Lectures 2021

Une maison parmi les arbres, Julia Glass

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Voici un livre choisi pour la beauté de sa couverture, très automnale, et mes souvenirs de lecture de Refaire le monde (je pensais en réalité avoir lu Jours de juin, mais non)… Dès les premières pages de ce roman, le personnage central meurt. Il sera pourtant question de lui tout du long. Morty, auteur jeunesse réputé, décède en effet brutalement, alors qu’il voulait couper une branche d’arbre dans son jardin. Tommy, sa gouvernante, collaboratrice, un peu bonne-à-tout-faire aussi, hérite de tout, de la maison, de ses dessins et de ses multiples collections. Contrairement à ce qui était prévu au préalable, le musée qui lui était partiellement dédié n’aura pas ce qu’il escomptait, à la grande surprise des organisateurs, qui se sentent floués. Un film, sur la vie de Morty, était sur le point de se monter également. Le projet se fera sans Morty. Il était prévu que Nick, l’acteur censé jouer son rôle, vienne passer le week-end, pour s’imprégner. Tommy, quoique perdue et largement dépassée par les évènements, maintient cette visite. Elle n’est pas certaine de bien faire, de mériter cette nouvelle place. Alors que les jours passent, qu’elle rencontre Nick, revoit Dani son frère, repense au passé, à ses parents, à Soren, l’ancien amant de Morty mort du Sida, Tommy se rend compte que son patron avait pour elle plus de secrets que ceux qu’elle connaissait déjà. Le premier, et non le moindre, est que Dani, son frère est le modèle que Morty a utilisé pour Ivo, son personnage le plus populaire… J’ai trouvé le début de ce livre un peu confus. Nous suivons les personnages individuellement, partons fouiller un passé souvent compliqué, leurs failles. Et je dois avouer que j’ai fini par mélanger partiellement l’enfance de Nick avec celle de Morty. Heureusement, à un moment donné, le paysage semble s’éclaircir, les liens être plus évidents entre chaque protagoniste, et j’ai finalement aimé l’ambiance de ce roman, qui a le mérite d’avoir pour héros un auteur jeunesse, avec tout l’imaginaire que ce métier revêt et dans lequel je me suis largement complu. Mais si la véritable héroïne de cette histoire n’était en fait que cette maison parmi les arbres, dont l’atelier de Morty semble être le coeur mystérieux ? 

Editions Gallmeister – mars 2020

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une autre lecture chez… Cathulu

Coups de coeur·Lectures 2021

Betty, Tiffany McDaniel… coup de coeur !

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Traduit de l’américain par François Happe

❤ A l’approche de la prochaine rentrée littéraire, me voici en train de lire le phénomène de la rentrée littéraire de l’année dernière et le lauréat du prix fnac 2020. J’aime beaucoup ce décalage qui m’a permis de découvrir ce titre en toute sérénité… Je craignais un peu la déception, j’ai failli m’ennuyer en tout début de lecture, mais au final Betty est un grand coup de coeur de lecture ! Nous sommes dans les années 60. Betty Carpenter est la sixième de huit enfants. La rencontre entre son père et sa mère est déjà toute une histoire, improbable à l’époque, car si sa mère est blanche, son père est cherokee. Les premières années de la famille sont ponctuées de déménagements. Le père de Betty peine à trouver du travail et ceux qu’il déniche sont toujours très physiques, quand il n’est pas victime de racisme. Puis, la famille trouve refuge dans une maison abandonnée, laissée à leurs bons soins, à Breathed, et c’est une nouvelle page qui commence alors pour Betty et sa fratrie. La « petite indienne » qu’elle est, plus foncée que ses soeurs métisses, devra affronter l’hostilité à l’école. Leur père est un conteur, qui ne perd pas une occasion de tout transformer en légendes ou en magie. C’est un père enveloppant, tendre et sage, qui ne peut pourtant pas préserver Betty des mots de sa mère, et des noirs secrets qu’elle lui dévoile. La petite fille écrit sans cesse et enfouit dans la terre ce qu’on lui raconte, ce qu’elle voit, ce qu’elle devine. Au fur et à mesure que Betty grandit elle s’aperçoit qu’elle devra arracher sa liberté avec ses dents, sa rage et son intelligence pour ne pas perdre l’espoir et laisser le loup de la haine grandir en elle… Ce roman devient petit à petit sombre et émouvant. Il ne prend pas le coeur en otage tout de suite. J’ai aimé son atmosphère, à la fois mystique et très américaine. J’ai aimé le personnage de Betty, qui montre toute la complexité de grandir en tant que femme, de plus dans un environnement hostile, mais aussi les membres de sa famille, avec leurs singularités. J’ai frémi souvent. J’ai eu peur et j’ai eu de la peine. C’était fou, c’était bien. Un roman magistral, inspiré par la mère de l’autrice, qui mérite amplement, de mon point de vue, son succès.

« Papa disait toujours que nous étions les descendants de grands guerriers. Cette grandeur n’était-elle pas en moi ? La puissance d’une femme immémoriale, mais jeune en son temps.  Je l’imaginais telle qu’elle avait été. Son esprit farouche; Sa bravoure incontestable. Comment pourrais-je ne pas être aussi puissante ? Pourquoi ne pourrais-je pas me trouver belle alors que je la voyais comme la plus belle de toutes les femmes ? »

 Editions Gallmeister – août 2020

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

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Lectures 2020

Face au vent, Jim Lynch

Traduit de l’américain par Jean Esch

J’avais envie de mer, de vent, d’embruns… j’ai donc ouvert ce livre que j’avais offert à monsieur l’année dernière, dans cette bien jolie collection poche de chez Gallmeister. Avec ce roman, le lecteur rentre dans l’intimité d’une famille qui consacre sa vie à la navigation et aux voiliers, la famille Johannssen. Installés dans la baie de Seattle, de père en fils, ils construisent, réparent, naviguent. La mère, elle, une scientifique, étudie la trajectoire du vent, des étoiles et voue un culte à Einstein, qui avait aussi la passion des bateaux. La cadette, Ruby, a ce don particulier, depuis sont tout jeune âge, de deviner le vent. Elle a aussi d’autres dons, qui impressionnent son entourage. Mais lorsque Ruby, lors d’une course, décide au dernier moment de faire un pied de nez à une victoire courue d’avance, c’est toute la famille qui éclate soudain. Douze ans plus tard, pourtant, le clan se reforme. Chacun a évolué ou stagné. Le grand-père Grumps souffre de divers maux. Le père se lamente un peu sur le sort de sa famille et de l’entreprise familiale. La mère cherche à résoudre un problème mathématique rare. Bernard passe son temps à fuir les autorités et parcourt la planète. Ruby essaye de sauver le monde, tandis que Josh enchaîne les rencontres amoureuses désastreuses. Vont-ils pouvoir de nouveau mettre le pied sur le même bateau ? Se retrouver ? Cela semble impossible, et pourtant… Face au vent est un beau roman, à la fois sensible et rude. C’est à travers les yeux de Josh que le récit est raconté, un Josh qui a à coeur de tout réparer et d’être là pour les siens. J’ai aimé cette rencontre avec des personnages aux caractères très différents, originaux, qui forment une famille improbable mais attachante.

Gallmeister – avril 2019

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Coups de coeur·Lectures 2019

Mon désir le plus ardent, Pete Fromm… sélection du Prix du roman Cezam Inter-CE 2019

❤ Je continue à lire les romans en lice pour le Prix Cezam de cette année, dont vous retrouverez la liste en fin de billet ici [clic]. Dans celui-ci, nous sommes tout d’abord dans le Wyoming, sur les berges de la Bullfalo Fork. Maddy ne s’attend pas à tomber sous le charme de Dalton, guide de rivière comme elle, et beaucoup plus jeune que ses critères habituels en matière d’hommes. Mais quelque chose de familier et d’évident s’opère très vite entre ces deux jeunes gens qui ont la même fougue, le même franc parler, les mêmes rêves et se marient finalement en plongeant à l’unisson leurs mains dans la rivière. Tout était parti pour bien se dérouler, les deux amoureux ayant pour projet de monter leur propre entreprise  de rafting dans l’Oregon, quand la maladie s’invite dans le corps de Maddy, subrepticement. Elle ressent en premier lieu seulement quelques étourdissements, des nausées et un tremblement étrange dans une de ses mains. Tandis que le corps médical recherche ce que Maddy peut avoir, elle tombe enceinte. On lui diagnostique finalement une Sclérose en Plaques. Loin de s’effondrer, le couple affronte et s’organise, n’oubliant rien de l’amour fou qui les unit. Dalton s’avère être un roc sur lequel Maddy peut s’appuyer sans craintes. Et c’est ce que j’ai adoré dans ce roman, au-delà de la beauté de l’écriture, c’est cette lutte acharnée contre l’inexorable, ce sentiment que l’humour et l’amour peuvent abolir de nombreuses difficultés. J’ai été très bouleversée par les descriptions physiques des conséquences de la maladie, la dégradation progressive des facultés de Maddy. L’empathie est d’autant plus forte que l’histoire de ce couple et de ses enfants est raconté de son point de vue à elle. Mais ce roman est également très beau, laissant la part belle à la nature, aux joies simples et à l’amour du travail bien fait. Une lecture qui mérite sans conteste son coup de coeur, et un livre terminé les larmes aux yeux.

Editions Gallmeister – avril 2018

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une autre lecture chez… Mumu