Lectures 2022

Moon, Cyrille Pomès… ma BD de la semaine et c’est un coup de coeur !!

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❤ J’avais pu écouter Cyrille Pomès nous parler de l’élaboration de cet album lors d’un zoom avec l’Ecole des loisirs en février dernier et c’était drôlement intéressant, et déjà les dessins, l’ambiance, m’avaient plu. Moon nous raconte l’histoire d’une station balnéaire de Méditerranée, hors saison. Un jour, la foudre s’abat sur l’antenne-relais du coin, internet est coupé jusqu’à nouvel ordre. Tous les adolescents sont soudain à l’arrêt et tentent de se réinventer, avec plus ou moins de succès. Cet incident vient de sauver Luna, la fille populaire sur les réseaux, d’un drame, sa copine venait malencontreusement de partager massivement une photo intime. Gabriel, dit Cosmos, lui ne voit aucun changement à sa vie, son père, qui se remet difficilement de son veuvage, lui interdit d’avoir un portable… J’ai absolument adoré cet album. L’ambiance un peu désolée des bords de mer l’hiver, que je connais bien, est très bien rendue. Il y a des doubles pages absolument magnifiques de paysages, en tons jaunes/bleus et verts que l’on a presque envie d’encadrer.  La bande d’adolescents est attachante. Bien entendu, on retrouvera les profils habituels, le bad boy, le paumé, la populaire, la bonne copine, mais je n’ai pas trouvé que le scénario rentrait pour autant dans la caricature. Le récit est truffé de détails amusants et décalés, de temps suspendus. C’est plein de grâce et de talent, c’est vraiment chouette. Merci à Rue de Sèvres de proposer de tels albums, j’en redemande !

Editions Rue de Sèvres BD – 23 mars 2022

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Une autre lecture chez… Mylène

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Lectures 2022

Ce que nous sommes, Zep… ma BD de la semaine !!

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Nous sommes d’accord, cette couverture est magnifique ! Depuis que Zep explore d’autres sphères que l’univers qu’il a créé avec son personnage Titeuf, j’ai lu avec bonheur Un bruit étrange et beau et The EndJ’ai par contre moins aimé Paris 2119. Mais il était évident que je n’allais pas passer à côté de ce nouvel opus… Les premières planches sont très belles, paisibles, nous plongeons aux côtés de Constant dans l’océan, près d’une baleine bleue, puis un drame arrive, et le réveil. Tout cela n’était en fait pas réel, une réalité augmentée dans laquelle évoluent à loisir les habitants de ce futur proche, deuxième génération à être née avec un cerveau numérique. Tout va bien, jusqu’à ce que Constant déconnecte subitement et perde toute mémoire, sortant ainsi du monde protégé du projet DataBrain. Il est d’abord recueilli par une famille, puis par une jeune femme vivant en marge, qui va l’aider à cerner son identité … J’ai retrouvé dans cet album l’esthétique de The End, avec ses planches aux couleurs un peu passées, sépia. L’histoire, bien que moyennement originale, captive réellement. Les personnages secondaires sont en effet très attachants et semblent tellement humains après la froideur d’un monde essentiellement numérique. Constant, rebaptisé Treize, puis Melville découvre le plaisir simple d’exister dans le regard des autres, un plaisir direct, dans lequel n’intervient aucun tiers. Bien entendu, c’est une BD à message, et Zep l’assume complètement. Nous sommes nombreux à constater aussi combien la technologie est présente dans notre quotidien, imposée, devenue essentielle même pour ceux qui résistaient encore, générant une fracture numérique potentiellement discriminatoire. Se déconnecter un peu plus permettrait sans doute de se connecter davantage à soi et à ce qui nous entoure. A méditer.

« On voulait faire un humain augmenté, on a créé l’humain assisté. »

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Editions Rue de Sèvres BD – 16 mars 2022

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

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Lectures 2022

Baby Face, Olivier Balez… ma BD de la semaine !!

babyface

J’avais gagné cette BD après un zoom très intéressant en février dernier avec la maison d’édition au sujet des nouveautés. Olivier Balez avait parlé longuement de l’élaboration de cet album, de la manière d’installer le décor, et même des choix de couleur pour la couverture et c’était très chouette ! Et il s’avère, après réception, et lecture, que j’ai été extrêmement touchée par cette adaptation du roman éponyme de Marie Desplechin… A l’école, personne ne semble aimer Nejma, mis à part son meilleur ami Freddy, son voisin d’immeuble. Il faut dire qu’elle se cache derrière ses vêtements, une stature imposante et un caractère bien trempé. Bref, Nejma, il ne faut pas l’embêter. Quand Isidore, qui travaille au supermarché, lui dit un jour qu’elle est « puissante », c’est comme si il avait trouvé la clé qui explique tout. Nejma prend ce mot pour un cadeau. Mais malheureusement, quelques jours plus tard, un camarade d’école se fait bousculer par deux amis, certainement influencés par l’école de catch qui vient de se monter, et Nejma, qui se trouvait là, au mauvais endroit au mauvais moment, est désignée naturellement comme la coupable idéale. Elle pense être seule, avec cette mère absente qui travaille tard, et son impuissance à se défendre, mais la jeune fille peut en réalité compter sur ses deux amis… Vous l’aurez compris, Baby face, qui en catch désigne celui qui joue le bon dans un duel, traite de différence et d’exclusion. Derrière l’apparence et l’attitude de Nejma, se cachent une grande sensibilité et pas mal de solitude. Isidore et Freddy ont su déceler en elle tout cela. Le graphisme est superbe. J’ai aimé particulièrement la manière dont Olivier Balez a croqué la banlieue à la tombée de la nuit et retranscris les pensées de Nejma.

Editions Rue de Sèvres BD – 16 février 2022

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Look Back, Tatsuki Fujimoto… ma BD (mon manga) de la semaine !!

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Depuis le temps que mon fils me tanne pour que je lise des mangas, il a enfin trouvé le truc qui marche à coup sûr, en poser un sur ma PAL, un dont la couverture pourrait me faire penser à lui, et titiller ma curiosité. En plus, c’est un one shot m’a-t-il dit. J’ai bien un peu frisé du nez mais je lui ai promis d’essayer. A ma grande surprise, la lecture de droite à gauche, que je pensais être mon frein principal, ne m’a causé en réalité aucun problème… Nous faisons tout d’abord la connaissance de Fujino, une jeune adolescente passionnée, qui croit en son talent et gribouille des strips humoristiques pour le journal de son école. Bientôt, elle va être rejointe dans les colonnes de ce journal par Kyômoto, qu’elle n’a jamais vue, mais dont le talent pour dessiner les décors, les extérieurs, est évident. Paradoxalement, cette jeune fille ne vient pas à l’école car elle se terre dans sa chambre. C’est une Hikikomori. Un lien va se créer entre les deux jeunes filles qui vont unir leurs énergies créatrices. Au collège, elles participent à un concours qu’elles gagnent haut la main. Kyômoto s’ouvre au monde. Mais un drame va les séparer brutalement, laissant Fujino seule… Si vous avez envie de rentrer dans l’univers des mangas, ce titre est idéal. C’est un bon choix de mon fils. Car, même si je suis toujours un peu perplexe devant certains codes narratifs, la rapidité de certaines pages, l’expression des personnages, cet univers rencontré par ailleurs au travers des animations que mes enfants aiment regarder, l’histoire sait ici prendre aussi son temps, oublier les bulles, s’appuyer seulement sur les images. J’ai aimé particulièrement ces moments où les personnages dessinent, très réalistes et doux, ces postures de dos reprises en couverture. Une bien jolie introduction pour moi dans un univers dont je vais sans doute vous parler de nouveau, à l’occasion. Parions ensemble que j’aurai d’autres propositions de lectures.

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Editions Kazé éditions – 9 mars 2022

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Lumière noire, Claire Fauvel et Thomas Gilbert… ma BD de la semaine !!

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J’aime beaucoup les albums BD sur la danse. Je trouve que les deux vont bien ensemble, et que le résultat est souvent inventif et beau. Dans cet album, à la couverture sombre, nous faisons la connaissance de Ava, chorégraphe au talent reconnu, en pleine période de doutes. Elle n’a plus d’inspiration. On lui a cependant confié un nouveau budget. En se rendant, avec son amie Suzanne à Bruxelles, au gala de fin d’études d’une école de danse, elle n’attend rien. Et pourtant. Elle est fascinée par Ian, un des jeunes danseurs, et lui propose finalement un rôle. Ian accepte avec joie, lui qui admire la chorégraphe depuis toujours. Mais il n’est pas au bout de ses surprises quand il s’aperçoit que la mise en route du spectacle traîne en longueur. Les deux danseurs finissent pour autant par s’accorder et par devenir amants. A deux, ils sont plus forts contre les monstres qui envahissent leur imaginaire. Ava a eu enfin l’idée de reprendre un conte qui a marqué son enfance, se grimant en grand oiseau, tandis que le jeune homme représentera le chevalier au coeur pur. Et si elle attendait Ian depuis longtemps ? Pourtant, dehors, la société s’enflamme et le jeune homme, engagé dans l’écologie, veut en être… Que va-t-il donc advenir d’eux ? J’ai vraiment beaucoup aimé cet album, son atmosphère qui vire par moments vers une noirceur presque dérangeante. Mais l’ensemble est beau, d’une grâce certaine. J’ai aimé le travail de la couleur. Les dessins sont très réussis. C’est une très bonne surprise.

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Editions Rue de Sèvres – octobre 2021

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Kosmos, Perna & Bedouel… ma BD de la semaine !!

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J’ai déniché cet album en bibliothèque, dans le cadre du comité BD auquel je participe. Nous sommes dans le genre d’album que j’aime, dans la tradition de 3 secondes de Marc Antoine Mathieu. Vous pouvez voir plus bas les grands aplats de noir et de blanc. Et puis, j’aime beaucoup aussi ce silence dans les cases, des moments suspendus (ici au sens littéral du terme, gravité oblige). L’histoire est assez géniale et se base sur l’idée que lors de la course à la Lune, la plupart des missions soviétiques ayant échouées, elles auraient été passées sous silence. Et si les soviétiques avaient devancé les américains ? Et si le premier homme à y poser les pieds était en fait une femme ? On saurait désormais ce qu’il s’est réellement passé lorsque Armstrong a posé le pied sur la Lune. Il est intéressant que la majeure partie de la BD suive alors la mission russe dans son héroïsme et ses déboires. Le dessin peut paraître sans reliefs, un peu lisse, mais j’ai aimé ce décalage entre son aspect lisse et les drames qui se jouent. L’ensemble est d’un aspect froid mais tout fonctionne très bien et l’émotion est au rendez-vous, indubitablement. Laissez-vous tenter si jamais il croise votre route.

« Le 13 juillet 1969, 72 heures avant le lancement d’Apollo II, Soyouz 5 prend son envol ! Nous étions alors convaincus de coiffer nos adversaires de toujours au poteau. »

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Editions Delcourt – octobre 2021

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