Lectures 2022

Ecoute la pluie tomber, Olivia Ruiz

J’avais lu il y a quelques temps le premier opus d’Olivia Ruiz, La commode aux tiroirs de couleurs, découvert grâce au prêt d’une collègue, et qui s’était révélé être une bien jolie surprise. La même collègue m’a prêté son nouveau roman, comment résister ?… On aimerait bien, en cette journée de canicule, entendre la pluie tomber, comme le surnom d’Escouto, l’amant trop jeune de Carmen, qui donne son titre à cette histoire. De mon côté, j’ai eu un peu peur, je dois l’avouer, dans les premières pages, de friser la déception. L’écriture m’a parue en effet d’emblée trop rapide, trop elliptique, les caractères typographiques trop grands, de ceux qui amènent le doute sur un roman, écrit peut-être précipitamment ? Etions-nous en face du syndrome du second roman ? Et pourtant, et heureusement, sa poésie m’a entraînée, et je ne voulais pas m’avouer si vite vaincue. Au départ, le lecteur comprend que Carmen vient de perdre sa nièce adorée, Cali, mais pas vraiment pourquoi il est question d’un emprisonnement… Un très grand flash back remet tout en place. La vie de ce clan de soeurs à la tête d’un café s’éclaire, le rôle de Carmen, la plus jeune, la plus fantasque et la plus inconsciente aussi. Nous sommes à Marseillette, dans les années 60-70, et quand cette dernière suit l’élan de son désir pour Antonio, le madrilène, et qu’elle part pour l’Espagne, sa terre natale, elle ne sait pas dans quel guêpier elle vient de se mettre ni combien sa fratrie, à l’abri en exil, va en payer le prix… Au final, j’ai beaucoup aimé ce nouveau roman d’Olivia Ruiz, dans lequel on retrouve son énergie, son phrasé rapide (c’est vrai), mais aussi tout un univers sensuel et dangereux très attachant, qui ne se complaît pas dans la facilité ni le bien pensant. Elle pose là, sur le chemin de son écriture, un second petit caillou, différent j’ai trouvé de son roman fleuve précédent, mais bien intéressant, et plein d’échos en réalité (des personnages reviennent). A suivre, donc.

Editions Jc Lattès – 11 mai 2022

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

 

Lectures 2022

Look Back, Tatsuki Fujimoto… ma BD (mon manga) de la semaine !!

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Depuis le temps que mon fils me tanne pour que je lise des mangas, il a enfin trouvé le truc qui marche à coup sûr, en poser un sur ma PAL, un dont la couverture pourrait me faire penser à lui, et titiller ma curiosité. En plus, c’est un one shot m’a-t-il dit. J’ai bien un peu frisé du nez mais je lui ai promis d’essayer. A ma grande surprise, la lecture de droite à gauche, que je pensais être mon frein principal, ne m’a causé en réalité aucun problème… Nous faisons tout d’abord la connaissance de Fujino, une jeune adolescente passionnée, qui croit en son talent et gribouille des strips humoristiques pour le journal de son école. Bientôt, elle va être rejointe dans les colonnes de ce journal par Kyômoto, qu’elle n’a jamais vue, mais dont le talent pour dessiner les décors, les extérieurs, est évident. Paradoxalement, cette jeune fille ne vient pas à l’école car elle se terre dans sa chambre. C’est une Hikikomori. Un lien va se créer entre les deux jeunes filles qui vont unir leurs énergies créatrices. Au collège, elles participent à un concours qu’elles gagnent haut la main. Kyômoto s’ouvre au monde. Mais un drame va les séparer brutalement, laissant Fujino seule… Si vous avez envie de rentrer dans l’univers des mangas, ce titre est idéal. C’est un bon choix de mon fils. Car, même si je suis toujours un peu perplexe devant certains codes narratifs, la rapidité de certaines pages, l’expression des personnages, cet univers rencontré par ailleurs au travers des animations que mes enfants aiment regarder, l’histoire sait ici prendre aussi son temps, oublier les bulles, s’appuyer seulement sur les images. J’ai aimé particulièrement ces moments où les personnages dessinent, très réalistes et doux, ces postures de dos reprises en couverture. Une bien jolie introduction pour moi dans un univers dont je vais sans doute vous parler de nouveau, à l’occasion. Parions ensemble que j’aurai d’autres propositions de lectures.

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Editions Kazé éditions – 9 mars 2022

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Tous les autres liens sont chez Stephie aujourd’hui 

 

Coups de coeur·Lectures 2021

Harry Potter et l’Ordre du Phénix… novembre jeunesse (tardif) et coup de coeur !

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Traduit de l’anglais par François Ménard

❤ Mon mois #novembrejeunesse a légèrement débordé sur décembre avec la lecture de cet énorme pavé qu’est le tome 5 de la saga Harry Potter. Ce sont des livres que ma fille me prête et je dois dire que j’aime de plus en plus suivre les aventures du jeune sorcier et de ses acolytes… L’intrigue commence toujours un peu de la même manière, chez les Dudley, où Harry est obligé de passer l’été. Cependant, cette fois-ci, il se déroule quelque chose d’inhabituel, des détraqueurs apparaissent dans la rue, alors qu’Harry est avec son cousin. Le jeune sorcier utilise la magie, ce qui est interdit au pays des moldus. Les ennuis commencent. Harry sera convoqué mi-août pour décider ou non de son entrée à Poudlard à la prochaine rentrée. Heureusement, les Weasley sont là. La famille de Ron est un soutien sans bornes pour le jeune orphelin, ainsi que son parrain Sirius Black, obligé de se terrer dans sa maison familiale, un lieu qu’il déteste. Mais c’est ici que se réunit dans le plus grand secret l’Ordre du Phénix, et c’est aussi là que pourra se réfugier Harry avant qu’on lui accorde finalement de retourner à Poudlard. Personne ne croit au retour de Voldemord, ce qui va causer beaucoup d’ennuis à Harry mais également à Dumbledore, obligé de compter avec la présence du professeur Ombrage, une femme désagréable et dangereuse, bien décidée à appliquer les directives du ministère de la Magie et notamment de Fudge. Heureusement, Harry peut compter sur ses amis, et sur leur enthousiasme… J’ai adoré ce tome, dense et long, qui prend son temps, mais est encore une fois très bien fait. L’univers créé ici par JK Rowling est impressionnant, il fourmille de détails. Je pense par exemple aux géants et aux centaures, mais aussi à cette scène finale au ministère de la Magie. Un excellent moment de lecture, et il me reste encore deux tomes à découvrir !

 Editions Folio Junior – octobre 2016

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Lectures 2021

L’enfant de l’étranger, Alan Hollinghurst

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Traduit de l’anglais par Bernard Tule

Lors d’un rendez-vous du Club des lecteurs que j’organise dans ma ville, j’ai emprunté ce titre qui était un coup de coeur de lecture pour une des participantes. Il est noté en quatrième de couverture que Alan Hollinghurst est un des plus grands romanciers anglais contemporains, voilà qui était donc parfait pour le mois anglais (qui avait lieu en juin), même si je suis au final un peu en retard… La première scène, qui va s’avérer fondatrice pour le reste du roman, est le séjour de Cecil Valance aux Deux Arpents en 1913, invité par George Sawle, un camarade de Cambridge. Le poète, désinvolte et charismatique, fait une forte impression sur Daphné, la jeune soeur de George, et sur l’ensemble de la famille Sawle, à des degrés divers. En réalité, Cecil est l’amant de George, ce qui ne l’empêche pas de séduire l’impressionnable jeune femme, en lui écrivant un poème sur son carnet de dédicaces. Alors que Cecil meurt à 25 ans, en 1916, sur le champ de bataille, lors de la première guerre mondiale, son poème, devenu célèbre prend un autre sens, ainsi que sa romance supposée avec Daphné… Des biographes vont ensuite vouloir s’emparer de sa mémoire, de sa correspondance. Le roman prend alors l’allure d’une grande fresque, qui se poursuit jusqu’à nos jours, au moment où l’homosexualité peut enfin publiquement s’afficher. Nous suivons Daphné, qui a épousé le frère de Cecil, George, également marié, et le devenir de ces demeures bourgeoises, autrefois flamboyantes, ramenées à leur état de pierres au fil des années et des générations. Je ne vais pas vous mentir, ce roman est un pavé, exigeant par son volume, son nombre de personnages et sa lenteur. Et pourtant, j’ai adoré le lire, car il est d’une grande puissance littéraire. Il est très intéressant de constater que des événements, anodins lorsque l’on est en train de les vivre, peuvent s’avérer fondamentaux lorsque les protagonistes deviennent célèbres, et pour autant être déformés par l’histoire et le temps, les récits, ce qui est tu ou ignoré. Alan Hollinghurst s’attache aussi à observer le déclin de ces grandes familles que le temps n’épargne pas non plus. Les différences de point de vue forment un kaléidoscope dont peu de personnages ressortent épargnés, sauf sans doute Cecil, poète trop tôt disparu, auréolé de cette aura que conservent les jeunes gens de talent fauchés en pleine jeunesse. 
Ce roman a reçu le Prix du meilleur roman étranger en 2013.

Editions du Livre de Poche – janvier 2015

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Une autre lecture chez… Allantvers sur Babélio (le roman est par ailleurs très mal noté par la plupart des lecteurs)

Lectures 2021

Kerozene, Adeline Dieudonné

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J’avais eu un gros coup de coeur pour La vraie vie, le premier roman de Adeline Dieudonné, qui n’est pas un roman facile mais que j’avais trouvé original et fort, talentueux. Lorsque l’on m’a proposé de me prêter son nouvel opus, j’ai donc dit oui… Il est 23h12 dans cette station service le long de l’autoroute, une nuit d’été. Ils sont quatorze à s’y croiser, à cette heure précise, si on compte le cheval et qu’on exclut le cadavre planqué à l’arrière d’un gros Hummer. Adeline Dieudonné nous dresse alors le portrait de chacun, explique ce qui les a amené là, à l’aide de courts chapitres et de tranches de vie. Le lecteur retient cette truie couchée sur le canapé du couple qui invite Sébastien et son ami. On retient également le viol aquatique de Victoire, le mariage bien étrange de Julie avec un gynécologue, le massacre au sein d’un hameau et cette vieille femme mutique mangeant ses cerises en rythme. J’ai retrouvé dans ce livre le style de Adeline Dieudonné, sa manière bien particulière de traiter l’horreur. Il m’a manqué cependant un lien réel entre toutes les histoires qu’elle raconte. L’ensemble ressemble effectivement plus à une juxtaposition factice de textes ou de situations, qu’à autre chose. Et j’ai trouvé que, cette fois-ci, la violence était gratuite. Bien entendu, on peut saluer le fait que cette autrice nous malmène, sans retenue, et que pour une fois, c’est une femme qui le fait, qui nous donne du lourd et du trash. Mais cela ne m’a pas suffi ici. Il m’a manqué une véritable histoire, un lien réel. Ou alors que cet opus soit présenté comme il était peut-être prévu au départ, qui sait, comme un recueil de nouvelles ? Mais si il ne s’agit que de la malédiction du deuxième roman, en ce cas, attendons patiemment le suivant…

Editions l’Iconoclaste – avril 2021

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Une autre lecture chez… Carabookine

Lectures 2021

Le Parfum, Patrick Süskind… en mars je lis des livres prêtés !

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Traduit de l’allemand par Bernard Lorthoraly

En mars, j’avais décidé de privilégier les livres prêtés. Ce roman termine donc ce petit défi pour l’instant… De Patrick Süskind, j’ai peut-être déjà lu Le Pigeon et/ou La contrebasse. Je n’en suis pas certaine (défaut de grande lectrice qui oublie parfois ses lectures). Ce dont j’étais par contre certaine était de ne jamais avoir lu jusque là Le Parfum, car ce livre me faisait peur depuis toujours. De plus, il est assez particulier de commencer un tel roman en ayant perdu une grande partie de son odorat, et ce depuis plusieurs années. C’est donc un étrange voyage, immédiatement fort, que j’ai commencé en ouvrant les premières pages de ce livre, à la rencontre de Jean-Baptiste Grenouille. Ce personnage, qui naît dans un XVIIIème siècle rude, n’avait que peu de chances de survivre. Ses premiers instants, son enfance, sont assez épouvantables et dangereux, dépourvus d’amour et de tendresse. Ce qui est assez vite remarqué chez Grenouille est son manque d’odeur, mais aussi son insignifiance, jusqu’à ce que son génie olfactif soit soudain reconnu. Pour autant, Grenouille reste dans l’ombre et peine à s’imposer. Le voici donc sur les chemins, décidé à fuir le monde, les reflux de la ville, le genre humain. Il restera ainsi plusieurs années, terré dans une caverne, jusqu’à ce que l’évidence de son manque d’odeur lui apparaisse brutalement et l’idée, terrible s’il en est, de créer un parfum « non seulement humain, mais surhumain », quitte à s’en prendre à d’innocentes et belles jeunes-filles pour l’obtenir… Il est assez évident que j’ai lu ce livre après tout le monde, mais peu importe. Merci à ma prêteuse ! Sans plus attendre, je dois avouer que j’ai adoré immédiatement son écriture, qui m’est apparue très vite avoir les codes du roman d’apprentissage. Sa structure, ses personnages font indubitablement de ce roman un classique. Son succès ne m’étonne pas, les lecteurs ne s’y sont pas trompé. Et dire qu’il n’est sorti qu’en 1985 ! Dans la lubie de Grenouille, j’ai cru reconnaître parfois le caractère obtus d’un Dom Quichotte et l’absurdité de certaines scènes (l’exécution par exemple) sont de l’ordre du génie. Il n’y a pas à revenir sur la grandeur de cette oeuvre. J’ai, cependant, fermé ce livre avec un certain malaise, j’ai détesté Grenouille et ses obsessions, je l’ai détesté de faire de cet odorat précieux (qui me manque régulièrement) quelque chose d’aussi vil. Mais sans doute Le Parfum est-il de ces romans que l’on adore lire et détester à la fois ?

Editions Livre du poche – septembre 2006

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