Coups de coeur·Lectures 2018

Sujet inconnu, Loulou Robert… Rentrée littéraire 2018

 

❤ Quand j’ai ouvert ce titre de Loulou Robert, j’ai su presque immédiatement combien il allait me plaire… comme un précédent roman de l’auteure, Bianca, son premier, qui m’avait déjà beaucoup plu (coup de coeur de ma rentrée littéraire 2016). Il y a quelque chose dans sa manière d’écrire, directe, qui me parle tout de suite, un peu comme le font les romans d’autofiction de Justine Levy, que j’adore lire aussi (d’ailleurs, à quand le prochain ?). Nous sommes en effet dès les premières lignes dans l’essentiel et dans l’urgence, pas de tergiversations. Son bac en poche, l’héroïne de Loulou Robert part de Metz, quitte ses parents pour la grande ville et un studio parisien. L’adolescence n’a pas été toujours facile, il y a eu ce séjour en psychiatrie, qui a laissé des traces, bien sûr, mais aussi permet à présent la confiance en soi. La jeune fille est bonne élève, et croit en l’avenir, les amis qu’elle va se faire, la vie enfin. Ce qu’elle découvre va s’avérer bien différent de ses espoirs, la solitude d’abord, le cancer de sa mère ensuite, et puis l’amour fou… et destructeur. Loulou Robert écrit dans ce livre comme si son temps était compté, presque à bout de souffle, ce qui laisse le lecteur en apnée, mais tenu. On a hâte de savoir, ce qu’il va advenir du livre en cours d’écriture auquel son personnage s’accroche avec courage et désespoir, et de cette toute jeune femme à la fois fragile et forte, colosse aux pieds d’argile. Mais on a peur qu’elle se blesse aussi. Et d’ailleurs elle se blesse. Une lecture qui a le charme terrible des écrits bruts et coups de poing, du genre dont je redemande. Un roman sur la passion amoureuse, mais pas que. Un bien jouissif coup de coeur de rentrée ! Foncez.

Editions Julliard – 16 août 2018

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

« J’étais calme, docile et réfléchie ; je suis une bombe prêt à exploser. Je brûle, palpite. Vibre. Jamais trembler ; je tremble. Je claque. Je ne décide plus. Juste un corps, plus de séparation. La musique me pousse vers toi. Mes pieds, centimètre après centimètre. Tu ne bouges pas. Tu me regardes mais tu ne bouges pas. Tu restes calme. Tu sais que ce n’est plus qu’une question de minutes. Moi, je ne sais rien. J’ai désappris à savoir. Je suis seule avec toi. Une chose ; une évidence : je te veux. J’ai vingt ans et je rentre dans ma vie. Celle que j’observais, je l’habite. J’ai vingt ans et je veux. J’ai vingt ans et une passion. Je ne peux plus fermer les yeux. Plus respirer. Plus avaler. Je ne peux plus être comme avant. »

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Coups de coeur·Lectures 2018

Sauveur & fils T1, Marie-Aude Murail

L’image contient peut-être : une personne ou plus

Depuis le temps que je voyais ce roman jeunesse (le premier tome d’une série) récolter des petits coeurs enthousiastes sur tous les blogs que je fréquente, je me suis dit qu’il était temps pour moi de l’ouvrir à mon tour… Je ne peux pas dire que j’ai été séduite d’emblée par Sauveur et son fils. Il m’a fallu m’acclimater à eux, rentrer dans leur famille, rencontrer leurs amis, et surtout faire connaissance avec la ribambelle de clients de Monsieur Sauveur Saint-Yves, psychologue de son état. Sauveur se pense d’ailleurs parfois piètre psychologue, ses patients actuels présentent en effet tous des cas vers lequel il s’avance en tâtonnant beaucoup. Une jeune fille qui se taillade le bras, une autre qui cumule les absences scolaires, ce petit garçon atteint d’énurésie, cette fratrie qui n’accepte pas que leur mère soit partie de la maison pour aimer une autre femme, etc. Sauveur Saint-Yves a aussi d’autres problèmes à régler, qui proviennent de ses origines antillaises : sa couleur noire d’abord, qui fait de son fils Lazare un métis, et provoque à l’occasion des réactions racistes, et son passé, qui le rattrape soudain sous la forme de menaces inquiétantes. Cependant, tout préoccupé qu’il est par les cas qu’il rencontre, et notamment par celui du jeune Gabin dont la mère est victime d’une bouffée délirante, Sauveur ne voit pas que son fils espionne les dialogues qu’il entretient avec ses patients, ni qu’il voudrait mieux connaître son histoire. Le jeune garçon se sent peut-être aussi un peu seul, même s’il y a Paul, son meilleur ami. Alors, un hamster entre dans leur maison, puis un autre (parce que le premier n’a pas survécu)… et de fil en aiguille il se pourrait aussi que la naissance de petits hamsters réussissent à créer un lien entre les personnages de cette histoire, qui a prise, au fil de ma lecture, de plus en plus de consistance et d’intérêt jusqu’à avoir du mal à éteindre la lumière hier au soir. Me voici donc à mon tour séduite, et toute prête à lire les tomes 2, 3 et 4 de cette série qui a déjà fait ses preuves, et dont le premier opus a fini par terriblement me passionner.

Ce premier tome vient de sortir en format poche.

Editions Médium Poche – mai 2018 – 

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une autre lecture chez… Noukette

Coups de coeur·Lectures 2018

Qui je suis, Mindy Mejia

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J’ai terminé ce roman depuis plusieurs jours… et je dois me rendre à l’évidence, il m’a beaucoup plu, voilà pourquoi j’y appose un coup de coeur de lecture !! Ce thriller mêle en effet à la fois une fine analyse psychologique de ses personnage principaux, une réflexion sur l’impact du mensonge (que l’on sert aux autres et à soi-même) et une atmosphère shakespearienne et littéraire très agréable. Bref, je ne m’attendais pas à être aussi emballée par ce roman. Mais revenons en aux faits… Hattie, jeune fille de Pine Valley, aux Etats-Unis, est retrouvée morte dans une grange abandonnée, son cadavre affreusement mutilé. Del, le shérif,  est sur les lieux et va enquêter. Sa position est inconfortable car le père de la victime est son meilleur ami, et ce qu’il va découvrir peu à peu sur la jeune fille risque de détruire l’image que ses parents avaient de leur enfant. Hattie était à quelques semaines d’obtenir son diplôme, elle venait de jouer Lady MacBeth à l’école et projetait de partir à New-York poursuivre ses études, pour devenir actrice. Elle sortait depuis plusieurs mois avec un garçon sans histoires du Lycée, Tommy, un sportif un peu balourd. Mais voilà que rentre en scène un autre personnage, LitGeek, un jeune homme rencontré sur internet avec lequel Hattie n’a pas besoin de jouer le rôle de la jeune fille parfaite, comédie qu’elle joue à tout le monde. Avec lui, elle peut parler littérature, et la conversation virtuelle dévie rapidement sur une certaine sensualité… LitGeek est un homme marié, Hattie est encore mineure, mais il l’ignore, et cela n’est qu’une partie de cette toile de mensonges qui va aboutir au drame. J’ai aimé dans ce roman tout ce qui ne tombait pas dans la facilité, et comme je le dis plus haut l’analyse qui est faite de chacun des personnages. Aucun manichéisme dans ce roman, même si j’y ai retrouvé une certaine morale, à l’américaine, qui donne justement tout son poids au contexte du meurtre. Mais Hattie est-t-elle morte car elle a voulu vivre sa vie ? Ou parce que la malédiction qui entoure les représentations de MacBeth a encore frappé ? Vous le saurez en ouvrant à votre tour ce thriller addictif !!

Editions Mazarine – mars 2018 – 

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Coups de coeur·Lectures 2018

Lise et les hirondelles, Sophie Adriansen

❤ J’ai lu ce titre de Sophie Adriansen (acheté au Printemps du livre de Montaigu) avec en mémoire le film que je venais de voir quelques heures plus tôt, Transit Transit est un film allemand qui imagine le retour (de nos jours en France) de l’occupation et des rafles (un film que je vous conseille, voir la bande-annonce là). Alors, je n’ai pas eu trop de mal à imaginer l’état d’esprit de Lise, treize ans, cachée chez des voisins au début de l’occupation nazie à Paris, depuis qu’un Allemand l’a remarquée dans la rue, et qui observe un jour, impuissante, de leur fenêtre, sa famille se faire embarquer. Sa première réaction est celle de retrouver ses parents et ses frères. Au commissariat, elle découvre ses frères jumeaux jouant dans la cour. Elle tempête et demande à ce qu’on lui prouve qu’ils sont sur la liste. Ils n’y sont pas, et extraordinairement, Lise pourra repartir avec eux, leur sauvant la vie à tous deux, tous les autres enfants étant destinés au Vel d’Hiv (Ce passage extraordinaire est inspiré d’un fait réel, apprendrons nous en fin d’ouvrage). Lise a la passion des hirondelles et cet amour pour les oiseaux l’aidera, entre autres, à passer les épreuves qui l’attendent, la faim, la peur parfois, et la crainte de ne jamais revoir ses parents. J’aime toujours beaucoup le travail de Sophie Adriansen, qui n’écrit pas seulement pour la jeunesse. J’avais été très touchée par Max et les poissons qui conte l’histoire d’une jeune garçon, sauvé de la rafle du Vel d’Hiv. Mais j’ai je crois préféré encore celui-ci. En le lisant, je me suis dit que j’aurais aimé lire un tel livre à 13 ans, découvrir un tel personnage féminin comme Lise, doté d’un tel caractère, déterminé, protecteur et lucide. De plus, Sophie Adriansen conduit son récit de telle sorte que ce que vit Lise nous semble contemporain, à portée de main, et non vieux de plus de 70 ans. Je crois que c’est un roman à mettre sans conteste dans des mains de collégiens, pour cette raison là, afin qu’ils comprennent au mieux de quoi le quotidien était fait pendant la guerre, dans Paris, les restrictions, l’occupation, l’obligation de se cacher. Mais ce récit n’est pas pour autant anxiogène, qu’on se rassure, même si on tremble régulièrement de l’imprudence de Lise et de sa détermination, du monde violent dans lequel elle vit et de l’injustice d’être discriminée, et pourchassée, seulement parce qu’elle est juive, ce qu’elle se sent si peu. Ce récit est également plein d’amour, de vie et d’espoir, et encore une fois très bien écrit. L’occupation à hauteur d’enfant, donc, et un très beau coup de coeur de lecture pour jeunes ados !!

Editions Nathan – février 2018 – 

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

« […] de toutes les hypothèses, celle qui me plaisait le plus était cette possibilité qu’ils aient raison, malgré le drapeau nazi flottant depuis deux ans en haut de la tour Eiffel, qu’ils aient raison et que le programme de Hitler ne soit que pure fantaisie. Que nous n’ayons rien à craindre ici, ni maintenant ni jamais.
Et puis, il y a eu les lois, l’étoile, et toutes ces interdictions. Il n’a plus été question de croire ou de ne pas croire aux temps sombres : ils étaient là. Ils sont là.
Aujourd’hui, en cette journée du 16 juillet aussi ensoleillée qu’inquiétante, je sais que l’idée de n’avoir rien à craindre n’est plus une hypothèse à considérer. »

Coups de coeur·Lectures 2018

Entre deux mondes, Olivier Norek

❤Il est un peu déstabilisant de lire ce roman dans le confort d’une maison ou d’un jardin... avec cette conscience si injuste d’avoir eu la chance de naître au bon endroit du monde. Tu avais été très marquée par le passage d’Olivier Norek à la Grande Librairie à propos de ce livre, par sa fermeté et sa passion. Tu as eu la chance de de le rencontrer brièvement lors d’une dédicace au Printemps du livre de Montaigu, le week-end dernier, et d’y acheter ce livre qui promettait d’être très fort. Il l’est. Nous rencontrons dans ce roman tout d’abord Adam Sarkis, sa femme Nora et sa fille Maya, obligés de quitter précipitamment la Syrie depuis que le double jeu du capitaine, entré dans un groupouscule résistant risque d’être découvert et de devenir un danger pour sa famille. Les femmes vont partir en premier. L’objectif est de rejoindre Calais, avant d’embarquer pour l’Angleterre. Il paraît qu’à Calais les femmes sont protégées. Nous rencontrons ensuite également le lieutenant Bastien Miller, muté à Calais pour des raisons familiales, et plus spécialement en raison de la dépression de sa femme. Bastien espère que retrouver l’espace familier de son père décédé fera sortir Manon de sa tristesse et de sa torpeur. Bastien découvre cependant une réalité Calaisienne assez impressionnante, et des équipes locales contraintes et empêchées d’intervenir dans ce que l’on nomme La jungle de Calais. C’est pourtant là qu’Adam et Bastien vont faire connaissance, autour du sauvetage d’un enfant soudanais, Kilani. Adam cherche désespérément sa femme et sa fille, Bastien a besoin de lui pour comprendre La jungle et résoudre des meurtres… mais est-ce qu’une amitié peut naître au milieu d’un tel no man’s land ?  Et toi lectrice, tu as été terriblement choquée par la première scène forte du roman (dont tu ne parleras pas ici pour les futurs lecteurs), et les larmes te sont venues souvent aux yeux par la suite, non pas tant émue par les atrocités perpétrées, la violence de cet entre deux mondes, que par la compassion et les envies d’aider (quitte à risquer beaucoup) de ceux qui ne veulent pas avoir honte de n’avoir rien fait. De plus, ce roman s’avère à la lecture servi par une écriture fluide très agréable qui t’a donné très envie de lire les précédents romans de l’auteur et de continuer à le suivre. Tu as eu l’impression d’apprendre beaucoup, et de ressortir de ce livre moins naïve, impliquée et véritablement informée. De là à dire que tu as été séduite, il n’y a qu’un pas, que tu franchis allègrement. Un gros coup de coeur donc pour ce livre à la fois atroce, bouleversant et étonnamment plein d’espoir !

Editions Michel Lafon – octobre 2017 – 

Tu as aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une autre lecture chez… Violaine

Ce titre a reçu le Prix du Meilleur Polar 2017

Lectures 2018

Groenland Vertigo, Tanquerelle

❤ Oh mais tu n’étais pas du tout du tout séduite par le dessin en couverture de cet album que tu as emprunté essentiellement car il est dans la sélection du Prix Cezam BD de cette année, et qu’en général elle est plutôt intéressante… mais voilà, tu as été cueillie comme une fan que tu es des fameux racontars de Jorn Riel. Et puis tu t’es souvenue tout à coup combien tu en avais adoré son adaptation BD justement, en plusieurs tomes jouissifs, par ce fameux Hervé Tanquerelle [clic ici]. Coup de coeur, donc, pour cet album-ci aussi qui, sous des allures d’opus à la Tintin cache une belle comédie d’aventures !! Nous sommes à Nantes, en novembre 2010. Georges, dessinateur, est en mal d’inspiration. Mais un mail va le sortir de sa torpeur, il est invité à se joindre à une expédition, invité par Jorn Freuchen (alias Jorn Riel), écrivain avec lequel il a déjà collaboré, et expédition qui se déroulera pendant trois semaines à bord de la goélette Aurora au coeur du Parc national du Nord-est du Groenland. Le but de l’expédition est de réunir des artistes de renom et surtout d’aller installer là-bas in situ une oeuvre d’Ulrich Kloster. Inévitablement, l’expédition va partir en cacahuète, entre un Ulrich Kloster qui va souffrir finalement d’une sorte de mal étrange, nommé le Vertigo, se montrer très vite irascible et instable, et un Jorn Freuchen qui trouve le moyen d’avoir comme idée fixe de retrouver une caisse de bouteilles de whisky vieille de cent ans. Bien entendu, tu as adoré tout ça, l’humour nordique retrouvé d’Hervé Tanquerelle et de Jorn Riel. Un irrésistible moment de lecture que tu conseilles sans retenue ! De plus, certaines planches sont vraiment superbes.

Editions casterman – janvier 2017 – 

Tu as aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Cet album a été lu dans le cadre de la BD de la semaine ! Tous les liens sont chez Stephie aujourd’hui [clic]