Lectures 2018

Juste un peu de temps, Caroline Boudet

En choisissant ce titre, dans la sélection que Netgalley propose en ce moment pour son challenge, je ne savais trop à quoi m’attendre… mais le pitch du livre m’avait interpellé. Et puis, j’aime souvent ce que les éditions Stock publient, l’exigence littéraire de leur catalogue. Là, je dois dire que j’ai été au départ un peu surprise de retrouver un style d’écriture qui s’apparente plutôt à ce que l’on retrouve en général dans la littérature considérée comme « légère », où l’écriture n’est pas là pour se faire spécialement remarquer. Première impression cependant très vite oubliée, car Caroline Boudet a sans doute écrit LE livre que j’aurais aimé lire lorsque je m’occupais de mes enfants alors en bas âge, et que l’atmosphère qu’elle sait créer dans son roman m’a vraiment beaucoup séduite, et m’a rappelée rapidement d’autres livres lus et aimés. Pour résumer, je l’ai dévoré. Sophie, l’héroïne, est une jeune mère de trois enfants qui décide, un jour de grand ras le bol, et sur un coup de tête, de laisser son travail en plan et de prendre un train pour Saint Malo. Quelle mère de jeunes enfants n’a pas eu un jour l’envie de faire ça ? Quand la charge mentale s’accumule, la fatigue, etc… Mais en général, l’envie reste à l’état d’envie. Et tout à coup, nous voici, en compagnie d’une Sophie qui a elle osé sauter le pas, à la fois dans le Saint Malo de chez Olivier Adam et dans Les heures de Michael Cunningham. En effet, Sophie a, au départ, seulement l’intention de voler quelques heures à la routine, de prendre un hôtel, et de continuer la lecture de son livre en cours. Elle a besoin de respirer, d’un peu de temps pour elle. Oui, mais les heures s’éternisent, deviennent des jours, et Sophie reste à Saint Malo, laissant un Loïc au bord du gouffre et rempli d’incompréhension sans nouvelles. Tandis que son mari s’agite et remue ciel et terre pour savoir si quelqu’un a une idée de ce qu’il se passe, s’inquiète, Sophie reste à Saint Malo. Et c’est en ça que ce roman est vraiment intéressant, accroche, car de l’avis de tous la jeune femme était une mère et une épouse parfaite, irréprochable. Une lecture, qui sous des dehors frivoles (sa jolie couverture par exemple), n’est donc pas si légère que ça, et pose (je trouve personnellement) les bonnes questions, sur la place de la femme dans le travail, à la maison, dans la société. Oui, les jeunes femmes d’aujourd’hui sont pour beaucoup des héroïnes, et oui beaucoup sont aussi au bord du burn out, victimes bien souvent des injonctions qu’ont leur donne et qu’elles se donnent. Un livre utile, en ce sens, car il fait bouger les lignes. Merci Caroline Boudet !

Editions Stock – mai 2018 – 

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Un livre lu dans le cadre du Challenge Netgalley.fr

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Lectures 2018

Hors piste, Sophie Adriansen

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Comment résister à un nouveau titre de Sophie Adriansen ?… Surtout lorsqu’il est la suite d’un autre que tu as adoré lire, Les grandes jambes [clic]. Tu y avais rencontré Marion, alors qu’elle s’apprêtait à effectuer un voyage avec sa classe à Amsterdam. Préoccupée par sa grande taille, amoureuse de Grégory, les événements s’enchaînaient heureusement pour faire de ce moment un fabuleux souvenir. Tu avais aimé retrouver ta fille dans ce roman pour jeunes adolescents, surtout qu’elle-même revenait d’une colonie à Amsterdam. Dans ce nouvel opus, Marion a rompu avec Grégory et les choses ont un peu changé. Visiblement, elle est moins préoccupée par sa grande taille, et surtout agacée que ses parents aient eu l’idée saugrenue de l’inscrire de force en colonie de ski pendant les vacances d’hiver. Elle est en troisième, le Brevet pointe son nez, et elle a mieux à faire que de passer une semaine à la montagne sans son portable. Au retour, elle envisage en effet de reconquérir Grégory. Mais, dès le trajet en car, les événements s’engagent bien mieux qu’elle ne l’espérait. Sa voisine de siège, Jordane, s’avère une fille très cool (au même âge, elle est déjà au Lycée), et un des garçons turbulents du fond attire son attention. Et si ces vacances imposées étaient finalement une aubaine ? En lisant ce petit roman, tu as retrouvé la finesse d’écriture et le regard de Sophie Adriansen. Tu as peut-être été moins touchée par Marion dans ce volume que dans le précédent, parce que ses préoccupations y ont changé, et qu’elle y est beaucoup plus sûre d’elle. Mais tu as aimé encore une fois plonger dans cette atmosphère de voyage, de moments hors du temps que sont ces colonies, dont tes deux enfants sont friands et dont parfois ils te racontent les péripéties… Car ce qui est intéressant dans ce séjour, ce sont les rencontres amicales que fait Marion, et l’attention aux autres qu’elle peut porter, hors du regard parental. Une occasion évidente de prendre du recul sur le quotidien et de grandir. Ta fille avait adoré lire Les grandes jambes également, mais en deux ans elle a changé de lectures et est entrée au Lycée. Ce titre convient plus sûrement à des collégiens qui y trouveront des échos à leurs préoccupations…

Slalom – janvier 2018

Tu as aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une autre lecture chez… Saxaoul

Une lecture faite grâce à Net Galley    Badge Lecteur professionnel

Lectures 2018

La distance de courtoisie, Sophie Bassignac ~ rentrée littéraire hiver 2018

Tu sais que parfois certains livres t’enchantent, bien au-delà d’une quelconque qualité littéraire… seulement parce qu’ils savent transcender la réalité et imposer la poésie du quotidien comme une manière de vivre possible. La distance de courtoisie est de ce genre de livres là… Cette expression « distance de courtoisie » désigne en général ces quelques mètres, souvent marqués d’une ligne au sol, que l’on impose parfois aux clients et usagers pour protéger la confidentialité de l’échange au guichet. Dans l’ensemble de nos échanges sociaux, elle existe aussi, mais reste invisible, et pourtant elle érige également une frontière. Dans ce roman de Sophie Bassignac, le lecteur fait très vite la connaissance de cette distance là, plus ou moins respectée, mais aussi d’Adélaïde, la responsable d’un Musée local, forte femme au tempérament à la fois généreux et tranchant. Adélaïde a la particularité d’embaucher des êtres en perdition. Son équipe ressemble donc fortement à une sorte de cour des miracles improbable. Sa dernière recrue est Etienne Bellamy, un homme qui a tout perdu, sa femme, son entreprise et son appartement et est venu s’échouer en province. Depuis, il survit. Etienne a conscience qu’Adélaïde lui a sauvé la vie et lui en est reconnaissant. Lors du vernissage d’une exposition, cependant, un tableau de Chardin est volé. Etienne est accusé. Le même soir, il a rencontré une comédienne qui semble apprécier sa compagnie. Toujours en deuil de son ancien mariage, encore trop fragile, Etienne est perdu et effrayé. Et toi lectrice, tu as aimé suivre les errances de cet anti-héros autour duquel gravite une galerie de personnages hétéroclites et attachants, tous plus ou moins obnubilés par des amours non réciproques et sans issues, tous plus ou moins bienveillants les uns envers les autres. La distance de courtoisie s’avère à la lecture un roman léger, moderne et divertissant, de ceux pour lesquels tu ne boudes pas ton plaisir de lecture entre deux romans plus profonds.

Editions JC Lattès – 31 janvier 2018

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Lu sur ma liseuse grâce à NetGalley

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