. Aimée et Jean font tout pour avoir un enfant mais toutes les tentatives se soldent par un échec. Aimée travaille dans une crèche et voit passer beaucoup de familles. Un jour, c’est Charlie qui passe la porte de l’établissement. Elle souhaite inscrire le dernier de ses trois enfants, Julio. Aimée est estomaquée par la décontraction de cette jeune et jolie mère célibataire qui semble de prime abord négligente, surtout préoccupée par la formation de maquilleuse qu’elle doit entreprendre prochainement. Les chaussures du petit garçon sont trop petites, et Charlie a oublié d’apporter des chaussons le premier jour. Aimée a le coeur qui se serre et pour éviter que Julio reste seul à la maison, elle prend en charge le petit garçon au cours d’un week-end, puis de temps en temps, régulièrement. Sous couvert d’aider Charlie, tout cela commence un peu à ressembler à voler l’enfant d’un autre, se créer l’illusion d’une famille, faire la charité. Alors que du côté de Charlie, tout est clair. Cette dernière a seulement le sentiment d’avoir trouvé une amie… J’ai beaucoup aimé dans cet album les dessins de Camille Benyamina qui savent accompagner les gestes et expressions des personnages, et surtout la douleur que ressent Aimée à chaque fois que l’espoir d’une grossesse disparaît. Et j’ai beaucoup aimé aussi cette histoire qui confronte deux vies de femmes qui sont rarement amenées à se rencontrer. Entre la mère dépassée et la mère nullipare, il y a bien sûr un enfant mais surtout de l’amour à recevoir. Et il est émouvant de constater que, même débordée, Charlie a encore beaucoup à donner à Aimée qui pensait être la seule à pouvoir le faire. J’ai dévoré cet album qui est véritablement une très belle histoire.

 

Editions Bamboo/GrandAngle – 2 juin 2021

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

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Lu aussi dans le cadre d’une opération masse critique spéciale de Babelio [la page du livre ici]

Lectures 2021

La remplaçante, Sophie Adriansen et Mathou … ma BD de la semaine !!

laremplaçante

Je suis Sophie Adriansen depuis un moment, et j’ai particulièrement aimé Linea nigra, le roman où elle parle de cette aventure qu’est la maternité. Comme elle, Mathou vient aussi régulièrement au Printemps du livre de Montaigu… je n’ai donc pas été étonnée de ce rapprochement éditorial et que sorte cet album-là, fruit d’une très belle collaboration… Et pourtant c’est un sujet sensible qu’elles abordent toutes les deux ici, le post-partum. En ouvrant La remplaçante, vous n’êtes pas à l’abri, et moi la première, de revivre ce qu’il y a pu avoir de difficile dans vos accouchements. Le personnage de l’album vit en effet un après accouchement douloureux et culpabilisant, entre cette impression qu’un 38 tonnes lui est passé dessus, d’être nulle, que le père s’en sort bien mieux, la fatigue, et ce lien compliqué avec le bébé à mettre en place. Elle a alors le sentiment qu’une remplaçante ferait bien mieux qu’elle, saurait profiter de chaque instant, tout en assurant, plutôt que d’être anéantie ainsi par ce que sa vie est devenue et l’ampleur d’une tâche dont elle ne se sent pas capable… Heureusement, peu à peu la lumière apparaît au bout du tunnel, car les autres semblent chacun à leur tour valider son statut de mère… Je suis heureuse que cet album existe car il exprime ce que vivent sans doute beaucoup de femmes, et met aussi l’accent sur le peu de préparation que l’on reçoit pour s’occuper de son bébé (trois jours à la maternité ne peuvent suffire) et surtout à quel point la vie d’une jeune maman va être bouleversée (dévastée ?). Les dessins de Mathou, qui connaît un grand succès, vont permettre au plus grand nombre d’accéder à ce livre, mais aussi amène la légèreté qu’il faut au sujet, et j’en suis ravie. Je n’ai personnellement pas vécu ce post-partum-là, je m’en suis rendue compte à la lecture de cet album. Est-ce parce que fille d’une assistante maternelle et ayant fait beaucoup de baby-sitting, je n’avais pas peur et connaissais les gestes ? Je ne sais pas. Et pourtant, j’aurais pu, car je me suis souvent sentie nulle, très très seule, et extrêmement fatiguée. J’ai longtemps laissé par exemple le moment du bain à mon mari, persuadée qu’il tiendrait mieux que moi le petit corps au bord de l’eau sans flancher. J’ai eu ma fille aînée en juillet 2001. J’avais décidé de ne pas allaiter car atteinte d’une myopathie et devant déménager sur Paris pour un nouveau travail en septembre, j’avais peur d’être trop fatiguée pour assurer et je voulais surtout être là pour elle, le mieux possible, apprivoiser le lien. De plus, je crois que j’avais eu un diplôme en biberon à force de pouponner les enfants des autres, alors basta, ce serait aussi bien. Notre arrivée un 21 septembre 2001, dix jours après le 11 septembre, au pied des tours de la défense avec un bébé de deux mois dans un appartement froid et plein de cartons a été la sidération que vous pouvez imaginer. Mon fils est né en 2005, prématuré. J’ai vécu un mois de juin en néonatologie, furieuse et angoissée, furieuse que personne ne parle à l’époque de ces maternités là, furieuse de me sentir si seule (où les autres étaient-ils passés ?), triste et angoissée par une date de sortie sans cesse repoussée, inquiète pour mon bébé. Depuis, je déteste particulièrement le mois de juin. Malgré tout cela, le lien s’est fait immédiatement avec chacun de mes enfants, dès la naissance, viscéral et je dirais même animal, physique. L’amour et le bonheur étaient bien là. J’ai mesuré ma chance, à la lecture de cet album, de n’avoir jamais douté, malgré les difficultés, être la meilleure personne possible pour m’occuper d’eux. Je suis tellement triste, et tellement en empathie lorsque j’assiste aux difficultés des jeunes mères. Il est tellement évident que rien n’est assez fait dans la société pour empêcher cela ou aider, et je ne parle pas des injonctions. Il suffit pourtant de presque rien pour redonner confiance. J’ai aimé dans cet album les moments qui régénèrent et qui existent en effet, cette parole des autres, quand elle est bienveillante. Je n’oublierai jamais par exemple, la façon dont mon ancien médecin, une femme, savait me faire comprendre à quel point je faisais ce qu’il faut et j’étais le meilleur baromètre de la bonne santé de mes enfants. « Vous êtes inquiète, me demandait-elle souvent ? Non ? Alors moi non plus. » Je n’oublierai jamais cette femme de centre de loisirs qui prenait mon aînée à la demi journée dès que « j’en avais besoin ». Un album nécessaire, qui fera certainement beaucoup de bien à celles qui ont vécu un post-partum difficile et s’y reconnaîtront, mais aussi à toutes celles qui se sont senties parfois simplement maladroites dans leur maternité. Il m’a fait de l’effet à retardement, de mon côté, tous les souvenirs sont remontés… 

laremplacanteplanche

Editions First – mai 2021

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

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Une autre lecture chez… Stephie

Lectures 2021

Alicia, Eileen Hofer & Mayalen Goust… ma BD de la semaine !!

alicia

Vous qui avez aimé les illustrations de Vies volées, vous allez retrouver ici, dans ce très bel album de chez Rue de Sèvres BD le trait très identifiable de Mayalen Goust… Nous sommes à La Havane, et Eileen Hofer, l’autrice, a choisi de nous présenter le destin de la très grande ballerine Alicia Alonso, sous un regard de 1959, mais également sous un autre regard, en 2011, celui d’Amanda, jeune ballerine en devenir. A travers ces deux portraits, l’album nous donne une vision impressionnante de l’ascension fulgurante de Alicia Alonso, danseuse étoile, que sa cécité progressive, n’a pas empêchée d’accéder au titre de « Prima ballerina assoluta ».  On voit également  comment, dans une période post-révolution de Cuba, le ballet national a été utilisé comme un outil de propagande. J’ai particulièrement aimé l’ambiance de 2011, suivre la petite famille de la jeune Amanda, se rendre compte des sacrifices que la danse nécessite dans leur contexte politique et économique. Manuela, mère célibataire, danseuse de music hall, est un personnage également très touchant. Amanda et Alicia seront amenées à se rencontrer, Alicia devenue une vieille femme, une icône, se comportant de manière un peu excentrique, et Amanda, son double contemporain… conduite implicitement à poursuivre l’histoire par son talent. La couverture peut donner une impression girly, sur laquelle il ne faut vraiment pas s’arrêter. Car Eileen Hofer et Mayalen Goust nous proposent dans cette BD une véritable plongée dans La Havane, à deux époques différentes, l’une expliquant l’autre. On apprend beaucoup. Personnellement, j’ignorais tout d’Alicia Alonso. Et j’ai refermé cet album, un peu rêveuse…

aliciaab   aliciaa

Editions Rue de Sèvres – avril 2021

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Une autre lecture chez… Soukee de Bouquinbourg

Lectures 2021

Loup, Renaud Dillies… ma BD de la semaine !!

LOUP

J’ai découvert Renaud Dillies avec le merveilleux Bulles et nacelles, qui avait été une révélation en 2010 (mazette !). Depuis, ce nom se rencontre régulièrement sur nos blogs. La dernière fois que je suis allée en bibliothèque, c’est donc naturellement, et en toute confiance, que j’ai attrapé cet album. Dès les premières pages, nous rencontrons notre loup, errant au milieu d’une forêt, fourbu et affamé. Il réalise assez vite qu’il ne se souvient pas de son nom. Continuant son chemin vers un endroit qui pourra le recueillir, le voici embarqué dans un casting. Quelqu’un lui met une guitare dans les mains et, ô miracle, un son merveilleux s’échappe de ses mains. Serait-il donc musicien ? Loup réussit son casting et a l’idée de s’affubler d’un masque (pardon… d’un loup) pour jouer dans le groupe de la chanteuse Miss Ti qu’il intègre. Mais comment savoir qui il est ? Le charme de cet album réside dans tout ce qui fait l’univers de Renaud Dillies, ce mélange d’onirisme et de brutale réalité. Un univers où souvent l’onirisme gagne d’ailleurs la partie. Les cases, très colorées, vivantes, sont le plus souvent des petits moments de poésie suspendue, et c’est ce que j’aime chez cet auteur dont on reconnaît à coup sûr le ton. Loup est une merveilleuse lecture qui pose la question de l’identité et s’interroge sur ce qu’exister veut dire, surtout quand la mémoire fait défaut. Forcément, j’ai beaucoup aimé, même si la fin m’a un peu laissée dubitative.

Lu dans le cadre de la BD de la semaine. Tous les autres liens sont chez Stephie aujourd’hui !

Une autre lecture chez… Mo’

Editions Dargaud – mars 2017

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5