Lectures 2020·Objectif PAL

D’autres vies que la mienne, Emmanuel Carrère… mon objectif pal de septembre !

J’ai déniché ce poche dans la boîte à livres de ma ville l’an dernier. Je l’ai pris, à ce moment là, plus ou moins persuadée de l’avoir déjà lu… Tant pis, me suis-je dit, je le relirai. Mais je savais qu’il n’était pas dans ma bibliothèque, et j’avais envie qu’il y soit. Et alors que tout le monde lit Yoga du même auteur, en cette rentrée littéraire 2020, j’ai décidé de mon côté de faire de ce plus vieil opus ma lecture de PAL du mois. Très vite, j’ai du me rendre à l’évidence que je n’avais jamais lu ce récit, non plus que l’auteur d’ailleurs. C’est donc ainsi qu’Emmanuel Carrère, écouté il y a peu à La Grande Librairie, écrit, me suis-je dit de nouveau. D’une manière très intime et assez didactique. Je m’explique. D’autres vies que la mienne raconte en effet l’impact sur l’écrivain de deux morts assez violentes, celle d’une petite Juliette, alors qu’il est en vacances en Indonésie en 2004, et que se déclenche l’horrible tsunami, et celle de la sœur de sa compagne, prénommée elle aussi Juliette, d’un cancer, un peu plus tard. Or, il se trouve que cette jeune femme, d’apparence fragile, était juge d’instance au tribunal de Vienne (en Isère) et s’est battue, avec son collègue Etienne, pour préserver les droits des surendettés face aux grandes sociétés de prêts à la consommation. Voici donc Emmanuel Carrère se mettant en tête de nous en expliquer tous les tenants et aboutissants, les détails de la lutte, ainsi que les détails des contrats. J’ai trouvé, personnellement, que ces passages didactiques étaient un peu longs, et que même si ils donnaient de la consistance au personnage malade de Juliette, expliquaient son passé, sa force, ils n’étaient pas essentiels et perdaient un peu le lecteur. Et tout en appréciant par ailleurs ma lecture, je me suis demandée pourquoi on affublait certains récits féminins du terme autofiction et de littérature les récits masculins utilisant le même procédé. Vous avez remarqué ? Cela dit, étant bonne cliente du procédé, j’ai aimé, au final, lire ce récit qui m’a semblé sincère, pudique et à la fois littéraire et touchant. J’ai même versé ma petite larme face à cette conclusion qui résume tellement ce livre. Juliette avait trois jeunes enfants.

« Et moi qui suis loin d’eux, moi qui pour le moment et en sachant combien c’est fragile suis heureux, j’aimerais panser ce qui peut être pansé, tellement peu, et c’est pour cela que ce livre est pour Diane et ses sœurs. »

Editions Folio – avril 2013

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Un roman lu dans le cadre de…

Lectures 2020

Edmond, Léonard Chemineau… ma BD de la semaine !!

D’après la pièce d’Alexis Michalik

A la maison, nous aimons Cyrano de Bergerac. C’est une des rares pièces que ma grande fille accepte de voir au théâtre, si bien que nous en avons déjà vu plusieurs versions, dont une avec des playmobils, qui était très amusante… Cyrano de Bergerac est une pièce à succès. Mais comment est-elle née ? C’est ce que j’ignorais. Et c’est à cette question que cet album, qui est l’adaptation de la pièce d’Alexis Michalik, tente de répondre. Il répond également à la question suivante : pourquoi ne connaissons nous vraiment que cette production d’Edmond Rostand, et moins ses autres écrits ? A l’époque, en effet, Edmond Rostand est connu pour être un jeune auteur de pièces de théâtre barbantes, lyriques et ampoulées. Ses productions romantiques ont ses adeptes, mais elles attirent trop peu de public pour être des succès commerciaux. La Princesse Lointaine, jouée par Sarah Bernhardt, est un four. Ce sont des auteurs comme Courteline et Feydeau, adeptes de la prose, qui ont alors le vent en poupe. On le presse donc de rencontrer l’acteur Coquelin qui lui donne deux jours pour écrire une comédie. Un cafetier noir le met sur la piste. Edmond Rostand est tout feu tout flamme. Il picore grâce à son entourage des idées, et écrit des lettres d’amour pour son meilleur ami, qui vient de rencontrer une jeune actrice, remplies d’inspiration. Sa femme ne voit pas d’un très bon oeil cette nouvelle muse qui entre dans leur vie, mais Edmond bouillonne de nouveau et c’est plutôt bon signe. Coquelin aime les premières répliques. Les répétitions commencent dans un grand désordre, alors que la pièce n’est pas complètement écrite. J’avais repéré cet album, sorti en 2018, depuis des lustres… J’avais aussi beaucoup entendu parler de la pièce d’Alexis Michalik. J’ai pris un très grand plaisir de lecture à lire cette BD qui retranscrit très bien l’ambiance de la pièce Cyrano, puisque les événements suivent son scénario et reproduisent son énergie. Si vous aimez Cyrano de Bergerac, et si vous voulez en savoir plus, cet album est fait pour vous. De plus, il donne indubitablement envie d’aller au théâtre.

Une autre lecture chez… Vivre livre

Rue de Sevres – août 2018

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Lectures 2020

Vent mauvais, Cati Baur… ma BD de la semaine !!

Je suis une grande fan de l’adaptation par Cati Baur des romans Les quatre soeurs de Malika Ferdjoukh. Il est donc pour moi tout à fait évident de continuer de la suivre…  La couverture de cet album-ci est pour autant un peu plus angoissante et j’hésitais un peu pour tout dire à le lire, mais j’ai bien fait de céder à la tentation. En effet, dans cet album, le lecteur rencontre de biens attachants personnages. Il y a tout d’abord, Béranger, la quarantaine. Il a connu autrefois un grand succès avec l’écriture d’une comédie, qui repasse tous les ans à Noël à la télévision. Il est aujourd’hui divorcé, père de deux grandes filles, l’amant d’une femme indécise, et en pleine crise de milieu de vie. Sur un coup de tête, il décide de quitter Paris pour la campagne, et plus précisément pour une maison située à deux pas de gigantesques éoliennes, bien décidé à reprendre l’écriture d’un second scénario. L’idée est d’écrire une suite à son précédent succès… Il fait là-bas la rencontre de la déconcertante Marjolaine, conductrice du bibliobus, mais aussi d’habitants bien décidés à démanteler les éoliennes, alors que lui les trouve si inspirantes. Les deux filles de Béranger adhèrent différemment au projet, l’une est enthousiaste et se prend d’amitié pour la voisine, l’autre préfère des endroits plus à la mode pour s’amuser. Comment ce petit monde va-t-il finir par cohabiter ? Vous le saurez en ouvrant les pages de cette BD avec laquelle j’ai passé un bon moment, j’ai voyagé, et rencontré de véritables personnalités. Elle m’a donné, malgré le sifflement des éoliennes que l’on devine grâce au dessin toujours très vivant de Cati Baur, envie de retourner en vacances, où de m’installer dans des lieux plus authentiques, des endroits où tout le monde se connaît. Cela dit, il semblerait que la proximité des éoliennes rendent les gens un peu malades, ou un peu fous… je vais donc choisir un autre coin de France pour rêver, peut-être.

Une autre lecture chez… Mylène

Rue de Sevres – 10 juin 2020

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Lectures 2020

Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban, JK Rowling

Traduit de l’anglais par Jean-François Ménard

J’ai commencé à lire la série Harry Potter pour répondre à un défi de mon club de lecteurs et je continue au rythme d’un tome par mois. Je suis toujours bluffée par la qualité d’écriture et l’inventivité de JK Rowling. De plus, je n’ai pas vu le film correspondant à ce volume, je suis donc rentrée dans cette nouvelle histoire sans être polluée par des souvenirs d’images vues. Par contre, j’ai beaucoup aimé comprendre enfin tout un tas de références dont ma fille, très fan d’Harry Potter, me parle depuis longtemps, la carte des maraudeurs par exemple et cette expression… Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises. Dans ce troisième tome, Harry Potter, qui a passé encore une fois l’été chez son oncle, se trouve en très mauvaise position. Il a utilisé la magie dans le monde des moldus, craint de se faire renvoyer de Poudlard mais apprend qu’en réalité sa vie est en danger. Sirius Black s’est enfui de la prison d’Azkaban et cherche à le tuer. C’est donc une année sous haute protection qui commence pour Harry, qui n’aura de cesse pour autant de braver le danger, muni d’une carte des maraudeurs lui permettant d’emprunter des passages secrets et bien souvent de sa cape d’invisibilité. Les détraqueurs, censés protéger Poudlard, ont un effet terrible sur lui, inexplicable. Le professeur Lupin, nouvel arrivant à Poudlard, va l’aider à le contrer. J’ai encore une fois beaucoup aimé ce tome, rempli de péripéties. On en apprend plus sur le passé des parents de Harry Potter, leurs amis d’alors et les trahisons qui ont eu lieu. Certaines scènes sont assez impressionnantes, et presque poétiques. Ron et Hermione, malgré leurs différents, restent des amis fidèles pour un Harry Potter qui grandit et prend confiance en lui. A suivre…

Editions Folio Junior – 1999

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Lectures 2020

Il est encore temps, Jean-Philippe Blondel

Alors que la continuité pédagogique se termine à la maison, j’ai presque un peu de nostalgie à vous parler de ce livre… En effet, en cours de français, nous avons étudié avec mon fils les discours de Martin Luther King et de Greta Thunberg, le point de départ de discussions entre nous sur l’exaltation de la jeunesse (amplifiées plus tard au moment de l’étude d’Antigone) et le point de départ de ce roman… Nous sommes en 2019. Lou termine sa troisième et passe ses épreuves de Brevet. L’écoute d’un discours de Greta Thunberg la plonge soudain dans un état de sidération intense qu’elle va traîner tout l’été suivant, à la grande inquiétude de ses parents qui consultent un médecin. Lou est persuadée que le monde court à sa perte, qu’il n’y a plus rien à faire et que même la notion de Carpe diem n’est qu’un leurre pour ne pas regarder la vérité en face. Son médecin, complice et compréhensif, lui suggère de gérer son angoisse en se rendant utile. Ils raconteront à ses parents qu’elle souffre d’anémie, pour les rassurer. L’entrée au lycée de Lou va être l’occasion de nouvelles amitiés mais aussi de nouvelles expériences. Et si elle avait réellement le pouvoir d’éveiller les consciences ? J’ai choisi ce roman ado lors d’une opération masse critique de Babélio, pour son thème, le nom de son auteur, et celui de la maison d’édition qui l’édite. Et je n’ai pas été déçue. Dès le début, j’ai aimé sa qualité d’écriture, aimé plonger dans ce combat qui m’est familier et important. Son seul défaut est peut-être d’être bien trop court. A offrir à nos petits troisièmes, qui auront connu une année bien étrange ! Le confinement aura été pour moi l’occasion de passer des moments très intéressants avec mon fils, et de me réconcilier avec ma propre année de troisième, qui n’a pas été la meilleure de ma vie. Me rendre compte que je pouvais comprendre les cours et les lui transmettre, et que j’aimais ça, a été d’un grand réconfort et une surprise. Dans ce roman, la relation de Lou avec ses parents, surtout sa mère, est très jolie et émouvante. Ce livre distille un bel espoir et nous confirme que nous pouvons sans cesse nous réinventer et faire bouger le monde.

Actes Sud Junior – mai 2020

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Lectures 2020

Face au vent, Jim Lynch

Traduit de l’américain par Jean Esch

J’avais envie de mer, de vent, d’embruns… j’ai donc ouvert ce livre que j’avais offert à monsieur l’année dernière, dans cette bien jolie collection poche de chez Gallmeister. Avec ce roman, le lecteur rentre dans l’intimité d’une famille qui consacre sa vie à la navigation et aux voiliers, la famille Johannssen. Installés dans la baie de Seattle, de père en fils, ils construisent, réparent, naviguent. La mère, elle, une scientifique, étudie la trajectoire du vent, des étoiles et voue un culte à Einstein, qui avait aussi la passion des bateaux. La cadette, Ruby, a ce don particulier, depuis sont tout jeune âge, de deviner le vent. Elle a aussi d’autres dons, qui impressionnent son entourage. Mais lorsque Ruby, lors d’une course, décide au dernier moment de faire un pied de nez à une victoire courue d’avance, c’est toute la famille qui éclate soudain. Douze ans plus tard, pourtant, le clan se reforme. Chacun a évolué ou stagné. Le grand-père Grumps souffre de divers maux. Le père se lamente un peu sur le sort de sa famille et de l’entreprise familiale. La mère cherche à résoudre un problème mathématique rare. Bernard passe son temps à fuir les autorités et parcourt la planète. Ruby essaye de sauver le monde, tandis que Josh enchaîne les rencontres amoureuses désastreuses. Vont-ils pouvoir de nouveau mettre le pied sur le même bateau ? Se retrouver ? Cela semble impossible, et pourtant… Face au vent est un beau roman, à la fois sensible et rude. C’est à travers les yeux de Josh que le récit est raconté, un Josh qui a à coeur de tout réparer et d’être là pour les siens. J’ai aimé cette rencontre avec des personnages aux caractères très différents, originaux, qui forment une famille improbable mais attachante.

Gallmeister – avril 2019

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