Lectures 2022

Rendez-vous au Cupcake Café, Jenny Colgan

Traduit de l’anglais par Anne Rémond

J’ai quelques livres dans ma PAL, susceptibles de me mettre dans l’esprit des fêtes. Pour tout dire, j’avais acheté l’année dernière pour un rendez-vous du Club des lecteurs yonnais ce qui était en réalité un second tome, Le Cupcake Café sous la neige. Je me suis donc procuré le premier volet, et je vais lire les deux tomes de la série en cette fin d’année… L’histoire ? Nous sommes à Londres et Izzy, la trentaine, travaille dans l’immobilier. Elle pense avoir une aventure secrète avec son patron, mais tout le personnel est au courant. Et de toute manière tout éclate alors qu’une vague de licenciement dans la boîte l’emporte elle aussi. Que faire de son indemnité ? Surtout que Graeme est aux abonnés absents. Après s’être longuement lamentée auprès de sa colocataire, la jeune femme, qui fait de somptueux cupcakes depuis toujours décide d’en faire son métier. Les aléas seront nombreux mais le salon de thé qu’elle a ouvert commence à avoir du succès. Elle est fière de continuer la tradition, son grand-père, dont elle est proche et qui l’abreuve de recettes, avait en effet plusieurs boulangeries réputées. Peu à peu, le caractère doux et enjoué d’Izzy fera fi de tous les obstacles… J’étais un peu dubitative face à cette série. On m’en avait pourtant dit le plus grand bien. Et je dois dire que j’ai été agréablement surprise par ma lecture, par mon envie de retrouver ce quartier londonien particulier. J’ai passé un excellent moment avec des personnages complexes, souvent désarmés et touchants qui entrent bien entendu dans un scénario un peu convenu, mais qu’on aime retrouver en cette période, sous un plaid, une tasse de thé à la main (isn’t it ?). Nous sommes bien dans un roman feel good, ne nous y trompons pas, mais un roman feel good de qualité. Et il est bon parfois de ne pas bouder son plaisir. A suivre, donc…

Editions Pocket –  juin 2018

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

La série :
Tome 1 – Rendez-vous au Cupcake Café
Tome 2 : Le Cupcake Café sous la neige

Publicité
Coups de coeur·Lectures 2022

Là où chantent les écrevisses, Delia Owens… coup de coeur !

laou

❤ Difficile de passer à côté de cette couverture, pour un titre grandement plébiscité par la blogosphère littéraire. J’ai décidé de le découvrir à mon tour, sans doute aussi attirée par cette image d’un héron qui promettait du dépaysement… Kya vit avec sa famille dans les marais de Barkley Cove, en Caroline du Nord, dans une cabane qui leur tient lieu de maison. Alors qu’elle est toute jeune, à peine six ans, sa mère quitte le foyer, sans se retourner, et pour ne jamais plus revenir, suivie peu à peu par ses frères et sœurs plus âgés. Restée toute seule avec un père violent, elle apprend à se débrouiller pour survivre, en vendant sa pêche à Jumping, qui peut lui fournir de l’essence pour sa barque. Sa femme et lui prennent en affection l’étrange jeune fille, tout en respectant la distance qu’elle recherche et son intimité. Lorsque son père finit également par disparaître, elle a quand même réussi à apprendre à lire et à écrire, grâce à Tate, un jeune garçon qui partage avec elle son goût pour les oiseaux et les plumes. A Barkley Cove, on surnomme Kya « la fille des marais » et les fantasmes les plus fous courent sur son compte. Férue de science et de poésie, Kya va souffrir encore une fois lorsque Tate l’abandonne à son tour pour poursuivre ses études au loin. Un terrain idéal pour devenir la proie de celui qui lui fera miroiter une autre vie… Ce roman tient toutes ses promesses, et mérite l’engouement général à son sujet. Il m’a fait passer par tout un tas d’émotions très fines, fait monter à plusieurs reprises les larmes aux yeux. Il est à la fois étrangement agréable, et douloureux, de suivre cette petite fille, puis cette jeune femme, dans son apprentissage de la vie, de se terrer avec elle dans les marais quand le danger rôde, d’en observer la faune et la flore et de voir Kya s’ouvrir occasionnellement au bonheur. Une enquête se tient également en filigrane de ce récit, une enquête qui va finir par débusquer Kya au fin fond de ses marais. 

  Editions Points – mai 2021

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Lectures 2022·Objectif PAL

Rien n’est noir, Claire Berest … mon objectif pal du mois !

Riennestnoir

J’avais acheté ce petit poche au bleu lumineux l’année dernière, chez Durance, une librairie de Nantes, lors d’une sortie amicale… tentée par vos avis enthousiastes et par ce prix des lectrices de ELLE, toujours très intrigant ! Et je n’ai pas été déçue effectivement par l’écriture extrêmement poétique et visuelle de Claire Berest. Cette lecture a été l’occasion de passer du temps en compagnie de Frida Kahlo, cette femme unique, impétueuse, amoureuse, pleine de talent et de sensualité, mais également percluse de douleurs. Ayant vu le film Frida, sorti en 2002, je n’ai pas appris grand chose sur sa biographie, mais l’intérêt du livre est ailleurs, plutôt dans l’évocation de ce qui a pu être le moteur de la vie de cette artiste pas comme les autres, avant tout épouse du grand peintre Diego Riveira, et devenue peintre elle-même, comme par défaut… Frida Kahlo est née en 1907 à Mexico. Son père, photographe, est d’origine allemande et sa mère mexicaine. Petite, une maladie la fait boiter, puis à 18 ans arrive l’Accident, celui qui va tout changer, son bus est percuté par un tramway. Sa colonne vertébrale est brisée, son corps fracturé, son vagin transpercé. Elle qui menait de brillantes études et voulait devenir médecin, doit passer de longs mois allongée. C’est alors qu’elle commence à peindre… Claire Berest excelle d’ailleurs à décrire les tableaux qui vont sortir de ses pinceaux, principalement des autoportraits. En 1928, elle rencontre Diego Riveira, célèbre pour ses fresques murales, et ses frasques. Une vie tumultueuse attend Frida, faite de fêtes, de succès, de voyages et de rencontres, mais aussi de douleurs… Chaque chapitre a pour titre une couleur et c’est la tête pleine d’images et de carnations que l’on referme ce livre, où Claire Berest évoque aussi au passage son ancêtre Francis Picabia et Marcel Duchamp créant ainsi un lien avec ce récit à quatre mains réussi, Gabriële, écrit avec sa soeur Anne.

Editions du Livre de Poche –  septembre 2020

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5 

Une autre lecture chez … T livres T arts (la principale tentatrice)

Une lecture pour le challenge…

objectif pal

Lectures 2022·Objectif PAL

Un été invincible, Alice Adams … mon objectif pal du mois !

uneteinvincible

Traduit de l’anglais par Anouk Neuhoff

J’avais gagné ce livre via un concours organisé par @triple_l_de_mag sur Instagram. Et je l’ai sorti de ma PAL alors que le mois de mai partait prématurément en mode été… Sans dévoiler grand chose, je peux vous dire d’emblée que j’ai dévoré ce roman, en un week-end, pas comme on dévore un coup de coeur non, mais plutôt comme on dévore une bonne série sur Netflix, par exemple. Ce roman est un roman d’amitié. Nous sommes en 1995 à Bristol, quand Eva, Benedict, Sylvie et son frère Lucien, sont sur le point de se quitter. Les études sont terminées, chacun va de son côté. Eva va passer l’été avec Benedict avant de prendre un poste dans la finance. Sylvie espère une carrière artistique. Lucien joue le libertin face à une Eva un peu naïve, quand Benedict lui espère séduire enfin la jeune femme et lui révéler ses sentiments. Mais tout ne va pas tout à fait se passer comme prévu. Au fil du temps, des rencontres, les non-dits et les éloignements idéologiques distendent cette amitié qui pourtant reste présente dans l’esprit de chacun. Il faudra des drames, des accidents de vie, la vie, pour que les liens se renouent, différemment de ce dont les jeunes gens avaient rêvé en 1995… J’ai été prise par les atermoiements des personnages de ce roman qui sait montrer combien les destins peuvent être surprenants et combien nous ne devenons pas forcément ce que notre adolescence promettait. J’ai aimé la tendresse et la douceur de ce récit, je me suis attachée à ces protagonistes qui ont chacun leurs failles et leurs courages. Et comme c’était plaisant de côtoyer cette bande de jeunes gens, imparfaits et tellement humains, de vivre quelques heures avec eux.

Editions du Livre de Poche –  2019

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5 

Une lecture pour le challenge…

objectif pal

Lectures 2022

Une vie de racontars, Jorn Riel

uneviederacontars

Traduit du danois par Andréas Saint Bonnet

J’ai découvert Jorn Riel et ses truculents racontars en 2008, et je me suis ensuite régalée avec leurs adaptations BD. Cet été, le thème de l’exposition photo du festival de La Gacilly était Plein Nord. J’ai donc tout naturellement craqué pour ce livre en rentrant dans la librairie La grande évasion, qui a ouvert là-bas. Mais attention, ici Jorn Riel ne nous emmène pas dans un Groenland qui tiendrait autant du rêve que du fantasme. Jorn Riel raconte ici sa vie. Et comme il ne se refait pas, il nous la raconte un peu à la manière de ses racontars. Pour être honnête, avec ses premièrs textes, j’ai cru ne pas m’enthousiasmer pour cette lecture, qui avait un peu trop des accents de réalisme. Puis, peu à peu, les souvenirs de Jorn Riel se sont mêlés à mes souvenirs de lecture et j’ai aimé découvrir comment il avait, en quelque sorte, sublimé ses expériences dans ses célèbres racontars, mais à quel point aussi ils étaient proches de son propre vécu, parfois ahurissant. J’ai aimé par exemple, refaire connaissance avec ces hommes solitaires, qui n’aiment rien tant que recevoir de la visite, parler, et s’inventer des fiancées imaginaires. J’ai aimé les balades en traineau que Jorn Riel qualifile d’expériences à la fois douloureuses et merveilleuses. J’ai aimé lire de nouveau cette crainte du Vertigo, cette solidarité qui unit les hommes confrontés aux dangers de l’ours polaire, aux dangers du froid. Aux côtés de Jorn Riel, nous cotoyons un monde passé, différent, et totalement éloigné de notre quotidien d’aujourd’hui. Et c’est à la fois dépaysant et dérangeant, tellement notre manière de vivre nous semble en général la norme. Un savoureux moment de lecture qui m’a donné envie de renouer avec Jorn Riel, sans trop tarder.

« Quand on a passé trente-huit ans en expédition, on a forcément vécu des expériences différentes de celles d’un homme resté tranquillement chez lui. Et il arrive, en compagnie de quelques bons amis, que je me laisse aller à raconter une histoire, et bien entendu, je m’efforce alors de la raconter telle quelle, sans rien ajouter ni enlever. Enfin, dans les grandes lignes. »

Editions 10/18 – novembre 2016

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Lectures 2021

Lumikko, Pasi Ilmari Jaaskelainen… mon objectif pal du mois !

lumikko

Traduit du finnois par Martin Carayol

J’ai sorti ce titre de ma vieille PAL en ce mois de décembre, en raison de sa couverture enneigée. Mais attention, ne vous y méprenez pas, nous sommes loin du conte de Noël. Dans ce roman, qui m’a étonnamment beaucoup plu, règne en effet une bien étrange ambiance… Nous sommes dans un village finlandais qui compte parmi ses membres, l’auteure célèbre de livres pour enfants, Laura Lumikko. Autour d’elle, sont réunis depuis des années des écrivains, neuf enfants qui ont grandi et forment aujourd’hui une société secrète de littérature. Mais c’est par le biais de son dixième futur membre que le lecteur découvre tout cela. Ella Milana, professeur, est d’abord intriguée par un exemplaire de Crime et Châtiment dont certains passages semblent avoir été modifiés. Mais ceci n’est que le premier pas vers des mystères plus grands. En effet, alors qu’Ella est intronisée dixième membre officiel de la Société secrète de littérature, Laura Lumikko disparaît. La même soirée, Ella découvre les règles d’un jeu auquel les écrivains s’adonnent la nuit, un jeu dérangeant dont personne ne sort indemne, et qui met la vérité et la sincérité sur un piédestal dangereux. Ella s’engage alors dans une sorte d’enquête qui, elle l’espère, assurera son avenir. Elle apprend d’ailleurs rapidement l’existence d’un carnet secret… Pour apprécier ce roman, il faut adhérer à sa part de fantastique et de cruauté. J’ai, de mon côté, beaucoup aimé son univers littéraire, la manière dont est abordé le processus compliqué de création. On passe du temps dans une bibliothèque infestée par une étrange épidémie, mais aussi chez un écrivain à la stature d’ogre, et l’on découvre que l’écriture se nourrit des autres, de tous les autres, et que cela peut être violent et sans concessions.

Editions 10/18 –  octobre 2017

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5