Lectures 2020

Victor Kessler n’a pas tout dit, Cathy Bonidan

J’avais aimé découvrir Cathy Bonidan l’année dernière via Chambre 128, un roman épistolaire agréable que je m’étais empressée de partager autour de moi. Ce roman-ci est plus sombre, comme le suggère d’ailleurs assez bien cette intrigante couverture. Et je dois vous avouer tout de suite que, pressée de connaître le fin mot de son histoire, je l’ai dévoré en deux jours. Bertille, jeune femme au passé lourd, qui s’est enfuie quelques années plus tôt de son village des Vosges, tombe sur Victor André lors d’un travail qu’elle effectue pour un institut de sondage en sortie de supermarché. Le vieux monsieur fait un malaise devant elle. Bertille culpabilise beaucoup. Ayant récupéré les affaires du vieil homme, elle retrouve des pages en forme de confession dans son cabas, laissé à ses soins. Quarante cinq ans plus tôt, en 1973, un certain Victor Kessler, alors instituteur, avait été accusé du meurtre d’un jeune garçon de dix ans, retrouvé dans le lac. Bertille prend le vieil homme en affection. Intriguée par cette affaire qui s’est déroulée non loin des lieux de son enfance, troublée par ses souvenirs, encouragée par Victor, la jeune femme part sur les traces du drame. Elle se fera passer pour une journaliste de télévision. L’auteure intercale la suite des confessions de Victor avec celui de l’enquête que mène Bertille. La vérité s’avère compliquée à mettre en lumière, pleine de chausses trappes, et puis les faits sont anciens. Mais Bertille n’écoute que son courage, mue par quelque chose de plus fort encore qui vient de son propre passé, de son enfance et de ses drames conjugaux. Et si découvrir ce qu’il s’était réellement passé en 1973 lui permettait de s’épanouir enfin ? Si vous aimez les enquêtes, les personnages troubles, les villages d’enfance, démêler le vrai du faux, les écritures simples mais efficaces, ce roman est fait pour vous. J’ai même, personnellement, délaissé quelques temps mon tricot en cours pour pouvoir le terminer, c’est dire…

Editions La martinière – juin 2020

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une autre lecture chez… Nath

Lectures 2019

Chambre 128, Cathy Bonidan… Rentrée littéraire de janvier

Comment résister à un tel roman ? Déjà, sa couverture attire l’œil de toute lectrice qui se respecte, et puis on retourne le livre, et on lit ceci… Quand Anne-Lise réserve la chambre 128 de l’hôtel Beau Rivage pour de courtes vacances en Bretagne, elle ne sait pas encore que ce séjour va transformer son existence. Dans la table de chevet, elle découvre un manuscrit sur lequel figure juste une adresse où elle décide de le réexpédier… Quand il s’avère que Chambre 128 est, de plus, un roman épistolaire, il n’est plus question de résister du tout. J’ai donc été ravie de remporter ce titre lors du dernier rendez-vous Masse critique de chez Babélio. Si vous avez aimé Et je danse aussi de Anne-Laure Bondoux et Jean-Claude Mourlevat, vous aimerez sans doute également ce roman. En effet, lorsque Anne-Lise envoie le manuscrit à son auteur, elle ne se doute pas qu’il ne l’est que de la moitié seulement du texte, du chemin que ce manuscrit a déjà parcouru, de toutes les mains dans lesquelles il est passé, ni du pouvoir qu’il a eu sur toutes les vies rencontrées. Commence alors entre Anne-Lise et Sylvestre, l’auteur de la première moitié du manuscrit, donc, une belle correspondance, rythmée par les découvertes de chaque protagoniste et le récit de leurs vies respectives. Il s’agit en effet pour ces deux nouveaux amis de savoir qui est l’auteur de la deuxième partie du manuscrit en remontant le temps vers son premier lecteur… Voici un beau roman sur le pouvoir de l’écriture, la magie des rencontres, et qui a ce charme désuet des correspondances écrites. Il donne envie de recommencer à envoyer des lettres, de risquer de nouveau le temps d’attente du transport d’un courrier, que des missives se croisent et manquent leur but, qu’un coup de fil passé dans le café voisin sauve. J’ai cru déceler ici et là un clin d’œil à un autre roman épistolaire, plus moderne celui-ci, mais marquant, Quand souffle le vent du nord de Daniel Glattauer… mais je ne suis sûre de rien. En tous les cas, Chambre 128 est un roman des plus agréables, rafraîchissant et joyeux, qui permet de passer un bon moment de lecture, en compagnie de personnages attachants. Il est à classer dans la catégorie des romans qui font du bien. Il a peut-être manqué seulement d’un peu de souffle littéraire, pour la lectrice que je suis, pour être totalement conquise, mais je sais déjà qu’il va rendre heureux de nombreux autres lecteurs !

Editions de la Martinière – 17 janvier 2019

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

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