Lectures 2022

Anne de Windy Willows (Anne de Green Gables t4), Lucy Maud Montgomery

A la veille des fêtes de fin d’année, quoi de mieux que de replonger dans ces livres si beaux de chez Monsieur Toussaint Laventure ! A chaque fois, c’est un régal. Nous continuons ici à suivre les aventures d’Anne de Green Gables, dans un quatrième volet où le jeune femme, loin de Gilbert, joue essentiellement les entremetteuses et démontre combien elle a grandi, en âge bien sûr, mais aussi en sagesse… On a effectivement confié à Anne Shirley la direction d’une école de Summerside, une petite bourgade de l’Île-du-Prince-Édouard. Anne trouve à se loger chez deux veuves, dans une pension dénommée Windy Willows (le domaine des peupliers). Dans de nombreuses lettres, qu’elle adresse à Gilbert, Anne raconte son quotidien, son installation dans cette pension, la rencontre avec Rebecca Dew, femme à tout faire au caractère bien trempé et attachant. Il y a aussi ses collègues, dont la taciturne Katherine Brooke, qui sera bien difficile à dérider, la petite Elizabeth, poétique et triste, et toutes ces jeunes filles à marier qui viennent prendre avis auprès d’une Anne parfois dépassée par les événements mais toujours de bon conseil… Ce quatrième tome, rempli de petites historiettes et aventures diverses, est très distrayant. Il permet de s’attacher à une Anne qui, tout en ayant toujours la tête dans les étoiles, démontre qu’elle a également bien les pieds sur terre. Bien entendu, et même si ses débuts à l’école de Summerside sont difficiles, le temps de comprendre les enjeux sociaux du coin, Anne finit par séduire tout le monde et à être invitée dans toutes les maisons, pour notre plus grand bonheur, tant ces visites sont bien souvent très drôles et rocambolesques.

Editions Monsieur Toussaint Laventure – janvier 2022

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

 

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Lectures 2022

Le labyrinthe inachevé, Jeff Lemire… ma BD de la semaine !!

Grâce à la reprise des rendez-vous BD de ma bibliothèque, j’ai ramené chez moi quelques nouveautés. Cet album a attiré mon attention car un pull se détricote en couverture, comme un fil d’Ariane. Je ne pouvais pas passer à côté ! Jeff Lemire est l’auteur de Sweet Tooth, dont j’ai vu passer la couverture à plusieurs reprises. Je peux dire d’emblée que les dessins de cet album sont hypnotisants et servent une narration qui l’est également… Will, chef de chantier, est toujours très marqué par la mort de sa fille, survenue dix ans auparavant. Il vit lui même, tel un fantôme. Un appel téléphonique va bouleverser sa vie morne, lui donnant l’espoir insensé que sa fille est toujours vivante, et qu’elle est coincée dans un de ces labyrinthes de papier qu’elle aimait résoudre. A-t-il entendu effectivement la voix de son enfant ? Est-ce une hallucination ? Will, résolu à ne pas laisser passer cette chance et remarquant que le plan de sa ville forme une sorte de labyrinthe, part dans une quête à la fois surnaturelle et salvatrice… Le pull rouge de la fille de Will, évoqué dans les premières pages et sur la couverture est le fil conducteur de cet album où les couleurs se font rares mais sont toujours marquantes. J’ai beaucoup aimé dans ce livre l’utilisation des symboles, les références à la mythologie, mais aussi tout ce qui a trait à la ville, dont Will maitrise parfaitement la structure. Jeff Lemire nous livre ici une image crasse du désespoir et de la souffrance, dont il a fait une oeuvre surnaturelle et libre assez bluffante.

Editions Futuropolis – 24 août 2022

 J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Tous les autres liens sont chez Fanny aujourd’hui 

 

Lectures 2022

Rendez-vous au Cupcake Café, Jenny Colgan

Traduit de l’anglais par Anne Rémond

J’ai quelques livres dans ma PAL, susceptibles de me mettre dans l’esprit des fêtes. Pour tout dire, j’avais acheté l’année dernière pour un rendez-vous du Club des lecteurs yonnais ce qui était en réalité un second tome, Le Cupcake Café sous la neige. Je me suis donc procuré le premier volet, et je vais lire les deux tomes de la série en cette fin d’année… L’histoire ? Nous sommes à Londres et Izzy, la trentaine, travaille dans l’immobilier. Elle pense avoir une aventure secrète avec son patron, mais tout le personnel est au courant. Et de toute manière tout éclate alors qu’une vague de licenciement dans la boîte l’emporte elle aussi. Que faire de son indemnité ? Surtout que Graeme est aux abonnés absents. Après s’être longuement lamentée auprès de sa colocataire, la jeune femme, qui fait de somptueux cupcakes depuis toujours décide d’en faire son métier. Les aléas seront nombreux mais le salon de thé qu’elle a ouvert commence à avoir du succès. Elle est fière de continuer la tradition, son grand-père, dont elle est proche et qui l’abreuve de recettes, avait en effet plusieurs boulangeries réputées. Peu à peu, le caractère doux et enjoué d’Izzy fera fi de tous les obstacles… J’étais un peu dubitative face à cette série. On m’en avait pourtant dit le plus grand bien. Et je dois dire que j’ai été agréablement surprise par ma lecture, par mon envie de retrouver ce quartier londonien particulier. J’ai passé un excellent moment avec des personnages complexes, souvent désarmés et touchants qui entrent bien entendu dans un scénario un peu convenu, mais qu’on aime retrouver en cette période, sous un plaid, une tasse de thé à la main (isn’t it ?). Nous sommes bien dans un roman feel good, ne nous y trompons pas, mais un roman feel good de qualité. Et il est bon parfois de ne pas bouder son plaisir. A suivre, donc…

Editions Pocket –  juin 2018

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

La série :
Tome 1 – Rendez-vous au Cupcake Café
Tome 2 : Le Cupcake Café sous la neige

Lectures 2022

Le muret, Fraipont & Bailly… ma BD de la semaine !!

LEMURET

J’ai trouvé cet album lors d’un passage en bouquinerie solidaire (« Aux bouquins frappés » à La Roche sur Yon). Je n’avais pas lu depuis longtemps ce qu’on appelle un « roman graphique », comme cet album est désigné par l’éditeur. J’ai l’impression que cette dénomination est souvent utilisée simplement en raison du choix du noir et blanc… Nous sommes en 1988, en Belgique. Rosie subit une situation peu habituelle à son âge. A treize ans, elle doit se débrouiller seule à la maison, sa mère étant partie et son père étant très occupé par son travail. Heureusement, son amie d’enfance Nath est là. Mais bientôt, l’absentéisme et l’alcoolisme naissant de Rosie creusent un fossé entre les deux jeunes filles. Rosie fait la connaissance d’un garçon, un jour où elle broie du noir, seule sur ce muret où elle partageait avant ses secrets avec Nath. Comme elle, Jo est seul, se débrouille. Avec lui, elle connaît l’attention, mais aussi une certaine vie en marge, attirante et dangereuse à la fois. Le jeune homme de seize ans l’initie à la musique, aux petits trafics et à l’amour… J’ai beaucoup apprécié dans cet album retrouver les grands aplats de noir que j’aime en matière de BD. Le dessin est fin, mobile, expressif. Les auteurs excellent dans la retranscription de la solitude et d’une adolescence à la dérive. Le tout est vraiment très réussi, s’ancre dans les années 80, tout en touchant à l’universel par sa mélancolie. Le lecteur assiste avec inquiétude au quotidien de Rosie, abandonnée bien trop tôt et en quête d’affection. Quand elle porte une première fois une bouteille d’alcool à sa bouche, on voudrait en éloigner le goulot et la prendre dans ses bras. Une très belle trouvaille de bouquinerie !

muretplanche

Editions Autrement – janvier 2014

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Tous les autres liens sont chez Noukette aujourd’hui 

 

Lectures 2022

555, Hélène Gestern

555

J’ai eu la chance de recevoir la sélection 2022 du Prix Relay des Voyageurs lecteurs cette année au printemps. Le premier titre que j’ai sorti de cette mini PAL était Chef de Gautier Battistella (un coup de coeur). Connemara faisait parti également de la sélection. D’Hélène Gestern, je n’avais pour l’instant rien lu. Et c’est ce titre, 555, qui a été au final le lauréat du Prix 2022 des voyageurs lecteurs, après avoir reçu le Grand Prix RTL Lire 2022… Grégoire et Giancarlo sont associés. Le premier est ébéniste et le deuxième est luthier. Ils ont tous les deux des caractères bien différents, quand le premier s’abîme dans le souvenir d’un amour perdu, le second court les femmes et se perd dans des dettes de jeu. Leurs ateliers sont très proches. Alors, quand en défaisant la doublure d’un étui à violoncelle, Grégoire découvre une partition ancienne, il va immédiatement trouver son ami. Tous deux restent dubitatifs mais grâce au talent de musicienne de Manig Terzian, l’espoir qu’il s’agisse d’une sonate inédite de Scarlatti se fait jour. Cependant, suite à un cambriolage, la partition est volée. S’ensuivent donc des recherches, qui vont impliquer des spécialistes du compositeur, mais aussi des collectionneurs. Un mystérieux personnage semble observer dans l’ombre l’agitation de ce petit groupe. Pourquoi ? … Ce roman est un pavé qui demande de se laisser couler dans son microcosme musical. Malgré ses quelques longueurs et digressions narratives, j’ai aimé ce récit et ai été tenue par le mystère qui entoure cette partition, qui serait donc la 556ème de Scarlatti, si elle était authentifiée. L’ambiance des ateliers des artisans est agréablement reproduite, on sentirait presque l’odeur des copeaux de bois. J’ai aimé aussi le personnage de Manig Terzian, sage, talentueuse et consciente des enjeux en présence. On ressort de ce livre avec la curiosité aiguisée et l’envie de courir assister à un concert.

  Editions Arléa – 6 janvier 2022

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Un titre de la sélection 2022 du Prix relay des Voyageurs lecteurs

Lectures 2022

La vie d’adulte, Sophie Adriansen & Eloisa Scichilone & Mauro Gandini… ma BD de la semaine !!

laviedadulte

Je suis une fidèle des publications de Sophie Adriansen. J’ai beaucoup aimé tout ce qu’elle a écrit par exemple sur la grossesse, le désir d’enfant et le post partum. Elle aborde dans cet album un sujet bien différent, un sujet qui me parle particulièrement en ce moment, alors que mes enfants grandissent et se cherchent… Au delà de ce thème, annoncé en titre, je crois que ce sont les dessins du couple d’illustrateurs avec lesquels elle a travaillé qui ont attiré aussi mon attention, car ils sont magnifiques !  L’histoire ? A l’occasion d’un petit accident de la route, Marina apprend qu’elle doit se faire opérer du cerveau. A presque trente ans, depuis peu au chômage et en plein questionnement au sujet de son couple, la voici brutalement contrainte de réfléchir au sens de sa vie. Elle cache même à sa mère son opération, décide de partir en Italie, et de ne plus donner signe de vie pendant quelques jours. Cette distance, les rencontres qu’elle fait, lui permettent de se connecter à l’enfant qu’elle était, à ses désirs profonds. Mange, prie, aime étant mon film doudou, j’ai aimé que Sophie Adriansen y fasse référence, puis s’en éloigne, restant proche ainsi de la vie réelle, qui a parfois bien plus d’imagination que l’on croit. C’est un album qui fait du bien, insuffle de l’espoir et un grand souffle de vie, malgré les obstacles et les découragements. Le passage en Italie est très dépaysant. A cet âge charnière qu’est la vingtaine, comment faire le tri entre les injonctions, les désirs profonds et la réalité ? Comment devenir adulte et ne plus en avoir peur ? Monsieur, qui ne lit pas de BD d’habitude, a été attiré par cet album, qu’il a lu avec plaisir, a adoré et a trouvé très poétique. L’originalité des dessins, leur côté flou, l’a d’abord désarçonné, avant de le séduire complètement. C’est un album qui peut plaire à tous donc, et qui emporte dans un voyage très attirant, au pays de soi-même.

laviedadulteplanche

Editions First – 20 octobre 2022

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Une autre lecture chez… Stephie

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