Lectures 2018

La révolte, Clara Dupont-Monod

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La révolte est le troisième titre que je lis de Clara Dupont-Monod…. En 2008, j’avais eu un gros coup de coeur pour La passion selon Juette [clic ici], puis j’avais été moins séduite par Le roi disait que j’étais diable en 2015 [clic ici], qui racontait la jeunesse puis le première union d’Aliénor d’Aquitaine avec le roi de France jusqu’à l’annulation de leur mariage. Cela ne m’a pas empêchée pour autant d’aller vers cette suite de son précédent roman, en cette rentrée littéraire, puisque le livre que Clara Dupont-Monod sort nous raconte cette fois-ci la vie d’Aliénor d’Aquitaine, à partir de son mariage avec le futur roi d’Angleterre, Henri Plantagenêt, jusqu’à sa mort, vue par un de ses fils, Richard Coeur de Lion. Je ne suis pas très férue de romans historiques, loin de là, mais il y a quelque chose dans l’écriture de Clara Dupont-Monod qui me séduit à chaque fois, une sorte de fièvre, de souffle épique, qui réveille aussi sans doute le souvenir agréable d’anciennes lectures faites pendant mes études littéraires. L’auteure ne se cache pas avoir effectué dans son récit un mélange entre l’imagination et la retranscription fidèle de faits réels, nous voilà prévenus, tout n’est pas à prendre au pied de la lettre, La révolte est avant tout un roman. J’ai cependant apprécié apprendre encore une fois beaucoup sur cette femme exceptionnelle, forte et cultivée, ambitieuse, qui ne lâche rien et croit énormément en ce fils, qui lui ressemble tellement, prénommé plus tard par la légende, Richard Coeur de Lion. Mais au départ du récit, ce sont tous ces fils, et même son ancien mari le roi de France, qu’Aliénor d’Aquitaine rassemble pour mener bataille contre le père de ses enfants, Henri Plantagenêt, et nous sommes alors plongés dans un XIIème siècle hautement stratège, politique et sanglant. Il est amusant également de retrouver à un moment donné le contexte qui a donné lieu au récit du fameux Robin des Bois et de se rendre compte combien Aliénor d’Aquitaine a été à l’origine de nombreuses légendes, chansons populaires et récits, encore vivants aujourd’hui, comme ceux des Chevaliers de la table ronde par exemple. Une lecture qui s’est avérée hautement dépaysante, dont j’ai aimé particulièrement l’écriture, et qui permet de relier entre eux des faits historiques dont nous n’avons souvent eu connaissance que de manière éclatée.

Editions Stock – Août 2018

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…
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Une autre lecture chez… Nicole

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Lectures 2018

L’Archipel du chien, Philippe Claudel… 41ème Prix Relay des Voyageurs lecteurs

Autant vous l’avouer d’emblée, je ne compte pas parmi les fans de l’écriture de Philippe Claudel... Il y a toujours chez lui, dans son style, quelque chose qui me gêne, qui oscille pour moi entre naïveté et simplicité, même quand les thèmes sont forts, comme ceux traités par l’Archipel du chien. Pour autant, j’ai apprécié que Philippe Claudel se penche ici sur le sort des réfugiés, que l’action se passe sur une île, et retrouver (avec étonnement) dans les pages de ce livre de nombreux relents de la tragédie d’Antigone (que je commence à bien connaître), et oui. Mais je vais vous expliquer… Sur la plage de l’île, un lundi matin de septembre, trois corps noirs sont découverts. C’est une vieille femme, ancienne institutrice, qui fait la macabre découverte. Deux autres hommes aperçoivent aux même moment les corps, Amérique et Spadon. Puis, on part chercher le Maire, qui revient accompagné du Docteur. L’instituteur, qui passait par là, rejoint le groupe, qui se questionne sur ce qu’il convient de faire. Tout le monde est très vite d’accord pour ne pas ébruiter l’existence de ces décès accidentels (ce ne sont visiblement que de pauvres réfugiés noyés), tout le monde sauf l’instituteur. Ce dernier participe quand même à l’enfouissement des cadavres, tout en se laissant très vite gagner par le doute, la révolte et l’envie de connaître la vérité. Et voilà que les figures de la pièce d’Antigone me sont soudain apparues, dans les phrases de Philippe Claudel déjà, qui prennent un ton d’emphase, et aussi dans ces personnages qu’il dresse les uns contre les autres, dans la tragédie qui s’annonce. L’instituteur devient alors une Antigone évidente, n’hésitant pas à se mettre en danger pour la vérité et la justice et aussi par son obstination pleine d’idéalisme, et le Maire un Créon remarquable, décidé qu’il est à accepter toutes les actions (même les moins recommandables) afin de préserver son île, et le projet des Thermes auquel il tient. J’ai conservé cette impression de familiarité avec le mythe d’Antigone jusqu’à la fin de ma lecture, appréciant à la fois la portée symbolique des portraits stéréotypés des personnages de Philippe Claudel, et restant (comme à chaque fois avec lui) un peu sur le côté, peu touchée et peu séduite. Il y a pourtant, je dois l’avouer aussi, de bien belles scènes dans ce livre, qui me resteront certainement en mémoire : les abeilles autour des épaules du curé, le Commissaire qui prend la place du choeur et est porteur de mauvaises nouvelles, la fine silhouette blanche et gracile de Mila fendant la foule… Bref, voici un roman qui ferait une bien belle pièce de théâtre, mais sans doute l’est-il déjà.

Editions Stock – mars 2018 – 

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une autre lecture chez… Sylire

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Lectures 2018

Juste un peu de temps, Caroline Boudet

En choisissant ce titre, dans la sélection que Netgalley propose en ce moment pour son challenge, je ne savais trop à quoi m’attendre… mais le pitch du livre m’avait interpellé. Et puis, j’aime souvent ce que les éditions Stock publient, l’exigence littéraire de leur catalogue. Là, je dois dire que j’ai été au départ un peu surprise de retrouver un style d’écriture qui s’apparente plutôt à ce que l’on retrouve en général dans la littérature considérée comme « légère », où l’écriture n’est pas là pour se faire spécialement remarquer. Première impression cependant très vite oubliée, car Caroline Boudet a sans doute écrit LE livre que j’aurais aimé lire lorsque je m’occupais de mes enfants alors en bas âge, et que l’atmosphère qu’elle sait créer dans son roman m’a vraiment beaucoup séduite, et m’a rappelée rapidement d’autres livres lus et aimés. Pour résumer, je l’ai dévoré. Sophie, l’héroïne, est une jeune mère de trois enfants qui décide, un jour de grand ras le bol, et sur un coup de tête, de laisser son travail en plan et de prendre un train pour Saint Malo. Quelle mère de jeunes enfants n’a pas eu un jour l’envie de faire ça ? Quand la charge mentale s’accumule, la fatigue, etc… Mais en général, l’envie reste à l’état d’envie. Et tout à coup, nous voici, en compagnie d’une Sophie qui a elle osé sauter le pas, à la fois dans le Saint Malo de chez Olivier Adam et dans Les heures de Michael Cunningham. En effet, Sophie a, au départ, seulement l’intention de voler quelques heures à la routine, de prendre un hôtel, et de continuer la lecture de son livre en cours. Elle a besoin de respirer, d’un peu de temps pour elle. Oui, mais les heures s’éternisent, deviennent des jours, et Sophie reste à Saint Malo, laissant un Loïc au bord du gouffre et rempli d’incompréhension sans nouvelles. Tandis que son mari s’agite et remue ciel et terre pour savoir si quelqu’un a une idée de ce qu’il se passe, s’inquiète, Sophie reste à Saint Malo. Et c’est en ça que ce roman est vraiment intéressant, accroche, car de l’avis de tous la jeune femme était une mère et une épouse parfaite, irréprochable. Une lecture, qui sous des dehors frivoles (sa jolie couverture par exemple), n’est donc pas si légère que ça, et pose (je trouve personnellement) les bonnes questions, sur la place de la femme dans le travail, à la maison, dans la société. Oui, les jeunes femmes d’aujourd’hui sont pour beaucoup des héroïnes, et oui beaucoup sont aussi au bord du burn out, victimes bien souvent des injonctions qu’ont leur donne et qu’elles se donnent. Un livre utile, en ce sens, car il fait bouger les lignes. Merci Caroline Boudet !

Editions Stock – mai 2018 – 

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Un livre lu dans le cadre du Challenge Netgalley.fr

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Lectures 2018

Au commencement du septième jour, Luc Lang

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Dès les premières pages, tu as été littéralement accrochée par l’intrigue de ce roman… Il le fallait bien car Au commencement du septième jour est un véritable pavé, intense, qui nous emmène loin, sur les routes, les chemins de montagne, en Afrique. En bref, nous fait drôlement voyager. Mais pas que. Il rentre également profondément dans la psychologie de ses personnages, et dans les toiles invisibles que constituent tous les secrets de famille. La fin d’une époque sonne pour Thomas, père de deux enfants, lorsqu’il reçoit un appel en pleine nuit lui expliquant que sa femme vient d’avoir un accident de voiture, sur une route où elle n’aurait pas dû se trouver. Interrogations. Enquête. Thomas se débat avec une réalité douloureuse et tente de tout concilier, l’absence de Camille à présent dans le coma, ses enfants, un travail prenant et exigeant. Bien entendu, lui et sa femme avaient bien réussi, avaient tout pour être heureux, mais il se rendra compte petit à petit combien sa vie, ses certitudes étaient fondées sur du sable… Heureusement, son frère Jean, taciturne, berger dans Les Pyrénées, lui apporte son soutien, ainsi que Claire, sa belle mère, juge à Bordeaux. Et toi lectrice, tu as beaucoup aimé l’écriture de Luc Lang, qui tient son lecteur en apnée sur plus de 500 pages. Les révélations se font dans ce roman, au compte goutte. Chaque détail, chaque mot, a son importance. Tous les personnages qui entourent Thomas ont leur rôle à jouer dans cette histoire, de bout en bout passionnante. Que vous dire de plus ? Peut-être que, même si tu as parfois trouvé quelques longueurs au récit, tu l’as en réalité dévoré. Alors n’hésitez pas à dénicher ce roman qui vient tout juste de sortir en version poche chez Folio.

Editions Stock – Août 2016

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une autre lecture chez… Nicole

Coups de coeur·Lectures 2018

Les guerres de mon père, Colombe Schneck ~ Rentrée littéraire hiver 2018

❤ Tu as eu un gros coup de coeur pour ce titre de Colombe Schneck !! Et quel plaisir de voir ainsi évoluer une telle plume, après ce troisième livre lu (après La réparation, et Une femme célèbre). En effet, tu as trouvé que l’écriture de l’auteure était ici d’une précision et d’une justesse plus forte que dans ses précédents écrits, plus affirmée, qu’elle était avec évidence à la hauteur de ce que tu avais beaucoup aimé chez Brigitte Giraud, Justine Levy ou Laurence Tardieu par exemple, dans le même style. Et que le plaisir de lecture était là, entier. Colombe Schneck enquête ici sur son père, Gilbert, et tente d’en dresser un portrait fidèle. Décédé il y a plus de vingt ans, il était tout pour elle, toujours souriant, optimiste, excellent père, mais également un mari infidèle, et ne voulant pas parler du passé, de ce qui fâche. Il incitait ses deux filles et son fils à se fabriquer de bons souvenirs. Enfant pendant la seconde guerre mondiale, et juif, il a réussi à éviter les camps en étant caché par tout un réseau, et donc sauvé. Sa fille essaye de retrouver un à un les acteurs de ce sauvetage, et remercie. Jeune homme pendant la guerre d’Algérie, résolument pour l’indépendance, et également jeune médecin, il soigne, mais se taira sur ce qu’il voit, sur ce à quoi il participe.  Colombe Schneck s’interroge sur ses sentiments face à des scènes déjà vues et répétées. Comment a-t-il pu supporter d’avoir été un enfant traqué puis là, à ce moment-là, un soldat ? Mais les guerres de Gilbert n’ont pas été que de cet ordre, il a fallu composer avec son propre père, souvent absent et un peu fantasque, à son décès curieux et médiatisé, à ce qu’il lui a transmis… Colombe Schneck mène une enquête scrupuleuse, fouille avec détermination toutes les zones d’ombre. Les acteurs de cette histoire ont pour la plupart disparu, il était temps de poser à ceux qui restent les questions qui libèrent, de fouiller les archives. Et toi lectrice, tu as été touchée par cette démarche, par ce puzzle familial que Colombe Schneck tente de construire depuis plusieurs livres, et par la forme de ce texte, très bien construit et très réussi.

Editions Stock – 3 janvier 2018

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une autre lecture chez… Tlivres

Dans le challenge rentrée de janvier 2018 de Béa

Lu sur ma liseuse grâce à NetGalley

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Lectures 2017

Une femme célèbre, Colombe Schneck ~ Objectif Pal de novembre

 

Tu avais beaucoup aimé La réparation, ce récit de Colombe Schneck où la jeune femme s’excusait presque de raconter sa famille, les camps, la shoah, comme si elle doutait de son droit à la parole, de sa légitimité. Nous sommes un peu dans la même configuration ici, dans ce roman où Jeanne semble usurper toutes les places, sauf celle de mère. Et pourtant, elle est une femme célèbre, puisqu’elle a une émission à la radio. Oui, mais voilà, comment ne pas se sentir fragile (à l’instar de Denise Glaser, ancienne vedette de la télévision des années 60, tombée en disgrâce), quand on reçoit presque tous les jours des courriers d’auditeurs contrariés par sa diction, et persuadés de sa bêtise, que le père de son enfant déserte le domicile toutes les nuits et sombre dans l’alcool, et qu’il s’avère que son petit garçon souffre d’un retard psychomoteur ? Jeanne trouve du réconfort auprès de W, un homme marié, critique littéraire renommé, qui l’encourage à écrire. Elle connaîtra un petit succès d’estime avec ce livre sur la vie sexuelle de sa grand-mère… Mais Jeanne reste persuadée que son destin sera proche de celui de Denise Glaser, découvreuse de stars, puis oubliée et morte dans la solitude et la pauvreté, ce n’est qu’une question de temps. Tous ses succès lui semblent être immérités, et elle redoute le temps où ses patrons vont s’apercevoir de leur erreur, ses détracteurs avoir enfin raison. Jeanne marche sur un fil fragile. Et toi lectrice, tu as été touchée par ce récit en forme d’auto-fiction que tu as reçu avec empathie, et qui nous raconte l’histoire de deux femmes célèbres aux pieds d’argile qui marchent comme elles peuvent au bord du précipice, dans un monde des médias avare de sentiments. Colombe Schneck déroule son roman avec une écriture sans prétention, pleine de sincérité, qui n’a pas été sans te rappeler tes lectures de Laurence Tardieu ou de Justine Lévy. Une bien agréable sortie de PAL !

« Je ne sais pas encore que cette question – Pour moi la fin c’est quand ? – n’a aucune importance. »

Editions Stock – Août 2010

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Retrouvez toutes les fins de mois le bilan de l’Objectif Pal sur ce blog…