Lectures 2019·Objectif PAL

Fleur de glace, Kitty Sewel… mon objectif pal de décembre !

J’ai choisi ce livre dans ma PAL dans l’optique de continuer à lire en décembre quelques titres sur le thème de Noël et de l’hiver pour mon club de lecteurs. Et je n’ai pas regretté mon choix. Fleur de glace est un roman à la fois très prenant et dépaysant. Nous sommes à Cardiff, dans les Pays de Galles, en 2006. Le docteur Dafydd Woodruff, bien installé, autant dans sa vie professionnelle que personnelle, voit tout à coup son quotidien bouleversé par une lettre en provenance de Moose Creek, dans les territoires du Nord au Canada. Sheila Hailey lui apprend ainsi qu’il serait le père de ses jumeaux. Il y a quinze ans, le chirurgien a tenté en effet d’oublier là-bas une erreur opératoire qui avait coûté la vie à un petit garçon. Mais Dafydd Woodruff est persuadé de ne jamais avoir eu de rapports sexuels avec Sheila, l’infirmière en chef revêche de l’hôpital où il exerçait alors. Un test ADN confirme sa paternité. Tandis que son couple est au bord du naufrage, Dafydd décide de se rendre sur les lieux, afin de voir Sheila et les enfants. En parallèle, le lecteur est projeté en 1992 et fait la connaissance du jeune Dafydd, fraîchement débarqué à Moose Creek. Petit à petit, les événements se confrontent et les pièces du puzzle se mettent en place. Un peu perdu, le chirurgien reprend malgré tout ses marques dans ce lieu qu’il a laissé presque à l’identique quelques années plus tôt et s’attache aux adolescents dont il admet être le père biologique. La science ne peut pas se tromper. A Cardiff, la vie de Dafydd ne cesse par ailleurs de plonger dans le chaos. Sa femme a peu ou prou quitté le domicile conjugal et souhaite vendre leur maison, traînant depuis le test ADN et les dénégations de son mari le sentiment d’avoir été trahie. Dafydd vit un enfer mais quelque chose semble bouger en lui… Et j’ai beaucoup aimé, moi lectrice des Racontars du froid de Jorn Riel par exemple, toute cette ambiance des territoires du Nord qui me fascinent, la galerie de personnages secondaires et hauts en couleurs que Dafydd côtoie, notamment ce vieil homme appelé Ours Qui Dort et l’ami aux lourds secrets, Ian. A Moose Creek, chacun a conscience du danger que représentent le froid et la nature. On boit, on se drogue parfois, on vit dans la saleté sans trop y prêter attention. Tout le monde se connaît ou est amené à se croiser un jour. Le monde est aussi petit que le territoire est vaste. Et si Dafydd avait en fait laissé son coeur encore un peu plus loin, dans le nord, pendant son séjour auprès d’un vieil homme et d’une femme nommée Uyarasuq ?

Editions Pocket – septembre 2009

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Lectures 2019

Pourquoi je déteste Noël, Robert Benchley

J’ai décidé cette année de lire en décembre quelques titres sur le thème de Noël et de l’hiver. C’est également le sujet des prochaines rencontres de mon club de lecture… J’ai donc fureté en librairie et déniché quelques poches. Ce que j’ai aimé chez celui-ci est l’écho trouvé en couverture de ce que j’ai pu entendre à l’approche des fêtes. Il y a de multiples raisons d’aimer Noël mais aussi de multiples autres de le détester. Ce tout petit livre d’une centaine de pages, que l’on trouve en mini format renferme en fait un recueil de 12 nouvelles de Robert Benchley. Le titre est sorti en France chez Wombat en 2011 sous une couverture un peu moche mais peut-être plus explicite car on y voit un Père Noël à peine déguisé parler à un enfant assis sur ses genoux et qui se bouche les oreilles (voir plus bas)… Je dois dire que je n’ai pas vraiment aimé cette lecture. En effet, les nouvelles incluses dans ce livre sont satiriques, certes, mais assez datées et pour certaines franchement dérangeantes. L’auteur est décédé en 1945. Je note d’ailleurs le remarquable travail d’éditeur de Points qui donne pourtant à ce mini poche des allures extrêmement attirantes. Cela dit, certaines nouvelles de ce recueil sont quand même excellentes et relèvent le niveau de l’ensemble. La première nouvelle par exemple s’amuse de l’idée d’un bon vieux Noël à l’ancienne qui serait, selon les dires de tout le monde, le Noël parfait. Le narrateur décrit un Noël à la campagne chez ses beaux parents avec tous les codes d’un Noël réussi, le froid, la nourriture trop abondante, le temps passé assis (soit à manger, soit à ne rien faire, soit à écouter le tic-tac de l’horloge), l’ennui profond. La deuxième nouvelle est sans doute ma préféré. Elle raconte la création de la carte de voeux par un homme, nommé Ferderber, qui n’ayant rien sous la main, mis à part du papier a l’idée une année de souhaiter Noël en découpant quelques cartes et en y ajoutant des pensées relatives à la saison. L’idée lui vient aussi de dessiner une feuille de houx. Les cartes de voeux deviennent un tel phénomène qu’un jour plus personne ne les lit et qu’un autre personnage a lui l’idée de formuler plutôt des voeux agressifs et déplaisants. Il faudra une année pour enrayer le processus et déclarer officiellement l’interdiction de la fabrication des cartes de voeux. Les nouvelles suivantes sont malheureusement moins drôles (de mon point de vue) ou d’un humour un peu dépassé. Elles mettent en scène la plupart du temps des enfants, qui reçoivent des taloches si ils n’écoutent pas les contes de l’Oncle Edith par exemple ou se retrouvent suspendus à un lustre en fin de réveillon car ils ont dérangé des cambrioleurs. Après la lecture de ce titre, vous ne risquez pas d’aimer Noël davantage. Et il faut vraiment avoir un certain humour décalé et absurde pour l’apprécier, ce qui n’est peut-être pas tout à fait mon cas en ce moment.

Editions Points –  novembre 2018

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Bienvenue à High Rising, Angela Thirkell

J’ai décidé cette année de lire en décembre quelques titres sur le thème de Noël et de l’hiver. C’est également le sujet des prochaines rencontres de mon club de lecture… J’ai donc fureté en librairie et déniché quelques poches. Celui-ci a trouvé grâce à mes yeux, par le charme de sa couverture et non par son bandeau (rassurez-vous). Nous sommes en 1930, dans un petit village anglais appelé High Rising, à quelques encablures de Londres. Les potins vont bon train parmi les habitants de ce hameau. Ils concernent en particulier la nouvelle secrétaire de George Knox, un riche écrivain du coin. On la dit prête à tout pour se faire épouser, et un peu folle. Laura Morland, romancière à succès, veuve, mère de trois grands garçons et d’un adolescent, souhaite tirer les choses au clair pendant son séjour, avant de retourner à Londres. George Knox est un bon ami, malgré ses lubies et ses conversations ennuyeuses, et elle a déjà dans ses cartons un autre plan, celui de présenter la fille de l’écrivain, Sybil Knox, à son éditeur Adrian. Cette secrétaire, un brin hystérique et très envahissante pourrait tout faire capoter, surtout qu’elle se présente comme une grande fan des poèmes de jeunesse de l’éditeur. A quelques jours de Noël, voici donc High Rising en pleine effervescence et le haut lieu des intrigues les plus basses. Ce roman a un charme désuet indéniable, et j’ai pensé bizarrement à l’ambiance de la série Downton Abbey, sans doute parce que à l’instar de la série les employés ont ici un rôle important. En effet, même si chaque personnage doit respecter les codes réservés à leur rang, ce n’est pas toujours aisé, et il semblerait qu’ils aient tous un peu de mal à trouver leur place. L’employé de maison de Laura, Stoker, a par exemple beaucoup de mal à ne pas prendre la parole, et à rapporter les potins du village, quitte à mettre mal à l’aise ses interlocuteurs. Le docteur du village n’ose avouer ses sentiments à la femme qu’il admire, mais rompt sans cesse le secret professionnel. Sybil est sotte mais a tout de même écrit un livre, car on la suppose aussi douée (voire plus) que son père. Le fils de Laura envahit les conversations et la maison de sa mère par sa passion exubérante pour les trains. Les personnages sont attachants, étonnamment modernes dans leurs agissements (surtout Laura Morland qui ne souhaite pas se remarier et est autonome financièrement), mais malheureusement l’intrigue s’avère au fil de la lecture un peu plate. Dommage.

Editions 10/18 –  17 octobre 2019

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L’histoire de Chicago May, Nuala O’Faolain

Voici un livre reçu pour une fois avec une Box. Elle fait partie des coffrets déjà préparés de Kube (photo du contenu en bas du billet). Ce coffret nommé Terres d’Irlande me faisait très envie. Je l’ai commandé au mois d’août. Un peu lassée par le battage autour de la rentrée littéraire à ce moment là, je ressentais en effet des envies de voyage. Une envie que je vais d’ailleurs décliner sur le deuxième rendez-vous du club de lecture que j’anime sur La Roche sur Yon. J’en ai fait le prochain thème du mois d’octobre, et nous sommes tous en train de potasser le sujet en ce moment. Ce sera amusant de voir ce que les lecteurs auront choisi, j’ai hâte d’y être. Dans le récit que je vous présente aujourd’hui, je pensais béatement voyager en Irlande. Mais l’aventure de Chicago May est bien plus impressionnante et dépaysante que cela. Nuala O’Faolain s’est penchée sur le destin réel d’une jeune irlandaise pauvre qui décide en 1890 de s’enfuir vers l’Amérique. Elle deviendra très vite une prostituée, pour survivre, mais également une criminelle célèbre, complice d’un braquage de banque en France, d’un assassinat sur le sol anglais. Plusieurs fois emprisonnée, elle n’aura de cesse pour autant de garder sa superbe, son orgueil, son indépendance et sa détermination.  Tout en construisant cette biographie rocambolesque, qui donne aussi une image assez réaliste de l’époque, Nuala O’Faolain compulse des documents, convoque ses propres souvenirs familiaux et s’interroge plus largement sur l’acte autobiographique. Les criminels de l’époque essayaient de gagner un peu d’argent en écrivant le récit de leurs aventures, ce qui lui a donné une base de travail appréciable. Il est peu de dire que tout cela est grandement intéressant, intellectuellement parlant. J’ai personnellement adoré ces moments là du récit. Le personnage de May est par ailleurs tellement déroutant que l’on suit ses aventures avec passion, se demandant jusqu’où elle va pouvoir aller, et se perdre. En tant que personnage de fiction, elle serait d’ailleurs certainement considérée comme complètement invraisemblable, tant ses aventures sont multiples et brouillonnes. J’ai beaucoup aimé ce récit qui pêche peut-être parfois par quelques longueurs, mais on sent combien Nuala O’Faolain ne voulait rien oublier, n’omettre aucun détail de la vie de Chicago May. Les pages sont d’ailleurs agrémentées de documents et photos d’époque qui apportent véritablement au texte et donnent un effet réaliste au récit. Ce livre est rempli d’empathie, de sensibilité, de bienveillance, ce qui lui donne une dimension attachante que la simple énumération des exploits de Chicago May n’aurait pas réussi à atteindre. J’ai beaucoup aimé m’y plonger.

Sabine Wespieser éditeur – mai 2018

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Ce titre a reçu le Prix Fémina étranger 2006

Le contenu de la Kube Terre d’Irlande

Lectures 2019

La maladie de Sachs, Martin Winckler

Comme j’avais aimé découvrir Martin Winckler via Le Choeur des femmes, on m’a prêté ce roman dont j’avais énormément entendu parler, à sa parution en librairie je suppose (il a reçu le prix du livre Inter 1998), mais plus certainement encore lorsque son adaptation (avec Albert Dupontel) est sortie… Ce qui m’a tout de suite frappé dans les premières pages de ce texte, est l’emploi du tu, qui sera présent tout du long du roman, et qui désigne le docteur Sachs et l’abondance des énumérations, qui donnent sens par leur profusion. Jeune médecin, le docteur Sachs vient de s’installer à Play. Tout d’abord un peu méfiants, les patients finissent par envahir la salle de ce praticien pas comme les autres, qui prend son temps, est doux, et allonge les malades sur un matelas posé au sol. C’est un portrait en creux que nous donne à lire Martin Winckler, car ce sont en effet les autres, tous les autres, les malades, les collègues, les amis, qui vont apporter petit à petit leur pierre, leur témoignage, leur expérience et faire de Bruno Sachs un être de chair. Ils sont peu nombreux à ne pas tomber sous son charme. Beaucoup l’apprécient, font appel à lui, l’observent et se posent des questions sur sa vie. Quelques uns lui doivent d’ailleurs la vie sauve. La commune est petite. Les gens jasent. Le docteur Sachs a la trentaine bien tassée, il est célibataire. Alors, lorsque une femme entre dans chez lui et s’y installe, ses patients sont ravis. Mais, pourvu que le docteur ne parte pas… Comme Le choeur des femmes, j’ai beaucoup apprécié cette lecture, qui donne à réfléchir sur la bonne manière de soigner. J’ai peut-être cependant moins été emballée par cet opus là, qui décrit vraiment ce que peuvent être les occupations d’un médecin de campagne par le menu détail, tant j’avais été intéressée par le côté militant du précédent lu. Pour autant, voici un livre qu’il est précieux de lire et dont j’ai aimé surtout la forme (très originale, très dans la ligne de l’éditeur POL) et parfois la verve. Et puis, ce qui est intéressant, autant que touchant dans ce roman, ce sont tous ces personnages dont on découvre le quotidien simple et parfois éprouvant, les émotions, les maladies bien sûr, mais aussi les rêves, et qui vont, viennent et reviennent dans les journées bien remplies du docteur Sachs.

Editions J’ai lu – février 2003

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Jours de colère, Sylvie Germain

Je n’avais jamais lu de romans de Sylvie Germain, un oubli à réparer… Grâce au prêt d’une collègue, j’ai enfin pu découvrir ce Jours de colère étonnant, qui a remporté le Prix Fémina en 1989. Nous sommes dans des temps et des lieux reculés, difficilement repérables, dans les forêts du Morvan, loin du monde. Et le premier jour de colère survient lorsque Corvol, un riche propriétaire forestier, tue sa femme dans un fol accès de jalousie. Ambroise Mauperthuis assiste à la scène, tombe éperdument amoureux de Catherine pourtant morte et fait chanter le malheureux mari. Il récupère ainsi ses terres, décide de marier son aîné à sa fille et n’a qu’une hâte, retrouver dans sa descendance une Catherine ressuscitée. Mais le fils aîné d’Ambroise n’a d’yeux que pour Reinette-la-grasse, une voluptueuse jeune femme rêveuse qui lui donnera de nombreux garçons. Ambroise fulmine, chasse ce fils ingrat de ses terres, et obnubilé par sa quête, fait de son second fils l’époux de Claude, fille de Corval. Dans les traits de la petite fille qui naîtra de cette union malheureuse, Camille, Ambroise retrouvera enfin avec joie les traits de Catherine, la vive, la plus qu’attendue… J’ai découvert avec ce titre la plume de Sylvie Germain, une plume ici hautement poétique et universelle, chantante. L’histoire qu’elle nous conte dans son récit, qui donne la part belle à la folie, à la vengeance, à l’amour de Dieu, à la beauté, est envoûtante. Je comprends le succès de ce roman à l’époque et sa résonance. J’ai beaucoup aimé pour ma part me laisser bercer par cette belle langue enchanteresse, trembler pour Camille et Simon, les amants maudits, rêver devant les fils de Reine – tous nés un 15 août – et le patchwork de leurs caractères. J’ai fait avec ce roman une bien jolie découverte et je vous conseille à votre tour de sauter le pas si vous ne connaissez pas encore cette auteure. A lire si vous avez aimé Trois saisons d’orage de Cécile Coulon, par exemple.

Editions Folio – novembre 1991

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