Lectures 2021

La tresse, Laetitia Colombani… en mars je lis des livres prêtés !

En mars, j’ai décidé de lire des livres prêtés. Oui, parce que ma PAL urgente contient aussi cette catégorie de livres… C’est donc pourquoi je lis enfin aujourd’hui ce roman, bien après tout le monde. Comme pour tous ces livres dont on a beaucoup trop entendu parler, j’en avais une idée erronée, mais surtout simpliste. On m’avait dit, en gros, qu’il était facile à lire, qu’il brossait l’histoire de plusieurs femmes et que c’était un livre coup de coeur. La tresse est bien sûr bien plus complexe que cela et d’une écriture plus subtile que je ne le pensais. Mais nous rencontrons en effet principalement trois femmes, que rien ne semble relier, Smita l’indienne intouchable, Giulia la sicilienne et Sarah l’avocate canadienne. Smita cherche de son côté à sortir sa fille de la fange dans laquelle elle travaille tous les jours, ramasser les excréments de ses patrons, sans reconnaissance ni salaire. Aller contre les traditions n’est pas simple, il faudra sans doute risquer sa vie, tout fuir, pour y arriver. Giulia découvre que l’atelier de son père est en faillite. Son entreprise traite les cheveux siciliens récoltés pour en faire des perruques. Aura-t-elle le courage de porter le renouveau ? Sarah n’a pas l’habitude de ne rien contrôler, mais la maladie s’invite dans sa vie. J’ai été touchée par le destin de ces trois personnages, que l’on peut imaginer à un moment éloignés par le temps plus que par les kilomètres. Et sur ce point, ce roman est très fort, car en quelques lignes, il rapproche brutalement ces trois femmes, et nous fait comprendre à quel point nous sommes tous liés. J’ai passé avec ce livre un très bon moment de lecture, tremblant un peu pour Smita, Giulia et Sarah que la vie a décidé de malmener. Sans être un coup de coeur, ce roman est pour moi tout à fait effectivement de ces livres que l’on prête, qui passe de main en main. J’ai juste été un peu déçue que personne ne fasse réellement de tresse dans cette histoire. J’attendais un peu ça, c’est idiot sans doute, la lourdeur des cheveux dans la main, la séparation en trois bandeaux de même volume et le geste.

Editions du Livre de Poche – juillet 2020

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Plein d’autres avis sur… Babélio

 

Lectures 2021

L’esprit de Lewis T1 &2, Santini et Richerand… ma BD de la semaine !!

 

J’ai emprunté dernièrement un tas d’albums en bibliothèque et je dois dire que j’ai été séduite par l’esthétique de ces deux albums-ci, qui sont absolument magnifiques. Lewis est un jeune homme que la mort de sa mère bouleverse, mais qui a aussi le désir de devenir écrivain. Le voici donc décidé à s’installer à Chilwickbury, la propriété d’été de la famille dont il vient d’hériter. Il espère pouvoir y écrire mais l’inspiration ne vient pas. Le fantôme d’une femme lui apparaît bientôt et une étrange histoire d’amour naît entre les deux protagonistes. Sarah ne sait pas ce qui a causé sa mort, ni pourquoi elle erre ainsi, et en attendant aide le jeune homme à écrire son roman, une histoire de fantôme. Lewis, publié et connaissant un grand succès mondain, se révèle ingrat et enchaîne les conquêtes. Sarah décide alors de se venger et de détruire son existence, le voulant tout à elle. Mais comment tout cela va-t-il donc se terminer ? Si vous aimez les ambiances gothiques, ces albums sont faits pour vous. J’ai personnellement beaucoup aimé les dessins, bourrés de petits détails. Mais il y a également beaucoup d’humour dans les pages de ce diptyque qui semble également se moquer gentiment du genre dans lequel il se complaît. Lewis vomit du vert toutes les deux pages, surtout dans le deuxième volet qui le met physiquement à rude épreuve (le pauvre), et on se prend à s’amuser de cette histoire qui part dans tous les sens. La fin est d’ailleurs un véritable festival. En refermant ces albums, je me suis demandée si je les avais aimés ou non, tant ils sont farfelus et spéciaux. Et puis, après quelques jours, je me suis rendue compte que cette histoire me poursuivait, que les images me restaient en tête, et que j’avais lu là au final quelque chose d’assez fort et original, et je dois dire que j’aime ça aussi parfois, être bousculée.

Lu dans le cadre de la BD de la semaine. Tous les autres liens sont chez Moka aujourd’hui !

Une autre lecture chez… Noukette

Editions Soleil – octobre 2017 & septembre 2019

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Lectures 2021

La bonne case, Mario Pimiento

Quel délice que ce petit roman qui est passé complètement inaperçu à sa sortie l’an passé, et que j’ai moi même mis bien trop longtemps à ouvrir ! L’histoire ? En France, Luis, la cinquantaine, a bien du mal à cocher les bonnes cases, considéré comme instable par l’administration, on lui refuse sa demande de logement HLM. Pourtant, il a un certain succès en tant que photographe de nature et d’insectes. Alors, il décide de retourner à Madjang, sur la côte Nord-ouest de Madagascar. Là-bas, il peut retrouver son ami Paul, comme lorsqu’il avait débarqué quinze ans plus tôt, et surtout La marmaille, cette bande d’enfants à laquelle il s’est attaché. La situation qu’il découvre à son arrivée est pour autant un peu particulière. Les enfants vivent dans un immeuble, caché sous une bâche et un échafaudage en bambou. On l’appelle la Case-Bambou. Pourquoi le chantier a-t-il été laissé dans cet état ? Où sont passés leurs parents ? Qui est cet Edmond qui semble être là pour garder l’édifice ? Luis apprend petit à petit le fin mot de l’histoire, l’incarcération du père des enfants, soupçonné du meurtre de monsieur Chan, son patron, celui qui avait justement diligenté les travaux, avant que l’édifice ne s’écroule et que l’on se rende compte que le maître d’oeuvre utilisait des matériaux frauduleux. Luis s’installe à son tour à un des étages curieusement rénové de la Case-Bambou, et le petit groupe s’attèle à bien vivre, entre entraide, amitié et quotidien, tout en attendant le futur procès qui innocentera forcément le père des enfants… Et j’ai aimé en tant que lectrice rencontrer chaque personnage de cette histoire, où les bons sentiments viennent apaiser la rudesse de la vie malgache, entre traditions parfois rudes et misère palpable. La bonne case est un très joli roman, plein d’amour, mais aussi de mystères, de personnages complexes, bourrée de tiroirs à ouvrir les uns après les autres, une petite perle à ne pas laisser de côté.

Editions Au diable vauvert – juin 2020

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Lectures 2021

Trois heures du matin, Gianrico Carofiglio

Traduit de l’italien par Elsa Damien

Ce titre a reçu à sa sortie un bel accueil sur la blogosphère littéraire, il m’attirait donc beaucoup, ma curiosité ayant été titillée… Et je n’ai pas été déçue. L’histoire ? Antonio, lycéen italien, est atteint d’épilepsie depuis son plus jeune âge. Ses parents avaient décidé il y a quelques années déjà de consulter un praticien renommé de Marseille. Les voici donc en juin 1983, son père et lui, débarquant dans cette ville pour un énième rendez-vous, le dernier peut-être. Le médecin annonce au jeune-homme qu’il est sans doute guéri, mais qu’il doit pour le vérifier passer un test, qui consiste à ne pas dormir pendant 48h, tout en prenant à intervalles réguliers des amphétamines. D’abord surpris et déboussolés, le père et le fils décident de faire le test tout de suite et donc de rester tout ce temps sur Marseille. Pour ce faire, le père d’Antonio gère avec une facilité déconcertante ses obligations en tant que professeur de mathématiques à l’université. C’est une occasion pour les deux hommes de déambuler dans la ville, de la découvrir, mais également d’apprendre à mieux se connaître tous les deux. Ces 48h s’avèreront des moments hors du temps où tout semble possible et les confessions naturelles. Ils font des rencontres, découvrent une boîte de jazz, etc… De mon côté, je suis tombée sous le charme de cette déambulation dans les rues de Marseille. C’est un livre qui prend dans ses filets, presque par mégarde. Ce récit initiatique aurait très bien pu être édité en collection jeunesse tant il se met à hauteur adolescente. Les questionnements d’Antonio sur cette maladie qui le marginalise, ses rapports avec ses parents divorcés, sont sensibles et intéressants. De plus, son père se montre au fil des heures beaucoup plus complexe que le jeune homme ne le pensait. Trois heures du matin est vraiment un très beau roman qui laisse en fin de lecture un sentiment de dépaysement poétique assez inattendu et agréable.

Editions Slatkine & Compagnie – mars 2020

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une autre lecture chez… En lisant en écrivant

Lectures 2021·Objectif PAL

La grand-mère de Jade, Frédérique Deghelt… mon objectif pal du mois !

J’ai acheté ce livre en février 2013, lors d’une séance de dédicace de Frédérique Deghelt dans ma librairie habituelle. Ce roman avait à l’époque un grand succès sur la blogosphère littéraire, et je crois que j’ai pris mon après-midi pour ne pas manquer cette opportunité de rencontrer l’auteure. Quand je suis arrivée, il n’y avait personne. Nous avons beaucoup discuté. J’étais morte de timidité. Je ne sais même plus si je me suis présentée en tant que blogueuse… Puis, j’ai mis du temps, un très long temps, à ouvrir ce livre. Les romans feel-good ne sont pas toujours ma tasse de thé et je redoute parfois des histoires familiales trop mièvres. De plus, la couverture ne m’inspirait guère. Et j’avais tort ! La couverture n’est en effet pas représentative du tout du contenu de ce roman qui met en valeur le lien familial, mais surtout la lecture, l’écriture et la littérature… L’histoire ? Lorsque sa grand-mère est à deux doigts d’intégrer une maison de repos, Jade décide d’enlever sa Mamoune et de l’inviter à vivre chez elle dans son appartement parisien. C’est une véritable révolution pour les deux femmes, mais aussi un moyen de mieux se connaître. Mamoune se révèle une lectrice cachée et une femme bien plus complexe que ce que Jade imaginait. Jade se révèle douce et prévenante et apprécie la compagnie de cette grand-mère qui chamboule sa vie et lui propose même son aide pour la rédaction de son roman. Jade est par ailleurs journaliste de métier. Impossible pour les deux femmes d’imaginer une autre issue que celle qu’elles ont choisi de concert, cette cohabitation merveilleuse qui ne va générer pour toutes les deux que du bienfait… J’ai pris un grand plaisir à la lecture de ce roman, qui bien sûr tire sur des ficelles positives, mais sait aussi parler du manque d’écoute, des secrets, des choix de vie. Et j’ai aimé je crois que la situation de Jade et sa grand-mère soit aussi décalée de ce qui se fait d’ordinaire, elle montre combien la force et l’audace de réinventer sa vie ouvre parfois le champ des possibles et propose de nouvelles rencontres.

Editions Babel – août 2012

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Un roman lu dans le cadre de…

Lectures 2021

Les Indésirables, Kiku Hughes… ma BD de la semaine !!

En décembre 1941, le Japon frappe la base navale américaine de Pearl Harbor. Suite à cette frappe, l’opinion publique américaine bascule. Un décret est alors signé accordant aux militaires de pouvoir arrêter et incarcérer toute personne d’origine japonaise. 120 000 nippo-américains seront donc arrêtés et incarcérés de force dans des camps d’internement à cette période… Les éléments racontés dans cet album sont un mélange de réel et de fiction. Kiku Hughes imagine en effet un procédé de déplacement dans le temps pour raconter l’histoire de sa grand-mère, qui a vécu ces événements alors qu’elle était encore adolescente. Nous retrouvons donc Kiku, adolescente d’aujourd’hui, transposée dans les années 40, prise contre son gré dans le groupe des nippo-américains détenus. Elle partage ainsi le quotidien de sa grand-mère, tout en n’osant guère l’approcher. Elle se rend compte qu’elle ne connaissait rien de ce passé. La langue japonaise a disparu de sa famille, et bon nombre de traditions aussi. Ceci s’explique par le traumatisme de cet enfermement forcé et surtout par la légende de « minorité modèle » dans laquelle les nippo-américains se sont ensuite enfermés dans les années 60. J’ai beaucoup aimé le procédé qui permet à Kiku Hughes d’effectuer des liens subtils entre présent et passé. Le lecteur ne croit pas deux secondes à la réalité de ce transport dans le temps mais bizarrement ne peut en vouloir à l’auteure tant tout ce qu’on apprend par ce biais est édifiant. Dans le présent, l’investiture de Trump et ses discours jettent un voile inquiétant qui aident à la remontée des souvenirs douloureux. Le graphisme est doux et simple et est au service de la découverte de ce pan de l’histoire méconnu, qui méritait effectivement que l’on s’y intéresse.

Lu dans le cadre de la BD de la semaine. Tous les autres liens sont chez Noukette aujourd’hui !

Une autre lecture chez… Mes échappées livresques

Editions Rue de Sèvres – 6 janvier 2021

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5