Lectures 2019

Une femme en contre-jour, Gaëlle Josse… sélection du Prix Relay des voyageurs lecteurs 2019

Je suis enchantée d’avoir l’opportunité cette année de vous présenter une nouvelle fois la sélection du Prix Relay des voyageurs lecteurs, un prix qui avait couronné l’an passé Séquoias de Michel Moutot… Vous pouvez retrouver la sélection complète en photo en bas de cet article. J’ai commencé mes lectures avec ce titre de Gaëlle Josse, qui a pour sujet la photographe Vivian Maier. Il faut dire que j’avais regardé avec un grand intérêt le reportage qui lui avait été consacré et diffusé en son temps sur Arte (je crois), Finding Vivian Maier. J’y avais découvert le destin stupéfiant de discrétion de cette femme et son oeuvre gigantesque. Gaëlle Josse retrace ici la vie de la photographe avec une plume sobre et fine. Et en comparaison avec le reportage qui insiste beaucoup sur les aléas de sa vie de nounou, nous en apprenons peut-être un peu plus grâce à ses recherches sur l’enfance et la famille de Vivian Maier, son passage en France, ce qui a pu provoquer à la fois sa paranoïa grandissante au fil des décennies, et déclencher sa passion pour l’acte photographique. Vivian Maier a exercé pendant des années la profession de nurse, avec plus ou moins de dispositions, en passant d’une famille à l’autre. A chaque fois, elle entraînait les enfants qu’on lui confiait dans les quartiers qui l’intéressait, prenant de multiples photographies, qui ne seront pour la plupart jamais développées. Son oeuvre a été découverte dans un garde meuble de Chicago. John Maloof achète le tout en 2007 dans une vente aux enchères contre 400 dollars. D’abord déçu par son achat, il découvre peu à peu le talent de Vivian Maier et n’aura de cesse ensuite de la faire connaître du grand public. Je suis rentrée dans cette lecture avec une bienheureuse aisance, bercée très vite par l’écriture confortable de Gaëlle Josse. Et puis j’ai discuté avec Mumu, de la part d’imagination absente dans ce livre, de la force poétique que l’on avait trouvé à contrario dans ses autres titres. Je me suis souvenue de ma lecture très forte de Diane dans le miroir de Sandrine Roudeix… qui imaginait dans le sien la dernière nuit de Diane Arbus, et à quel point j’en avais été bouleversée. Je suis donc au final restée à la fois très intéressée par le sujet dont Gaëlle Josse fait un portrait absolument remarquable, et assez perplexe devant ce livre qui s’avère être finalement seulement une biographie impeccablement menée. Ce titre n’est donc pas le coup de coeur attendu, mais j’ai hâte de continuer la sélection pour découvrir si un autre titre me fera plus vibrer, car il est bien entendu qu’il sera bientôt question de voter, et que vous pourrez vous aussi participer ! A bientôt pour plus de renseignements…

Editions Noir sur blanc – mars 2019

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une autre lecture chez… Sabine

La sélection complète

Coups de coeur·Lectures 2018

Trois fois la fin du monde, Sophie Divry… Rentrée littéraire 2018

  

Et voici mon deuxième coup de coeur de cette rentrée littéraire !! A force de lire beaucoup, j’attends à présent de mes lectures qu’elles me bousculent et m’étonnent, et c’est bien le cas avec ce nouveau titre de Sophie Divry, complètement inattendu. Et ouah, quelle énergie dans la narration et l’écriture !! Joseph Kamal vient d’être jeté dans une prison de région parisienne, après un braquage raté dans lequel son frère Tonio a trouvé la mort. Un peu naïf et déphasé, il est très vite confronté à l’extrême violence dont font à la fois preuve les autres détenus, mais aussi les gardiens. Quand soudain, une explosion nucléaire rebat les cartes. Joseph Kamal profite du désordre pour s’échapper, quand d’autres décèdent autour de lui. Les survivants sont peu nombreux et partent pour la plupart à l’abri des radiations, dans la zone. Joseph, lui, choisit de s’enfuir dans l’autre sens, dès qu’il a conscience que son casier judiciaire le suivra toujours, et que s’inventer une nouvelle vie dans la zone est impossible. Il se retrouve alors dans un village de Causse, dans lequel il arrive peu à peu à se créer un abri, un foyer, entre son potager, le mouton qu’il a recueilli et sa chatte Fine. Mais la solitude est totale, et les vivres rares. Ce nouveau Robinson des temps modernes arrivera-t-il à survivre à ce naufrage d’un nouveau genre ? Il est peu de dire, donc, que j’ai été bousculée par ce dernier titre de Sophie Divry. Tout d’abord,  par sa description presque intenable (réelle ?) du milieu carcéral. Le jeune Joseph, entraîné par son frère dans une voie qui ne lui correspond qu’à moitié, est confronté dès son emprisonnement à un broyage intégral de sa personnalité. Puis, il y a toute cette description de la survie post-apocalyptique qui là génère tout à coup un certain apaisement. On s’imagine quelqu’un survivre dans la zone interdite de Tchernobyl, on s’imagine la situation possible et l’empathie du lecteur naît peu à peu. Sophie Divry signe ici un roman à la fois extrêmement violent et d’une étrange beauté. L’écriture est rude, abrupte, pas forcément confortable, mais le propos est engagé et fort. Je recommande plus que chaudement.

Editions Noir sur blanc –  23 août 2018

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Lu via  NetgalleyBadge Lecteur professionnel et en collaboration avec Decitre.fr