Lectures 2019

Miss Fury, Corinna Bechko & Jonathan Lau… la BD de la semaine !

Depuis ma visite à Angoulême en janvier 2017 (où j’ai vu l’expo Marvel et la French Touch) et ma lecture de América (coup de coeur) l’an dernier, j’ai une affection particulière pour une certaine frange de comics revisités… quand en plus ils sont indubitablement féministes, je suis conquise d’emblée. Dans celui-ci, nous sommes à New York en 1942. De nombreux New-yorkais ont embarqué pour l’Europe à bord de navires de guerre. La ville semble livrée à elle-même. Mais Miss Fury est là, l’alter ego de Marla Drake, dont les bureaux viennent justement de se faire cambrioler. Qui aurait intérêt à voler les plans d’un navire ? Marla Drake mène l’enquête sans se douter que la fête à laquelle l’invite sa meilleure amie, chez ses parents, verra le dénouement de toute cette machination, un dénouement encore plus invraisemblable que prévu car teinté de sorcellerie. Créée par Tarpe Mills et diffusée de 1941 à 1952, Miss fury est citée comme le premier comics féminin, voire féministe. Et j’ai aimé ça, la répartie de Miss Fury, qu’elle soit en costume ou non, son ascendant plus qu’évident sur les hommes qui l’entourent, mais également sur des monstres qui semblent sortis tout droit de l’enfer. Les dessins sont très beaux, esthétiques. Et j’aime toujours en fin d’ouvrage retrouver rassemblées les différentes couvertures imaginées par les dessinateurs, montrant leur vision très personnelle du personnage. L’histoire racontée cette fois-ci peut sembler un peu confuse et surtout complètement invraisemblable, mais je n’ai pas boudé mon plaisir, loin de là.

Lu dans le cadre de la BD de la semaine. Tous les liens sont chez Noukette aujourd’hui !

Editions Graph Zeppelin – juin 2019

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Lectures 2019

La maison de la plage, Sévérine Vidal & Victor L. Pinel… la BD de la semaine !

Voici une BD qui arrive à point nommé pour vous donner envie d’été… On rentre en effet très vite dans le cœur de cette famille venue une dernière fois profiter de leur maison de la plage. Oncle Albert veut sa part de la maison, ce qui signifie vendre. Mais son envie ne tombe pas très bien après le décès de Thomas dont Julie attend un enfant. Julie et sa cousine Coline ouvrent la maison et attendent la famille. Les souvenirs refluent. Il y a par exemple cette tapisserie à l’étage qu’il ne fallait pas toucher, selon le voeu de grand-mère Lucette. Il y a aussi cette femme qui passe devant la grille tous les jours à 11h55, donnant le signal du repas à faire. La famille comprend bien que l’Oncle Albert veuille rejoindre son fils parti aux Etats-unis mais personne ne souhaite réellement laisser cette maison pleine de jolis souvenirs à quelqu’un d’autre. Le dessin de l’album est tout en rondeur, les visages doux, comme l’ambiance qui règne autour de Julie, en deuil de son compagnon et enceinte de sept mois et demi, que l’on cherche à protéger de ces désagréments matériels. La lecture de cet album est un réel plaisir et lorsque la narration bascule en 1968 puis en 1959 le lecteur sait qu’il va enfin tout connaître des histoires qui unissent les êtres liés à cette maison, et dont les traces sont encore vivantes en 2018. Cet album est un joli voyage au pays des vacances en famille, mais aussi un hymne à l’amour, qui rime parfois avec toujours…

Un album reçu dans le cadre d’une opération masse critique de chez Babélio.

tous les livres sur Babelio.com

Lu aussi dans le cadre de la BD de la semaine. Tous les liens sont chez Moka aujourd’hui !
Une autre lecture chez… Jérôme et Mumu

 Editions Marabulles – avril 2019

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Lu aussi dernièrement (avis bref)…

J’ai emprunté cet album en bibliothèque, attirée par le dessin de la couverture et par le nom de Timothée de Fombelle dont j’avais déjà lu des nouvelles. Et cette BD s’est avérée être une jolie surprise. le lecteur suit une jeune veuve qui élève des abeilles sur le toit d’un immeuble. Nous sommes à New York en 1954. De là haut, elle peut apercevoir l’immeuble d’en face et ses bien étranges occupants. Qui sont donc ces gens aux occupations douteuses ? On revient aussi sur le passé de la jeune femme, sa carrière écourtée de danseuse, sa vie de couple malheureuse… J’ai aimé me plonger dans cette histoire aux rebondissements surprenants et à l’atmosphère doucement rêveuse. Je recommande.

Gallimard jeunesse – avril 2018

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Lectures 2019

Hollywood menteur, Luz… la BD de la semaine !

Qui a déjà vu une photo de Marylin en colère ? A priori, il n’en existe aucune. Luz est parti de ce constat (pas de photos de Marylin autrement que tranquillement songeuse ou souriante) pour explorer les raisons d’une colère hautement probable, quoique cachée, surtout au moment du tournage du film The Misfits. Tout le monde sait le fiasco qu’ont été les coulisses de ce film, les caprices de Marylin, les débordements de Clark Gable… Le trait de Luz est épais, caricatural, très noir. Il est difficile parfois de discerner les visages dans certains enchevêtrements de traits.  Mon début de lecture n’a pas été forcément très agréable, et puis je me suis attachée à l’histoire que l’on me racontait, cette femme atteinte d’Endométriose, qui croit être enceinte et ne l’est pas, délaissée par un Arthur Miller concentré sur son film, et qui réécrit sans cesse des passages… Il y a aussi cette perruque, censée recouvrir les cheveux brûlés par des décolorations multiples de Marylin et qui se promène dans les cases de cet album, comme si elle avait son existence propre. L’histoire est racontée du point de vue de Montgomery Clift, décédé peu de temps après la sortie du film et à qui Marylin confie ses états d’âme. J’ai été secouée par les images assez fortes de cette BD, des images dérangeantes, mais c’est la postface de Virginie Despentes qui a emportée mon adhésion pour cet ouvrage, le portrait qu’elle y fait de Marylin, des femmes, et de tous les êtres comme elle broyés par leur seul soucis de plaire et d’attirer l’attention. Ensuite, j’ai cherché des photographies sur internet, des images du film, et j’y ai retrouvé de nombreux plans reproduits par Luz dans l’album, ce qui m’a étrangement beaucoup touché. J’ai donc beaucoup aimé cet album très particulier, et cela m’a donné envie de voir le film The Misfits, encore jamais vu !

 

           

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 Editions Futuropolis – avril 2019

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Lu aussi dernièrement (avis brefs)…

Après avoir lu et aimé lire dernièrement « Le Choeur des femmes » de Martin Winckler, j’étais très intriguée de découvrir cet album qui y fait référénce. Aude Mermilliod y retrace au départ sa propre histoire, le récit de son IVG, puis elle relate sa rencontre avec Martin Winckler. En effet, son livre, « Le Choeur des femmes » a permis à la jeune femme d’aller mieux après cette expérience traumatisante, mais également de faire sa connaissance. On apprend alors que l’auteur écrit sous pseudo, mais qu’il est bien ce généraliste qui, comme dans le roman, a appris à « parler aux femmes » d’une manière différente, en essayant de faire de la pratique gynécologique une pratique humaine. Cet album est un album militant mais également le récit touchant d’une expérience que de nombreuses femmes partagent silencieusement. Servi par un dessin sobre qui n’est pas tout à fait de mon goût, mais que j’ai vite oublié, je me suis laissée porter par cette histoire qui donne envie de continuer à lire Martin Winckler, et de rester vigilante.

Casterman – avril 2019

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Ce qui étonne déjà agréablement avec cet album, c’est la texture de la couverture, qui tient à la fois du velours sur une grande partie de sa surface et du relief quand on passe la main sur son titre. Voilà une belle entrée en matière pour une BD curieuse, féerique et belle. Largement inspirée par le conte Peau d’âne, elle nous raconte l’histoire de Ronce, condamnée par son père le roi, à la mort de sa bien aimée épouse, à rester dans la forêt, et convoitée par lui lorsqu’elle devient adulte. Il est en effet confondu par sa beauté et est persuadé qu’ils peuvent régner ensemble. Bien entendu, il est question dans ce livre du tabou de l’inceste, mais également de magie, du pouvoir de la nature et d’amour. J’ai été subjuguée par la beauté des dessins et des couleurs, la virtuosité des traits. Dommage, peut-être, que les touches d’humour des dialogues soient parfois un peu lourdes car j’étais toute prête à donner à ce titre un coup de coeur !! Mais cette BD est un réel beau moment de lecture !

Editions Delcourt – mars 2019

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Lectures 2019

Un putain de salopard, Loisel & Pont … la BD de la semaine !

J’ai hésité un moment à me laisser tenter par cette BD. C’est idiot mais le titre me rebutait un peu. Pour autant, la première de couverture, magnifique, et le nom de Loisel étaient bien là pour me faire changer d’avis… Dans cet album, nous partons tout d’abord à la rencontre de Max, Christelle et Charlotte. Ils viennent de débarquer à Kalimboantao au Brésil, pour des raisons différentes. Nous sommes en 1972. Suite au décès de sa mère, Max a décidé de venir chercher ici son père dont il possède des photographies. Les deux jeunes filles, infirmières, sont là pour leur travail. Corinne, une amie, permet aux trois jeunes gens de passer la première nuit chez elle. Personne ne se doute que le confort de cette première soirée ne va pas durer. Les malfrats du coin rodent autour du dispensaire des infirmières et Max va être interrompu dans sa quête par un arrêt forcé en pleine forêt amazonienne en compagnie de Baïa, une autochtone muette. Les personnages, tout frais débarqués, doivent donc faire face à une violence et une brutalité qu’ils n’imaginaient pas… Et j’ai bien aimé, dans ce premier tome d’une série qui promet d’être savoureuse, ce contraste entre la gravité du contexte et la naïveté des protagonistes. Le tout est très bien servi par la qualité des dessins. Pont a beaucoup de talent pour dessiner les expressions des visages. Il faut souligner aussi la superbe mise en couleur de François Lapierre. Loisel nous laisse en dernière page sur un cliffhanger, à la fois étonnant et beau, qui donne au lecteur l’envie de dévorer tout de suite le deuxième tome. Il est évident que tous les éléments sont posés, dans ce premier opus assez riche, et que l’on va nous raconter une histoire pleine de rebondissements.

           

Lu dans le cadre de la BD de la semaine. Tous les liens sont chez Stephie aujourd’hui !

 Editions Rue de Sèvres – avril 2019

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Lu aussi dernièrement pour le Prix Cezam BD (avis bref)…

Encore un titre lu dans le cadre du Prix Cezam BD de 2019 qui s’avère excellent. Pourtant au départ le trait épais du dessin ne me plaisait pas vraiment. Rochette raconte dans cet album sa jeunesse, son désir incessant de grimper et son attrait pour le dessin. Mais la montagne est dangereuse et blesse de plus en plus son entourage, jusqu’à le heurter lui même à son tour violemment au visage. le lecteur effectue avec l’auteur toutes les grimpes, explore toutes les voies, craint pour les grimpeurs qui prennent des risques ou chutent. Un récit qui est un hymne à la montagne, à l’alpinisme, mais pas que. Une belle leçon aussi de volonté et de persévérance.

Casterman – novembre 2018

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Coups de coeur·Lectures 2019

Saccage, Frederik Peeters… la BD de la semaine !

❤ Cet album est absolument magnifique ! Le lecteur peut se demander au départ à quel objet livre il a à faire, si il se retrouve devant une sorte de sketchbook, ou si véritablement cette BD sans paroles va lui raconter une histoire. La préface explique tout. La frustration de Peeters depuis la fin de sa série Aâma de dessiner un cinquième tome totalement muet, son désir d’un album psychédélique et abstrait. Le voici sans aucun doute. Il n’y a pas de scénario dans cet opus où l’on suit quand même le même personnage jaune, habillé de bandelettes et un enfant fantomatique. L’ouvrage est fait de superbes planches colorées mises bout à bout, des visions post apocalyptiques où se superposent parfois le présent et le passé. Une histoire se dessine malgré l’incohérence apparente, une histoire qui raconte, désabusée, comment l’homme a détruit son monde. J’ai personnellement adoré !

Lu dans le cadre de la BD de la semaine. Tous les liens sont chez Stephie aujourd’hui !

 

Editions Atrabile – mars 2019

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Lu aussi cette semaine (avis brefs)…

Je ne suis pas très fan du dessin de cet album, façon manga, lu pour ma bibliothèque, mais je dois dire que la lecture de cette BD a été au final une bonne surprise. En effet, le personnage féminin de vétéran en état de choc post traumatique s’avère complexe et attachant, et j’ai été séduite par le contexte d’un Tokyo foisonnant où règne aussi une extrême violence. le petit restaurant de la jeune femme qui s’intéresse à Jun nous permet de prendre pied dans un Japon plus connu culturellement. Un album qui met en avant l’entraide et qui possède finalement une belle qualité graphique (J’ai du laisser au placard mes à priori).

Ankama éditions – mars 2019

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Lu dans le cadre du Prix Cezam BD 2019. Je ne suis pas la cible de ce genre de BD mais j’ai pour autant beaucoup aimé cet album au format à l’italienne qui nous plonge dans un univers post explosion du cloud internet. Les adultes se retrouvent dans l’obligation de porter des masques dès qu’ils sortent et la méfiance est de mise partout. Impossible de révéler avec insouciance sa véritable identité. J’ai aimé l’esthétique des cases, celle des différents costumes. le scénario est enlevé et intéressant. On suit principalement un détective privé chargé par sa soeur de retrouver l’assassin d’une jeune femme. Les coups de feu et de poings s’échangent. Les méchants sont vraiment méchants. Un album qui restera un bon souvenir de lecture !

Urban Comics éditions – mars 2017

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Coups de coeur·Lectures 2019

Haïkus de Sibérie, Vilé & Itagaki… la BD de la semaine !

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❤ Grace au comité de lecture BD auquel je participe au sein de ma médiathèque, je découvre pas mal de nouveautés, mais je ne suis pas toujours très enthousiaste… Heureusement, cette fois-ci, j’ai fait une heureuse pioche. Ce livre est en effet un très bel album. Il raconte l’histoire d’habitants d’un village lituanien déportés en Sibérie en 1941. J’ai adoré la mise en page qui tient autant de la BD que de l’album pour enfants, avec ses sympathiques trouvailles et ses petits détails. Les dessins sont majoritairement très beaux. La présence des haïkus est pour autant en réalité assez anecdotique dans cette histoire. Une tante d’Algis, fascinée par le Japon,  a pu conserver ce seul ouvrage, un recueil de haïkus, écrit en japonais, et en transmet aux prisonniers japonais sur le camp, essayant ainsi de leur donner bonheur et courage. Le scénario met plutôt en avant les diverses façons qu’auront les enfants, la maîtresse, les prisonniers dans leur ensemble (en dehors du groupe des mécontents) de contrer la tristesse et l’adversité au sein d’un terrible goulag, comme cette idée de monter une chorale pour occuper les enfants et apporter un peu de bonheur au groupe. Malgré les apparences (le dessin, l’humour, la mise en page ludique), ce n’est pourtant pas du tout un album destiné aux enfants, car le propos est évidemment trop dur. Les violences faites aux déportés sont visibles, le sang gicle, la mort est présente. Pour autant, on sort de cette histoire avec une très belle impression de douceur, et la certitude d’avoir rencontré de beaux personnages. J’ai également pas mal appris sur cette déportation lituanienne dont j’ignorais tout. Une lecture coup de coeur !

Editions Sarbacane – 6 mars 2019

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Un album lu dans le cadre de la BD de la semaine, tous les autres avis sont chez Moka

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J’ai lu aussi cette semaine (avis brefs)…

Grand plaisir de lecture avec cette magnifique BD qui est l’adaptation du roman de Michel Bussi, « Nympheas noirs ». Les planches sont superbes. Et bien que les dessins des personnages ne soient pas spécialement de mon goût, il n’y a rien à redire à l’ensemble de cet album dont l’intrigue (très efficace et bien menée) fonctionne très bien !

Dupuis/ Aire-libre – 25 janvier 2019

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Surprenant album qui retrace le séjour à Paris de Wolfgang Amadeus Mozart, entre infortune, déceptions, mauvaises rencontres et le décès de sa mère adorée. Difficile de composer dans cette atmosphère. Et pourtant… Dans cet album, le dessin étonne très vite. Les visages sont atroces. Mais quelque chose fascine. Sans doute ce personnage de Mozart, représenté le plus souvent de très petite taille, mal habillé, laid, qui parfois redevient l’enfant prodige qu’il était… et qui parfois aussi grandit comme dans Alice aux pays des Merveilles et surplombe alors Paris. Il y a tout du long la figure de son père, omniprésente, en voix off. Un album qui s’avère une bien intéressante curiosité ! Et je trouve qu’il arrive à bien cerner à sa façon la personnalité complexe de Mozart. Plutôt une réussite.

Casterman – 26 septembre 2018

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