Coups de coeur·Lectures 2022

L’archiviste, Alexandra Koszelyk… coup de coeur !

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❤ J’ai acheté le dernier roman d’Alexandra lors d’un voyage à Brest, à la librairie Dialogues. Et c’est toujours une émotion de voir ainsi en bonne place les livres d’une copine de blog, devenue à présent une autrice confirmée, alors que je participais autrefois à son atelier d’écriture sur internet. Quel chemin parcouru ! … Dans ce roman à la couverture bleue et jaune, Alexandra évoque l’Ukraine, le pays de ses ancêtres, malmené par la guerre. Son personnage principal est une jeune femme, K., archiviste. Souvent seule, veillant tard, passionnée par son travail, elle a pour tâche de protéger des œuvres d’art mises à l’abri. Le reste de son temps, elle le passe auprès de sa mère, dont la santé semble se dégrader, après sa dernière attaque cérébrale. Etant sans nouvelles de sa sœur jumelle Mila, K. a décidé de mentir, pour ne pas perdre espoir et préserver sa mère. Un jour, elle reçoit à la bibliothèque la visite de l’homme au chapeau, un personnage énigmatique, mais qui est sans conteste du côté de l’ennemi. Il lui demande de falsifier des documents ukrainiens importants, fondateurs, afin de tenter de modifier l’Histoire et la perception future de cette guerre. Pour arriver à ses fins, il utilise le chantage. Mila serait entre leurs mains. D’abord atterrée par ce qui lui est demandé de faire, K. découvre en elle des ressources dont elle n’imaginait pas l’existence…  Même si le roman d’Alexandra Koszelyk se confronte, bien sûr, à la barbarie d’un pays envahi et traumatisé, il nous entraîne aussi dans ce qui fait sa beauté. En effet, les falsifications dont K. se charge nous permettent à chaque fois de découvrir un artiste, de voyager quelques temps avec lui dans sa poésie, ses rêves et sa vérité. Les fantômes de l’Ukraine veillent. Et j’ai vraiment adoré être ainsi emportée dans une atmosphère mêlant fantastique, démarche artistique et rêveries, et qui a littéralement fait battre mon coeur un peu plus vite. Ce livre est vraiment très beau, d’une grande force poétique, et rend hommage au courage plein d’espoir des ukrainiens. 

 Editions Aux forges de Vulcain – 7 octobre 2022

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une interview de l’autrice par ici [clic]

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Lectures 2022

L’effet Titanic, Lili Nyssen

Je continue à cocher des livres à chaque opération Masse critique de chez Babélio. Et je fais souvent de belles découvertes. Encore une fois, j’ai aimé ce que j’ai lu, dans ce premier roman, sorti pour la rentrée littéraire… Il faut cependant accepter son point de départ narratif, pour apprécier pleinement sa lecture. Il faut savoir accueillir une histoire qui se déroule sur deux niveaux. En effet, nous suivons à la fois cette jeune femme, qui habite au Havre, et qui tente de croire à son autonomie affective depuis que celui qu’elle aimait est parti, et Flora et Zak, quinze ans, les personnages qu’elle a créé et dont elle nous raconte la relation. Ces deux adolescents ne viennent pas du même quartier, ne vivent pas le même quotidien, mais l’attraction est forte entre eux. La pudeur et la gêne, les obstacles viennent contrarier cet amour de jeunesse qui aimerait se déployer dans un espace préservé. Hors de la séparation des parents de Flora, loin du départ violent du frère de Zak, sans ce voyage scolaire en Angleterre, sans l’hôpital… J’ai trouvé l’écriture de Lili Nyssen vraiment très belle et moderne, libre. J’ai eu envie de noter plein de passages. Et j’ai aimé que la narratrice/écrivaine parle de ses personnages, et de cet aller et retour entre eux, comme d’une discussion qui permet de supporter le reste, la vie. J’ai aimé son atmosphère et je m’y suis sentie bien. Ce livre, qui est donc seulement un premier roman, est une bien jolie promesse pour la suite.

 

Editions Les Avrils –  24 août 2022

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Lu dans le cadre de la dernière opération Masse critique Babélio

Une autre lecture chez… Elireblog

Lectures 2022

Cher connard, Virginie Despentes… rentrée littéraire !

Sous l’effet d’un véritable achat d’impulsion, ce livre de rentrée littéraire est arrivé chez moi après une journée sympathique passée sur Nantes. Il faut dire que je garde un très bon souvenir de ma lecture du tome 1 de Vernon Subutex en 2017. Je n’avais pourtant pas continué la série à l’époque, ce qui reste d’ailleurs un mystère. Mais l’autrice m’avait déjà beaucoup plu dans King Kong théorie et j’ai aimé à chaque fois lire ses interviews… Alors ? A la lecture, Cher connard s’est avéré beaucoup moins virulent que le titre ne le laissait à penser, première constatation. En réalité, pour ceux qui l’ont lu, ce roman est un peu une version trash de Quand souffle le vent du Nord de Daniel Glattaeur, un roman épistolaire, mais par mails, entre deux personnes qui n’auraient jamais du s’écrire. Rebecca est actrice, cinquantenaire, assez égoïste et accroc aux drogues. Oscar est un peu plus jeune, écrivain, souvent sous l’emprise de l’alcool, et il est depuis quelques jours sur les réseaux la cible d’une jeune femme, Zoé, qui l’accuse publiquement de harcèlement. Le scandale est énorme, et Oscar a eu l’idée de contacter, dans ce contexte, l’ancienne meilleure amie de sa soeur qu’est Rebecca. S’ensuit un dialogue inattendu entre ces êtres que tout oppose, sur le papier. Et le lecteur est entraîné dans un discours où il apparaît très vite que rien n’est simple, ni si manichéen que l’on voudrait bien le croire. Au delà de la culpabilité et du pardon, chacun faisant comme il peut avec ses angoisses, ses névroses, ses failles, sa manière de s’engager… J’ai beaucoup aimé que ce livre soit plus subtil et complexe que je ne m’y attendais. Par exemple, j’ai aimé le rapport que Rebecca entretient dans ses lettres avec son âge, ses questionnements. Vieillir bien, c’est sans doute accepter que la vie soit un changement permanent, et Rebecca s’en rend compte, peu à peu. J’ai beaucoup aimé, plus largement, que les personnages de Virginie Despentes soient des êtres imparfaits, insolents, désobéissants, humains. J’ai beaucoup aimé tous les passages qui racontaient une jeunesse contemporaine de la mienne. J’ai beaucoup aimé que le féminisme y tienne une belle place, mais qu’elle montre aussi sa fragilité, à la manière d’une maigre Antigone. Et j’ai aimé que l’amitié y triomphe, et que ce soit l’espoir qui teinte la fin de cette lecture.

Editions Grasset –  17 août 2022

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Une autre lecture chez… Roseleen

Lectures 2022

Vivre vite, Brigitte Giraud… rentrée littéraire !

vivrevite

Adepte de tout ce qu’écrit Brigitte Giraud, je n’avais rien lu d’elle depuis la sortie de Jour de courage. Il était évident qu’un passage en librairie suffirait pour que je craque sur son nouvel opus de rentrée littéraire. Ce titre, avec Quelque chose à te dire de Carole Fives (lu également), est dans la première liste du Goncourt 2022 (15 titres sélectionnés pour l’instant)… J’ai retrouvé dans ce livre l’écriture précise de Brigitte Giraud que j’aime tant. Elle revient sur le drame qui a bouleversé son existence, l’accident de moto qui a coûté la vie à son mari le 22 juin 1999. Avec les mots, et une accumulation de « et si » elle tente l’impossible, réécrire l’histoire. Cette vaine tentative d’essayer de tordre la réalité, de comprendre, de trouver des réponses à l’impensable, suscite chez le lecteur une grande émotion. On voudrait croire au pouvoir de l’écrivain en lisant ce récit. Oui, Brigitte Giraud va réussir à modifier le temps, à faire en sorte qu’un simple déménagement, et tous les concours de circonstances autour, ne parviennent pas à ce drame inéluctable. C’est une enquête sans concessions que mène l’autrice, qui en profite pour faire revivre Claude, mais également tous les détails d’une époque, les petits riens de ce 22 juin qui aurait dû se terminer autrement… Vingt ans après, alors que cette maison tant désirée, en quelque sorte coupable du drame (et que Claude a à peine connue), est en passe d’être vendue, Brigitte Giraud nous fait l’état des lieux de toutes ses questions restées sans réponse. Et elle fait battre notre coeur un peu plus vite, accrochés que nous sommes au compte à rebours qu’elle enclenche dès les premières pages.

Editions Flammarion – 24 août 2022

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Sélection Goncourt 2022

 

Lectures 2022

Qui se souviendra de Phily-Jo ?, Marcus Malte… rentrée littéraire et coup de coeur !

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❤ Ce titre est dans la sélection finale (5 titres) du Prix des adhérents fnac 2022, dont le titre lauréat devrait être annoncé sous peu. J’ai donc eu la chance de lire celui-ci et je peux vous dire que cette lecture est véritablement vertigineuse, un brin exigeante peut-être, mais terriblement addictive. Bref, un coup de coeur ! Aux Etats-Unis, dans son pavillon de banlieue sans prétention, Phily-Jo est encore un tout jeune homme lorsqu’il invente la FreePow, un outil révolutionnaire qui utiliserait l’énergie libre. L’inventeur décède dans des circonstances étranges, après avoir exprimé ses craintes sur une organisation prête à tout pour arrêter ses recherches, et sa soeur et son beau-frère finissent par croire à l’idée d’une conspiration qui aurait décidé de censurer ce projet, une conspiration de grande ampleur, menée par les géants du capitalisme. Ils se lancent tous les deux dans une quête de vérité, qu’ils vont mener à leurs risques et périls. En effet, des ombres (la pieuvre ?) donnent l’impression de roder. Bien trop d’accidents, de phénomènes inexpliqués, jalonnent le parcours de ceux qui vont chacun à leur tour tenter de résoudre le mystère, ou de s’y intéresser même épisodiquement, quitte à s’y perdre, ou y perdre la vie. Ce récit nous emporte dans des recoins étonnants, avec un souffle surprenant, faisant de la conspiration son sujet principal. Le beau-frère de Phily-Jo, Gary Sanz, est professeur de lettres et la manipulation devient de temps en temps également littéraire, pour le plus grand bonheur du lecteur. J’ai trouvé ce roman grandiose et assez magistral. Il pose des questions sur notre temps, s’inscrit véritablement dans les préoccupations de la période que nous traversons. Il nous aide à réfléchir, à faire un pas de côté, à réorganiser notre pensée, au-delà des apparences, à douter. Et c’est aussi un implacable thriller.

Editions Zulma – 18 août 2022

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Sélection Prix Fnac 2022

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Lectures 2022

Au départ, nous étions quatre ~ P.E. Cayral… rentrée littéraire !

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Voici encore un des titres, lus en mai et juin, pour le prix des adhérents fnac 2022. J’ai commencé cette lecture, un peu déboussolée par la première scène, qui est très forte. Nous assistons en effet, de l’intérieur, à la naissance de triplés… Suite à cet épisode très marquant, raconté par des nourrissons, j’ai cru ne pas réussir à poursuivre, car l’effet est véritablement très particulier, assez dérangeant. Pourtant, j’ai décidé d’aller un peu plus loin. Les abandons sont toujours désagréables. De plus, je prends toujours très au sérieux mon rôle de jurée. Et j’ai bien fait, car à ma grande surprise, ce livre m’a ensuite favorablement impressionnée. La petite famille sort de l’hôpital, retourne chez elle, dans sa ferme en Bretagne, les enfants grandissent, prennent des voies différentes, continuent à nous raconter individuellement leurs vies, et c’est à la fois émouvant, tendre et passionnant. L’ordre des naissances, la présence de fantômes dans leurs existences, tout cela influe sur le chemin de ces triplés. L’un fera le choix de reprendre la ferme, tandis qu’un autre s’enrôlera dans l’armée, ou un autre dans l’industrie de la lingerie. Chaque triplé, dont le prénom commence par un G, prend tour à tour la parole, mais aussi ses parents, les amis, les femmes de leur vie. Rien n’est caché du sensible qui émerge parfois chez chacun, de la force du désir, mais aussi du désagréable et du laid. Et que faire des amours, du caractère, du destin ? Le lecteur suit cette fratrie, mais aussi tous les chaos qui font une vie. Et j’ai beaucoup aimé cette vérité là sur la violence de nos choix et la douleur de nos pertes. P. E. Cayral signe là un premier roman d’une grande force car il a choisi une voix narrative très personnelle, déstabilisante, mais qui n’est rien moins que séduisante.

Editions Anne carrière – 26 août 2022

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Sélection Prix Fnac 2022

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