Lectures 2021·Objectif PAL

Le chat qui tombe et autres histoires noires, René Fregni… mon objectif pal du mois !

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J’ai trouvé ce petit livre il y a plusieurs mois dans la boîte à livres de ma ville, que j’alimente régulièrement mais dans laquelle je trouve aussi quelques trésors… Le nom de René Fregni m’était familier mais je n’avais rien lu encore de lui jusque là. Ce recueil contient six nouvelles, d’une écriture tout de suite agréable, intelligente et précise. La première, celle qui donne le titre au recueil nous emmène aux Baumettes, un endroit dans lequel le narrateur encadre des séances d’écriture et de lecture, un endroit aussi où de nombreux chats ont envahi l’espace dédié autrefois aux condamnés à mort. Un chaton est tombé du toit, ses miaulements tordent le ventre des détenus. Qui ira donc le récupérer ? Dans les nouvelles suivantes, il est question d’un bébé que l’on enlève, d’évasion, de secrets bien gardés et de folies. Dans ce livre, on cherche beaucoup à fuir, à s’évader, on monte sur les toits, on s’envole. J’ai beaucoup aimé lire ce recueil et ces nouvelles de grande qualité. Certaines scènes sont vraiment remarquables et j’ai préféré sans aucun doute tout ce qui se déroulait dans le cadre de la prison. Je pressens néanmoins qu’il ne m’en restera pas grand chose, c’est souvent un peu le problème des nouvelles, avec lesquelles un univers semble parfois seulement esquissé. Je relirai cependant René Fregni avec plaisir.  

« Dans le moindre recoin des Baumettes, on voit des chats de toutes les couleurs, de tous les croisements de races. Ils franchissent les murs qui séparent les cours, se glissent sous les barbelés, bondissent sur les toitures, s’évaporent dans l’ombre d’un mirador. Ils sont, le soir, comme les âmes blanches, rousses, noires ou grises de ces hommes qui ont attendu la fin dans ce quartier maudit de la prison. »

 Editions de l’aube – août 2019

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D’autres lectures sur… Babelio

Lectures 2021·Objectif PAL

Idaho, Andria Williams… mon objectif pal de septembre !

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Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Christel Paris

J’ai choisi ce titre comme lecture mensuelle de mon Objectif Pal de septembre. Je ne sais plus comment il est arrivé chez moi, mais j’ai quelques poches comme ça de la sélection 2017 du prix des lecteurs, qui traînent dans ma PAL… Vous allez très vite comprendre dans quelle ambiance nous sommes, même si la couverture met déjà sur la piste. Nous sommes en effet aux Etats-unis, en1959. Paul arrive à Idaho avec sa femme et ses deux enfants, après une mutation de l’armée. Il devra s’occuper d’un réacteur avec d’autres collègues. La petite famille s’installe cahin-caha dans leur jolie maison jaune et font connaissance. Mais le supérieur de Paul est incompétent et insolent. Il drague ouvertement Nat lors d’un dîner. Dans cette communauté où les femmes restent à la maison des journées entières et où les maris sont sur la défensive au travail, difficile de lier des amitiés solides et de ne pas se faire d’ennemis. Le couple en paiera les conséquences, tandis qu’un jeune homme rencontré par hasard va se lier d’amitié avec Nat et ses filles. Sa présence va alimenter les commérages. Si vous avez aimé Arlington Park de Rachel Cusk ou le film Les noces rebelles dont la quatrième de couverture parle, ce livre est fait pour vous. Personnellement, j’ai aimé le personnage de Nat, la pudeur de son attirance pour Esrom, qui est également un personnage très attachant. L’inquiétude pour la centrale, qui parcourt tout le roman, et trouvera sa conclusion en fin de récit est là pour tendre une intrigue qui tourne par ailleurs essentiellement autour du couple formé par Paul et Nat. Et la manière de Andria Williams de revenir sur leur histoire, de les mettre en lumière, presque en contre-jour, est très belle. Une très intéressante sortie de PAL donc !

Editions du Livre de poche – mai 2017

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Un roman lu dans le cadre de…

Lectures 2021·Objectif PAL

Changer l’eau des fleurs, Valérie Perrin… mon objectif pal de l’été !

J’avais envie de découvrir Valérie Perrin pour mon Objectif Pal de l’été, et ce titre a été un très bon choix… Mais attention, contrairement à ce que je pensais, Changer l’eau des fleurs n’est pas véritablement un feel good, tout n’y finit pas bien, le drame s’y invite. Et c’est ce que j’ai aimé finalement dans ce petite pavé prenant, ce mélange de tristesse, de douceur, de poésie et de sordide… ainsi que l’amour du jardin et des autres qui y règne. Violette Toussaint est gardienne de cimetière, après avoir été des années garde-barrières. Elle est seule aujourd’hui dans la loge qu’elle occupe, alors qu’elle y est arrivée en compagnie de son mari mais celui-ci a très vite disparu de la circulation. Son quotidien n’est pas triste, elle a beaucoup de visites, elle aime s’occuper de son jardin, les gens s’attablent facilement dans sa cuisine pour avaler un thé, et parler. Un beau jour, un commissaire débarque, à la recherche d’une tombe. Sa mère a décidé de se faire enterrer auprès d’un inconnu. Violette aime la compagnie de cet homme perdu, mais ne peut s’empêcher de revivre son passé, sa jeunesse avec Philippe Toussaint, la naissance de leur fille, leur vie rude et le drame qui les a tous anéantis. De temps en temps, Violette s’échappe à Marseille pour des vacances, dans la cabane de son amie Célia, un rendez-vous qu’elle ne peut pas manquer… Ce qui est intéressant dans ce roman, écrit comme un puzzle, est la part de mystère que Valérie Perrin a su y intégrer. Tout finit pas s’emboîter et laisser le lecteur perplexe entre ce qu’il a cru, su et deviné, et la réalité. J’ai aimé aussi l’apaisement que ressent Violette dans sa loge, sa vie simple, seulement rythmée par les saisons, le jardinage, les tasses de thé, les conversations… et bien sûr quelques cérémonies, qu’elle retranscrit religieusement dans son carnet. C’est une lecture, donc à la fois apaisante et intéressante, qui m’a donné envie de continuer à lire cette autrice.

Editions du Livre de poche – mai 2019

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Prix des maisons de la presse en 2018

Un roman lu dans le cadre de…

Lectures 2021·Objectif PAL

Arrowood, Mick Finlay… mon objectif pal du mois !

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Vous aimez Sherlock Holmes ? N’en dites surtout rien à Arrowood, vous le fâcheriez. Car, en effet, dans le Londres de 1895, et tandis que le célèbre détective fleure avec le beau monde, voit ses exploits relatés dans la presse, Arrowood, qui déteste son illustre concurrent, s’intéresse plus particulièrement aux bas-fonds qui sont son quotidien. J’ai dans ma PAL deux tomes de cette série, que j’ai mis bien trop longtemps à ouvrir. Et je le regrette car ce premier volet est excellent. Rien de très glamour pourtant chez Arrowood et son acolyte Barnett, mis à part beaucoup de saleté et de pauvreté. Mais leur aspect n’empêche pas Caroline Cousture de faire appel au duo pour retrouver son frère, mystérieusement disparu. Le détective est assez réticent de devoir affronter encore une fois M Cream, le malfrat notoire qui les avait déjà rencontrés dans une affaire précédente. Le frère de Caroline Cousture travaillait pour lui. Ils acceptent cependant l’affaire, car les caisses sont vides, et la jeune femme semble cacher des secrets qui intriguent beaucoup Arrowood. Voici donc le lecteur embarqué aux côtés de nos deux compères enquêteurs dans les quartiers surpeuplés du sud de Londres, écumant les pubs, ces maisons étroites où braillent des enfants affamés, mais aussi des maisons plus bourgeoises. Des échauffourées ont lieu, des cambriolages. Les irlandais sont de la partie, semblent avoir infiltré la police. Il est question également d’une maison close. La maîtresse du disparu est assassinée. En quoi cela concerne-t-il donc Thierry le français, avec ses boucles blondes ? L’enquête, trépidante, nous promène comme dans un film dans un Londres d’autrefois que le lecteur semble voir réellement sous ses yeux. J’ai aimé ce sentiment de faire connaissance avec une période méconnue, et aussi, je crois cotoyer de loin, bien malgré Arrowood, l’univers de Sherlock Holmes. Arrowood, avec ses aventures, en est un pendant très réussi.

Editions Harper Collins poche – février 2019

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Un roman lu dans le cadre de…

Lectures 2021·Objectif PAL

Tu comprendras quand tu seras plus grande, Virginie Grimaldi… mon objectif pal du mois !

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J’avais gagné ce livre en 2017 grâce au camion qui livre du Livre de poche. Ensuite, il m’est arrivé de croiser Virginie Grimaldi, sur Paris, ou à Montaigu, sans l’avoir lue. En réalité, je n’étais pas certaine que son écriture soit pour moi. Je ne suis pas très adepte du feel good. Et puis, de nombreux avis lus ici ou là m’ont encouragée à tenter l’aventure… alors, voilà, j’ai sorti ce livre de ma PAL, quatre ans après. Julia, psychologue, débarque aux Tamaris. Elle a décidé, un peu au pied levé, d’effectuer ce remplacement maternité dans cette maison de retraite proche de l’océan, pour fuir Paris, la clinique où elle travaillait, son ancien petit ami, le souvenir de son père décédé et de sa grand-mère disparue. Aussitôt arrivée, elle regrette sa décision, a envie de s’enfuir. Mais la vue de son studio est magnifique, les collègues sont sympathiques et puis, peu à peu, Julia s’attache aux résidents, qui le lui rendent bien… J’ai été très surprise, en début de lecture, par cette maison de retraite où des employés ont le temps d’aller dans les chambres pour savoir si tout va bien, boire un chocolat chaud, et qu’une maison de retraite emploie de plus une psychologue à temps plein. Ce n’est pas le souvenir que j’avais des maisons de retraite où ma mère a travaillé, ni de celle où mon grand père était, et encore moins de celle où je suis parfois aller voter. Je me souviens plus des huit minutes accordées au personnel pour faire le ménage d’une chambre (discussion incluse). J’imagine qu’il s’agit d’une maison de retraite haut de gamme, ce qui n’est pas précisé. Cette invraisemblance a un peu gêné mon début de lecture, même si j’ai aimé l’humour distillé, à la fois vulgaire et distingué de Viriginie Grimaldi, et certains traits des personnages. Il est agréable que Léon reste invariablement antipathique. Il est agréable que Julia soit maladroite et ses amis atypiques et bienveillants. Pour autant, j’ai ressenti beaucoup d’ennui toute la première moitié du livre. Les situations potentiellement exaltantes semblent en effet à chaque fois être tuées dans l’oeuf, comme si l’on mettait un couvercle dessus, ce qui est une bien étrange sensation de lecture, peu satisfaisante. Alors, bien sûr, les chapitres sont plein de belles phrases, qui ont du sens, de citations inspirantes, et la deuxième moitié du livre décolle enfin avec les échanges épistolaires entre Raphaël et Julia, mais le tout m’a laissée assez dubitative et peu séduite. Il m’a manqué les émotions qui font la vraie vie, et tout n’y finit pas toujours bien.

Editions Livre de Poche – mai 2017

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une autre lecture chez… Enna

Un roman lu dans le cadre de…

Lectures 2021·Objectif PAL

Le sel, Jean-Baptiste Del Amo… mon objectif pal du mois !

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Ce type de couverture attire tout naturellement monsieur à qui j’ai chipé ce livre pour le mettre dans ma PAL, il y a un moment de cela… Mais il ne m’avait rien raconté de son contenu. Jean-Baptiste Del Amo cite Virginia Woolf en incipit et nous avons le sentiment, en effet, en début de roman, d’être chez Mrs Dalloway ou dans Les heures de Michael Cunningham. Nous sommes en réalité à Sète, et Louise, veuve de pêcheur, doit recevoir à dîner ses enfants et petits enfants. Tout au long de la journée, jusqu’au dîner, vont remonter chez les protagonistes, des souvenirs souvent douloureux, beaucoup de rancoeur, et de fragiles moments de joie. Au-dessus de tout cela, flottent des fantômes, celui d’Armand, le père violent et complexe, celui de Léa, petite fille morte accidentellement et prématurément, celui de Fabrice, l’amant de Jonas, atteint du Sida. Louise a eu trois enfants avec Armand. Fanny, l’aînée, est la mère de Léa, mais aussi celle de Martin. Son couple ne s’est pas remis du drame et de l’absence. Albin, son frère, a été pris très tôt dans les filets d’Armand, éduqué comme un digne héritier de ses idées et de son savoir faire de pêcheur. Quelles sont les implications aujourd’hui de cette transmission ? Jonas, le plus jeune, le protégé de Louise, est gay. Il a été rejeté par son père, a connu le décès tragique de son amant Fabrice et tente aujourd’hui de vivre une vie sereine avec Hicham, son compagnon. Personne n’a réellement envie d’aller dîner chez Louise. Et ce qui remonte au fur à mesure de la journée est de plus en plus nauséabond… J’ai aimé chez Jean-Baptiste Del Amo, l’écriture, et cette finesse d’analyse sur l’héritage psychanalytique générationnel. Comment fait-on pour échapper à ce qui semble être parfois un déterminisme, à ce qui est malgré soi inscrit dans notre histoire, et peut-être aussi dans nos gênes ? Louise a tenté d’opposer sa douceur à la violence d’Armand, mais avec discrétion. A-t-elle réussi à conjurer le sort ? Ou ses enfants doivent-ils lui en vouloir ? L’auteur présente ici une toile de relations complexes, que j’ai trouvé un peu exagérée en fin de livre. Une même famille peut-elle donc cumuler autant de mauvaises situations ? Malgré ce sentiment de fin de lecture, Jean-Baptiste Del Amo est un auteur dont j’ai bien envie de continuer à suivre les écrits.

« Rien n’était plus rattrapable désormais. Il lui apparaissait que leur histoire, celle de leur famille, partie d’eux depuis des générations oubliées, les recoins les plus obscurs d’une généalogie, pouvait se répéter sans cesse, sans que jamais ils parvinssent à y mettre un terme, à enrayer la machine, bloquer les rouages, dévier de route. Albin songea que l’histoire de leur famille, commune et si particulière, pouvait être en définitive, l’histoire de tous. »

Editions Folio – décembre 2011

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Une autre lecture chez… Liliba

Un roman lu dans le cadre de…