Lectures 2021

Le Club de la Pluie contre Satin-Noir, Malika Ferdjoukh

leclubdelapluie

Illustrations de Cati Baur

J’ai terminé mon mois d’avril jeunesse avec ce titre. Même si la collection Neuf poche est un peu jeune pour moi, j’ai craqué sur la couverture, le nom de cette série qui va bien avec mon logo (mes bottes de pluie), son résumé et les noms de Malika Ferdjoukh et de Cati Baur… Nous sommes, dans ce troisième volet, à Saint Malo où se tient le festival du livre. Les auteurs invités sont soumis aux habituels rituels : conférences, rencontres avec les classes et les lecteurs, repas en commun. Les enfants du Club de la Pluie, co-pensionnaires par ailleurs, sont enthousiastes à l’idée de rencontrer Jerry Austen et d’arpenter les travées du festival, leur chèque lire à la main. Mais d’étranges disparitions d’objets précieux ont lieu, un tableau, un livre rare et un bijou. Et Jerry Austen doit répondre à des questions gênantes. Il s’avère en effet qu’avant sa carrière d’écrivain, il était connu sous le nom de Satin-noir, un voleur bien connu. Que se passe-t-il donc ? Aidé de la fille de l’écrivain, en mal de sensations, le Club de la Pluie mène l’enquête… Bon, il faut bien avouer qu’effectivement la collection Neuf poche est un peu jeune pour moi, contrairement aux titres de la tranche d’âge supérieure, mais j’ai pris plaisir à rencontrer cette petite bande. Tout va très vite dans ce petit roman énergique. On y retrouve l’espièglerie de l’univers de Malika Ferdjoukh (Les quatre soeurs) et les dessins de Cati Baur que j’adore. Une jolie petite collection, dont je ne suis pas du tout la cible, mais qui plaira certainement aux adeptes du club des cinq, par exemple.

Editions Ecole des loisirs – mars 2021

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Lectures 2021

D’or et d’oreillers, Flore Vesco

Je venais tout juste de refermer L’estrange Malaventure de Mirella quand j’ai ouvert ce dernier roman de Flore Vesco. Elle se sert encore une fois dans cet opus des ébauches d’un conte connu, ici La princesse au petit pois, pour broder pour nous une autre histoire, bien plus intéressante et complexe… Nous retrouvons la famille Watkins, leurs trois filles, blondes et gracieuses, fragiles, et leur femme de chambre, Sadima. Une rumeur enfle que, non loin de là, un lord richissime chercherait à se marier. Le seul hic, il ferait passer un test aux jeunes filles intéressées, un test qui pourrait mettre leur honneur en jeu. Il leur demande de passer une nuit chez lui. Mrs Watkins, qui n’a pas oublié d’être bête, invente un stratagème de calèche embourbée afin de se faire inviter au domaine de Lord Handerson. Les jeunes filles passent le test, mais à leur grande surprise, on invite également Sadima, la femme de chambre, à le tenter… La jeune-fille, d’habitude discrète, se révèle intrépide et courageuse, et Adrian, le prétendant tant convoité, avoue avoir bien plus qu’un mariage en vue. De plus gros soucis aussi. Je ne vous en dis pas plus. Flore Vesco a ce don de tordre les contes de fées tout en en conservant quelques codes, comme ici cette maison qui emprisonne ses occupants avec la magie, cette manière d’aller chercher la jeune-fille la plus discrète, la plus humble, et aussi la plus audacieuse. On pense à Cendrillon, à La belle au bois dormant, un clin d’oeil est même fait à Barbe bleue. J’aime beaucoup ce que j’ai vu du talent de Flore Vesco dans ces deux livres lus. D’or et d’Oreillers est très sensuel, et peut-être encore plus surprenant, fantastique, déroutant, que le précédent. Le personnage de Mirella m’a beaucoup marqué et restera très difficile à oublier. Merci à Flore Vesco pour ce voyage sans pareil que je viens de faire avec elle dans l’univers des non-contes de fées.

Editions Ecole des loisirs – mars 2021

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une autre lecture chez… Moka

Lectures 2021

L’Estrange Malaventure de Mirella, Flore Vesco

Je pensais découvrir Flore Vesco avec ce livre, mais il s’avère que je l’ai déjà lue, dans le recueil de nouvelles Elle est le vent furieux de chez Flammarion auquel elle a participé. Cela dit, nous sommes ici dans tout autre chose… En effet, vous pensiez tout savoir sur le conte du joueur de flûte, celui qui fait fuir les rats et enlève les enfants d’Hamelin ? Flore Vesco nous prouve ici que non et qu’une autre version est possible. La version de Flore Vesco met en scène une jeune fille, Mirella, orpheline et porteuse d’eau. Mirella sait depuis toujours se faire discrète dans cette bourgade du Moyen-âge qui aurait tôt fait de la brûler vive, comme une sorcière, tant ses cheveux sont d’un rouge flamboyant et ses dons de chanteuse remarquables. Si en plus, ils savaient, alors que la peste ravage la population, qu’elle a l’attention de cet homme noir qui arpente la ville et murmure un souffle mortel à l’oreille des habitants… Cette collection poche de l’école des loisirs reprend des titres de la collection Médium, destinés aux plus de douze ans. En général, ces titres d’une grande qualité (et maturité) me correspondent plus. J’ai particulièrement aimé plonger dans ce moyen-âge là, violent et lointain, la façon très intelligente de Flore Vesco de remanier ce conte, dont la fin m’a toujours laissée jusque là sur ma faim. Son style mélange savamment quelques termes anciens et des chansons, sans perdre pour autant le lecteur, qui s’émerveille au contraire de cette plongée dans un temps ancien qui semble tout à coup accessible. Je ne suis pas très étonnée de tous les prix que ce récit a reçu lors de sa sortie en grand format, notamment le Prix vendredi en 2019 et le Prix Sorcières en 2020. J’aurais véritablement adoré lire ce type de romans lorsque j’étais adolescente. Mirella est une héroïne courageuse, lucide et déterminée à laquelle on ne peut qu’avoir envie de ressembler. Je ressors de cette lecture, très enthousiaste, et je vais m’empresser d’ouvrir son nouveau roman, D’or et d’oreillers qui vient de sortir en grand format.

Editions Ecole des loisirs – mars 2021

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Ma lecture de… Elle est le vent furieux

Lectures 2021

Les renards de Londres, Eugène Green

Illustré par Odilon Thorel

Je commence de nouveau un mois consacré aux livres jeunesse avec ce titre. La collection Neuf est, comme ne l’indique pas forcément son chiffre, destinée plus largement aux huit à onze ans. Voilà qui explique sans doute beaucoup de choses en ce qui concerne mon ressenti de lecture… qui est celui d’une adulte entrant dans un roman pour enfants. Cela dit, au départ, j’ai naturellement craqué pour les tendres et légères illustrations d’Odilon Thorel, qui donnent beaucoup de charme au livre, et pour le titre, qui m’intriguait. En effet, j’aime beaucoup les renards, et j’avais envie de connaître leurs aventures citadines, ayant vu quelques reportages sur le sujet. Dans cette histoire, chassée de leur précédent territoire, obligée de s’exiler dans Londres, une famille de renards tente de survivre dans la grande ville, non sans mal. Seule avec leur mère, la fratrie de jeunes renards chasse, cherche à se nourrir et à vivre discrètement, de peur d’être de nouveau chassée. Ils font des rencontres, même humaines, puisqu’ils parlent un français aussi impeccable que surprenant, ce groupe de jeunes trafiquants par exemple, qui se servent momentanément d’eux pour leur trafic. La découverte du Parc du Palais royal est une bénédiction mais, contre leur présence qu’elle juge envahissante, la famille royale se mobilise bientôt. Une chasse à courre mémorable sera même organisée. Que vont devenir ces jeunes renards, auxquels le lecteur s’est attaché ? Pas d’inquiétude car outre d’être sympathiques, ils n’ont oublié ni d’être intelligents, ni d’être un peu malins, comme le veut la légende. Je dois dire que j’ai bien aimé ce petit roman sans prétention, et avant tout son espièglerie, très présente. Par contre, j’avoue avoir tiqué à de multiples reprises, sur tout ce que l’auteur a voulu mettre d’humain dans les caractéristiques des animaux de cette histoire. J’ai parfois vraiment du mal avec l’anthropomorphisme. C’est ce qui m’a laissé un peu de côté avec ce récit, qui plaira plus certainement à la tranche d’âge concernée…

Editions L’Ecole des loisirs – février 2021

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Lectures 2020

La capucine, Marie Desplechin

Le Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil qui se tient virtuellement ce week-end sur leur site https://slpjplus.fr/ et à la télé, a décerné le prix de La grande ourse 2020 à Marie Desplechin. Cette distinction existe depuis l’an dernier et permet de mettre en avant l’œuvre d’un créateur ou d’une créatrice francophone dont l’écriture ou la créativité « marque durablement la littérature jeunesse ». Hasard et coïncidence, me voici de mon côté à la fin de ma lecture de sa trilogie autour des filles du siècle avec ce dernier volet, paru cette année… Le contexte de ce roman est toujours le Paris de la fin du XIXème siècle, mais nous découvrons surtout ici Bobigny et son potentiel maraîcher où Louise, à treize ans, travaille la terre. Louise est fière de ce sol riche et prospère, elle aime faire pousser des légumes, mais son maître la bat régulièrement et elle ne tire aucun salaire de son labeur. Alors, lorsqu’elle le suit sur Paris pour vendre au marché, qu’elle rencontre sa mère, domestique dans la capitale, et qu’elle se rend compte qu’une autre vie est possible, Louise se rebelle… Il faut dire que Bernadette, l’amie et le refuge de Bobigny, est aussi attirée par les possibilités du monde parisien, lui même fasciné par ses dispositions de médium. On découvre alors un Paris attiré par la spiritisme, la présence d’Alexandre Dumas, l’existence d’Allan Kardec et de ses disciples. Il est encore une fois très plaisant de plonger aux côtés des adolescentes de Marie Desplechin dans cette période ancienne où le Paris actuel était seulement en devenir et esquissé. On retrouve, dans cet épisode, de nouveau des personnages des anciens volets, ce qui permet de les voir sous un autre angle, ce qui est plutôt amusant. Je termine ce cycle de lectures avec l’envie de suivre plus attentivement encore les productions de Marie Desplechin à l’avenir. J’ai été ravie hier soir d’assister, lors du salon virtuel du slpj, à la table ronde autour de son oeuvre et de voir Agnès Maupré (que j’adore aussi) qui a réalisé l’adaptation du journal d’Aurore.

Editions Ecole des loisirs – 28 octobre 2020

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Mes lectures de… Satin grenadine et Séraphine

Lectures 2020

Séraphine, Marie Desplechin

Je continue ma découverte de la trilogie de Marie Desplechin Les filles du siècle avec ce deuxième volet, intitulé Séraphine. J’ai craqué en effet il y a peu pour cette petite collection de chez Medium Poche dont les couvertures semblent brodées à la main. Vous verrez, avec le troisième volet dont je vous parlerai plus tard, que les couvertures des grands formats sont tout à fait différentes. Je lis les romans dans l’ordre et c’est avec un sourire que j’ai vu apparaître dans ce tome quelques personnages du volet précédent Satin Grenadine. Nous sommes effectivement toujours dans le Paris de la fin du XIXème siècle, mais ici à Montmartre. Séraphine a treize ans, est orpheline et a été recueillie par Jeanne. Le quotidien est rude et sans surprises. Les deux femmes sont penchées toute la journée sur leurs travaux de couture. Heureusement, Séraphine reçoit de temps en temps la visite du père Sarrault, qui a assisté à sa naissance, et de Charlotte, sa tante, qui envahit à chaque visite la modeste maison de son parfum, de ses robes froufroutantes et de sa bonne humeur. C’est elle qui va lui parler de Sainte Rita et de l’arbre magique où sont accrochés à l’aide de bouts de tissu les voeux des habitants de la butte. Car Séraphine veut élargir son horizon, arrêter de coudre, changer de métier. Elle va donc confier son destin à la sainte patronne des cas désespérés et voir avec surprise ses voeux peu à peu se réaliser… Il est encore question de liberté dans ce deuxième tome, où pourtant la misère est très présente. Dans ce Montmartre de 1885, le fameux Sacré coeur est en train de se construire et la population garde un souvenir très fort des massacres de la Commune. J’ai encore une fois aimé me plonger dans ce Paris du XIXème siècle. Séraphine est un personnage très attachant et courageux. Et Marie Desplechin sait manier ici de nouveau le grave et le joyeux, avec tendresse.

Editions Ecole des loisirs – mars 2018

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