Lectures 2019

Dans le même bateau, Zelba… la BD de la semaine !

Après avoir vu ce titre sur quelques billets de blog j’ai eu envie de le découvrir à mon tour… Et l’occasion s’est présentée. Tout d’abord, je dois dire que je ne suis pas une grande sportive. Alors, lorsque je me suis aperçue que cet album parlait beaucoup d’aviron, d’entraînements à l’aviron et de compétitions d’avirons, j’ai cru que j’allais défaillir et refermer l’album. J’ai crains l’overdose de sport. Pourtant, la couverture aurait dû me mettre sur la piste… Puis, j’ai commencé à m’intéresser au contexte. Nous sommes en Allemagne de l’Ouest, à quelques jours de la destruction du Mur de Berlin, en 1989. Nous suivons deux soeurs adolescentes, toutes deux pratiquant l’aviron, donc, et ne saisissant pas tout des enjeux politiques du moment, toutes occupées à leurs premiers émois amoureux et à leur sport. Pour autant, les deux jeunes filles sont conscientes du lourd passé de leur pays et portent le poids d’une certaine culpabilité. Zelba a le talent d’entrecouper leurs aventures de planches colorées, et pleines d’humour, qui reviennent de manière plus didactiques, sur des points historiques ou techniques. Et je me suis laissée progressivement séduire par cet album très bavard, attachant, intéressant, qui regorge de petits détails et d’annotations en bas de pages, d’astérisques, etc. Progressivement, les personnalités, des deux soeurs se dessinent, le lecteur suit plus particulièrement Wiebke, qui a 16 ans au début du récit. En 1991, cette dernière est sélectionnée dans l’équipe nationale junior pour les championnats du monde, la toute première équipe de l’Allemagne réunifiée. Avec les sportifs de l’ex-RDA, il s’agit de s’apprivoiser et de gagner ensemble… C’est un album qui demande de l’attention, je trouve, qui ne se lit pas à la va vite, surtout si on souhaite ne pas passer à côté de tous les petits détails et explications données par l’auteure. Le dessin n’est pas spécialement beau mais agréable et efficace, et au service d’une histoire qui prend, au fil des pages, la dimension d’un véritable roman graphique. Nous nous posions l’autre jour en comité de bibliothèque des questions sur la définition de cette expression… C’est sans doute lorsqu’un album atteint une telle densité, qu’il a la forme d’un récit autobiographique tel que celui-ci, qu’il devient un roman graphique et s’éloigne de l’idée que l’on se fait en général d’un album BD (plus léger ?), peut-être… En tous les cas, j’ai passé un moment émouvant et drôle avec cette BD qui m’a aussi permis de replonger dans ma propre adolescence.

« Et pendant ce temps-là… sans crier gare… le Raider est devenu Twix »

Lu dans le cadre de la BD de la semaine. Tous les autres liens sont chez Moka aujourd’hui !

Une autre lecture chez… Saxaoul

Futuropolis – novembre 2019

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

 

Lectures 2019

Hollywood menteur, Luz… la BD de la semaine !

Qui a déjà vu une photo de Marylin en colère ? A priori, il n’en existe aucune. Luz est parti de ce constat (pas de photos de Marylin autrement que tranquillement songeuse ou souriante) pour explorer les raisons d’une colère hautement probable, quoique cachée, surtout au moment du tournage du film The Misfits. Tout le monde sait le fiasco qu’ont été les coulisses de ce film, les caprices de Marylin, les débordements de Clark Gable… Le trait de Luz est épais, caricatural, très noir. Il est difficile parfois de discerner les visages dans certains enchevêtrements de traits.  Mon début de lecture n’a pas été forcément très agréable, et puis je me suis attachée à l’histoire que l’on me racontait, cette femme atteinte d’Endométriose, qui croit être enceinte et ne l’est pas, délaissée par un Arthur Miller concentré sur son film, et qui réécrit sans cesse des passages… Il y a aussi cette perruque, censée recouvrir les cheveux brûlés par des décolorations multiples de Marylin et qui se promène dans les cases de cet album, comme si elle avait son existence propre. L’histoire est racontée du point de vue de Montgomery Clift, décédé peu de temps après la sortie du film et à qui Marylin confie ses états d’âme. J’ai été secouée par les images assez fortes de cette BD, des images dérangeantes, mais c’est la postface de Virginie Despentes qui a emportée mon adhésion pour cet ouvrage, le portrait qu’elle y fait de Marylin, des femmes, et de tous les êtres comme elle broyés par leur seul soucis de plaire et d’attirer l’attention. Ensuite, j’ai cherché des photographies sur internet, des images du film, et j’y ai retrouvé de nombreux plans reproduits par Luz dans l’album, ce qui m’a étrangement beaucoup touché. J’ai donc beaucoup aimé cet album très particulier, et cela m’a donné envie de voir le film The Misfits, encore jamais vu !

 

           

Lu dans le cadre de la BD de la semaine. Tous les liens sont chez Noukette aujourd’hui !

 Editions Futuropolis – avril 2019

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Lu aussi dernièrement (avis brefs)…

Après avoir lu et aimé lire dernièrement « Le Choeur des femmes » de Martin Winckler, j’étais très intriguée de découvrir cet album qui y fait référénce. Aude Mermilliod y retrace au départ sa propre histoire, le récit de son IVG, puis elle relate sa rencontre avec Martin Winckler. En effet, son livre, « Le Choeur des femmes » a permis à la jeune femme d’aller mieux après cette expérience traumatisante, mais également de faire sa connaissance. On apprend alors que l’auteur écrit sous pseudo, mais qu’il est bien ce généraliste qui, comme dans le roman, a appris à « parler aux femmes » d’une manière différente, en essayant de faire de la pratique gynécologique une pratique humaine. Cet album est un album militant mais également le récit touchant d’une expérience que de nombreuses femmes partagent silencieusement. Servi par un dessin sobre qui n’est pas tout à fait de mon goût, mais que j’ai vite oublié, je me suis laissée porter par cette histoire qui donne envie de continuer à lire Martin Winckler, et de rester vigilante.

Casterman – avril 2019

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Ce qui étonne déjà agréablement avec cet album, c’est la texture de la couverture, qui tient à la fois du velours sur une grande partie de sa surface et du relief quand on passe la main sur son titre. Voilà une belle entrée en matière pour une BD curieuse, féerique et belle. Largement inspirée par le conte Peau d’âne, elle nous raconte l’histoire de Ronce, condamnée par son père le roi, à la mort de sa bien aimée épouse, à rester dans la forêt, et convoitée par lui lorsqu’elle devient adulte. Il est en effet confondu par sa beauté et est persuadé qu’ils peuvent régner ensemble. Bien entendu, il est question dans ce livre du tabou de l’inceste, mais également de magie, du pouvoir de la nature et d’amour. J’ai été subjuguée par la beauté des dessins et des couleurs, la virtuosité des traits. Dommage, peut-être, que les touches d’humour des dialogues soient parfois un peu lourdes car j’étais toute prête à donner à ce titre un coup de coeur !! Mais cette BD est un réel beau moment de lecture !

Editions Delcourt – mars 2019

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Lectures 2018

Ar-men, Emmanuel Lepage

Oh, mais il faut déjà que tu commences par dire que (dans ta petite famille) les phares, les îles, la Bretagne, Thalassa, tout ça… c’est toute une histoire. Ta famille baigne dedans. Tu as épousé un breton. Alors, cet album là était comme une évidence, et tu es bien contente de l’avoir reçu grâce à l’opération #1blog1BD de Price Minister Rakuten (avec qui tu as la joie aussi – depuis deux ans – de préparer la rentrée littéraire). D’Emmanuel Lepage, tu avais adoré le magnifique Un printemps à Tchernobyl et quand tu as ouvert ce dernier album, tu as pris la même claque visuelle. Les planches maritimes sont d’une beauté à couper le souffle. Le lecteur sent les embruns, entend le bruit de la mer, des oiseaux, le fracas des vagues contre le bâtiment imperturbable. Nous partageons, dans les pages de cet opus, le vécu d’un des derniers gardiens du phare Ar-men, au large de l’île de Sein, un vécu peuplé de fantômes. En effet, Germain découvre un jour de tempête, sous le crépi craquelé de l’escalier des mots écrits, des phrases entières, l’histoire de Moïzez, enfant trouvé, fortune de mer récupérée par une femme sans enfants parmi les débris d’un bateau fracassé, un de plus. L’occasion est alors donnée de revenir sur l’histoire de la construction du phare, commencée péniblement en 1867 et qui durera 14 ans, dans des conditions complètements folles. Mais également sur la légende de la ville engloutie d’Ys. Germain se réfugie alors, le soir venu, auprès de sa petite fille, et raconte… Emmanuel Lepage déclare en postface avoir participé au tournage d’un reportage intitulé Les gardiens de nos côtes avec Thalassa. Tu te souviens de ce reportage, et tu as aimé en retrouver quelques impressions dans ce livre. Tu as peut-être, par contre, été un peu perdue dans le fil narratif, et dans l’entrelacs des légendes… mais cet album reste un superbe moment de lecture, que tu as eu tout de suite envie de reprendre au début, et de partager largement avec ton entourage.

Aucun texte alternatif disponible.

Editions Futuropolis – novembre 2017

Tu as aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une BD reçue dans le cadre de l’opération La BD fait son festival, organisée par Price Minister Rakuten suite au festival d’Angoulème !! [clic ici pour retrouver la sélection] Grand merci !

Une lecture commune avec Leiloona [clic ici pour retrouver sa chronique]

D’autres lectures chez… Jérome et Blandine

Tu tournes quelques pages en vidéo sur Instagram ici [clic]

Lu également dans le cadre du challenge La BD de la semaine… Tous les liens sont chez Stephie aujourd’hui !!