Lectures 2019

L’histoire de Chicago May, Nuala O’Faolain

Voici un livre reçu pour une fois avec une Box. Elle fait partie des coffrets déjà préparés de Kube (photo du contenu en bas du billet). Ce coffret nommé Terres d’Irlande me faisait très envie. Je l’ai commandé au mois d’août. Un peu lassée par le battage autour de la rentrée littéraire à ce moment là, je ressentais en effet des envies de voyage. Une envie que je vais d’ailleurs décliner sur le deuxième rendez-vous du club de lecture que j’anime sur La Roche sur Yon. J’en ai fait le prochain thème du mois d’octobre, et nous sommes tous en train de potasser le sujet en ce moment. Ce sera amusant de voir ce que les lecteurs auront choisi, j’ai hâte d’y être. Dans le récit que je vous présente aujourd’hui, je pensais béatement voyager en Irlande. Mais l’aventure de Chicago May est bien plus impressionnante et dépaysante que cela. Nuala O’Faolain s’est penchée sur le destin réel d’une jeune irlandaise pauvre qui décide en 1890 de s’enfuir vers l’Amérique. Elle deviendra très vite une prostituée, pour survivre, mais également une criminelle célèbre, complice d’un braquage de banque en France, d’un assassinat sur le sol anglais. Plusieurs fois emprisonnée, elle n’aura de cesse pour autant de garder sa superbe, son orgueil, son indépendance et sa détermination.  Tout en construisant cette biographie rocambolesque, qui donne aussi une image assez réaliste de l’époque, Nuala O’Faolain compulse des documents, convoque ses propres souvenirs familiaux et s’interroge plus largement sur l’acte autobiographique. Les criminels de l’époque essayaient de gagner un peu d’argent en écrivant le récit de leurs aventures, ce qui lui a donné une base de travail appréciable. Il est peu de dire que tout cela est grandement intéressant, intellectuellement parlant. J’ai personnellement adoré ces moments là du récit. Le personnage de May est par ailleurs tellement déroutant que l’on suit ses aventures avec passion, se demandant jusqu’où elle va pouvoir aller, et se perdre. En tant que personnage de fiction, elle serait d’ailleurs certainement considérée comme complètement invraisemblable, tant ses aventures sont multiples et brouillonnes. J’ai beaucoup aimé ce récit qui pêche peut-être parfois par quelques longueurs, mais on sent combien Nuala O’Faolain ne voulait rien oublier, n’omettre aucun détail de la vie de Chicago May. Les pages sont d’ailleurs agrémentées de documents et photos d’époque qui apportent véritablement au texte et donnent un effet réaliste au récit. Ce livre est rempli d’empathie, de sensibilité, de bienveillance, ce qui lui donne une dimension attachante que la simple énumération des exploits de Chicago May n’aurait pas réussi à atteindre. J’ai beaucoup aimé m’y plonger.

Sabine Wespieser éditeur – mai 2018

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Ce titre a reçu le Prix Fémina étranger 2006

Le contenu de la Kube Terre d’Irlande

Lectures 2019

Roissy, Tiffany Tavernier… sélection du Prix du roman Cezam Inter-CE 2019

Je continue à lire les romans en lice pour le Prix Cezam de cette année, dont vous retrouverez la liste en fin de billet ici [clic]. Dans celui-ci, nous sommes à Roissy, auprès d’une femme amnésique, ayant décidé de rester dans ce lieu, où les gens ne font en général que passer, partent ou arrivent, en transit, et de s’y faire oublier. J’ai eu du mal, dans les premières pages, à me défaire de mes souvenirs du film Le terminal avec Tom Hanks. Heureusement, j’ai réussi peu à peu à m’en détacher… Cette femme traîne en effet sa valise toute la journée, cherchant à ressembler le plus possible à une voyageuse, même si elle dort dans les sous-sols la nuit en compagnie de Vlad. Elle n’a rien de commun à première vue avec une SDF ou une sans papiers. Rien ne l’empêche de partir. Seulement, elle se sent à sa place, invente des histoires, vole pour survivre, prend plaisir à la compagnie des avions, attend quelque chose, ou quelqu’un ? Des souvenirs la taraudent par vagues, un mari, un frigo rempli de victuailles, une grande maison, des petites filles, un puits, un accident. Un jour, Luc, lui adresse la parole. Cet homme vient tous les jours attendre le vol Rio-Paris, espérant retrouver sa femme, pourtant morte dans un accident d’avion des années auparavant. La douceur de ce veuf fera tout voler en éclats, la bulle protectrice, les habitudes et peut-être même l’amnésie… Que dire de cette lecture ? J’en ai aimé beaucoup de moments, notamment ceux que l’héroïne de ce roman partage avec des inconnus, ses stratégies pour survivre et même sa relation avec les SDF de l’aéroport. J’ai moins aimé la répétition de ses errances, et les explications un peu floues de son séjour à Roissy. Au final, je me suis un peu ennuyée avec ce titre qui avait pourtant beaucoup d’atouts pour me plaire, et dont j’ai apprécié l’écriture. Une lecture en demi-teinte, donc.

Sabine Wespieser Editeur – août 2018

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une autre lecture chez… Joëlle