Lectures 2018

Les secrets, Amélie Antoine

Tu ne savais pas du tout à quoi t’attendre avec ce titre d’Amélie Antoine… ta première lecture de l’auteure, mais sans doute pas la dernière ! Tu pensais découvrir un thriller, mais Les secrets est bien autre chose. Déjà, sa construction est particulière, et tu en as goûté pleinement son originalité. Le roman débute par la fin de son histoire, pagination et paragraphes compris. Et quelle maîtrise de la part de l’écrivain d’ainsi acheminer son lecteur vers les prémices sans lasser, sans redondances, et surtout en gardant le suspense !! Nous découvrons dans les premières pages, Mathilde, enfin enceinte après des années d’essais infructueux. Son mari Adrien est ravi, et soulagé, mais il ne se doute pas combien Mathilde lui ment, comme elle respire. Elle vient d’ailleurs de quitter brutalement Yascha, son amant. Et Amélie Antoine touche de la plume dans ce livre les multiples vies que nous avons tous en nous, nos possibles inexplorés, ainsi que tous les ressorts et les désirs de maternité. Mathilde s’invente parfois un enfant imaginaire, quitte à le rendre réel seulement pour quelques heures. Et tandis que Mathilde souffre douloureusement de la difficulté d’être mère, de ce qu’elle vit comme une injustice, de l’impression qu’elle a d’être tous les jours confrontée au manque, Elodie (l’ex petite amie de Yascha) vit difficilement elle sa condition de très jeune mère célibataire. En lisant ce roman d’Amélie Antoine, tu as pensé aux très réussis Le Syndrome de la vitre étoilée ou Linea nigra de Sophie Adriansen, a tout ce que la maternité réveille en nous, et à ce qu’elle nous rend capable de faire… D’ailleurs, si vous êtes au Printemps du livre de Montaigu aujourd’hui, n’hésitez pas à aller voir ces deux auteures qui dédicacent en ce moment !! Tu les as rencontrées toutes les deux hier avec plaisir.

Editions Michel Lafon – mars 2018 –  

Tu as aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

D’autres lectures chez… Krol et Joelle

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Lectures 2018

Les passagers du siècle, Viktor Lazlo

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❤Pour ce livre, tu as du dépasser tes a priori, et cette chanson dans ta tête qui s’est mise soudain à pleurer des rivières… car Viktor Lazlo n’est véritablement pas seulement la chanteuse dont tu conserves un doux souvenir, elle est également écrivain. Ce titre est son quatrième roman, le premier que tu ouvres, et il est devenu un coup de coeur évident pour toi lorsque tu as refermé sa dernière page, le coeur battant.  Nous parcourons dans ce livre trois continents et suivons cinq générations, de 1860 à nos jours. Ce préambule pourrait effrayer, donner le sentiment de rentrer dans une immense fresque, mais pas du tout. Viktor Lazlo nous tient au plus près de ses personnages et nous parle de l’intime, confronté aux vicissitudes du monde qui les entourent et les transportent brutalement. Tout part de l’écriture du journal intime d’une femme, qui sent sa fin proche, une des descendantes des personnages de l’histoire, et veut réparer, raconter son histoire, elle est à Sainte-Marie aux Antilles… Puis, nous revenons plusieurs décennies en arrière pour marcher près de Yamissi, toute jeune fille de Centrafrique, qui vient d’être embarquée avec d’autres membres de son village et de sa famille pour être vendue comme esclave de l’autre côté de l’Océan. Avec elle, nous tombons dans l’horreur à l’état pur. Elle sera finalement achetée par un marchand polonais à Cuba, se retrouvera grande dame à Nantes après l’abolition de l’esclavage, puis prostituée à Dantzig. Quarante ans plus tard, sa fille Josefa quittera cette ville avec Samuel, anarchiste juif polonais pour débarquer aux Antilles. Samuel laisse derrière lui en pologne une mère et quatre soeurs, et un sentiment très net de culpabilité, d’abandon et de trahison… Et toi lectrice, tu as aimé te laisser embarquer dans cette passionnante histoire, dans la belle écriture de Viktor Lazlo, et a été admirative de sa capacité à parler dans un même élan narratif à la fois du commerce triangulaire et de la Shoah. Tu as aimé aussi qu’elle parle si bien des corps et de la volonté farouche de chaque femme d’en faire une citadelle, un lieu qu’elle maîtrise et préserve, si possible… Mais c’est surtout la violence humaine qui est le personnage principal de cette histoire, cette violence qui détruit tout ce qui était beau et fragile sur son passage. Un superbe roman (validé aussi par Monsieur Antigone), dont on a très peu parlé en cette rentrée littéraire de l’hiver 2018, et c’est bien dommage…

Editions Grasset – janvier 2018 – 

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Lectures 2018

Les infidèles, Dominique Sylvain

Tu avais été séduite par l’intervention de Dominique Sylvain lors de son passage à La Grande Librairie il y a peu… tu as donc sauté sur l’occasion de demander son livre lors du dernier Masse critique de chez Babelio. Dans les premières pages, nous rencontrons tout d’abord la mystérieuse et un peu hautaine Alice, qui est à la tête du site lovalibi.com, un site qui fournit à ses clients, ayant des relations extra-conjugales, des alibis clés en main. Alice vit dans la peur de la mort, et de voir son anévrisme se réveiller. Installée à la campagne, elle mène une vie calme, aisée, et semble-t-il, préservée. Mais sa nièce adorée, Salomé, très jeune journaliste pleine d’avenir à TV24 est brutalement assassinée, alors qu’elle avait commencé un reportage de fond sur l’adultère et avait réservé, pour cette raison, une chambre à l’hôtel de La Licorne. Alice est effondrée, elle quitte sa demeure tranquille pour Paris, soutenir sa soeur et comprendre ce qui a pu se passer. Le commandant Barnier est chargé de l’enquête, accompagné par le lieutenant Maze, nouvellement arrivé dans son service et d’une beauté à couper le souffle. Et toi lectrice, qui ne lit pas souvent de polars (ce n’est pas ton genre de prédilection), tu as plutôt goûté celui-ci qui t’a semblé moderne et efficace. Dominique Sylvain donne la parole alternativement à plusieurs personnages de l’enquête, et même à un personnage énigmatique, qui s’avère très vite dangereux. Nous rôdons dans le milieu du journalisme, mais aussi de l’hôtellerie, dans ces heures où les couples adultérins se retrouvent, dans cette marge étroite où baigne le mensonge, la vengeance et parfois la colère. Et tu as aimé qu’au milieu de tout ça, le commandant Barnier se pose des questions sur ce qu’il éprouve réellement pour son jeune lieutenant, la pureté et la sincérité étonnante de ses atermoiements. Tout le roman est imbibé par son trouble. Il faut bien, sans doute, que l’enquête piétine un peu… et pour une fois le trouble est original. Au final, tu es heureuse d’avoir lu ce titre, dont tu ne garderas sans doute pas un très grand souvenir, mais qui a eu le mérite de te redonner le goût de lire des polars (surtout ceux qui traînent dans ta PAL).

Editions Viviane Hamy – février 2018 –  

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tous les livres sur Babelio.com
Lectures 2018

La nuit je vole, Michèle Astrud

Tu as été attirée par ce livre car tu as aimé follement Un funambule sur le sable de Gilles Marchand chez le même éditeur, et que tu suis l’éditeur, justement, (plein d’humour et de dérision) sur les réseaux sociaux… A quoi tiennent parfois le choix des romans que l’on ouvre ? Et il est vrai que tu as retrouvé dans le récit de Michèle Astrud ce même esprit décalé et fantastique qui t’avait déjà plus dans les romans de Gilles Marchand. Michèle, la narratrice (on imagine la trentaine), est une femme très active. Avec son mari, Guillaume, ils sont dans l’immobilier, et travaillent d’arrache-pied pour leur avenir et s’assurer une vie confortable. Pour l’instant, ils n’ont pas d’enfant, et pas de place ni de temps non plus pour s’en occuper. Il n’y a d’ailleurs guère de place non plus dans leur vie pour la fantaisie. Alors, quand Michèle s’avère souffrir d’une forme rare de somnambulisme qui l’amène à s’envoler en plein sommeil dans les airs, tout est extrêmement chamboulé. Les médias et les autorités s’en mêlent. Il faut dire qu’elle a le don pour atterrir au final dans des endroits très dangereux ou spectaculaires. Les débuts sont laborieux, la faculté nouvelle guère maîtrisée. Michèle devrait-elle devenir un phénomène, assurer des spectacles ? Et tandis que tout s’agite autour d’elle, qu’elle doit se recentrer continuellement pour prendre les bonnes décisions, la voici prête à changer de vie et pleine des souvenirs de son enfance… Voler, de plus en plus régulièrement, devient à la fois pour elle une addiction, quelque chose d’impérieux, et une force. Et si tout avait commencé auprès des montagnes de sa jeunesse, auprès de son grand-père mutique et mystérieux ? Et toi lectrice, tu as aimé retrouver dans ce roman fantaisiste les doux rêves de ton enfance, lorsque toi aussi en songe tu étais capable de voler. C’était, tu t’en souviens, à la fois doux, facile et extrêmement agréable. Voilà donc comment tu es tombée en empathie avec Michèle, l’ascensionniste. Puis, tu as beaucoup pensé à l’excellent Monsieur Vertigo de Paul Auster, et ce souvenir de lecture récent a un peu parasité ta présente lecture, comme si ce roman était un écho contemporain à cet autre récit. Pour autant, ces deux histoires n’ont rien à voir, mise à part la volonté du porteur du don de lévitation d’en tirer profit sous la forme de spectacles. Un roman qui s’avère au final un bien joli conte, dont tu as goûté personnellement plusieurs scènes, qui désarçonne aussi un peu, qui critique à sa façon notre monde moderne, et dont tu as gardé longuement après la dernière page dans l’esprit des images (de montagnes principalement, mais aussi d’envols ouatés).

Editions Aux forges de Vulcain – janvier 2018

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Une autre lecture chez… Virginie

Lectures 2018

Lettres à une jeune gymnaste, Nadia Comaneci

Tu as cédé à la tentation avec ce livre de mettre un miroir face à ton ancienne lecture du titre de Lola Lafon, La petite communiste qui ne souriait jamais [clic]… Nadia Comaneci tente ici effectivement, sous la forme d’une réponse à une lettre envoyée par une jeune gymnaste (que le lecteur n’aura pas, et sans doute fictive, c’est une forme souvent utilisée), de retranscrire son parcours, avec le plus de sincérité possible, revenant sur chaque événement médiatisé, mais aussi sur la réalité de sa vie de petite fille roumaine. Tu as aimé particulièrement, toi lectrice, que chaque chapitre commence par la description minutieuse, et finalement poétique, d’un mouvement  gymnastique connu et spécifiquement nommé. Mais il ne faut pas s’y tromper, le texte de Nadia Comaneci n’est pas un texte littéraire, et ne se présente pas comme cela, même si il s’avère bien construit et intéressant à lire. C’est avant tout le récit d’une vie, qui explique très bien le fossé qu’il peut y avoir entre ce que l’on croit et ce qui existe réellement. Nadia Comaneci est surtout connue pour être cette gymnaste qui a reçu aux Jeux Olympiques de 1976 la note parfaite de 10, une note tellement extraordinaire que le tableau des notations n’a pas su la gérer et a affiché alors un 1.00. Elle est connue aussi pour avoir été utilisée par son pays, alors dirigé par Ceausescu, comme outil de propagande, et pour avoir fui aux Etats-unis lorsqu’elle était jeune adulte. Dans son récit, Nadia Comaneci revient donc sur tout cela, mais aussi sur sa vision, forcément étroite d’enfant, seulement avide de plaire à son entraîneur Bela, avide de bien faire et de réussir, ne se rendant compte tout de suite de la pauvreté de son pays (puisque – quoique ne croulant pas sous l’argent – elle mangeait tout de même à sa faim), ni qu’un ailleurs avec une autre manière de vivre existe. En définitive, ce titre est une lecture intéressante, qui a le mérite de mettre les mythes à leur place, de montrer l’envers du décor, de faire taire quelques fantasmes, et de dresser le portrait d’une jeune femme affublée d’une belle force de caractère mais ballottée par l’histoire.

Editions Talent Sport – janvier 2018

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Lectures 2018

Hâte toi de vivre, Laure Rollier ~ lauréate du Mazarine Book Day #2

Ce livre de Laure Rollier est tombé dans ta boîte aux lettres comme un cadeau de Noël avant l’heure en décembre dernier ! Tu l’as reçu avec un peu d’émotion, car tu avais participé en mars 2017 à cette belle journée qu’a été le Mazarine Book Day #2, en tant que juré blogueuse (clic ici). Laure Rollier est donc aujourd’hui la lauréate de cet événement, qui lui a permis de voir son manuscrit publié. Tu dois tout d’abord dire que tu as eu un peu peur de lire ce roman, la crainte de ne pas apprécier, d’être déçue… la peur de passer à côté, comme cela t’arrive de temps en temps. Alors tu lui as consacré un week-end, et c’est dingue comme cela a été plaisant de plonger dans l’univers de Léo, Louise, Tess et Juju. Tu dois dire que tu as bien ri, a été séduite par la légèreté et le ton de ce roman qui fait du bien et égaye irrésistiblement. Léo est une jeune professeure de philosophie, qui vit en colocation avec une collègue (devenue sa meilleure amie), et sa fille. Un jour, alors qu’elle est en retard pour se rendre au Lycée, elle rentre en collision avec un bus. Hôpital. Coma. Lorsqu’elle se réveille enfin, Léo constate qu’elle peut voir, entendre et discuter avec sa grand-mère décédée Mamie Lina. Voilà qui est autant encombrant qu’étrange, car Mamie Lina n’a pas la langue dans sa poche. Mais Léo va découvrir aussi grâce à elle ses parents, sa famille, sous un autre jour… Mamie Lina se mêle de tout, et aussi de la vie des amis de Léo, Louise et Juju. La petite bande vit des moments sentimentaux difficiles et ne se doute pas combien elle est à l’aube de grands chambardements… Et toi lectrice tu as pensé en le lisant au titre d’une autre auteure de chez Mazarine, le (Presque) jeune (presque) jolie (de nouveau) célibataire de Stéphanie Pelerin, sorti depuis peu en format poche chez Diva. Tu espères à Laure Rollier autant de succès à son héroïne qu’à l’Ivana de Stéphanie Pélerin (pour info une suite est prévue au Printemps). Bref, une lecture distrayante et revigorante dont il serait dommage de se passer !

Editions Mazarine – 21 février 2018

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Et toujours…