Lectures 2018

Hâte toi de vivre, Laure Rollier ~ lauréate du Mazarine Book Day #2

Ce livre de Laure Rollier est tombé dans ta boîte aux lettres comme un cadeau de Noël avant l’heure en décembre dernier ! Tu l’as reçu avec un peu d’émotion, car tu avais participé en mars 2017 à cette belle journée qu’a été le Mazarine Book Day #2, en tant que juré blogueuse (clic ici). Laure Rollier est donc aujourd’hui la lauréate de cet événement, qui lui a permis de voir son manuscrit publié. Tu dois tout d’abord dire que tu as eu un peu peur de lire ce roman, la crainte de ne pas apprécier, d’être déçue… la peur de passer à côté, comme cela t’arrive de temps en temps. Alors tu lui as consacré un week-end, et c’est dingue comme cela a été plaisant de plonger dans l’univers de Léo, Louise, Tess et Juju. Tu dois dire que tu as bien ri, a été séduite par la légèreté et le ton de ce roman qui fait du bien et égaye irrésistiblement. Léo est une jeune professeure de philosophie, qui vit en colocation avec une collègue (devenue sa meilleure amie), et sa fille. Un jour, alors qu’elle est en retard pour se rendre au Lycée, elle rentre en collision avec un bus. Hôpital. Coma. Lorsqu’elle se réveille enfin, Léo constate qu’elle peut voir, entendre et discuter avec sa grand-mère décédée Mamie Lina. Voilà qui est autant encombrant qu’étrange, car Mamie Lina n’a pas la langue dans sa poche. Mais Léo va découvrir aussi grâce à elle ses parents, sa famille, sous un autre jour… Mamie Lina se mêle de tout, et aussi de la vie des amis de Léo, Louise et Juju. La petite bande vit des moments sentimentaux difficiles et ne se doute pas combien elle est à l’aube de grands chambardements… Et toi lectrice tu as pensé en le lisant au titre d’une autre auteure de chez Mazarine, le (Presque) jeune (presque) jolie (de nouveau) célibataire de Stéphanie Pelerin, sorti depuis peu en format poche chez Diva. Tu espères à Laure Rollier autant de succès à son héroïne qu’à l’Ivana de Stéphanie Pélerin (pour info une suite est prévue au Printemps). Bref, une lecture distrayante et revigorante dont il serait dommage de se passer !

Editions Mazarine – 21 février 2018

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Et toujours…

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Lectures 2017

La nuit introuvable, Gabrielle Tuloup ~ rentrée littéraire hiver 2018

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Tu vas être un peu moins enthousiaste que d’autres sur ce titre… et quel dommage, car tu étais toute disposée à l’aimer. Nathan, la quarantaine, exilé en Slovénie pour le travail, reçoit un beau jour l’appel d’une voisine de sa mère qu’il n’a pas vu depuis des années. Elle l’intime de rendre visite à Martha, qui a besoin de lui. N’ayant guère reçu d’affection maternelle de la part de cette femme, Nathan s’exécute, surtout par devoir, et le souvenir de son père Jacques, adoré. Martha est atteinte de la maladie d’Alzheimer et ne le reconnaît pas. Jeanne, la voisine, a été chargée par elle de donner à son fils une lettre numérotée à chaque visite. Il y en a huit en tout. Nathan découvre donc une à une ces lettres et à travers elles l’histoire d’une femme dont il ignorait tout. Et toi lectrice, tu n’as pas été touchée là ni par l’écriture de Gabrielle Tuloup, ni par ces lettres, ni par la réaction de son fils. Tu as eu un sentiment à la fois de déjà-vu, et de mieux fait ailleurs. La transition entre la lecture des courriers et le cheminement de Nathan ne t’a pas semblé assez développé, et le pathos bien trop grossièrement amené. Cependant, il s’agit là d’un premier roman d’une toute jeune romancière en devenir, ce livre a touché heureusement bien d’autres blogueuses (il est d’ailleurs dans la sélection de rentrée d’hiver 2018 du groupe des 68 premières fois), et tu es persuadée de relire cette plume de nouveau avec plaisir. Une rencontre qui ne s’est pas faite sur ce roman, c’est tout.

Editions Philippe Rey – 1er février 2018

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une autre lecture (bien différente) chez… Nicole

Lectures 2018

Le cas singulier de Benjamin T, Catherine Rolland ~ rentrée littéraire hiver 2018

Tu as envie de dire oh combien tu as aimé ce roman… et oh combien il est intéressant de se plonger attentivement sur le cas de Benjamin T, effectivement. Pourtant, tout ne va pas pour le mieux pour Benjamin Teillac en début de roman. Divorcé, rejeté par sa femme et son adolescent de fils, il est également en passe de perdre son travail. Les crises d’épilepsie qui le terrassent régulièrement ne sont pas vraiment compatibles avec son métier d’ambulancier. Et il faut dire aussi que son patron est le nouveau compagnon de son ex-femme. La situation est donc tendue, même si son meilleur ami et collègue, David, le couvre et l’aide. Et puis, d’étranges souvenirs/rêves/cauchemars terriblement réels font leur apparition, qui troublent beaucoup Benjamin. Il a le sentiment de s’échapper alors physiquement vers un moment du passé, toujours le même, lors de la deuxième guerre mondiale, en 1944. Un moment où il s’appelait aussi Benjamin, mais était un héros de la résistance, luttait aux côtés de son frère Cyrille, abbé de son état. Dès que les crises d’épilepsie s’enclenchent, il part là-bas, où il semble avoir une autre vie, d’autres talents. Il y rencontre Mélaine. Et c’est surprenant comme en tant que lecteur le parti pris de ce voyage dans te temps est vite accepté, comme une sorte de retour évident vers sa dernière réincarnation. C’est surprenant aussi comme les deux univers finissent pas se télescoper et les frontières de ces deux mondes devenir poreux. Et si le passé pouvait être changé ? Benjamin se pose de plus en plus cette question au fil de ses retours vers l’hiver 1944, en constatant qu’il assiste là-bas à bien trop de décès et que peu à peu un bonheur possible y émerge, loin d’un présent devenu de plus en plus douloureux et médicalisé. Et toi lectrice, tu as aimé être prise par la main par une narration qui ne laisse aucun répit et t’oblige à courir à sa suite, suffocante. L’écriture de Catherine Rolland est belle mais surtout très juste, précise et efficace, au service de son histoire, qui mêle réflexions sur la vie et urgence de vivre. Si vous avez envie d’être embarqués dans une histoire étonnante qui vous laissera le souffle coupé, ce livre est fait pour vous. Et tu as aimé toi aussi, beaucoup, toute la tendresse qui y coule à flots et tente de se frayer un passage lumineux et têtu, parmi les violences de la guerre et du monde moderne.

Editions Les Escales – 8 février 2018

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Lectures 2018

Maria, Angélique Villeneuve ~ rentrée littéraire hiver 2018

❤ Tu ne vas pas y aller par quatre chemins, tu as eu un gros coup de coeur de lecture pour ce nouveau titre d’Angélique Villeneuve !… Et quel plaisir en effet de retrouver dans ce roman, l’auteure de Un territoire, Les fleurs d’hiver et Une nuit de septembre avec son écriture intacte, faite de poésie, de douceur et de ce quelque chose de vaguement sombre qui surgit d’entre les mots. Maria aime profondément son petit fils Marcus. Avec lui, c’est une histoire de peau, d’odeurs et de couleurs. Il a trois ans, aime les oiseaux, et espère un jour réussir à voler. Maria adore l’accueillir chez eux, dans l’appartement qu’elle partage avec William. Il y a bien quelques manières qui dérangent son compagnon, le vernis parfois sur les doigts du garçon, ses cheveux longs. Mais quand le jour de la naissance du deuxième enfant de Céline, une robe est sortie du sac à dos de Marcus, et que les parents du nouveau né décident de cacher le sexe du bébé, quelque chose de plus terrible encore explose en lui. William claque la porte. Maria devra dorénavant composer avec cet abandon, son désir très fort de comprendre le choix de sa fille, l’amour qu’elle porte à Marcus, et cette conscience aiguë qu’elle a de la réalité qui l’entoure. Une réalité qui n’est pas encore prête à remettre si fondamentalement en cause la notion de genre, en tous les cas pas jusqu’à l’extrémité envisagée par les parents de Marcus. Tu as aimé qu’Angélique Villeneuve ne prenne aucun parti dans ce livre (mis à part celui de l’amour), mais qu’elle évoque ce sujet, avec toutes ses facettes et ambiguïtés. Cela donne un roman passionnant, parfois sombre, mais souvent lumineux, poétique, où les oiseaux mènent la danse et où la vie, rude, cherche à creuser des sillons de couleurs à fleur de macadam. Un roman que tu as dévoré, et adoré.

Editions Grasset – 07 février 2018

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Lectures 2018

La distance de courtoisie, Sophie Bassignac ~ rentrée littéraire hiver 2018

Tu sais que parfois certains livres t’enchantent, bien au-delà d’une quelconque qualité littéraire… seulement parce qu’ils savent transcender la réalité et imposer la poésie du quotidien comme une manière de vivre possible. La distance de courtoisie est de ce genre de livres là… Cette expression « distance de courtoisie » désigne en général ces quelques mètres, souvent marqués d’une ligne au sol, que l’on impose parfois aux clients et usagers pour protéger la confidentialité de l’échange au guichet. Dans l’ensemble de nos échanges sociaux, elle existe aussi, mais reste invisible, et pourtant elle érige également une frontière. Dans ce roman de Sophie Bassignac, le lecteur fait très vite la connaissance de cette distance là, plus ou moins respectée, mais aussi d’Adélaïde, la responsable d’un Musée local, forte femme au tempérament à la fois généreux et tranchant. Adélaïde a la particularité d’embaucher des êtres en perdition. Son équipe ressemble donc fortement à une sorte de cour des miracles improbable. Sa dernière recrue est Etienne Bellamy, un homme qui a tout perdu, sa femme, son entreprise et son appartement et est venu s’échouer en province. Depuis, il survit. Etienne a conscience qu’Adélaïde lui a sauvé la vie et lui en est reconnaissant. Lors du vernissage d’une exposition, cependant, un tableau de Chardin est volé. Etienne est accusé. Le même soir, il a rencontré une comédienne qui semble apprécier sa compagnie. Toujours en deuil de son ancien mariage, encore trop fragile, Etienne est perdu et effrayé. Et toi lectrice, tu as aimé suivre les errances de cet anti-héros autour duquel gravite une galerie de personnages hétéroclites et attachants, tous plus ou moins obnubilés par des amours non réciproques et sans issues, tous plus ou moins bienveillants les uns envers les autres. La distance de courtoisie s’avère à la lecture un roman léger, moderne et divertissant, de ceux pour lesquels tu ne boudes pas ton plaisir de lecture entre deux romans plus profonds.

Editions JC Lattès – 31 janvier 2018

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Coups de coeur·Lectures 2018

Une verrière sous le ciel, Lenka Hornakova-Civade ~ rentrée littéraire hiver 2018

❤ Dès les premières pages de ce livre, tu as eu un véritable coup de foudre pour l’écriture à la fois poétique et romantique de l’auteure… Mais parfois les coups de foudre littéraires s’épuisent au fil de la lecture, ce qui n’a pas été le cas pour cette Verrière sous le ciel qui ne déçoit décidément pas. Dans ce récit, nous rencontrons très vite Ana, debout sur son quai de gare parisien. Ana vient de Tchékoslovaquie, et a tout juste 18 ans le jour même où elle doit rentrer chez elle. Elle était en France pour une colonie de vacances, mais n’a pas tellement profité de son séjour, toute tendue qu’elle était de pouvoir répondre à l’injonction parentale avant son départ… Ne reviens pas. Ana refuse donc de monter dans le train avec les autres. La délégation n’insiste pas, puisqu’elle est dorénavant majeure. Mais Ana est soudain saoule et perdue devant cette liberté toute neuve, et bien seule à Paris. Elle navigue au gré du hasard dans la capitale, puis se réfugie sur la tombe de Modigliani. Heureusement, elle est prise en charge par une mystérieuse femme, Grofka, qui va la cacher dans l’arrière salle d’un café. Petit à petit, Ana devenue mutique, va s’intéresser au monde qui l’entoure, s’ouvrir aux autres, tomber amoureuse… mais s’interroger aussi beaucoup sur ceux qu’étaient réellement ses parents et sur ce qu’ils lui ont transmis. Peut-on être libre quand on se cache, qu’on a le mal du Pays, qu’on aime et qu’on apprivoise à la fois son corps et une langue étrangère ? Ana découvre toutes ces questions dans l’arrière salle du café de Bernard et sous la lumière majestueuse de la verrière d’Albert, le peintre. Et toi lectrice, tu as aimé ce roman lumineux, à la prose nostalgique et belle. Lenka Hornakova-Civade signe ici un second roman très réussi, gros coup de coeur de lecture pour toi. Tu as hâte à présent de lire son premier roman, Giboulées de soleil, qui a reçu le Prix Renaudot des lycéens en 2016.

Alma éditeur – 1er février 2018

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une autre lecture chez… Leiloona

Un livre lu grâce à l’opération Masse critique de Babélio [clic]