Lectures 2021

La Pâqueline, Isabelle Duquesnoy

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Voir des avis enthousiastes un peu partout sur ce livre, m’avait donné envie d’aller à la rencontre de La Pâqueline. Et quelle rencontre ! Autant vous le dire d’emblée, j’ai beaucoup pensé au Parfum de Süskind en lisant ce texte, cela vous donne une idée de l’ambiance… Nous sommes à la fin du XVIIIème siècle, le fils de La Pâqueline est en prison, accusé d’avoir profané le cadavre de la femme qu’il aimait. Sur ces entrefaites, et déjà fragilisée par la réputation du procès de Victor, La Pâqueline assiste à l’incendie de sa maison. La voici à la rue, avec un paon. Elle décide alors de se rendre à l’appartement de son fils, qu’elle découvre somptueux et rempli d’un tas d’objets et de collections particulières. Victor est embaumeur. La Pâqueline reprend donc également l’activité du jeune homme à son compte, mais avec une grande désinvolture et bien décidée à tirer le meilleur parti financier des cadavres (récupération des vêtements, des dents, de leur peau, etc.). Tandis qu’elle dépouille également petit à petit l’appartement de son fils, pour se nourrir, mieux se vêtir et payer une pension pour améliorer les conditions de ce rejeton avec lequel elle entretient des sentiments partagés, elle écrit. De pièce en pièce, La Pâqueline raconte en effet son enfance, sur les murs. On apprend alors qu’elle fût la fille d’une prostituée, qui défigurée par une femme jalouse sera finalement recueillie à la campagne par un gentilhomme. Les motivations de La Pâqueline sont rageuses et vengeresses. On devine que la petite fille naïve des débuts a vécu une histoire bien sombre… Je suis sortie de cette lecture un peu secouée, admirative devant sa qualité d’écriture (digne d’un classique) mais un peu bousculée par les faits et les multiples détails assez répugnants qui jalonnent cette histoire. Ce roman est assez fantaisiste, irréaliste et fort. Je parie qu’il vous bluffera aussi.

Editions de la Martinière – janvier 2021

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

 

Lectures 2021

Les dames de Marlow enquêtent ~Mort compte triple, Robert Thorogood

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Traduit de l’anglais par Sophie Brissaud

Au mois de juin, vont fleurir sur les blogs des lectures pour le mois anglais. J’ai pris un peu d’avance avec ce titre, le premier tome d’une série, qui fleure bon l’Angleterre et ces enquêtes que l’on nomme Cosy mystery. Nous entrons en effet avec ce premier volet dans une petite ville anglaise typique, Marlow, une ville où tout le monde se connaît et où vit l’intrigante cruciverbiste Judith Potts, 77 ans. Un soir, alors qu’elle effectue quelques brasses dans la Tamise, celle-ci entend un coup de feu. Son voisin sera retrouvé un peu plus tard, une balle au milieu du front. Agacée par la réaction de la police qu’elle juge timorée, la vieille dame excentrique et au caractère bien trempé, décide de mener elle-même l’enquête, entrainant dans son sillage la sage Becks, femme du vicaire, et la solitaire Suzie, promeneuse de chiens. Mais il est bien difficile de trouver ce qui lie ce meurtre aux deux autres qui vont suivre, et aux suspects que les trois femmes repèrent. Ce qui est certain, c’est que ces assassinats mettent en effervescence le monde de l’art et de l’aviron… Tandis que l’enquête avance, les trois femmes découvrent le plaisir de l’amitié et de la transgression. Aucune ne regrette d’être sortie pour quelques temps de sa zone de confort et de sa solitude… J’ai beaucoup aimé cette immersion dans un genre que je lis peu. Les personnages truculents donnent un charme certain à cette enquête par ailleurs assez classique. Mais Judith est loin d’être conventionnelle, elle boit, elle ne tient pas ses promesses, elle a un passé trouble, elle se baigne toute nue dans la Tamise et c’est ce qui est véritablement jouissif dans cette histoire qui, on l’espère, ne s’essoufflera pas dans un deuxième tome.  Une série à découvrir donc, très sympathique, et pour les adeptes du genre, mais pas que.

Editions de la Martinière – mai 2021

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Cosy Mystery (définition de Wikipedia) : « Traduit de l’anglaisLes mystères intimes, également appelés « cosy », sont un sous-genre de la fiction policière dans laquelle le sexe et la violence se produisent hors scène, le détective est un détective amateur, et le crime et la détection ont lieu dans une petite communauté socialement intime. »

 

Lectures 2020

Victor Kessler n’a pas tout dit, Cathy Bonidan

J’avais aimé découvrir Cathy Bonidan l’année dernière via Chambre 128, un roman épistolaire agréable que je m’étais empressée de partager autour de moi. Ce roman-ci est plus sombre, comme le suggère d’ailleurs assez bien cette intrigante couverture. Et je dois vous avouer tout de suite que, pressée de connaître le fin mot de son histoire, je l’ai dévoré en deux jours. Bertille, jeune femme au passé lourd, qui s’est enfuie quelques années plus tôt de son village des Vosges, tombe sur Victor André lors d’un travail qu’elle effectue pour un institut de sondage en sortie de supermarché. Le vieux monsieur fait un malaise devant elle. Bertille culpabilise beaucoup. Ayant récupéré les affaires du vieil homme, elle retrouve des pages en forme de confession dans son cabas, laissé à ses soins. Quarante cinq ans plus tôt, en 1973, un certain Victor Kessler, alors instituteur, avait été accusé du meurtre d’un jeune garçon de dix ans, retrouvé dans le lac. Bertille prend le vieil homme en affection. Intriguée par cette affaire qui s’est déroulée non loin des lieux de son enfance, troublée par ses souvenirs, encouragée par Victor, la jeune femme part sur les traces du drame. Elle se fera passer pour une journaliste de télévision. L’auteure intercale la suite des confessions de Victor avec celui de l’enquête que mène Bertille. La vérité s’avère compliquée à mettre en lumière, pleine de chausses trappes, et puis les faits sont anciens. Mais Bertille n’écoute que son courage, mue par quelque chose de plus fort encore qui vient de son propre passé, de son enfance et de ses drames conjugaux. Et si découvrir ce qu’il s’était réellement passé en 1973 lui permettait de s’épanouir enfin ? Si vous aimez les enquêtes, les personnages troubles, les villages d’enfance, démêler le vrai du faux, les écritures simples mais efficaces, ce roman est fait pour vous. J’ai même, personnellement, délaissé quelques temps mon tricot en cours pour pouvoir le terminer, c’est dire…

Editions La martinière – juin 2020

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une autre lecture chez… Nath

Lectures 2019

Chambre 128, Cathy Bonidan… Rentrée littéraire de janvier

Comment résister à un tel roman ? Déjà, sa couverture attire l’œil de toute lectrice qui se respecte, et puis on retourne le livre, et on lit ceci… Quand Anne-Lise réserve la chambre 128 de l’hôtel Beau Rivage pour de courtes vacances en Bretagne, elle ne sait pas encore que ce séjour va transformer son existence. Dans la table de chevet, elle découvre un manuscrit sur lequel figure juste une adresse où elle décide de le réexpédier… Quand il s’avère que Chambre 128 est, de plus, un roman épistolaire, il n’est plus question de résister du tout. J’ai donc été ravie de remporter ce titre lors du dernier rendez-vous Masse critique de chez Babélio. Si vous avez aimé Et je danse aussi de Anne-Laure Bondoux et Jean-Claude Mourlevat, vous aimerez sans doute également ce roman. En effet, lorsque Anne-Lise envoie le manuscrit à son auteur, elle ne se doute pas qu’il ne l’est que de la moitié seulement du texte, du chemin que ce manuscrit a déjà parcouru, de toutes les mains dans lesquelles il est passé, ni du pouvoir qu’il a eu sur toutes les vies rencontrées. Commence alors entre Anne-Lise et Sylvestre, l’auteur de la première moitié du manuscrit, donc, une belle correspondance, rythmée par les découvertes de chaque protagoniste et le récit de leurs vies respectives. Il s’agit en effet pour ces deux nouveaux amis de savoir qui est l’auteur de la deuxième partie du manuscrit en remontant le temps vers son premier lecteur… Voici un beau roman sur le pouvoir de l’écriture, la magie des rencontres, et qui a ce charme désuet des correspondances écrites. Il donne envie de recommencer à envoyer des lettres, de risquer de nouveau le temps d’attente du transport d’un courrier, que des missives se croisent et manquent leur but, qu’un coup de fil passé dans le café voisin sauve. J’ai cru déceler ici et là un clin d’œil à un autre roman épistolaire, plus moderne celui-ci, mais marquant, Quand souffle le vent du nord de Daniel Glattauer… mais je ne suis sûre de rien. En tous les cas, Chambre 128 est un roman des plus agréables, rafraîchissant et joyeux, qui permet de passer un bon moment de lecture, en compagnie de personnages attachants. Il est à classer dans la catégorie des romans qui font du bien. Il a peut-être manqué seulement d’un peu de souffle littéraire, pour la lectrice que je suis, pour être totalement conquise, mais je sais déjà qu’il va rendre heureux de nombreux autres lecteurs !

Editions de la Martinière – 17 janvier 2019

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

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