Lectures 2021

Les Indésirables, Kiku Hughes… ma BD de la semaine !!

En décembre 1941, le Japon frappe la base navale américaine de Pearl Harbor. Suite à cette frappe, l’opinion publique américaine bascule. Un décret est alors signé accordant aux militaires de pouvoir arrêter et incarcérer toute personne d’origine japonaise. 120 000 nippo-américains seront donc arrêtés et incarcérés de force dans des camps d’internement à cette période… Les éléments racontés dans cet album sont un mélange de réel et de fiction. Kiku Hughes imagine en effet un procédé de déplacement dans le temps pour raconter l’histoire de sa grand-mère, qui a vécu ces événements alors qu’elle était encore adolescente. Nous retrouvons donc Kiku, adolescente d’aujourd’hui, transposée dans les années 40, prise contre son gré dans le groupe des nippo-américains détenus. Elle partage ainsi le quotidien de sa grand-mère, tout en n’osant guère l’approcher. Elle se rend compte qu’elle ne connaissait rien de ce passé. La langue japonaise a disparu de sa famille, et bon nombre de traditions aussi. Ceci s’explique par le traumatisme de cet enfermement forcé et surtout par la légende de « minorité modèle » dans laquelle les nippo-américains se sont ensuite enfermés dans les années 60. J’ai beaucoup aimé le procédé qui permet à Kiku Hughes d’effectuer des liens subtils entre présent et passé. Le lecteur ne croit pas deux secondes à la réalité de ce transport dans le temps mais bizarrement ne peut en vouloir à l’auteure tant tout ce qu’on apprend par ce biais est édifiant. Dans le présent, l’investiture de Trump et ses discours jettent un voile inquiétant qui aident à la remontée des souvenirs douloureux. Le graphisme est doux et simple et est au service de la découverte de ce pan de l’histoire méconnu, qui méritait effectivement que l’on s’y intéresse.

Lu dans le cadre de la BD de la semaine. Tous les autres liens sont chez Noukette aujourd’hui !

Une autre lecture chez… Mes échappées livresques

Editions Rue de Sèvres – 6 janvier 2021

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Lectures 2021

Prends soin de toi, Grégory Mardon… ma BD de la semaine !!

J’ai fait dernièrement un stock d’albums en médiathèque, portant mon attention principalement sur l’esthétique de la couverture et des planches intérieures. Et je suis rarement déçue par les publications de Futuropolis, qui correspondent souvent à mon goût… Voici donc comment j’ai choisi cet album. Achille sort tout juste d’une rupture amoureuse difficile et a acheté un vieil appartement qu’il a décidé de rénover lui-même pendant ses congés. Sous le revêtement usagé, il découvre une lettre, que le facteur avait sans doute glissé sous la porte, destinée à Suzanne, l’ancienne propriétaire décédée, et datant de 1976. Un certain Tristan y déclare son amour et lui dit qu’il l’attend à Marseille. Achille décide alors de profiter de ses vacances pour faire le trajet Paris-Marseille en scooter et porter en mains-propres la lettre à son expéditeur, qu’il imagine encore vivant et souhaitant connaître la vérité. Le lecteur suit alors le jeune-homme dans son périple entre moments joyeux et souvenirs omniprésents d’une rupture encore douloureuse… Je ne me suis pas trompée en choisissant cet album sur un critère esthétique. Les planches sont la plupart du temps vraiment magnifiques, même si je n’aime peut-être pas spécialement la façon de Grégory Mardon de dessiner les visages. Certaines doubles pages donnent même envie de s’arrêter un instant et de plonger à l’intérieur tant elles évoquent la beauté de la nature et son pouvoir salvateur. Même si j’ai trouvé l’histoire guère originale, j’ai trouvé par contre que Grégory Mardon avait su admirablement évoquer le passage du temps, ce doux pansement posé sur toutes les souffrances amoureuses, et comment la vie peut ainsi renaître de nouveau, de chaque petit rien… un sourire donné, des conversations d’enfants, des paysages, le soleil, la mer, la liberté. C’est un album qui commence sous de sombres auspices, un peu dépressifs, puis qui fait du bien et donne au final un bel espoir de résilience. Une chouette trouvaille de bibliothèque, donc !

« Bonjour Achille.
Ce sera mon dernier message. Je me sens obligée de te l’écrire à nouveau, et je ne comprends pas pourquoi tu ne veux pas l’entendre depuis un moment. C’est totalement fini. J’ai rencontré quelqu’un avec qui j’ai des projets… Je n’ai pas à me justifier de quoi que ce soit. Je suis heureuse… Tu dois absolument renoncer… Prends soin de toi. »

Lu dans le cadre de la BD de la semaine. Tous les autres liens sont chez Noukette aujourd’hui !

Une autre lecture chez… Le petit carré jaune et Noukette

Editions Futuropolis – mai 2017

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Lectures 2021

Billy Symphony, David Périmony… ma BD de la semaine !!

Normalement, ce mois de janvier aurait du commencer avec l’objectif d’aller passer le dernier week-end à Angoulême. J’avais même prévu cette fois-ci une sortie en famille, mais bon. Ce qui est intéressant à Angoulême, outre les expositions, ce sont aussi toutes ces maisons d’édition réunies sous la tente des indépendants. Et j’aime particulièrement y rencontrer les Editions de la Gouttière, toujours très accueillants… Je suis donc ravie d’avoir demandé et reçu ce titre via la dernière opération Masse critique de chez Babélio, dont je n’ai raté en 2020 aucun rendez-vous. La couverture un peu désuète, dans les tons marrons, qui faire référence à une esthétique ancienne, comme ceux des premiers films de Mickey Mouse ou de Tex Avery, peut rebuter. Elle n’a d’ailleurs pas attiré mes enfants. Mais ce serait un tort ! L’histoire, sans paroles, dans laquelle on s’engage dans les pages de cet album est en effet d’une infinie douceur et tendresse. Elle m’a personnellement complètement fait fondre. Elle nous raconte l’amitié improbable entre un jeune garçon sans le sou, rêvant de devenir musicien et de gagner sa vie ainsi, et d’un petit oiseau qui souhaite seulement chanter. Un compromis, une collaboration étonnante, se fait entre les deux, pour le meilleur et pour le pire. Et le succès est là, mais à quel prix ? L’album est à la fois triste et doux, dynamique et inventif. J’ai beaucoup aimé le lire, oubliant l’absence de bulles, ravie des expressions des personnages, et le refermant effectivement avec le sentiment d’avoir vu ainsi un de ces petits courts métrages sans paroles d’autrefois, de ceux qui ont bercé mon enfance.

Lu dans le cadre de la BD de la semaine. Tous les autres liens sont chez Moka aujourd’hui !

Une autre lecture chez… Sabine

Editions de la Gouttière – janvier 2020

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

tous les livres sur Babelio.com
Lectures 2020

L’Aliéniste, Fabio Moon et Gabriel Ba… ma BD de la semaine !!

D’après l’oeuvre de Joaquim Maria Machado de Assis

De la pile de BD empruntée la semaine dernière dans ma bibliothèque de quartier, seul cet album a retenu mon attention. En effet, tout ce que j’ai lu m’a beaucoup ennuyée en général. Je me suis même demandée si je ne devenais pas trop difficile… et cette BD m’a réveillée. Cet album est l’adaptation d’une nouvelle, devenue un classique, d’un romancier brésilien Joaquim Maria Machado de Assis. L’intrigue s’y déroule dans la petite ville brésilienne d’Itaguaï où les fous vivaient jusque là en liberté. Un aliéniste diplômé et reconnu, Simon Bacamarte, décide de construire dans cette ville une grande maison, nommée « La maison verte », dans laquelle il recueille rapidement tous les aliénés des environs afin d’étudier scientifiquement leurs diverses pathologies. Mais tout cela dérape très vite quand le scientifique se met à interner ses concitoyens un à un, puis à se demander si les fous ne seraient pas plutôt les esprits équilibrés (puisqu’ils sont si peu nombreux), mettant ainsi la ville sens dessus-dessous et en émoi. J’ai aimé le côté fable de ce conte philosophique impressionnant et troublant. Le ton sépia des planches permet de se projeter dans un monde qui semble par là même irréel et hors du temps, tandis que le récit bascule dans l’absurde et le fantasque, la satire sociale, ce qui s’avère étonnamment assez jouissif. Ce conte permet de réfléchir à ce qu’on appelle folie, et les discours des personnages tendent à remettre en cause nos bases de réflexions et nos certitudes. Une thèse est ainsi avancée, l’homme lucide est fou car anormal. Fabio Moon et Gabriel Bà sont connus pour être les auteurs de l’album Daytripper qui a beaucoup fait parler de lui. Je ne l’ai pas encore lu mais j’espère l’emprunter prochainement, suite à cette lecture très enthousiasmante.

Lu dans le cadre de la BD de la semaine. Tous les autres liens sont chez Noukette aujourd’hui !

Une autre lecture chez… Brize

Urban comics – septembre 2014

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Lectures 2020

Soeurs d’Ys ~ MT Anderson & Jo Rioux… ma BD de la semaine !!

La couverture de cet album est absolument magnifique, non ? Je ne pouvais pas passer non plus à côté de cette légende de la ville engloutie d’Ys. Lorsque j’étais enfant, l’image d’un cheval au galop, d’un père qui pousse dans les flots sa fille adorée, m’avait beaucoup troublée. Mais c’est surtout l’évocation ensuite d’une possibilité d’une ville recouverte par la mer, au large de la Bretagne, qui m’avait intéressée… Dans cette version BD de la légende d’Ys, nous revenons bien avant la naissance des soeurs, alors que leurs parents se choisissent et que leur mère promet à leur père de lui construire la ville royale de ses rêves. Elle tient sa promesse. La ville d’Ys est merveilleuse, mais aussi enchantée, protégée de l’extérieur par des monstres marins. Au décès prématuré de leur mère, le père des deux soeurs sombre dans la tristesse et les deux jeunes filles s’inquiètent du sort de la cité. Tandis que Rozenn, la plus âgée, l’héritière, s’enfuit tous les jours dans la nature, loin du château, Dahut, la plus jeune, festoie, reçoit, et ôte toutes les nuits la vie de ses prétendants. Ce fragile équilibre, qui n’en est pas un en réalité, fait de malédictions et de sorts, tiendra-t-il encore longtemps ? Tout est très beau dans cet album, les dessins, le camaïeu de verts, d’oranges et de bruns. J’ai peut-être manqué un peu d’explications sur certains passages, traités rapidement. Et je me rends compte que les bulles écrites à l’ordinateur me gênent de plus en plus. Mais il s’agit ici de se laisser emporter par une ambiance, une atmosphère féérique sombre, et cette BD de ce côté là fait admirablement le job. C’est un album que l’on a envie d’offrir, dont j’ai envie que mes enfants s’inspirent pour leurs dessins… Les deux jeunes filles sont très bien croquées, les émotions rendues, la mer aussi. Bref, tout cela est vraiment très très beau. Un album que je suis fière d’avoir dans ma bibliothèque, nous qui sommes si sensibles à tout ce qui concerne la Bretagne et les contes celtiques.

Lu dans le cadre de la BD de la semaine. Tous les autres liens sont chez Moka aujourd’hui !

Une autre lecture chez… Mylène

Rue de Sèvres – septembre 2020

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Lectures 2020

Edmond, Léonard Chemineau… ma BD de la semaine !!

D’après la pièce d’Alexis Michalik

A la maison, nous aimons Cyrano de Bergerac. C’est une des rares pièces que ma grande fille accepte de voir au théâtre, si bien que nous en avons déjà vu plusieurs versions, dont une avec des playmobils, qui était très amusante… Cyrano de Bergerac est une pièce à succès. Mais comment est-elle née ? C’est ce que j’ignorais. Et c’est à cette question que cet album, qui est l’adaptation de la pièce d’Alexis Michalik, tente de répondre. Il répond également à la question suivante : pourquoi ne connaissons nous vraiment que cette production d’Edmond Rostand, et moins ses autres écrits ? A l’époque, en effet, Edmond Rostand est connu pour être un jeune auteur de pièces de théâtre barbantes, lyriques et ampoulées. Ses productions romantiques ont ses adeptes, mais elles attirent trop peu de public pour être des succès commerciaux. La Princesse Lointaine, jouée par Sarah Bernhardt, est un four. Ce sont des auteurs comme Courteline et Feydeau, adeptes de la prose, qui ont alors le vent en poupe. On le presse donc de rencontrer l’acteur Coquelin qui lui donne deux jours pour écrire une comédie. Un cafetier noir le met sur la piste. Edmond Rostand est tout feu tout flamme. Il picore grâce à son entourage des idées, et écrit des lettres d’amour pour son meilleur ami, qui vient de rencontrer une jeune actrice, remplies d’inspiration. Sa femme ne voit pas d’un très bon oeil cette nouvelle muse qui entre dans leur vie, mais Edmond bouillonne de nouveau et c’est plutôt bon signe. Coquelin aime les premières répliques. Les répétitions commencent dans un grand désordre, alors que la pièce n’est pas complètement écrite. J’avais repéré cet album, sorti en 2018, depuis des lustres… J’avais aussi beaucoup entendu parler de la pièce d’Alexis Michalik. J’ai pris un très grand plaisir de lecture à lire cette BD qui retranscrit très bien l’ambiance de la pièce Cyrano, puisque les événements suivent son scénario et reproduisent son énergie. Si vous aimez Cyrano de Bergerac, et si vous voulez en savoir plus, cet album est fait pour vous. De plus, il donne indubitablement envie d’aller au théâtre.

Une autre lecture chez… Vivre livre

Rue de Sevres – août 2018

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5