Lectures 2018

Leurs enfants après eux, Nicolas Mathieu

Avant d’obtenir le prestigieux prix Goncourt, ce titre de rentrée littéraire avait déjà été repéré par une des marraines de notre sélection Rakuten pour les matchs de la rentée littéraire [clic ici]… raison pour laquelle il était dans ma PAL depuis septembre. Nous sommes à Heillange, au tout début des années 90, deux adolescents qui s’ennuient décident de voler un canoë pour traverser le lac et se rendre sur une plage réputée fréquentée par les naturistes. Cette journée, et les rencontres qui s’y déroulent, d’abord sur cette plage, puis à une fête où Anthony est embarqué par son cousin, le vol de la moto du jeune garçon, vont déterminer les événements de la décennie qui suit. Bien entendu, personne ne peut en avoir conscience en cette journée d’août 1992. Nicolas Mathieu profite de ce point de départ pour dresser le portrait d’une certaine France, d’avant la coupe du Monde de 1998, l’histoire d’une ville moyenne où les familles aisées côtoient mais ne fréquentent  pas, ceux des zones pavillonnaires ou des tours HLM. Là-bas, les pères sont usés par le travail et l’alcool, les mères ont parfois eu leurs enfants très tôt. Certains parents sont restés au bled et ne se voient que pendant les vacances scolaires. Les familles sont ce qu’elles sont, parfois aussi mono-parentales, et les enfants traînent dans les rues tard le soir. Mais, à l’adolescence, tout semble possible, on fréquente les mêmes écoles, les mêmes fêtes, les mêmes endroits, on boit le même alcool, on fume la même herbe. Au seuil de la vie active, cependant, il est difficile de faire la différence, le milieu rattrape parfois celui qui voulait s’en détacher… et la vie peut faire en sorte de vous cloîtrer à Heillange, sans que vous vous en aperceviez. J’ai eu une une lecture assez mitigée de ce livre, dans les premières pages, une impression de déjà lu, d’un peu d’ennui aussi. Mais heureusement, j’ai persévéré, et à partir de la moitié du roman quelque chose m’a attachée, j’ai eu envie de savoir si chaque personnage allait briser le plafond de verre qui brillait au dessus de sa tête. Leurs enfants après eux est un roman qui demande, il me semble, de se laisser prendre par son atmosphère, très désenchantée. Il ne m’a pas semblé très original, par son propos, j’ai déjà lu d’autres romans aussi bien faits sur cette période, mais il reste un des excellents romans de cette rentrée littéraire et il a le mérite de mettre le doigt sur ce déterminisme de classe, de nouveau si présent aujourd’hui, alors que l’on aurait pu le croire, un temps, disparu.

Editions Actes Sud – Août 2018

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…
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Une autre lecture chez… Moka

« Il en est dont il n’y a plus de souvenirs,
Ils ont péri comme si ils n’avaient jamais existé ;
Ils sont devenus comme s’ils n’étaient jamais nés,
Et, de même, leurs enfants après eux.

Siracide, 44, 9. »

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Lectures 2018

La révolte, Clara Dupont-Monod

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La révolte est le troisième titre que je lis de Clara Dupont-Monod…. En 2008, j’avais eu un gros coup de coeur pour La passion selon Juette [clic ici], puis j’avais été moins séduite par Le roi disait que j’étais diable en 2015 [clic ici], qui racontait la jeunesse puis le première union d’Aliénor d’Aquitaine avec le roi de France jusqu’à l’annulation de leur mariage. Cela ne m’a pas empêchée pour autant d’aller vers cette suite de son précédent roman, en cette rentrée littéraire, puisque le livre que Clara Dupont-Monod sort nous raconte cette fois-ci la vie d’Aliénor d’Aquitaine, à partir de son mariage avec le futur roi d’Angleterre, Henri Plantagenêt, jusqu’à sa mort, vue par un de ses fils, Richard Coeur de Lion. Je ne suis pas très férue de romans historiques, loin de là, mais il y a quelque chose dans l’écriture de Clara Dupont-Monod qui me séduit à chaque fois, une sorte de fièvre, de souffle épique, qui réveille aussi sans doute le souvenir agréable d’anciennes lectures faites pendant mes études littéraires. L’auteure ne se cache pas avoir effectué dans son récit un mélange entre l’imagination et la retranscription fidèle de faits réels, nous voilà prévenus, tout n’est pas à prendre au pied de la lettre, La révolte est avant tout un roman. J’ai cependant apprécié apprendre encore une fois beaucoup sur cette femme exceptionnelle, forte et cultivée, ambitieuse, qui ne lâche rien et croit énormément en ce fils, qui lui ressemble tellement, prénommé plus tard par la légende, Richard Coeur de Lion. Mais au départ du récit, ce sont tous ces fils, et même son ancien mari le roi de France, qu’Aliénor d’Aquitaine rassemble pour mener bataille contre le père de ses enfants, Henri Plantagenêt, et nous sommes alors plongés dans un XIIème siècle hautement stratège, politique et sanglant. Il est amusant également de retrouver à un moment donné le contexte qui a donné lieu au récit du fameux Robin des Bois et de se rendre compte combien Aliénor d’Aquitaine a été à l’origine de nombreuses légendes, chansons populaires et récits, encore vivants aujourd’hui, comme ceux des Chevaliers de la table ronde par exemple. Une lecture qui s’est avérée hautement dépaysante, dont j’ai aimé particulièrement l’écriture, et qui permet de relier entre eux des faits historiques dont nous n’avons souvent eu connaissance que de manière éclatée.

Editions Stock – Août 2018

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…
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Une autre lecture chez… Nicole

Lectures 2018

Tenir jusqu’à l’aube, Carole Fives

Aucun texte alternatif disponible.

Voici un titre de la rentrée littéraire qui a beaucoup circulé sur les blogs, et qui reçoit un bel accueil… J’ai un peu tourné autour avant de me décider à le lire à mon tour, par peur d’être déçue sans doute, mais également par peur du sujet. Et en réalité, j’ai beaucoup aimé retrouver dans ce roman mes expériences de maternité, et surtout ces souvenirs d’une année passée en tête à tête sur Courbevoie avec ma grande fille, alors âgée d’à peine un an. En l’occurrence, la séparation n’était, pour moi et mon mari, que professionnelle, et il rentrait presque tous les week-ends. Mais, j’ai revécu à ma lecture de ce livre ce sentiment que la narratrice ressent très fort d’être absolument seule au monde avec son enfant, sans soutien possible, sans le droit de tomber malade surtout, ou d’être à n’importe quel moment défaillante, et ce de quelque façon que ce soit. Comme elle, j’avais créé aussi à l’époque cette bulle protectrice et ludique autour de l’enfant, dans mon appartement parisien, ne connaissant pas forcément mes voisins, l’immeuble ne se prêtant pas à ça et véhiculant un climat un peu froid. C’est un sentiment que l’on peut ressentir à tout moment quand nos enfants sont en bas âge, cette impression que tout tourne autour d’eux, et que le manque de sommeil et de liberté de mouvement vont finir par nous anéantir. Heureusement, dans mon cas, j’avais une nourrice, et un travail à l’extérieur, des collègues sympathiques, ce que la narratrice de Carole Fives n’a pas. Elle travaille en Free lance chez elle et on lui refuse une place en crèche. Alors, à bout, elle décide de s’octroyer des moments de fuite, le soir, lorsque son enfant de deux ans dort enfin, des fuites de plus en plus longues et qui la conduisent de plus en plus loin… et le lecteur tremble. C’est la première fois que je lis Carole Fives, et certainement pas la dernière, tant elle excelle je trouve à raconter les petits détails de la vie, du quotidien, et sait montrer sans démontrer. Les extraits de discussions sur des forums internet, qu’elle égrène au fil du récit et où la narratrice se perd et cherche de l’aide sont assez édifiants. J’ai connu l’ère de la super maman au début des années 2000, je suis heureuse de voir que la parole se libère aujourd’hui. J’aimerais que les jeunes mères soient encore plus aidées. Parfois, une heure de répit seulement est un cadeau inestimable. Et ne dit-on pas qu’il faut tout un village pour élever un enfant ?

Editions L’arbalète chez Gallimard – Août 2018

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…
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Une autre lecture chez… Joëlle

Lectures 2018

La somme de nos folies, Shih-Li Kow

L’image contient peut-être : tasse de café

Comme Leiloona avait déjà choisi ce titre pour les matchs de la rentrée littéraire de Rakuten [clic ici]… j’ai reporté quelques temps sa lecture afin de continuer ma propre exploration de la rentrée. Mais alors que l’Aude était envahie par l’eau, il y a quelques jours, je me suis souvenue des premières pages lues, et de l’inondation qui y est décrite. Et j’ai eu de nouveau envie de lire ce livre, injustement délaissé, tout en pensant aux terribles heures que peuvent vivre ceux à qui cela arrive. Nous sommes en Malaisie, et effectivement se produit dans les premières pages de ce roman une terrible inondation, qui met la vieille et bougonne Beevi dans une mauvaise posture, sa maison est envahie par l’eau, mais également par de jeunes bénévoles dont elle n’a que faire. Le lecteur suit alors le point de vue de Auyong, vieil ami chinois, amical et placide, toujours prêt à donner un coup de main. Mais le lecteur rencontre également rapidement Mary Anne, jeune fille abandonnée à sa naissance qui vient tout juste d’être repérée et adoptée par la demi soeur de Beevi. Malheureusement, un accident de voiture renverse les cartes. Mary Anne est de nouveau seule au monde. Beevi emménage dans la Grande Maison, jusqu’alors aux mains de sa demi soeur et prend en charge la jeune fille. La somme de nos folies s’est avéré être à la lecture un bien joli roman, truffé de truculents personnages, d’un peu de magie, de beaucoup de légendes et d’une joyeuse modernité. Auyong et Mary Anne prennent la parole chacun à leur tour pour nous conter l’histoire d’un petit village de Malaisie, Lubok Sayong, tiraillé entre sa volonté de conserver ses traditions et l’envie de faire fructifier son petit commerce. C’est à la fois drôle et émouvant, sensible et impertinent, très imagé. J’ai beaucoup aimé cette immersion malaisienne que je vous recommande chaudement. Une lecture à ne pas oublier en cette rentrée littéraire, donc.

Editions Zulma – 23 août 2018

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Lectures 2018

Un dieu dans la machine, Alexis Brocas

Je n’attendais rien du tout de ce petit roman de rentrée… et je me suis laissée totalement emporter par son intrigue. Voilà qui arrive parfois, et à chaque fois c’est un heureux étonnement de lecture. Un dieu dans la machine est un roman moderne, qui commence pourtant par le récit désabusé des galères d’un anti-héros, mais se termine dans un feu d’artifice futuriste. Roman d’anticipation ? Fable moderne ? Critique de notre société ultra-connectée ? L’histoire que nous raconte Alexis Brocas contient un peu de tout ça. Nous rencontrons tout d’abord notre narrateur, fraîchement père, fraîchement divorcé et fraîchement au chômage.  Sa vie a été saccagée par deux trois lignes de trop dans un roman qu’il a publié. Il sait que pour s’en sortir, et pour briller de nouveau dans les yeux de sa fille Emma, il va devoir accepter ce travail étrange chez Larcher. Là-bas, on fait appel à ses compétences rédactionnelles, mais il faut aussi s’accommoder de ce que l’on ne comprend pas et surtout ne pas poser de questions. Larcher cultive l’art du secret. Notre narrateur fait croire à son entourage qu’il rédige des notices pour appareils ménagers. En réalité, il s’agit d’utiliser une machine, qui se nourrit d’informations statistiques, de données de masse, et à qui un beau jour le personnage d’Alexis Brocas a l’idée de demander l’espérance de vie de sa fille, alors qu’elle n’a encore que 6 ans. On lui répond qu’à 17 ans Emma décédera d’un accident, au milieu d’une foule, et qu’il sera présent. S’ensuit alors un contre la montre pour la vie et contre la machine. Je vous recommande réellement ce court roman haletant et très bien écrit, qui vous fera certainement comme à moi parfois froid dans le dos, mais qui a le mérite de mettre en lumière la manipulation des algorithmes qui tendent aujourd’hui à nous gouverner. Alexis Brocas croit aux pouvoirs de l’empathie et de l’humain, et c’est je crois ce qui m’a le plus touchée aussi. Un livre à glisser aussi dans des mains adolescentes.

Phébus – 23 août 2018

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Un roman lu dans le cadre d’une collaboration Rentrée littéraire avec la chaîne de librairies Decitre et Decitre.fr

Instagram

C’était en septembre sur @Instagram

Vos deux photos préférées sur @antigoneheron

   

7/09 – Rhooo… Je suis dans le journal avec @mumu_bocage et @violaine124 et c’est demain aux #fringaleslitteraires ! – 64 ❤ | 08/09 – J’ai parlé entre autres du Gentleman à Moscou ❤ @editionsfayard au premier café des blogueurs de la librairie les fringales littéraires aux Herbiers.
Ravie de ce moment passé avec @violaine124 et @mumu_bocage. Merci @lesfringaleslitteraires ! Et merci à mon photographe et à celles qui sont venues nous écouter 😘😘. – 67 ❤

En septembre, il y a eu aussi :

  • le 1er septembre, un petit tour sur l’île de Noirmoutier pour le salon du livre Les Litter’elles (1ère édition). J’y ai croisé entre autres Sophie Adriansen et Stephanie Pelerin, et assisté à un entretien sur le « feel good » intéressant.
  • le 5 septembre, sortait enfin la sélection des matchs de la rentrée littéraire pour laquelle j’ai lu tout l’été !
  • le 8 septembre, aux Herbiers, j’ai participé en tant que blogueuse au premier café des blogueurs organisé par la librairie Les Fringales littéraires (d’où plus haut ma tête en photo… au secours, mais pourquoi avoir plébiscité cette photo ?).
  • encore de nombreuses lectures pour la rentrée littéraire. Depuis début septembre, je lis en collaboration avec Decitre et je dois dire que leur sélection m’enchante.
  • une journée sur Nantes pour ma vie matérielle.
  • une envie de faire plus attention à mon empreinte écologique. Pour l’instant je tâtonne, mais j’aimerais vous en dire plus quand ce que je teste s’avérera efficace.
  • j’ai terminé mon tricot vert pétant, dont la couleur ne passe pas inaperçue quand je le porte.
  • un peu de fatigue, mais des projets pour octobre…

Récapitulatif des lectures chroniquées en septembre :

Ils n’étaient pas pour moi… mes abandons de lecture

  • L’enfant d’Ingolstadt, Pascal Quignard Rentrée littéraire – lu pour le prix Fnac
  • Camarade papa, Gauz Rentrée littéraire – lu pour le prix Fnac
  • Les fureurs invisibles du coeur, John Boyne Rentrée littéraire – lu pour NetGalley
  • Cette maison est la tienne, Fatima Fahreen Mirza Rentrée littéraire – lu pour NetGalley
  • Fais de moi la colère, Vincent Villemot Rentrée littéraire – lu pour NetGalley