Lectures 2021

Une autre histoire de la violence, Audrey Harel-Casanove

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Lors du dernier rendez-vous du Club des lecteurs yonnais sur La roche sur Yon, j’ai invité Audrey Harel-Casanove à présenter son quatrième roman, avant sa séance de dédicace à La librairie Agora samedi 18 septembre. Nous avons échangé et elle a raconté son parcours, ses activités, mais aussi son métier de professeure à l’IUT de La roche sur Yon. J’en ai profité pour acheter son roman… Ce livre est peu épais et semble contenir une grosse nouvelle. De mon côté, je l’ai commencé, attentive, un peu inquiète peut-être, mais pas du tout préparée à ce que j’allais y trouver. D’ailleurs, les premières pages commencent doucement. Anna va rejoindre l’homme qu’elle aime. Elle a dix-sept ans, et elle a décidé qu’aujourd’hui serait le jour où elle deviendrait femme. Elle en parle en ce moment avec ses copines, c’est leur sujet de conversation principal, d’ailleurs l’une d’elle l’a déjà fait, et c’était visiblement fabuleux. Anna est amoureuse, son futur amant aussi, visiblement, même si il est plus âgé qu’elle. Ils se sont rencontrés au travail, dans ce bistrot où Anna travaille pour l’été en tant que serveuse. Elle aime ce travail et elle aime le jeu de séduction de Serge. Tout va donc bien se passer, forcément. Vous devinez sans doute que ce ne sera pas le cas… Et comment vous dire combien cela m’a bouleversée ? L’écriture fluide et efficace de Audrey Harel-Casanove sait raconter effectivement, sans fausse pudeur, crûment mais avec subtilité, les doutes et les inquiétudes de la première fois et ce froid qui se répand sur soi quand l’homme pour lequel on a des sentiments se révèle soudain différent. Comment en parler ? A qui ? Je trouve que cette histoire serait à glisser dans de jeunes mains, car elle démontre et prévient sobrement, et avec talent.

« Non ? Comment ça, non ? Je ne comprends pas, tu ne veux pas que je te caresse ? »
Lola ne sait pas quoi répondre, elle aurait voulu lui parler de tendresse, de douceur, d’amour, de caresses qui la feraient frémir, mais les mots ne viennent pas. Elle aurait voulu lui dire de lui sourire, de la faire rire, de caresser sa peau, de lui embrasser le cou, la nuque. Comme les jours précédents.

Editions Sydney Laurent – août 2021

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Le site de l’auteure

Lectures 2021

L’enfant de l’étranger, Alan Hollinghurst

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Traduit de l’anglais par Bernard Tule

Lors d’un rendez-vous du Club des lecteurs que j’organise dans ma ville, j’ai emprunté ce titre qui était un coup de coeur de lecture pour une des participantes. Il est noté en quatrième de couverture que Alan Hollinghurst est un des plus grands romanciers anglais contemporains, voilà qui était donc parfait pour le mois anglais (qui avait lieu en juin), même si je suis au final un peu en retard… La première scène, qui va s’avérer fondatrice pour le reste du roman, est le séjour de Cecil Valance aux Deux Arpents en 1913, invité par George Sawle, un camarade de Cambridge. Le poète, désinvolte et charismatique, fait une forte impression sur Daphné, la jeune soeur de George, et sur l’ensemble de la famille Sawle, à des degrés divers. En réalité, Cecil est l’amant de George, ce qui ne l’empêche pas de séduire l’impressionnable jeune femme, en lui écrivant un poème sur son carnet de dédicaces. Alors que Cecil meurt à 25 ans, en 1916, sur le champ de bataille, lors de la première guerre mondiale, son poème, devenu célèbre prend un autre sens, ainsi que sa romance supposée avec Daphné… Des biographes vont ensuite vouloir s’emparer de sa mémoire, de sa correspondance. Le roman prend alors l’allure d’une grande fresque, qui se poursuit jusqu’à nos jours, au moment où l’homosexualité peut enfin publiquement s’afficher. Nous suivons Daphné, qui a épousé le frère de Cecil, George, également marié, et le devenir de ces demeures bourgeoises, autrefois flamboyantes, ramenées à leur état de pierres au fil des années et des générations. Je ne vais pas vous mentir, ce roman est un pavé, exigeant par son volume, son nombre de personnages et sa lenteur. Et pourtant, j’ai adoré le lire, car il est d’une grande puissance littéraire. Il est très intéressant de constater que des événements, anodins lorsque l’on est en train de les vivre, peuvent s’avérer fondamentaux lorsque les protagonistes deviennent célèbres, et pour autant être déformés par l’histoire et le temps, les récits, ce qui est tu ou ignoré. Alan Hollinghurst s’attache aussi à observer le déclin de ces grandes familles que le temps n’épargne pas non plus. Les différences de point de vue forment un kaléidoscope dont peu de personnages ressortent épargnés, sauf sans doute Cecil, poète trop tôt disparu, auréolé de cette aura que conservent les jeunes gens de talent fauchés en pleine jeunesse. 
Ce roman a reçu le Prix du meilleur roman étranger en 2013.

Editions du Livre de Poche – janvier 2015

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une autre lecture chez… Allantvers sur Babélio (le roman est par ailleurs très mal noté par la plupart des lecteurs)

Lectures 2020

Harry Potter et la coupe de feu, JK Rowling

Traduit de l’anglais par Jean-François Ménard

J’ai commencé à lire la série Harry Potter, pour répondre à un défi de mon club de lecteurs et je continue à lire les tomes de manière plus ou moins régulière. De plus, il me paraissait intéressant de terminer mon cycle jeunesse de novembre ainsi… Le moins que l’on puisse dire est que ce quatrième tome est différent, plus gros, plus exigeant, plus violent. Je me suis un peu ennuyée lors de la première partie qui raconte avec force détails la mise en place d’un tournoi de Quidditch. Pourtant, toute l’intrigue suivante prend racine dans les événements racontés là. L’apparition de la marque dans le ciel, la douleur ressentie à sa cicatrice par Harry Potter, le comportement étrange de quelques personnages hauts placés, donnent à cette nouvelle rentrée à Poudlard des allures bien inquiétantes. Enfin, la candidature étonnante de Harry Potter au tournoi de magie regroupant différentes écoles de sorcellerie attise curiosités et interprétations diverses. La vigilance constante est de rigueur. Mais suffira-t-elle ? Les conclusions de l’intrigue nous amènent à penser le contraire. J’ai été effrayée par cette fin et un peu émue par le sort de Cédric. En bref, la magie Harry Potter a encore une fois fonctionné sur moi, pour mon plus grand plaisir ! Je reste bluffée par l’écriture et j’ai été cette fois-ci impressionnée par l’imagination terrifiante de JK Rowling. N’ayant pas vu les films, j’ai pu laisser libre cours à mon imagination. Il me reste à la confronter aux images à présent. Avec ma grande fille, qui me prête ses livres, nous avons convenu qu’avec ce tome l’univers enfantin et gentillet d’Harry Potter disparaissait au profit de quelque chose de plus noir, de plus profond et de plus intéressant aussi. Je suis contente de m’être laissée entraîner dans ce récit. A suivre…

Editions Folio Junior – 2000

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Lectures 2020

Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban, JK Rowling

Traduit de l’anglais par Jean-François Ménard

J’ai commencé à lire la série Harry Potter pour répondre à un défi de mon club de lecteurs et je continue au rythme d’un tome par mois. Je suis toujours bluffée par la qualité d’écriture et l’inventivité de JK Rowling. De plus, je n’ai pas vu le film correspondant à ce volume, je suis donc rentrée dans cette nouvelle histoire sans être polluée par des souvenirs d’images vues. Par contre, j’ai beaucoup aimé comprendre enfin tout un tas de références dont ma fille, très fan d’Harry Potter, me parle depuis longtemps, la carte des maraudeurs par exemple et cette expression… Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises. Dans ce troisième tome, Harry Potter, qui a passé encore une fois l’été chez son oncle, se trouve en très mauvaise position. Il a utilisé la magie dans le monde des moldus, craint de se faire renvoyer de Poudlard mais apprend qu’en réalité sa vie est en danger. Sirius Black s’est enfui de la prison d’Azkaban et cherche à le tuer. C’est donc une année sous haute protection qui commence pour Harry, qui n’aura de cesse pour autant de braver le danger, muni d’une carte des maraudeurs lui permettant d’emprunter des passages secrets et bien souvent de sa cape d’invisibilité. Les détraqueurs, censés protéger Poudlard, ont un effet terrible sur lui, inexplicable. Le professeur Lupin, nouvel arrivant à Poudlard, va l’aider à le contrer. J’ai encore une fois beaucoup aimé ce tome, rempli de péripéties. On en apprend plus sur le passé des parents de Harry Potter, leurs amis d’alors et les trahisons qui ont eu lieu. Certaines scènes sont assez impressionnantes, et presque poétiques. Ron et Hermione, malgré leurs différents, restent des amis fidèles pour un Harry Potter qui grandit et prend confiance en lui. A suivre…

Editions Folio Junior – 1999

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Lectures 2020

Harry Potter et la chambre des secrets, JK Rowling

Traduit de l’anglais par Jean-François Ménard

Je vous avoue tout à présent. J’ai commencé à lire la série Harry Potter pour répondre au défi de mon club de lecteurs qui se réunit virtuellement aujourd’hui sur le groupe facebook (à défaut de la rencontre prévue dans notre salon de thé préféré aujourd’hui à Chacun sa part). En effet, lors de notre dernière rencontre, nous avions tous tiré au sort un défi individuel. Je suis tombée sur « Un livre choisi par ton conjoint, ton enfant ou ton chat », et c’est donc ma fille qui a choisi sa série fétiche… J’ai déjà lu le premier tome [ici] avec plaisir et je viens de finir celui-ci. Comme pour le précédent, j’ai été bluffée par la qualité d’écriture de ce tome, même si j’ai aussi été un peu gênée par mes souvenirs trop présents des films vus et revus (normal quand on a une fan à la maison). Dans ce second tome, Harry commence par passer une partie de l’été chez les Dudley, dans des conditions peu agréables, et est heureusement sauvé par son ami Ron et ses frères… à bord d’une voiture volante. C’est d’ailleurs dans cette même voiture que les deux amis vont débarquer et faire une rentrée fracassante à Poudlard. Mais cette deuxième année va surtout sonner le retour de la légende de la chambre des secrets, déjà ouverte il y a cinquante ans, et qui avait été la raison du bannissement du garde chasse Hagrid. Une rumeur court que l’héritier des Serpentard serait à l’origine des incidents qui frappent aujourd’hui les élèves, enfants de Moldus. Harry est soupçonné car on le surprend à parler la fourchelangue, une langue que seuls les serpents peuvent comprendre. Cette deuxième saison n’est pas de tout repos, surtout pour Hermione qui va passer beaucoup de temps à l’infirmerie. J’ai encore une fois beaucoup aimé cette lecture. Le moment où Dobby récupère sa chaussette est quand même un grand moment, non ? Ma fille m’a promis que je serai moins gênée par mes souvenirs des films dans les prochains tomes. J’ai décidé d’en lire un par mois. A suivre donc…

Editions Folio Junior – 1999

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Lectures 2020

Harry Potter à l’école des sorciers, JK Rowling

 

Traduit de l’anglais par Jean-François Ménard

Je ne vais rien vous raconter de très nouveau sur Harry Potter, mis à part que j’ai cédé à son appel à l’aube de mes 47 ans, il était temps… Mon premier souvenir de cette saga date de la sortie chez folio junior de ce premier tome, alors que je travaillais encore en librairie. Après avoir vendu quelques manuels scolaires à une famille, je les ai dirigé vers ma collègue de jeunesse qui leur a tendu ce livre, très sûre d’elle. La couverture n’était pas terrible, enfantine, et je me souviens avoir été très dubitative sur ce choix de retour vers mon rayon (quel nez !). Beaucoup beaucoup plus tard, alors que je ne travaillais plus en librairie, et que Harry Potter et JK Rowling avaient vécu la petite vie que l’on sait… ma fille a eu ce livre entre les mains, dans le cadre de ma volonté un peu vaine de les inciter à lire. Et quel miracle ! Pourtant, on m’avait prévenu. L’engouement a été tel qu’il a fallu aller acheter certains tomes en urgence. Après chaque livre, elle regardait la version film, qu’il a aussi fallu acheter en urgence. Pourtant, mes deux enfants n’avaient pas été séduits plus que ça par le premier volet, acquis en DVD. Et quel engouement, encore ! Les films, regardés la plupart du temps en VO, ont d’ailleurs considérablement amélioré son niveau d’anglais… Et me voici donc, en ce mois d’avril confiné, et pour un petit challenge dont je vous parlerai sans doute plus tard, amenée à ouvrir le premier tome. Ma première surprise a été la qualité de l’écriture, pas du tout mièvre, et loin de la platitude de certains romans ados lus précédemment. Ensuite, j’ai été séduite par la manière de l’auteure d’amener petit à petit tous ces éléments qui créent le monde magique qu’Harry Potter va découvrir en même temps que nous, lecteurs. En effet, orphelin, élevé par un oncle et une tante qui le détestent, Harry ne saura qu’à ses onze ans qu’il est en fait un sorcier et qu’on l’attend à Poudlard (l’école des sorciers) pour la prochaine rentrée scolaire. Ayant déjà affronté Voldemort alors qu’il n’était qu’un bébé, devenu un héros pour cela, Harry va plonger dans un univers fascinant, devoir affronter d’autres dangers et se montrer à la hauteur de sa réputation. J’ai, vous vous en doutez, beaucoup aimé ce premier tome, séduite à mon tour par l’inventivité de JK Rowling. Mon seul bémol aura été mes souvenirs trop présents des films vus et revus et qui ont télescopé pendant ma lecture tout recours à l’imaginaire. Il est peu de dire que ma fille est très contente de me prêter les prochains tomes.

Editions Folio Junior – septembre 1998

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

A obtenu le Prix Sorcières des romans 9/12 ans en 1999