Lectures 2019

San Perdido, David Zukerman… sélection du Prix Relay des Voyageurs lecteurs 2019

Je continue mes lectures pour le Prix Relay des voyageurs lecteurs… Je vous invite à élire votre livre préféré en cliquant ci-dessous, à la clé de nombreux cadeaux à gagner, dont un voyage à Séville ! Vous avez jusqu’au 7 juin.

[Lien pour voter – jeu concours]

Dans le roman que je présente aujourd’hui, nous débarquons un matin de printemps dans la décharge à ciel ouvert de San Perdido, au Panama. Nous sommes dans les années cinquante. Alors que Félicia fouille les lieux comme elle le fait quotidiennement, un jeune garçon noir aux yeux très clairs apparaît. Il semble sortir tout droit de la forêt proche. Il est fort, déterminé, et muet. Entre la vieille femme et l’enfant naît peu à peu un certain respect et une véritable complicité, teintée de discrétion. Félicia surnomme l’enfant La Langosta, à défaut de connaître encore son véritable nom. Mais les enfants de la basse ville finissent par grandir… Hissa, qui avait croisé autrefois le jeune garçon, est à présent une des filles de Madame, et une des plus recherchées. Sa beauté est époustouflante. Yumma, celle qui faisait chavirer tous les coeurs, a quant à elle saisit sa chance et mis le grappin sur le gouverneur, connu pour ses exploits de séducteur et ses envies insatiables. Antonio est devenu un travailleur sérieux et acharné. Autour d’eux gravitent encore d’autres personnages qui forment la population de San Perdido, tumultueuse, hétéroclite et colorée. Mais qui est donc ce jeune homme aux yeux si remarquables et aux mains démesurées, capable de détruire et de soulever n’importe quoi ? Doit-on lui demander son aide, ou le redouter ? Et, par ailleurs, les manigances et malversations qui se trament en coulisses dans San Perdido vont-elles survivre à la colère et à la jalousie ? La ville bruisse de misère, d’ambition, mais aussi de fièvre, de celle des corps avides de posséder ces femmes offertes contre de l’argent à la concupiscence des hommes de pouvoir.
Comme il est agréable de lire un récit si riche et si romanesque. Avec ce roman, le dépaysement est garanti. La narration foisonne de belles images, de rencontres parfois rocambolesques, et de péripéties. J’ai pensé ici et là à mes nombreuses lectures du Comte de Monte Cristo et à l’esprit de vengeance, mais aussi d’exotisme, qui parcourt aussi ce livre. J’ai peut-être un peu tiqué sur la manière dont l’auteur décrit systématiquement ici les femmes, comme si elles n’étaient qu’un corps et jugées seulement sur leurs courbes et l’aspect de leur peau. Mais il faut dire que les hommes sont peu ou prou logés à la même enseigne, et que cette approche donne beaucoup de sel au récit que David Zukerman nous propose dans ce brillant premier roman !

Editions Calman Levy – janvier 2019

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une autre lecture chez… Nicole

La sélection complète

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Lectures 2019

Le Choeur des femmes, Martin Winckler

Depuis le temps que je voyais passer ce livre sur les blogs… il était grand temps que je le lise. Pour tout dire, il y a bien longtemps que je ne note plus réellement sur papier les titres que je souhaite lire. Naviguant depuis 13 ans sur la blogosphère littéraire, les envies se sont accumulées. Arrivée à 500 livres notés sur ma LAL (Liste A Lire), ma liste ne ressemblant plus à rien, j’ai décidé à un moment donné d’abandonner l’écriture et de laisser tout bêtement faire le hasard et les opportunités. Il en est ainsi pour Le choeur des femmes, prêt d’une collègue. N’ayant jamais lu Martin Winckler auparavant, et ne connaissant pas vraiment le contenu de ce roman, je ne savais pas à quoi m’attendre. Je savais seulement que ce livre avait le pouvoir de marquer les esprits. Dans les premières pages, nous faisons rapidement connaissance avec Jean Atwood, jeune interne, major de sa promo, pleine d’arrogance et de suffisance. Afin d’obtenir le poste qu’elle vise en chirurgie gynécologique, elle doit se plier à la volonté de ses supérieurs et effectuer un stage de six mois dans une unité qui s’occupe de « Médecine de la femme ». Elle rencontre le Docteur Karma et est tout de suite exaspérée par sa manière de mener les consultations, de laisser ses patientes geindre et raconter leur vie. Jean ne voit pas du tout ce qu’elle peut bien apprendre dans une unité où on bafoue à ce point tout ce qu’elle a mis des années à apprendre. Le docteur Karma lui laisse une semaine pour se faire une idée du service… et amène peu à peu la jeune femme à changer son regard sur les femmes, la médecine et sur elle-même. Jean dissimule en effet depuis sa naissance un lourd secret, de ces secrets qui peuvent à la fois aider à se forger un destin et rendre vulnérable. Le choeur des femmes s’est révélé être une lecture étonnante et fascinante, dense. J’ai énormément aimé tout ce qui a trait à la pratique gynécologique. J’ai appris beaucoup sur qu’elle pourrait être si on prenait en compte le confort de la patiente et ses attentes. J’ai compris qu’il était possible de faire autrement. Je m’étais déjà intéressée au sujet en regardant il y a peu une série sur les sages femmes dans le Londres des années 50, Call the Midwife (que je vous recommande chaudement). La manière dont le docteur Karma conduit ses consultations est fascinante et, je l’espère, très inspirante pour des médecins. J’ai peut-être été moins touchée par l’intrigue elle-même, le secret de Jean, et les déboires de sa vie amoureuse. Mais Le choeur des femmes est en effet un roman qui marque les esprits, essentiel à lire dirais-je même, pour peu qu’on s’intéresse au sujet. Sophie Adriansen, l’auteure de Le Syndrome de la vitre étoilée et de Linea Nigra, m’a avouée sur Instagram qu’elle le plaçait dans son top 5, et je n’en suis pas très étonnée.

Editions POL – août 2009

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Existe en format poche

Lectures 2019

Orange amère, Ann Patchett… sélection du Prix Relay des Voyageurs lecteurs 2019

Je continue mes lectures pour le Prix Relay des voyageurs lecteurs… Vous êtes déjà nombreux à avoir lu une grande partie de la sélection, je vous invite donc à élire votre livre préféré en cliquant ci-dessous, à la clé de nombreux cadeaux à gagner, dont un voyage à Séville ! Vous avez jusqu’au 7 juin.

[Lien pour voter – jeu concours]

Dans le roman que je présente aujourd’hui, nous atterrissons tout d’abord en pleine fête de baptême un dimanche de l’été 1964, en Californie. Albert débarque chez des gens qu’il connaît à peine, histoire de fuir sa famille, Teresa, et le bébé qui est encore en route. Il n’a pas vraiment été invité. On baptise le très beau bébé Franny mais c’est sous le charme de sa mère Beverly qu’Albert vient de tomber. Dans la cuisine, pendant cette journée cruciale qui va changer le destin de deux familles, on ne cessera de presser des oranges. Albert et Beverly vont convoler assez rapidement en justes noces et quitter la Californie pour la Virginie, laissant deux ex-époux sur le carreau et créant ainsi une famille recomposée hétéroclite. Les six enfants se retrouveront aux vacances et tous les étés, accueillis de mauvaise grâce par le couple et de temps en temps par les grands parents. Dans ces grandes périodes, ils seront livrés la plupart du temps à eux-mêmes, feront quelques bêtises, drogueront de manière innocente mais répétitive le plus jeune pour qu’il se tienne tranquille, jusqu’à ce que le drame arrive, non loin d’un champ d’orangers. Plus tard, lorsque Fanny sera barmaid et rencontrera l’auteur Léo Posen, sera venu le temps de raconter. Le succès du roman, autant inattendu qu’immense, aura l’avantage de renouer les liens de la fratrie et de rebattre les cartes de leurs relations… Son titre : Orange amère.
Il est peu de dire que j’ai pris un grand plaisir à lire ce récit, cette fresque familiale, qui n’a rien d’amère mais tente de balayer toute la complexité des relations humaines, ses désirs et ses contradictions. Ce roman a l’envergure des plus grands romans. On rentre dans l’intimité de cette famille américaine et peu à peu le temps passe, nouant et déliant des liens, permettant à chacun de changer, ou de faire du sur place. J’ai pensé à Alison Lurie à Alice Munro. Un très beau et intéressant moment de lecture !

Editions Actes Sud – janvier 2019

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une autre lecture chez… Clara

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Lectures 2019

Le quartier, Joakim Zander

Grâce au dernier Masse Critique Mauvais genre de chez Babélio, j’ai eu la chance de recevoir ce titre qui vient tout juste de sortir chez Actes Sud collection Actes noirs… Comme je lis très peu de polars, j’ai été plutôt contente de cette opportunité de sortir ainsi de ma zone de confort. Et c’est effectivement un voyage autant décoiffant que dépaysant que j’ai pu faire dans Stockholm et ses différents quartiers, via ce roman très bien écrit, moderne et prenant. Nous suivons principalement trois personnages dans cette histoire, trois jeunes gens très différents, bien que liés par les événements qui se déroulent à présent à Bergort, un des quartiers défavorisés de la banlieue de Stockholm. Il y a tout d’abord Fadi, un jeune garçon rebelle qui cherche surtout sa voie après le départ de sa soeur. Il est attiré par le beau discours qu’on lui sert, l’intérêt qu’on lui porte et rêve peu à peu de partir en Syrie. Yasmine, sa soeur, a quitté Bergort précipitamment quelques années plus tôt. Elle vit à New-York et exerce la profession de « chercheuse de tendances » mais sa vie n’est pas rose auprès d’un petit ami toxico et violent. Lorsque sa mère lui envoie des photos où Fadi, prétendu mort en Syrie, apparaît, elle fait tout pour retourner à Stockholm à la recherche de son petit frère. En parallèle, nous suivons Klara, qui prépare un rapport destiné aux gouvernements de l’Union Européenne et dont l’ordinateur est volé un soir dans un café alors qu’elle avait sans doute trop bu. Le décès violent d’un de ses collègues et l’attitude étrange de sa chef l’incite à en savoir plus. Les enquêtes des deux jeunes filles vont les amener à se mettre en danger, tandis que Fadi se cache et prépare sa revanche… Après avoir eu quelques difficultés en début de roman à situer les époques et situations, j’ai beaucoup aimé ensuite suivre les péripéties des protagonistes de ce roman qui a le mérite de s’intéresser à tous les milieux d’un Stockholm loin de l’image lisse que l’on nous présente habituellement. Il est question dans ce livre de radicalisation, de pauvreté, de machinations entreprises par de grands groupes, d’intérêts gouvernementaux, mais aussi d’amour, de fidélité et d’amitié. Et ne vous y trompez pas, une fois que l’intrigue est lancée, le lecteur est happé par un enchaînement de rencontres et de situations dignes des plus grandes séries du genre ! J’ai beaucoup aimé.

Editions Actes Sud – 10 avril 2019

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

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Lectures 2019

Une femme en contre-jour, Gaëlle Josse… sélection du Prix Relay des voyageurs lecteurs 2019

Je suis enchantée d’avoir l’opportunité cette année de vous présenter une nouvelle fois la sélection du Prix Relay des voyageurs lecteurs, un prix qui avait couronné l’an passé Séquoias de Michel Moutot… Vous pouvez retrouver la sélection complète en photo en bas de cet article. J’ai commencé mes lectures avec ce titre de Gaëlle Josse, qui a pour sujet la photographe Vivian Maier. Il faut dire que j’avais regardé avec un grand intérêt le reportage qui lui avait été consacré et diffusé en son temps sur Arte (je crois), Finding Vivian Maier. J’y avais découvert le destin stupéfiant de discrétion de cette femme et son oeuvre gigantesque. Gaëlle Josse retrace ici la vie de la photographe avec une plume sobre et fine. Et en comparaison avec le reportage qui insiste beaucoup sur les aléas de sa vie de nounou, nous en apprenons peut-être un peu plus grâce à ses recherches sur l’enfance et la famille de Vivian Maier, son passage en France, ce qui a pu provoquer à la fois sa paranoïa grandissante au fil des décennies, et déclencher sa passion pour l’acte photographique. Vivian Maier a exercé pendant des années la profession de nurse, avec plus ou moins de dispositions, en passant d’une famille à l’autre. A chaque fois, elle entraînait les enfants qu’on lui confiait dans les quartiers qui l’intéressait, prenant de multiples photographies, qui ne seront pour la plupart jamais développées. Son oeuvre a été découverte dans un garde meuble de Chicago. John Maloof achète le tout en 2007 dans une vente aux enchères contre 400 dollars. D’abord déçu par son achat, il découvre peu à peu le talent de Vivian Maier et n’aura de cesse ensuite de la faire connaître du grand public. Je suis rentrée dans cette lecture avec une bienheureuse aisance, bercée très vite par l’écriture confortable de Gaëlle Josse. Et puis j’ai discuté avec Mumu, de la part d’imagination absente dans ce livre, de la force poétique que l’on avait trouvé à contrario dans ses autres titres. Je me suis souvenue de ma lecture très forte de Diane dans le miroir de Sandrine Roudeix… qui imaginait dans le sien la dernière nuit de Diane Arbus, et à quel point j’en avais été bouleversée. Je suis donc au final restée à la fois très intéressée par le sujet dont Gaëlle Josse fait un portrait absolument remarquable, et assez perplexe devant ce livre qui s’avère être finalement seulement une biographie impeccablement menée. Ce titre n’est donc pas le coup de coeur attendu, mais j’ai hâte de continuer la sélection pour découvrir si un autre titre me fera plus vibrer, car il est bien entendu qu’il sera bientôt question de voter, et que vous pourrez vous aussi participer ! A bientôt pour plus de renseignements…

Editions Noir sur blanc – mars 2019

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une autre lecture chez… Sabine

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Lectures 2019

Scott est mort, Anne Von Canal

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J’avais fêté mes dix ans de blog en offrant le très beau Ni terre ni mer d’Anne von Canal (gros coup de coeur de 2016) à mes lecteurs. Slatkine & Compagnie était alors une toute jeune maison d’édition, elle fête cette année ses trois ans… J’ai été ravie de lire de nouveau cette auteure avec son dernier titre. Dans ce roman, nous rencontrons Hannah, glaciologue en mission en Antarctique. Alors que la tension est à son comble parmi leur petite équipe, et que chacun doit rester concentré, Hannah reçoit un message de son frère. En objet, est noté ceci : Scott est mort. D’abord agacée, Hannah est finalement d’heure en heure poursuivie par cette phrase qui fait remonter en elle bien des souvenirs. Enfant, elle vouait un culte à l’explorateur Roald Amundsen qui fut le premier, en 1905, à franchir le passage du Nord-Ouest qui relie l’océan Atlantique au Pacifique dans le Grand Nord canadien. Il commandera plus tard l’expédition qui, la première, atteindra le pôle Sud. Avec son frère Jan et sa meilleure amie Fred, ils jouaient à endosser le rôle de ces explorateurs du froid. Hannah était Amundsen, tandis que Jan était Wilson et Fred le capitaine Scott, rival malheureux de Amundsen, mort d’épuisement, de faim et de froid, lors de sa deuxième expédition en Antarctique. Hannah se souvient de la longue amitié entretenue avec Fred, puis à l’approche de leurs études supérieures, qu’ils rêvaient de faire ensemble, de sa fuite et de son abandon. Mais Hannah a de lourdes responsabilités dans la mission qu’elle dirige dans le présent, et ses accès de rêverie soudaines peuvent mettre en péril le projet et son équipe… Si vous aimez comme moi les récits du froid, l’Antarctique, vous serez séduits par ce récit où couve la tempête, et où les conditions de vie spartiates soudent ou divisent. Vous aimerez aussi rencontrer l’insolente et mystérieuse Fred, et l’enfance dans ce qu’elle a de plus flamboyant et imaginatif. Une lecture dépaysante, qui se pose aussi la question de ce que nous avons bien pu faire de nos dix ans !

Editions Slaktine & Cie – février 2019

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5