Lectures 2020

Gatsby le magnifique, Melchior & Bachelier… la BD de la semaine !

D’après l’oeuvre de F. Scott Fitzgerald

Début mars, j’ai eu la chance d’assister à une soirée en compagnie de Benjamin Bachelier qui nous a tout d’abord offert un concert-dessiné sur le mythe d’Orphée et d’Eurydice (Frédéric Deville au violoncelle) puis un échange avec Stéphane Melchior (son scénariste pour Gatsby). J’ai aimé voir le dessin en train de se faire. Le lendemain, il y a eu encore une rencontre, avec cette fois-ci la découverte d’une exposition autour de ses planches originales. A cette occasion, j’ai acheté l’album que je vous présente aujourd’hui… Il faut savoir que c’est Stéphane Melchior qui a eu l’idée de cette adaptation, et de situer l’action dans un Shanghai actuel, pour lui absolument le reflet du New York des années 20, époque où un vieux monde disparaissait au profit d’une certaine modernité et déchéance de classe. Et effectivement, ce contexte différent ne choque pas du tout. J’ai retrouvé avec plaisir la trame que je connaissais du roman, très bien retranscrite par le scénariste. J’ai toujours le même frisson lorsque le secret de Gatsby est dévoilé. Je ne peux pas dire que j’ai été complètement abasourdie par le dessin, le flou des traits des personnages par exemple. Mais certaines planches sont vraiment superbes, à l’instar de cette case, reproduite en couverture, dans laquelle des poissons volent. C’est le genre d’album que l’on peut relire à plusieurs reprises et aimer de plus en plus à chaque lecture, redécouvrant alors des détails et des trouvailles visuelles. J’ai beaucoup aimé ce que j’ai vu des productions de Benjamin bachelier, que je vais continuer à suivre. Son dessin évolue en fonction des albums. Il travaille actuellement sur un projet se situant dans le japon ancien, et son dessin en est effectivement complètement modifié. De plus, j’ai aimé qu’il évoque son travail. Dessiner dans de petites cases est semble-t-il assez épuisant et peut devenir déprimant, alors le dessinateur se transforme parfois aussi en peintre et brode ses chemises pour agrandir son espace de création. Il a également évoqué son travail sur ordinateur, dont il ne reste aucune trace aujourd’hui, les fichiers étant rapidement corrompus. Il souhaite revenir le plus possible au travail sur papier, qui permet de garder des traces. Gatsby a été réalisé par ordinateur.

Une autre lecture chez… Noukette!

Lu dans le cadre de la BD de la semaine. Tous les autres liens sont chez Noukette  aujourd’hui !

Editions Gallimard – janvier 2013

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Lectures 2019

Par les routes, Sylvain Prudhomme

Je ne serai pas aussi enthousiaste que les nombreux billets élogieux lus sur ce titre… Mais il est possible que je sois une des victimes du syndrome de la deuxième phase, cette fameuse deuxième phase qui fait que l’on va vers un livre après avoir lu de nombreux avis dithyrambiques à son sujet, et que loin de trouver le chef d’oeuvre attendu on se retrouve seulement face à un très bon livre… et que la déception est alors fatalement un peu au rendez-vous. Rien de grave cependant. Car en effet l’écriture de Sylvain Prudhomme est effectivement pleine de charme. Sa présence aussi, ayant eu la chance d’assister dernièrement à une rencontre avec l’auteur. C’est à cette occasion que j’ai d’ailleurs acheté son roman. Lors de la rencontre, la médiatrice et l’auteur étaient restés assez flous sur l’histoire racontée, préférant s’intéresser aux personnages et piochant sans faire attention à la chronologie des extraits au fil du roman. C’était une bonne idée de ne rien dévoiler. Car Par les routes nous raconte en réalité une histoire assez étonnante. Sacha, écrivain, décide en effet un beau jour de s’installer dans un village, appelé V., village dans lequel vit un de ses cousins, mais surtout où le célibataire espère trouver un endroit pour écrire sereinement, et pourquoi pas se réinventer. Invité par son cousin à une fête, il rencontre Jeanne, mais apprend en même temps qu’une ancienne connaissance habite également dans le coin, celui qu’il appelait autrefois l’auto-stoppeur. Sacha est étonné d’apprendre que son ami s’est posé, qu’il vit avec une femme, Marie, et qu’il a eu un petit garçon avec elle. Il reprend contact avec lui, fait la connaissance de Marie et d’Agustin, sans se douter que sa vie va en être bouleversée, ni que l’auto-stoppeur est resté plus fidèle à lui-même que prévu… J’ai aimé, il faut bien le dire, toute l’ambiance assez douce et posée, attentive, du roman. J’ai aimé le personnage de Marie, tourmenté. J’ai été cependant agacée par l’auto-stoppeur, sa façon assez systématique de procéder, son absence égoïste, sa philosophie de vie. Bien qu’installé avec Marie et son enfant, il ne peut en effet s’empêcher de partir sur les routes, de faire de l’auto-stop (pour qui ? pour quoi ?). Fuite ou désir de rencontres ? Il est difficile de le dire, même si les rencontres ont effectivement lieu, photographies à l’appui. Marie les range silencieusement dans un tiroir de la maison. Fatalement, l’absence creuse des sillons dans le couple… et la présence de Sacha est à contrario un réconfort. Je m’attendais sans doute à découvrir de beaux paysages, ou bien à rêver de voyages auprès de l’auto-stoppeur. J’ai été un peu déçue de constater que les aires d’autoroutes le faisaient rêver (bof). Pour autant, il a cette manie charmante de décider de son parcours en fonction de ce que lui évoque les noms des communes, et je me souviendrai longtemps je crois du passage à Orion des personnages. Je ne sais pas comment vous expliquer mieux mon sentiment de lecture. J’ai beaucoup aimé ce livre, mais je suis partagée, partagée entre mon agacement pour l’auto-stoppeur et mon admiration pour Marie, entre mon plaisir de lecture et cette impression que certains passages ont été travaillés, ciselés, plus que d’autres, rendant l’ensemble parfois inégal. Ce livre a été écrit en grande partie dans ma ville, La Roche sur Yon, pendant les deux ans où l’auteur était en résidence. De plus, il est auteur associé du lieu littéraire de ma ville cette année [clic ici]. Parions donc que je n’en resterai pas là.

« Elle était triste. Elle me disait tout cela sur un ton triste. Elle me disait : Je ne suis pas malheureuse quand tu t’en vas. Et elle était malheureuse de me le dire.  « 

Gallimard – 22 août 2019

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une autre lecture chez… Nicole

Ce titre a reçu le Prix Landerneau et le Prix Femina 2019

Lectures 2019

Le grand livre Pop-Up de Poudlard et Les mystères de Poudlard… passion Harry Potter !

   

❤ Je ne sais pas vous mais chez les Antigone on commence tout doucement à faire nos listes de Noël… Cela dit il semblerait que le monsieur à la barbe blanche soit déjà passé à la maison. Je remercie en effet grandement Gallimard jeunesse pour sa générosité et de me permettre de vous présenter ces deux ouvrages qui ont fait la grande joie de ma fille, grande fan de Harry Potter. Le grand livre Pop-up de Poudlard, sorti en fin d’année dernière, revient en librairie pour les fêtes, et il est absolument fantastique ! A réception, Grande fille ne cessait de pousser de petits cris à chaque découverte, à chaque page épaisse tournée ou petit volet soulevé. Il faut dire que les pop-up ont toujours très bien fonctionné à la maison, depuis la plus tendre enfance de mes enfants. Et c’est sans conteste un indispensable pour les fans.  La célèbre école des sorciers se déploie devant nos yeux ébahis avec plein de petits détails à révéler et de précieuses informations. Cet objet collector a trouvé sa place dans la chambre de Grande fille. Lorsqu’il est déplié, le Grand livre devient une véritable carte de Poudlard et de ses environs. Ce doit être également une chouette idée de relire les tomes tout en se projetant dans ce décor en 3D. Retrouvez en fin de billet une vidéo du concepteur de ce bel objet livre.

Le livre Les mystères de Poudlard est de facture un peu plus classique. Il explore cette fois-ci plutôt de l’intérieur la célèbre école des sorciers. Il dévoile en effet les secrets de chaque pièce, en décortique les détails et explique les conditions de tournage, etc… Grande fille a été très séduite aussi par ce livre qui est pour elle d’une esthétique peut être plus enfantine, mais permet une bonne approche de l’univers Harry Potter… Ci-dessous, vous pouvez voir la double-page consacrée à la Grande salle.

Gallimard – Novembre 2018 (Pop-up) et octobre 2019 (livre)

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Un dimanche avec ?

Un dimanche avec… Les animaux fantastiques #2 Les crimes de Grindelwald, JK Rowling

Et si vous alliez au cinéma ? Le film est sorti le 14 novembre sur les écrans, et nous étions en famille au rendez-vous. Il est encore largement projeté un peu partout dans les salles. J’ai reçu dans ma boîte aux lettres le livre ci-dessus, qui est la retranscription du texte du film, le lendemain de sa parution. Le secret était bien gardé depuis le printemps. Et il est peu de dire que ma grande fille attendait avec impatience ce deuxième volet, grande fan qu’elle est du monde d’Harry Potter, et par extension de ce nouveau monde créé par JK Rowling. Enfin, pas vraiment un nouveau monde, puisque nous sommes toujours dans le même univers. En effet, le jeune Norbert Dragonneau, spécialiste des animaux fantastiques, est un ancien élève de Poudlard, et nous rencontrons une version du professeur Albus Dumbeldore beaucoup plus jeune que dans mes souvenirs (incarné dans le film par Jude Law). Nous sommes plusieurs années avant la naissance du futur Harry Potter, en 1927. Quoi de neuf dans ce deuxième volet ? Les personnages du premier sont toujours là, mais accompagnés de nouveaux animaux et de nouveaux personnages. L’intrigue se passe principalement dans Paris. Gellert Grindelwald a réussi à s’évader et souhaite faire régner la magie sur le monde non-magique. Albus Dumbledore semble être le seul en mesure de l’arrêter, mais il dépêche Norbert Dragonneau et le somme de retrouver pour lui le jeune Croyance Bellebosse, qui concentre autour de sa personnalité hors norme toutes les attentions. Grande fille a beaucoup aimé les nouvelles intrigues qui se nouent. De plus, les allusions à ce que nous connaissions de l’univers d’Harry Potter se font plus nombreuses. J’ai préféré je crois moi aussi cette suite qui installe plusieurs embryons d’histoires à venir, fourmille de petits détails et de fausses pistes, de spectacle, et qui nous laisse à la fin sur un terrible questionnement…

Editions Gallimard Jeunesse – 15 novembre 2018

Un livre indispensable dans la collection d’un ou d’une fan d’Harry Potter ! La preuve…

Lectures 2018

Tenir jusqu’à l’aube, Carole Fives

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Voici un titre de la rentrée littéraire qui a beaucoup circulé sur les blogs, et qui reçoit un bel accueil… J’ai un peu tourné autour avant de me décider à le lire à mon tour, par peur d’être déçue sans doute, mais également par peur du sujet. Et en réalité, j’ai beaucoup aimé retrouver dans ce roman mes expériences de maternité, et surtout ces souvenirs d’une année passée en tête à tête sur Courbevoie avec ma grande fille, alors âgée d’à peine un an. En l’occurrence, la séparation n’était, pour moi et mon mari, que professionnelle, et il rentrait presque tous les week-ends. Mais, j’ai revécu à ma lecture de ce livre ce sentiment que la narratrice ressent très fort d’être absolument seule au monde avec son enfant, sans soutien possible, sans le droit de tomber malade surtout, ou d’être à n’importe quel moment défaillante, et ce de quelque façon que ce soit. Comme elle, j’avais créé aussi à l’époque cette bulle protectrice et ludique autour de l’enfant, dans mon appartement parisien, ne connaissant pas forcément mes voisins, l’immeuble ne se prêtant pas à ça et véhiculant un climat un peu froid. C’est un sentiment que l’on peut ressentir à tout moment quand nos enfants sont en bas âge, cette impression que tout tourne autour d’eux, et que le manque de sommeil et de liberté de mouvement vont finir par nous anéantir. Heureusement, dans mon cas, j’avais une nourrice, et un travail à l’extérieur, des collègues sympathiques, ce que la narratrice de Carole Fives n’a pas. Elle travaille en Free lance chez elle et on lui refuse une place en crèche. Alors, à bout, elle décide de s’octroyer des moments de fuite, le soir, lorsque son enfant de deux ans dort enfin, des fuites de plus en plus longues et qui la conduisent de plus en plus loin… et le lecteur tremble. C’est la première fois que je lis Carole Fives, et certainement pas la dernière, tant elle excelle je trouve à raconter les petits détails de la vie, du quotidien, et sait montrer sans démontrer. Les extraits de discussions sur des forums internet, qu’elle égrène au fil du récit et où la narratrice se perd et cherche de l’aide sont assez édifiants. J’ai connu l’ère de la super maman au début des années 2000, je suis heureuse de voir que la parole se libère aujourd’hui. J’aimerais que les jeunes mères soient encore plus aidées. Parfois, une heure de répit seulement est un cadeau inestimable. Et ne dit-on pas qu’il faut tout un village pour élever un enfant ?

Editions L’arbalète chez Gallimard – Août 2018

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…
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Une autre lecture chez… Joëlle