Lectures 2021

Denali, Patrice Gain

denali

Je participe régulièrement aux opérations « Masse critique » de chez Babélio. C’est dans le cadre de cet événement, sur le thème du « mauvais genre », que j’ai remporté ce poche. J’ai été attirée par la couverture qui me laissait à penser que mon mari, adepte du nature writing, serait sans doute également intéressé par cette lecture… Et effectivement, plus que d’être un thriller ou un roman policier, comme peut le laisser supposer la collection dans laquelle il s’insère, Denali s’inscrit dans la tradition de ce genre de romans, qui en l’occurrence ici tourne un peu mal. D’ailleurs, dès les premières pages, comme un clin d’oeil, il est fait référence à Into the Wild… Le lecteur fait ainsi la connaissance de Matt Weldon, jeune adolescent, réfugié chez sa grand mère, au coeur du Montana, après la disparition de son père, lors de son ascension de la montagne Denali, de l’internement de sa mère et de la fuite de son frère. Le moins que l’on puisse dire est que le récit ne va pas faire de cadeaux à Matt qui perd brutalement sa grand-mère, va se retrouver seul dans sa maison en bois et devoir affronter les autres, la faim et les vicissitudes d’une vie qu’il n’a pas choisie, lui qui rêverait simplement de retrouver son foyer d’avant. De plus, va peu à peu se dessiner le portrait d’un père hanté par un lourd secret, et tout un pan d’un passé dont Matt ignorait tout jusque là. Comment grandir dans de telles conditions ? Matt va de surprises en déceptions, et seule sa nature naïve et courageuse va réussir à le sortir de tout ce fatras que les autres s’évertuent à créer autour de lui. J’ai beaucoup aimé ce roman, que j’ai dévoré en une journée. La nature y est très présente, à la fois belle et dangereuse, mais aussi protectrice quand on sait l’apprivoiser. Le récit est ponctué de scènes de violence, terribles pour le personnage mais pas insoutenables pour le lecteur, qui tremble tout de même pas mal devant la solitude que rencontre continuellement Matt et surtout devant le peu de soutien qu’il peut attendre de son entourage et des autorités.

Editions Le livre de poche  – février 2021

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Lu dans le cadre d’une opération Masse critique de chez Babélio
La page du livre sur le site

Lectures 2021

Le Parfum, Patrick Süskind… en mars je lis des livres prêtés !

leparfum

Traduit de l’allemand par Bernard Lorthoraly

En mars, j’avais décidé de privilégier les livres prêtés. Ce roman termine donc ce petit défi pour l’instant… De Patrick Süskind, j’ai peut-être déjà lu Le Pigeon et/ou La contrebasse. Je n’en suis pas certaine (défaut de grande lectrice qui oublie parfois ses lectures). Ce dont j’étais par contre certaine était de ne jamais avoir lu jusque là Le Parfum, car ce livre me faisait peur depuis toujours. De plus, il est assez particulier de commencer un tel roman en ayant perdu une grande partie de son odorat, et ce depuis plusieurs années. C’est donc un étrange voyage, immédiatement fort, que j’ai commencé en ouvrant les premières pages de ce livre, à la rencontre de Jean-Baptiste Grenouille. Ce personnage, qui naît dans un XVIIIème siècle rude, n’avait que peu de chances de survivre. Ses premiers instants, son enfance, sont assez épouvantables et dangereux, dépourvus d’amour et de tendresse. Ce qui est assez vite remarqué chez Grenouille est son manque d’odeur, mais aussi son insignifiance, jusqu’à ce que son génie olfactif soit soudain reconnu. Pour autant, Grenouille reste dans l’ombre et peine à s’imposer. Le voici donc sur les chemins, décidé à fuir le monde, les reflux de la ville, le genre humain. Il restera ainsi plusieurs années, terré dans une caverne, jusqu’à ce que l’évidence de son manque d’odeur lui apparaisse brutalement et l’idée, terrible s’il en est, de créer un parfum « non seulement humain, mais surhumain », quitte à s’en prendre à d’innocentes et belles jeunes-filles pour l’obtenir… Il est assez évident que j’ai lu ce livre après tout le monde, mais peu importe. Merci à ma prêteuse ! Sans plus attendre, je dois avouer que j’ai adoré immédiatement son écriture, qui m’est apparue très vite avoir les codes du roman d’apprentissage. Sa structure, ses personnages font indubitablement de ce roman un classique. Son succès ne m’étonne pas, les lecteurs ne s’y sont pas trompé. Et dire qu’il n’est sorti qu’en 1985 ! Dans la lubie de Grenouille, j’ai cru reconnaître parfois le caractère obtus d’un Dom Quichotte et l’absurdité de certaines scènes (l’exécution par exemple) sont de l’ordre du génie. Il n’y a pas à revenir sur la grandeur de cette oeuvre. J’ai, cependant, fermé ce livre avec un certain malaise, j’ai détesté Grenouille et ses obsessions, je l’ai détesté de faire de cet odorat précieux (qui me manque régulièrement) quelque chose d’aussi vil. Mais sans doute Le Parfum est-il de ces romans que l’on adore lire et détester à la fois ?

Editions Livre du poche – septembre 2006

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Coups de coeur·Lectures 2021·Objectif PAL

Les Immortalistes, Chloe Benjamin… coup de coeur & objectif pal du mois !

lesimmortalistes

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Florence Moreau

❤ Sois je suis émotive en ce moment, sois je ne lis que de bons livres, car il se trouve que ma sortie de PAL du mois est encore un coup de coeur ! Ce roman m’a en effet touché à plusieurs reprises, et fait monter les larmes aux yeux, ce qui est assez rare pour le souligner. Le récit commence à New York, en 1969. Alors que la chaleur de l’été est presque insupportable, quatre enfant d’une même fratrie décident d’aller consulter une voyante dont ils ont entendu parler. Daniel a de l’argent dans sa poche. La démarche est assez excitante pour tromper leur ennui. Cette voyante est censée prédire la date exacte de leur mort. Chacun passe à son tour dans l’appartement crasseux où la sentence leur sera  effectivement administrée, les laissant un peu pantois à la fin de la consultation. Ils tentent ensuite d’oublier la prophétie mais ils n’imaginent cependant pas à quel point elle va diriger leur vie. Simon décide en effet de vivre la sienne à fond et suit sa soeur à San-Francisco où tous les deux vont tenter de concrétiser leurs rêves, tandis que les deux aînés font leur devoir, non sans une certaine rancoeur vis à vis des plus jeunes, et restent près de leur mère. Au premier décès de l’un d’entre eux, la prophétie se vérifie. S’agit-il d’une autodétermination ou d’une réelle fatalité ? J’ai été profondément touchée par le premier décès, quand il arrive à la date prévue, tellement je m’étais attachée au personnage que Chloé Benjamin nous apprenait à aimer depuis les premières pages. Et c’est tout le talent de cette romancière, de réussir à nous lier à cette famille, de nous malmener ensuite avec le couperet de la fatalité, tout en nous bombardant de mille questions. Est-ce que l’autosuggestion a un tel pouvoir ? Doit-on croire à la voyance ? Quel est notre libre arbitre ? J’ai été sonnée par cette fresque familiale originale et étonnante qui approfondie avec beaucoup de délicatesse la psychologie de chacun de ses membres et explore également le contexte et l’époque. Je ne m’attendais pas à être aussi emballée par ce roman dont je n’avais jusque là pas entendu parler. Une chouette sortie de PAL donc !

 Editions Le livre de poche – avril 2019

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Une autre lecture chez… Natiora (coup de coeur également)

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Lectures 2021

La tresse, Laetitia Colombani… en mars je lis des livres prêtés !

En mars, j’ai décidé de lire des livres prêtés. Oui, parce que ma PAL urgente contient aussi cette catégorie de livres… C’est donc pourquoi je lis enfin aujourd’hui ce roman, bien après tout le monde. Comme pour tous ces livres dont on a beaucoup trop entendu parler, j’en avais une idée erronée, mais surtout simpliste. On m’avait dit, en gros, qu’il était facile à lire, qu’il brossait l’histoire de plusieurs femmes et que c’était un livre coup de coeur. La tresse est bien sûr bien plus complexe que cela et d’une écriture plus subtile que je ne le pensais. Mais nous rencontrons en effet principalement trois femmes, que rien ne semble relier, Smita l’indienne intouchable, Giulia la sicilienne et Sarah l’avocate canadienne. Smita cherche de son côté à sortir sa fille de la fange dans laquelle elle travaille tous les jours, ramasser les excréments de ses patrons, sans reconnaissance ni salaire. Aller contre les traditions n’est pas simple, il faudra sans doute risquer sa vie, tout fuir, pour y arriver. Giulia découvre que l’atelier de son père est en faillite. Son entreprise traite les cheveux siciliens récoltés pour en faire des perruques. Aura-t-elle le courage de porter le renouveau ? Sarah n’a pas l’habitude de ne rien contrôler, mais la maladie s’invite dans sa vie. J’ai été touchée par le destin de ces trois personnages, que l’on peut imaginer à un moment éloignés par le temps plus que par les kilomètres. Et sur ce point, ce roman est très fort, car en quelques lignes, il rapproche brutalement ces trois femmes, et nous fait comprendre à quel point nous sommes tous liés. J’ai passé avec ce livre un très bon moment de lecture, tremblant un peu pour Smita, Giulia et Sarah que la vie a décidé de malmener. Sans être un coup de coeur, ce roman est pour moi tout à fait effectivement de ces livres que l’on prête, qui passe de main en main. J’ai juste été un peu déçue que personne ne fasse réellement de tresse dans cette histoire. J’attendais un peu ça, c’est idiot sans doute, la lourdeur des cheveux dans la main, la séparation en trois bandeaux de même volume et le geste.

Editions du Livre de Poche – juillet 2020

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Plein d’autres avis sur… Babélio

 

Lectures 2020·Objectif PAL

Loving Franck, Nancy Horan… mon objectif pal du mois !

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Virginie Buhl

J’ai fait cette année de très belles découvertes grâce à des livres pris dans la boîte à livres de ma ville. Je suis donc d’autant plus heureuse d’y déposer régulièrement moi aussi des ouvrages, un peu moins malheureusement depuis les confinements. Loving Franck était dans mon point de mire depuis sa sortie en grand format, j’ai donc été ravie quand je l’y ai trouvé en version poche il y a plusieurs mois. Cependant, j’en ignorais complètement le contenu. Je savais seulement qu’il s’agissait d’une histoire d’amour assez forte… J’ai donc été très agréablement surprise de découvrir en commençant cette histoire que le Franck tant aimé par une Mamah prise dans une spirale inéluctable était Franck Lloyd Wright. De cet architecte très connu je ne connaissais en fait non plus pas grand chose, mais j’avais manipulé du temps de mon travail en librairie de très belles monographies sur ses travaux. Il s’avère donc que l’histoire d’amour racontée et romancée par Nancy Horan dans Loving Franck est basée sur une histoire vraie. Nous sommes au tout début du XXème siècle à Chicago. Les femmes luttent encore à l’époque pour le droit de vote et la société est très puritaine. C’est donc un vrai scandale lorsque Franck Lloyd Wright, architecte déjà connu pour ses maisons d’avant garde, homme marié et père de six enfants, tombe éperdument amoureux de sa cliente, elle-même également mariée et mère de deux enfants. La presse s’en mêle, surtout lorsque les deux amants partent ensemble en Europe. Mamah vit alors avec une lourde culpabilité chevillée au corps mais cherche en même temps à vivre son destin. Sa rencontre avec la féministe suédoise Ellen Key sera déterminante sur ce point, surtout lorsqu’elle lui confie la traduction de ses textes. A leur retour aux Etats-Unis, les deux amants souhaitent vivre ensemble et décident de construire la maison de leurs rêves… Ce texte est d’une grande force épique et amoureuse. On devine que Nancy Horan y a mis sa touche romanesque tout en s’appuyant sur des faits réels. La presse de l’époque s’est acharnée sur le couple et de multiples détails de la vie des amants s’est retrouvée déballée dans les journaux. On découvre un Franck LLoyd Wright plein de talent mais fantasque et dispendieux, et une Mamah en avance sur son temps, féministe et intellectuelle, mais confrontée aux idées de l’époque. La société ne lui pardonne pas d’avoir abandonné ses enfants. Elle ne se le pardonne guère non plus, même si sa détermination pour vivre la vie qui lui semble destinée est sans bornes, et j’ai beaucoup admiré cette détermination. Loving Franck est un très beau portrait de l’Amérique de l’époque, tiraillée entre modernité et conservatisme.

Editions Le livre de Poche – février 2011

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Un roman lu dans le cadre de…

Lectures 2020

Tous les péchés sont capitaux, Daria Desombre

Traduit du russe par Julia Chardavoine

J’ai commencé cette série par le deuxième volet, Les disparues du tableau, découvert grâce à un Masse critique de chez Babélio. Et j’ai tellement aimé ma lecture, les personnages, le contexte moscovite, l’érudition contenue dans cette enquête que j’ai voulu découvrir le premier volet dont je vous parle aujourd’hui. Je vous conseille de lire malgré tout cette série dans l’ordre, ce qu’a pu faire pour le coup mon mari. Nous découvrons donc dans ce premier opus, sorti en poche, comment Macha Karavaï, toute fraîche stagiaire à la police de Moscou, a fait la connaissance d’Andreï, l’enquêteur en chef, un peu bourru et dubitatif devant cette jeune fille qu’on lui assigne et qui semble pistonnée. Les premiers moments sont un peu tendus entre eux. Macha est fascinée par les tueurs en série. Andreï trouve donc ainsi le moyen de l’occuper et de l’éloigner de lui, en lui demandant de consulter d’anciennes affaires non élucidées. Lui, est sur une affaire plus récente avec un cadavre que l’on vient de retrouver, un étrange nombre 14 tatoué sur le crâne. Contre toute attente, Macha découvre un lien entre les vieux dossiers qu’elle consulte, les lieux où les victimes ont été découvertes dans Moscou formant effectivement un drôle de schéma, spirituel et sacré. Aidée par son ami Innokenti, historien et antiquaire, elle mène l’enquête et interroge des ancien témoins. Je suis encore une fois ressortie enchantée de ma lecture. J’ai apprécié cette enquête qui mêle savoir et monde religieux. Les personnages sont très bien campés et psychologiquement fouillés. Autour de Macha, gravitent une famille, des amis, mis à rude épreuve dans cet opus. En commençant par le deuxième volet, quelques événement m’étaient malheureusement déjà connus. Mais peu importe. J’ai hâte de continuer à suivre les aventures d’Andreï et Macha, de retrouver l’atmosphère de ces romans, que je verrai bien en série, filmés à la manière des Wallander (la série avec Kenneth Branagh).

Editions du livre de poche – mars 2020

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