Lectures 2022

Les lendemains, Mélissa da Costa

leslendemains

Ayant vraiment beaucoup aimé à sa sortie ma lecture de Tout le bleu du ciel, j’étais vraiment impatiente de découvrir ce titre, qui promettait beaucoup. Je dois avouer, qu’à la recherche d’un livre léger, j’ai été assez désarçonnée par la lourdeur et la tristesse des débuts de celui-ci. Ce roman est quand même assez plombant… Amande, en effet, a perdu le même jour, son mari, et l’enfant qu’elle portait. Percluse de douleur, elle s’est réfugiée dans une maison, en pleine campagne, en Auvergne. Le chagrin prend alors toute la place, et Amande met un temps infini à s’intéresser à l’extérieur, à ouvrir ses volets, à découvrir le jardin, à commencer à s’en occuper. Elle découvre de vieux calendriers annotés par l’ancienne propriétaire qui vont beaucoup l’aider et lui apporter un peu de lumière. Un chat gris s’invite dans son refuge. Mais le travail du deuil est très long. Heureusement, Amande a le temps, et est plutôt bien entourée. La reconstruction se fait très lentement et connaît des hauts et des bas… En tant que lectrice, j’ai aimé assister à cette reconstruction lente, au travail du potager, à la prise de possession du jardin, à cet encensement de la nature (que je partage) mais il m’a manqué la subtilité contenue dans le roman précédent de l’autrice. Pour autant, les personnages sont ici très beaux et attachants, mais sans doute le sont-ils de trop ? Tenant bien plus du roman feel good que du roman réaliste, Les lendemains m’a donc un peu déçu et n’a pas eu l’effet salvateur escompté. J’ai en effet peiné à me projeter dans une histoire aussi triste, mais aussi si peu crédible, à mon sens.

Editions Le livre de poche – février 2021
J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 4 

Lectures 2019

Tout le bleu du ciel, Mélissa Da Costa

Bon, il faut que je vous raconte quelque chose… A la maison, le premier consommateur de ma PAL, c’est mon mari. Dès que je reçois un livre, il saute littéralement dessus, et encore plus si il y a un combi wolkswagen sur la couverture. Comme vous le voyez, c’est une de ses marottes… Pour autant, peu de livres passent favorablement le test des premières pages. C’est un lecteur exigeant qui n’hésite pas à abandonner une lecture. Et il s’avère que mon mari a complètement adoré ce gros pavé, premier roman de Mélissa Da Costa. Il était temps que je le découvre à mon tour. Déjà, je dois vous dire que ce titre n’est pas un feel-good, malgré ce petit quelque chose dans son aspect, ou dans son écriture, ou dans son pitch, qui pourrait le laisser à penser. Il fera pour autant un excellent roman à glisser dans votre valise pour cet été, surtout si vous partez randonner en montage, comme c’est notre cas. Car, dans Tout le bleu du ciel, le maître mot est le voyage et l’aventure, bouger, tout quitter pour ne pas se laisser enliser dans l’apitoiement. Emile a en effet décidé de fuir l’essai clinique qu’on lui propose et la commisération des siens. Atteint d’un Alzheimer précoce à 26 ans, il n’a que quelques mois à vivre, deux ans au maximum. Peu à peu, sa mémoire s’en ira. Il veut passer le temps qu’il lui reste à voyager et à profiter. Pour cela, il passe une annonce dans un journal (« Recherche compagnon(ne) pour partager avec moi ce dernier périple« ) et embarque peu après dans son camping-car tout récent une jeune femme un peu perdue au large chapeau noir. Le courant ne passe pas immédiatement avec Joanne, le plus souvent terrée dans son mutisme et la méditation. Mais les deux compagnons de voyage décident de découvrir les Pyrénées, et de marcher. Peu à peu, la confiance naît et le lecteur apprend aussi à connaître chacun des protagonistes. Les rencontres sont belles, l’amour pourrait éclore, mais ce serait oublier la raison du voyage et que la santé d’Emile commence à décliner sérieusement. La frêle Joanne saura-t-elle y faire face ? J’ai aimé dans ce roman que rien ne cède vraiment à la facilité, que les dialogues soient vifs, mais aussi que le temps passe lentement, parfois longuement, qu’il semble même s’arrêter à de multiples reprises et faire demi-tour, au fil des souvenirs, et de la mémoire qui s’échappe. C’est un livre qui aide à réfléchir sur nos attentes, notre façon de vivre et nos priorités. On pourra penser qu’il n’est pas très réaliste, ou un peu utopique, mais si vous voulez laisser une chance au lâcher prise dans votre vie, cela peut être une bonne idée d’ouvrir ce livre et d’embarquer avec Emile et Joanne dans leur camping-car. Ce sont des personnages que l’on apprend réellement à aimer et que j’ai du quitter avec regret.

Editions Carnets Nord – février 2019

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

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