Lectures 2021

Tant qu’il reste des îles, Martin Dumont… sélection prix Relay des voyageurs lecteurs

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❤ Depuis 2018, on me propose de lire la sélection du Prix Relay des Voyageurs lecteurs, et c’est toujours une très belle expérience. Je vous présente aujourd’hui le quatrième titre de la sélection, alors que le Prix Relay des voyageurs lecteurs a été attribué à Des diables et des saints de Jean-Baptiste Andréa le 10 juin dernier. Ma préférence, de mon côté, va plutôt à ce dernier titre lu, un coup de coeur, sans doute parce qu’habitant en Vendée je suis plus sensible au thème qui y est abordé, la construction d’un pont, reliant une île au continent. En Vendée, au début des années 70, Noirmoutier a connu ce phénomène. Avant, l’île était accessible en voiture, seulement à certaines heures, en fonction des marées, via le passage du gois, toujours en fonctionnement. Et puis, ici, nous avons l’île d’Yeu, bien trop loin du continent pour être reliée par un pont, une île magnifique. Dans le roman de Martin Dumont, Léni, jeune père séparé, travaillant dans un petit chantier naval en déroute sur l’île observe sans s’impliquer le phénomène en train de se produire, la construction de ce fameux pont qui va bouleverser sans conteste la vie de la communauté. Les marins pêcheurs tentent de bloquer les travaux. Mais n’est-ce pas un peu tard ? Et puis, lors du référendum, plus de la moitié des îliens ont voté pour. Léni est un taiseux, de ceux que l’on doit bousculer un peu pour sortir faire la fête. Mais il est aussi fidèle en amitié, un habitué du café de Christine, un père attentionné, un fils présent. Quand Chloé, photographe, vient s’installer quelques temps sur l’île pour effectuer un reportage sur le grand chantier, la jeune femme ne laisse pas le loup solitaire indifférent. Va-t-il réussir à exprimer enfin ses sentiments ? J’ai mis quelques pages à me laisser faire par l’ambiance de ce roman mais son charme rugueux a fini par agir sur moi et j’ai finalement adoré passer quelques temps avec lui. Il m’a rappelé nos nombreuses vacances en Bretagne, les changements observés, plus près de chez moi, dans le port de Saint-Gilles Croix de vie depuis mon enfance, mais également ce projet détesté de port à Bretignolles sur mer, le passage inexorable du temps qui finit par plier les volontés. Vers plus de progrès ? Pas si sûr.

Editions Les Avrils – mai 2020

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une autre lecture chez… Mumu dans le bocage

Lu dans le cadre du…

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Lectures 2021

L’hôtel de verre, Emily St John Mandel… sélection prix Relay des voyageurs lecteurs

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Traduit de l’anglais (Canada) par Gérard de Chergé

Depuis 2018, on me propose de lire la sélection du Prix Relay des Voyageurs lecteurs, et c’est toujours une très belle expérience. Je vous présente aujourd’hui le troisième titre sélectionné (A l’heure où je rédige ce billet, j’ai commencé le quatrième titre, en sachant que dès demain soir, à partir de 18h30, vous connaitrez le lauréat du prix sur @voyageurslecteurs sur Instagram).
Emily St John Mandel s’est attachée, dans son roman, à créer une atmosphère hypnotique et nébuleuse qui saisit rapidement le lecteur, pris dans une spirale dont l’épicentre est sans aucun doute l’arnaque de grande ampleur mise en place par Jonathan Alkaitis, le personnage central. La Pyramide de Ponzi (ou système de Ponzi) est un montage financier frauduleux qui consiste à rémunérer les investissements des clients essentiellement par les fonds procurés par les nouveaux entrants. C’est un système simple mais forcément amené à s’effondrer un jour, dès que de gros investisseurs cherchent à récupérer leurs fonds. Etrangement, c’est un graffiti, inscrit sur la paroi de verre de l’Hôtel Caiette, dont l’homme d’affaires est propriétaire, qui en sera le détonateur. Nous retrouvons là Paul et sa soeur Vincent, dont nous avions déjà fait la connaissance quelques pages avant. D’autres personnages entrent en scène, se croisent et donnent une preuve supplémentaire que le monde est décidément bien petit, des investisseurs, des collaborateurs, des victimes, des voleurs, des menteurs… Dans ce tourbillon, généré par un système frauduleux, et qui entraîne avec lui dans sa perte plein d’innocents, peu arrivent à sortir la tête de l’eau. Certains meurent aussi, et viennent alors hanter Jonathan Alkaitis, Vincent ou Paul.
Emily St John Mandel convoque dans son récit une flopée de fantômes, mais pas que, elle donne aussi une part belle à la vacuité, insufflant l’idée d’une drôle d’époque traversée par la mélancolie d’une société qui se sait en déclin. J’ai aimé cette atmosphère désenchantée, assister à la brutalité du scandale, mais le scénario un peu décousu, à multiples tiroirs, m’a dans l’ensemble moins convaincue.

Editions Rivages – mars 2021

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une autre lecture chez… Kathel

Lu dans le cadre du…

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Lectures 2021

Le train des enfants, Viola Ardone… sélection prix Relay des voyageurs lecteurs

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Traduit de l’italien par Laura Brignon

Depuis 2018, on me propose de lire la sélection du Prix Relay des Voyageurs lecteurs, et c’est toujours une très belle expérience. Je vous présente aujourd’hui le deuxième titre sélectionné. Viola Ardone s’est intéressée à ce fait assez méconnu. Entre 1946 et 1952, le Parti communiste italien et l’Union des femmes italiennes ont effectivement envoyé par train près de 70 000 enfants pauvres du sud de l’Italie afin qu’ils soient, pendant quelques mois, logés, nourris, blanchis et instruits par des familles d’accueil du Nord, loin de leur misère quotidienne. C’est à hauteur d’enfant que Viola Ardone a choisi d’aborder le sujet, via la parole de Amerigo, sept ans. A Naples, en 1946, c’est à son tour de prendre le train. Il vit habituellement seul avec sa mère Antonietta, dans une grande pauvreté. Ce départ est un choc pour l’enfant qui découvre une famille accueillante et affectueuse au bout du chemin, et surtout une passion pour le violon. Il n’est pas le seul, parmi les enfants déplacés, à connaître alors un conflit de loyauté, coupé en deux, déchiré entre deux amours, deux vies très différentes, et deux dialectes. Le roman colle parfaitement à l’imaginaire et aux préoccupations enfantines. J’ai aimé qu’il soit très imagé, et doux, pas triste du tout, même si on imagine sans peine aussi la violence du quotidien de Antonietta, par exemple. La fin, que je ne vous dévoilerai pas, a un goût désenchanté qui m’a plu également, très italien. Je verrai très bien ce livre adapté au cinéma. Je l’ai terminé depuis quelques jours déjà, et je me rends compte combien la personnalité d’Amerigo m’a touchée et reste dans ma mémoire.

Editions Albin Michel – janvier 2021

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Lu dans le cadre du…

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Lectures 2021

Des diables et des saints, Jean-Baptiste Andrea… sélection prix Relay des voyageurs lecteurs

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Depuis 2018, on me propose de lire la sélection du Prix Relay des Voyageurs lecteurs, et c’est toujours une très belle expérience. Je vous présente aujourd’hui le premier titre sélectionné, d’un auteur que je n’avais encore jamais lu, mais qui a déjà reçu, pour ce livre, le Grand prix RTL Lire, un prix avec lequel je suis en général en phase… Dans Des diables et des saints, Jean-Baptiste Andrea nous plonge directement dans l’atmosphère d’un hall de gare. Un homme joue sur un de ces pianos laissés à la disposition de tous. Il attend quelqu’un, une rencontre. Et puis, il nous raconte ce qui l’a amené là, le décès brutal de ses parents lors d’un accident d’avion, son placement dans un orphelinat et l’enfer qu’il y a vécu. Je ne suis pas très adepte des histoires d’orphelinats et de pensions, mais j’ai aimé tout de suite, chez Jean-Baptiste Andrea, son ton ironique et détaché, qui ne cherche pas à tirer les larmes. Bien entendu, le lecteur n’échappe pas à quelques traits qui peuvent sembler caricaturaux, le méchant Grenouille qui prend plaisir aux sévices qu’il inflige à ses pensionnaires, le directeur aux comportements troubles, l’adolescent meneur et révolté, la jeune fille du château, Rose, belle et inaccessible. Et pourtant, Jean-Baptiste Andrea a le talent de nous donner le sentiment de lire un récit inédit, tant les personnages qui entourent Joseph, notre jeune pianiste, adepte de Beethoven, sont bien campés. Chacun a son histoire triste à raconter. Personne n’est meilleur qu’un autre, et même pas Rose. Et si l’orphelinat lugubre était le seul coupable de la violence qu’il génère ? Alors, il faudrait appeler au secours, tenter de s’enfuir, quitter à jamais ces lieux… C’est un roman qui m’a fait battre le coeur un peu plus vite, à plusieurs reprises, et dont j’ai aimé l’esprit. Je ne l’aurais sans doute pas lu sans cette opportunité, ce qui aurait été dommage. Un très beau roman donc, que l’on a envie de partager autour de soi.

Editions L’iconoclaste – janvier 2021

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Lu dans le cadre du…

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Instagram

C’était en juin

Et j’en profite pour vous raconter mon mois de juin, via d’abord vos deux photos préférées sur mon compte Instagram @antigoneheron. Vous avez aimé ce mois-ci mon tricot terminé et les fruits de mon jardin.

2/06 – Goa Tee de chez @weareknitters terminé ! Plus qu’à rentrer les fils. Je regrette de ne pas l’avoir fait un peu plus long mais le rendu est chouette 💙 – 51 ❤ | 18/06 – Autant j’avais aimé 2017 et 2018 que 2019 me fatigue un peu… Cela dit le soir en ce moment il y a ce petit bonheur de rien du tout et qui fait du bien d’aller chercher son dessert dans le jardin en rentrant du travail. #zerodechet #jardinpotager#vivement2020 – 49 ❤

En juin, il y a eu aussi…
* en début de mois, une belle découverte Netflix avec la série déjantée et féministe Good girls ;
* la fin
de mes lectures pour le Prix Relay des voyageurs lecteurs 2019. Le gagnant de cette année a été proclamé le 12 juin et est Olivier Norek avec Surface ;
*
 beaucoup de tricot… dont un test pour un patron, disponible à présent sur son site, le chauffe-épaules Eté de Nanoulili & Cie  ;
* le 14 juin, une rencontre avec Alexandre Feraga chez Jessica aux Herbiers (Librairie Les fringales litteraires) pour son roman Après la mer chez Flammarion. Belle rencontre, humaine et enrichissante, animée aussi par Violaine (voir deuxième photo ci-dessous) ;
* le 15 juin, le retour des derniers coups de coeur de la blogo littéraire [clic ici] ;
* une sorte de découragement devant cette rentrée littéraire que l’on dévoile excessivement et surtout bien trop tôt (vos commentaires ont été importants et intéressants, merci !) ;
* un peu en réaction, une sélection de mes 10 livres à emporter sur la plage cet été [clic ici] ;
* ma participation à un jury de concours d’écriture pour la bibliothèque municipale de Thorigny, tenue pas des bénévoles. Les gagnants ont été félicités le 29 juin, dont Simon, gagnant dans la catégorie enfant (troisième photo ci-dessous) ;
* les 14 ans de mon fils !

  

Récapitulatif des lectures chroniquées en juin :

Lectures 2019

Surface, Olivier Norek… sélection du Prix Relay des Voyageurs lecteurs 2019

Je termine mes lectures pour le Prix Relay des voyageurs lecteurs 2019… Je vous invite à élire votre livre préféré en cliquant ci-dessous, à la clé de nombreux cadeaux à gagner, dont un voyage à Séville ! Vous avez jusqu’au 7 juin. Pour ma part, c’est fait ! 

[Lien pour voter – jeu concours]

Dans le roman que je présente aujourd’hui, nous débarquons tout d’abord, et de plein fouet, en pleine perquisition. Il est 6h du matin sur Paris ce jour-là, et le capitaine Chastain est loin d’imaginer à quel point sa vie va changer dans les secondes qui suivent, dès que la porte de l’appartement que son équipe a en ligne de mire sera franchie. Atteinte par l’arme du suspect en plein visage, Noémie se découvre en effet les jours suivants défigurée et abandonnée par son amant, au moment même où elle aurait eu le plus besoin de lui. Le retour de Noémie Chastain au sein de son équipe est inenvisageable pour sa hiérarchie. Le nouveau visage du capitaine dérange. Elle sera donc envoyée dans l’Aveyron, dans la commune d’Avalone pour une mission délicate, décider ou non de la survie des forces de police dans ce coin reculé et calme. Pour autant, le calme apparent sera de courte durée pour la jeune femme, qui essaye par ailleurs peu à peu d’apprivoiser sa nouvelle personnalité. Un cadavre d’enfant est retrouvé dans un fût à la surface du lac d’Avalone, sous lequel a été englouti l’ancien village, au moment de la construction du barrage. Noémie Chastain met tout en oeuvre pour résoudre une affaire qui s’avère au fil de l’enquête bien complexe, liée à d’anciens faits de 1994, la disparition de trois enfants, la fuite d’un travailleur agricole, et qui trouble encore aujourd’hui les habitants d’un village où tout le monde se connaît.
J’avais eu un gros coup de coeur pour le roman précédent d’Olivier Norek, Entre deux mondes, absolument bouleversant. Celui-ci est un roman policier de facture plus classique, mais encore une fois écrit avec beaucoup de talent et complètement addictif. Je l’ai dévoré. J’en ai aimé les personnages, surtout les secondaires, comme le chien Picasso au museau de travers, ou le psychologue Melchior, que Noémie continue de consulter à distance, jamais avare d’encouragements et de réflexions amusantes. Olivier Norek ne laisse pas au lecteur le temps de souffler, ni de se reposer sur ses certitudes. La vie des protagonistes est constamment mise en danger et il est peu de dire que le coeur bat sans cesse la chamade. Vous apprécierez la verve de Noémie, sa pugnacité, son regard sur ceux qui l’entoure, à la fois prudent et bienveillant. Une lecture captivante !

Editions Michel Lafon – avril 2019

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une autre lecture chez… Blandine

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