Lectures 2021

L’enfant de l’étranger, Alan Hollinghurst

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Traduit de l’anglais par Bernard Tule

Lors d’un rendez-vous du Club des lecteurs que j’organise dans ma ville, j’ai emprunté ce titre qui était un coup de coeur de lecture pour une des participantes. Il est noté en quatrième de couverture que Alan Hollinghurst est un des plus grands romanciers anglais contemporains, voilà qui était donc parfait pour le mois anglais (qui avait lieu en juin), même si je suis au final un peu en retard… La première scène, qui va s’avérer fondatrice pour le reste du roman, est le séjour de Cecil Valance aux Deux Arpents en 1913, invité par George Sawle, un camarade de Cambridge. Le poète, désinvolte et charismatique, fait une forte impression sur Daphné, la jeune soeur de George, et sur l’ensemble de la famille Sawle, à des degrés divers. En réalité, Cecil est l’amant de George, ce qui ne l’empêche pas de séduire l’impressionnable jeune femme, en lui écrivant un poème sur son carnet de dédicaces. Alors que Cecil meurt à 25 ans, en 1916, sur le champ de bataille, lors de la première guerre mondiale, son poème, devenu célèbre prend un autre sens, ainsi que sa romance supposée avec Daphné… Des biographes vont ensuite vouloir s’emparer de sa mémoire, de sa correspondance. Le roman prend alors l’allure d’une grande fresque, qui se poursuit jusqu’à nos jours, au moment où l’homosexualité peut enfin publiquement s’afficher. Nous suivons Daphné, qui a épousé le frère de Cecil, George, également marié, et le devenir de ces demeures bourgeoises, autrefois flamboyantes, ramenées à leur état de pierres au fil des années et des générations. Je ne vais pas vous mentir, ce roman est un pavé, exigeant par son volume, son nombre de personnages et sa lenteur. Et pourtant, j’ai adoré le lire, car il est d’une grande puissance littéraire. Il est très intéressant de constater que des événements, anodins lorsque l’on est en train de les vivre, peuvent s’avérer fondamentaux lorsque les protagonistes deviennent célèbres, et pour autant être déformés par l’histoire et le temps, les récits, ce qui est tu ou ignoré. Alan Hollinghurst s’attache aussi à observer le déclin de ces grandes familles que le temps n’épargne pas non plus. Les différences de point de vue forment un kaléidoscope dont peu de personnages ressortent épargnés, sauf sans doute Cecil, poète trop tôt disparu, auréolé de cette aura que conservent les jeunes gens de talent fauchés en pleine jeunesse. 
Ce roman a reçu le Prix du meilleur roman étranger en 2013.

Editions du Livre de Poche – janvier 2015

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une autre lecture chez… Allantvers sur Babélio (le roman est par ailleurs très mal noté par la plupart des lecteurs)

Lectures 2020

Harry Potter et la coupe de feu, JK Rowling

Traduit de l’anglais par Jean-François Ménard

J’ai commencé à lire la série Harry Potter, pour répondre à un défi de mon club de lecteurs et je continue à lire les tomes de manière plus ou moins régulière. De plus, il me paraissait intéressant de terminer mon cycle jeunesse de novembre ainsi… Le moins que l’on puisse dire est que ce quatrième tome est différent, plus gros, plus exigeant, plus violent. Je me suis un peu ennuyée lors de la première partie qui raconte avec force détails la mise en place d’un tournoi de Quidditch. Pourtant, toute l’intrigue suivante prend racine dans les événements racontés là. L’apparition de la marque dans le ciel, la douleur ressentie à sa cicatrice par Harry Potter, le comportement étrange de quelques personnages hauts placés, donnent à cette nouvelle rentrée à Poudlard des allures bien inquiétantes. Enfin, la candidature étonnante de Harry Potter au tournoi de magie regroupant différentes écoles de sorcellerie attise curiosités et interprétations diverses. La vigilance constante est de rigueur. Mais suffira-t-elle ? Les conclusions de l’intrigue nous amènent à penser le contraire. J’ai été effrayée par cette fin et un peu émue par le sort de Cédric. En bref, la magie Harry Potter a encore une fois fonctionné sur moi, pour mon plus grand plaisir ! Je reste bluffée par l’écriture et j’ai été cette fois-ci impressionnée par l’imagination terrifiante de JK Rowling. N’ayant pas vu les films, j’ai pu laisser libre cours à mon imagination. Il me reste à la confronter aux images à présent. Avec ma grande fille, qui me prête ses livres, nous avons convenu qu’avec ce tome l’univers enfantin et gentillet d’Harry Potter disparaissait au profit de quelque chose de plus noir, de plus profond et de plus intéressant aussi. Je suis contente de m’être laissée entraîner dans ce récit. A suivre…

Editions Folio Junior – 2000

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Lectures 2020

Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban, JK Rowling

Traduit de l’anglais par Jean-François Ménard

J’ai commencé à lire la série Harry Potter pour répondre à un défi de mon club de lecteurs et je continue au rythme d’un tome par mois. Je suis toujours bluffée par la qualité d’écriture et l’inventivité de JK Rowling. De plus, je n’ai pas vu le film correspondant à ce volume, je suis donc rentrée dans cette nouvelle histoire sans être polluée par des souvenirs d’images vues. Par contre, j’ai beaucoup aimé comprendre enfin tout un tas de références dont ma fille, très fan d’Harry Potter, me parle depuis longtemps, la carte des maraudeurs par exemple et cette expression… Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises. Dans ce troisième tome, Harry Potter, qui a passé encore une fois l’été chez son oncle, se trouve en très mauvaise position. Il a utilisé la magie dans le monde des moldus, craint de se faire renvoyer de Poudlard mais apprend qu’en réalité sa vie est en danger. Sirius Black s’est enfui de la prison d’Azkaban et cherche à le tuer. C’est donc une année sous haute protection qui commence pour Harry, qui n’aura de cesse pour autant de braver le danger, muni d’une carte des maraudeurs lui permettant d’emprunter des passages secrets et bien souvent de sa cape d’invisibilité. Les détraqueurs, censés protéger Poudlard, ont un effet terrible sur lui, inexplicable. Le professeur Lupin, nouvel arrivant à Poudlard, va l’aider à le contrer. J’ai encore une fois beaucoup aimé ce tome, rempli de péripéties. On en apprend plus sur le passé des parents de Harry Potter, leurs amis d’alors et les trahisons qui ont eu lieu. Certaines scènes sont assez impressionnantes, et presque poétiques. Ron et Hermione, malgré leurs différents, restent des amis fidèles pour un Harry Potter qui grandit et prend confiance en lui. A suivre…

Editions Folio Junior – 1999

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Lectures 2020

Harry Potter et la chambre des secrets, JK Rowling

Traduit de l’anglais par Jean-François Ménard

Je vous avoue tout à présent. J’ai commencé à lire la série Harry Potter pour répondre au défi de mon club de lecteurs qui se réunit virtuellement aujourd’hui sur le groupe facebook (à défaut de la rencontre prévue dans notre salon de thé préféré aujourd’hui à Chacun sa part). En effet, lors de notre dernière rencontre, nous avions tous tiré au sort un défi individuel. Je suis tombée sur « Un livre choisi par ton conjoint, ton enfant ou ton chat », et c’est donc ma fille qui a choisi sa série fétiche… J’ai déjà lu le premier tome [ici] avec plaisir et je viens de finir celui-ci. Comme pour le précédent, j’ai été bluffée par la qualité d’écriture de ce tome, même si j’ai aussi été un peu gênée par mes souvenirs trop présents des films vus et revus (normal quand on a une fan à la maison). Dans ce second tome, Harry commence par passer une partie de l’été chez les Dudley, dans des conditions peu agréables, et est heureusement sauvé par son ami Ron et ses frères… à bord d’une voiture volante. C’est d’ailleurs dans cette même voiture que les deux amis vont débarquer et faire une rentrée fracassante à Poudlard. Mais cette deuxième année va surtout sonner le retour de la légende de la chambre des secrets, déjà ouverte il y a cinquante ans, et qui avait été la raison du bannissement du garde chasse Hagrid. Une rumeur court que l’héritier des Serpentard serait à l’origine des incidents qui frappent aujourd’hui les élèves, enfants de Moldus. Harry est soupçonné car on le surprend à parler la fourchelangue, une langue que seuls les serpents peuvent comprendre. Cette deuxième saison n’est pas de tout repos, surtout pour Hermione qui va passer beaucoup de temps à l’infirmerie. J’ai encore une fois beaucoup aimé cette lecture. Le moment où Dobby récupère sa chaussette est quand même un grand moment, non ? Ma fille m’a promis que je serai moins gênée par mes souvenirs des films dans les prochains tomes. J’ai décidé d’en lire un par mois. A suivre donc…

Editions Folio Junior – 1999

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Lectures 2020

Harry Potter à l’école des sorciers, JK Rowling

 

Traduit de l’anglais par Jean-François Ménard

Je ne vais rien vous raconter de très nouveau sur Harry Potter, mis à part que j’ai cédé à son appel à l’aube de mes 47 ans, il était temps… Mon premier souvenir de cette saga date de la sortie chez folio junior de ce premier tome, alors que je travaillais encore en librairie. Après avoir vendu quelques manuels scolaires à une famille, je les ai dirigé vers ma collègue de jeunesse qui leur a tendu ce livre, très sûre d’elle. La couverture n’était pas terrible, enfantine, et je me souviens avoir été très dubitative sur ce choix de retour vers mon rayon (quel nez !). Beaucoup beaucoup plus tard, alors que je ne travaillais plus en librairie, et que Harry Potter et JK Rowling avaient vécu la petite vie que l’on sait… ma fille a eu ce livre entre les mains, dans le cadre de ma volonté un peu vaine de les inciter à lire. Et quel miracle ! Pourtant, on m’avait prévenu. L’engouement a été tel qu’il a fallu aller acheter certains tomes en urgence. Après chaque livre, elle regardait la version film, qu’il a aussi fallu acheter en urgence. Pourtant, mes deux enfants n’avaient pas été séduits plus que ça par le premier volet, acquis en DVD. Et quel engouement, encore ! Les films, regardés la plupart du temps en VO, ont d’ailleurs considérablement amélioré son niveau d’anglais… Et me voici donc, en ce mois d’avril confiné, et pour un petit challenge dont je vous parlerai sans doute plus tard, amenée à ouvrir le premier tome. Ma première surprise a été la qualité de l’écriture, pas du tout mièvre, et loin de la platitude de certains romans ados lus précédemment. Ensuite, j’ai été séduite par la manière de l’auteure d’amener petit à petit tous ces éléments qui créent le monde magique qu’Harry Potter va découvrir en même temps que nous, lecteurs. En effet, orphelin, élevé par un oncle et une tante qui le détestent, Harry ne saura qu’à ses onze ans qu’il est en fait un sorcier et qu’on l’attend à Poudlard (l’école des sorciers) pour la prochaine rentrée scolaire. Ayant déjà affronté Voldemort alors qu’il n’était qu’un bébé, devenu un héros pour cela, Harry va plonger dans un univers fascinant, devoir affronter d’autres dangers et se montrer à la hauteur de sa réputation. J’ai, vous vous en doutez, beaucoup aimé ce premier tome, séduite à mon tour par l’inventivité de JK Rowling. Mon seul bémol aura été mes souvenirs trop présents des films vus et revus et qui ont télescopé pendant ma lecture tout recours à l’imaginaire. Il est peu de dire que ma fille est très contente de me prêter les prochains tomes.

Editions Folio Junior – septembre 1998

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

A obtenu le Prix Sorcières des romans 9/12 ans en 1999

Divers et blabla

Une fenêtre un auteur… Sophie Divry

Pendant cette période spéciale de confinement et d’annulations de salons littéraires, j’ai eu l’idée d’interviewer quelques auteurs. De quoi nous changer les idées et leur donner une visibilité supplémentaire.

Sophie Divry a bien voulu répondre à quelques questions pour le club des lecteurs yonnais.

       

Antigone : Bonjour Sophie Divry,
Votre premier roman, La cote 400, publié chez Les Allusifs a marqué votre entrée dans le monde de l’édition. Vous étiez venue, en 2012, à la médiathèque Benjamin Rabier (La Roche sur Yon), présenter ce livre. J’avais assisté à la rencontre. Vous étiez alors la seule auteure française du catalogue de cette maison d’édition canadienne, qui se consacrait surtout à la littérature étrangère. Pouvez-vous nous raconter en quelques mots le sujet de ce premier roman, que j’ai personnellement beaucoup aimé, qui raconte l’histoire d’une bibliothécaire, et l’aventure de cette publication ? Est-ce que la publication de ce livre a changé votre vie ?

Sophie Divry : La Cote 400, c’est le monologue un peu déjanté d’une bibliothécaire enfermée dans son sous-sol au rayon géographie, et qui est prise entre son besoin d’ordre et son besoin d’amour. Ce premier livre ne m’a pas fait devenir riche, si c’est ça la question, mais il a changé ma vie quotidienne, l’orientation que je donnais à mon existence. Même si je crois que c’est plutôt au deuxième roman qu’on devient écrivain.

   

Antigone : Vous avez ensuite publié plusieurs titres chez Noir sur blanc, par exemple Quand le diable sortit de la salle de bain ou La Condition pavillonnaire. Dans vos romans, vos personnages sont souvent contraints, enfermés, empêchés. Pouvez-vous nous dire comment naît, chez vous, l’idée d’un nouveau roman ?
Sophie Divry : J’ai des idées, des valeurs, des thèmes, des mythes, qui sont dans ma tête, et c’est comme une graine qui cherche un terreau : à un moment, ça rencontre l’idée d’une forme, une forme littéraire, et la graine va y pousser. Mais il peut se passer du temps et les graines disparaissent. Par exemple pour le Diable, je voulais parler du chômage, et c’est en lisant Federman que j’ai trouvé la forme.

Antigone : Lors de la rentrée littéraire de 2018, vous aviez publié un roman intitulé Trois fois la fin du monde, un gros coup de coeur de lecture pour moi. En ces temps particuliers, ce souvenir de lecture provoque un drôle d’écho. Dans votre roman en effet, une explosion nucléaire dévaste la France. Les survivants partent à l’abri des radiations, dans la zone sécurisée, tandis que votre personnage principal, Joseph Kamal, qui en a profité pour s’enfuir de prison, choisit de rester seul et de s’inventer une nouvelle vie, loin de tous, dans une petite ferme abandonnée. Pouvez-vous nous raconter comment est né ce personnage, les sentiments que vous aviez pour lui en cours d’écriture ?
Sophie Divry : J’ai eu envie d’écrire un Robinson Crusoé contemporain. Récrire un mythe avec toute son actualité et son côté universel. Mais avec un Robinson normal, qui ne sait pas faire du feu avec deux bouts de bois… Mais bon, moi les personnages ce n’est jamais le départ d’un livre. Ce sont plutôt les lieux : ici la nature, comme ouverture, en demi-teinte, et la prison, comme contraire, la fermeture. Après, Joseph, c’est un peu le premier homme. Une sorte d’Adam.

Antigone : Je vous suis depuis le début du confinement, via votre page facebook. Vous publiez chaque jour un billet sur votre journée, sans rien édulcorer de la difficulté de ce moment, et sans chercher non plus à construire ainsi un objet littéraire. Est-ce qu’au-delà de la création d’un roman, l’écriture peut jouer un rôle pour vous dans la vie quotidienne, de soutien et d’échange avec les autres ?
Sophie Divry : L’écriture a une vertu thérapeutique et j’avais urgemment besoin de cette vertu, dès le 16 mars. Tous les psy ont inventé les Français à faire un journal, après le chat, le chien et l’alcool, ça aide. Ce journal me donne un but, chaque jour, ça me structure. Ça fait appel à la fois à mes qualités d’écrivaine et de journaliste. Je ne cherche pas à jouer à l’écrivaine, en effet, même si je pense que sauver des anecdotes de la vie à Lyon à cette période, et tenter de voir clair dans ce qui nous agite intérieurement, je peux le faire mieux que d’autres, parce que justement, c’est une autre des vertus du métier de l’écrivain de savoir éclaircir ce qui nous agite obscurément. Mais dès que le confinement finira, j’arrêterai. Et, c’est du boulot mine de rien …

Antigone : J’ai hâte de vous lire de nouveau. Vous avez indiqué être entre deux romans en ce moment, en pause d’écriture. Pouvez-vous nous dire quelque chose de votre prochaine actualité littéraire ?
Sophie Divry : Je travaille à une non-fiction, un recueil de témoignages de mutilés pendant les manifestations des gilets jaunes, ainsi qu’à une petite fiction qui se passe très loin de tout cela, sur une autre planète. Mais j’ai peur qu’il vous faille attendre encore six mois pour me lire, au moins !

Un grand merci à vous Sophie Divry.