Coups de coeur·Lectures 2019

Mon désir le plus ardent, Pete Fromm… sélection du Prix du roman Cezam Inter-CE 2019

❤ Je continue à lire les romans en lice pour le Prix Cezam de cette année, dont vous retrouverez la liste en fin de billet ici [clic]. Dans celui-ci, nous sommes tout d’abord dans le Wyoming, sur les berges de la Bullfalo Fork. Maddy ne s’attend pas à tomber sous le charme de Dalton, guide de rivière comme elle, et beaucoup plus jeune que ses critères habituels en matière d’hommes. Mais quelque chose de familier et d’évident s’opère très vite entre ces deux jeunes gens qui ont la même fougue, le même franc parler, les mêmes rêves et se marient finalement en plongeant à l’unisson leurs mains dans la rivière. Tout était parti pour bien se dérouler, les deux amoureux ayant pour projet de monter leur propre entreprise  de rafting dans l’Oregon, quand la maladie s’invite dans le corps de Maddy, subrepticement. Elle ressent en premier lieu seulement quelques étourdissements, des nausées et un tremblement étrange dans une de ses mains. Tandis que le corps médical recherche ce que Maddy peut avoir, elle tombe enceinte. On lui diagnostique finalement une Sclérose en Plaques. Loin de s’effondrer, le couple affronte et s’organise, n’oubliant rien de l’amour fou qui les unit. Dalton s’avère être un roc sur lequel Maddy peut s’appuyer sans craintes. Et c’est ce que j’ai adoré dans ce roman, au-delà de la beauté de l’écriture, c’est cette lutte acharnée contre l’inexorable, ce sentiment que l’humour et l’amour peuvent abolir de nombreuses difficultés. J’ai été très bouleversée par les descriptions physiques des conséquences de la maladie, la dégradation progressive des facultés de Maddy. L’empathie est d’autant plus forte que l’histoire de ce couple et de ses enfants est raconté de son point de vue à elle. Mais ce roman est également très beau, laissant la part belle à la nature, aux joies simples et à l’amour du travail bien fait. Une lecture qui mérite sans conteste son coup de coeur, et un livre terminé les larmes aux yeux.

Editions Gallmeister – avril 2018

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Une autre lecture chez… Mumu

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Coups de coeur·Lectures 2019

Saccage, Frederik Peeters… la BD de la semaine !

❤ Cet album est absolument magnifique ! Le lecteur peut se demander au départ à quel objet livre il a à faire, si il se retrouve devant une sorte de sketchbook, ou si véritablement cette BD sans paroles va lui raconter une histoire. La préface explique tout. La frustration de Peeters depuis la fin de sa série Aâma de dessiner un cinquième tome totalement muet, son désir d’un album psychédélique et abstrait. Le voici sans aucun doute. Il n’y a pas de scénario dans cet opus où l’on suit quand même le même personnage jaune, habillé de bandelettes et un enfant fantomatique. L’ouvrage est fait de superbes planches colorées mises bout à bout, des visions post apocalyptiques où se superposent parfois le présent et le passé. Une histoire se dessine malgré l’incohérence apparente, une histoire qui raconte, désabusée, comment l’homme a détruit son monde. J’ai personnellement adoré !

Lu dans le cadre de la BD de la semaine. Tous les liens sont chez Stephie aujourd’hui !

 

Editions Atrabile – mars 2019

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Lu aussi cette semaine (avis brefs)…

Je ne suis pas très fan du dessin de cet album, façon manga, lu pour ma bibliothèque, mais je dois dire que la lecture de cette BD a été au final une bonne surprise. En effet, le personnage féminin de vétéran en état de choc post traumatique s’avère complexe et attachant, et j’ai été séduite par le contexte d’un Tokyo foisonnant où règne aussi une extrême violence. le petit restaurant de la jeune femme qui s’intéresse à Jun nous permet de prendre pied dans un Japon plus connu culturellement. Un album qui met en avant l’entraide et qui possède finalement une belle qualité graphique (J’ai du laisser au placard mes à priori).

Ankama éditions – mars 2019

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Lu dans le cadre du Prix Cezam BD 2019. Je ne suis pas la cible de ce genre de BD mais j’ai pour autant beaucoup aimé cet album au format à l’italienne qui nous plonge dans un univers post explosion du cloud internet. Les adultes se retrouvent dans l’obligation de porter des masques dès qu’ils sortent et la méfiance est de mise partout. Impossible de révéler avec insouciance sa véritable identité. J’ai aimé l’esthétique des cases, celle des différents costumes. le scénario est enlevé et intéressant. On suit principalement un détective privé chargé par sa soeur de retrouver l’assassin d’une jeune femme. Les coups de feu et de poings s’échangent. Les méchants sont vraiment méchants. Un album qui restera un bon souvenir de lecture !

Urban Comics éditions – mars 2017

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Coups de coeur·Lectures 2019

Raisons obscures, Amélie Antoine

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Voici le troisième titre que je lis d’Amélie Antoine. Après les très réussis Les secrets et Avec elle & Sans elle, elle m’étonne encore une fois par sa dextérité à manier la narration et les points de vue… Et il ne va pas être facile de parler de ce roman sans trop en dire, de peur de vous gâcher la surprise. Nous partons en début de récit à la rencontre de deux familles qui s’apprêtent à effectuer leur rentrée scolaire. L’une d’entre elles vient de débarquer dans la région. Laeticia ne supportait plus son travail d’infirmière et Yanis a eu l’idée de déménager pour que toute la famille prenne un nouveau départ et puisse mieux respirer. Mais ils n’avaient pas prévu que Laeticia tombe par hasard sur son amour de jeunesse, et que les plans de renouveau tombent lourdement à l’eau. Les trois enfants du couple ne semblent pas très affectés par les problèmes des adultes. Des trois, Marjorie est d’ailleurs la plus calme et la plus sérieuse. Dans l’autre famille, qui vit elle dans la région depuis longtemps, les inquiétudes sont différentes. On essaye de gérer au mieux la découverte du diabète de Sarah, sa pompe à insuline, et sa volonté que sa maladie reste un secret. Frédéric cache de son côté à sa femme que l’administration pour laquelle il travaille vient de le mettre au placard, et celle-ci que, depuis qu’elle travaille à la maison, elle vit un enfer avec les aboiements du chien du voisin. Mais la vie, malgré tout, suit son cours un peu chaotique… et le lecteur, en milieu de lecture, se surprend même à souffler de soulagement. Pourtant, le premier chapitre nous avait alerté sur un événement tragique à venir… Et à la moitié du livre, en effet, tout bascule soudain vers le point de vue des enfants. Je ne vous en dirai pas plus mais il est à ce moment là question de peur, de destruction progressive, et c’est à la fois bien fait, bien décrit, et parfaitement insoutenable. Je suis ressortie de ce roman un peu tremblante, persuadée que la lecture de ce livre est nécessaire, pour se rendre compte à quel point on peut passer à côté des drames intimes de nos proches, malgré notre vigilance. Je vous recommande chaudement ce livre d’une grande prouesse littéraire. Je pense qu’Amélie Antoine mérite d’être lue plus largement, et qu’elle n’a pas fini de nous surprendre… Bravo à elle pour ce roman magistral, qui n’a pas dû être toujours évident à écrire !

Editions XO – 7 mars 2019

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D’autres lectures enthousiastes chez… Sandrine et Mes échappées livresques

Coups de coeur·Lectures 2019

Haïkus de Sibérie, Vilé & Itagaki… la BD de la semaine !

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❤ Grace au comité de lecture BD auquel je participe au sein de ma médiathèque, je découvre pas mal de nouveautés, mais je ne suis pas toujours très enthousiaste… Heureusement, cette fois-ci, j’ai fait une heureuse pioche. Ce livre est en effet un très bel album. Il raconte l’histoire d’habitants d’un village lituanien déportés en Sibérie en 1941. J’ai adoré la mise en page qui tient autant de la BD que de l’album pour enfants, avec ses sympathiques trouvailles et ses petits détails. Les dessins sont majoritairement très beaux. La présence des haïkus est pour autant en réalité assez anecdotique dans cette histoire. Une tante d’Algis, fascinée par le Japon,  a pu conserver ce seul ouvrage, un recueil de haïkus, écrit en japonais, et en transmet aux prisonniers japonais sur le camp, essayant ainsi de leur donner bonheur et courage. Le scénario met plutôt en avant les diverses façons qu’auront les enfants, la maîtresse, les prisonniers dans leur ensemble (en dehors du groupe des mécontents) de contrer la tristesse et l’adversité au sein d’un terrible goulag, comme cette idée de monter une chorale pour occuper les enfants et apporter un peu de bonheur au groupe. Malgré les apparences (le dessin, l’humour, la mise en page ludique), ce n’est pourtant pas du tout un album destiné aux enfants, car le propos est évidemment trop dur. Les violences faites aux déportés sont visibles, le sang gicle, la mort est présente. Pour autant, on sort de cette histoire avec une très belle impression de douceur, et la certitude d’avoir rencontré de beaux personnages. J’ai également pas mal appris sur cette déportation lituanienne dont j’ignorais tout. Une lecture coup de coeur !

Editions Sarbacane – 6 mars 2019

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Un album lu dans le cadre de la BD de la semaine, tous les autres avis sont chez Moka

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J’ai lu aussi cette semaine (avis brefs)…

Grand plaisir de lecture avec cette magnifique BD qui est l’adaptation du roman de Michel Bussi, « Nympheas noirs ». Les planches sont superbes. Et bien que les dessins des personnages ne soient pas spécialement de mon goût, il n’y a rien à redire à l’ensemble de cet album dont l’intrigue (très efficace et bien menée) fonctionne très bien !

Dupuis/ Aire-libre – 25 janvier 2019

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Surprenant album qui retrace le séjour à Paris de Wolfgang Amadeus Mozart, entre infortune, déceptions, mauvaises rencontres et le décès de sa mère adorée. Difficile de composer dans cette atmosphère. Et pourtant… Dans cet album, le dessin étonne très vite. Les visages sont atroces. Mais quelque chose fascine. Sans doute ce personnage de Mozart, représenté le plus souvent de très petite taille, mal habillé, laid, qui parfois redevient l’enfant prodige qu’il était… et qui parfois aussi grandit comme dans Alice aux pays des Merveilles et surplombe alors Paris. Il y a tout du long la figure de son père, omniprésente, en voix off. Un album qui s’avère une bien intéressante curiosité ! Et je trouve qu’il arrive à bien cerner à sa façon la personnalité complexe de Mozart. Plutôt une réussite.

Casterman – 26 septembre 2018

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Coups de coeur·Lectures 2019

Le chef-d’oeuvre, Anna Enquist… objectif pal de mars !

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❤ Il fut un temps, pas si lointain, où une certaine blogueuse avait entrepris de lire tout Anna Enquist [clic ici]… ce qu’elle a réussi à faire, mais personne n’en doutait. Comme je suis assez influençable, Le chef-d’oeuvre a rejoint à ce moment là ma PAL et y a végété jusqu’à aujourd’hui. Quelle erreur ! Car, mazette, que cette auteure a du talent ! Et dire qu’il s’agit ici de son premier roman. Dans cet opus, Johan Steenkamer s’apprête à présenter ses oeuvres lors d’une exposition de grande envergure. Sa mère, Alma, très fière de sa réussite, lui propose de poursuivre le vernissage par un dîner en petit comité, amical et familial, qui sera le point d’orgue de cette journée de consécration. Cependant, Oscar, le frère de Johan, gâche un peu la fête en amont en publiant quelques jours auparavant un article qui critique le tournant figuratif qu’a pris dernièrement son frère. Cet écrit tend la situation et augure mal de la soirée. Mais Johan, persuadé de son talent, fier, orgueilleux, décide de ne pas s’en préoccuper. Avec désinvolture, il annonce même à sa mère qu’il a invité son père, parti aux Etats-unis et remarié depuis longtemps, à son vernissage, sans se douter du tsunami qu’il vient de déclencher chez elle. Et c’est là que réside tout le talent d’Anna Enquist qui décortique petit à petit l’entourage du flamboyant et inconséquent Johan, et laisse à penser qu’effectivement la fameuse exposition ne peut être qu’un désastre. Lisa, l’amie d’Ellen, la mère des enfants de Johan, observe tout cela de son oeil exercé de psychanalyste, à la fois désabusé et fébrile. Son mari a emmené ses propres enfants en vacances, elle est seule, se laisse aller à l’indolence… Ellen, elle, tente de survivre à la perte de sa petite fille Saar, qu’un  problème au coeur a emporté en quelques jours. Les protagonistes de cette histoire se tiennent les uns aux autres comme dans un château de cartes, avec leurs névroses, leur indifférence ou leur jalousie. A quel moment le fragile édifice va-t-il s’écrouler ? Vous comprendrez que j’ai beaucoup aimé ce roman, d’une grande finesse psychologique, écrit également avec beaucoup de talent et l’amour des petits détails qui comptent. Je vous recommande chaudement d’aller voir à votre tour du côté de ce Chef-d’oeuvre fabuleux, ou même d’Anna Enquist, si un autre titre d’elle traîne dans votre PAL, vous ne le regretterez pas !

Editions de poche Babel – 2001

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Coups de coeur·Lectures 2019

Nora, de Léa Mazé… la BD de la semaine !

❤ J’ai fait plusieurs jolies rencontres à Angoulême, lors du festival de la BD cette année, rencontres dont je n’ai pas terminé de vous parler… Un de mes agréables souvenirs sera notamment ce passage, pourtant trop rapide, sur le stand des Editions de la Gouttière. J’étais déjà passée les voir, il y a deux ans, en compagnie de Sabine du petit carré jaune et de Mo’ du Bar à BD, et j’avais craqué pour petit dernier pour l’album Qu’ils y restent, qu’il avait adoré. Cette fois-ci, après maintes hésitations devant un panel gargantuesque, j’ai choisi d’emporter avec moi ce délicieux petit album que je vous présente aujourd’hui, Nora. Je tenais à dire combien les personnes qui sont là sont toujours adorables, me proposant de prendre aussi gratuitement un magnifique marque-page et une affiche. Merci ! Mais revenons-en à Nora… Alors que ses parents sont en plein déménagement, Nora est confiée pour quelques jours à son oncle, agriculteur. Nous sommes en plein été 75 et Nora n’est pas contente du tout de cet arrangement, choisissant au départ la bouderie. Mais l’appel de l’extérieur est trop fort et Nora découvre à la fois un arbre creux, qui fera une formidable cachette, et la présence d’une vieille femme, dans le voisinage. Nora est intriguée par la solitude de Madame Jeanne, et questionnant son oncle, se rend compte qu’elle n’a sans doute pas eu la chance de rencontrer l’être aimé. Partant du principe que chacun à sa chacune, et vice-versa, la petite fille mène l’enquête et échafaude la théorie selon laquelle celui qui était destiné à la vieille femme a sans doute oublié de naître… Et nous voici donc embarqués avec elle dans une dimension étonnante où les âmes parlent aux petites filles et essayent avec elle de résoudre les ratés de la vie. Que dire sinon que cet album est un petit bijou délicat, un coup de coeur de lecture évident, que je suis ravie de posséder dorénavant dans ma bibliothèque. Il est à découvrir l’esprit ouvert et le coeur tendre. Le graphisme est très beau, simple, dégradé dans des tons marrons, sauf pour les âmes qui sont bleues. Le tout forme un très bel objet livre qui, il me semble, peut autant être offert et confié à des mains d’enfants qu’à des mains d’adultes. En effet, loin d’être simple, je trouve que son récit a une force que je n’imaginais par au départ, donnant envie en fin de lecture de revenir sur certaines cases, pleines d’informations et d’émotion.

Editions de la Gouttière – avril 2015

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Lu dans le cadre de la BD de la semaine

Toutes les autres participations sont chez Noukette aujourd’hui !

Une autre lecture chez… Mo’