Lectures 2021

Alicia, Eileen Hofer & Mayalen Goust… ma BD de la semaine !!

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Vous qui avez aimé les illustrations de Vies volées, vous allez retrouver ici, dans ce très bel album de chez Rue de Sèvres BD le trait très identifiable de Mayalen Goust… Nous sommes à La Havane, et Eileen Hofer, l’autrice, a choisi de nous présenter le destin de la très grande ballerine Alicia Alonso, sous un regard de 1959, mais également sous un autre regard, en 2011, celui d’Amanda, jeune ballerine en devenir. A travers ces deux portraits, l’album nous donne une vision impressionnante de l’ascension fulgurante de Alicia Alonso, danseuse étoile, que sa cécité progressive, n’a pas empêchée d’accéder au titre de « Prima ballerina assoluta ».  On voit également  comment, dans une période post-révolution de Cuba, le ballet national a été utilisé comme un outil de propagande. J’ai particulièrement aimé l’ambiance de 2011, suivre la petite famille de la jeune Amanda, se rendre compte des sacrifices que la danse nécessite dans leur contexte politique et économique. Manuela, mère célibataire, danseuse de music hall, est un personnage également très touchant. Amanda et Alicia seront amenées à se rencontrer, Alicia devenue une vieille femme, une icône, se comportant de manière un peu excentrique, et Amanda, son double contemporain… conduite implicitement à poursuivre l’histoire par son talent. La couverture peut donner une impression girly, sur laquelle il ne faut vraiment pas s’arrêter. Car Eileen Hofer et Mayalen Goust nous proposent dans cette BD une véritable plongée dans La Havane, à deux époques différentes, l’une expliquant l’autre. On apprend beaucoup. Personnellement, j’ignorais tout d’Alicia Alonso. Et j’ai refermé cet album, un peu rêveuse…

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Editions Rue de Sèvres – avril 2021

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Tous les autres liens sont chez Noukette aujourd’hui

Une autre lecture chez… Soukee de Bouquinbourg

Lectures 2021

Loup, Renaud Dillies… ma BD de la semaine !!

LOUP

J’ai découvert Renaud Dillies avec le merveilleux Bulles et nacelles, qui avait été une révélation en 2010 (mazette !). Depuis, ce nom se rencontre régulièrement sur nos blogs. La dernière fois que je suis allée en bibliothèque, c’est donc naturellement, et en toute confiance, que j’ai attrapé cet album. Dès les premières pages, nous rencontrons notre loup, errant au milieu d’une forêt, fourbu et affamé. Il réalise assez vite qu’il ne se souvient pas de son nom. Continuant son chemin vers un endroit qui pourra le recueillir, le voici embarqué dans un casting. Quelqu’un lui met une guitare dans les mains et, ô miracle, un son merveilleux s’échappe de ses mains. Serait-il donc musicien ? Loup réussit son casting et a l’idée de s’affubler d’un masque (pardon… d’un loup) pour jouer dans le groupe de la chanteuse Miss Ti qu’il intègre. Mais comment savoir qui il est ? Le charme de cet album réside dans tout ce qui fait l’univers de Renaud Dillies, ce mélange d’onirisme et de brutale réalité. Un univers où souvent l’onirisme gagne d’ailleurs la partie. Les cases, très colorées, vivantes, sont le plus souvent des petits moments de poésie suspendue, et c’est ce que j’aime chez cet auteur dont on reconnaît à coup sûr le ton. Loup est une merveilleuse lecture qui pose la question de l’identité et s’interroge sur ce qu’exister veut dire, surtout quand la mémoire fait défaut. Forcément, j’ai beaucoup aimé, même si la fin m’a un peu laissée dubitative.

Lu dans le cadre de la BD de la semaine. Tous les autres liens sont chez Stephie aujourd’hui !

Une autre lecture chez… Mo’

Editions Dargaud – mars 2017

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Lectures 2021

L’esprit de Lewis T1 &2, Santini et Richerand… ma BD de la semaine !!

 

J’ai emprunté dernièrement un tas d’albums en bibliothèque et je dois dire que j’ai été séduite par l’esthétique de ces deux albums-ci, qui sont absolument magnifiques. Lewis est un jeune homme que la mort de sa mère bouleverse, mais qui a aussi le désir de devenir écrivain. Le voici donc décidé à s’installer à Chilwickbury, la propriété d’été de la famille dont il vient d’hériter. Il espère pouvoir y écrire mais l’inspiration ne vient pas. Le fantôme d’une femme lui apparaît bientôt et une étrange histoire d’amour naît entre les deux protagonistes. Sarah ne sait pas ce qui a causé sa mort, ni pourquoi elle erre ainsi, et en attendant aide le jeune homme à écrire son roman, une histoire de fantôme. Lewis, publié et connaissant un grand succès mondain, se révèle ingrat et enchaîne les conquêtes. Sarah décide alors de se venger et de détruire son existence, le voulant tout à elle. Mais comment tout cela va-t-il donc se terminer ? Si vous aimez les ambiances gothiques, ces albums sont faits pour vous. J’ai personnellement beaucoup aimé les dessins, bourrés de petits détails. Mais il y a également beaucoup d’humour dans les pages de ce diptyque qui semble également se moquer gentiment du genre dans lequel il se complaît. Lewis vomit du vert toutes les deux pages, surtout dans le deuxième volet qui le met physiquement à rude épreuve (le pauvre), et on se prend à s’amuser de cette histoire qui part dans tous les sens. La fin est d’ailleurs un véritable festival. En refermant ces albums, je me suis demandée si je les avais aimés ou non, tant ils sont farfelus et spéciaux. Et puis, après quelques jours, je me suis rendue compte que cette histoire me poursuivait, que les images me restaient en tête, et que j’avais lu là au final quelque chose d’assez fort et original, et je dois dire que j’aime ça aussi parfois, être bousculée.

Lu dans le cadre de la BD de la semaine. Tous les autres liens sont chez Moka aujourd’hui !

Une autre lecture chez… Noukette

Editions Soleil – octobre 2017 & septembre 2019

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Lectures 2021

Les Indésirables, Kiku Hughes… ma BD de la semaine !!

En décembre 1941, le Japon frappe la base navale américaine de Pearl Harbor. Suite à cette frappe, l’opinion publique américaine bascule. Un décret est alors signé accordant aux militaires de pouvoir arrêter et incarcérer toute personne d’origine japonaise. 120 000 nippo-américains seront donc arrêtés et incarcérés de force dans des camps d’internement à cette période… Les éléments racontés dans cet album sont un mélange de réel et de fiction. Kiku Hughes imagine en effet un procédé de déplacement dans le temps pour raconter l’histoire de sa grand-mère, qui a vécu ces événements alors qu’elle était encore adolescente. Nous retrouvons donc Kiku, adolescente d’aujourd’hui, transposée dans les années 40, prise contre son gré dans le groupe des nippo-américains détenus. Elle partage ainsi le quotidien de sa grand-mère, tout en n’osant guère l’approcher. Elle se rend compte qu’elle ne connaissait rien de ce passé. La langue japonaise a disparu de sa famille, et bon nombre de traditions aussi. Ceci s’explique par le traumatisme de cet enfermement forcé et surtout par la légende de « minorité modèle » dans laquelle les nippo-américains se sont ensuite enfermés dans les années 60. J’ai beaucoup aimé le procédé qui permet à Kiku Hughes d’effectuer des liens subtils entre présent et passé. Le lecteur ne croit pas deux secondes à la réalité de ce transport dans le temps mais bizarrement ne peut en vouloir à l’auteure tant tout ce qu’on apprend par ce biais est édifiant. Dans le présent, l’investiture de Trump et ses discours jettent un voile inquiétant qui aident à la remontée des souvenirs douloureux. Le graphisme est doux et simple et est au service de la découverte de ce pan de l’histoire méconnu, qui méritait effectivement que l’on s’y intéresse.

Lu dans le cadre de la BD de la semaine. Tous les autres liens sont chez Noukette aujourd’hui !

Une autre lecture chez… Mes échappées livresques

Editions Rue de Sèvres – 6 janvier 2021

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Lectures 2021

Prends soin de toi, Grégory Mardon… ma BD de la semaine !!

J’ai fait dernièrement un stock d’albums en médiathèque, portant mon attention principalement sur l’esthétique de la couverture et des planches intérieures. Et je suis rarement déçue par les publications de Futuropolis, qui correspondent souvent à mon goût… Voici donc comment j’ai choisi cet album. Achille sort tout juste d’une rupture amoureuse difficile et a acheté un vieil appartement qu’il a décidé de rénover lui-même pendant ses congés. Sous le revêtement usagé, il découvre une lettre, que le facteur avait sans doute glissé sous la porte, destinée à Suzanne, l’ancienne propriétaire décédée, et datant de 1976. Un certain Tristan y déclare son amour et lui dit qu’il l’attend à Marseille. Achille décide alors de profiter de ses vacances pour faire le trajet Paris-Marseille en scooter et porter en mains-propres la lettre à son expéditeur, qu’il imagine encore vivant et souhaitant connaître la vérité. Le lecteur suit alors le jeune-homme dans son périple entre moments joyeux et souvenirs omniprésents d’une rupture encore douloureuse… Je ne me suis pas trompée en choisissant cet album sur un critère esthétique. Les planches sont la plupart du temps vraiment magnifiques, même si je n’aime peut-être pas spécialement la façon de Grégory Mardon de dessiner les visages. Certaines doubles pages donnent même envie de s’arrêter un instant et de plonger à l’intérieur tant elles évoquent la beauté de la nature et son pouvoir salvateur. Même si j’ai trouvé l’histoire guère originale, j’ai trouvé par contre que Grégory Mardon avait su admirablement évoquer le passage du temps, ce doux pansement posé sur toutes les souffrances amoureuses, et comment la vie peut ainsi renaître de nouveau, de chaque petit rien… un sourire donné, des conversations d’enfants, des paysages, le soleil, la mer, la liberté. C’est un album qui commence sous de sombres auspices, un peu dépressifs, puis qui fait du bien et donne au final un bel espoir de résilience. Une chouette trouvaille de bibliothèque, donc !

« Bonjour Achille.
Ce sera mon dernier message. Je me sens obligée de te l’écrire à nouveau, et je ne comprends pas pourquoi tu ne veux pas l’entendre depuis un moment. C’est totalement fini. J’ai rencontré quelqu’un avec qui j’ai des projets… Je n’ai pas à me justifier de quoi que ce soit. Je suis heureuse… Tu dois absolument renoncer… Prends soin de toi. »

Lu dans le cadre de la BD de la semaine. Tous les autres liens sont chez Noukette aujourd’hui !

Une autre lecture chez… Le petit carré jaune et Noukette

Editions Futuropolis – mai 2017

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Lectures 2021

Billy Symphony, David Périmony… ma BD de la semaine !!

Normalement, ce mois de janvier aurait du commencer avec l’objectif d’aller passer le dernier week-end à Angoulême. J’avais même prévu cette fois-ci une sortie en famille, mais bon. Ce qui est intéressant à Angoulême, outre les expositions, ce sont aussi toutes ces maisons d’édition réunies sous la tente des indépendants. Et j’aime particulièrement y rencontrer les Editions de la Gouttière, toujours très accueillants… Je suis donc ravie d’avoir demandé et reçu ce titre via la dernière opération Masse critique de chez Babélio, dont je n’ai raté en 2020 aucun rendez-vous. La couverture un peu désuète, dans les tons marrons, qui faire référence à une esthétique ancienne, comme ceux des premiers films de Mickey Mouse ou de Tex Avery, peut rebuter. Elle n’a d’ailleurs pas attiré mes enfants. Mais ce serait un tort ! L’histoire, sans paroles, dans laquelle on s’engage dans les pages de cet album est en effet d’une infinie douceur et tendresse. Elle m’a personnellement complètement fait fondre. Elle nous raconte l’amitié improbable entre un jeune garçon sans le sou, rêvant de devenir musicien et de gagner sa vie ainsi, et d’un petit oiseau qui souhaite seulement chanter. Un compromis, une collaboration étonnante, se fait entre les deux, pour le meilleur et pour le pire. Et le succès est là, mais à quel prix ? L’album est à la fois triste et doux, dynamique et inventif. J’ai beaucoup aimé le lire, oubliant l’absence de bulles, ravie des expressions des personnages, et le refermant effectivement avec le sentiment d’avoir vu ainsi un de ces petits courts métrages sans paroles d’autrefois, de ceux qui ont bercé mon enfance.

Lu dans le cadre de la BD de la semaine. Tous les autres liens sont chez Moka aujourd’hui !

Une autre lecture chez… Sabine

Editions de la Gouttière – janvier 2020

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