Lectures 2018

Le vieux monde est derrière toi, Sylvie Baussier & Pascale Perrier

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J’ai reçu ce titre dans le cadre d’une des dernières opérations Masse critique de chez Babélio… Ce roman est destiné aux adolescents et mélange deux thèmes que je ne pensais pas retrouver dans un tel livre, les manifestations de mai 1968 et la cécité chez les adolescents. Et il s’avère que ce mélange fonctionne, et que l’histoire imaginée par les deux auteures se révèle plutôt prenante. Nous commençons par faire connaissance avec l’INJA (Institut National des Jeunes Aveugles) de 1968, alors que le jeune Bruno fait sa rentrée. Jusque là, sa mère lui donnait des cours à la maison, faute de mieux. Madeleine, sa soeur, plus âgée, et voyante, l’accompagne. A cette occasion, elle va faire la rencontre de Joël, un jeune homme de son âge, élève de l’école depuis quelques années. Entre eux, le courant passe tout de suite, mais le handicap de Joël freine les premiers élans. Heureusement, leurs parents respectifs se lancent dans la création d’une association regroupant les parents d’élèves de l’école, une occasion supplémentaire de se croiser plus souvent. Les événements de 1968, qui prennent de plus en plus d’importance dans les rues de Paris et les informations, et passionnent Madeleine, vont jouer aussi un rôle important dans leur idylle. Enfin, tout semble possible, les tags sur les murs le clament… Tout serait parfait, si il n’y avait cette inquiétude au sujet d’Annie, la petite soeur de Joël, cette crainte qu’elle soit atteinte du même mal que son frère. Tout serait parfait si le frère de Joël, voyant et sportif, n’avait pas lui aussi des vues sur Madeleine, et si son père n’avait pas ce caractère ombrageux qui décourage toute la famille… J’ai beaucoup aimé ce roman qui permet de poser une attention particulière sur les difficultés pratiques et scolaires du handicap visuel. Nous sommes à une époque où l’avenir pour les personnes atteintes de cécité était bien étroit. L’INJA préparait alors essentiellement au métier d’accordeur de piano. C’est un roman intéressant en ce sens car il témoigne du chemin parcouru pour insérer les handicapés dans la société, et de tout ce qu’il reste encore à faire. Une lecture enrichissante.

Editions Fleurus – avril 2018 – 

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« Le vieux monde est derrière eux. C’est exactement ce qu’ils ressentent tous deux. Le vieux monde de l’enfance, le vieux monde fané qu’ils ont subi pendant des années. Désormais, la jeunesse est capable de se diriger vers le meilleur, d’enlever la poussière accumulée pendant des siècles, et de VIVRE enfin. »

Un titre lu dans le cadre d’une opération Masse critique de chez  Mon profil sur Babelio.com

 

 

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Lectures 2018

Magda, Mazarine Pingeot… 41ème Prix Relay des Voyageurs lecteurs

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Voici le premier titre que je lis dans le cadre du Prix Relay des Voyageurs Lecteurs… et j’ai été à deux doigts d’y apposer un coup de coeur de lecture, tant il m’a plu. Pour être honnête, il était celui qui me tentait le plus dans la sélection de cette année, et j’étais depuis un moment intriguée par l’écriture de Mazarine Pingeot. Il s’agit donc ici d’une rencontre très réussie. Ce sont surtout les personnages inventés par l’auteure qui m’ont beaucoup plu, et la manière dont elle a brossé leur portrait, leur environnement. J’ai sans doute été moins attachée à l’intrigue. Nous rencontrons tout d’abord Magda et Guillaume, âgés d’une soixantaine d’années, et qui vivent depuis leur rencontre dans ce village perdu des Pyrénées. Ils vivent selon leurs convictions, au plus proche de la nature et de ce qu’elle peut leur apporter, et surtout loin de l’agitation du monde. Magda a quitté l’Allemage lorsqu’elle n’était qu’une jeune femme, suite au décès accidentel de ses parents, et est heureuse d’avoir fondé là une nouvelle famille, ayant donné naissance à Alice et Ezéchiel, aujourd’hui adultes. Mais tout bascule lorsque sa fille Alice est arrêtée, avec son compagnon et quelques membres de la communauté anarchiste dans laquelle ils vivent depuis longtemps, appelée La ferme. Alice est accusée de terrorisme, suite au sabotage d’une voie de chemin de fer. Magda et Guillaume s’empressent alors de récupérer leur petite fille Rosa, âgée d’une huitaine d’année. Il en est cependant ainsi terminé de leur tranquillité dans leur paradis, car ils sont très vite harcelés par la presse et interrogés. Et se pose aussi très vite pour Magda la question de la responsabilité, de ce qu’elle a pu transmettre à sa fille malgré elle, via ses lectures et ses idées, mais aussi avec son caractère dur et parfois fermé, mystérieux. Je n’en dirai pas plus, mais n’hésitez pas à ouvrir ce livre qui interroge sur le pouvoir de la politique et des idées, mais surtout sur tout ce qu’entraîne de dérive et de transmission à son insu les secrets de famille. Le personnage de Magda est un personnage féminin fort, avec ses zones d’ombre et ses convictions, qui ne laisse pas indifférent et va me hanter je pense longtemps.

Editions Julliard – janvier 2018 – 

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Lectures 2018

Emily Brontë – une vie, Denise Le Dantec

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En matière de lecture, on passe souvent d’un registre à l’autre… Alors, il m’a fallu quelques pages, pour adhérer au parti pris d’écriture de ce livre. Denise Le Dantec y raconte la vie d’Emily Brontë oui, mais pas de manière romancée, plutôt à la manière d’une universitaire ayant décidé de décortiquer les textes de l’auteure pour y trouver la substance de la personne qu’elle était, oserais-je dire pour comprendre l’âme de celle qui a écrit Les Hauts de Hurlevent. Ce texte est une réédition, il a déjà été édité en 1995, et ressort cette année avec une magnifique couverture. Et ce texte est absolument passionnant. Je me suis personnellement complètement immergée dedans, à la manière des biographies et recueils de lettres que j’adorais lire à l’université. Ce qui est intéressant ici, c’est la connaissance biographique justement que le lecteur acquiert très vite de cette merveilleuse famille, qui comprend pour le moins au moins deux soeurs célèbres : Charlotte Brontë (Jane Eyre) et Emily Brontë (Les Hauts de Hurlevent). Emily Brontë est la cinquième d’une fratrie de six enfants, cinq filles et un seul garçon. Elle passa presque toute sa vie dans un presbytère à Haworth, dans le Yorkshire, où son père, Patrick Brontë, était pasteur. Très marqués par de nombreux décès, dont la mère des enfants, et leurs deux soeurs aînées, très jeunes les enfants Brontë s’initient à des jeux d’écriture qui ouvrent leur imagination et leur permettent sans doute de guérir de leur peine. Emily partage donc sa vie entre des balades dans les landes qui entourent le presbytère, la rédaction de sagas avec ses soeurs Charlotte et Anne et son frère Branwell, et des tâches domestiques auxquelles elle se soumet sans se plaindre. Le lecteur comprend très vite aussi quelle personnalité singulière possède Emily, moins sociable que Charlotte, et pleine d’interrogations, de doutes, de révolte et de culpabilité, peu intéressée par le succès. Au cours de ma lecture, j’ai peut-être eu quelques bémols sur la forme du texte, parfois un peu éthérée, et sur la manière de Denise Le Dantec d’entrecouper son récit de dialogues imaginés, qui m’ont quelquefois laissée perplexe. Mais voici sans conteste une très belle manière de faire connaissance avec les soeurs Brontë et leur famille. Je ressors personnellement de cette lecture enchantée d’avoir passé mon week-end en si belle compagnie, d’être un peu retombée avec elle en adolescence et d’avoir assisté grâce à Denise Le Dantec à des scènes familiales d’un autre temps où le désir d’écrire prend tant de place.

Editions de l’Archipel – avril 2018 – 

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Lectures 2018

Juste un peu de temps, Caroline Boudet

En choisissant ce titre, dans la sélection que Netgalley propose en ce moment pour son challenge, je ne savais trop à quoi m’attendre… mais le pitch du livre m’avait interpellé. Et puis, j’aime souvent ce que les éditions Stock publient, l’exigence littéraire de leur catalogue. Là, je dois dire que j’ai été au départ un peu surprise de retrouver un style d’écriture qui s’apparente plutôt à ce que l’on retrouve en général dans la littérature considérée comme « légère », où l’écriture n’est pas là pour se faire spécialement remarquer. Première impression cependant très vite oubliée, car Caroline Boudet a sans doute écrit LE livre que j’aurais aimé lire lorsque je m’occupais de mes enfants alors en bas âge, et que l’atmosphère qu’elle sait créer dans son roman m’a vraiment beaucoup séduite, et m’a rappelée rapidement d’autres livres lus et aimés. Pour résumer, je l’ai dévoré. Sophie, l’héroïne, est une jeune mère de trois enfants qui décide, un jour de grand ras le bol, et sur un coup de tête, de laisser son travail en plan et de prendre un train pour Saint Malo. Quelle mère de jeunes enfants n’a pas eu un jour l’envie de faire ça ? Quand la charge mentale s’accumule, la fatigue, etc… Mais en général, l’envie reste à l’état d’envie. Et tout à coup, nous voici, en compagnie d’une Sophie qui a elle osé sauter le pas, à la fois dans le Saint Malo de chez Olivier Adam et dans Les heures de Michael Cunningham. En effet, Sophie a, au départ, seulement l’intention de voler quelques heures à la routine, de prendre un hôtel, et de continuer la lecture de son livre en cours. Elle a besoin de respirer, d’un peu de temps pour elle. Oui, mais les heures s’éternisent, deviennent des jours, et Sophie reste à Saint Malo, laissant un Loïc au bord du gouffre et rempli d’incompréhension sans nouvelles. Tandis que son mari s’agite et remue ciel et terre pour savoir si quelqu’un a une idée de ce qu’il se passe, s’inquiète, Sophie reste à Saint Malo. Et c’est en ça que ce roman est vraiment intéressant, accroche, car de l’avis de tous la jeune femme était une mère et une épouse parfaite, irréprochable. Une lecture, qui sous des dehors frivoles (sa jolie couverture par exemple), n’est donc pas si légère que ça, et pose (je trouve personnellement) les bonnes questions, sur la place de la femme dans le travail, à la maison, dans la société. Oui, les jeunes femmes d’aujourd’hui sont pour beaucoup des héroïnes, et oui beaucoup sont aussi au bord du burn out, victimes bien souvent des injonctions qu’ont leur donne et qu’elles se donnent. Un livre utile, en ce sens, car il fait bouger les lignes. Merci Caroline Boudet !

Editions Stock – mai 2018 – 

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Un livre lu dans le cadre du Challenge Netgalley.fr

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Lectures 2018

Ripeur, Jeff Sourdin

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J’ai acheté ce titre lors du festival Rue des livres de Rennes sur la bonne foi d’Enna qui connaissait l’auteur. Et je dois dire que ce minuscule roman (par son format seulement) s’avère une bienheureuse découverte ! Il ne faut pas se fier à la taille des livres, en réalité. L’histoire ? Dimitri, 27 ans, habite à Ernée, en Mayenne, ville sans charme qu’il a choisi essentiellement pour son aspect pratique. Ernée est la ville de départ des camions poubelles. Oui, car Dimitri est éboueur, même si lui préfère dire « ripeur », plus poétique. Dimitri a conscience qu’il effectue une tâche considérée comme ingrate, peu populaire, surtout auprès des filles, mais lui y trouve son compte. Il a pris ce travail après avoir abandonné ses études de sociologie à la fac. Et tandis qu’il saute du camion sur un rythme régulier, il réfléchit à sa vie justement, à ce qu’elle est devenue, routinière, sans grand avenir, solitaire. Les heures passées à l’arrière de la benne lui laissent le temps de méditer, mais sa fonction l’oblige aux horaires décalées qui ne donnent par contre elles peu de place à l’amour. La raison pour laquelle son ancienne petite amie est partie. Alors, lorsqu’il rencontre Marie, nouvelle recrue de la médiathèque d’Ernée, Dimitri ne sait pas si il doit croire encore au bonheur… Jeff Sourdin a une très belle écriture, très poétique, qui prend le lecteur dans ses filets dès les premières pages. On se met très vite aussi à la place de ce jeune homme, coincé par l’habitude et les choix de vie « par défaut », dans une profession qui satisfait au moins ses besoins primaires. J’en suis venue personnellement à regarder différemment mes sacs en les déposant hier au soir sur le trottoir, à penser à ceux qui parcourent les villes avec cette vision là en tête, la cartographie de nos déchets. Un très beau premier roman, qui promet beaucoup pour la suite, puisque l’auteur a sorti d’autres titres dans la même maison d’édition rennaise, et que je compte bien retourner à Rennes !

Editions La part commune – février 2010 – 

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D’autres lectures chez… Clara, Enna, Gambadou et Sylire

« La solitude est une compagne silencieuse et singulière, une bête à deux têtes, un monstre qui sommeille en nous. De prime abord, elle apparaît irrésistiblement séduisante, son arrivée est une fête, longtemps désirée. C’est la compagne idéale : elle s’accommode de nos risibles habitudes et remplit nos pauvres vies. Elle partage nos soirées, ne dit rien contre deux ou trois verres de vin en semaine et se couche toujours de l’autre côté du lit. Elle ne prend d’ailleurs, presque pas de place au lit.
Je n’ai que vingt-sept ans mais de cette compagne singulière, j’ai appris à me méfier pourtant. Une face obscure, une face claire, la solitude a l’art d’assaisonner nos pauvres vies et d’assassiner nos maigres envies. »

Lectures 2018

(Toujours) jeune, (toujours) jolie, maman (mais pas seulement), Stéphanie Pélerin

Après le gros succès des premières aventures d’Ivana, dans (Presque) jeune (presque) jolie (de nouveau) célibataire (sorti en grand format chez Mazarine, et en format poche chez France Loisirs et Diva romance), on pouvait se demander comment Stéphanie Pélerin allait pouvoir relancer son personnage. Et voici qu’elle l’imagine maman de deux jumeaux, trop mignons, et en couple avec un Bruno, très occupé par son travail et une certaine Martha… La jalousie et l’agacement d’un quotidien qui ne lui convient plus mettent Ivana très mal à l’aise. Malheureusement, et même si elle se plaint auprès de ses amies, toujours promptes à défendre son merveilleux conjoint, elle n’ose pas parler au père de ses enfants de ses doutes et de ses envies. Ivana a publié dans un livre le récit de ses aventures de célibataire, cherchant l’amour sur internet, livre qui a connu un joli retentissement. On lui propose de discuter sur ce sujet avec des auditeurs à la radio. Rencontrer Jérôme, l’animateur charismatique et séducteur, va lui tourner un peu la tête. Surtout que Bruno va bientôt passer sa semaine à Poitiers, et que le doute s’insinue de plus en plus chez une Ivana, esseulée sur Paris. L’amour est-il fait pour durer toujours ? Je ne vous en dirai pas plus… J’ai aimé, dans ce nouvel opus de Stéphanie Pélerin, retrouver une Ivana toujours aussi pleine de détermination et de fragilité, entourée de ses amies, maman. Elle est une maman vraie, qui adore ses enfants, mais a envie de rester une femme amoureuse, et qui prend plaisir à voler un peu de temps pour elle quand sa mère les récupère pour quelques jours de vacances. J’ai aimé aussi les nombreuses prises de position, les réflexions sur la vie, que Stéphanie Pélerin égrène dans son récit, et qui ressemblent tellement à la personne qu’elle est sur internet (et dans la vie réelle). Ivana est aussi une professeure de français attentive. Les chapitres courts de ce récit enlevé, fluide et entraînant, en font un livre idéal à glisser (dès que le temps le permettra) dans son sac de plage, ou autre sac destiné à une lecture au soleil (je vous laisse le choix du banc, de la terrasse de café, etc…). 

Editions Diva Romance – mai 2018 – jeune, jolie, maman - Ivana 2 par Pélerin

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Une autre lecture chez… Saxaoul