Lectures 2021

Revue Dada n°260 – Goya

J’ai encore profité d’une opération Masse critique jeunesse de chez Babélio pour me faire plaisir et recevoir de nouveau un exemplaire de cette revue Dada que j’affectionne, et dont je commence une chouette collection… Elle est destinée aux enfants mais est très riche. Elle peut donc intéresser tout le monde. J’y apprends à chaque fois une foule de renseignements. Si vous ne connaissez par cette revue mensuelle, il faut savoir qu’elle est consacrée à l’art. Chaque numéro met en avant soit un artiste, soit un courant, ou un thème artistique particulier. J’avais reçu la dernière fois un numéro consacré à l’art Aborigène et avant un numéro sur Mélies absolument passionnant. Le numéro que j’ai reçu cette fois-ci explore Goya et son oeuvre. Il faut savoir que mon fils, en première, et qui a pour spécialité les Arts plastiques l’a tout de suite embarqué, absolument enthousiaste pour cet artiste qu’il connaît pour ses tableaux sombres. C’est un univers qui lui rappelle aussi Baudelaire, étudié cette année. Pourtant, les premiers pas de l’artiste sont relativement lumineux. Il entre à la cour du roi d’Espagne très jeune, et devient assez vite un peintre officiel, spécialisé dans les portraits. Ce qui vient tout assombrir est la maladie qui s’abat sur lui en 1792 et qui le rend sourd. Cette infirmité est angoissante pour lui. Il va alors s’intéresser de plus en plus aux côtés obscurs et horribles de l’époque. Gros succès donc, à la maison, pour ce nouveau numéro de Dada que je suis sommée de rendre aussitôt mon billet rédigé à l’intéressé qui se l’est approprié ! Cette revue est véritablement intéressante et un appui aussi, finalement, pour les lycéens qui étudient les arts.

Revue Dada – janvier 2022

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Un titre reçu dans le cadre d’une opération Masse critique de chez Babélio
La page du livre

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Lectures 2022

Ecoute la pluie tomber, Olivia Ruiz

J’avais lu il y a quelques temps le premier opus d’Olivia Ruiz, La commode aux tiroirs de couleurs, découvert grâce au prêt d’une collègue, et qui s’était révélé être une bien jolie surprise. La même collègue m’a prêté son nouveau roman, comment résister ?… On aimerait bien, en cette journée de canicule, entendre la pluie tomber, comme le surnom d’Escouto, l’amant trop jeune de Carmen, qui donne son titre à cette histoire. De mon côté, j’ai eu un peu peur, je dois l’avouer, dans les premières pages, de friser la déception. L’écriture m’a parue en effet d’emblée trop rapide, trop elliptique, les caractères typographiques trop grands, de ceux qui amènent le doute sur un roman, écrit peut-être précipitamment ? Etions-nous en face du syndrome du second roman ? Et pourtant, et heureusement, sa poésie m’a entraînée, et je ne voulais pas m’avouer si vite vaincue. Au départ, le lecteur comprend que Carmen vient de perdre sa nièce adorée, Cali, mais pas vraiment pourquoi il est question d’un emprisonnement… Un très grand flash back remet tout en place. La vie de ce clan de soeurs à la tête d’un café s’éclaire, le rôle de Carmen, la plus jeune, la plus fantasque et la plus inconsciente aussi. Nous sommes à Marseillette, dans les années 60-70, et quand cette dernière suit l’élan de son désir pour Antonio, le madrilène, et qu’elle part pour l’Espagne, sa terre natale, elle ne sait pas dans quel guêpier elle vient de se mettre ni combien sa fratrie, à l’abri en exil, va en payer le prix… Au final, j’ai beaucoup aimé ce nouveau roman d’Olivia Ruiz, dans lequel on retrouve son énergie, son phrasé rapide (c’est vrai), mais aussi tout un univers sensuel et dangereux très attachant, qui ne se complaît pas dans la facilité ni le bien pensant. Elle pose là, sur le chemin de son écriture, un second petit caillou, différent j’ai trouvé de son roman fleuve précédent, mais bien intéressant, et plein d’échos en réalité (des personnages reviennent). A suivre, donc.

Editions Jc Lattès – 11 mai 2022

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Lectures 2022

Crushing, Sophie Burrows… ma BD de la semaine !!

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J’avais repéré ce titre chez Noukette, vu sur la liste du dernier rendez-vous Masse critique de chez Babélio, coché allègrement, puis heureusement gagné. Et c’est tout ce que j’adore ! Les éclats de rouge sur les personnages principaux, que l’on devine très vite amenés à se rencontrer un jour. Les dessins expressifs, qui ont aussi un petit côté Léa Mazé. Tout cela est très tendre, mélancolique… Trouver quelqu’un dans la solitude des grandes villes n’est pas chose aisée. Il faut dire que nos deux personnages (en rouge donc) ne sont pas non plus très doués, voire extrêmement maladroits. La solitude pèse, s’accroche, semble être là pour toujours. Et pourtant, le coeur bat, le lecteur ne voit d’ailleurs que ça, cette aura rouge autour de ces deux êtres qui passent leur temps à passer l’un à côté de l’autre, tellement faits pourtant l’un pour l’autre. Les cases pleines pages alternent avec des planches plus traditionnelles. Le temps peut même s’arrêter sur des doubles pages. Le bonheur est peut-être au coin de la rue, mais en attendant les surprises désagréables s’accumulent aussi, entre les petites humiliations du quotidien, les mauvaises rencontres, les jobs pas très sympathiques… J’ai aimé comment les personnages de Sophie Burrows ne perdent jamais espoir, et vont trouver les moments de joie dans une main qui se tend, une soirée pizza réussie, un concert, le vol des oiseaux dans le parc. Un album qui n’est pas aussi désenchanté qu’il en a l’air, qui fait beaucoup de bien, et qui m’a beaucoup plu, émue. Et je me rends compte seulement maintenant que toute cette tendre histoire là est en plus sans paroles. 

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Editions Gallimard BD – 12 janvier 2022

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La fiche du livre chez Babelio

Tous les autres liens sont chez Stephie aujourd’hui 

 

Lectures 2022

S’adapter, Clara Dupont-Monod

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J’ai découvert l’écriture de Clara Dupond-Monod avec ses romans historiques. J’ai un peu tardé à ouvrir celui-ci, que je savais plus intime. Clara Dupond-Monod nous y raconte en effet l’impact que peut avoir dans une famille, et surtout dans une fratrie, l’arrivée d’un enfant « différent ». Elle a choisi pour ce faire un biais intéressant, qui permet de faire un pas de côté, car ce sont les pierres qui entourent la maison qui parlent et nous content les événements. J’ai retrouvé alors la poésie de Clara Dupond-Monod, intacte, ce qui m’a aidé je crois à poursuivre ma lecture… Au sein de cette fratrie qui accueille donc un nouvel arrivant, l’aîné choisi la relation fusionnelle avec l’enfant, pour toujours à l’état de nourrisson, qu’il faut porter, aider à manger, dont il faut tenir la nuque. Sa dévotion à l’enfant va finir par le couper des autres, émotionnellement. La cadette, elle, est dans la colère, le rejet, presque le déni. Elle tente de vivre une vie normale, si tant est que cela existe, jusqu’à ce qu’elle se rende compte un beau jour qu’elle a également son rôle à jouer dans cette famille. Son souhait est tout à coup que chaque membre soit heureux et elle va dorénavant y consacrer une énergie folle. Et puis, il y a le dernier, qui ne connaîtra pas l’enfant handicapé, qui viendra après, lui aussi porteur d’un rôle et d’une charge, celle d’être vivant et en bonne santé… Indubitablement, ce livre ne laisse pas indifférent, surtout que l’on sait depuis les interviews accordés par Clara Dupont-Monod que s’y logent des faits réellement vécus par l’autrice. Et il est tellement intéressant de lire un récit où est exploré le lieu de la fratrie, un lieu pas assez exploité en littérature à mon goût, alors qu’il est tellement important et fondateur psychologiquement pour les êtres humains et sociaux que nous sommes. Pour autant, il donne de très beaux témoignages, qui m’émeuvent profondément à chaque fois. J’ai envie de citer L’autre fille de Annie Ernaux et Trois mois et un jour de Karine Reysset, mais aussi ce film, Carré 35 de Eric Caravaca. Tout cela parle de frères et de soeurs, de secrets, de recherche de vérité, de ce qui a été dit ou caché, de ce qui résonne en soi, et de la façon dont on a su, ou cru finalement, s’adapter.

Editions Stock – 25 août 2021

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Une autre lecture de… T Livres T arts

 

Lectures 2022

Hercule Poirot, drame en trois actes de Frédéric Brémaud & Alberto Zanon… ma BD de la semaine !!

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J’ai voulu faire une petite incursion dans l’univers, rangé et rassurant, d’Agatha Cristie. En effet, on sait un peu d’où l’on part (un meurtre) et où l’on arrive (l’arrestation d’un assassin que personne n’avait envisagé) dans cet univers. Bref, peu de surprises en vue, au premier abord. Je craignais donc un peu de découvrir aussi un album sans grande envergure, et j’ai été en réalité bien étonnée par son rythme et sa qualité, pour un sympathique moment de lecture… L’histoire ? En plein milieu d’une réception donnée par Sir Charles Cartwright, le révérend Babbington s’écroule.  Puis, c’est au tour du docteur Strange de décéder chez lui, au cours d’un repas. L’amie de Sir Charles Cartwright, Hermione Lytton Gore, décide de mener l’enquête, aidée par ses acolytes, et notamment par un certain Hercule Poirot, qui va finalement s’intéresser de très près à ces étranges décès. Les deux affaires semblent avoir un lien, mais lequel ? … Comme je le disais plus haut, j’ai pris beaucoup de plaisir à cette lecture. J’ai trouvé les dessins très réussis, les visages très expressifs. Hercule Poirot a un rôle assez mineur dans cette enquête, animée surtout par la jeune amie du célèbre acteur Sir Charles Cartwright. Et cette jeune femme, étrangère au milieu dans lequel ont eu lieu les meurtres, est très attachante et bien mise en valeur dans le scénario. Cet album s’est donc avéré une belle surprise. Les auteurs ont su donner du peps à une histoire assez bavarde et dépourvue de rebondissements rocambolesques. Je suis très tentée de découvrir les autres opus de cette série qui possède déjà dix autres volumes. Les couvertures sont magnifiques et donnent envie de commencer une collection.

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Editions Paquet – 16 février 2022

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La collection chez les éditions Paquet

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Lectures 2022

Au poil, Sophie Adriansen

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J’ai lu un des quatre premiers titres de cette toute nouvelle collection chez Magnard, La brève, destinée aux collégiens et qui aborde avec des textes courts des thèmes forts. J’adore les illustrations de couverture de Manon Bucciarelli… Dans celui-ci, nous découvrons Salomé, collégienne. Sa mère lui fait remarquer un beau jour que ses « poils aux pattes » commencent à « bien se voir ». Ni une ni deux, elle lui prend un rendez-vous chez l’esthéticienne. Ce moment sera vécu comme un enfer par la jeune fille, révoltée par ce diktat absurde et bien décidée à ne plus jamais retenter l’expérience. Mais, assumer ses poils, en France, qui plus est au collège, n’est pas une mince affaire. Elle se rendra compte, lors d’un voyage scolaire, qu’il en est tout autrement en Allemagne, par exemple. Quelle injustice ! Salomé se fait chahuter par ses camarades mais décide tout de même de camper sur ses positions… Sophie Adriansen profite de ce récit pour revenir sur l’histoire de l’épilation, qui existerait en réalité depuis – 3000 ans avant notre ère et aurait vécu des soubresauts, au rythme des modes. Il faut dire qu’aujourd’hui, il existe également un énorme marché commercial autour de cette pratique. Mais les tabous commencent à se lever, tout doucement. J’ai aimé dans le roman de Sophie Adriansen, la fraîcheur de Salomé, sa colère et sa détermination. Ce livre est un bon moyen d’aborder le sujet avec les adolescentes de son entourage. En scannant le QR code en quatrième de couverture, on peut, de plus, entendre le récit en version audio, et donc ici la voix de l’autrice. Il ne faut pas s’en priver. 

 Editions Magnard jeunesse – 9 mars 2022

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