Lectures 2020

Tous les péchés sont capitaux, Daria Desombre

Traduit du russe par Julia Chardavoine

J’ai commencé cette série par le deuxième volet, Les disparues du tableau, découvert grâce à un Masse critique de chez Babélio. Et j’ai tellement aimé ma lecture, les personnages, le contexte moscovite, l’érudition contenue dans cette enquête que j’ai voulu découvrir le premier volet dont je vous parle aujourd’hui. Je vous conseille de lire malgré tout cette série dans l’ordre, ce qu’a pu faire pour le coup mon mari. Nous découvrons donc dans ce premier opus, sorti en poche, comment Macha Karavaï, toute fraîche stagiaire à la police de Moscou, a fait la connaissance d’Andreï, l’enquêteur en chef, un peu bourru et dubitatif devant cette jeune fille qu’on lui assigne et qui semble pistonnée. Les premiers moments sont un peu tendus entre eux. Macha est fascinée par les tueurs en série. Andreï trouve donc ainsi le moyen de l’occuper et de l’éloigner de lui, en lui demandant de consulter d’anciennes affaires non élucidées. Lui, est sur une affaire plus récente avec un cadavre que l’on vient de retrouver, un étrange nombre 14 tatoué sur le crâne. Contre toute attente, Macha découvre un lien entre les vieux dossiers qu’elle consulte, les lieux où les victimes ont été découvertes dans Moscou formant effectivement un drôle de schéma, spirituel et sacré. Aidée par son ami Innokenti, historien et antiquaire, elle mène l’enquête et interroge des ancien témoins. Je suis encore une fois ressortie enchantée de ma lecture. J’ai apprécié cette enquête qui mêle savoir et monde religieux. Les personnages sont très bien campés et psychologiquement fouillés. Autour de Macha, gravitent une famille, des amis, mis à rude épreuve dans cet opus. En commençant par le deuxième volet, quelques événement m’étaient malheureusement déjà connus. Mais peu importe. J’ai hâte de continuer à suivre les aventures d’Andreï et Macha, de retrouver l’atmosphère de ces romans, que je verrai bien en série, filmés à la manière des Wallander (la série avec Kenneth Branagh).

Editions du livre de poche – mars 2020

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Lectures 2020

L’ossuaire, Fiona Cummins

Traduit de l’anglais par Jean Esch – Titre original The collector

Vous cherchez un roman noir pour vos vacances ? Vous aimez avoir peur, mais pas de trop ? Ce roman est fait pour vous. Clara Foyle, cinq ans, a disparu depuis de nombreuses semaines. Elle a été enlevée sur le chemin de l’école. Elle est atteinte du syndrome des mains « en pince de crabe ». Le suspect est Brian Howley, connu pour son intérêt pour les corps déformés. Jakey Frith, six ans, a lui aussi été enlevé par Howley. Il souffre d’une maladie génétique rare, responsable du dédoublement des cartilages. Mais lui a pu être secouru par son père. Depuis, la famille a déménagé pour se mettre à l’abri et tente plus ou moins de se reconstruire. L’inspectrice Etta Fitzroy mène l’enquête et se désole de ne trouver aucune trace de Clara Foyle, qu’elle imagine à présent morte, tandis que Brian Howley continue à la tourmenter et à se jouer d’elle en disséminant ici et là des indices ou en rentrant par effraction dans son appartement. Non loin de là habite Saul, un adolescent un peu perdu, qui vit avec une mère alcoolique, et dont la vie va prendre encore une drôle de tournure quand elle va croiser la route d’un certain Monsieur Silver, qui souhaite faire de lui son fils spirituel… Le collectionneur (édité également chez Slatkine & Cie) était apparemment déjà un personnage du premier roman de Fiona Cummins, mais cet opus là peut-être lu individuellement. Je viens de le faire. Lorsque démarre l’intrigue, Brian Howley est sur le point de recommencer sa collection, et de faire une autre victime… J’ai beaucoup aimé ce roman, malgré son ambiance glauque. On s’attache, en tant que lecteur, plus particulièrement au personnage de Saul, livré à lui-même et déjà témoin à son âge de beaucoup de scènes traumatisantes. Mais tous les personnages sont bien campés, avec beaucoup de délicatesse. Et puis il y a la mer, en spectatrice muette, qui regarde tout ce monde s’agiter. La côte n’évoque pas ici le charme des vacances mais la pauvreté et le lieu de rendez-vous des laissés pour compte. Ce roman sera sans doute le seul roman noir de mon été (ce n’est pas mon genre préféré), mais il est véritablement de bonne facture, je vous le conseille.

Editions Slatkine & Cie – mai 2020

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une autre lecture chez… En lisant en écrivant

Lectures 2020

Victor Kessler n’a pas tout dit, Cathy Bonidan

J’avais aimé découvrir Cathy Bonidan l’année dernière via Chambre 128, un roman épistolaire agréable que je m’étais empressée de partager autour de moi. Ce roman-ci est plus sombre, comme le suggère d’ailleurs assez bien cette intrigante couverture. Et je dois vous avouer tout de suite que, pressée de connaître le fin mot de son histoire, je l’ai dévoré en deux jours. Bertille, jeune femme au passé lourd, qui s’est enfuie quelques années plus tôt de son village des Vosges, tombe sur Victor André lors d’un travail qu’elle effectue pour un institut de sondage en sortie de supermarché. Le vieux monsieur fait un malaise devant elle. Bertille culpabilise beaucoup. Ayant récupéré les affaires du vieil homme, elle retrouve des pages en forme de confession dans son cabas, laissé à ses soins. Quarante cinq ans plus tôt, en 1973, un certain Victor Kessler, alors instituteur, avait été accusé du meurtre d’un jeune garçon de dix ans, retrouvé dans le lac. Bertille prend le vieil homme en affection. Intriguée par cette affaire qui s’est déroulée non loin des lieux de son enfance, troublée par ses souvenirs, encouragée par Victor, la jeune femme part sur les traces du drame. Elle se fera passer pour une journaliste de télévision. L’auteure intercale la suite des confessions de Victor avec celui de l’enquête que mène Bertille. La vérité s’avère compliquée à mettre en lumière, pleine de chausses trappes, et puis les faits sont anciens. Mais Bertille n’écoute que son courage, mue par quelque chose de plus fort encore qui vient de son propre passé, de son enfance et de ses drames conjugaux. Et si découvrir ce qu’il s’était réellement passé en 1973 lui permettait de s’épanouir enfin ? Si vous aimez les enquêtes, les personnages troubles, les villages d’enfance, démêler le vrai du faux, les écritures simples mais efficaces, ce roman est fait pour vous. J’ai même, personnellement, délaissé quelques temps mon tricot en cours pour pouvoir le terminer, c’est dire…

Editions La martinière – juin 2020

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une autre lecture chez… Nath

Lectures 2020

Celle qui s’enfuyait, Philippe Lafitte

Voici un livre à la couverture bien intrigante qui attendait sagement dans ma PAL urgente.  Je ne lis pas beaucoup de thrillers, mais ils me permettent parfois une respiration, à l’instar des BD, car le rythme y est toujours assez différent des ouvrages dits plus littéraires. Le moins que l’on puisse dire est que l’intrigue démarre sur les chapeaux de roue dans ce livre. Phyllis Marie Mervil, une afro-américaine dont le lecteur ignore encore tout, la soixantaine, vient de se faire tirer dessus alors qu’elle courrait en pleine Causse au petit matin. Son chien, prénommé Douze, est tué sur le coup. Phyllis en réchappe donc de justesse et retourne se réfugier dans sa ferme isolée, le lieu dans lequel elle se sentait jusque là à l’abri de tout et où elle écrit des romans policiers. Car Phyllis est écrivain et elle exécute cette activité avec rigueur et concentration. Qu’a donc quitté Phyllis en 1975 en fuyant New York ? Qui est cet homme qui la traque et cherche à la tuer ? Peut-elle se laisser aller dans les bras de Paul, son amant occasionnel, qui la presse en ce moment de vivre avec lui ? Depuis 40 ans, la vie de Phyllis n’est pas vraiment sereine. Elle sait qu’il faut qu’elle reste sur ses gardes et que son métier d’écrivain peut l’exposer à tout moment. Lorsque son éditeur lui annonce que sa photo est exposée en plein milieu d’une vitrine, à l’occasion d’une prochaine rencontre littéraire, la peur monte en elle. Celle qui s’enfuyait s’est avéré à la lecture un thriller assez réussi. J’ai aimé le personnage de Phyllis, très attachant, au parcours assez original et intéressant, et qui nous permet de plonger aussi dans l’atmosphère des manifestations sur les droits civiques des années 70 aux Etats-Unis. J’ai aimé également m’asseoir à ses côtés à sa table de travail à 2h30 du matin pour fignoler son roman en cours et courir avec elle en pleine Causse. J’ai regretté par contre l’écriture un peu froide, le style un peu plat de l’auteur, qui ne m’a pas permis d’être autant emballée que je l’aurais souhaité par cette lecture.

Editions Grasset – mars 2018

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…1 2 3 4 5

Une autre lecture chez… Folavrilivres