Lectures 2018

Les idéaux, Aurélie Filipetti… Rentrée littéraire 2018

 

Aurélie Filipetti signe ici un roman de rentrée littéraire qui fait forcément un peu de bruit dans les médias. Ancienne députée et ministre de la culture, elle est en effet une personne connue du public, elle a côtoyé récemment des figures importantes du monde politique français, sa parole compte. Mais pourquoi un roman ? Voilà qui m’a déjà moi envoyée sur une mauvaise piste. A lire très vite le pitch de ce livre, je pensais que l’auteure avait écrit effectivement un roman d’amour, qui confrontait un homme et une femme, des personnages aux idéaux différents, contraires, et pourtant amants. Et j’étais intéressée de découvrir la capacité fictionnelle de l’ancienne ministre. En réalité, Aurélie Filipetti raconte dans ce livre sa relation avec Frédéric de Saint-Sernin, secrétaire d’État dans le gouvernement Raffarin. Elle cherche également à justifier son parcours, ses idées politiques, ses actions et ses empêchements. Dans les deux premiers tiers du livre, j’ai eu le sentiment qu’elle était très prudente, ne nommant personne (le président est qualifié de Prince), ne rentrant que très peu aussi dans sa sphère privée, se contentant d’énoncer de grandes idées aux motivations respectables, les confrontant avec son amant, se justifiant (encore) d’être avec lui malgré leurs différences, revenant sur ses origines sociales. Bref, je m’ennuyais un peu dans une atmosphère nébuleuse entretenue où il ne se passait au final pas grand-chose pour la néophyte en politique que je suis, rien de visiblement croustillant non plus à se mettre sous la dent en ce qui concerne une histoire d’amour réduite à des SMS et des passages rapides et discrets dans des portes cochères. Et puis, à partir de la page 315 (sur 443), quelque chose bouge. Entrée alors à son tour au gouvernement, la narratrice émet des commentaires sur le nouveau président, et surtout sur sa déception de voir que rien de ce que l’on attendait n’arrive, et à quel point le militantisme est désormais bafoué par un pouvoir, pourtant de gauche, qui préfère répondre aux sirènes de la bourgeoisie, de l’argent et de la flatterie. Aurélie Filipetti est soudain remontée en flèche dans mon estime, au vu du courage qu’elle manifestait tout à coup. Le portrait qu’elle fait de François Hollande est édifiant. Malgré une écriture de grande qualité, je reste toutefois assez réservée sur ce titre qui ne respecte pas spécialement son contrat de départ et semble être bien plus une justification d’actions politiques passées que le récit d’une histoire d’amour compliquée. Aurélie Filippeti en ressort cependant avec une image plus précise, moins effacée, plus intéressante.

Editions Fayard – 22 août 2018

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

« Après le repas, elle le raccompagna jusqu’à la porte, puis retourna à son bureau.
Elle aimait se promener dans le palais déserté à la nuit tombée, au moment où l’on n’entend plus soupirer que la fatigue des horloges. Les chandeliers d’argent, les lustres de cristal, les tapis de laine épaisse, les candélabres tortueux oubliaient alors pour un moment les rendez-vous des plaideurs. Même le prince Jérôme sur son tableau en pied semblait s’assoupir. Elle ouvrit les portes-fenêtres en grand pour dissiper le parfum entêtant des flatteries. Une angoisse la saisit. Elle entendait ce bruit, de nouveau, comme une porte cognant contre son chambranle doré. Il n’y a pourtant pas de courant d’air ici, pensa-t-elle.
Un bruit sourd. Le fantôme était là, sourit-elle, ou peut-être pas.
Le fantôme du peuple. »

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Coups de coeur·Lectures 2018

Un gentleman à Moscou, Amor Towles… Rentrée littéraire 2018

  

Le roman dont je vais vous parler aujourd’hui a – je trouve – un charme littéraire tout à fait irrésistible… Et j’en fais un coup de coeur de cette rentrée littéraire, tant il m’a séduite par son côté à la fois désuet et érudit. Avec Un Gentleman à Moscou, vous entrez dans un microcosme étonnant, celui de l’Hôtel Metropol à Moscou. Le Comte Illitch Rostov vient d’y être assigné à résidence suite à un procès mené par un tribunal bolchévique. Nous sommes au début des années 1920. Le Comte avait déjà ses habitudes dans cet hôtel, mais on ne lui permet pas de rester dans sa suite et les employés, gênés, déménagent quelques unes de ses imposantes affaires dans une toute petite pièce du dernier étage, une ancienne chambre de bonne, un cagibi d’à peine 9m2. Le Comte accepte cependant son sort avec philosophie et intelligence, sympathisant au fil des années avec les employés de l’hôtel (jusqu’à finir par devenir un des leurs), nouant des relations privilégiées avec de hauts dignitaires, des diplomates de passage. Mais, c’est sa rencontre improbable avec une petite cliente, Nina, qui sera déterminante dans la vie du Comte. Se faufilant partout, connaissant des passages secrets, elle lui ouvrira les portes inexplorées de cet hôtel qui ne contient pas moins de deux restaurants, un bar et de nombreuses salles de réception où se réunissent régulièrement les nouveaux maîtres du Kremlin. Ce roman est un pavé de près de 600 pages, il est physiquement très lourd, mais il serait judicieux de ne pas s’arrêter à ces considérations, et de plutôt décider de se laisser accrocher par sa sublime couverture. Car je n’ai rien regretté de ce fabuleux voyage dans une URSS en construction, qui cherche parfois ses marques, via une fresque romanesque digne des plus grands romans, et qui n’oublie pas de rendre hommage à l’âme et à la culture russe. J’ai adoré visiter avec le Comte, ce gentleman convaincu rarement pris en défaut de bienséance, et personnage peu à peu infiniment attachant, toutes les pièces et escaliers dérobés du Metropol que l’on finit par connaître, comme les nombreux autres personnages de ce roman, sur le bout des doigts. Cerise sur le gâteau, Un gentleman à Moscou sera prochainement adapté en série télévisée par Tom Harper, avec Kenneth Brannagh dans le rôle titre, hâte.

Editions Fayard – 22 août 2018

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

« A l’instar de celle des francs-maçons, la confédération des perdants est une confrérie très unie dont les membres voyagent sans signe distinctif, tout en se reconnaissant dès le premier regard. Car après leur chute, ceux qui en sont membres partagent une certaine façon de voir les choses. Comme ils savent que la beauté, l’influence, la célébrité et les privilèges vous sont simplement prêtés plutôt que donnés, il est difficile de les impressionner. Ils ne sont pas sujets à la jalousie ou au dépit. Loin d’eux l’idée de parcourir les journaux à la recherche de leur nom. Ils tiennent à vivre parmi leurs semblables, mais considèrent l’adulation d’un oeil prudent, l’ambition d’un oeil compatissant et la condescendance d’un oeil amusé. »

Divers et blabla

Flash back sur 2017

Pour une fois, tu avais envie de faire un petit retour rapide sur cette folle année bloguesque, pleine de rencontres et d’heureux imprévus, qu’a été l’année 2017 !! Tandis que tu termines en ce moment ce tricot jaune commencé il y a un an… Voici donc ci-dessous tout ce qu’il s’est passé (ou presque)… pour toi, en 2017. Selon le modèle du moi après mois de chez Moka.

Janvier : Refaire surface, après une fin de 2016 compliquée. Tu te rends au Festival BD d’Angoulème avec ton groupe de bibilothèque. Tu croises Antoine Dole, Mo’ et Sabine, puis Framboise, Jérôme, Moka… et Mélenchon (si si) [clic]Février : Ta fille découvre Harry Potter !! Les éditions Mazarine te contactent pour être jurée du prochain Mazarine Book Day #2 [clic]. Mars : Le mois des aventures. Nantes. Tu assistes au concert mémorable de Julien Doré. Rennes. Festival Rue des livres. Tu passes un intéressant moment à écouter (entre autres) le futur Goncourt Eric Vuillard.  Et tu as la joie de croiser de nouveau Sylire, Gambadou, Géraldine, Canel, etc…  [clic] Paris. Tu fais ta provinciale mais passe une journée formidable au Mazarine Book Day #2*. Tu croises du beau monde, Caroline, Séverine, Mélusine, le staff de Fayard, mais aussi Stéphanie Pelerin, Baptiste Beaulieu et Julie De Lestrange [clic]. Avril. Tu passes ton temps à gagner des livres chez Jérôme. Montaigu. Le Printemps du livre. Tu fais la bise à Sophie Adriansen, Stéphanie Pelerin, Baptiste Beaulieu, Jérôme Attal, Fabienne Juhel et Erwan Larher. Tu retrouves avec plaisir Sandrine, Clémentine et ses amies. Et tu te retrouves en train de déjeuner en compagnie de Stéphanie Pelerin, Clarisse Sabard, Baptiste Beaulieu, Jeannine Boissard, Gilles Paris et Lorraine Fouchet [clic]. Mai. Tu découvres la boutique Hollywool. Tu vois en concert William Z Villain. Et ta lecture du livre de Julie de Lestrange fait la une de Canalblog [clic]. Juin. Cela fait plus de six mois que tu as repris l’Objectif Pal qui se porte bien. Une blogueuse de l’atelier d’écriture auquel tu participes chez Leiloona sort un joli livre d’été. Tu écris [clic]. Juillet. Bretagne. Vacances. Tu rencontres le Camion qui livre et tu gagnes dix poches avec un hashtag sur Instagram. Tu lis en secret pour les matchs de la rentrée de Price Minister. Et tu passes un bel après-midi improvisé en compagnie de Sylire, une des marraines de l’opération [clic]. Août. Tu commences une écharpe aux couleurs de la maison Serpentard pour ta fille, devenue entre temps totalement fan d’Harry Potter (voir février). Tu deviens accro au thé. Face aux multiples ennuis de Canalblog et en pleine rentrée littéraire, tu décides de changer de plateforme et intègre WordPress [clic]. Septembre. Pour la seconde année, tu es une des marraines des Matchs de la rentrée littéraire [clic]. Octobre. Tu découvres les joies du métier à tisser chez Hollywool. Tu lis tout haut des extraits du Dernier gardien d’Ellis Island devant Gaëlle Josse et bavarde avec elle autour d’un verre. Tu rencontres aussi Mumu dans le bocage. Tu passes ta vie à la bibliothèque [clic].  Novembre. L’écharpe Serpentard est terminée. Plus de cinquante personnes te souhaitent ton anniversaire sur facebook. Tu deviens vintage. Décembre. Tu te rends compte combien 2017 a été riche. Tu fais le bilan de tes lectures. Et te tiens toute prête pour une nouvelle année !!

Merci Enna pour cette carte qui m’a portée chance !! 😉 

(* Laure Rollier est la lauréate du Mazarine Book Day #2 [clic ici])

Ci-dessous, vos neuf photos Instagram préférées de l’année 2017…

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Lectures 2017

Libérées, Titiou Lecoq

Tu dois à tes chers lecteurs du blog un récapitulatif de tes aventures précédentes avec Titiou Lecoq… avant de parler (tu l’espères le plus complètement possible) de son dernier livre (photo ci-dessus). Titiou Lecoq, pour toi donc, c’est – avant toute parution papier – la blogueuse de Girls and Geeks, que tu suis depuis très très longtemps, cette jeune femme au parler franc qui te ressemble un peu (en beaucoup mieux et en plus audacieuse). Sur son blog, elle raconte en effet ses déboires, ses rencontres, ses prises de position, sa vie, son mémorable accouchement, ses enfants… sans langue de bois, et avec un humour séduisant. Les Chroniques de la débrouille (Edité au Livre de poche en avril 2015, et sorti aux éditions Fayard sous le titre Sans télé, on ressent davantage le froid) [clic ici] sont la retranscription retravaillée des chroniques de son blog jusqu’à sa première maternité. Tu as reconnu certains passages que tu avais lu en direct. On y retrouve cette jeune-fille de son temps, arrimée à internet toute la journée, bardée de diplômes inutiles et coincée dans un petit boulot qui la nourrit à peine, pleine de désirs, d’envies de devenir ce qu’elle souhaite devenir, et puis aussi maladroite, avec ses histoires d’amour un peu ratées, ses amis présents. Mais malgré ses hésitations et ses listes, sa volonté de devenir écrivaine, elle ne s’en sort pas si mal la jeune Titiou, puisque de pigiste, elle devient presque journaliste et finit par être invitée sur les plateaux de télé. En 2011, Les Morues sont sorties en librairie [clic ici] et Titiou Lecoq est devenue auteure. Puis, quelques temps plus tard, elle est devenue maman.

« C’est déjà difficile d’être soi, si en plus il faut être une femme, ça relève de l’impossible. »

Du « je » qu’elle était lorsqu’elle était enfant, Titiou Lecoq est bien obligée de constater un beau jour qu’avec la vie de couple, et l’arrivée des enfants, le « elle » est arrivé, et avec lui cette chose étrange qu’est « l’identité féminine ». Et soudain, alors qu’elle se penche pour ramasser une énième chaussette laissée là par un des trois hommes de sa maison (cf Libérées), elle se demande comment, elle, a-t-elle réussi à se laisser glisser dans ce rôle de « ménagère » si éloigné de ses principes et de ce qu’elle est ? Alors, elle décortique l’Histoire, et décèle petit à petit les fondements de ça, d’une volonté politique d’abord tentant petit à petit de maintenir les femmes à la maison, pour créer un foyer susceptible de préserver la santé des hommes et des enfants, et d’apaiser les tensions sociales revendicatrices. Quoi de mieux pour un homme rentrant du travail (n’est-ce pas ?) que de retrouver un foyer chaleureux, qu’une femme apprêtée ayant préparé un délicieux repas ? Elle fustige Instagram et notre période, qui essaye aussi – à sa manière – de sublimer un foyer propre et toujours rangé, décoré. Ne sommes-nous pas nos propres esclavagistes ? Ne mettons nous pas nous même la barre tellement haut que tant de jeunes mères sont épuisées, à bout ? Et qu’en est-il donc du partage des tâches ? De cette soi-disant égalité acquise ? Le chemin est encore long.
Chez toi, le partage des tâches est un sujet de conversation, et comme chez tout le monde rien n’est évident. Personne n’aime vraiment ça, récurer sa maison à longueur de vie (si ?). A la différence près qu’étant myopathe, tu as du lâcher prise depuis longtemps avec cette identité féminine ménagère si répandue (selon des études, les femmes assument encore au moins 2/3 des tâches ménagères). La proportion que tu endossais a du basculer un peu. Ton homme fait beaucoup car tu peux moins, mais il fait aussi à sa manière. A toi aussi on a dit que si tu ne lui concoctais pas de petits plats tu ne garderai pas ton homme, et tu es mariée depuis dix-huit ans. Tu as cru, surtout avec l’arrivée des enfants, qu’il fallait endosser ce costume de mère trop grand pour toi, qui réclamait toujours plus. Tu as eu peur de ne pas être une bonne mère pour des organisations insignifiantes que tes enfants ont oublié aujourd’hui et dont tu sais qu’ils se fichaient éperdument. Etre une mère parfaite. Quelle connerie ! Et combien on se fatigue inutilement, souvent pour satisfaire simplement au regard des autres. Combien tu as passé du temps à être épuisée, toi, pour ces raisons là… du temps qui ne permet pas de faire autre chose. Même si toi tu as décidé dès la première année de ton fils, de voler du temps, justement, au quotidien… pour ton blog, pour les livres, entre deux couches à changer.  Laissons les hommes nous bichonner, prendre le balai, laissons nous l’opportunité de découvrir combien ils aiment ça, se rendre utile… avoir leur place, participer.
Tu as beaucoup aimé l’humour de Titiou Lecoq dans ce livre mais surtout tout ce qui y est documenté, tout ce qu’on y apprend. Tu as été scotchée de réaliser combien la manipulation du politique, du patriarcat, orchestrée depuis longtemps, a fonctionné, fonctionne toujours, de décennie en décennie. Nous sommes la moitié de l’humanité, et qui a dit que nous ne pouvions pas tout avoir ? Et le droit à la parole, et du temps pour nous réaliser. Notre seule responsabilité véritable (à partager avec son conjoint) : l’éducation de nos jeunes garçons, mais aussi de nos filles.
C’est un ouvrage dont tu conseilles une large lecture, autant féminine que masculine d’ailleurs ! Merci à Titiou Lecoq pour cette somme de travail, ce regard lucide, à la fois intime et distancié. Elle parle aussi de ce qui préoccupe le monde en ce moment… Tu as retenu ces phrases. Tu cites…

 » On a peu de pouvoir , mais on en a quand même un : la parole. Les dominés de tout genre n’ont à ma connaissance jamais rien obtenu en étant conciliants et silencieux. Pourquoi penser que c’est à nous de préserver la tranquillité de ces hommes ? Pourquoi continuer à inverser la logique ? Ce n’est pas la femme qui se plaint, qui trouble la tranquillité générale et provoque un scandale. Ce sont les gros lourds. »

Editions Fayard – 9 octobre 2017

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Lectures 2017

Les matchs de la rentrée littéraire 2017 avec Price Minister – Rakuten

Aujourd’hui est le grand jour où tu annonces que tu es de nouveau marraine de la rentrée littéraire pour Price Minister cette année !! Et tu en es ravie car cela te permet de vous gâter encore une fois. En effet, nous étions 5 marraines à travailler dans l’ombre pendant tout l’été pour vous concocter une sélection de rentrée : LeiloonaSylireMokaPlume de Cajou et toi. Encore une rentrée littéraire pas comme les autres vécue avec un petit sel supplémentaire, et des échanges sympathiques !

Les matchs de la rentrée littéraire (#MRL17), ce sont donc 5 marraines qui choisissent chacunes 3 romans, considérés par elles comme des pépites ou des incontournables de cette rentrée littéraire. Vous pouvez découvrir ta sélection ci-dessous (lien vers les billets en cliquant sur les couvertures) et la sélection des autres marraines sur leur blog respectif aujourd’hui. En ce qui te concerne, ce sont ces livres qui se sont imposés à toi…

                   

Ensuite, il vous reste à choisir le livre que vous souhaiteriez recevoir en échange d’un avis. Pour participer, c’est simple, il suffit d’avoir soit un blog, un compte Instagram ou Youtube. Vous avez jusqu’au 9 septembre. Toutes les informations sont ici avec le formulaire d’inscription [clic].

La sélection complète… (aussi sur la page Rentrée littéraire de Price Minister)

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Coups de coeur·Lectures 2017

Nitro Mountain, Lee Clay Johnson ~ Rentrée littéraire 2017

nitromountain 

Tu as succombé d’emblée à cette couverture flamboyante de chez Fayard sans te douter vraiment de ce que ce roman contenait… Et ce qu’il contient est plutôt rude. Sous la plume de Lee Clay Johnson, nous sommes en effet plongés dans une ancienne région minière des Appalaches, auprès d’un jeune garçon, Léon, guitariste looser et paumé, tombé fou amoureux de la distante Jennifer. Autour d’eux, tentent de survivre divers marginaux, piliers de comptoir et laissés pour compte, ravagés par la drogue et l’alcool. Seule la musique élève le niveau et tend parfois au sublime. De nombreux concerts sont organisés dans le coin, notamment grace à l’enthousiasme de deux responsables de boîtes locaux, Larry et Bob. Léon suit un temps le groupe de Jones, un musicien de talent qui compose ses propres chansons (de style Bluegrass) et lui fait confiance, malgré son bras cassé, pour les accompagner en tournée. Mais Jennifer a succombé au magnétisme sulfureux d’un dangereux sociopathe, Arnett, et Léon s’est mis dans la tête de la sauver de ses griffes… et là les choses commencent à réellement encore plus mal tourner. Déjà que la vie n’était pas facile facile dans ce coin perdu d’Amérique… et qu’une autre fille, Rachel, avait il y a quelques jours mystérieusement disparu. Les corps sont mutilés et l’existence de chacun ne tient plus qu’à un fil. Et toi, lectrice, tu es tombée sous le charme de ce roman à la fois désagréable et fascinant, d’excellente facture, qui distille autant d’espoir que de désespérance crasseuse, de beauté que de laideur. Tu as eu le sentiment de tomber sur le premier roman d’un très grand et prometteur écrivain. Lee Clay Johnson a grandi lui même au sein d’une famille de musiciens bluegrass à Nashville, dans le Tenessee. Et tu as beaucoup aimé sa manière de raconter l’ambiance des tournées, la sensation d’être sur scène, le pouvoir de la musique, etc… Tout ce qu’il connaît sans doute très bien. Mais il ne faut pas se tromper, Nitro Mountain est surtout un roman noir, profondément désespéré, qui en glacera plus d’un. Et un terrifiant mais évident coup de coeur pour toi en cette rentrée littéraire !

Editions Fayard – 30 Août 2017

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5