Coups de coeur·Lectures 2018

Qui je suis, Mindy Mejia

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J’ai terminé ce roman depuis plusieurs jours… et je dois me rendre à l’évidence, il m’a beaucoup plu, voilà pourquoi j’y appose un coup de coeur de lecture !! Ce thriller mêle en effet à la fois une fine analyse psychologique de ses personnage principaux, une réflexion sur l’impact du mensonge (que l’on sert aux autres et à soi-même) et une atmosphère shakespearienne et littéraire très agréable. Bref, je ne m’attendais pas à être aussi emballée par ce roman. Mais revenons en aux faits… Hattie, jeune fille de Pine Valley, aux Etats-Unis, est retrouvée morte dans une grange abandonnée, son cadavre affreusement mutilé. Del, le shérif,  est sur les lieux et va enquêter. Sa position est inconfortable car le père de la victime est son meilleur ami, et ce qu’il va découvrir peu à peu sur la jeune fille risque de détruire l’image que ses parents avaient de leur enfant. Hattie était à quelques semaines d’obtenir son diplôme, elle venait de jouer Lady MacBeth à l’école et projetait de partir à New-York poursuivre ses études, pour devenir actrice. Elle sortait depuis plusieurs mois avec un garçon sans histoires du Lycée, Tommy, un sportif un peu balourd. Mais voilà que rentre en scène un autre personnage, LitGeek, un jeune homme rencontré sur internet avec lequel Hattie n’a pas besoin de jouer le rôle de la jeune fille parfaite, comédie qu’elle joue à tout le monde. Avec lui, elle peut parler littérature, et la conversation virtuelle dévie rapidement sur une certaine sensualité… LitGeek est un homme marié, Hattie est encore mineure, mais il l’ignore, et cela n’est qu’une partie de cette toile de mensonges qui va aboutir au drame. J’ai aimé dans ce roman tout ce qui ne tombait pas dans la facilité, et comme je le dis plus haut l’analyse qui est faite de chacun des personnages. Aucun manichéisme dans ce roman, même si j’y ai retrouvé une certaine morale, à l’américaine, qui donne justement tout son poids au contexte du meurtre. Mais Hattie est-t-elle morte car elle a voulu vivre sa vie ? Ou parce que la malédiction qui entoure les représentations de MacBeth a encore frappé ? Vous le saurez en ouvrant à votre tour ce thriller addictif !!

Editions Mazarine – mars 2018 – 

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

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Coups de coeur·Lectures 2018

Lise et les hirondelles, Sophie Adriansen

❤ J’ai lu ce titre de Sophie Adriansen (acheté au Printemps du livre de Montaigu) avec en mémoire le film que je venais de voir quelques heures plus tôt, Transit Transit est un film allemand qui imagine le retour (de nos jours en France) de l’occupation et des rafles (un film que je vous conseille, voir la bande-annonce là). Alors, je n’ai pas eu trop de mal à imaginer l’état d’esprit de Lise, treize ans, cachée chez des voisins au début de l’occupation nazie à Paris, depuis qu’un Allemand l’a remarquée dans la rue, et qui observe un jour, impuissante, de leur fenêtre, sa famille se faire embarquer. Sa première réaction est celle de retrouver ses parents et ses frères. Au commissariat, elle découvre ses frères jumeaux jouant dans la cour. Elle tempête et demande à ce qu’on lui prouve qu’ils sont sur la liste. Ils n’y sont pas, et extraordinairement, Lise pourra repartir avec eux, leur sauvant la vie à tous deux, tous les autres enfants étant destinés au Vel d’Hiv (Ce passage extraordinaire est inspiré d’un fait réel, apprendrons nous en fin d’ouvrage). Lise a la passion des hirondelles et cet amour pour les oiseaux l’aidera, entre autres, à passer les épreuves qui l’attendent, la faim, la peur parfois, et la crainte de ne jamais revoir ses parents. J’aime toujours beaucoup le travail de Sophie Adriansen, qui n’écrit pas seulement pour la jeunesse. J’avais été très touchée par Max et les poissons qui conte l’histoire d’une jeune garçon, sauvé de la rafle du Vel d’Hiv. Mais j’ai je crois préféré encore celui-ci. En le lisant, je me suis dit que j’aurais aimé lire un tel livre à 13 ans, découvrir un tel personnage féminin comme Lise, doté d’un tel caractère, déterminé, protecteur et lucide. De plus, Sophie Adriansen conduit son récit de telle sorte que ce que vit Lise nous semble contemporain, à portée de main, et non vieux de plus de 70 ans. Je crois que c’est un roman à mettre sans conteste dans des mains de collégiens, pour cette raison là, afin qu’ils comprennent au mieux de quoi le quotidien était fait pendant la guerre, dans Paris, les restrictions, l’occupation, l’obligation de se cacher. Mais ce récit n’est pas pour autant anxiogène, qu’on se rassure, même si on tremble régulièrement de l’imprudence de Lise et de sa détermination, du monde violent dans lequel elle vit et de l’injustice d’être discriminée, et pourchassée, seulement parce qu’elle est juive, ce qu’elle se sent si peu. Ce récit est également plein d’amour, de vie et d’espoir, et encore une fois très bien écrit. L’occupation à hauteur d’enfant, donc, et un très beau coup de coeur de lecture pour jeunes ados !!

Editions Nathan – février 2018 – 

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

« […] de toutes les hypothèses, celle qui me plaisait le plus était cette possibilité qu’ils aient raison, malgré le drapeau nazi flottant depuis deux ans en haut de la tour Eiffel, qu’ils aient raison et que le programme de Hitler ne soit que pure fantaisie. Que nous n’ayons rien à craindre ici, ni maintenant ni jamais.
Et puis, il y a eu les lois, l’étoile, et toutes ces interdictions. Il n’a plus été question de croire ou de ne pas croire aux temps sombres : ils étaient là. Ils sont là.
Aujourd’hui, en cette journée du 16 juillet aussi ensoleillée qu’inquiétante, je sais que l’idée de n’avoir rien à craindre n’est plus une hypothèse à considérer. »

Coups de coeur·Lectures 2018

Entre deux mondes, Olivier Norek

❤Il est un peu déstabilisant de lire ce roman dans le confort d’une maison ou d’un jardin... avec cette conscience si injuste d’avoir eu la chance de naître au bon endroit du monde. Tu avais été très marquée par le passage d’Olivier Norek à la Grande Librairie à propos de ce livre, par sa fermeté et sa passion. Tu as eu la chance de de le rencontrer brièvement lors d’une dédicace au Printemps du livre de Montaigu, le week-end dernier, et d’y acheter ce livre qui promettait d’être très fort. Il l’est. Nous rencontrons dans ce roman tout d’abord Adam Sarkis, sa femme Nora et sa fille Maya, obligés de quitter précipitamment la Syrie depuis que le double jeu du capitaine, entré dans un groupouscule résistant risque d’être découvert et de devenir un danger pour sa famille. Les femmes vont partir en premier. L’objectif est de rejoindre Calais, avant d’embarquer pour l’Angleterre. Il paraît qu’à Calais les femmes sont protégées. Nous rencontrons ensuite également le lieutenant Bastien Miller, muté à Calais pour des raisons familiales, et plus spécialement en raison de la dépression de sa femme. Bastien espère que retrouver l’espace familier de son père décédé fera sortir Manon de sa tristesse et de sa torpeur. Bastien découvre cependant une réalité Calaisienne assez impressionnante, et des équipes locales contraintes et empêchées d’intervenir dans ce que l’on nomme La jungle de Calais. C’est pourtant là qu’Adam et Bastien vont faire connaissance, autour du sauvetage d’un enfant soudanais, Kilani. Adam cherche désespérément sa femme et sa fille, Bastien a besoin de lui pour comprendre La jungle et résoudre des meurtres… mais est-ce qu’une amitié peut naître au milieu d’un tel no man’s land ?  Et toi lectrice, tu as été terriblement choquée par la première scène forte du roman (dont tu ne parleras pas ici pour les futurs lecteurs), et les larmes te sont venues souvent aux yeux par la suite, non pas tant émue par les atrocités perpétrées, la violence de cet entre deux mondes, que par la compassion et les envies d’aider (quitte à risquer beaucoup) de ceux qui ne veulent pas avoir honte de n’avoir rien fait. De plus, ce roman s’avère à la lecture servi par une écriture fluide très agréable qui t’a donné très envie de lire les précédents romans de l’auteur et de continuer à le suivre. Tu as eu l’impression d’apprendre beaucoup, et de ressortir de ce livre moins naïve, impliquée et véritablement informée. De là à dire que tu as été séduite, il n’y a qu’un pas, que tu franchis allègrement. Un gros coup de coeur donc pour ce livre à la fois atroce, bouleversant et étonnamment plein d’espoir !

Editions Michel Lafon – octobre 2017 – 

Tu as aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une autre lecture chez… Violaine

Ce titre a reçu le Prix du Meilleur Polar 2017

Lectures 2018

Groenland Vertigo, Tanquerelle

❤ Oh mais tu n’étais pas du tout du tout séduite par le dessin en couverture de cet album que tu as emprunté essentiellement car il est dans la sélection du Prix Cezam BD de cette année, et qu’en général elle est plutôt intéressante… mais voilà, tu as été cueillie comme une fan que tu es des fameux racontars de Jorn Riel. Et puis tu t’es souvenue tout à coup combien tu en avais adoré son adaptation BD justement, en plusieurs tomes jouissifs, par ce fameux Hervé Tanquerelle [clic ici]. Coup de coeur, donc, pour cet album-ci aussi qui, sous des allures d’opus à la Tintin cache une belle comédie d’aventures !! Nous sommes à Nantes, en novembre 2010. Georges, dessinateur, est en mal d’inspiration. Mais un mail va le sortir de sa torpeur, il est invité à se joindre à une expédition, invité par Jorn Freuchen (alias Jorn Riel), écrivain avec lequel il a déjà collaboré, et expédition qui se déroulera pendant trois semaines à bord de la goélette Aurora au coeur du Parc national du Nord-est du Groenland. Le but de l’expédition est de réunir des artistes de renom et surtout d’aller installer là-bas in situ une oeuvre d’Ulrich Kloster. Inévitablement, l’expédition va partir en cacahuète, entre un Ulrich Kloster qui va souffrir finalement d’une sorte de mal étrange, nommé le Vertigo, se montrer très vite irascible et instable, et un Jorn Freuchen qui trouve le moyen d’avoir comme idée fixe de retrouver une caisse de bouteilles de whisky vieille de cent ans. Bien entendu, tu as adoré tout ça, l’humour nordique retrouvé d’Hervé Tanquerelle et de Jorn Riel. Un irrésistible moment de lecture que tu conseilles sans retenue ! De plus, certaines planches sont vraiment superbes.

Editions casterman – janvier 2017 – 

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Cet album a été lu dans le cadre de la BD de la semaine ! Tous les liens sont chez Stephie aujourd’hui [clic]

Lectures 2018

Les passagers du siècle, Viktor Lazlo

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❤Pour ce livre, tu as du dépasser tes a priori, et cette chanson dans ta tête qui s’est mise soudain à pleurer des rivières… car Viktor Lazlo n’est véritablement pas seulement la chanteuse dont tu conserves un doux souvenir, elle est également écrivain. Ce titre est son quatrième roman, le premier que tu ouvres, et il est devenu un coup de coeur évident pour toi lorsque tu as refermé sa dernière page, le coeur battant.  Nous parcourons dans ce livre trois continents et suivons cinq générations, de 1860 à nos jours. Ce préambule pourrait effrayer, donner le sentiment de rentrer dans une immense fresque, mais pas du tout. Viktor Lazlo nous tient au plus près de ses personnages et nous parle de l’intime, confronté aux vicissitudes du monde qui les entourent et les transportent brutalement. Tout part de l’écriture du journal intime d’une femme, qui sent sa fin proche, une des descendantes des personnages de l’histoire, et veut réparer, raconter son histoire, elle est à Sainte-Marie aux Antilles… Puis, nous revenons plusieurs décennies en arrière pour marcher près de Yamissi, toute jeune fille de Centrafrique, qui vient d’être embarquée avec d’autres membres de son village et de sa famille pour être vendue comme esclave de l’autre côté de l’Océan. Avec elle, nous tombons dans l’horreur à l’état pur. Elle sera finalement achetée par un marchand polonais à Cuba, se retrouvera grande dame à Nantes après l’abolition de l’esclavage, puis prostituée à Dantzig. Quarante ans plus tard, sa fille Josefa quittera cette ville avec Samuel, anarchiste juif polonais pour débarquer aux Antilles. Samuel laisse derrière lui en pologne une mère et quatre soeurs, et un sentiment très net de culpabilité, d’abandon et de trahison… Et toi lectrice, tu as aimé te laisser embarquer dans cette passionnante histoire, dans la belle écriture de Viktor Lazlo, et a été admirative de sa capacité à parler dans un même élan narratif à la fois du commerce triangulaire et de la Shoah. Tu as aimé aussi qu’elle parle si bien des corps et de la volonté farouche de chaque femme d’en faire une citadelle, un lieu qu’elle maîtrise et préserve, si possible… Mais c’est surtout la violence humaine qui est le personnage principal de cette histoire, cette violence qui détruit tout ce qui était beau et fragile sur son passage. Un superbe roman (validé aussi par Monsieur Antigone), dont on a très peu parlé en cette rentrée littéraire de l’hiver 2018, et c’est bien dommage…

Editions Grasset – janvier 2018 – 

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Lectures 2018

Les Danois, Clarke ~ Vies volées, de Matz & Coust

       

 

 

 

 

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Aujourd’hui, exceptionnellement, tu as eu envie de présenter deux albums en parallèle…
 Ils s’avèrent en effet qu’ils ont trois points communs : ceux d’être à la fois un coup de coeur pour toi, dans la sélection du comité BD de ta bibliothèque et d’avoir pour thème principal la filiation et les recherches génétiques.
Dans Les Danois, nous nous retrouvons à Copenhaque, où un scandale éclate. Effectivement, et de manière inexpliquée, des enfants blonds naissent depuis peu dans des familles d’immigrés. On atteint bientôt près de 830 naissances d’enfants blonds aux yeux bleus dans les différentes communautés. Les recherches ADN confirment très vite les paternités mais les populations sont en émoi. La recherche d’un vaccin semble primordiale pour enrayer cet étrange virus. Pour cela, il faut trouver le patient zéro. Martin a fait par hasard des analyses suite à la première naissance, et les deux premières mères, séparées de leurs époux, Sorraya et Kirsten, font connaissance et emménagent ensemble. Ces trois personnages ne se doutent pas de l’effervescence qui va régner très vite autour de leur existence, et surtout de leur disparition. Et toi lectrice, tu as aimé lire cette BD au rythme haletant, digne des meilleurs séries, et au message étonnant mais positif.
Dans Vies volées, nous sommes cette fois à Buenos Aires sur La Place de mai, où des grands-mères recherchent les 500 bébés volés pendant la dictature militaire de 1976 à 1983. Mario, la vingtaine, s’interroge depuis longtemps sur sa filiation. Santiago, son meilleur ami, l’accompagne effectuer des tests ADN et séduit par l’infirmière décide lui aussi de s’y soumettre. Les résultats sont étonnants et vont bouleverser la vie des deux amis. Le choc de la révélation a des conséquences multiples, et entraîne surtout un autre désir, impérieux, celui de connaître sa véritable famille. Et toi lectrice, tu as été très émue par ce récit d’une grande justesse et d’une grande force narrative, qui met un projecteur puissant sur ces faits qui ont complètement brisé de nombreuses familles en Argentine.
Des albums à découvrir, si ce n’est déjà fait !

Les Danois – Editions Le Lombard – janvier 2018

Vies volées – Editions Rue de Sèvres – janvier 2018

Tu as aimé ces livres, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Des lectures effectuées dans le cadre de la BD de la semaine. Tous les liens sont chez Mo’ aujourd’hui !