Lectures 2018

Les brumes de Key West, Vanessa Lafaye

J’ai reçu ce titre dans le cadre du Book Club des lecteurs de Belfond, organisé par leur groupe facebook [clic ici]. Rendez-vous est pris depuis un bon moment pour discuter aujourd’hui même en ligne de l’intrigue, des personnages, etc… ce que je vais faire tout à l’heure ! Je ne connaissais pas du tout Vanessa Lafaye et j’ai été ravie d’ouvrir un roman de cet éditeur que je ne lis pas souvent. L’histoire ? Le roman débute en 1993, alors qu’une vieille femme de 96 ans Alicia Cortez, vient d’assassiner de sang froid un vieil homme dans un parc, lors d’un rassemblement du Klu Klux Klan. Pour comprendre ce qu’il vient de se passer, nous retournons en 1919, lorsque Alicia Cortez a débarqué à Key West, chassée de Cuba par sa famille, suite à des démêlés avec son ancien mari. Persuadée de pouvoir travailler honnêtement dans le salon de thé tenu par sa cousine Beatriz, Alicia tombe des nues quand elle se rend compte que le salon de thé est en fait une des maisons closes les plus fréquentées de Key West. Choc des cultures pour une Alicia qui n’a nulle part ailleurs où aller et décide donc d’accepter la proposition de sa cousine de devenir la nouvelle hôtesse d’accueil du lieu. John Morales, un ancien militaire, succombe très vite au charme de cette jolie métisse. La grippe espagnole qui sévit bientôt et fera d’Alicia la nouvelle patronne du Pearl’s va les rapprocher. Mais la situation est compliquée dans une ville de Key West investie depuis peu par un groupe bien organisé et décidé à en découdre du Klu Klux Klan. John Morales est blanc, et malgré son tempérament fort, le voici dans la ligne de mire du groupe… Les Brumes de Key West est une lecture qui s’avère vite très agréable, avec des personnages attachants et bien campés, baignant pourtant le lecteur dans un contexte très particulier et souvent inconfortable. La tension, la difficulté de vivre le quotidien, la pauvreté et la saleté, sont des ingrédients forts de ce roman. A l’image de l’époque, j’imagine, ici, la moindre sécurité peut-être remise en question en une seconde, suite à une rixe, une balle perdue ou une maladie attrapée. J’ai trouvé que, malgré un début remarquable, le roman finissait par s’essouffler un peu après les deux tiers du livre, et perdait peu à peu aussi en qualité littéraire. Mais cela ne m’a pas empêchée de le trouver, malgré ces bémols, dans l’ensemble d’une belle force romanesque.

Visiblement, il rencontre un beau succès auprès des lecteurs de Babelio [clic]

Editions Belfond – avril 2018 – 

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

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Lectures 2018

Séquoias, Michel Moutot… 41ème Prix Relay des Voyageurs lecteurs

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Dernier titre de la sélection du Prix Relay des voyageurs lecteurs 2018 que je lis, Séquoias est un bon pavé de presque 500 pages qui m’a donné un peu de fil à retordre… Nous sommes au milieu du XIXème siècle, à l’est des Etats-Unis, et Mercator Fleming, chasseur de baleine depuis sa plus tendre enfance, décide d’embarquer ses frères dans une expédition qui doit les emmener en Californie, via le cap Horn. Le président des Etats-Unis vient de confirmer dans un discours les richesses de l’Ouest. Les premiers arrivés seront les premiers servis. Nous sommes à l’époque de la ruée vers l’or.  A New-York, les futurs passagers sont prêts à dépenser des fortunes pour se payer un passage vers la contrée où l’on raconte que l’or coule à flots. Les frères sentent le filon d’une activité plus lucrative et moins dangereuse que la chasse aux baleines. Leur bateau, un baleinier, le Freedom, après des mois de navigation éprouvants, débarque enfin dans un San Francisco désorganisé et sale, violent, où tout manque. Les plus intelligents, comme Mercator et quelques autres, comprennent vite que la fortune viendra plutôt du commerce que de la recherche de pépites. Le capitaine Fleming a d’ailleurs remarqué ces grands séquoias géants un peu plus loin de San Francisco, qui feraient un bois idéal pour reconstruire la ville, détruite régulièrement par de grands incendies… Séduite tout d’abord par cette lecture qui a, dans les premières pages, des airs de romans à la Stevenson, je me suis enlisée rapidement dans un récit qui avance principalement à coups de décisions stratégiques. L’aventure est menée par un Mercator Fleming froid, calculateur, mais pour autant honnête et bienveillant, qui a à coeur de laisser ses sentiments et ses émotions de côté afin de rester efficace et lucide. Il m’a donc manqué un peu de passion dans les pages de ce roman qui par ailleurs ne manque pas d’intérêt puisqu’il permet d’apprendre beaucoup sur cette période de la ruée vers l’or et sur la construction de San Francisco, sur le métier de baleinier aussi (les passages sans aucun doute les plus intéressants et les plus impressionnants). Pour résumer, j’ai trouvé ce roman trop long, souvent ennuyeux, me retrouvant à lire certains chapitres en diagonale, malgré un sujet intéressant, et des passages magnifiques et très visuels (notamment ceux concernant la navigation et la chasse aux baleines).

Editions du Seuil – avril 2018 – 

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une autre lecture chez… Delphine

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Je remercie les organisateurs du Prix pour l’envoi de ces titres, ce fut une expérience et des lectures très enrichissantes.

Lectures 2018

La vie secrète d’Elena Faber, Jilian Cantor… 41ème Prix Relay des Voyageurs lecteurs

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Voici le troisième titre que je lis de la sélection 2018 du Prix Relay des voyageurs lecteurs…. et cette fois-ci nous sommes transportés à la fois dans l’Autriche de 1938, à l’aube de la seconde guerre mondiale, et en parallèle dans le Los Angeles de la fin des années 80. Dans cette dernière époque, Katie Nielson, journaliste en plein divorce, est interpellée par Benjamin, marchand de timbres. Elle lui a confié la collection de son père pour évaluation, et un timbre particulier a attiré son attention. Collé sur une enveloppe adressée à Fraulein Faber, non affranchi, il contient le dessin d’un Edelweiss, subtilement inséré dans la représentation plus large d’un monument autrichien. Tout cela est inhabituel, mystérieux, et intrigue Katie qui décide de mener l’enquête, aidée par le marchand de timbres, qui se révèle de très bonne compagnie. En 1938, nous suivons Kristoff, jeune orphelin, devenu l’apprenti de Frédérick Faber, graveur et créateur de timbres, alors que les troupes d’Hitler sont sur le point d’envahir l’Autriche. Kristoff est amoureux d’Elena, la fille de son maître, et fera tout pour protéger cette famille juive. Si vous avez aimé le roman Il était une lettre de Kathryn Hughes, vous allez soit apprécier ce roman-ci de la même façon soit, comme moi, être un peu désappointé d’y retrouver le même procédé narratif, avec une psychologie des personnages beaucoup moins poussée que dans le roman de Kathryn Hughes, que j’ai personnellement préféré. Et pourtant, je dois avouer que malgré cela La Vie secrète d’Elena Faber est d’une lecture extrêmement agréable, fluide et prenante. Même si on se doute assez vite des ressorts de l’histoire et des liens qui existent entre les protagonistes, il est plutôt agréable de suivre la romance discrète qui se noue peu à peu entre Katie et Benjamin, et de côtoyer l’Histoire avec un grand H.

Editions Préludes – avril 2018 – 

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une autre lecture chez… George

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Lectures 2018

Juste un peu de temps, Caroline Boudet

En choisissant ce titre, dans la sélection que Netgalley propose en ce moment pour son challenge, je ne savais trop à quoi m’attendre… mais le pitch du livre m’avait interpellé. Et puis, j’aime souvent ce que les éditions Stock publient, l’exigence littéraire de leur catalogue. Là, je dois dire que j’ai été au départ un peu surprise de retrouver un style d’écriture qui s’apparente plutôt à ce que l’on retrouve en général dans la littérature considérée comme « légère », où l’écriture n’est pas là pour se faire spécialement remarquer. Première impression cependant très vite oubliée, car Caroline Boudet a sans doute écrit LE livre que j’aurais aimé lire lorsque je m’occupais de mes enfants alors en bas âge, et que l’atmosphère qu’elle sait créer dans son roman m’a vraiment beaucoup séduite, et m’a rappelée rapidement d’autres livres lus et aimés. Pour résumer, je l’ai dévoré. Sophie, l’héroïne, est une jeune mère de trois enfants qui décide, un jour de grand ras le bol, et sur un coup de tête, de laisser son travail en plan et de prendre un train pour Saint Malo. Quelle mère de jeunes enfants n’a pas eu un jour l’envie de faire ça ? Quand la charge mentale s’accumule, la fatigue, etc… Mais en général, l’envie reste à l’état d’envie. Et tout à coup, nous voici, en compagnie d’une Sophie qui a elle osé sauter le pas, à la fois dans le Saint Malo de chez Olivier Adam et dans Les heures de Michael Cunningham. En effet, Sophie a, au départ, seulement l’intention de voler quelques heures à la routine, de prendre un hôtel, et de continuer la lecture de son livre en cours. Elle a besoin de respirer, d’un peu de temps pour elle. Oui, mais les heures s’éternisent, deviennent des jours, et Sophie reste à Saint Malo, laissant un Loïc au bord du gouffre et rempli d’incompréhension sans nouvelles. Tandis que son mari s’agite et remue ciel et terre pour savoir si quelqu’un a une idée de ce qu’il se passe, s’inquiète, Sophie reste à Saint Malo. Et c’est en ça que ce roman est vraiment intéressant, accroche, car de l’avis de tous la jeune femme était une mère et une épouse parfaite, irréprochable. Une lecture, qui sous des dehors frivoles (sa jolie couverture par exemple), n’est donc pas si légère que ça, et pose (je trouve personnellement) les bonnes questions, sur la place de la femme dans le travail, à la maison, dans la société. Oui, les jeunes femmes d’aujourd’hui sont pour beaucoup des héroïnes, et oui beaucoup sont aussi au bord du burn out, victimes bien souvent des injonctions qu’ont leur donne et qu’elles se donnent. Un livre utile, en ce sens, car il fait bouger les lignes. Merci Caroline Boudet !

Editions Stock – mai 2018 – 

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Un livre lu dans le cadre du Challenge Netgalley.fr

Badge Lecteur professionnel

Lectures 2018

(Toujours) jeune, (toujours) jolie, maman (mais pas seulement), Stéphanie Pélerin

Après le gros succès des premières aventures d’Ivana, dans (Presque) jeune (presque) jolie (de nouveau) célibataire (sorti en grand format chez Mazarine, et en format poche chez France Loisirs et Diva romance), on pouvait se demander comment Stéphanie Pélerin allait pouvoir relancer son personnage. Et voici qu’elle l’imagine maman de deux jumeaux, trop mignons, et en couple avec un Bruno, très occupé par son travail et une certaine Martha… La jalousie et l’agacement d’un quotidien qui ne lui convient plus mettent Ivana très mal à l’aise. Malheureusement, et même si elle se plaint auprès de ses amies, toujours promptes à défendre son merveilleux conjoint, elle n’ose pas parler au père de ses enfants de ses doutes et de ses envies. Ivana a publié dans un livre le récit de ses aventures de célibataire, cherchant l’amour sur internet, livre qui a connu un joli retentissement. On lui propose de discuter sur ce sujet avec des auditeurs à la radio. Rencontrer Jérôme, l’animateur charismatique et séducteur, va lui tourner un peu la tête. Surtout que Bruno va bientôt passer sa semaine à Poitiers, et que le doute s’insinue de plus en plus chez une Ivana, esseulée sur Paris. L’amour est-il fait pour durer toujours ? Je ne vous en dirai pas plus… J’ai aimé, dans ce nouvel opus de Stéphanie Pélerin, retrouver une Ivana toujours aussi pleine de détermination et de fragilité, entourée de ses amies, maman. Elle est une maman vraie, qui adore ses enfants, mais a envie de rester une femme amoureuse, et qui prend plaisir à voler un peu de temps pour elle quand sa mère les récupère pour quelques jours de vacances. J’ai aimé aussi les nombreuses prises de position, les réflexions sur la vie, que Stéphanie Pélerin égrène dans son récit, et qui ressemblent tellement à la personne qu’elle est sur internet (et dans la vie réelle). Ivana est aussi une professeure de français attentive. Les chapitres courts de ce récit enlevé, fluide et entraînant, en font un livre idéal à glisser (dès que le temps le permettra) dans son sac de plage, ou autre sac destiné à une lecture au soleil (je vous laisse le choix du banc, de la terrasse de café, etc…). 

Editions Diva Romance – mai 2018 – jeune, jolie, maman - Ivana 2 par Pélerin

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une autre lecture chez… Saxaoul

Lectures 2018

Je vais rester, Trondheim & Chevillard

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Un couple arrive en vacances à Palavas… Les bagages sont encore dans la voiture, la location n’est pas prête. Alors, pourquoi ne pas aller prendre quelques instants l’air du large ? Fabienne et Roland ont à peine le temps de profiter de l’atmosphère, qu’un grand coup de vent se lève et qu’un auvent vient heurter la tête de Roland, qui décède sur le coup. Sur le choc, Fabienne décide de rester, et assiste consciencieusement à toutes les sorties prévues par Roland et qu’il avait méticuleusement notées dans son agenda. Que dire de cette histoire très touchante ? De la réaction inexplicable et en même temps extraordinaire de Fabienne ? De sa manière de rester dans son état de sidération et de reprendre ainsi sa vie en main ? Une façon, sans doute, d’intégrer le choc d’un décès si brutal et traumatisant. Une « mort à la con » comme le dit Paco, cet homme un peu fantasque qu’elle rencontre et qui se prend d’amitié pour elle. Mais j’ai surtout grandement apprécié le dessin de Hubert Chevillard, sa manière de croquer en vol diverses scènes de vacances. C’est un dessin très vivant qui permet de se tenir tout près de Fabienne, et de vivre ce quelle vit. On entend les sons, on ressent le vent, le soleil… Bref, un très bel album, aux très belles couleurs d’été, plein de vie, malgré le drame qui est survenu, présent en arrière plan, et qu’il ne faut pas hésiter à ouvrir !

Editions Rue de Sèvres – 2 mai 2018 – Je vais rester par Trondheim

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Lu dans le cadre d’une opération Masse critique de chez  Babelio

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