Lectures 2021·Objectif PAL

Arrowood, Mick Finlay… mon objectif pal du mois !

arrowood

Vous aimez Sherlock Holmes ? N’en dites surtout rien à Arrowood, vous le fâcheriez. Car, en effet, dans le Londres de 1895, et tandis que le célèbre détective fleure avec le beau monde, voit ses exploits relatés dans la presse, Arrowood, qui déteste son illustre concurrent, s’intéresse plus particulièrement aux bas-fonds qui sont son quotidien. J’ai dans ma PAL deux tomes de cette série, que j’ai mis bien trop longtemps à ouvrir. Et je le regrette car ce premier volet est excellent. Rien de très glamour pourtant chez Arrowood et son acolyte Barnett, mis à part beaucoup de saleté et de pauvreté. Mais leur aspect n’empêche pas Caroline Cousture de faire appel au duo pour retrouver son frère, mystérieusement disparu. Le détective est assez réticent de devoir affronter encore une fois M Cream, le malfrat notoire qui les avait déjà rencontrés dans une affaire précédente. Le frère de Caroline Cousture travaillait pour lui. Ils acceptent cependant l’affaire, car les caisses sont vides, et la jeune femme semble cacher des secrets qui intriguent beaucoup Arrowood. Voici donc le lecteur embarqué aux côtés de nos deux compères enquêteurs dans les quartiers surpeuplés du sud de Londres, écumant les pubs, ces maisons étroites où braillent des enfants affamés, mais aussi des maisons plus bourgeoises. Des échauffourées ont lieu, des cambriolages. Les irlandais sont de la partie, semblent avoir infiltré la police. Il est question également d’une maison close. La maîtresse du disparu est assassinée. En quoi cela concerne-t-il donc Thierry le français, avec ses boucles blondes ? L’enquête, trépidante, nous promène comme dans un film dans un Londres d’autrefois que le lecteur semble voir réellement sous ses yeux. J’ai aimé ce sentiment de faire connaissance avec une période méconnue, et aussi, je crois cotoyer de loin, bien malgré Arrowood, l’univers de Sherlock Holmes. Arrowood, avec ses aventures, en est un pendant très réussi.

Editions Harper Collins poche – février 2019

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Un roman lu dans le cadre de…

Lectures 2021·Objectif PAL

Tu comprendras quand tu seras plus grande, Virginie Grimaldi… mon objectif pal du mois !

tucomprendras

J’avais gagné ce livre en 2017 grâce au camion qui livre du Livre de poche. Ensuite, il m’est arrivé de croiser Virginie Grimaldi, sur Paris, ou à Montaigu, sans l’avoir lue. En réalité, je n’étais pas certaine que son écriture soit pour moi. Je ne suis pas très adepte du feel good. Et puis, de nombreux avis lus ici ou là m’ont encouragée à tenter l’aventure… alors, voilà, j’ai sorti ce livre de ma PAL, quatre ans après. Julia, psychologue, débarque aux Tamaris. Elle a décidé, un peu au pied levé, d’effectuer ce remplacement maternité dans cette maison de retraite proche de l’océan, pour fuir Paris, la clinique où elle travaillait, son ancien petit ami, le souvenir de son père décédé et de sa grand-mère disparue. Aussitôt arrivée, elle regrette sa décision, a envie de s’enfuir. Mais la vue de son studio est magnifique, les collègues sont sympathiques et puis, peu à peu, Julia s’attache aux résidents, qui le lui rendent bien… J’ai été très surprise, en début de lecture, par cette maison de retraite où des employés ont le temps d’aller dans les chambres pour savoir si tout va bien, boire un chocolat chaud, et qu’une maison de retraite emploie de plus une psychologue à temps plein. Ce n’est pas le souvenir que j’avais des maisons de retraite où ma mère a travaillé, ni de celle où mon grand père était, et encore moins de celle où je suis parfois aller voter. Je me souviens plus des huit minutes accordées au personnel pour faire le ménage d’une chambre (discussion incluse). J’imagine qu’il s’agit d’une maison de retraite haut de gamme, ce qui n’est pas précisé. Cette invraisemblance a un peu gêné mon début de lecture, même si j’ai aimé l’humour distillé, à la fois vulgaire et distingué de Viriginie Grimaldi, et certains traits des personnages. Il est agréable que Léon reste invariablement antipathique. Il est agréable que Julia soit maladroite et ses amis atypiques et bienveillants. Pour autant, j’ai ressenti beaucoup d’ennui toute la première moitié du livre. Les situations potentiellement exaltantes semblent en effet à chaque fois être tuées dans l’oeuf, comme si l’on mettait un couvercle dessus, ce qui est une bien étrange sensation de lecture, peu satisfaisante. Alors, bien sûr, les chapitres sont plein de belles phrases, qui ont du sens, de citations inspirantes, et la deuxième moitié du livre décolle enfin avec les échanges épistolaires entre Raphaël et Julia, mais le tout m’a laissée assez dubitative et peu séduite. Il m’a manqué les émotions qui font la vraie vie, et tout n’y finit pas toujours bien.

Editions Livre de Poche – mai 2017

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une autre lecture chez… Enna

Un roman lu dans le cadre de…

Lectures 2021·Objectif PAL

Le sel, Jean-Baptiste Del Amo… mon objectif pal du mois !

lesel

Ce type de couverture attire tout naturellement monsieur à qui j’ai chipé ce livre pour le mettre dans ma PAL, il y a un moment de cela… Mais il ne m’avait rien raconté de son contenu. Jean-Baptiste Del Amo cite Virginia Woolf en incipit et nous avons le sentiment, en effet, en début de roman, d’être chez Mrs Dalloway ou dans Les heures de Michael Cunningham. Nous sommes en réalité à Sète, et Louise, veuve de pêcheur, doit recevoir à dîner ses enfants et petits enfants. Tout au long de la journée, jusqu’au dîner, vont remonter chez les protagonistes, des souvenirs souvent douloureux, beaucoup de rancoeur, et de fragiles moments de joie. Au-dessus de tout cela, flottent des fantômes, celui d’Armand, le père violent et complexe, celui de Léa, petite fille morte accidentellement et prématurément, celui de Fabrice, l’amant de Jonas, atteint du Sida. Louise a eu trois enfants avec Armand. Fanny, l’aînée, est la mère de Léa, mais aussi celle de Martin. Son couple ne s’est pas remis du drame et de l’absence. Albin, son frère, a été pris très tôt dans les filets d’Armand, éduqué comme un digne héritier de ses idées et de son savoir faire de pêcheur. Quelles sont les implications aujourd’hui de cette transmission ? Jonas, le plus jeune, le protégé de Louise, est gay. Il a été rejeté par son père, a connu le décès tragique de son amant Fabrice et tente aujourd’hui de vivre une vie sereine avec Hicham, son compagnon. Personne n’a réellement envie d’aller dîner chez Louise. Et ce qui remonte au fur à mesure de la journée est de plus en plus nauséabond… J’ai aimé chez Jean-Baptiste Del Amo, l’écriture, et cette finesse d’analyse sur l’héritage psychanalytique générationnel. Comment fait-on pour échapper à ce qui semble être parfois un déterminisme, à ce qui est malgré soi inscrit dans notre histoire, et peut-être aussi dans nos gênes ? Louise a tenté d’opposer sa douceur à la violence d’Armand, mais avec discrétion. A-t-elle réussi à conjurer le sort ? Ou ses enfants doivent-ils lui en vouloir ? L’auteur présente ici une toile de relations complexes, que j’ai trouvé un peu exagérée en fin de livre. Une même famille peut-elle donc cumuler autant de mauvaises situations ? Malgré ce sentiment de fin de lecture, Jean-Baptiste Del Amo est un auteur dont j’ai bien envie de continuer à suivre les écrits.

« Rien n’était plus rattrapable désormais. Il lui apparaissait que leur histoire, celle de leur famille, partie d’eux depuis des générations oubliées, les recoins les plus obscurs d’une généalogie, pouvait se répéter sans cesse, sans que jamais ils parvinssent à y mettre un terme, à enrayer la machine, bloquer les rouages, dévier de route. Albin songea que l’histoire de leur famille, commune et si particulière, pouvait être en définitive, l’histoire de tous. »

Editions Folio – décembre 2011

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une autre lecture chez… Liliba

Un roman lu dans le cadre de…

Lectures 2021

Le Parfum, Patrick Süskind… en mars je lis des livres prêtés !

leparfum

Traduit de l’allemand par Bernard Lorthoraly

En mars, j’avais décidé de privilégier les livres prêtés. Ce roman termine donc ce petit défi pour l’instant… De Patrick Süskind, j’ai peut-être déjà lu Le Pigeon et/ou La contrebasse. Je n’en suis pas certaine (défaut de grande lectrice qui oublie parfois ses lectures). Ce dont j’étais par contre certaine était de ne jamais avoir lu jusque là Le Parfum, car ce livre me faisait peur depuis toujours. De plus, il est assez particulier de commencer un tel roman en ayant perdu une grande partie de son odorat, et ce depuis plusieurs années. C’est donc un étrange voyage, immédiatement fort, que j’ai commencé en ouvrant les premières pages de ce livre, à la rencontre de Jean-Baptiste Grenouille. Ce personnage, qui naît dans un XVIIIème siècle rude, n’avait que peu de chances de survivre. Ses premiers instants, son enfance, sont assez épouvantables et dangereux, dépourvus d’amour et de tendresse. Ce qui est assez vite remarqué chez Grenouille est son manque d’odeur, mais aussi son insignifiance, jusqu’à ce que son génie olfactif soit soudain reconnu. Pour autant, Grenouille reste dans l’ombre et peine à s’imposer. Le voici donc sur les chemins, décidé à fuir le monde, les reflux de la ville, le genre humain. Il restera ainsi plusieurs années, terré dans une caverne, jusqu’à ce que l’évidence de son manque d’odeur lui apparaisse brutalement et l’idée, terrible s’il en est, de créer un parfum « non seulement humain, mais surhumain », quitte à s’en prendre à d’innocentes et belles jeunes-filles pour l’obtenir… Il est assez évident que j’ai lu ce livre après tout le monde, mais peu importe. Merci à ma prêteuse ! Sans plus attendre, je dois avouer que j’ai adoré immédiatement son écriture, qui m’est apparue très vite avoir les codes du roman d’apprentissage. Sa structure, ses personnages font indubitablement de ce roman un classique. Son succès ne m’étonne pas, les lecteurs ne s’y sont pas trompé. Et dire qu’il n’est sorti qu’en 1985 ! Dans la lubie de Grenouille, j’ai cru reconnaître parfois le caractère obtus d’un Dom Quichotte et l’absurdité de certaines scènes (l’exécution par exemple) sont de l’ordre du génie. Il n’y a pas à revenir sur la grandeur de cette oeuvre. J’ai, cependant, fermé ce livre avec un certain malaise, j’ai détesté Grenouille et ses obsessions, je l’ai détesté de faire de cet odorat précieux (qui me manque régulièrement) quelque chose d’aussi vil. Mais sans doute Le Parfum est-il de ces romans que l’on adore lire et détester à la fois ?

Editions Livre du poche – septembre 2006

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Coups de coeur·Lectures 2021·Objectif PAL

Les Immortalistes, Chloe Benjamin… coup de coeur & objectif pal du mois !

lesimmortalistes

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Florence Moreau

❤ Sois je suis émotive en ce moment, sois je ne lis que de bons livres, car il se trouve que ma sortie de PAL du mois est encore un coup de coeur ! Ce roman m’a en effet touché à plusieurs reprises, et fait monter les larmes aux yeux, ce qui est assez rare pour le souligner. Le récit commence à New York, en 1969. Alors que la chaleur de l’été est presque insupportable, quatre enfant d’une même fratrie décident d’aller consulter une voyante dont ils ont entendu parler. Daniel a de l’argent dans sa poche. La démarche est assez excitante pour tromper leur ennui. Cette voyante est censée prédire la date exacte de leur mort. Chacun passe à son tour dans l’appartement crasseux où la sentence leur sera  effectivement administrée, les laissant un peu pantois à la fin de la consultation. Ils tentent ensuite d’oublier la prophétie mais ils n’imaginent cependant pas à quel point elle va diriger leur vie. Simon décide en effet de vivre la sienne à fond et suit sa soeur à San-Francisco où tous les deux vont tenter de concrétiser leurs rêves, tandis que les deux aînés font leur devoir, non sans une certaine rancoeur vis à vis des plus jeunes, et restent près de leur mère. Au premier décès de l’un d’entre eux, la prophétie se vérifie. S’agit-il d’une autodétermination ou d’une réelle fatalité ? J’ai été profondément touchée par le premier décès, quand il arrive à la date prévue, tellement je m’étais attachée au personnage que Chloé Benjamin nous apprenait à aimer depuis les premières pages. Et c’est tout le talent de cette romancière, de réussir à nous lier à cette famille, de nous malmener ensuite avec le couperet de la fatalité, tout en nous bombardant de mille questions. Est-ce que l’autosuggestion a un tel pouvoir ? Doit-on croire à la voyance ? Quel est notre libre arbitre ? J’ai été sonnée par cette fresque familiale originale et étonnante qui approfondie avec beaucoup de délicatesse la psychologie de chacun de ses membres et explore également le contexte et l’époque. Je ne m’attendais pas à être aussi emballée par ce roman dont je n’avais jusque là pas entendu parler. Une chouette sortie de PAL donc !

 Editions Le livre de poche – avril 2019

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une autre lecture chez… Natiora (coup de coeur également)

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Lectures 2021

Prisonniers du paradis, Arto Paasilinna… en mars je lis des livres prêtés !

prisonniers du paradis

Traduit du finnois par Antoine Chalvin

En mars, j’ai décidé de lire des livres prêtés. Et oui, je suis faible, et quand quelqu’un me propose un livre, malgré ma PAL gargantuesque, je dis bien souvent oui. J’aime en effet toutes les occasions qui permettent au hasard de mettre de nouveaux livres sur mon chemin… J’avais déjà lu Arto Paasilinna, sans doute Le lièvre de Vatanen ( je ne sais plus), et j’en gardais un souvenir réjoui. Et c’est sans aucun doute l’humour de Arto Paasilinna qui sauve ce récit et le rend si savoureux. Un avion s’échoue sur une île déserte. A son bord, principalement des infirmières et des bûcherons. Le narrateur, un journaliste finnois nous raconte les faits. Les naufragés s’organisent, cherchent de la nourriture, récupèrent le matériel enfermé dans le cockpit. Les hommes et les femmes se rapprochent, et heureusement l’avion transportait une cargaison de stérilets. Cette petite société part du principe que les biens privés sont exclus, ce qui évite les conflits. L’humour de Arto Paasilinna rend toutes les péripéties de ce récit à la Robinson Crusoe amusantes, sous un faux air sérieux. Les finlandais trouvent le moyen de distiller de l’alcool, un planning familial est mis en place pour poser les stérilets aux nombreuses femmes du camp, on cherche à imprimer dans la jungle de grandes lettres SOS sur des kilomètres, dans l’espoir qu’un satellite visualise le signal de détresse. Les naufragés, au fil des mois, finissent par s’installer dans un confort relatif qui leur donnerait presque envie de rester là, dans ce paradis, pour toujours. J’avais été assez déçue par ma lecture Des jours sauvages, à la dernière rentrée littéraire, qui raconte peu ou prou un naufrage du même acabit. Lire le roman de Arto Paasilinna m’a réconcilié avec le genre et m’a remis en mémoire combien j’aimais cet humour nordique particulier et si rafraîchissant.

Editions Folio – août 1998

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Une autre lecture chez… Doucettement