Lectures 2017

Ressentiments distingués, Christophe Carlier

Il faut vraiment dépasser cette couverture un peu sombre pour s’engager dans ce petit livre et l’apprécier… Un bandeau annonçait pourtant que l’auteur avait déjà écrit le roman L’Assassin à la pomme verte (Prix du premier roman en 2012, que tu n’as pas lu). Finalement, tu as dévoré cet opus sur deux jours. Il tourne en ce moment dans ton petit groupe de bibliothèque. Vous en parlerez bientôt. Nous sommes sur une île, alors que la fin de l’été a fait fuir les derniers touristes, et que les insulaires se retrouvent entre eux. Mais un jour, le facteur  constate qu’il distribue de bien étranges cartes postales anonymes qui, en une ou deux phrases, énoncent des sentences ou des interrogations allusives perturbantes. Un corbeau sévit. Et les conjectures vont bon train. On grince des dents. Valérie, dans son café, est aux premières loges pour récolter les supputations de la population inquiète. Qui sera le prochain sur la liste ? Il faut dire que les phrases du corbeau ne restent pas sans conséquences. Alors on s’épie, on cherche le coupable. Est-ce le jeune Tommy ? Ou quelqu’un ayant déjà reçu une carte pour ne pas éveiller les soupçons ? La configuration d’une île est particulière, Gwenegan le gendarme en a conscience et dresse mollement le portrait de chaque habitant, persuadé que tout rentrera dans l’ordre sous peu. Il faut dire qu’il est bien plus occupé à admirer les beaux yeux de la charmante Valérie. Emilie, elle, tente de contrer les effets néfastes des cartes malveillantes en envoyant les siennes, bienveillantes. Mais jusqu’où ira ce corbeau maléfique ? Et toi lectrice, tu as beaucoup aimé dans ce délicieux petit roman avoir l’occasion de passer du temps sur une île, hors saison, au milieu de ses figures emblématiques, dans cette atmosphère particulière, à la fois vaste car brassée par les éléments et fermée car délimitée par des contours bornés. Tu as beaucoup aimé aussi l’écriture de ce texte, ciselée, et tu t’es d’ailleurs arrêtée à plusieurs reprises sur des paragraphes pour en goûter la beauté. Un joli livre à découvrir !!

« L’immensité, sur l’île, ne surprend plus personne. Elle fait partie du quotidien. On contemple l’infini chaque matin en baîllant, et chaque soir, en sortant sa poubelle. C’est un privilège qui peut rendre fou. Car l’immensité n’empêche pas le confinement. Ce sont toujours les mêmes personnes qui se croisent et se saluent aux carrefours. »

Editions Phébus – janvier 2017

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Le billet de Nicole, également conquise

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Lectures 2017

L’ombre de nos nuits, Gaëlle Josse

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C’est officiel, Gaëlle Josse sera présente à La Roche sur Yon en octobre 2017 [clic ici pour plus d’informations]… alors tu prépares petit à petit sa venue en lisant ses romans… Au centre de celui-ci, il y a un tableau de Georges De la tour (voir la reproduction en dessous, présente généralement sur la couverture du livre – en grand format ou en poche), Saint Sébastien soigné par Irène, que le peintre destine au roi. Alors le lecteur suit la mise en place de ce tableau, les premiers coups de pinceaux, entre dans la maisonnée de la famille du Maître, qui veut voir plus grand que le succès qu’il connaît déjà dans sa région. C’est sa fille Claude qui incarnera la douce Irène, quelle pression ! Tout le monde est en émoi quand vient le grand jour de transporter l’oeuvre sur les routes jusqu’à la cour du roi. Un autre récit alterne avec celui-ci… De nos jours, dans un Musée, une femme tombe en arrêt devant ce tableau, qui lui rappelle un amour perdu, un amour qui s’est terminé par le désistement progressif de l’autre, un amour plein de silences et de non-dits, de fantômes… Son attention reste fixée sur le personnage au centre de la peinture, cette femme qui détourne le regard. Les sentiments sont au coeur de ce roman, mais aussi la tendresse, l’attention à l’autre, l’ombre et la lumière… l’orgueil peut-être, dirais-tu aussi. Gaëlle Josse nous délivre encore ici le très beau portrait intime d’un homme célèbre (voir Un été à quatre main), et t’a attachée avec son personnage féminin moderne, et ses réflexions sur l’aveuglement amoureux.

Noir sur blanc – janvier 2016

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Un petit bijou pour Sylire

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