Lectures 2020

L’Aliéniste, Fabio Moon et Gabriel Ba… ma BD de la semaine !!

D’après l’oeuvre de Joaquim Maria Machado de Assis

De la pile de BD empruntée la semaine dernière dans ma bibliothèque de quartier, seul cet album a retenu mon attention. En effet, tout ce que j’ai lu m’a beaucoup ennuyée en général. Je me suis même demandée si je ne devenais pas trop difficile… et cette BD m’a réveillée. Cet album est l’adaptation d’une nouvelle, devenue un classique, d’un romancier brésilien Joaquim Maria Machado de Assis. L’intrigue s’y déroule dans la petite ville brésilienne d’Itaguaï où les fous vivaient jusque là en liberté. Un aliéniste diplômé et reconnu, Simon Bacamarte, décide de construire dans cette ville une grande maison, nommée « La maison verte », dans laquelle il recueille rapidement tous les aliénés des environs afin d’étudier scientifiquement leurs diverses pathologies. Mais tout cela dérape très vite quand le scientifique se met à interner ses concitoyens un à un, puis à se demander si les fous ne seraient pas plutôt les esprits équilibrés (puisqu’ils sont si peu nombreux), mettant ainsi la ville sens dessus-dessous et en émoi. J’ai aimé le côté fable de ce conte philosophique impressionnant et troublant. Le ton sépia des planches permet de se projeter dans un monde qui semble par là même irréel et hors du temps, tandis que le récit bascule dans l’absurde et le fantasque, la satire sociale, ce qui s’avère étonnamment assez jouissif. Ce conte permet de réfléchir à ce qu’on appelle folie, et les discours des personnages tendent à remettre en cause nos bases de réflexions et nos certitudes. Une thèse est ainsi avancée, l’homme lucide est fou car anormal. Fabio Moon et Gabriel Bà sont connus pour être les auteurs de l’album Daytripper qui a beaucoup fait parler de lui. Je ne l’ai pas encore lu mais j’espère l’emprunter prochainement, suite à cette lecture très enthousiasmante.

Lu dans le cadre de la BD de la semaine. Tous les autres liens sont chez Noukette aujourd’hui !

Une autre lecture chez… Brize

Urban comics – septembre 2014

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Lectures 2020

Soeurs d’Ys ~ MT Anderson & Jo Rioux… ma BD de la semaine !!

La couverture de cet album est absolument magnifique, non ? Je ne pouvais pas passer non plus à côté de cette légende de la ville engloutie d’Ys. Lorsque j’étais enfant, l’image d’un cheval au galop, d’un père qui pousse dans les flots sa fille adorée, m’avait beaucoup troublée. Mais c’est surtout l’évocation ensuite d’une possibilité d’une ville recouverte par la mer, au large de la Bretagne, qui m’avait intéressée… Dans cette version BD de la légende d’Ys, nous revenons bien avant la naissance des soeurs, alors que leurs parents se choisissent et que leur mère promet à leur père de lui construire la ville royale de ses rêves. Elle tient sa promesse. La ville d’Ys est merveilleuse, mais aussi enchantée, protégée de l’extérieur par des monstres marins. Au décès prématuré de leur mère, le père des deux soeurs sombre dans la tristesse et les deux jeunes filles s’inquiètent du sort de la cité. Tandis que Rozenn, la plus âgée, l’héritière, s’enfuit tous les jours dans la nature, loin du château, Dahut, la plus jeune, festoie, reçoit, et ôte toutes les nuits la vie de ses prétendants. Ce fragile équilibre, qui n’en est pas un en réalité, fait de malédictions et de sorts, tiendra-t-il encore longtemps ? Tout est très beau dans cet album, les dessins, le camaïeu de verts, d’oranges et de bruns. J’ai peut-être manqué un peu d’explications sur certains passages, traités rapidement. Et je me rends compte que les bulles écrites à l’ordinateur me gênent de plus en plus. Mais il s’agit ici de se laisser emporter par une ambiance, une atmosphère féérique sombre, et cette BD de ce côté là fait admirablement le job. C’est un album que l’on a envie d’offrir, dont j’ai envie que mes enfants s’inspirent pour leurs dessins… Les deux jeunes filles sont très bien croquées, les émotions rendues, la mer aussi. Bref, tout cela est vraiment très très beau. Un album que je suis fière d’avoir dans ma bibliothèque, nous qui sommes si sensibles à tout ce qui concerne la Bretagne et les contes celtiques.

Lu dans le cadre de la BD de la semaine. Tous les autres liens sont chez Moka aujourd’hui !

Une autre lecture chez… Mylène

Rue de Sèvres – septembre 2020

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Lectures 2020

Edmond, Léonard Chemineau… ma BD de la semaine !!

D’après la pièce d’Alexis Michalik

A la maison, nous aimons Cyrano de Bergerac. C’est une des rares pièces que ma grande fille accepte de voir au théâtre, si bien que nous en avons déjà vu plusieurs versions, dont une avec des playmobils, qui était très amusante… Cyrano de Bergerac est une pièce à succès. Mais comment est-elle née ? C’est ce que j’ignorais. Et c’est à cette question que cet album, qui est l’adaptation de la pièce d’Alexis Michalik, tente de répondre. Il répond également à la question suivante : pourquoi ne connaissons nous vraiment que cette production d’Edmond Rostand, et moins ses autres écrits ? A l’époque, en effet, Edmond Rostand est connu pour être un jeune auteur de pièces de théâtre barbantes, lyriques et ampoulées. Ses productions romantiques ont ses adeptes, mais elles attirent trop peu de public pour être des succès commerciaux. La Princesse Lointaine, jouée par Sarah Bernhardt, est un four. Ce sont des auteurs comme Courteline et Feydeau, adeptes de la prose, qui ont alors le vent en poupe. On le presse donc de rencontrer l’acteur Coquelin qui lui donne deux jours pour écrire une comédie. Un cafetier noir le met sur la piste. Edmond Rostand est tout feu tout flamme. Il picore grâce à son entourage des idées, et écrit des lettres d’amour pour son meilleur ami, qui vient de rencontrer une jeune actrice, remplies d’inspiration. Sa femme ne voit pas d’un très bon oeil cette nouvelle muse qui entre dans leur vie, mais Edmond bouillonne de nouveau et c’est plutôt bon signe. Coquelin aime les premières répliques. Les répétitions commencent dans un grand désordre, alors que la pièce n’est pas complètement écrite. J’avais repéré cet album, sorti en 2018, depuis des lustres… J’avais aussi beaucoup entendu parler de la pièce d’Alexis Michalik. J’ai pris un très grand plaisir de lecture à lire cette BD qui retranscrit très bien l’ambiance de la pièce Cyrano, puisque les événements suivent son scénario et reproduisent son énergie. Si vous aimez Cyrano de Bergerac, et si vous voulez en savoir plus, cet album est fait pour vous. De plus, il donne indubitablement envie d’aller au théâtre.

Une autre lecture chez… Vivre livre

Rue de Sevres – août 2018

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Lectures 2020

Vent mauvais, Cati Baur… ma BD de la semaine !!

Je suis une grande fan de l’adaptation par Cati Baur des romans Les quatre soeurs de Malika Ferdjoukh. Il est donc pour moi tout à fait évident de continuer de la suivre…  La couverture de cet album-ci est pour autant un peu plus angoissante et j’hésitais un peu pour tout dire à le lire, mais j’ai bien fait de céder à la tentation. En effet, dans cet album, le lecteur rencontre de biens attachants personnages. Il y a tout d’abord, Béranger, la quarantaine. Il a connu autrefois un grand succès avec l’écriture d’une comédie, qui repasse tous les ans à Noël à la télévision. Il est aujourd’hui divorcé, père de deux grandes filles, l’amant d’une femme indécise, et en pleine crise de milieu de vie. Sur un coup de tête, il décide de quitter Paris pour la campagne, et plus précisément pour une maison située à deux pas de gigantesques éoliennes, bien décidé à reprendre l’écriture d’un second scénario. L’idée est d’écrire une suite à son précédent succès… Il fait là-bas la rencontre de la déconcertante Marjolaine, conductrice du bibliobus, mais aussi d’habitants bien décidés à démanteler les éoliennes, alors que lui les trouve si inspirantes. Les deux filles de Béranger adhèrent différemment au projet, l’une est enthousiaste et se prend d’amitié pour la voisine, l’autre préfère des endroits plus à la mode pour s’amuser. Comment ce petit monde va-t-il finir par cohabiter ? Vous le saurez en ouvrant les pages de cette BD avec laquelle j’ai passé un bon moment, j’ai voyagé, et rencontré de véritables personnalités. Elle m’a donné, malgré le sifflement des éoliennes que l’on devine grâce au dessin toujours très vivant de Cati Baur, envie de retourner en vacances, où de m’installer dans des lieux plus authentiques, des endroits où tout le monde se connaît. Cela dit, il semblerait que la proximité des éoliennes rendent les gens un peu malades, ou un peu fous… je vais donc choisir un autre coin de France pour rêver, peut-être.

Une autre lecture chez… Mylène

Rue de Sevres – 10 juin 2020

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Lectures 2020

Danger girl, Hartnell & Molnar

J’aime beaucoup découvrir la face cachée des super héros, et surtout des super héroïnes (que l’on connaît beaucoup moins). Et Graph Zepellin est un des rares éditeur à avoir la merveilleuse idée de les mettre en valeur… Je profite d’ailleurs de ce billet pour les remercier de leurs envois. Je ne suis pas toujours pareillement séduite par le résultat mais j’avais adoré par exemple América. Cet opus est bien fait aussi, les dessins sont beaux et le récit est fluide. Abbey Chase est le personnage central de la série Danger Girl. A l’heure où s’ouvrent les pages de cet album, la jeune fille n’est encore qu’une enfant, qui ne peut plus voir son père pour des raisons mystérieuses, sait déjà bien se défendre physiquement, et perd brutalement le soutien de l’ami qui avait pris le relais pour prendre soin d’elle. Le récit nous propulse quelques années plus tard, alors que le trio des Danger Girl n’existe plus. Un des membres a disparu et l’équipe s’est dispersée… Abbey s’est engagée dans une quête plus personnelle : retrouver son père et comprendre le mystère qui a accompagné sa jeunesse… Sa quête entraîne le lecteur autour du monde, un voyage assorti de nombreuses péripéties et bagarres. Je trouve l’idée intéressante de proposer aux jeunes filles des super héroïnes vers lesquelles se tourner, mais pas que. Un personnage telle que Superwoman peut par exemple plaire à tous, garçons et filles. Mon fils a par exemple beaucoup aimé la version film, qui a eu beaucoup de succès, et les prouesses de la super héroïne n’étaient absolument pas efféminées, contrairement peut-être à la série. Ici, ce qui est toujours intéressant est donc le rôle central de l’héroïne, ses difficultés de jeunesse qui expliquent sa détermination et souvent sa force, et comment elle réussit à s’en sortir dans un monde d’hommes. A la fin, comme dans chaque album, et ce qui est habituel dans l’univers des comics (la couverture n’est pas forcément du même dessinateur), le lecteur peut admirer les différentes versions proposées (dont celle qui a été choisie pour la couverture) dans un chapitre intitulé « galerie ». Vous êtes sans doute étonnés de mon attrait pour ce genre. Je pense qu’il provient de l’engouement de mon fils dans l’enfance pour les super héros, de ses essais de dessins quotidiens et de la super exposition sur ce thème vue en 2017 à Angoulême (La Marvel French Touch) qui était très chouette et marquante.

Editions Graph Zeppelin – juin 2020

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Lectures 2020

Dans la tête de Sherlock Holmes ~ Liéron & Dahan… ma BD de la semaine !!

L’affaire du ticket scandaleux 1/2

Cet album était dans ma commande effectuée en drive pendant le confinement dans la librairie indépendante de ma ville… Ma fille aime beaucoup Sherlock Holmes, je voulais donc faire d’une pierre deux coups, tant il m’avait moi aussi beaucoup intrigué sur les blogs des comparses de la BD de la semaine ! L’album promet en couverture cette possibilité inédite de rentrer enfin dans la tête de Sherlock Holmes, c’est à dire de comprendre enfin le cheminement de pensée qui le conduit immanquablement à ses déductions étonnantes. Et c’est bien le cas, ce qui est assez amusant. De petites bulles nous renseignent en effet régulièrement sur ce qui vient d’être découvert… Mais il y a aussi ce fil rouge qui nous guide de page en page vers la solution, dont il faudra attendre la résolution dans le tome 2. Et quelle frustration de l’attendre à présent !! J’ai en effet été complètement prise par tous les petits détails foisonnants et par l’atmosphère dégagée par cette BD qui est une jolie prouesse esthétique. Les dessins de Benoit Dahan sont fantastiques. Ma fille a été moins attirée que moi par les visages des protagonistes. Il faut dire qu’elle ne jure que par ‎Benedict Cumberbatch, difficile de lutter. Pourtant, cet opus là est bien plus fidèle à l’original, reprenant le Londres de l’époque. Un complot de grande envergure, mettant en scène un spectacle étrange, et des tickets distribués à des professions bien précises, est dans le récit peu à peu mis à jour par Sherlock et Watson qui ont d’abord reçu un Dr Herbert Fowler, hébété et en chemise de nuit, à deux doigts d’être arrêté pour vagabondage nocturne en tenue indécente. Leur enquête va les mettre devant un mystère encore plus épais quand la police découvre le cadavre d’une vendeuse, croisée par le docteur ce soir-là… Je ne vous en dis pas plus, seulement que tout cela a sorti Sherlock Holmes de son ennui et qu’il s’est mis à trotter dans les rues de Londres, Watson à sa suite. Allez, vivement le tome 2 !

Lu dans le cadre de la BD de la semaine. Tous les autres liens sont chez Stéphie aujourd’hui !

Une autre lecture chez… Vivre livre

Ankama – mai 2019

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5