Lectures 2020

La terre des mensonges, Anne B. Radge

Traduit du norvégien par Jean Renaud – Titre original : Berlinerpoplene

Je découvre à mon tour, et un peu tard, l’univers de la ferme des Neshov. Ce titre est en effet le premier d’une saga qui compte déjà plusieurs volumes… C’est un peu le revers d’avoir créé un club de lecture en 2019, on me prête dorénavant des livres, et ma LAL (Liste à Lire) explose. Mais je ne regrette rien, car je n’aime rien tant que découvrir de nouveaux univers, et tant pis si ma PAL déborde généreusement à présent à terre, n’ayant plus de place nulle part… Ce livre a pour autant été une lecture plutôt difficile pour moi au départ. Je sortais effectivement d’une autre lecture, une déception, un roman dont je vous parlerai plus tard, et que je me suis bêtement forcée à lire. Rien de tel pour attraper une mauvaise panne de lecture… Mais le charme de l’écriture de Anne B. Radge, son univers lent et bourré de détails, a fonctionné. Cette saga a été plébiscitée deux fois lors du dernier rendez-vous du Club des lecteurs yonnais sur le thème de Noël, de l’hiver et des auteurs nordiques. Un très bon choix que ce volume car il regroupe à lui seul les trois thèmes… En effet, quelques jours avant Noël, dans une ferme de Norvège, une vieille femme tombe malade. Tor, son fils, en est déboussolé, mais s’affaire tout de même à prendre soin de leur élevage de porcs, et des nouveaux nés. Son père, qui a toujours été étrange, n’est d’aucune aide et erre dans la maison sans but, et sans se laver. Quand la vieille femme est soudain hospitalisée, suite à une attaque, les frères de Tor et sa fille débarquent… histoire de voir pour une dernière fois celle qui n’a pourtant pas brillé jusque là par sa tendresse et sa bienveillance. Torunn, qui a déjà la trentaine, fait la connaissance alors de ses oncles, de son grand-père et de cette ferme dont elle pourrait plus tard hériter, mais dans un état de délabrement et de saleté indicibles. Et c’est ce qui est intéressant dans ce premier volume (qui nous laisse en fin de tome avec une révélation explosive), c’est que toute l’énergie déployée par chacun pour ne pas rester, ne pas s’impliquer, ne pas s’émouvoir, ne pas créer de liens, est malmenée par la curiosité, l’apitoiement et les liens du sang. Les Neshov n’ont aujourd’hui rien en commun, mais partagent, quoiqu’ils fassent et veuillent, ce lieu et leur passé. Un grand merci donc à mon club pour m’avoir permis de sauter dans cette saga addictive (j’ai envie de lire la suite à présent) !

Editions 10/18 – 3 mars 2011

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Lectures 2019

Bons baisers de Noël, Nancy Herkness & Tawna Fenske & Rebecca Crowley

Avant de me diriger vers des lectures plus sérieuses (la rentrée de janvier a débarqué dans ma BAL avec quelques titres beaucoup plus austères mais très tentants)… je termine avec ce livre mon incursion inédite dans l’univers fascinant des romans de Noël. Les maisons d’édition font pour les fêtes un travail éditorial remarquable, en ce qui concerne les couvertures. Malheureusement, l’intérieur n’est pas toujours à la hauteur, ou en adéquation. Ici, finalement, tout va bien… car ce recueil est une version livre tout à fait légitime de ces fameux films de Noël que nous regardons avec délectation pendant l’avent, histoire de se mettre dans l’ambiance… Je dois cependant préciser qu’il s’agit ici d’une version plus Harlequin que Hallmark (pour les connaisseurs), et que ces trois romances auraient tout à fait leur place dans le premier mardi c’est permis de Stéphie. Dans les trois nouvelles, en effet, un beau sportif aux pectoraux impressionnants, mais au passé difficile, rencontre une belle jeune femme d’affaires à la veille de Noël. L’attraction irrésistible est évidente dès les premiers échanges mais les deux tourtereaux mettent quelques temps à baisser leur garde et à se laisser aller… Il faut dire que leur passé, ou leur présent, leurs blocages en tous genres, leur mettent des bâtons dans les roues. Pour autant, le passage à l’acte est rapide (et détaillé) et le lecteur sait que tout va finir par un happy end (c’est Noël). Malgré la légèreté évidente de l’ensemble, je me suis surprise à apprécier la lecture de ce recueil, digne de mes lectures adolescentes. C’est tendre, américain, complètement invraisemblable et plein d’espoir, détente garantie. La nouvelle centrale, qui se déroule au sein d’un élevage de rennes est de loin la plus réussie et la plus aboutie, la plus drôle aussi. Un poche à lire pour ce qu’il est donc, sans se prendre la tête, et au coin du feu.

J’en profite pour vous souhaiter sur le blog de très belles fêtes de fin d’année !

Editions J’ai lu –  octobre 2019

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Lectures 2019·Objectif PAL

Fleur de glace, Kitty Sewel… mon objectif pal de décembre !

J’ai choisi ce livre dans ma PAL dans l’optique de continuer à lire en décembre quelques titres sur le thème de Noël et de l’hiver pour mon club de lecteurs. Et je n’ai pas regretté mon choix. Fleur de glace est un roman à la fois très prenant et dépaysant. Nous sommes à Cardiff, dans les Pays de Galles, en 2006. Le docteur Dafydd Woodruff, bien installé, autant dans sa vie professionnelle que personnelle, voit tout à coup son quotidien bouleversé par une lettre en provenance de Moose Creek, dans les territoires du Nord au Canada. Sheila Hailey lui apprend ainsi qu’il serait le père de ses jumeaux. Il y a quinze ans, le chirurgien a tenté en effet d’oublier là-bas une erreur opératoire qui avait coûté la vie à un petit garçon. Mais Dafydd Woodruff est persuadé de ne jamais avoir eu de rapports sexuels avec Sheila, l’infirmière en chef revêche de l’hôpital où il exerçait alors. Un test ADN confirme sa paternité. Tandis que son couple est au bord du naufrage, Dafydd décide de se rendre sur les lieux, afin de voir Sheila et les enfants. En parallèle, le lecteur est projeté en 1992 et fait la connaissance du jeune Dafydd, fraîchement débarqué à Moose Creek. Petit à petit, les événements se confrontent et les pièces du puzzle se mettent en place. Un peu perdu, le chirurgien reprend malgré tout ses marques dans ce lieu qu’il a laissé presque à l’identique quelques années plus tôt et s’attache aux adolescents dont il admet être le père biologique. La science ne peut pas se tromper. A Cardiff, la vie de Dafydd ne cesse par ailleurs de plonger dans le chaos. Sa femme a peu ou prou quitté le domicile conjugal et souhaite vendre leur maison, traînant depuis le test ADN et les dénégations de son mari le sentiment d’avoir été trahie. Dafydd vit un enfer mais quelque chose semble bouger en lui… Et j’ai beaucoup aimé, moi lectrice des Racontars du froid de Jorn Riel par exemple, toute cette ambiance des territoires du Nord qui me fascinent, la galerie de personnages secondaires et hauts en couleurs que Dafydd côtoie, notamment ce vieil homme appelé Ours Qui Dort et l’ami aux lourds secrets, Ian. A Moose Creek, chacun a conscience du danger que représentent le froid et la nature. On boit, on se drogue parfois, on vit dans la saleté sans trop y prêter attention. Tout le monde se connaît ou est amené à se croiser un jour. Le monde est aussi petit que le territoire est vaste. Et si Dafydd avait en fait laissé son coeur encore un peu plus loin, dans le nord, pendant son séjour auprès d’un vieil homme et d’une femme nommée Uyarasuq ?

Editions Pocket – septembre 2009

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Lectures 2019

Pourquoi je déteste Noël, Robert Benchley

J’ai décidé cette année de lire en décembre quelques titres sur le thème de Noël et de l’hiver. C’est également le sujet des prochaines rencontres de mon club de lecture… J’ai donc fureté en librairie et déniché quelques poches. Ce que j’ai aimé chez celui-ci est l’écho trouvé en couverture de ce que j’ai pu entendre à l’approche des fêtes. Il y a de multiples raisons d’aimer Noël mais aussi de multiples autres de le détester. Ce tout petit livre d’une centaine de pages, que l’on trouve en mini format renferme en fait un recueil de 12 nouvelles de Robert Benchley. Le titre est sorti en France chez Wombat en 2011 sous une couverture un peu moche mais peut-être plus explicite car on y voit un Père Noël à peine déguisé parler à un enfant assis sur ses genoux et qui se bouche les oreilles (voir plus bas)… Je dois dire que je n’ai pas vraiment aimé cette lecture. En effet, les nouvelles incluses dans ce livre sont satiriques, certes, mais assez datées et pour certaines franchement dérangeantes. L’auteur est décédé en 1945. Je note d’ailleurs le remarquable travail d’éditeur de Points qui donne pourtant à ce mini poche des allures extrêmement attirantes. Cela dit, certaines nouvelles de ce recueil sont quand même excellentes et relèvent le niveau de l’ensemble. La première nouvelle par exemple s’amuse de l’idée d’un bon vieux Noël à l’ancienne qui serait, selon les dires de tout le monde, le Noël parfait. Le narrateur décrit un Noël à la campagne chez ses beaux parents avec tous les codes d’un Noël réussi, le froid, la nourriture trop abondante, le temps passé assis (soit à manger, soit à ne rien faire, soit à écouter le tic-tac de l’horloge), l’ennui profond. La deuxième nouvelle est sans doute ma préféré. Elle raconte la création de la carte de voeux par un homme, nommé Ferderber, qui n’ayant rien sous la main, mis à part du papier a l’idée une année de souhaiter Noël en découpant quelques cartes et en y ajoutant des pensées relatives à la saison. L’idée lui vient aussi de dessiner une feuille de houx. Les cartes de voeux deviennent un tel phénomène qu’un jour plus personne ne les lit et qu’un autre personnage a lui l’idée de formuler plutôt des voeux agressifs et déplaisants. Il faudra une année pour enrayer le processus et déclarer officiellement l’interdiction de la fabrication des cartes de voeux. Les nouvelles suivantes sont malheureusement moins drôles (de mon point de vue) ou d’un humour un peu dépassé. Elles mettent en scène la plupart du temps des enfants, qui reçoivent des taloches si ils n’écoutent pas les contes de l’Oncle Edith par exemple ou se retrouvent suspendus à un lustre en fin de réveillon car ils ont dérangé des cambrioleurs. Après la lecture de ce titre, vous ne risquez pas d’aimer Noël davantage. Et il faut vraiment avoir un certain humour décalé et absurde pour l’apprécier, ce qui n’est peut-être pas tout à fait mon cas en ce moment.

Editions Points –  novembre 2018

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Lectures 2019

Bienvenue à High Rising, Angela Thirkell

J’ai décidé cette année de lire en décembre quelques titres sur le thème de Noël et de l’hiver. C’est également le sujet des prochaines rencontres de mon club de lecture… J’ai donc fureté en librairie et déniché quelques poches. Celui-ci a trouvé grâce à mes yeux, par le charme de sa couverture et non par son bandeau (rassurez-vous). Nous sommes en 1930, dans un petit village anglais appelé High Rising, à quelques encablures de Londres. Les potins vont bon train parmi les habitants de ce hameau. Ils concernent en particulier la nouvelle secrétaire de George Knox, un riche écrivain du coin. On la dit prête à tout pour se faire épouser, et un peu folle. Laura Morland, romancière à succès, veuve, mère de trois grands garçons et d’un adolescent, souhaite tirer les choses au clair pendant son séjour, avant de retourner à Londres. George Knox est un bon ami, malgré ses lubies et ses conversations ennuyeuses, et elle a déjà dans ses cartons un autre plan, celui de présenter la fille de l’écrivain, Sybil Knox, à son éditeur Adrian. Cette secrétaire, un brin hystérique et très envahissante pourrait tout faire capoter, surtout qu’elle se présente comme une grande fan des poèmes de jeunesse de l’éditeur. A quelques jours de Noël, voici donc High Rising en pleine effervescence et le haut lieu des intrigues les plus basses. Ce roman a un charme désuet indéniable, et j’ai pensé bizarrement à l’ambiance de la série Downton Abbey, sans doute parce que à l’instar de la série les employés ont ici un rôle important. En effet, même si chaque personnage doit respecter les codes réservés à leur rang, ce n’est pas toujours aisé, et il semblerait qu’ils aient tous un peu de mal à trouver leur place. L’employé de maison de Laura, Stoker, a par exemple beaucoup de mal à ne pas prendre la parole, et à rapporter les potins du village, quitte à mettre mal à l’aise ses interlocuteurs. Le docteur du village n’ose avouer ses sentiments à la femme qu’il admire, mais rompt sans cesse le secret professionnel. Sybil est sotte mais a tout de même écrit un livre, car on la suppose aussi douée (voire plus) que son père. Le fils de Laura envahit les conversations et la maison de sa mère par sa passion exubérante pour les trains. Les personnages sont attachants, étonnamment modernes dans leurs agissements (surtout Laura Morland qui ne souhaite pas se remarier et est autonome financièrement), mais malheureusement l’intrigue s’avère au fil de la lecture un peu plate. Dommage.

Editions 10/18 –  17 octobre 2019

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Lectures 2019

Dans la barbe du Père Noël, Ghislaine & David Trouilloud

J’ouvre mon petit calendrier de l’avent personnel avec ce titre. J’ai en effet décidé cette année de présenter quelques livres sur le thème de Noël sur ce blog (mais pas tous les jours, rassurez-vous)… Il faut dire que Noël est un des thèmes du prochain rendez-vous du club de lecture que j’anime et que c’est aussi une manière de m’y préparer. J’ai demandé cet album dans le cadre du dernier Masse critique jeunesse de chez Babélio. J’ai craqué sur cette magnifique couverture, qui donne envie (n’est-ce pas ?) de faire un gros câlin au père noël. A réception, j’ai laissé grande fille le regarder, car ses réactions (même à son âge, 18 ans) sont toujours intéressantes. Sur le sujet, elle a conservé son âme d’enfant. Bien que moins séduite par les dessins des pages intérieures, elle s’est exclamée à plusieurs reprises sur l’histoire et a conclu en me disant… c’est trop mignon. En effet, les dessins des pages intérieures peuvent rebuter notre esthétique d’adultes mais ont tout pour plaire aux plus petits, faces rondes, grands yeux et personnages colorés. De plus, la narration suit un fil qui fonctionne à chaque fois, élément perturbateur de départ, interrogation, quête et résolution progressive de l’interrogation du départ, puis happy end. Mais que se passe-t-il donc au pays du père noël ? A quelques jours de la livraison des cadeaux, une grande partie d’entre eux ont disparu. Un lutin plus malin que les autres a deviné. La barbe du père noël a tellement poussé depuis plusieurs saisons que beaucoup de choses s’y sont perdues. Et pas que des cadeaux ! On y retrouve ainsi notamment un hérisson de l’automne précédent, le château de sable de l’été dernier et quelques fleurs des prés du printemps. Tout le monde est rassuré. Les cadeaux vont pouvoir être distribués. Mais ne serait-ce pas une bonne idée que de couper un peu cette fameuse barbe ? Au final, voici un album qui plaira certainement aux plus petits et les fera rêver en cette période de l’avent, même si personnellement j’ai été un peu déçue par son esthétique.

Editions Thot –  13 Septembre 2019

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Lu dans le cadre d’une opération Masse critique de chez Babelio