Lectures 2017

La Ballade de l’enfant gris, Baptiste Beaulieu

Tu as croisé deux fois Baptiste Beaulieu en chair et en os cette année [clic] … il était donc grand temps pour toi de découvrir son dernier roman. Et c’est assez spécial de faire ce chemin inhabituel, rencontrer l’auteur après avoir rencontré l’homme. De plus, tu savais que Baptiste Beaulieu était aussi (et surtout) médecin, et qu’il était question d’enfant malade dans ce titre. Est-ce pour cela que tu as tant tardé à l’ouvrir ? Sans aucun doute. Et tu as eu tort. Car loin de l’hôpital où Noah souffre effectivement, et meurt peu à peu de cette maladie qui rend les enfants gris, Baptiste Beaulieu nous emmène en balade à Rome, puis à Jérusalem, et ce livre se révèle être également … un tourbillonnant voyage. Mais reprenons… Jo’ est interne en pédiatrie, et No’ est cet enfant de sept ans dont il s’occupe et que sa maman délaisse atrocement. A-t-elle ses raisons ? Peut-être. Mais le personnel la juge sévèrement car son attitude est très dérangeante, et le petit Noah est en grand danger, ses jours sont comptés. Puis, ce qui devait advenir arrive, et Jo’ se retrouve avec le petit fantôme de Noah collé à ses basques. De quoi devenir fou. Alors, Jo’ décide de partir sur les traces de cette mystérieuse mère, Maria, afin de rendre l’enfant (et son âme errante) à sa mère et de reprendre une vie normale. Le voici donc à Rome où il découvre la présence récente d’une Maria jeune femme et amoureuse, puis à Jérusalem où tous les bonheurs et tous les drames semblent pouvoir advenir. Comment donner de l’amour ? Comment empêcher les enfants de souffrir ? Comment accepter tous les destins et toutes les manières de vivre ? Comment aider ? Jo’ rencontre et se regarde dans le miroir, apprend à se voir tel qu’il est aussi, un jeune homme qui ment, et devrait apprendre à mieux aimer. Baptiste Beaulieu livre ici un très beau récit en forme de conte, émouvant et sensible, foisonnant, qui n’a pas laissé indifférent ton petit coeur tout mou de lectrice. Tu as aimé les beaux portraits dessinés, les instants forts en émotion, te perdre aussi parfois dans la chronologie et le réel/fantastique de ce livre. Une très belle lecture, qui a eu le goût toujours merveilleux de l’inattendu.

« Peut-être les fantômes d’enfants n’attrapent-ils jamais rien. Pas plus les pigeons morts que vivants, ou l’amour, ou le temps qui passe ou autre chose. C’est comme ça. »

Editions Mazarine – septembre 2016

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une autre lecture… chez Virginie

Publicités
Lectures 2017

Pondichéry, à l’aurore ~ Aliette Armel – Objectif pal de décembre

Pour toi, Aliette Armel est avant tout l’auteure d’un très intéressant essai sur le mythe d’Antigone et de ses nombreuses figures et représentations [clic ici] (Un ouvrage, lu et emprunté à plusieurs reprises et malheureusement épuisé). Mais tu as également lu de cette auteure, que tu as eu le plaisir de rencontrer à Montaigu en 2009, Le Voyage de Bilqis et Le Pianiste de Trieste. Dans ses romans, Aliette Armel mêle élégamment récits de femmes, voyages et érudition. Et c’est encore le cas avec celui-ci, que tu as sorti de ta PAL pour décembre. Le récit démarre brutalement par la fin d’un enterrement en grande pompe d’un tout récent Prix Nobel de littérature, Gérald Manding, décédé sur une plage de Pondichéry. Sa notoriété dépassait la sphère littéraire, puisque Gérald avait écrit de nombreuses pièces de théâtre mais aussi quelques scénarios de films à succès. Claire a été chargée tout de suite, par sa veuve et amie, Louise, d’entreprendre un livre qui raconterai les derniers jours de cet homme, nouvellement nobellisé. Dans un flash-back, le lecteur comprend que Claire a fait la connaissance de Louise à Stockholm, au moment de la cérémonie des Nobels. Elle était là en tant que journaliste, mais elle a accepté alors sur un coup de tête de suivre sa nouvelle amie à Pondichéry. Louise est fragile, Gérald arrogant, et autour d’eux gravite un cercle aux ramifications assez mystérieuses pour la jeune femme, notamment cette Léonore Carrois du Réau, figure visiblement tutélaire du clan familial. En Inde, Claire est logée dans un ashram, et se découvre à la fois libre, libérée, et liée à cette famille dont elle tente de percer les secrets… Et toi lectrice, tu as beaucoup aimé plonger dans ce roman, qui a su te faire entrer comme si tu y étais dans l’univers d’une remise de Prix aux retombées mondiales, dans l’intimité d’une famille franco-anglaise aux secrets de famille lourds, et dans un Pondichéry à la spiritualité très forte, colorée et codifiée. Aliette Armel a un réel talent de conteuse et de romancière. Entrer et rester dans les pages de ce roman a donc été un réel plaisir. On se laisse porter par le côté ample de l’écriture, et on referme ce livre avec le sentiment d’avoir beaucoup appris sur le contexte dans lequel évoluait les personnages d’Aliette Armel et l’Inde. Te voici donc toute prête à retenter une nouvelle lecture avec cette auteure.

Editions Le passage – janvier 2011

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Lectures 2017

Le camp des autres, Thomas Vinau

Ce livre était un des titres incontournables de cette rentrée littéraire 2017… Tu as donc attendu le bon moment pour t’y plonger, histoire de ne pas en gâcher la lecture. Thomas Vinau était très présent sur ton ancien blog [clic ici], et tu aimes à te rappeler que vous vous êtes côtoyés (il y a dix ans) sur un même site d’écriture, qui s’appelait alors Fulgures et donnait la part belle aux formats courts. Dans ce nouveau roman, tu retrouves d’ailleurs un peu plus l’auteur de ses premiers écrits, celui du blog Etc-iste. Thomas Vinau retourne à ses sources, a été inspiré par une nouvelle de Charles Bukowski, et s’est intéressé à l’existence de cette Caravane à Pépère qui prend très vite possession du roman (bande organisée constituée de nomades qui parcouraient la France entre 1906 et 1907). Voilà qui correspond bien à l’univers de l’auteur, surtout quand dès les premières lignes nous nous retrouvons tout au fond d’un trou, au creux d’un buisson, aux côtés d’un enfant, et de son chien [Tu as pensé immédiatement à son titre Le trou ici]. Cet enfant a froid, a faim, a peur et il se cache, pour fuir (on le comprendra peu à peu) un père tyrannique et violent. Il est blessé et est recueilli, lui et son fidèle chien, par un homme mystérieux, entouré de fioles et de vieux livres, Jean-le-blanc, qui dit travailler le serpent. Mais Gaspard, dès qu’il est guéri, ne peut s’empêcher de répondre à sa soif d’aventures et va suivre la bande d’énergumènes révoltés, qui passe un jour par là, dans leur périple… et plus spécialement la silhouette souple et sauvage de Sarah. Cette fameuse Caravane à Pépère est fascinante pour un jeune garçon curieux, mais quid du danger qu’elle traîne aussi dans son sillage. Et comme tu as aimé, toi lectrice, te plonger ainsi dans une ambiance qui t’a tout de suite ramenée à tes lectures d’enfance, de Louis Stevenson par exemple, ou de Jack London. Thomas Vinau garde dans ce roman cette langue poétique, personnelle, qui sied si bien à son écriture, mais elle est ici plus rude, plus gouailleuse, et suit un chemin qui promet beaucoup pour l’avenir. Une lecture dont tu garderas des souvenirs colorés, faits de feuilles et de terre, de soirées au coin du feu, de rires gras, de boissons joyeuses, de solidarité et de violence.

« Rien n’est à nous à part le vent dans les ventres et le noir dans les dents. Nos enfants viendront au monde avec des canines plein la gueule. Nous avons faim et c’est vous que nous mangerons. »

Alma éditeur – Août 2017

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Ce titre était dans la sélection 2017 des Matchs de la rentrée littéraire – la lecture de Leiloona 

Lectures 2017

Ma vie mouvementée, par Plume ~ Mathilde Paris

Même si tu as craqué sur cette couverture en choisissant ton ouvrage pour l’opération Masse critique jeunesse de chez Babélio… tu ne peux pas dire que son titre et son sous-titre rendent vraiment justice au roman qui est à l’intérieur. Car, en effet, il s’avère que le petit récit conté par Plume, 13 ans, est bien plus fin que ne le laisse imaginer ce comment j’ai survécu à des vacances vraiment pourries, un brin caricatural… Plume vient de fêter ses 13 ans, l’anniversaire le plus raté de sa vie, selon elle. En effet, elle a du apprendre à ses amies qu’elle ne pourrait pas partir avec elles cette année en vacances d’été, comme à leur habitude, sa meilleur amie Justine semble aller très mal, et ses parents l’obligent à partir seule pour San-Francisco rejoindre une tante qu’elle s’imagine dépressive (son restaurant ne marche pas bien). De plus, Plume n’a rien trouvé de mieux que de s’étaler de tout son long (le jour de son anniversaire) devant Jules (le frère de Justine dont elle est secrètement amoureuse). Pour couronner le tout, un énorme bouton vient d’éclore au beau milieu de son front alors qu’elle se prépare à partir pour l’Amérique, chouette ! Mais Plume a un talent pour la cuisine, et plus particulièrement pour les desserts (et quelle belle idée que de parsemer ce livre de recettes), un Papé qu’elle adore, et des conversations internes avec son cerveau, ce qui va lui être très utile à San Francisco. Et peut-être même que Jules lui écrira… Et peut-être qu’elle embrassera un autre garçon… Et peut-être que son séjour outre Atlantique s’avérera une expérience fantastique ? On ne sait jamais. Et toi, lectrice, adulte, tu t’es laissée embarquer par les aventures de Plume, même si tu l’as trouvé très mûre pour son jeune âge (de trop ?). Tu as aimé cette mise en page dynamique qui mêle dessins, textes en gras et recettes. Et tu trouves que ce beau petit roman est un bien délicieux cadeau à offrir à une jeune fille de 13 ans, pour savoir décrypter ses émotions amoureuses toutes neuves, savoir qu’elle peut déjà réussir ce qu’elle entreprend comme une grande et que parfois ce que l’on redoute peut s’avérer une bien belle surprise !! Une lecture vive et optimiste.

Editions Auzou – Mai 2017 – à partir de 11 ans

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Un titre lu dans le cadre de l’opération Masse critique jeunesse de chez Babélio [clic]