Lectures 2019·Objectif PAL

La Cicatrice, Bruce Lowery… Objectif pal de mai

Le bilan de l’Objectif pal de mai sort demain sur le blog… et je dois dire que je suis très fière de l’importance que ce challenge prend. Les blogueuses prennent manifestement beaucoup de plaisir à sortir des livres de leurs PALs. Merci à vous toutes ❤ ! Et j’aime aussi ainsi voir passer les challenges en cours dont, ce mois-ci, le mois italien et sans doute, le mois prochain, le mois anglais. C’est la blogosphère que j’aime, celle qui lit tout ce qui lui passe sous la main et a le regard large.

Sinon, j’ai ouvert pour ma part ce mois-ci, et vraiment à la dernière minute, cette Cicatrice de Bruce Lowery. Ma fille l’a lu au collège et l’a déposé sur ma PAL à l’époque, curieuse de savoir ce que je pouvais bien en penser. Mon fils l’avait au programme cette année en quatrième, et a eu comme travail scolaire la réalisation d’une boîte de lecture. Ils en ont eu tous les deux une lecture très différente, mais marquante. Ma fille se souvient très bien des détails de l’histoire, plusieurs années après. Elle est restée à la fois gênée et fascinée par ce récit. Mon fils est ressorti de cette lecture complètement outré. Il était donc temps que je lise à mon tour encore une fois ce très court roman. Nous sommes dans une petite ville des Etats-Unis, en pleine seconde guerre mondiale. Jeff a 13 ans, et est affublé d’une cicatrice à la lèvre, suite vraisemblablement à une opération sur un bec-de-lièvre. Ses parents lui mentent sur cette cicatrice, pour eux intervenue suite à un accident. La famille vient d’arriver dans cette ville. Jeff ne fait pas une rentrée facile dans son école, sa cicatrice entraînant moquerie et mise à l’écart. Heureusement, un de ses camarades, Willy, lui fait peu à peu une place dans sa vie, ce qui améliore considérablement ses journées. Ils sont tous les deux fascinés par les timbres et en font collection. Un jour, alors que Jeff est invité chez Willy, le jeune garçon est pris d’une impulsion irrésistible. Il vole de nombreux timbres dans la collection de son ami, dont les plus beaux et les plus précieux. Willy accuse évidemment Jeff qui se défend et récuse les accusations. S’ensuivent alors des jours de culpabilité et le retour des moqueries de ses camarades mis au parfum par un autre enfant, présent au moment des faits. Jeff s’enfonce dans les méandres de la culpabilité, incapable d’avouer son vol, devenant odieux avec ceux qu’il aime et surtout avec son petit frère… Je ne m’attendais pas à trouver dans ce roman une telle qualité narrative mais aussi à plonger aussi profondément dans les méandres psychologiques d’un enfant pris dans ses contradictions. J’ai bizarrement pensé à ma lecture adolescente du Crime et châtiment de Dostoïevski où Raskolnikov est au prise avec sa conscience et ses idéaux tout le long d’un récit à la fois fascinant et désagréable. Ici aussi, on ne comprend pas pourquoi Jeff, enfin rentré dans les grâces de ses camarades fait ce geste insensé, pourquoi il entretient en son fort intérieur sa culpabilité au lieu de rendre les timbres à son ami et d’avouer, comme si il prenait un plaisir inavouable à gratter cette deuxième cicatrice-là. Mais cette lecture est intéressante justement en entretenant ce ressort-là, car elle ne fait pas preuve d’angélisme et montre bien que nous sommes tous traversés par des pulsions parfois négatives et inexplicables. La plupart du temps nous n’y cédons pas. Ma fille avait compris et intégré ces contradictions, tout en n’approuvant pas le comportement de Jeff. Mon fils a complètement rejeté le comportement du jeune garçon. J’ai refermé ce roman, assez étonnée. En effet, en début de lecture, je pensais lire un récit sur la différence, mais Bruce Lowery va bien au-delà de ce fait de départ. Il nous livre en effet un kaléidoscope très riche de l’âme humaine et en explore toutes les faces, même les plus noires. Une lecture de PAL déconcertante et marquante.

Editions J’ai lu – 1999

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Lectures 2019

Un bon écrivain est un écrivain mort, Guillaume Chérel

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Attention, livre déjanté ! Ce que j’aime lorsque l’on me prête des livres, c’est sortir de ma zone de confort. Ce qui m’intéressait dans celui-ci est le pitch que l’on m’en avait fait, des auteurs connus (dont les noms étaient à peine transformés), réunis dans une résidence d’écrivain, à l’autre bout de la France, et qui disparaissaient un à un, comme dans un roman d’Agatha Christie. Ce qui m’a dès le début intéressée, ce sont les portraits dressés de ces personnages connus et savamment égratignés. Il y a sans doute du vrai dans tout ce que Guillaume Chérel dit d’Augustin Traquenard, Frédéric Belvédère, Michel Ouzbek, Amélie Latombe, Delphine Végane, David Mikonos, Kathy Podcol, Tatiana de Roseray, Christine Légo, Jean de Moisson et Yann Moite… et sans doute aussi beaucoup de faux. Très vite, les écrivains invités se rejoignent sur le lieu de la rencontre, le monastère de Saorge, un lieu qui existe vraiment, et les incongruités commencent. Il y a le même poème inquiétant dans chaque chambre, des petites figurines sur la table, une cuisinière médium, un guide à la fois trop enthousiaste et désabusé, un fantôme. Et puis Jean de Moisson manque de s’étouffer, et les hommes disparaissent peu à peu… La malédiction est en marche. Comment vont-ils s’en sortir ? Amélie Latombe, la moins impressionnée, semble être la seule capable de découvrir la vérité, tandis que les autres batifolent ou se perdent dans les méandres du lieu… Voici un roman très distrayant, souvent drôle, sans doute un peu trop loufoque pour moi, et qui ne me restera pas je pense très longtemps en mémoire, mais dont j’ai goûté la lecture. A lire si vous aimez connaître le dessous des célébrités, tout en soupçonnant qu’il vous faudra démêler le vrai du faux à chaque page, sinon ce serait trop facile ! Et un livre qui, sous des dehors sarcastiques, prend finalement la forme d’un bel hommage subtil aux auteurs qu’il égratigne. Bel exercice de style.

Editions Folio – mars 2018

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Une autre lecture chez… l’Irrégulière