Lectures 2019

La maladie de Sachs, Martin Winckler

Comme j’avais aimé découvrir Martin Winckler via Le Choeur des femmes, on m’a prêté ce roman dont j’avais énormément entendu parler, à sa parution en librairie je suppose (il a reçu le prix du livre Inter 1998), mais plus certainement encore lorsque son adaptation (avec Albert Dupontel) est sortie… Ce qui m’a tout de suite frappé dans les premières pages de ce texte, est l’emploi du tu, qui sera présent tout du long du roman, et qui désigne le docteur Sachs et l’abondance des énumérations, qui donnent sens par leur profusion. Jeune médecin, le docteur Sachs vient de s’installer à Play. Tout d’abord un peu méfiants, les patients finissent par envahir la salle de ce praticien pas comme les autres, qui prend son temps, est doux, et allonge les malades sur un matelas posé au sol. C’est un portrait en creux que nous donne à lire Martin Winckler, car ce sont en effet les autres, tous les autres, les malades, les collègues, les amis, qui vont apporter petit à petit leur pierre, leur témoignage, leur expérience et faire de Bruno Sachs un être de chair. Ils sont peu nombreux à ne pas tomber sous son charme. Beaucoup l’apprécient, font appel à lui, l’observent et se posent des questions sur sa vie. Quelques uns lui doivent d’ailleurs la vie sauve. La commune est petite. Les gens jasent. Le docteur Sachs a la trentaine bien tassée, il est célibataire. Alors, lorsque une femme entre dans chez lui et s’y installe, ses patients sont ravis. Mais, pourvu que le docteur ne parte pas… Comme Le choeur des femmes, j’ai beaucoup apprécié cette lecture, qui donne à réfléchir sur la bonne manière de soigner. J’ai peut-être cependant moins été emballée par cet opus là, qui décrit vraiment ce que peuvent être les occupations d’un médecin de campagne par le menu détail, tant j’avais été intéressée par le côté militant du précédent lu. Pour autant, voici un livre qu’il est précieux de lire et dont j’ai aimé surtout la forme (très originale, très dans la ligne de l’éditeur POL) et parfois la verve. Et puis, ce qui est intéressant, autant que touchant dans ce roman, ce sont tous ces personnages dont on découvre le quotidien simple et parfois éprouvant, les émotions, les maladies bien sûr, mais aussi les rêves, et qui vont, viennent et reviennent dans les journées bien remplies du docteur Sachs.

Editions J’ai lu – février 2003

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Lectures 2019

Le Choeur des femmes, Martin Winckler

Depuis le temps que je voyais passer ce livre sur les blogs… il était grand temps que je le lise. Pour tout dire, il y a bien longtemps que je ne note plus réellement sur papier les titres que je souhaite lire. Naviguant depuis 13 ans sur la blogosphère littéraire, les envies se sont accumulées. Arrivée à 500 livres notés sur ma LAL (Liste A Lire), ma liste ne ressemblant plus à rien, j’ai décidé à un moment donné d’abandonner l’écriture et de laisser tout bêtement faire le hasard et les opportunités. Il en est ainsi pour Le choeur des femmes, prêt d’une collègue. N’ayant jamais lu Martin Winckler auparavant, et ne connaissant pas vraiment le contenu de ce roman, je ne savais pas à quoi m’attendre. Je savais seulement que ce livre avait le pouvoir de marquer les esprits. Dans les premières pages, nous faisons rapidement connaissance avec Jean Atwood, jeune interne, major de sa promo, pleine d’arrogance et de suffisance. Afin d’obtenir le poste qu’elle vise en chirurgie gynécologique, elle doit se plier à la volonté de ses supérieurs et effectuer un stage de six mois dans une unité qui s’occupe de « Médecine de la femme ». Elle rencontre le Docteur Karma et est tout de suite exaspérée par sa manière de mener les consultations, de laisser ses patientes geindre et raconter leur vie. Jean ne voit pas du tout ce qu’elle peut bien apprendre dans une unité où on bafoue à ce point tout ce qu’elle a mis des années à apprendre. Le docteur Karma lui laisse une semaine pour se faire une idée du service… et amène peu à peu la jeune femme à changer son regard sur les femmes, la médecine et sur elle-même. Jean dissimule en effet depuis sa naissance un lourd secret, de ces secrets qui peuvent à la fois aider à se forger un destin et rendre vulnérable. Le choeur des femmes s’est révélé être une lecture étonnante et fascinante, dense. J’ai énormément aimé tout ce qui a trait à la pratique gynécologique. J’ai appris beaucoup sur qu’elle pourrait être si on prenait en compte le confort de la patiente et ses attentes. J’ai compris qu’il était possible de faire autrement. Je m’étais déjà intéressée au sujet en regardant il y a peu une série sur les sages femmes dans le Londres des années 50, Call the Midwife (que je vous recommande chaudement). La manière dont le docteur Karma conduit ses consultations est fascinante et, je l’espère, très inspirante pour des médecins. J’ai peut-être été moins touchée par l’intrigue elle-même, le secret de Jean, et les déboires de sa vie amoureuse. Mais Le choeur des femmes est en effet un roman qui marque les esprits, essentiel à lire dirais-je même, pour peu qu’on s’intéresse au sujet. Sophie Adriansen, l’auteure de Le Syndrome de la vitre étoilée et de Linea Nigra, m’a avouée sur Instagram qu’elle le plaçait dans son top 5, et je n’en suis pas très étonnée.

Editions POL – août 2009

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Existe en format poche