Lectures 2017

La fureur de vivre

Hasards et coïncidences des trouvailles de bibliothèques… il est beaucoup question de la fureur de vivre dans ces deux titres pour adolescents/jeunes adultes empruntés hier avec le DVD du même nom (que je voulais faire découvrir à ma fille). Dans Tout foutre en l’air, d’Antoine Dole, on tremble qu’une jeune fille tombe sous le joug d’un amoureux indélicat. Ils vont le faire ensemble, ce soir… Les parents sont inquiets… Et toi tu te disais, au cours de ta lecture, hier au soir, mais qu’ils la laissent donc tranquille – enfin – vivre son histoire d’amour… et tu ne t’attendais pas au revirement, à l’indicible, à t’être ainsi laissée duper par le sens des mots. Ouah ! La langue est belle et nous berce de sa poésie… et merci à Antoine Dole pour le message ainsi déposé. Dans A la dure, de Rachel Corenblit, tu as été plus que touchée par ce lien fraternel qui tente de sauver… Arthur accepte de participer à la désintoxication de sa grande sœur, dans cette maison familiale désertée quelques jours par leurs parents. Il est là, la soutient, et un lien à la fois bourru et fort se crée au fil des crises et vomissements… Ils ne s’étaient jamais vraiment sentis aussi proches, tous les deux, lui le bon élève sérieux, et elle la grande sœur à la dérive… Que du bon et de l’intense, donc, dans cette petite collection de chez Actes Sud créée par Jeanne Benameur et Claire David, pour des livres qui ont la belle ambition de se lire d’un seul souffle.

Actes Sud – Janvier 2015 (Tout foutre en l’air, Antoine Dole) 
Février 2017 (A la dure, Rachel Corenblit)

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Jérôme et Noukette ont aussi lu Antoine Dole et Rachel Corenblit… dans le cadre de leurs Pépites jeunesse

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Lectures 2017

Un bruit de balançoire, Christian Bobin ~ Rentrée littéraire 2017

Lire Christian Bobin, c’est entrer dans un autre monde… Alors tu as ouvert ce titre avec précaution, presque sans bruit, pour ne pas déranger le rêve que son écriture promet toujours. L’objet livre est magnifique, s’ouvre sur la très belle calligraphie d’un auteur qui parle souvent directement au coeur. Toi aussi, tu as pris avec lui alors, dès les premières lignes, le parti pris du contrepied, contre les tambours modernes : désenchantement, raillerie, nihilisme… pour mettre en route bienveillance, grâce et beauté. Et tu as commencé ta lecture. Christian Bobin livre ici un titre essentiellement fait de lettres. Chacune est adressée à quelqu’un, sa mère, monsieur le coucou, frère nuage… ou ce poète Ryokan, qui a été une révélation deux ans auparavant. Ce sont des réflexions sur la vie, l’écriture, le temps, les priorités, l’instant. Et toi lectrice tu es parfois revenue picorer une phrase déjà lue, et tu t’es arrêtée, comme saisie par tout ce qui t’avait échappé à la première lecture. Ce sont des phrases qui se lisent comme des haïkus, des phrases dont on s’imprègne longuement. Il faut avoir une force terrible pour supporter de lire un seul poème. Aller au-devant d’une phrase comme au-devant de sa propre mort. Accepter de n’être plus protégé par rien et recevoir le coup de grâce d’une parole claire en son obscurité. Un ovni littéraire en cette rentrée. Christian Bobin dans toute sa simplicité, sa candeur éveillée et le miracle de son écriture. Tu as hâte de le lire de nouveau plus longuement, également sous une autre forme.

L’iconoclaste – 30 août 2017

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

 

Lectures 2017

Gabriële, Anne et Claire Berest ~ Rentrée littéraire 2017

De Francis Picabia et Gabriële Buffet, tu ne connaissais pas grand chose… Des prémices du mouvement Dada non plus. Et tu aurais été bien en peine d’imaginer un lien de filiation entre Anne et Claire Berest, et ce couple-là, pourtant leurs arrières grand-parents. De Gabriële, Anne et Claire Berest ne savaient pas grand chose non plus en commençant leur projet d’écriture. On leur avait vaguement signalé qu’elles avaient un peintre parmi leurs ancêtres, et des cousines éloignées parlaient d’une mémé ayant vécu ses derniers jours dans la misère… et l’isolement. Et pourtant. Gabriële et Francis ont, à leur époque, au début du siècle dernier, et à eux deux, littéralement révolutionné l’histoire de la peinture. Les deux écrivains, soeurs dans la vie, ont pris le parti de raconter plus particulièrement l’histoire de Gabriële, cette jeune femme, tombée follement amoureuse de cet homme, séduisant et excentrique, fou de voitures, qui connaissait un franc succès en tant qu’impressionniste mais était las de produire en masse, Francis Picabia… Elle, Gabriële Buffet, forte d’une éducation musicale de grande qualité, pleine d’ouverture, d’intelligence, de foi, savait rencontrer les bonnes personnes, fédérer, être avant tout curieuse, et de tout. Quel drôle de couple, et quelle drôle de vie ! Dans ce récit, toi lectrice, tu as fait la connaissance (plus intime que jamais), de Guillaume Appollinaire, Marcel Duchamp, et de tant d’autres, en suivant ce couple dans son évolution, au fil de leurs impulsions… Et voilà qui était extrêmement passionnant à lire, et à côtoyer. Voir ainsi l’histoire se créer, parfois presque par inadvertance, autour d’une table, dans un café, parmi les amis, et voir préférer l’insolence et l’innovation, a été très enrichissant à découvrir, et étonnant. Gabriële et Francis Picabia n’étaient cependant pas des parents modèles, ils ont donné naissance à quatre enfants bien trop souvent délaissés, leur descendance biologique… Seul comptait l’art, leur unique enfant désiré. Et l’affection a manqué. Anne et Claire Berest remontent, grâce à ce livre écrit à deux, une branche jusque là vide de leur arbre généalogique et la remplissent d’une bien belle façon. Un très beau récit de rentrée !!

Editions Stock – 23 août 2017

Ce titre est un des choix de Sylire pour les #MRL17 – Sa lecture

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

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Lectures 2017

L’ombre de nos nuits, Gaëlle Josse

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C’est officiel, Gaëlle Josse sera présente à La Roche sur Yon en octobre 2017 [clic ici pour plus d’informations]… alors tu prépares petit à petit sa venue en lisant ses romans… Au centre de celui-ci, il y a un tableau de Georges De la tour (voir la reproduction en dessous, présente généralement sur la couverture du livre – en grand format ou en poche), Saint Sébastien soigné par Irène, que le peintre destine au roi. Alors le lecteur suit la mise en place de ce tableau, les premiers coups de pinceaux, entre dans la maisonnée de la famille du Maître, qui veut voir plus grand que le succès qu’il connaît déjà dans sa région. C’est sa fille Claude qui incarnera la douce Irène, quelle pression ! Tout le monde est en émoi quand vient le grand jour de transporter l’oeuvre sur les routes jusqu’à la cour du roi. Un autre récit alterne avec celui-ci… De nos jours, dans un Musée, une femme tombe en arrêt devant ce tableau, qui lui rappelle un amour perdu, un amour qui s’est terminé par le désistement progressif de l’autre, un amour plein de silences et de non-dits, de fantômes… Son attention reste fixée sur le personnage au centre de la peinture, cette femme qui détourne le regard. Les sentiments sont au coeur de ce roman, mais aussi la tendresse, l’attention à l’autre, l’ombre et la lumière… l’orgueil peut-être, dirais-tu aussi. Gaëlle Josse nous délivre encore ici le très beau portrait intime d’un homme célèbre (voir Un été à quatre main), et t’a attachée avec son personnage féminin moderne, et ses réflexions sur l’aveuglement amoureux.

Noir sur blanc – janvier 2016

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Un petit bijou pour Sylire

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